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8.novembre.20208.11.2020 // Les Crises

Lettre aux professeurs d’histoire-géographie : Comment réfléchir en toute liberté sur la liberté d’expression

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Source : La vie des idées – François Héran

Comment enseigner la liberté d’expression ? Par son histoire, propose François Héran, moins républicaine qu’on ne croit et plus respectueuse des croyances. Au lieu d’en faire un absolu, il est temps d’observer que ses conditions d’exercice se déploient dans un temps et un espace déterminés.

Des professeurs d’histoire-géographie m’ont consulté au sujet du cours d’éducation civique et morale qu’ils devront dispenser à l’issue des vacances de la Toussaint. Comment rendre hommage à Samuel Paty, odieusement assassiné le 16 octobre par un jeune djihadiste tchétchène parce qu’il avait commenté en classe des caricatures de Mahomet ?

Quel sens donner à la liberté d’expression ? Comment défendre les valeurs républicaines sans nous isoler du reste du monde ? Certes, les enseignants bénéficieront du « cadrage » préparé par l’Éducation nationale. Certes, ils pourront s’inspirer du fervent hommage rendu par le président Macron dans la cour de la Sorbonne.

Et, s’ils le souhaitent, ils pourront revenir sur la lettre de Jean Jaurès aux instituteurs. Mais, si la liberté d’expression nous est chère, nous devons pouvoir lui appliquer aussi notre libre réflexion, à condition de l’appuyer sur des données avérées. C’est le sens des conseils que je me permets de donner ici.

Retour aux textes

Premier conseil : faire découvrir aux élèves des textes « républicains » restés un peu dans l’ombre ces derniers temps. Plus souvent citée que lue, la lettre de Jules Ferry aux instituteurs posait des limites à l’enseignement de la morale : « Demandez-vous si un père de famille, je dis un seul, présent à votre classe et vous écoutant, pourrait de bonne foi refuser son assentiment à ce qu’il vous entendrait dire. Si oui, abstenez-vous de le dire ; sinon, parlez hardiment » (17 novembre 1883). En pleine discussion de la loi sur l’obligation scolaire et la laïcité de l’école primaire publique, Ferry était allé plus loin encore : « Si un instituteur public s’oubliait assez pour instituer dans son école un enseignement hostile, outrageant pour les croyances religieuses de n’importe qui, il serait aussi sévèrement et rapidement réprimé que s’il avait commis cet autre méfait de battre ses élèves ou de se livrer contre eux à des sévices coupables. » (11 mars 1882). Vous avez bien lu : outrager les croyances religieuses des élèves, c’est aussi grave que de leur infliger des châtiments corporels ou abuser d’eux.

Faut-il en conclure que toutes les religions méritent le respect ? Oui, répond l’article 1er de la Constitution de 1958 : « La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion. Elle respecte toutes les croyances ». La dernière phrase peut choquer dans le contexte actuel. Certains rêvent peut-être de la modifier et d’affirmer que la République « ne respecte aucune croyance ». Mais, pour l’heure, tel est bien le texte de notre constitution.

Quid, alors, de la « liberté d’expression », cette valeur suprême de la République ? Avec tout le tact nécessaire, vous expliquerez aux élèves que la législation française ne consacre pas littéralement la « liberté d’expression » : la loi de 1881 porte sur la liberté de la presse. D’autres textes évoquent la liberté d’opinion ou de conscience. Mais la « liberté d’expression » va plus loin, elle inclut tous les thèmes et les supports possibles, tout en revêtant une dimension plus individuelle.

Ses contours sont si indéfinis qu’elle est presque synonyme de liberté tout court. Comme l’attestent les bases de données du vocabulaire français dressées à partir des millions de textes imprimés depuis 1730, « liberté d’expression » ne décolle dans le vocabulaire juridique et le langage courant qu’à l’issue de la Seconde Guerre mondiale. Elle était inconnue sous la IIIe République : on l’employait dans un sens esthétique (« peindre un sujet avec une grande liberté d’expression »).

La notion apparaît pour la première fois dans la Déclaration universelle des droits de l’Homme (1948), couplée à la liberté d’opinion : « Tout individu a droit à la liberté d’opinion et d’expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d’expression que ce soit. » Le texte a été préparé par le Canadien John Peters Humphrey, chef de la division des Droits de l’Homme aux Nations unies, et révisé par le Français René Cassin, vice-président du comité de rédaction de la déclaration. « Liberté d’expression » est la version française de freedom of expression. C’est seulement en 1950, dans l’article 10 de la Convention européenne des droits de l’homme, que la locution « liberté d’expression » apparaît seule, dans la plénitude de son sens actuel.

On s’imagine que nos plus hautes valeurs sont toutes d’origine « républicaine » et ne doivent rien au monde anglo-saxon, volontiers traité en repoussoir. C’est inexact et les élèves doivent le savoir. La « liberté de la presse » elle-même n’est pas fille de la Révolution française, encore moins de la loi de 1881 : on la doit au Virginia Bill of Rights, la Déclaration des droits de Virginie, promulguée en 1776, d’où elle gagnera le reste des États-Unis, puis le monde occidental.

Droits et devoirs de la liberté d’expression

Sur la liberté d’expression, on lira avec profit, à condition de la compléter, la tribune récente (Le Monde du 26 octobre) de Christophe Bigot, spécialiste du droit des médias et avocat de groupes de presse. Il cite le fameux arrêt Handyside, rendu le 7 décembre 1976 par la Cour européenne des droits de l’homme :

« La liberté d’expression constitue l’un des fondements essentiels d’une société démocratique, l’une des conditions primordiales de son progrès et de l’épanouissement de chacun. Sous réserve des restrictions mentionnées notamment dans l’article 10 de la Convention européenne des droits de l’homme, elle vaut non seulement pour les informations ou les idées accueillies avec faveur, ou considérées comme inoffensives ou indifférentes, mais aussi pour celles qui heurtent, choquent ou inquiètent l’État ou une fraction quelconque de la population. Ainsi le veulent le pluralisme, la tolérance et l’esprit d’ouverture sans lesquels il n’y a pas de société démocratique. »

Si l’on veut honorer la mémoire de Samuel Paty, conclut l’avocat, voilà un « idéal intangible ». Vous remarquerez au passage qu’il est question de démocratie et non de république. La République, en l’espèce, n’est qu’une variante de la démocratie.

Demandez alors à vos élèves de lire l’article 10 de la Convention européenne des droits de l’homme :

Toute personne a droit à la liberté d’expression. Ce droit comprend la liberté d’opinion et la liberté de recevoir ou de communiquer des informations ou des idées sans qu’il puisse y avoir ingérence d’autorités publiques et sans considération de frontière (…).

Mais voici le second alinéa :

L’exercice de ces libertés comportant des devoirs et des responsabilités peut être soumis à certaines formalités, conditions, restrictions ou sanctions, prévues par la loi, qui constituent des mesures nécessaires, dans une société démocratique, à la sécurité nationale, à l’intégrité territoriale ou à la sûreté publique, à la défense de l’ordre et à la prévention du crime, à la protection de la santé ou de la morale, à la protection de la réputation ou des droits d’autrui (…).

La liste est longue des « devoirs et responsabilités » qui encadrent la liberté d’expression. Qui donc les définit ? Cela incombe à chaque pays. La Cour de Strasbourg ne juge pas à la place des États souverains, elle vérifie qu’ils régulent la liberté d’expression de façon « proportionnée » par rapport à leur propre législation et à l’état des mœurs. En l’espèce, l’arrêt Handyside de 1976 cité par Me Bigot concluait que les autorités britanniques n’avaient aucunement violé l’article 10 de la convention en ordonnant la saisie et la destruction d’un manuel d’éducation sexuelle pour enfants jugé contraire aux bonnes mœurs britanniques ! Il est donc paradoxal d’invoquer cet arrêt pour honorer la mémoire de Samuel Paty. S’il doit retenir l’attention des élèves, c’est sur un point précis : la liberté d’expression peut inclure l’expression d’idées choquantes ou blessantes, mais toujours dans les conditions admises par la loi.

Liberté offensive ou tolérante ?

Mais alors, que répondre à un élève qui vous opposerait l’article 4 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen : « la liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui » ? Comme le souligne le politiste Denis Ramond (Raisons politiques 2011/4 et 2013/4), deux interprétations s’opposent : offensive ou tolérante.

Dans la lecture offensive, celle de la Cour de Strasbourg, toute parole ou image, même offensante, alimente le débat public et, donc, sert la démocratie. Elle serait bénéfique pour tous, y compris pour la minorité offensée.

Une telle position est typiquement « paternaliste » : l’auteur de l’affront sait mieux que ses victimes ce qui est bon pour elles ; il estime que la blessure sera effacée par le surcroît de lumières ainsi dispensé. À la limite, l’offensé devrait remercier l’offenseur de cette belle leçon de liberté, y compris quand le donneur de leçon est un chef d’État étranger. Vous inviterez vos élèves à illustrer les effets de cette théorie à l’aide d’exemples récents.

L’autre interprétation du droit de libre expression prend au sérieux le principe de non-nuisance affirmé en 1789 et le principe du respect des croyances posé en 1882 par Jules Ferry et rappelé dans la Constitution de 1958. C’est une interprétation foncièrement pluraliste. Sur la pluralité des valeurs, vos élèves liront avec profit le philosophe Paul Ricœur (entretien avec Anita Hocquard publié en 1996 dans Éduquer, à quoi bon ?) :

Nous ne vivons pas dans un consensus global de valeurs qui seraient comme des étoiles fixes. C’est là un aspect de la modernité et un point de non-retour. Nous évoluons dans une société pluraliste, religieusement, politiquement, moralement, philosophiquement, où chacun n’a que la force de sa parole. Notre monde n’est plus enchanté. La chrétienté comme phénomène de masse est morte […] et nos convictions ne peuvent plus s’appuyer sur un bras séculier pour s’imposer. […] Préparer les gens à entrer dans cet univers problématique m’apparaît être la tâche de l’éducateur moderne. Celui-ci n’a plus à transmettre des contenus autoritaires, mais il doit aider les individus à s’orienter dans des situations conflictuelles, à maîtriser avec courage un certain nombre d’antinomies.

Et Ricœur de citer trois exemples d’antinomies : préserver l’autonomie de chacun tout en entrant dans un espace public de discussion, appartenir à une tradition vivante sans exclure la présence d’autres traditions, avoir des convictions personnelles tout en pratiquant « une ouverture tolérante à d’autres positions que la sienne ». Il faudra expliquer aux élèves que le pluralisme selon Ricœur n’est pas synonyme de relativisme : c’est une valeur fondamentale de la démocratie.

Comment trancher entre ces deux visions de la liberté d’expression, l’offense charitable et le respect d’autrui ? Un procédé expéditif consiste à reformuler le dilemme en termes psychologiques ou moralisants : vous serez « courageux » si vous persistez à offenser l’autre, « lâche » dans le cas contraire. Apprenez donc à vos élèves à ne pas tomber dans un piège sémantique aussi grossier.

Cessons de diviser la nation en taxant nos contradicteurs d’« ennemis de la République » ou d’« ennemis de la France » : c’est une façon indigne de les exclure du débat et de les exclure de la nation. Personne n’est propriétaire de la République. Nous avons encore le droit d’accorder un minimum de considération aux croyants ou incroyants sans être accusés de complaisance avec les assassins.

Les fidèles musulmans habitués à diviser le monde entre croyants et « mécréants » devront d’ailleurs en tirer les conséquences : c’est au prix de cette révolution mentale qu’ils pourront s’intégrer à la nation.

Vous rappellerez aux élèves que la Déclaration universelle des droits de l’homme affirme le droit de changer de religion ou de ne plus croire : c’est la raison pour laquelle l’Arabie saoudite a refusé d’y souscrire. Et si un élève trop cartésien cherchait à savoir pourquoi notre République laïque tisse des liens si forts avec le régime wahhabite, mieux vaut renvoyer la question à la cellule laïcité du rectorat.

Un conseil de Paul Ricœur aux éducateurs

Un synonyme fréquent de la prétendue « lâcheté » de ceux qui osent prendre en compte l’existence d’autrui est la « complaisance » ou la « compromission ». Dans l’entretien déjà cité, Ricœur fournit l’antidote à ces sophismes :

Le compromis, loin d’être une idée faible, est une idée au contraire extrêmement forte. Il y a méfiance à l’égard du compromis, parce qu’on le confond trop souvent avec la compromission. La compromission est un mélange vicieux des plans et des principes de références. II n’y a pas de confusion dans le compromis comme dans la compromission. Dans le compromis, chacun reste à sa place, personne n’est dépouillé de son ordre de justification.

On peut appliquer cette leçon à l’accusation infamante de « complaisance » envers le djihadisme ou d’« islamo-gauchisme » – le type même de la formule magique d’exécration qui substitue l’injure à l’analyse et n’a pas sa place en démocratie. Intégrer l’existence d’autrui dans sa vision du monde, ce n’est pas pratiquer la haine de soi, c’est sortir de soi pour se grandir. À condition, bien sûr, que l’effort soit réciproque.

Dans un tweet diffusé à l’attention des pays musulmans, le président Macron écrit : « Nous continuerons. Nous nous tiendrons toujours du côté de la dignité humaine et des valeurs universelles ». Dignité étant effectivement le maître-mot, je ne vous conseille pas d’examiner une à une avec vos élèves les caricatures de Charlie Hebdo, mais plutôt de faire un cours sur l’histoire de la caricature politique et religieuse en France. Vos élèves comprendront qu’en ce domaine comme en d’autres, il y a le meilleur et le pire.

Tout le monde n’est pas Daumier, Nadar ou Doré ou, de nos jours, Chappatte, Dilem, Pétillon ou Plantu. Le talent artistique de Cabu reste indépassé, de même que l’autodérision sur nos obsessions sexuelles chère à Wolinski. On connaît la Une de Charlie du 8 février 2006, où Cabu campe le prophète en pleurs s’écriant : « C’est dur d’être aimé par des cons ! », avec cette légende surimprimée : « Mahomet débordé par les intégristes ».

La cible est clairement définie, alors que la caricature de Coco, « Une étoile est née », représentant Mahomet nu en prière, offrant une vue imprenable sur son postérieur, visait l’islam tout court. Les attentats, depuis, ont sacralisé toutes les caricatures sans distinction.

Comment expliquer aux élèves que nous sommes arrivés au point où c’est justement quand la caricature est nulle, réduite à sa fonction la plus dégradante, sans dimension artistique, humoristique ou politique, qu’elle est censée illustrer à l’état pur la liberté d’expression et nos plus hautes valeurs républicaines, y compris l’affirmation de la dignité humaine ? À l’impossible nul n’est tenu.

À la question de savoir si j’ai encore le droit, au pays de la libre expression, de m’indigner du caractère offensant de certaines caricatures sans être accusé de haïr la République, la pesante atmosphère qui règne aujourd’hui me dit que non. Poussée à l’absolu, la libre expression ne tolère plus la libre critique. Les textes constitutionnels que j’ai cités ont beau évoquer le respect des croyances, on peut dire que les djihadistes ont atteint leur but : nous pousser à bout, ériger les caricatures en absolu, au risque d’isoler la France.

Vos élèves liront avec profit le sage éditorial de Soulayma Mardam Bey dans le quotidien francophone libanais L’Orient-Le Jour (27 octobre 2020) : « Pour beaucoup de Français, les caricatures sont aujourd’hui le symbole même de leur identité. Pour beaucoup de musulmans au Moyen-Orient, elles sont la négation de la leur. Ce dialogue de sourds prend actuellement des proportions démesurées, chacun se drapant dans une conception puriste et quelque peu anachronique de qui il est, la République pour les uns, l’islam pour les autres, comme si l’une et l’autre, en plus d’être par nature inconciliables, répondaient de surcroît à des critères immuables, hermétiques au temps et à l’espace. »

De fait, il est tout aussi vain de camper sur l’unicité de la République, source exclusive de toute valeur, que de pousser à l’extrême l’idéologie politique de l’unicité en islam, la fameuse tawhid. Professeurs d’histoire-géographie, votre mission est justement de rappeler que nous sommes plongés dans le temps et dans l’espace, que nos valeurs les plus chères, y compris la liberté d’expression, ont une histoire souvent venue d’ailleurs, et que nous devons garder prise sur leur définition et leurs conditions d’exercice.

Je sais : cette tâche dépasse vos forces et le « cadrage » officiel a ses limites. Mais si vous voulez faire de vos élèves des citoyens et, tout simplement, des adultes, apportez-leur tous les éléments du débat, comme j’ai essayé de le faire ici. Ne les enfermez pas dans des vérités toutes faites. Ils méritent mieux que cela.

Source : La vie des idées – François Héran – 30-10-2020

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82 réactions et commentaires

  • Vercoquin // 08.11.2020 à 07h40

    Est-il opportun de montrer des caricatures de « Charlie Hebdo » à des enfants de quatrième? Ils ont 13 ou 14 ans .
    Sachant que le journal « Charlie Hebdo » est un journal pour adultes, les caricatures concernées sont-elles légitimes dans le contenu du programme de quatrième ?
    En son temps, le journal « Hara qui rit Hebdo » fut interdit à la suite du titre: « Bal tragique à Colombey, un mort », pour offense au général De Gaulle.

    • jp // 08.11.2020 à 09h03

      merci pour votre commentaire, je me croyais seule à trouver certaines caricatures trop obscènes pour le montrer à des collégiens. En 4è certaines ont tout juste ont juste 12 ans, pas prêtes à voir ça.
      « de mon temps », au lycée, le prof d’histoire a prévenu que le film « nuit et brouillard » qu’il allait projeter risquait de choquer et que nous avions le droit de sortir de la salle quand on voulait, sans rien dire et sans être pénalisé.

      • Touriste // 08.11.2020 à 10h34

        Bonjour,
        Vous mettez sur le même plan l’offense présumée liée à la morale religieuse et le dégoût lié à l’empathie. Les « chocs » ne sont vraiment pas de même nature.

      • Octave-Key // 08.11.2020 à 10h42

        N’êtes-vous pas un peu hors sujet ? Samuel Paty n’a pas été assassiné pour avoir montré des dessins obscènes à des enfants, que je sache. On l’a tué parce qu’il a caricaturé le prophète Mahomet.

      • ouvrierpcf // 09.11.2020 à 16h30

        certaines ont tout juste ont juste 12 ans, pas prêtes à voir ça.
        « de mon temps », au lycée, le prof d’histoire a prévenu que le film « nuit et brouillard » qu’il allait projeter risquait de choquer et que nous avions le droit de sortir de la salle quand on voulait, sans rien dire et sans être pénalisé.
        certaines ,donc les filles(assez grandes pour le coup) sont cependant prêtes et disposent ou visualisent ou diffusent quoi comme image entre elles ? comme photo? comme texto? ne seriez ,vous ,pas choquée de pouvoir lire visualiser ces messages ? sont ils ou elles pas de caractères obscènes? oui non?
        Certains garçon de 12ans ne sont ils pas soumis à des sollicitations voire dites de la « bonne pensée  » égalitaire droit de l’hommiste enfin droit de homohommiste droit à la différence ? dans ce cas ci non différenciée ou de genre ? et là cela ne les choquent ils pas ? obscènes ou pas?
        Montrer ,à l’école, sans commentaire c’est imposer
        Situer contextualiser présenter par un texte un avertissement une introduction orale en alliant questions et réponses donc débat peut et doit servir à la compréhension du sens de discussion de réflexion sur une caricature un dessin comme pour une toile ou même un livre
        des caricatures sont donc des dessins pas des images ni même des photos

    • RGT // 08.11.2020 à 11h37

      N’oublions jamais que les caricatures les plus féroces et les plus choquantes n’ont pas été dirigées contre l’islam mais contre la religion catholique.

      Et pour l’instant aucun attentat contre ce « journal » n’a été commis pour ces outrages, ce qui prouve qu’il y a religion et religion.

      Les musulmans modérés considèrent ces caricatures pour ce qu’elles sont : De la provocation de mauvais goût qu’il faut simplement ignorer, comme le font les autres religions qui ont fait les frais des attaques de cette publication.

      Publication qui d’ailleurs s’est détournée au fil du temps des objectifs initiaux définis par ses fondateurs : Dénoncer les horreurs commises par les humains en les poussant au delà des limites de l’absurde. Donc ces caricatures sont en totale contradiction avec la volonté de ses fondateurs.

      Quand on m’insulte grossièrement et sans intelligence (peut-on insulter avec intelligence ? À méditer), je me contente simplement de penser à Confucius : « L’invective ne déshonore que son auteur ».
      Et cette logorrhée glisse sur moi comme un pet sur une toile cirée.

      Répondre à l’invective est la preuve d’un manque d’intelligence flagrant qui rabaisse en dessous de celui qui a commencé.

      De plus, l’attentat a été commis par un tchétchène embrigadé par les salafistes, genre d’individu qui est combattu par Poutine et Kadyrov, qui comme tout le monde le sait sont des dictateurs sanguinaires prêts à fondre sur l’occident pour égorger nos enfants…

      Mais personne n’en parle, il ne faut pas froisser nos « amis » wahhabites.

    • Alain V // 08.11.2020 à 19h30

      Hara-Kiri Hebdo a été interdit à l’exposition et à la vente aux mineurs, pas uniquement pour offense au général de Gaulle, mais parce que ce titre faisait aussi allusion à l’incendie du 5-7, un dancing où 140 personnes ont perdu la vie.

      • RGT // 09.11.2020 à 09h07

        Hara-Kiri Hebdo a fait un titre « putaclic » suite à l’indignation de la rédaction devant l’absence totale d’information dans la presse (hormis locale) concernant ce drame qui avait fait 146 morts (tous jeunes et devant avoir encore de longues années de vies devant eux) le 1er novembre 1970.

        Et une semaine plus tard, la même presse faisait ses gros titres de la mort d’un vieil homme (dont je ne conteste pas les actes remarquables) alors qu’il s’agissait d’une mort naturelle.

        C’est bien ça qu’il faut retenir de « Bal tragique à Colombey : Un mort ».

        Ce titre était tout à fait dans la lignée éditoriale de cette publication : Pousser à l’extrême les comportements humains afin de faire réfléchir les lecteurs.

        Les censeurs n’ont pas eu suffisamment d’intelligence pour comprendre ce fait et l’ont pris au premier degré, d’où l’interdiction de l’hebdomadaire.

        Ensuite, ce qu’il est advenu de Charlie Hebdo, qui a pris la suite d’Hara-kiri, est devenu une lente décrépitude avec une accélération de la chute suite au coup d’état organisé par les « progressistes » (Philippe Val, Caroline Fourest entre autres) qui ont totalement perverti la ligne éditoriale initiale de ses fondateurs, avec le summum atteint lors du licenciement de Siné suite à son dessin « Il ira loin ce petit » qui n’a pas plu à Narközy (« copain » de Val).

        De toutes façons, je ne lisais plus ce qu’était devenu ce « torche cul » depuis bien longtemps.
        Et s’il n’y avait pas eu la récupération politique sordide « Je suis Charlie » l’attentat serait passé comme le drame du 5-7 totalement inaperçu.

        • LibEgaFra // 09.11.2020 à 12h09

          « les « progressistes » (Philippe Val, Caroline Fourest entre autres) qui ont totalement perverti la ligne éditoriale initiale de ses fondateurs, avec le summum atteint lors du licenciement de Siné suite à son dessin « Il ira loin ce petit » »

          Je vois que nous faisons exactement la même analyse. Merci.

    • Pierrot // 11.11.2020 à 12h06

      Il me semble opportun de vous rappeler que les programmes audiovisuels ayant recours à des scènes à caractère sexuel, à la sexualité et à la violence physique ou psychologique ne sont normalement déconseillées ou interdites qu’aux moins de 12 ans, ou encore que le roi Louis XIV régnait déjà sur la France (hors de la régence de sa mère Anne d’Autriche) à l’âge de 13 ans.

      Contrairement à ce que vous semblez croire, les ados de 13 ou 14 ans sont parfaitement à même de supporter et de comprendre la signification et la finalité des caricatures osées d’un journal satirique comme Charlie Hebdo. À cet âge, il est même grand temps de commencer à les familiariser aux différents aspects de la vie d’adulte, dont ils sont censés intégrer toutes les facettes avant leur majorité et leur départ du monde éducatif.

      Vous évoquez la censure du magazine Hara-Kiri par le Ministre de l’Intérieur en novembre 1970, concrétisée par l’interdiction de sa vente aux mineurs (la majorité était alors fixée à 21 ans). Le titre incriminé suggérait une comparaison entre le décès du Général et un drame survenu deux semaines auparavant qui, lui, avait fait 146 morts.

      Or, cet épisode met surtout en exergue sa motivation politique. Il rappelle aussi que le magazine était jusque là accessible aux mineurs. En fait, il est une parfaite illustration de l’antagonisme entre la liberté d’expression et la censure, entre l’impertinence des caricatures et les pouvoirs de ceux qu’elles écornent.

      Alors, quelle meilleure justification du cours qui a coûté la vie à Samuel Paty ?!

  • Linder // 08.11.2020 à 08h00

    Le débat sur la liberté d’expression est truqué. Voyons-nous des caricatures de nos maîtres (pas les élus mais les milliardaires) en train d’enculer (ce langage n’est pas le mien d’habitude mais j’essaye de me mettre au niveau de Charlie Hebdo) des producteurs de laits, du personnel soignant ou des ouvriers ? Pourtant, de telles caricatures auraient autrement plus de sens que les immondices de Charlie Hebdo

    • Tic // 08.11.2020 à 15h46

      oui, il y en a des stocks, probablement des milliers si l’on prend ces dernières dizaines d’années en fait. C’est un thème très récurrents chez Charlie Hebdo. Mais bon, vu que vous l’achetez pas, vous ne pouvez pas savoir.

    • Cyd // 08.11.2020 à 18h49

      La caricature des puissants en France est un longue tradition, et Louis XVI en a fait les frais

      Plus récemment, les guignols de l’info, émission à grand public, croquait efficacement le « système » via la personne de Stalone

      Nos milliardaires ne sont pas épargnés, même si ce n’est pas l’humour scato de Charlie

      une rapide recherche internet le prouve
      https://www.humeurs.be/tag/lvmh/

  • Anfer // 08.11.2020 à 08h05

    Je vois tout de même plusieurs gros problème avec cette idée de ne pas aller contre les « croyances » des enfants.

    1: Ces croyances sont très TRES souvent celles des parents, qui n’ont laissé aucun choix à leurs enfants.

    2: L’enseignement de la méthode scientifique est fondamental, et si ça heurte les parents qui croient encore au père Noël, tant pis.

    3: le nombre de croyances farfelues est infinie, prétendre les respecter toutes, et vous y passerez tout votre temps.

    4: Les enfants des parents athées/agnostiques, qui sont majoritaires en France rappelons le tout de même, on le droit eux aussi à ne pas se faire polluer le cerveau par des querelles qui appartiennent au passé.

    Ça alimente l’idée que tout ce vaut, sauf que non !

    La methode scientifique, ça produit des résultats concrets qu’on voit tous les jours.
    Les fariboles religieuses, ca devrait juste être un sujet d’histoire.

    • Jessim // 08.11.2020 à 08h23

      Les parents sont libres de croire ou de ne pas croire tout comme leurs enfants qui seront libres plus tard d’en faire autant.
      La méthode scientifique n’est pas incompatible avec la foi religieuse.
      Les parents athées n’ont pas a se faire polluer avec ces querelles… les parents croyants aussi ca ne les intéresse pas plus qu’eux je vous le garantis

      • Anfer // 08.11.2020 à 08h45

        Imposer une croyance à des enfants revient à violer leur libre arbitre, je doute très sincèrement que la plupart des parents croyants s’embarrassent à preciser à leurs enfants que leurs croyance sont personnelles et qu’ils sont libre de ne pas y adhérer.

        Si j’étais professeur, et qu’un élève contestait ce que je disais sur la base de croyances, je lui dirais que ce ne sont pas ses croyances, mais celles que ses parents/tuteurs/milieu famillial, lui ont Imposé sans aucun respect pour son libre arbitre.

        • calal // 08.11.2020 à 09h36

          « lui ont Imposé sans aucun respect pour son libre arbitre. »

          Et c’est pour cela que le taux de fertilite descend en fleche dans le monde occidental. Je ne fais pas un enfant pour ne pas avoir d’influence sur lui pendant son enfance. Qu’il fasse ce qu’il veut quand il sera adulte tres bien,mais mon gosse m’obeira tant qu’il sera sous mon toit ou il ne naitra pas…

          • Anfer // 08.11.2020 à 09h47

            Le taux de fécondité est étroitement lié au niveau d’éducation, et de statut de la femme.

            Par exemple, la Pologne (que je connais bien), est très bigote, et pourtant, le taux de natalité est catastrophiquemenr bas, malgré les mesures natalistes prises par le PIS au pouvoir.

            Ce qui n’a rien de surprenant, vu le peu d’avenir qu’offre ce pays, sauf si on est pistonné, a cela s’ajoute la fuite des gens compétents à l’étranger.

            • Papagateau // 08.11.2020 à 11h05

              Donc diplômé ET avec la perspective d’être chômeurs à vie.
              Ce n’est pas la même chose que d’être diplômé avec un métier qui nous rend fier, et dont on peut parler à ses enfants.
              Ou tout simplement, avoir un salaire décent pour leur payer leurs études.

              Femmes diplômées tout court, C’est trop court pour expliquer le manque d’enfants en Pologne.

          • LibEgaFra // 09.11.2020 à 12h26

            « Qu’il fasse ce qu’il veut quand il sera adulte tres bien,mais mon gosse m’obeira tant qu’il sera sous mon toit ou il ne naitra pas… »

            Quel autoritarisme! Ne vous vient-il pas à l’esprit que votre enfant est un individu avec lequel il est possible de communiquer et surtout d’échanger, plutôt que d’imposer? Et qu’il est capable de penser par lui-même?

            C’est très enrichissant et gratifiant pour les deux côtés. Encore faut-il être soi-même bien dans sa tête et au clair par rapport à ses valeurs. C’est vrai que ce n’est pas donné à tout le monde quand on voit tous les jours les dégâts dus par exemple à la violence au sein des familles, physiques ou psychologiques.

        • TAO // 08.11.2020 à 19h32

          Bonjour Anfer,

          Le libre arbitre en matière de croyances existe aussi chez les adolescents, qui par nature s’opposent souvent aux parents.
          Ne vaut-il pas mieux enseigner le plus tôt possible aux enfants l’ intérêt des études philosophiques, de l’histoire des civilisations et des religions ?
          Certes ces science « molles », opposées aux sciences « dures » très dans l’air du temps, ne font guère florès de nos jours !
          Car si à l’horizon des croyances le temps est toujours au beau fixe, c’est bien en raison de l’impuissance de nos sociétés scientistes de répondre aux grandes questions fondamentales existentielles.
          Les dernières découvertes en physique quantique et les formidables progrès de la science n’expliquent en rien la question de la condition humaine dont tout adolescent a déjà conscience !
          L’objectif premier de l’éducation devrait permettre d’apprendre à penser le mieux possible aux fins de développer l’ esprit critique, et la conscience du libre arbitre, valeurs intrinsèques de nos sociétés.

        • Hippocampe // 09.11.2020 à 11h01

          Votre conception du libre arbitre est très étroite et peu engageante. Ni pour la religion ni pour autre chose d’ailleurs. C’est la connaissance intime, parfois acquise par la pratique seule, qui donne accès au libre arbitre, et pas le choix entre des options présentées sur un menu. Même dans la cas du menu, si je choisis le boeuf mode contre la sole meunière, c’est que je connais par avance ce que chaque terme veut dire.
          Je connais un professeur de philosophie athée, en Grèce, qui a baptisé ses deux enfants et les a éduqués dans la religion chrétienne. Pourquoi? Pour leur donner le libre arbitre que vous vantez, mais méconnaissez. Lui dit que c’est la seule option pour qu’ils choisissent librement à l’âge adulte. Une conception de la liberté fondée sur la connaissance. C’est simple.

          • LibEgaFra // 09.11.2020 à 12h41

            « Je connais un professeur de philosophie athée, en Grèce, qui a baptisé ses deux enfants et les a éduqués dans la religion chrétienne. Pourquoi? Pour leur donner le libre arbitre que vous vantez, mais méconnaissez. »

            A-t-il demandé à ses enfants l’autorisation pour le baptême? Ont-ils eu le choix? Pourquoi les garçons n’ont-ils pas été circoncis dans la foulée? Michel Servet a été brûlé notamment parce qu’il refusait le baptême des petits enfants… L’église catholique procède à la « confirmation » très tôt alors que les enfants ne sont pas encore en mesure de décider alors que l’église protestante ne la fait qu’à 17 ans.

            Les religions sont basées sur des mensonges. Enseigner des mensonges n’est pas éducatif, mais engendre soumissions et terreurs. Ce que le pouvoir a toujours compris et utilisé jusqu’au moment où chez nous la science a montré toutes les fables contenues dans les corpus religieux.

            Restent les valeurs universelles qui n’ont jamais été mises en pratique par l’occident, mais qui servent de justificatifs pour piller, agresser et massacrer le reste du monde. Et y semer le chaos.

            • Hippocampe // 09.11.2020 à 14h23

              Objection ridicule, et qui, comme d’habitude échappe au sujet. La circoncision n’est pas réversible (que je sache) et le baptême n’est qu’une aspersion d’eau pour les incroyants. La quasi totalité des athées (du 20ème siècle en tous cas) avait été baptisée, sans que cela n’ait gêné le développement de l’athéisme en quoi que ce soit. Bien sûr l’idéal serait de former à toutes les religions disponibles, mais l’attitude de ce professeur se concentre sur la culture dont il est issu. Philosophie et christianisme sont les deux poumons évidents de la Grèce, non?

            • TAO // 09.11.2020 à 18h50

              @LibEgaTra
              NOTA BENE : L’athéisme n’en déplaise à certains est aussi une autre forme de croyance !
              http://www.lemondedesreligions.fr/savoir/raphael-enthoven-sur-le-dieu-de-spinoza-13-10-2010-848_110.php

          • TAO // 09.11.2020 à 13h08

            @Hippocampe
            J’ignore votre expérience personnelle du libre arbitre, mais n’oubliez pas que très jeune l’on peut être habité par ce concept pour lequel la part d’inné ne saurait être ignorée.

            Les possibilités de pouvoir choisir et surtout le devoir de » s’empêcher » inhérent à l’espèce humaine,existent tout au long de notre vie, et ces notions constituent à juste raison les fondements même de notre société.

            Ce serait une erreur d’oublier notre adolescence durant laquelle nous avions déjà conscience de l’importance de nos choix.

            Certes l’éducation et l’enseignement restent essentiels pour accéder à la connaissance, mais il serait très réducteur de faire l’impasse sur les notions d’affect et de personnalité qui restent également déterminantes dans l’explication de nos parcours de vie librement choisis.

            • TAO // 09.11.2020 à 18h40

              @Hippocampe

              « L’ENNUI »!!!

              Si bien évoqué dans le superbe poème de Charles Baudelaire « Au lecteur »(Les fleurs du mal),un tableau noir de la nature humaine,dominé par la figure allégorique de l’ennui !

              « C’est l’Ennui ! – l’œil chargé d’un pleur involontaire,
              Il rêve d’échafauds en fumant son houka.
              Tu le connais, lecteur, ce monstre délicat,
              – Hypocrite lecteur, – mon semblable, – mon frère ! »

              https://poesie.webnet.fr/lesgrandsclassiques/poemes/charles_baudelaire/au_lecteur

          • TAO // 09.11.2020 à 14h56

            Rebonjour Hippocampe,

            En matière de libre arbitre , la part du conditionnement semble à priori essentielle . Il est bien connu que les normes morales , sociales , culturelles, ne peuvent que dessiner un schéma de contraintes et d’interdits pour l’individu en fonction de son vécu : c’est une composante du psychisme , c’est ce qu’on pourrait appeler l’esprit fabriqué par la société , ou encore l’esprit illusoire ( lequel , dans le passé , ne l’oublions pas , a pu examiner au plus haut sommet de l’intelligentsia , le problème  » du sexe des anges  » ! )

            Mais la question fondamentale que l’on pourrait se poser est de savoir s’il existe un esprit qui ne soit pas le corollaire du formatage et du conditionnement humain , voire que l’homme ne puisse créer et qui ne pourrait apparaître comme illusoire ? Autrement dit , dans quelle mesure un esprit non limité pourrait émerger d’un esprit limité ?
            Qu’en pensez-vous ?

            • Hippocampe // 09.11.2020 à 17h46

              C’est une assez bonne façon de poser la question. La liberté sans limites donné à un homme conditionné par ses limites est-elle efficace ou souhaitable? Le plus beau de l’homme, sa conscience, ne s’exprime-t-elle pas au mieux justement sur ses limites? N’est-ce pas la conscience de la mort qui fait le philosophe comme disent les anciens?
              Mozart fait des symphonies structurées, définies par des normes et des limites, un lieu de sublime qui, au moins, passe 3 siècles dans problème. Ce que ne fait pas Salieri, plongé pourtant dans la même culture. Le Génie s’appuie sur ses limites pour se projeter au loin, comme l’astronome sur les limites de ses yeux pour sonder au télescope l’univers lointain.
              Une liberté d’être athée sans référence à la religion serait vide, sans force, sans contenu. Le « fade » est, il est vrai, le nouvel horizon de la société, désormais strictement….horizontal. Mais du monde de l’ennui que surgira-t-il?

      • Mickey Sournois // 08.11.2020 à 17h46

        Mais que la foi religieuse ne pretende pas investir l’ecole laique. C’est tout ce qu’on demande. Il a fallu se battre avec l’eglise catholique pour cette raison. Il va maintenant falloir se battre avec les extremistes de l’Islam. No pasaran!

  • LibEgaFra // 08.11.2020 à 08h12

    « Tout le monde n’est pas Daumier, Nadar ou Doré ou, de nos jours, Chappatte,  »

    Il y aurait beaucoup à dire sure la qualité de certaines caricatures, pour ne pas dire de certains « caricaturistes ».

    Certaines « caricatures » sont à chier, si vous voyez ce que je veux dire, autrement désolé.

    • Rascar // 10.11.2020 à 16h43

      Les avis sont comme les séants, chacun a le sien. Merci de votre éclairage.

      • TAO // 11.11.2020 à 17h53

        Pour être moins imagé : « Le bon sens est la chose au monde la mieux partagée »…….

  • Brigitte // 08.11.2020 à 08h54

    L’école laïque n’est pas une tribune, un forum, mais un lieu de respect et d’émancipation par le savoir. Elle doit instaurer un cadre, un apprentissage du « vivre ensembles » .
    Je ne vois pas bien l’intérêt d’enseigner la liberté d’expression et encore moins de prendre Charlie Hebdo en référence. L’école n’a que trop souffert du fameux « il est interdit d’interdire » 68-ard. Du coup, elle a perdu de son prestige et ce sont les parents qui font la loi.
    « la liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui »
    Il me semble que la liberté relève de la philosophie et non de l’histoire. Or, l’enseignement de la philosophie est menacé, et on préfère le remplacer par ce pseudo-enseignement à un âge où les enfants n’ont pas la maturité intellectuelle pour en tirer profit.
    Les adultes n’arrivent déjà pas à se dépêtrer entre liberté religieuse et liberté des sexes. On voit de plus en plus de femmes voilées sur les plages alors que leurs partenaires masculins sont en maillot de bain. C’est offensant pour toutes les femmes! Le vrai courage serait de régler d’abord ce problème majeur plutôt que de montrer les caricatures de Charlie!
    Tout cela est insensé, comme d’habitude on patauge dans le délire et hélas, maintenant dans le sang. Il est grand temps que l’esprit retrouve le chemin du corps enseignant!

    • Anfer // 08.11.2020 à 09h39

      Que veut on de l’éducation nationale ?

      Former de futurs employés/machine à valoriser du capital/consommateurs ?

      D’obéissants sujets, respectueux des hiérarchies sociales, du culte du chef, et des « valeurs » traditionnelles ?

      Ou bien des citoyens éclairés, capable de participer à la vie politique de leur pays ?

      Se poser ces questions c’est déjà faire de la politique.

      • M_a_n_u // 08.11.2020 à 11h19

        C’est ce que j’appelle savoir distinguer la scolarité de la formation.
        Malheureusement, le rabâchage permanent d’une scolarité « utile », « qui doit permettre de s’insérer dans la vie active » a dévoyé le rôle premier de l’éducation nationale;

        • LibEgaFra // 08.11.2020 à 11h53

          L’école ne doit-elle pas instruire et non éduquer?

          Ne sont pas enseignés: l’économie, la finance, la politique, la psychologie, la sociologie, la médecine…

          • Anfer // 08.11.2020 à 13h27

            Il faudrait commencer par enseigner l’épistémologie, la methode scientifique, et la distinction entre science dures et sciences sociales.

            Apprendre à se méfier des biais cognitifs, et des artifices de rhétoriques.

            Faire la distinction entre une théorie et une hypothèse en science.

            Quand on maîtrise une argumentation sur des preuves, on est beaucoup moins susceptible de croire des théories du complot débile, mais on est aussi beaucoup moins susceptible de se faire avoir par la communication politicienne.

            En fait on est armé pour être un citoyen politique.

            • TAO // 08.11.2020 à 19h59

              Anfer

              Les théorie du big bang,des trous noirs,et le caractère surprenant des états intriqués en physique quantique, n’ont toujours pas répondu aux grandes questions : -Pourquoi existe-t-il,quelque chose plutôt que rien? -Qui sommes nous ? -d’où venons nous ? -où allons -nous ?
              Les » preuves » scientifiques auxquelles vous faites allusion sont bien ténues et aléatoires si l’on aborde les grands sujets existentiels qui servent alors facilement de prétextes aux théories du complot et croyances les plus diverses, qui paradoxalement prospèrent encore de nos jour en dépit des lumières !

            • LibEgaFra // 09.11.2020 à 12h54

              Totalement en accord avec vous! Oui, épistémologie, rhétorique, argumentation (sophismes! on voit à quel point les gens ne comprennent pas de quoi il s’agit quand ils les pratiquent tant et plus), etc.

              C’est dingue de constater combien de conclusions sont tirées d’hypothèses non vérifiées. Certains construisent des hypothèses sur des hypothèses et ils pensent qu’ils font œuvre de science… Certains par exemple confondent évolution et théories de l’évolution… Etc.

    • X // 08.11.2020 à 09h51

      L’enseignement de la liberté d’expression ne relève pas du cours d’histoire mais de l’enseignement civique (je crois que l’intitulé est encore aujourd’hui « enseignement civique et moral »). Celui-ci partie du cours d’histoire-Geo (Jamais très bien compris pourquoi ; probablement par manque de personnel et d’argent pour le payer)
      L’histoire est une discipline scientifique, elle doit tendre vers la neutralité idéologique. La morale civique, en revanche ne doit pas, ne peut pas être neutre idéologiquement . L’état est tout à fait dans son droit quand il enseigne une morale civique au sein de son enseignement public.
      La laïcité, ce n’est pas seulement la séparation de l’église et de l’état. C’est empêcher qu’une religion n’ait une trop grande emprise sur l’état et la société en général. La laïcité, ce n’est pas la neutralité de l’état. Et ceux à qui ça ne plait pas n’ont qu’à aller se trouver un autre pays, qui leur convienne mieux… comme ont fait les nones et les moines en 1905
      Ceci étant, les dessins de Charlie sont dégoûtants et pas à montrer à des ados de 4e (même si ces derniers en voient d’autres, de nos jours, avec la pornographie sur le net). Mais à ma connaissance, les caricatures publiées initialement dans le journal néerlandais (reprises, simplement par Charlie) qui ont été le point de départ de toute cette affaire n’étaient pas spécialement pornographiques.

  • Olivier D // 08.11.2020 à 09h30

    1/2 « Et si un élève trop cartésien cherchait à savoir pourquoi notre République laïque tisse des liens si forts avec le régime wahhabite, mieux vaut renvoyer la question à la cellule laïcité du rectorat. » Hahaha, mdr, donc pas de liberté de dire que c’est parce qu’on leur vend des armes qu’ils utilisent au Yémen sur des civils. C’est comme les chasseurs, y a les bons musulmans et les mauvais musulmans. Du coup pas le droit de dire que l’Arabie Saoudite, c’est daesh qui a réussi… qu’au 11 sept 2001, sur les 19 pirates de l’air, 15 étaient saoudiens (et ben laden aussi) mais qu’on a préféré attaqué l’Irak et l’Afghanistan… le role de l’Arabie Saoudite dans la formation des imams de France et du financement des mosquées radicalisées, nooooon voyons. Charlie, oui, Arabie Saoudite,…ben oui aussi. C’est le fameux en même temps.

    « Dans un tweet diffusé à l’attention des pays musulmans, le président Macron écrit : « Nous continuerons. Nous nous tiendrons toujours du côté de la dignité humaine et des valeurs universelles ». Dignité étant effectivement le maître-mot, je ne vous conseille pas d’examiner une à une avec vos élèves les caricatures de Charlie Hebdo » Nos valeurs sont universelles, mais pas les vôtres, c’est pourtant clair, je ne vois pas où vous y voyez de l’arrogance. Il vous faut évoluer, grandir et un jour peut-être, atteindre le degré suprême de l’évolution, bref devenir comme nous et dessiner des fions.

    • LibEgaFra // 08.11.2020 à 11h59

      « le role de l’Arabie Saoudite dans la formation des imams de France et du financement des mosquées radicalisées »

      MBS a révélé que c’était à la demande des occidentaux. Le double discours est un art subtil, jusqu’à ce que la vérité soit révélée. Après il ne reste que l’hypocrisie.

  • Olivier D // 08.11.2020 à 09h31

    Y a tellement de trucs qu’on n’a pas le droit de dire que c’est chiant que tout tourne autour de caricatures super nulles, assez incompréhensibles et franchement pas conseillées pour des collégiens. Si encore c’était un poil subversif ou si ça défendait une partie de la population, mais là non c’est juste un vieux crachat dégueulasse, vieux de 6 ans en plus qu’on ressert à toutes les sauces. Y aurait mille exemples plus intéressants, en commençant par Julian Assange, et les crimes américains en Irak, mais chhhuuutttt, ça n’est pas couvert par la liberté d’expression. Ca passe pas à la télé, donc ça n’existe pas.
    https://www.dailymotion.com/video/x590ird

  • Olivier D // 08.11.2020 à 09h33

    « Et si un élève trop cartésien cherchait à savoir pourquoi notre République laïque tisse des liens si forts avec le régime wahhabite, mieux vaut renvoyer la question à la cellule laïcité du rectorat. » donc pas de liberté de dire que c’est parce qu’on leur vend des armes qu’ils utilisent au Yémen sur des civils. C’est comme les chasseurs, y a les bons musulmans et les mauvais musulmans. Du coup pas le droit de dire que l’Arabie Saoudite, c’est daesh qui a réussi… qu’au 11 sept 2001, sur les 19 pirates de l’air, 15 étaient saoudiens (et ben laden aussi) mais qu’on a préféré attaqué l’Irak et l’Afghanistan… le role de l’Arabie Saoudite dans la formation des imams de France et du financement des mosquées radicaliées, nooooon voyons. Charlie, oui, Arabie Saoudite,…ben oui aussi. C’est le fameux en même temps.

    « Dans un tweet diffusé à l’attention des pays musulmans, le président Macron écrit : « Nous continuerons. Nous nous tiendrons toujours du côté de la dignité humaine et des valeurs universelles ».  » … « dignité humaine et valeurs universelles » en parlant des caricatures aux pays musulmans, c’est beau, c’est digne en effet, fallait oser. Nos valeurs sont universelles, mais pas les vôtres, c’est pourtant clair, je ne vois pas où vous y voyez de l’arrogance. Il vous faut évoluer, grandir et un jour peut-être, atteindre le degré suprême de l’évolution, bref devenir comme nous et dessiner des fions.

  • METZGER // 08.11.2020 à 10h31

    La liberté d’expression est encadrée et à géométrie variable en France, par les lois mémorielles, entre autre. Imaginons qu’à la place du prophète, on ait représenté une victime de la Shoah avec la même légende : « Une étoile est née ». Inutile d’imaginer la cascade de procès et d’interdiction qui auraient suivis… Je suis beaucoup moins choqué par les spectacles de Dieudonné ( il n’y a que ceux qui ne les ont pas vu qui les qualifient de racistes ) que par les caricatures de Charlie. Pourtant les uns sont interdits, les autres permis.
    D’autre part, comment un professeur d’histoire, qui à travers sa connaissance, sa sagesse, sait qu’on ne peut pas convertir à la liberté d’expression un fanatique, à l’âge le plus malléable aux idéologies et prêt à donner sa vie pour elle, soit entré dans l’arène du taureau en agitant un chiffon rouge ? Témérité ? Inconscience ? Ce texte de François Héran remet parfaitement en perspective le cadre de cette liberté d’expression dans nos institutions.

  • Ignotus // 08.11.2020 à 10h58

    Il est écrit dans ce texte :
    « Et si un élève trop cartésien cherchait à savoir pourquoi notre République laïque tisse des liens si forts avec le régime wahhabite, mieux vaut renvoyer la question à la cellule laïcité du rectorat. »
    Je n’arrive pas à comprendre concrètement sa signification.
    Quelqu’un ici pourrait m’éclairer ?

    • Fernet Branca // 08.11.2020 à 11h42

      C’est dire qu’il faut enterrer le sujet.
      La liberté d’expression est une grosse blague.
      Les tabous prolifèrent.

    • Papagateau // 08.11.2020 à 11h57

      Ça veut dire qu’on signale l’élève à la hiérarchie pour avoir une trace informatique de son acte en tout respect de ses opinions.

      Nan, je blague ! Ça veut dire que l’enseignant ne devra pas approuver la question de l’élève sur les relations étrangement bonne des élites françaises avec l’Arabie Saoudite. Quoiqu’en pense l’enseignant et la majorité des Français.
      C’est la double pensée (1984) au sujet de la liberté d’expression des enseignants (ça passe, ils sont au travail) et de la majorité.
      C’est l’obligation pour l’enseignement de diffuser une idée contraire au bon sens, et à l’immense majorité, sous peine de sanction pour l’enseignant.

      Voilà ce qu’est l’enseignement de la liberté en France.

      • Ignotus // 08.11.2020 à 14h55

        A Papagateau
        « Ça veut dire qu’on signale l’élève à la hiérarchie pour avoir une trace informatique de son acte en tout respect de ses opinions. »
        C’est bien ce que je pensais, j’ajouterais que cela permettra de ficher les parents, et je ne blague pas !

        Finalement, j’ai l’impression que c’est la phrase la plus importante du texte, non ?

    • Byblos // 11.11.2020 à 19h49

      Ça veut dire que, pendant qu’on voue les intégristes aux gémonies, on fraternise avec ceux-là mêmes qui inspirent ces intégristes. Et qu’il faut poser la question à ceux qui définissent la laïcité et ses modes d’application. Ils peuvent peut-être expliquer cette contradiction majeure.

  • Fernet Branca // 08.11.2020 à 11h57

    Les professeurs d’histoire feraient mieux de revenir sur les heures sombres de la IIIeme république. . La liste est longue : Commune de Paris suivie de nombreuses fusillades : 1er mai à Fourmies, viticulteurs du midi, querelles des inventaires dans le Velay et dans les Flandres., charges de cavalerie lors des grèves ou de la catastrophe de Courrieres.
    Les hussards noirs de la république devaient avant tout préparer la guerre de 14 les yeux fixés vers la ligne bleue des Vosges. En attendant la république propageait les valeurs universelles du Sénégal au Tonkin.
    Il n’y a pas si longtemps sur les murs la loi de 1881 s’affichait sur tous les murs.
    « Défense d’afficher », une inscription fréquente sur les murs de villes françaises depuis la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse. La mention de « Défense d’afficher – loi du 29 juillet 1881 » apparaît également.

  • X // 08.11.2020 à 12h25

    « il faut faire des compromis », tenter autant que possible de « ne pas offenser autrui ».. D’accord… Mais ce qui me paraît à moi anodin et inoffensif peut tout à fait être considéré comme « outrageusement offensant » par autrui.

    C’est bien là tout le problème des caricatures de Mahomet (les premières caricatures de 2005, pas les cochonneries ineptes publiées -de temps à autre, trop souvent à mon goût – par Charlie).
    La représentation du prophète est jugée offensante par les musulmans intégristes. De même que la représentation d’une créature de Dieu (animale ou végétale) est tabou – donc potentiellement choquante pour une sensibilité musulmane… Et-ce à dire que les non-musulmans doivent s’abstenir de représenter le prophète ou des êtres animés pour ne pas choquer certaines franges de la population française musulmane ?
    Pour moi, la réponse est clairement non. Et n’en déplaise à Ricoeur, dans ce cas, compris est synonyme de lâcheté et de compromission.

    • Hippocampe // 09.11.2020 à 13h15

      Est-il si difficile de distinguer, dans les caricatures en question, l’innocence rigolarde et bêtasse, de l’intention délibérée de choquer? Quand bien même une telle innocence pataude (impossible à croire même pour une intelligence moyenne) aurait prévalu lors de la première publication, peut-on raisonnablement ressortir cette excuse pour la seconde?
      “La folie, c’est se comporter de la même manière et s’attendre à un résultat différent.”(Einstein). La folie? Ou l’intention perverse?

      • X // 09.11.2020 à 15h00

        Je ne vois pas les choses de cette manière. Je ne crois pas que Samuel Paty ait montré les caricatures par perversité (ce que vous appellerez la volonté de choquer ); s’imaginer qu’il ait montré les caricatures pour choquer, là est , par contre, la véritable perversité, et en l’occurrence, elle est du côté du tueur (et de ceux qui ont excité sa folie meurtrière).

        Le sentiment d’humiliation de ceux à qui on a « fait la leçon », au sens propre, en proposant de montrer les caricatures tout en sachant qu’ils s’y opposent, ne doit pas être confondu avec le sentiment que ressent une personne sans défense après une offense. Ce sentiment s’apparente bien plus à une forme de ressentiment au sens de Nietzsche (une volonté de se venger de sa propre impuissance en attaquant celui qui vous apparaît comme supérieur ). Ce qui était intolérable aux agresseurs , c’est le fait que la promotion médiatique dont avaient fait l’objet les caricatures (après l’attentât de Charlie) ait été validée par un professeur, une personne sensée représenter l’autorité du savoir… Dit en d’autres termes, un problème d’ego…
        Quand la volonté de puissance s’exprime de cette manière aussi décomplexée (la décapitation pour un tel motif, c’est pour le moins une méthode décomplexée…), on peut comprendre, en retour, la violence du camp d’en face via médias interposés. Violence verbale, uniquement, je vous le rappelle.- c’est tout de même important de le souligner.

        • Hippocampe // 10.11.2020 à 16h48

          La deuxième publication (en attendant une troisième) ça n’est pas celle de Samuel Paty, mais celle de Charlie Hebdo. Ils n’en n’étaient pas même les « créateurs », si création il y a. Les Danois, à l’origine de la 1ère publication, n’ont pas souhaité recommencer. Sont-ce des couards? Je ne le crois pas; ils n’ont pas voulu prendre en otage d’autres personnes qu’eux-mêmes. Des personnes sans protection rapprochée, sans lieu où se cacher. C’est ce qu’on appelle la responsabilité, celle qui touche autrui. Que l’on soit ou non dans son droit, ce n’est pas la question.

  • X // 08.11.2020 à 12h46

    Il faut aussi souligner que ceux-là mêmes qui, la bouche en cœur, trouvent des circonstances atténuantes aux contempteurs de Charlie au motif que ses caricatures sont grossières, bassement scatologiques, écoeurante, violentes etc… ne s’offusquent nullement publiquement dans le même temps de la prolifération sur le net (et ailleurs) d’images à caractère pornographique, dégradantes et offensantes pour les personnes représentées (les femmes en majorité). Je ne vois nulle part d’action politique ou en justice, d’articles dans les grands médias qui s’attaque à cette visibilité-la.
    Pourquoi ? Par inconséquence ? Par hypocrisie ? N’est-ce pas là aussi une forme de compromission ?

    • Totote // 09.11.2020 à 07h24

      Vous avez tout à fait raison, peut-être que si les femmes se mettaient à trucider les pornographes, leur maltraitance serait discutée…

      • X // 09.11.2020 à 11h40

        Ah ben déjà que sans ça, on a des mouvements comme les Incels… si les femmes se mettre à faire des attentats contre les pornographes, on n’a pas fini…

        Non, la violence terrorise n’a jamais rien résolu. Elle ne fait que rajouter du malheur au malheur déjà existant.

  • Olposoch // 08.11.2020 à 13h36

    Il convient de remarquer que le seul problème posé concerne juste une partie des musulmans… le reste de la société avance plutôt cool (sociétalement parlant… la manif pour tous et autres ne présentant pas de signe de radicalisation exrtême…)

    • BOURDEAUX // 08.11.2020 à 14h21

      Cette partie correspond, à mon avis, à celle qui vit sous l’emprise morale du clergé musulman. Le vrai problème réside ici, et pas ailleurs : dans ce clergé qui prêche clairement la guerre sur notre territoire et qui doit être expulsé sans remords. C’est à ce prix que l’on peut se donner une chance de préserver la paix civile.

      • Anfer // 08.11.2020 à 15h13

        Le problème, c’est qu’il n’y a pas de « clergé » musulman, on essaye de plaquer la situation bien particulière de l’église catholique sur des religions qui n’ont pas du tout la même organisation.

        Il n’y a pas de pape dans le sunnisme, pas de cardinaux, ni d’archeveques, ni d’évêques, ni de hiérarchie centralisée.

        N’importe quel fêlé un peu persuasif peut se déclarer imam, et ensuite ça marche à la popularité.

  • Mickey Sournois // 08.11.2020 à 17h43

    Je releve tout de suite quelque chose qui me fait bondir: la loi de 1882 interdisait de frapper les eleves? Mais c’est une blague sinistre!! J’ai ete temoin d’instits et de profs maltraitants les eleves a l’ecole republicaine et au college dans les annees 60. Mon beau-fils en 1980 , age de 4 ou 5 ands qui se prend une fesse deculottee devant la classe pour une betise, et des dizaines d’exemples analogues, plus les brimades et les raclees dans des ecoles privees catholiques. Il a fallu la recente loi anti-fessee pour que l’on commence a reflechir. Il faudra qu’un jour des historiens fasse le livre de noir de l’enseignement en France a ce sujet, comme d’ailleurs il faudrait le faire dans d’autes pays occidentaux. Il y a eu la une veritable monstruosite qui a ete camouflee pendant trop longtemps, a gauche comme a droite.

  • Franck // 08.11.2020 à 18h29

    « Comment réfléchir en toute liberté sur la liberté d’expression »
    Heu c’est pas plutôt :
    Comment réfléchir en toute sécurité sur la liberté d’expression

  • Francesc // 08.11.2020 à 19h18

    jules Ferry le grand: « les droits de l’homme ne sont pas faits nègres », fervent partisan de la colonisation; la République a de drôles de géniteurs

    • X // 08.11.2020 à 19h41

      Votre citation semble incomplète. Pourriez-vous la compléter et nous en indiquer la source ? Dans quel contexte Ferry a-t-il dit ça ?

      • Francesc // 09.11.2020 à 10h29

        citation complète  » les droits de l’homme ne sont pas faits pour les nègres »,
        Jules Ferry (28 juillet 1885) cherchez aussi la réponse de Clémenceau.

        « Messieurs, il faut parler plus haut et plus vrai ! Il faut dire ouvertement qu’en effet les races supérieures ont un droit vis-à-vis des races inférieures. Je répète qu’il y a pour les races supérieures un droit, parce qu’il y a un devoir pour elles. Elles ont le devoir de civiliser les races inférieures. Ces devoirs ont souvent été méconnus dans l’histoire des siècles précédents, et certainement quand les soldats et les explorateurs espagnols introduisaient l’esclavage dans l’Amérique centrale, ils n’accomplissaient pas leur devoir d’hommes de race supérieure. Mais de nos jours, je soutiens que les nations européennes s’acquittent avec largeur, grandeur et honnêteté de ce devoir supérieur de la civilisation. »
        grand merci pour votre attention

        • X // 09.11.2020 à 11h34

          Merci pour votre réponse. La longue citation que vous reproduisez est-elle la réponse de Clemenceau?
          Avez-vous un lien à partager car tel quel, elle n’est pas de grande utilité dans un moteur de recherche

  • Danièle Dugelay // 09.11.2020 à 03h58

    Le blasphème n’existe pas en France. Il ne peut pas exister puisque l’état n’y reconnaît pas les cultes : pas de cultes reconnus, donc pas de blasphèmes possibles. Il ne peut donc pas être ni sanctionné, ni interdit. (voir l’article 2 du titre I de la loi du 9 décembre 1905). D’autre part, je veux rétablir une autre vérité : Samuel Paty a pris la précaution de prévenir ses élèves de ce qu’il allait leur montrer pour illustrer son cours, en proposant à ceux qui pourraient être choqués de fermer les yeux ou même de sortir un instant dans le couloir. Ce professeur était un républicain profondément respectueux de ses élèves. Ce n’est certainement avec des images d’Epinal qu’on peut amener une classe à étudier la liberté d’expression.

    • Hippocampe // 10.11.2020 à 16h55

      Le blasphème existe, en France comme ailleurs. L’état d’ailleurs non seulement reconnait les cultes mais même « la liberté de culte ». Le Ministre de l’intérieur est toujours celui « des cultes ». Ce qui n’existe pas c’est le délit de blasphème. La loi ne punit pas les blasphémateurs vis à vis de telle ou telle religion, non pas parceque les religions n’existent pas mais parceque l’état ne se mêle pas des détails de leurs croyances. Ce n’est pas absolu, l’état se mêlant souvent de déterminer si une croyance est intégrée à une religion ou si elle est le fait d’une secte. La loi punit les sectes et l’état les dissout (enfin, pas toutes assurément).
      Il y a des choses qui sont insultantes à des communautés et que la loi poursuit et punit (loi Gayssot par ex.). Donc l’état se soucie de l’impact des mots, des prises de position d’un individu, ou même d’un journal sur la société.

      • Subotai // 10.11.2020 à 20h21

        «  »Ce n’est pas absolu, l’état se mêlant souvent de déterminer si une croyance est intégrée à une religion ou si elle est le fait d’une secte. » »
        ————-
        Tss tss tss, La croyance n’est pas en question dans la définition ET la poursuite pénale d’une « secte ». Seuls entrent en jeu, les atteintes physiques et morales aux personnes et les troubles à l’ordre public.
        Moi en tant que Pastafari, l’État me fout la paix . 😀

        • Hippocampe // 11.11.2020 à 11h25

          L’état s’en mêle quand même, en négatif parfois. En effet la circoncision est expréssement interdite par la loi (article 222-1 du code pénal et 16-3 du code civil). Néanmoins l’état en tolère la pratique au nom du principe supérieur constitutionnel de droit à la pratique religieuse. Donc oui l’état se mêle de religion!

  • Totote // 09.11.2020 à 07h26

    « le type même de la formule magique d’exécration qui substitue l’injure à l’analyse et n’a pas sa place en démocratie. »
    c’est valable pour « l’islamo gauchisme », cela l’est-il aussi pour l’islamophobie ?

  • utopiste // 09.11.2020 à 13h20

    Les Islamistes sont des criminels, c’est un fait que tout le monde connait. Ne faudrait-il pas aussi chercher qui instrumentalise la religion musulmane et cherche à diviser pour régner ?
    Quand aux musulmans de France (et d’ailleurs éventuellement), n’est-il pas temps pour eux de clarifier, en langage moderne, un texte qui à plus de mille ans ?

    • Momo // 09.11.2020 à 23h16

      Le Coran est incréé, il est parole divine pour un musulman, il n’y a rien à clarifier. Sous entendre que le Coran pourrait être changé est un blasphème pour l’islam. [modéré]

      • Momo // 11.11.2020 à 09h54

        Je ne vois pas pourquoi une partie de mon commentaire a été modérée (censurée serait plus exacte). Je ne rappelle qu’un fait : le blasphème contre l’islam est puni de mort dans de nombreux pays.

    • Subotai // 10.11.2020 à 20h34

      «  »Les Islamistes sont des criminels, »
      Vraiment?
      Suivant quels critères?
      ***
      « c’est un fait que tout le monde connait »
      Vraiment?

      Donc être fondamentaliste d’une foi, c’est par défaut être criminel, même si on n’a commis aucun crime au terme de la loi?
      Ou est ce que ça ne s’applique qu’aux musulmans?
      Ou alors le mot « islamiste » est devenu synonyme de « terroriste » lui même devenu synonyme de « opposant, rebelle, guerrier, activiste »
      Pour rappel, terroriste au départ est : qui répand ou cherche à répandre la terreur. Donc à priori ayant commis au moins un acte dans ce sens.
      Il fut un temps où on était jugé pour ses actes. Maintenant on est condamné d’avance pour des idées supposées.

  • Pong // 10.11.2020 à 14h58

    Ce texte est une merveille. Je n’y changerai pas une virgule. A diffuser pour retrouver un peu de raison et conserver la paix civile.

  • METZGER // 11.11.2020 à 09h47

    Le Coran est incréé. La bonne blague. Dicté par un analphabète, écrit par des disciples sur des os de chameau, suivi d’un millénaire de transmission orale, imprimé pour la première fois en Russie dans une époque quasi-contemporaine, le Coran a subi de nombreuses transformations et ajout au cours des siècles. Qu’il soit incréé est tout simplement impossible. Il n’y a effectivement rien à discuter sur ce point.
    La liberté d’expression est aussi celle des non-croyants. Libre à chacun de croire en ce qu’il veut dans notre état laïc.
    Moi, je crois au Père Noël, et j’ai de bonnes raisons pour cela. Chaque année, il me fait des cadeaux.

    • TAO // 11.11.2020 à 18h08

      Au delà des croyances personnelles,la problématique du bien et du mal reste essentielle puisque l’homme est avant tout un animal social.
      Dès lors une question vient à l’esprit : La vérité est-elle une opinion comme une autre ?

  • Byblos // 11.11.2020 à 19h39

    Il me semble que «respecter toutes les croyances» c’est faire preuve d’ouverture d’esprit, d’acceptation de l’Autre dans sa différence. Je ne parlerai pas de tolérance. Paul Claudel a dit qu’il y avait des maisons pour cela. Un autre a dit que l’ennui naquit un jour, de l’uniformité. Je ne déteste pas l’idée d’une France Unie et Indivisible dans sa rutilante diversité.
    Par contre, «ne respecter aucune croyance» n’est-ce pas verser dans le nihilisme et le désespoir? Croire, quelle que soit la croyance, c’est espérer. Dante Alighieri a écrit qu’il est affiché à la porte de l’enfer : Toi qui entres ici, oublie toute espérance. Je suis certain qu’il n’y a pas de feu en enfer. Mais que l’enfer est en nous. C’est le désespoir et le nihilisme.
    Du moins, c’est ce que je pense.

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