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27.novembre.201927.11.2019 // Les Crises

L’ennemi intérieur – Par Chris Hedges

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Source : Truthdig, Chris Hedges, 04-11-2019

Mr. Fish / Truthdig

Notre démocratie n’est pas en péril – nous ne vivons pas dans une démocratie. L’image de notre démocratie est en péril. L’État profond – généraux, banquiers, industriels, lobbyistes, chefs du renseignement, fonctionnaires du gouvernement et technocrates – est déterminé à sauver la réputation de cette institution. Il est difficile de se vanter d’être le gardien de la liberté et de la liberté dans le monde avec Donald Trump qui parle de lui-même de façon incohérente, incite à la violence raciste, insulte nos alliés traditionnels ainsi que les tribunaux, la presse et le Congrès, twitte des inepties mal orthographiées et dénonce ou sabote impulsivement la politique intérieure et étrangère bipartite. Mais le péché le plus impardonnable de Trump aux yeux de l’État profond est sa critique des guerres sans fin de l’empire, même s’il manque des compétences intellectuelles et organisationnelles pour superviser un désengagement.

L’État profond a commis la plus grande bévue stratégique de l’histoire américaine lorsqu’il a envahi et occupé l’Afghanistan et l’Irak [L’État profond, transcription de l’américain deep state, est un concept politique qui désigne, au sein d’un État ou de sa bureaucratie, une hiérarchie parallèle, une ligue, ou une entité informelle qui détient secrètement le pouvoir décisionnel, manipulant ainsi l’État de droit, NdT]. De tels fiascos militaires fatals, caractéristiques de tous les empires tardifs, sont appelés actes de « micro-militarisme ». Les empires mourants gaspillent historiquement le dernier capital qu’ils possèdent, économique, politique et militaire, en conflits futiles, insolubles et impossibles à gagner jusqu’à ce qu’ils s’effondrent. Ils cherchent dans ces actes de micro-militarisme à reconquérir une ancienne domination et une stature perdue. Les catastrophes s’empilent les unes sur les autres. Les architectes de notre spirale de la mort impériale, cependant, sont intouchables. Les généraux et les politiciens ignorants qui propulsent l’empire dans un chaos et un effondrement fiscal grandissants réussissent une chose : se maintenir. Personne n’est tenu responsable. Une presse servile traite ces mandarins avec une vénération quasi religieuse. Des généraux et des politiciens, dont beaucoup auraient dû être renvoyés ou jugés, se voient accorder, au moment de leur retraite, des sièges lucratifs dans les conseils d’administration des fabricants d’armes, pour lesquels ces guerres sont immensément rentables. Ils sont appelés par une presse sans scrupules à fournir au public une analyse du gâchis qu’ils ont créé. Ils sont présentés comme des exemples d’intégrité, de service désintéressé et de patriotisme.

Après près de deux décennies, tous les objectifs invoqués pour justifier nos guerres au Moyen-Orient ont été balayés. L’invasion de l’Afghanistan était censée anéantir Al-Qaïda. Au lieu de cela, Al-Qaïda a émigré pour combler les vides de pouvoir provoqués par l’État profond lors des guerres en Irak, en Syrie, en Libye et au Yémen. La guerre en Afghanistan s’est transformée en une guerre avec les talibans, qui contrôlent maintenant la majeure partie du pays et menacent le régime corrompu que nous soutenons à Kaboul. L’État profond a orchestré l’invasion de l’Irak, qui n’a rien à voir avec les attentats du 11 septembre. Il a prédit en toute confiance qu’il pourrait construire une démocratie à l’occidentale et affaiblir le pouvoir de l’Iran dans la région. Au lieu de cela, il a détruit l’Irak en tant que pays unifié, dressant les factions ethniques et religieuses en guerre les unes contre les autres. L’Iran, qui est étroitement lié au gouvernement chiite dominant de Bagdad, en est sorti encore plus fort. Les rebelles « modérés » en Syrie ont été armés par l’État profond dans le but de renverser le président Bachar Assad, mais lorsqu’il s’est rendu compte qu’il ne pouvait pas contrôler les djihadistes auxquels il avait fourni quelque 500 millions de dollars en armes et assistance, l’État profond a commencé à les bombarder et à armer les rebelles kurdes pour les combattre. Ces kurdes seront plus tard trahis par Trump. La « guerre contre le terrorisme » s’est propagée comme un fléau de l’Afghanistan, de l’Irak, de la Syrie et de la Libye au Yémen, qui, après cinq ans de guerre, connaît l’une des pires catastrophes humanitaires du monde. Le coût financier de cette misère et ces morts se situe entre 5 000 et 8 000 milliards de dollars. Le coût humain se chiffre en centaines de milliers de morts et de blessés, des villes en ruines, des villes et des infrastructures détruites et des millions de réfugiés.

Trump a commis une hérésie politique lorsqu’il a osé souligner la folie d’un militarisme incontrôlé. Il va payer pour ça. L’état profond a l’intention de le remplacer par quelqu’un – peut-être Mike Pence, aussi vide moralement et intellectuellement que Trump – qui fera ce que l’on lui dit. C’est le rôle de l’exécutif américain : Personnifier et humaniser l’empire. A faire en grande pompe. Barack Obama – qui a réinterprété de façon spécieuse l’autorisation de 2001 pour le recours à la force militaire afin de donner à l’exécutif le droit d’assassiner quiconque à l’étranger, même un citoyen américain, considéré comme un terroriste – s’est livré à ce jeu.

La destitution de Trump ne menacerait pas le pouvoir des entreprises. Elle ne rétablirait pas les libertés civiles, y compris notre droit à la vie privée et à l’application régulière de la loi. Elle ne démilitariserait pas la police et ne défendrait pas les droits de la classe ouvrière. Elle n’entraverait pas les profits des industries des combustibles fossiles et des banques. Elle ne s’attaquerait pas à l’urgence climatique. Cela ne perturberait pas la surveillance sans mandat de la population. Elle ne mettrait pas fin aux extraditions extraordinaires, à l’enlèvement de ceux qui, dans le monde entier, sont considérés comme des ennemis de l’État. Elle ne mettrait pas fin aux assassinats par des drones militarisés. Cela ne mettrait pas fin à la séparation des enfants de leurs parents et à la rétention de ces enfants dans des conditions insalubres et surpeuplées. Elle ne remédierait pas à la consolidation de la richesse et du pouvoir par les oligarques et à l’appauvrissement de la population. L’expansion de notre système carcéral et des sites clandestins dans le monde entier, des sites où nous torturons, se poursuivrait, tout comme le massacre de citoyens pauvres et non armés dans les terrains vagues urbains. Plus important encore, les guerres étrangères catastrophiques qui ont abouti à une série d’États en déliquescence et au gaspillage de milliards de dollars des contribuables, resteraient sacro-saintes, accueillies avec enthousiasme par les dirigeants des deux partis dirigeants, pantins de l’État profond.

La destitution de Trump, malgré l’enthousiasme de l’élite libérale, est surtout symbolique.Tout le système politique et gouvernemental est corrompu. Hunter Biden aurait reçu 50 000 dollars par mois pour siéger au conseil d’administration de la compagnie gazière ukrainienne Burisma Holdings, bien qu’il n’ait aucune formation ou expérience dans l’industrie gazière. Auparavant, il avait travaillé pour la société de cartes de crédit MBNA, qui était l’un des plus importants donateurs de Joe Biden lorsqu’il était sénateur du Delaware. Hunter Biden a été embauché par Burisma Holdings pour la même raison qu’il l’a été par MBNA. Son père, longtemps instrument du pouvoir des grandes entreprises et du complexe militaro-industriel, bref de l’État profond, fut sénateur et plus tard vice-président. Joe Biden, les Clinton et les dirigeants du Parti démocrate incarnent la corruption légalisée qui définie également leurs rivaux au sein du Parti républicain. Les candidats des deux partis au pouvoir sont présélectionnés, financés et élus. S’ils ne respectent pas les exigences de l’État profond, qui protège les intérêts des entreprises et la gestion de l’empire, ils sont remplacés. Il y a même un mot pour cela… primarying [Contestation d’un titulaire d’une charge dans une élection primaire d’un parti. Habituellement utilisé seulement dans le cas d’une contestation qui a réussi ou dont on croit qu’elle a une chance raisonnable de succès, NdT]. Les lobbyistes d’entreprise rédigent les lois. Les tribunaux les appliquent. Il n’y a aucun moyen dans le système politique américain de voter contre les intérêts de Goldman Sachs, Citigroup, AT&T, Amazon, Microsoft, Walmart, Alphabet, Facebook, Apple, Exxon Mobil, Lockheed Martin, UnitedHealth Group ou Northrop Grumman.

Nous, le public américain, sommes des spectateurs. Un public. Qui sera assis lorsque le jeu des chaises musicales s’arrêtera ? Trump pourra-t-il conserver le pouvoir ? Pence sera-t-il le nouveau président ? Ou bien l’État profond élèvera-t-il à la Maison-Blanche un politicard comme Biden ou un néolibéral comme Pete Butiggieg, Amy Klobuchar ou Kamala Harris ? Va-t-il recruter Michael Bloomberg, John Kerry, Sherrod Brown ou, Dieu nous en garde, Hillary Clinton ? Et si l’état profond s’effondre ? Et si la pourriture du Parti républicain, ou ce que Glen Ford appelle le « parti de l’homme blanc » de Trump, est si profonde qu’elle ne veut pas signer pour l’extinction politique du président le plus incompétent de l’histoire américaine ? La lutte pour le pouvoir, qui consiste notamment à empêcher Bernie Sanders et Elizabeth Warren d’obtenir l’investiture du Parti démocrate, va produire de grandes émissions de télévision pendant des mois et générer des milliards de dollars en recettes publicitaires.

La guerre entre l’État profond et Trump a commencé dès son élection. L’ancien directeur de la CIA John Brennan et l’ancien directeur du Renseignement national James Clapper – tous deux maintenant commentateurs rémunérés de l’actualité sur le câble – et l’ancien chef du FBI James Comey accuseront bientôt Trump d’être un instrument de Moscou. Les services de renseignement ont divulgué des histoires salaces sur les « vidéos d’urines » et le chantage, ainsi que des rapports sur des « contacts répétés » avec les services de renseignement russes. Brennan, Clapper et Comey ont rapidement été rejoints par d’autres anciens responsables du renseignement, dont Michael Hayden, Michael Morell et Andrew McCabe. Leurs attaques ont ensuite été amplifiées par d’anciens hauts responsables militaires, dont William McRaven, James Mattis, H.R. McMaster, John Kelly, James Stavridis et Barry McCaffrey.

Le complot russe, après la publication du rapport Mueller, s’est avéré être un fiasco. La décision de Trump de faire pression sur le gouvernement ukrainien pour qu’il enquête sur l’affaire Biden a toutefois redonné de l’énergie aux acteurs de l’État profond. Trump, cette fois, semble avoir donné à ses ennemis de l’État profond assez de corde pour le pendre.

La procédure de destitution de Trump marque un nouveau chapitre terrifiant de la politique américaine. L’État profond a montré son visage.Il a déclaré publiquement qu’il ne tolérerait pas la dissidence, bien que la dissidence de Trump soit rhétorique, lunatique et inefficace. La tentative de destituer Trump envoie un message inquiétant à la gauche américaine. L’État profond a non seulement l’intention d’empêcher, comme il l’a fait en 2016, Bernie Sanders ou tout autre démocrate progressiste d’accéder au pouvoir, mais il a signalé qu’il détruira tout homme politique qui tente de remettre en question le maintien et l’expansion de l’empire. Son animosité envers la gauche est beaucoup plus prononcée que son animosité envers Trump. Et ses ressources pour détruire ceux de gauche sont presque inépuisables.

Le philosophe politique Sheldon Wolin avait vu tout cela dans son livre de 2008 « Democracy Incorporated : and the Specter of Inverted Totalitarianism » [Democracy Inc. : La démocratie dirigée et le spectre du totalitarisme inversé, Ndt]. Il a écrit :

« Le rôle politique du pouvoir des entreprises, la corruption des processus politiques et représentatifs par l’industrie du lobbying, l’expansion du pouvoir exécutif au mépris des dispositions constitutionnelles et la dégradation du dialogue politique encouragé par les médias sont les éléments fondamentaux du système et non des facteurs qui contribuent à son extension. Le système resterait en place même si le Parti démocrate obtenait la majorité ; et si cela devait se produire, le système fixerait des limites strictes aux changements indésirables, comme le laisse présager la timidité des propositions de réforme démocrates actuelles. En dernière analyse, la stabilité et le conservatisme tant vanté du système américain ne doivent rien aux nobles idéaux et tout au contraire au fait irréfutable qu’il est entaché de corruption et inondé de contributions provenant principalement de riches donateurs et de sociétés. Lorsqu’un minimum d’un million de dollars est exigé des candidats à la Chambre et des juges élus, et que le patriotisme est une chose vantée par ceux qui échappent à la conscription tandis que le citoyen ordinaire doit servir, dans ces circonstances, c’est un simple acte de mauvaise foi que de prétendre que la politique, comme nous le savons maintenant, peut miraculeusement guérir les maux qui sont essentiels pour son existence. »

Il n’y a pas de contrôle interne ou externe de l’État profond. Les institutions démocratiques, y compris la presse, qui permettaient autrefois aux citoyens de s’exprimer et d’avoir leur mot à dire dans l’exercice du pouvoir ont été neutralisées. L’État profond favorisera la consolidation de la richesse et du pouvoir des entreprises, accentuera l’inégalité sociale qui a plongé la moitié des Américains dans la pauvreté ou la quasi-pauvreté, nous dépouillera de nos libertés civiles restantes et nourrira l’appétit rapace des militaires et de l’industrie militaire. Les ressources de l’État seront gaspillées au fur et à mesure que le déficit fédéral augmentera. La frustration et le sentiment de stagnation qui ont contribué à l’élection de Trump chez les citoyens démunis et négligés ne feront qu’augmenter.

Il y aura un moment de prise de conscience, comme il y en a eu ces derniers jours au Liban et au Chili. Les troubles sociaux sont inévitables. Toute population ne peut être poussée dans ses dernier retranchements. L’État profond, incapable de se réformer et déterminé à conserver son emprise sur le pouvoir, se transformera sous la menace de la contestation populaire en un fascisme entrepreneurial. Il dispose des outils juridiques et physiques nécessaires pour transformer instantanément les États-Unis en un État policier. C’est là le véritable danger derrière la volonté de l’État profond de mettre en cause Trump. C’est un message sombre, obéir ou se taire. Trump, en fin de compte, n’est pas le problème. Nous le sommes. Et si l’État profond ne parvient pas à se débarrasser de Trump, il l’utilisera, même à contrecœur, pour faire son sale boulot. Trump, s’il réussit à survivre au pouvoir, aura ses défilés militaires. Avec ou sans Trump, nous subirons la tyrannie.

Source : Truthdig, Chris Hedges, 04-11-2019

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

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Commentaire recommandé

Daniel // 27.11.2019 à 08h41

Aux USA, rarement la situation n’y a été aussi polarisée, l’appareil du « gouvernement parallèle » (deep state) s’étant joint aux dirigeants du Parti démocrate pour saboter la présidence américaine. Leur objectif est clair : empêcher Donald Trump de mettre fin aux « guerres permanentes » et rallier les Etats-Unis au nouveau paradigme de la coopération gagnant-gagnant.
Dans ce contexte, Helga Zepp-LaRouche vient d’appeler à nouveau tous les Européens à prendre connaissance par eux-mêmes des discours de Donald Trump, puisque les grands médias se gardent bien d’en parler. En effet, même si l’on n’aime pas le personnage en tant que tel, le combat qu’il mène contre le fameux « complexe militaro-industriel » est crucial pour tous, la bataille qui se joue actuellement aux Etats-Unis « va déterminer la direction que prendra notre époque historique », voire même l’avenir de la civilisation.
extrait de https://www.institutschiller.org/Fievre-de-revoltes-dans-le-monde-et-bataille-decisive-aux-Etats-Unis.html

38 réactions et commentaires

  • calal // 27.11.2019 à 07h47

    Si jamais trump perd le pouvoir pour une raison ou pour une autre,nous pourrons voir le comportement de son ou de sa successeur a la tete du gouvernement us: qui declenchera la guerre avec l’iran? trump ou son successeur democrate de “gauche”?
    Beaucoup de masques risquent de tomber…
    ps: bien sur les democrates preparent deja leur excuse “pacifiste” avec bernie sanders futur candidat malheureux aux primaires democrates…

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  • Patrick LEVACHER // 27.11.2019 à 08h07

    Euh ? Vive Trump ? J’ai bon ?
    Espérons que Trump aura l’aide et les ressources pour se défendre de ce méchant état profond que sont la banque et le marchand d’arme.
    Prions pour que Poutine l’aide suffisamment pour arrêter les massacres.
    Je dis ça je dis rien.

      +11

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  • Fritz // 27.11.2019 à 08h07

    Delenda est America. Il n’y a pas de bonne Amérique.

    Cela dit, Hedges a un éclair de lucidité quand il écrit : « Trump, en fin de compte, n’est pas le problème. Nous le sommes. Et si l’État profond ne parvient pas à se débarrasser de Trump, il l’utilisera, même à contrecœur, pour faire son sale boulot ».

    A propos, le 56e anniversaire de l’assassinat de John Kennedy est passé inaperçu, ou presque. Normal de la part des médias qui essaient de réhabiliter la balle magique et autres fables distillées par l’État profond.

      +30

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  • koui // 27.11.2019 à 08h20

    Chris hedges est de plus en plus prophète de l’apocalypse, une tendance lourde chez les vieux américains. Pour ma part, j’adore ce combat de chiens dans les rangs ennemis. Plus ils s’empaillent entre eux, moins ils sont capables de nous dominer durablement.

      +11

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    • Jean // 27.11.2019 à 09h31

      Celui qui n’est pas contre moi est avec moi ou celui qui n’est pas avec moi est contre moi ? Entre Jésus et George W. Bush il faut choisir… pour ne pas oublier de ne pas devenir ce que l’on veut combattre.

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  • Daniel // 27.11.2019 à 08h41

    Aux USA, rarement la situation n’y a été aussi polarisée, l’appareil du « gouvernement parallèle » (deep state) s’étant joint aux dirigeants du Parti démocrate pour saboter la présidence américaine. Leur objectif est clair : empêcher Donald Trump de mettre fin aux « guerres permanentes » et rallier les Etats-Unis au nouveau paradigme de la coopération gagnant-gagnant.
    Dans ce contexte, Helga Zepp-LaRouche vient d’appeler à nouveau tous les Européens à prendre connaissance par eux-mêmes des discours de Donald Trump, puisque les grands médias se gardent bien d’en parler. En effet, même si l’on n’aime pas le personnage en tant que tel, le combat qu’il mène contre le fameux « complexe militaro-industriel » est crucial pour tous, la bataille qui se joue actuellement aux Etats-Unis « va déterminer la direction que prendra notre époque historique », voire même l’avenir de la civilisation.
    extrait de https://www.institutschiller.org/Fievre-de-revoltes-dans-le-monde-et-bataille-decisive-aux-Etats-Unis.html

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    • Ananké // 27.11.2019 à 11h37

      Le mouvement Gilets Jaunes a montré une absence grave de “savoir penser la politique” et ce fut la reprise par le pouvoir dénué lui aussi de tout savoir pour organiser la vie commune hors d’une mentalité de négation systématique. En cela, toute la Philosophie a montré son ignorance, sa futilité, et nous demeurons dans l’illusion néolibérale plus qu’infantile. Nos “experts” ne sont rien d’autres que des radoteurs stériles, et toute la culture dite “occidentale” reste vide d’utilité. Cela vient de très loin, et l’a tradition européenne a fait longtemps illusion en sachant maîtriser la technique. Il est heureux qu’une autre culture parvienne maintenant à l’intelligence pour placer le rejet paranoïaque de l’Ananké, qui nous caractérisé durant le siècle destructeur précédent, dans un jeu de go adulte et malin, et que la position inculte de Trump sache pourtant la valeur d’une autre logique que celle, stérile, du “ou exclusif”.

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  • Miss Marple // 27.11.2019 à 08h46

    Le pire n’est pas certain….les prophètes de malheur sont souvent des vieux boomers aigris
    et ronchons….encore au pouvoir pour peu de temps ….jaloux des millenials qui les succèdent
    C’ est ” après moi, le deluge” … l’ avenir est ouvert !

      +2

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    • Calal // 27.11.2019 à 10h29

      Les boomers sont en train de disparaître. Une guerre ” culturelle” a actuellement lieu aux USA pour le gain du consentement des générations ” non boomers” soit les générations suivantes ( génération oubliée ou gen x et les millenials).
      Comment homme,femmes,riches,pauvres,noirs blancs vont voter parmis ces non-boomers c’est la grand question qui est en train de traverser l’Occident.

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      • Marie Pan-Pan // 27.11.2019 à 13h47

        Calal,
        z’avez oublié la génération Y (qui suit ,si je vous ai bien compris, celle des Oubliés = X ) qui me semble la plus intéressante de toutes…pour ce qui est des millenials je préfère les tamponner d’un Z comme génération Zombie.

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  • James Whitney // 27.11.2019 à 08h48

    “Notre démocratie n’est pas en péril – nous ne vivons pas dans une démocratie.”

    Aux États-Unis bien sûr, mais c’est pareil en France pour les mêmes raisons. Je trouve bien informés la plupart des gens qui contribuent des commentaires sur notre site, donc ce n’est pas la peine que j’ajoute quelque chose.

      +25

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  • nulnestpropheteensonpays // 27.11.2019 à 09h17

    le problème est toujours le meme ,nos ennemis apprennent de nous et il arrive un moment ou ils trouvent la parade .Et tous font la meme erreur de prendre les autres pour des imbéciles .Aujourd’hui , les peuples du monde entier haissent l’Amérique .Et la prochaine étape sera que l’Amérique se fera bouffer de l’intérieur par son propre peuple .C’était beau l’Amérique comme était belle l’Europe jusqu’a ce que la bêtise et l’arrogance prenne le pas sur l’intelligence …

      +24

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  • Julien // 27.11.2019 à 09h45

    Trump chatouille l’état profond et c’est une bonne chose cela dit l’état profond US est fort, majoritairement Neo-conservateur, éternellement redevable et favorable à Israël qui s’occupe sur place de faire une partie du sale boulot de déstabilisation du Moyen Orient par l’intermédiaire du Mossad entres autres et de proxy comme al nosra (soigné dans les hôpitaux israéliens) oui oui. L’état profond, ce terme qui il y a encore quelques années était montré du doigt comme complotiste. Je me souviens ici ou ailleurs avoir été censuré en désignant l’état profond et son rôle. Aujourd’hui, on en parle ouvertement bizarrement. [modéré]

      +31

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    • gracques // 28.11.2019 à 06h25

      Votre conception de l’etar profond, comme celle du traducteur est tout a fait complotiste, les’juifs n’y sont pour rien, ils ne manipulent pas dans l’ombre le gouvernement grâce à des pouvoirs magiques .
      Relisez plutôt Marx (quoique que juif non croyant) et vous comprendrez que l’état profond ou pas est une superstructure utile à la domination de la classe’dirigeante …..c’est quand la lutte des classes s’intensifie et ou pourrait exister un risque que le role de la superstructure soit un tant soit peu réorienté que son rôle de ‘masque’ apparaît,
      Cet état profond qui n’est en fait que le coeur de l’état est juste la,pour protéger les intérêts de la classe dominante ,,les ploutocrates ,,oligarques , détenteurs de capitaux comme il vous plaira ….. ce que l’auteur de l’article indique parfautement dans son à longue liste de sociétés US.

        +6

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  • Pepin Lecourt // 27.11.2019 à 09h47

    Chris Hedges a résumé dans son excellent éditorial ce que l’historien Howard Zinn a analysé et démontré dans son excellent livre ” Une histoire naturelle des Etats-Unis de 1492 à nos jours “, à la différence que Zinn démontre que les USA ont toujours été ainsi et qu’il ne s’agit pas d’une dérive contemporaine : un Etat mafieux.

      +25

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    • Marie Pan-Pan // 27.11.2019 à 16h51

      Pepin Lecourt,
      “Une histoire populaire des Etats-Unis de 1492 à nos jours”, lapsus intéressant…
      Cdt.

        +5

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      • gracques // 28.11.2019 à 06h29

        Ce n’est pas un lapsus la société existante sur le territoire dirigée par l’état ‘usa’ n’est pas née en 1783…..,ni en 1776.

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  • Chris // 27.11.2019 à 10h10

    Un moment de lucidité objective ?
    En effet, Trump n’est pas le problème, juste un empêcheur de tourner en rond contestataire et original qui louvoie pour trouver une porte de sortie, phagocyté par les financiers anglo-saxons, leurs thuriféraires et aboyeurs (multinationales, médias, mercenaires otanesques et de circonstances) lesquels s’accrochent comme des tiques, sucent et infectent les populations efflanquées et zombies en surnombre (*). Les Molochs des derniers siècles dont la France fit partie et qui s’entête à courir derrière.
    * en surnombre pour partager un gateau qui lui, ne peut se multiplier dans la finitude d’un environnement terrestre surexploité, bientôt en ruines.
    Je ne donne pas cher de notre futur.

      +12

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  • M.Smith // 27.11.2019 à 10h46

    “L’État profond, incapable de se réformer et déterminé à conserver son emprise sur le pouvoir, se transformera sous la menace de la contestation populaire en un fascisme entrepreneurial. Il dispose des outils juridiques et physiques nécessaires pour transformer instantanément les États-Unis en un État policier. (…). Avec ou sans Trump, nous subirons la tyrannie.”

    Le fascisme entrepreneurial concerne bien évidemment le complexe militaro industriel (pour nous tuer) en premier lieu, mais aussi les autres industries comme : la banque (pour nous dépouiller par la dette), l’agro-alimentaire (pour nous rendre malade par les biocides et la malbouffe), les médicaments (pour nous soigner sans nous guérir et nous rendre malade par des effets secondaires pris en charge par d’autres médicaments), le numérique (pour nous abrutir et surveiller qu’on le soit toujours plus), les médias (pour nous désinformer), la pornographie (pour nous rendre impuissant) et autres joyeuseté du règne de la quantité (pour nous asservir par le consumérisme) au détriment de la qualité de vie (celle de la planète et de tout en chacun). Je caricature à peine.

    Bonne nouvelle la France et l’Europe habituellement en retard sur les USA sont En marche forcée pour combler ce retard. Mauvaise nouvelle les gagnants seront les perdants (mais les perdants resteront des perdants).
    La tyrannie se voudra planétaire, un fascisme entrepreneurial mondial par un accaparement des richesses et des ressources de la planète comme l’on prophétisé les Guignols (aujourd’hui interdit, le pouvoir a peur non du ridicule mais qu’on se moque de lui). Souvenez-vous de la World Company :
    https://www.dailymotion.com/video/x4du7uh
    “Le communisme ça marche, il suffisait juste de privatiser”.
    (Vidéo introuvable sur Youtube, au prétexte de droits d’auteur, alors que quantité d’autres vidéos des Guignols restent disponibles. Sans doute un hasard).
    C’est un mouvement vers une dystopie mondiale (un NOM) mais je doute qu’on y parvienne, le désordre sera le plus fort.

    P.S.
    Je dois faire ma palinodie. Les Guignols c’est mal, ce sont de méchants complotistes :
    https://www.conspiracywatch.info/les-guignols-de-l-info-la-world-company-et-le-complot-capitaliste_a307.html
    Ouf j’ai failli croire à l’article de Chris Hedges et aux complots de l’Etat profond. Merci CW.

      +0

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  • Kokoba // 27.11.2019 à 10h49

    “Notre démocratie n’est pas en péril – nous ne vivons pas dans une démocratie. L’image de notre démocratie est en péril.”

    Cette phrase est importante.
    Trump est un imbécile malfaisant mais il a un énorme avantage : il révèle au grand jour le deep state.

      +10

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    • iséorcé // 29.11.2019 à 14h43

      ” la dissidence de Trump est rhétorique, lunatique et inefficace”; “Trump imbécile malfaisant qui a un énorme avantage : il révèle au grand jour le deep state”….
      Et si Trump jouait de diversion à travers un discours lunatique, inefficace. S’il manifestait “une malfaisance imbécile”, dans le but de révéler au jour le deep state ? Quand on fait diversion, on attire l’attention sur des sujets secondaires, pour mieux traiter les sujets prioritaires….N’apprécie t’il pas de “l’art de la guerre”, ce court traité de stratégie militaire chinois de Sun Tsu ?
      Au fait, a- t’il été amené au pouvoir par l’état profond ou bien par une partie de la population américaine ? As t’il été soutenu dans sa campagne par la plus large partie du camp républicain ? Que joue t’il ? Si la tentative de destitution arrivait au stade du sénat, les démocrates n’auraient-ils pas à devoir expliquer précisément un certain nombre d’affaires dont celle ukrainienne ? Comment pourraient-ils se sortir de cette scrutation ?

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  • M.Smith // 27.11.2019 à 10h50

    Suite – (mon commentaire ayant été signalé comme spam)

    La tyrannie se voudra planétaire, un fascisme entrepreneurial mondial par un accaparement des richesses et des ressources de la planète comme l’on prophétisé les Guignols
    https://www.dailymotion.com/video/x4du7uh
    “Le communisme ça marche, il suffisait juste de privatiser”.

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    • calal // 27.11.2019 à 11h17

      “Le communisme ça marche, il suffisait juste de privatiser”.

      ben non: l’occident est en train de s’apercevoir qu”un communisme privatisé” ca ne marche pas non plus.
      Il faut de la mobilité sociale ce qu’aucun totalitarisme n’accepte puisque le but du totalitarisme c’est d’etre en haut,d’y rester et de tout controler pour empecher un concurrent de piquer la place des dictateurs.
      Dans les totalitarismes il y a une mobilité sociale “vers le haut” puisqu’on a toujours besoin de complices pour controler mais il n’y en a pas “vers le bas” puisque les concurrents sont elimines par le controle total exercé par les dictateurs.
      Reste la concurrence exogene par ex la chine pour l’occident.
      Peut etre que trump s’attaque a la chine uniquement pour s’en servir comme levier pour mettre au pas la finance mondialisée: des droits de douane sur les produits chinois c’est une grosse pression sur toutes les multinationales et par la sur les actionnaires de ces societes et ceux qui speculent sur les cours de bourses et des matieres premieres…

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      • Grd-mère Michelle // 27.11.2019 à 17h11

        @calal “Dans les totalitarismes, il y a une mobilité sociale vers le haut…”
        En effet, depuis mon plus jeune âge, j’ai toujours été frappée par l’expression “ascenseur social”, slogan clamé à gauche comme à droite dans nos sociétés “démocratiques” pour inspirer un “sens de la vie” correspondant à la réussite de cette vie par la gloire et la richesse…
        …sans aucun rapport avec le profond désir naturel de la plupart des gens (le mien, en tout cas, que j’extrapole sans doute!) de simplement vivre longtemps, aimé-e-s et en bonne santé.

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      • M.Smith // 27.11.2019 à 22h41

        Pour ceux qui en profitent cela marche formidablement bien.
        La phrase est dite par un des dirigeants de la World Company elle est donc juste. Par communisme ils entendent un accaparement de l’ensemble des richesses et des ressources de la planète (non par l’Etat pour l’Etat mais par eux-mêmes pour eux-mêmes via les privatisations). Cliquez sur le lien, le sketch est très explicite.

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  • Pinouille // 27.11.2019 à 11h51

    Il est probable que Chris Edges ait raison sur toute la ligne dans son article.
    Mais établir que la source principale des maux US vient du Deep State pose plus de problèmes qu’il n’en résout.
    Tout d’abord, le Deep State est un concept indémontrable: en tant qu’entité informelle, il est impossible de formaliser son existence et sa puissance. Ce qui ouvre les portes à tous les fantasmes, et notamment aux fantasmes complotistes.
    En postulant que le Deep State existe et nuit à la démocratie, comment décortiquer/statuer sur des relations informelles? Comment empêcher un groupe informe d’individus qui ont du pouvoir de l’exercer?
    Une fausse bonne réponse à ces questions consiste à identifier un certain nombre d’individus et les accuser d’agir contre les “intérêts de la nation”: terme pour le moins fourre-tout qui ouvre à tous les débordements. Réf purges du passé dans certains régimes communistes, mais peut-être pas que.
    Une autre fausse bonne idée consiste à supprimer les postes administratifs concentrant de grands pouvoirs. Car cela revient en fait à concentrer tous les pouvoirs dans une poignée plus réduite d’individus, et supprimer les contre-pouvoirs.
    Le fait est que, au delà des phénomènes de corruption caractérisables, il existe autant de notions d’intérêt de la nation qu’il y a d’individus. Chacun agît donc en fonction des pouvoirs qui lui sont confiés et de ce qu’il juge bon, pour lui, pour ses proches, pour ses relations, pour le pays…

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    • Owen // 27.11.2019 à 13h46

      1/2
      Le contraire du complotisme, c’est la V.O.: dès lors que les médias s’alignent sur une V.O., alors les informations contradictoires sont complotistes. Cela date des conclusions du rapport Warren: plus de 60 % de l’opinion publique, selon sondages de l’époque n’y croyait pas. Des hypothèses alternatives ont circulé, plausibles comme délirantes que les tenants de la V.O. ont regroupé sous le terme: “théories de la conspiration” qui a eu le succès que l’on sait.

      Pour l’expression “Etat profond”, d’origine turque, Erdogan avait expliqué que chaque État a son noyau dur qui résiste aux changements politiques. Chaque pays a son noyau formé selon son histoire.

      aux E.U., on connaît le “complexe militaro-industriel” dénoncé par Eisenhower. Le pacte du Quincy en est une mise en oeuvre.
      Avec le dollar comme monnaie souveraine d’échange mondial, il ont libre usage de la planche à billets (c’est notre monnaie, votre problème). Notamment pour financer les 700 à 800 bases américaines dans le monde et avoir la main sur les ressources nécessaires à l’ile-continent.
      Les deux grandes guerres européennes ont sorti les E.U. de leur isolationnisme (plan Marshall, pacte atlantique) qui a donné toute sa puissance au noyau, le complexe militaro-industriel. Avec son clergé, le néoconservatisme israélo-américain.

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      • Owen // 27.11.2019 à 14h54

        En deuxième commentaire, qui a disparu, j’expliquais l’Etat profond français, par comparaison, qui est formé différemment.
        Tant pis, je ne vais pas le refaire.

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        • Pinouille // 27.11.2019 à 16h11

          C’est en tout cas toujours un plaisir de vous lire.

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    • Kokoba // 27.11.2019 à 14h12

      Le concept de Deep State est sans doute assez flou mais cela ne veut pas dire qu’il ne soit pas intéressant.

      Bien entendu, il ne faut pas prendre le deep state comme une réunion de complotistes habillés en noir avec capes et masques à le James Bond.

      Parler du deep state, c’est simplement reconnaitre que la majorité (ou au moins une partie importante) du pouvoir est entre les mains d’un groupe informel.
      Et donc reconnaitre qu’on a un problème démocratique puisque le pouvoir se retrouve non pas entre les mains du peuple mais aux mains de personne non élues.

      Le Deep State en France aujourd’hui, c’est le diner du siecle, l’ENA, les medias aux mains de 7 milliardaires, les young leaders, bref un tout petit groupe de personnes très cohérent socialement qui concentre tous les pouvoirs de manière non démocratique.

      Quand à la question : comment l’empecher, c’est tout simplement la question de l’organisation de la société.
      Comment structurer une démocratie, quelle constitution lui donner, comment répartir et séparer les pouvoirs, etc, etc…

      Question aussi vieille que l’humanité.
      Les plus grands penseurs de l’humanité se sont penché dessus (Aristote, Montesquieu, Tocqueville, etc…)
      Il y a des milliers de livres la-dessus.

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    • Owen // 27.11.2019 à 14h15

      2/2

      En France, Napoléon à créé la Banque de France, garantie par les 200 actionnaires qui étaient les industriels les plus riches du pays. Ce qui a formé un capitalisme de baronnies: les 200 familles, le Mur d’argent. Ou l’ultra-capitalisme. A l’État française d’organiser une collusion intelligente avec les industries.
      Ce qui a été le cas après-guerre avec l’économie mixte et les plans quinquennaux. La France a été le pays aux équipements collectifs les plus avancés d’Europe et l’économie nationale a tiré des commandes et des PME.
      La vénalité des élites républicaines, a rendu poreux les institutions et les entreprises. D’où les privatisations permanentes. Sauf erreur de ma part, la France est le seul pays d’Europe à vouloir privatiser ses barrages. “Crépuscule”de Juan Branco offre un très bon aperçu de l’État profond Français. L’économie nationale n’ayant plus guère de raison d’être les entreprises rejoignent le néolibéralisme mondial.
      Avec l’affaiblissement de l’État, des puissances externes sont venues prédater la politique nationale: Washington, Tel Aviv, Riyad.
      Le noyau est formé d’une baronnie de grandes entreprises françaises, prises à l’État pour une bonne partie et de “soft-power” (ingérence) de puissances étrangères.
      Avec l’UE comme renforcement de l’État profond français.

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  • onna // 27.11.2019 à 13h01

    En lisant cet article, je me suis remémoré le discours de Eisenhower à la fin de sa présidence et mettant en garde le peuple américain sur une partie du “deep state”, le complexe militaro-industriel et sa prise de pouvoir dans l’ombre via la politique, la révolution verte, les croisements de la finance et de l’industrie et les conflits d’intérêts. Le gouvernement de Georges W Bush était une belle vitrine de cet état, les membres étant appelés “les faucons”. Si on suit l’histoire de Kennedy, quel hasard qu’il fût assassiné après l’émission de l’ordre exécutif 000001 permettant au trésor américain d’émettre l’argent fiduciaire outrepassant la FED, et le premier acte de Lyndon Johnson, succésseur de Kennedy fût d’annuler cet ordre exécutif.
    Il est intéressant de lire le livre de Snowden, même si ce n’est qu’une biographie, mais sa description de la prise de pouvoir des agences de sécurité d’Etat par des hauts fonctionnaires siégeant dans des conseils d’administrations de société privés et mettant en place une volonté de recruter énormément de consultants privés est criante de réalité.
    Le conflit d’intérêt et le lobbying sont deux vecteurs important du deep state. Comme fut Dick Cheney et Halliburton pendant la guerre d’Irak ou encore Donald Rumsfeld actionnaire de Tamiflu. C’est peut-être cela la magie du libéralisme.

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  • traroth // 27.11.2019 à 14h01

    “La lutte pour le pouvoir, qui consiste notamment à empêcher Bernie Sanders et Elizabeth Warren d’obtenir l’investiture du Parti démocrate”

    Je ne suis pas aussi optimiste que vous concernant Warren, ancienne républicaine et néolibérale assumée. En tout cas, vous donnez le moyen d’influer sur le système : voter Sanders.

    Comme disait Charb : “Il peut tout faire foirer : l’électeur.”

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  • Casimir Ioulianov // 27.11.2019 à 14h46

    Il va un peu vite en besogne le père Hedges …
    L’Amérique du sud est à feu et à sang , Donald fait son mur, wall-street bat des records chaque année, Huawei a été banni… que pourrait donc bien reprocher le deep state à Trump ? Il a même délocalisé l’ambassade à Jérusalem et c’est pas comme si il avait gâché un seul veto à l’ONU.
    Nan, Elle a pas digéré de pas être élu dans un fauteuil face à un abrutit de la télé , elle ne reposera pas en paix avant d’avoir salit son nom … impichment de la part du deep state ? LOL. non.
    Éviter que Bernie ne passe la primaire et que Donald ne soit réélu sont les seuls objectifs d’une partie des démocrates. Ils voient pas plus loin de toutes façons … (Tant pis pour eux).
    Moi j’ai finit pas arrêter de penser que les politiques étaient des gens intelligents. Ça vaut mieux pour ma santé mentale.

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  • amike // 27.11.2019 à 21h50

    “…avec Donald Trump qui parle de lui-même de façon incohérente, incite à la violence raciste, insulte nos alliés traditionnels ainsi que les tribunaux, la presse et le Congrès, twitte des inepties mal orthographiées et dénonce ou sabote impulsivement la politique intérieure et étrangère bipartite. ”

    J’aimerais bien voir Chris Hedges en tant que Potus, expliquer son passé de journaliste au NYT, critiquer le camp du Bien et être accusé par tous ses anciens camarades journalistes d’être un “russe”, changer de politique étrangère tout en tentant de rester à son poste (en vie, en fonction, ….), de trouver un personnel compétent qui n’a pas envie de faire échouer ses tentatives, de défendre ses électeurs et leurs entreprises avant qu’ils quittent le pays, de proposer une politique actuelle quand il a passé son temps à rêver à des utopies écolo. Ou avant même simplement son premier discours de campagne.

    Chris Hedges verrait rapidement comment ses amis le voit : Blanc, mâle et plus de 50ans (mode sarcasme); Idiot utile des russes ou d’autres. Et pire que tout : un diviseur. Ils le trouveraient très vite bien pire que Trump…

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  • Myrkur34 // 28.11.2019 à 09h37

    En fait même si Bernie Sanders ou Elisabeth Warren accèdent au pouvoir, à moins d’avoir la double majorité à la chambre des représentants et au sénat, ils ne pourront pas mener leur politique.
    A moins d’une révolution du peuple américain pour mettre à bas ce système de prévarication légalisée, il perdurera ad vitam aeternam.

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  • azuki // 29.11.2019 à 02h24

    « L’invasion de l’Afghanistan était censée anéantir Al-Qaïda. » voilà un truc que je digère très mal ! Al Qaida est un groupuscule qui a été organisé, financé, armé et soutenu par la CIA pour tendre un piège mortel aux Russes en Afghanistan. C’est aussi énorme que de dire que Al Capone avait pris le contrôle de Chicago pour lutter contre l’alcoolisme ! C’est N’IMPORTE QUOI ! La mémoire ce n’est pas un bouton reset accompagné des contes de Dickens.

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  • Louis de Constance // 03.12.2019 à 07h23

    Hi from DC ❤ ✌ 💙. Thx a lot. Very interesting. Basically, Donald Trump is certainly not the idiot he’s supposed to be. He’s quiet disturbing about his style of being the POTUS after Obama. His global policy, behind his style, is supported by 46% of the US citizens. He’s pretty disturbing over the Deep State, CNN, De Niro , Woopi Goldberg and Hollywood’s poor victims of Weinstein. What a mess!!!

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