Les Crises Les Crises
31.octobre.202031.10.2020 // Les Crises

Noam Chomsky : Trump est prêt à mettre à mal la Démocratie pour se maintenir au Pouvoir

Merci 194
J'envoie

Source : Truthout
Traduit par les lecteurs du site Les-Crises

Alors qu’il est encore trop tôt pour prédire l’issue vraisemblable de l’élection présidentielle de novembre 2020, Donald Trump continue de prendre du retard dans les sondages nationaux, tout en se livrant à des manœuvres électorales malhonnêtes dans l’espoir de vaincre le challenger démocrate Joe Biden.

L’espoir de victoire de Trump repose en grande partie sur sa campagne « la loi et l’ordre », qui au travers de mensonges concernant les fraudes possibles du vote par correspondance discrédite par avance les résultats de l’élection si ceux-ci étaient en faveur de Joe Biden.

Dans cette interview exclusive pour Truthout, Noam Chomsky évoque l’importance nationale et internationale du refus de Trump de s’engager dans une  » transmission apaisée du pouvoir  » et de sa dépendance aux théories du complot.

C.J. Polychroniou : Noam, à un peu plus de deux semaines des élections nationales les plus importantes de l’histoire récente des États-Unis, la campagne de Trump continue de clamer le message de  » la loi et l’ordre » – une tactique politique sur laquelle les dirigeants autoritaires ont toujours compté pour contrôler les peuples et renforcer leur main mise sur un pays – mais refuse d’accepter une  » transmission apaisée du pouvoir  » s’il perd face à Biden. Quelle est votre réflexion sur ces questions ?

Noam Chomsky : L’appel à « la loi et l’ordre » est normal, pratiquement un réflexe. La menace de Trump de refuser le résultat de l’élection ne l’est pas. C’est quelque chose de nouveau dans des démocraties parlementaires stables.

Le fait que cette éventualité soit même envisagée révèle à quel point le boulet de destruction de Trump a été efficace pour miner la démocratie traditionnelle. On peut se rappeler que Richard Nixon, qui n’est pas exactement respecté pour son intégrité, avait quelques raisons de suspecter que sa victoire aux élections de 1960 lui avait été volée grâce à des machinations du Parti démocrate. Il n’a pas contesté les résultats, plaçant le bien-être du pays au-dessus de ses ambitions personnelles.

Al Gore en a fait de même en 2000. L’idée que Trump puisse placer quoi que ce soit au-dessus de ses ambitions personnelles – y compris le souci du bien-être du pays – est trop absurde pour qu’on en débatte.

James Madison a dit un jour qu’on ne protège pas la liberté avec des « murailles de parchemin » – des mots sur un papier. L’ordre constitutionnel présuppose plutôt la bonne foi et un certain engagement, même limité, en faveur du bien commun. Lorsque c’est cela qui a disparu, nous sommes passés dans un monde sociopolitique différent.

Les menaces de Trump sont prises très au sérieux, non seulement dans les commentaires détaillés des principaux médias et revues, mais aussi au sein même de l’armée – qui pourrait être obligée d’intervenir, comme dans les dictatures de pacotille qui sont le modèle de Trump. Un exemple frappant est la lettre ouverte adressée au plus haut officier militaire du pays, le chef d’état-major interarmées, le général Mark Milley, par deux commandants militaires retraités très estimés, les lieutenants-colonels John Nagl et Paul Yingling. Ils mettent en garde Milley : « Le président des États-Unis cherche à dévoyer activement notre système électoral, menaçant de rester en fonction au mépris de notre Constitution. Dans quelques mois, vous aurez peut-être à choisir entre défier un président sans foi ni loi et trahir votre serment » celui qui vous engage à défendre la Constitution contre tous ses ennemis, « de l’intérieur et de l’extérieur. »

L’ennemi d’aujourd’hui est à l’intérieur : un « président sans foi ni loi », poursuivent Nagl et Yingling, qui « mobilise une armée privée capable de contrecarrer non seulement la volonté de l’électorat mais aussi les mécanismes d’application de la loi ordinaire. Lorsque ces éléments entreront en conflit le 20 janvier 2021, l’armée américaine sera la seule institution capable de faire respecter notre ordre constitutionnel. »

L’ennemi d’aujourd’hui est à l’intérieur : un « président sans foi ni loi », poursuivent Nagl et Yingling, qui « mobilise une armée privée capable de contrecarrer non seulement la volonté de l’électorat mais aussi les mécanismes d’application de la loi ordinaire. Lorsque ces éléments entreront en conflit le 20 janvier 2021, l’armée américaine sera la seule institution capable de faire respecter notre ordre constitutionnel. »

Les sénateurs républicains « réduits au statut de quémandeurs » ayant renoncé à toute once d’intégrité, le général Milley devrait être prêt à envoyer une brigade de la 82e division aéroportée pour disperser les « petits hommes verts » de Trump, conseillent Nagl et Yingling. « Si vous gardiez le silence, vous seriez complice d’un coup d’État. »

Les menaces de Trump sont prises très au sérieux, non seulement dans les commentaires détaillés des principaux médias et revues, mais aussi au sein de l’armée.

C’est difficile à croire, mais le simple fait que de telles réflexions puissent être énoncées par des voix sages et respectées, et qu’elles trouvent un écho dans le grand public, est une raison suffisante pour que nous soyons grandement préoccupés par les perspectives de la société américaine.

Je cite rarement le correspondant principal du New York Times, Thomas Friedman, mais lorsqu’il demande si cela ne pourrait pas être notre dernière élection démocratique, il ne se range pas à nos côtés, nous « les hommes sauvages en coulisses » – pour reprendre le terme de McGeorge Bundy parlant de ceux qui ne se conforment pas automatiquement à la doctrine autorisée.

En attendant, nous ne devrions pas négliger la façon dont les principaux éléments de l' »armée privée » de Trump montrent leur talent sur leur terrain de jeu habituel : le cruel désert de l’Arizona où les États-Unis, depuis Clinton, poussent des pauvres hères fuyant la misère créée par la destruction de leur pays par nos soins afin que nous puissions nous soustraire à notre responsabilité – tant juridique que morale – à leur offrir une possibilité d’asile.

Lorsque Trump a décidé de terroriser Portland, Oregon, il n’a pas envoyé l’armée, s’attendant

probablement à ce qu’elle refuse de suivre ses ordres, comme cela vient de se passer à Washington D.C. Il a envoyé des paramilitaires, dont les plus redoutables d’entre eux appartenant à l’unité tactique BORTAC de la Patrouille frontalière, qui a pratiquement carte blanche avec les « damnés de la terre » comme cibles.

Lorsque Trump a décidé de terroriser Portland, Oregon, il n’a pas envoyé l’armée, s’attendant probablement à ce qu’elle refuse de suivre ses ordres, comme cela vient de se passer à Washington D.C. Il a envoyé des paramilitaires, dont les plus redoutables d’entre eux appartenant à l’unité tactique BORTAC de la Patrouille frontalière, qui a pratiquement carte blanche avec les « damnés de la terre » comme cibles.

Immédiatement après avoir exécuté les ordres de Trump à Portland, la BORTAC a repris ses passe-temps habituels, comme détruire un centre d’aide médicale rudimentaire dans le désert, où des volontaires tentent de fournir une aide médicale, ne serait-ce que de l’eau, à des gens désespérés qui, d’une façon ou d’une autre ont réussi à survivre.

Ne se satisfaisant pas de cet exploit, la BORTAC s’est rapidement remise à la tâche. Peut-être que ceux qui pourrait un jour être confrontés à l’armée privée de Trump aimeraient en savoir un peu plus à son sujet. Voici un extrait d’un rapport faisant autorité sur la question, fourni par l’organisation humanitaire No More Deaths :

Après le coucher du soleil hier, 5 octobre, la patrouille frontalière américaine a pénétré dans le poste d’aide humanitaire No More Deaths, Byrd Camp, avec un mandat fédéral, c’était là le deuxième raid nocturne en deux mois. Les volontaires ont été retenus pendant 3 heures tandis que 12 personnes qui recevaient des soins médicaux, de la nourriture, de l’eau et un abri contre une chaleur de plus de 40 degrés étaient appréhendées.

Dans une démonstration militaire impressionnante, la Border Patrol, accompagnée de son unité tactique (BORTAC), a débarqué dans le camp avec un char blindé, des véhicules 4×4, un hélicoptère et de nombreux véhicules identifiés ou pas. Des agents, armés de fusils d’assaut, ont poursuivi et terrorisé les personnes qui recevaient des soins, tout cela pendant que l’hélicoptère les survolait à basse altitude, soulevant la poussière et les débris, rendant toute visibilité presque impossible. La patrouille frontalière a fait voler les vitres en éclats, défoncé les portes et détruit l’infrastructure essentielle du camp ainsi que les réserves. Ceci après avoir inspecté le camp et patrouillé dans son périmètre, créant un climat hostile et angoissant pour les gens qui, depuis la nuit du samedi 3 recevaient des soins.

Depuis le précédent raid du 31 juillet, la patrouille frontalière a refusé à plusieurs reprises de rencontrer les volontaires pour discuter des protocoles communs antérieurs qui confirmaient le droit de fournir une aide humanitaire. Le chef du secteur de Tucson a envoyé aux représentants de No More Deaths une lettre officielle confirmant ce refus.

Ces gens là sont les professionnels de l’armée privée de Trump, renforcés par les milices armées qui défendent les théories de la suprématie blanche. Celles-là même que le FBI et le Département de la sécurité intérieure considère comme la principale menace intérieure aux États-Unis, et qui a fortement progressé pendant les années Trump, faisant passer les crimes liés au terrorisme de 20% en 2016 à près de 100 % en 2019.

Ces gens là sont les forces qui peuvent être appelées à faire respecter « la loi et l’ordre » si en fait, le haut commandement militaire décide d’être « complice d’un coup d’État ». Cela semble inimaginable, mais malheureusement, ce n’est pas inconcevable.

Pour démanteler les processus démocratiques et s’accrocher au pouvoir on remue ciel et terre dans la campagne de Trump.

Pendant ce temps, Trump et ses partisans républicains font des heures supplémentaires pour mettre en œuvre leur stratégie visant à saper l’élection ou à la discréditer si le résultat n’est pas le bon, préparant ainsi le terrain pour un éventuel coup d’État.

En prévision, une « Armée pour Trump » est mobilisée pour débarquer dans les bureaux de vote pour intimider les électeurs qui votent mal. Ce qui était autrefois le ministère de la justice assouplit les règles concernant les enquêtes sur les fraudes électorales au cas où il serait nécessaire d’en passer par là.

En résumé, on remue ciel et terre dans la campagne de Trump pour démanteler les formes démocratiques et permettre à celui-ci de s’accrocher au pouvoir.

Le fait que nous ne soyons pas seuls est peut-être un peu réconfortant. D’autres grandes démocraties sont également en train de se délabrer, tombant également entre les mains de dirigeants ayant des tendances fascistes, voire même ayant cette idéologie. (nombre de gens, y compris les plus grands spécialistes du fascisme, considèrent que qualifier Trump ainsi est encore trop gentil).

La plus grande démocratie du monde, l’Inde, est actuellement dirigée par un destructeur de la même veine que Trump, Narendra Modi, qui est en train de détruire la démocratie laïque indienne et transforme l’Inde en une ethnocratie cruelle, tout en écrasant le Cachemire.

La plus ancienne démocratie du monde, la Grande-Bretagne, n’en est pas encore au niveau de démolition de Trump, mais le Premier ministre Boris Johnson essaie de rejoindre le club. Le fait qu’il ait suspendu le Parlement afin de pouvoir faire passer sa version du Brexit, rapidement annulé par la Cour suprême, a suscité l’indignation des milieux juridiques britanniques. Ceux-ci l’accusent de porter atteinte à la présomption de bonne foi sur laquelle repose l’ordre constitutionnel britannique depuis des siècles. Il est depuis passé à la violation du droit international – certes, mais seulement « un petit peu » – en annulant une disposition cruciale de l’accord qu’il venait de conclure avec l’UE, laquelle poursuit maintenant la Grande-Bretagne pour cette violation.

On peut ajouter la deuxième plus grande démocratie de l’hémisphère occidental, dirigée par un clone de Trump qui tente par tous les moyens d’imiter son mentor, par exemple en essayant de licencier des enquêteurs qui osent se pencher sur la corruption et la criminalité présumée qui l’entourent, lui et sa famille. Bolsonaro a été bloqué par la Cour suprême. Les États-Unis sont allés plus loin sur la voie de l’autocratie. Lorsque les inspecteurs généraux chargés de surveiller les malversations de l’exécutif ont suivi la même voie, le dictateur en puissance de la Maison-Blanche les a simplement licenciés. Il l’a fait sans que le Sénat républicain ne bronche, lui qui avait initié cela pour protéger le public. Il en est d’ailleurs désormais « réduit au statut de quémandeur. »

C’est peut-être une simple coïncidence, mais il existe une corrélation remarquable entre le souci des dirigeants à démolir l’ordre démocratique et le fait qu’ils aient accéléré le massacre de leur propre population par la COVID-19. Le classement actuel des cas et des décès, rapporté par le South China Morning Post (Hong Kong), qui fait autorité en la matière, est, par ordre décroissant, le suivant :

États-Unis : 7.551.428 cas, 211.844 décès

Inde : 6.835.655 cas, 105.526 décès

Brésil : 5.000.694 cas, 148.228 décès

Ils sont suivis loin derrière par un parangon de démocratie, la Russie : 1 253 603 cas, 21 939 décès. Les autres sont loin à la traîne.

Nous ne sommes pas seuls. D’autres grandes démocraties sont également en train de se délabrer, tombant aussi entre les mains de dirigeants présentant des tendances fascistes.

Le tableau n’est bien sûr pas complet. Il est important de prendre en compte les taux de mortalité et d’autres variables. Mais le tableau général, ainsi que la corrélation sont difficiles à ignorer.

Ce qui est en train de se passer aux États-Unis, en Inde et au Brésil ne peut pas non plus manquer de nous rappeler des souvenirs du début des années 1930 – pour moi, des souvenirs personnels amers. Un trait commun en est l’adoration fanatique du Leader Suprême par ses loyaux disciples. Il y a une curieuse différence. Mussolini et Hitler apportaient à leurs adorateurs quelque chose : des réformes sociales, une place au soleil. Trump les poignarde dans le dos par quasiment chaque décision législative et chaque mesure de l’exécutif, et nuit gravement aux États-Unis sur la scène internationale. Il en va de même pour ses compagnons d’armes en Inde et au Brésil.

Constater la détermination de Trump à causer un maximum de souffrances à la population américaine est stupéfiant. Cela va bien au-delà de ses crimes véritablement titanesques : une course vers l’abîme de la catastrophe environnementale et une forte intensification de la menace de guerre nucléaire. Dans des proportions bien moindres, une fois de plus, il remue ciel et terre pour causer de graves préjudices à la population.

Mais restons-en à la pandémie, la moindre des graves crises auxquelles l’humanité est confrontée. Il existe un consortium international, le Covax, qui s’efforce de faciliter la recherche de vaccins par des efforts de coopération et d’accorder au moins une certaine attention aux problèmes de distribution, en garantissant que les vaccins et autres traitements potentiels seront disponibles pour ceux qui en ont besoin plutôt que d’être monopolisés par les riches.

La contribution de Trump ? La plus habituelle : se retirer de l’effort qui rassemble plus de 170 pays.

Le démolisseur en chef a toujours un prétexte : Dans le cas présent, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) est impliquée, et elle sert de bouc émissaire à Trump, qui s’agite pour détourner l’attention de son massacre de dizaines de milliers d’Américains.

Outre la cruauté caractéristique de la poursuite de l’intérêt personnel, le désengagement signifie que les Américains seront lésés si des vaccins sont développés ailleurs – peut-être en Chine, qui, selon certains rapports, pourrait être en tête dans la recherche.

Comme en 2003, après l’épidémie de SRAS, les scientifiques avertissent maintenant qu’une autre pandémie de coronavirus est probable, probablement plus grave que celle-ci. Nous avons déjà expliqué comment Trump a démantelé les protections qui étaient en place contre la pandémie actuelle, laissant les États-Unis particulièrement mal préparés. Il poursuit maintenant résolument dans la même voie, et pas seulement en se retirant du Covax.

Les pays du monde entier participent actuellement à un sommet de l’ONU sur la biodiversité « pour tenter de ralentir la destruction rapide de la nature par l’humanité ». La responsable de l’ONU à la tête de la convention, Elizabeth Maruma Mrema, souligne que la prévention d’une nouvelle pandémie est un objectif crucial. Si nous voulons éviter une autre COVID, prévient-elle, « nous devons agir… Soit nous conservons et protégeons cette nature, sa biodiversité, soit elle nous fera souffrir, c’est ce qui se passe actuellement ».

Trump apporte à nouveau son aide de la manière habituelle : en refusant de participer.

L’approche de Trump en matière de conventions et d’initiatives internationales est simple : Si je ne suis pas l’initiateur, je démolis, en prétendant que c’est le pire accord de l’histoire.

En l’occurrence, les médias y contribuent également. Dans le cadre d’une recherche rapide, ce ne sont pas les deux minutes entendues sur les radios publiques qui permettront de couvrir la question.

Pendant ce temps, la « destruction de la nature par l’humanité » progresse à grands pas. Une étude majeure sur la destruction de la biodiversité réalisée par les Jardins botaniques royaux de Kew a révélé que « les deux cinquièmes des plantes du monde sont menacées d’extinction » (….). Nous sommes en train d' »ignorer le coffre au trésor des espèces sauvages » qui offre des combustibles, de la nourriture et des médicaments potentiels à l’humanité, déclare le scientifique Colin Clubbe, spécialiste de la préservation de la nature ».

La BBC a consacré 3 minutes à cette étude. Après tout, nous avons nos priorités, respectons-les.

L’approche de Trump en matière de conventions et d’initiatives internationales est simple : Si je n’en suis pas l’initiateur, je démolis, en prétendant qu’historiquement, c’est le pire accord. Si ça vient de moi, c’est « l’affaire du siècle », la plus grande réussite de tous les temps. Et avec sa chambre d’écho médiatique, et les quémandeurs du Congrès, il est capable de s’en sortir. Ayez pitié du pays et du monde.

Il est vrai que les méthodes de Trump permettent d’obtenir des résultats. Agiter un gros gourdin donne parfois des résultats. Lorsque les États-Unis ont approché le Conseil de sécurité de l’ONU pour exiger de renouveler les très sévères sanctions contre l’Iran, ils ont refusé à la quasi-unanimité, y compris la Grande-Bretagne. Peu importe. Le secrétaire d’État Pompeo, dans le plus pur style Mussolino-Hitlérien, est retourné au Conseil de sécurité pour l’informer que les sanctions de l’ONU étaient renouvelées.

« Les États-Unis ont pris cette mesure décisive », a indiqué Pompeo à ses larbins du Conseil de sécurité, « car, outre le fait que l’Iran ne respecte pas ses engagements au titre du PAGC [Joint Comprehensive Plan of Action, Plan d’action global conjoint, NdT], le Conseil de sécurité n’a pas prolongé l’embargo sur les armes imposé par l’ONU à l’Iran ». Une telle désobéissance ne peut bien sûr pas être tolérée par le Cher Maître du monde.

Plus largement, l’administration Trump ne cesse de renforcer l’internationale réactionnaire dirigée par Washington, c’est la seule initiative géostratégique qui puisse être décelée dans le chaos administratif. Les membres principaux en sont les compagnons de Trump, Modi et Bolsonaro. Au Moyen-Orient, ils sont rejoints par le général égyptien al-Sissi, le « dictateur préféré » de Trump, qui a poussé l’Égypte vers de nouveaux abîmes de désespoir. Et bien sûr, les dictatures du Golfe, avec à leur tête l’estimable Mohammed ben Salman, dont un des crimes mineurs est le sauvage assassinat de Khashoggi. Un autre membre bienvenu est Israël, qui, maintenant, cache à peine sa dérive vers l’extrême droite. La récente formalisation des relations tacites entre Israël et les dictatures du Golfe trouve sa place naturelle dans ce système. Il y a aussi des membres ailleurs, comme la démocratie hongroise illibérale de Viktor Orbán, et en coulisses, dans l’attente, des figures séduisantes comme l’Italien Mario Salvini, fêtant la noyade de milliers de pauvres damnés en Méditerranée, ce qui est la contribution de l’Italie au bilan génocidaire de l’Europe.

Du côté positif, l’internationale réactionnaire de Trump est désormais combattue par la nouvelle Internationale progressiste, issue du mouvement Sanders aux États-Unis et d’un homologue européen, le DiEM25, un mouvement transnational qui cherche à préserver et à renforcer ce qui a de la valeur dans l’Union européenne, tout en surmontant ses graves défauts. Il a également attiré un large éventail de représentants du Sud. Sa première conférence internationale vient de se tenir en Islande, son Premier ministre en étant membre. Bien qu’elle n’ait évidemment pas les ressources de violence et la richesse de l’internationale réactionnaire, elle a promis de représenter le peuple dans la guerre de classe mondiale qui est en cours pour délimiter les contours du monde post-pandémie.

Typique des dirigeants autoritaires, Trump s’appuie fermement sur l’utilisation et la promotion des théories du complot, apparemment pleinement conscient du fait que celles-ci intensifient la polarisation politique. Pourquoi les théories du complot prospèrent-elles en politique, et que signifient-elles pour la réalité politique de la fin de la deuxième décennie du XXIe siècle aux États-Unis ?

L’une des raisons pour lesquelles les théories du complot fleurissent est que les gens veulent des explications, parfois par curiosité intellectuelle, parfois pour des raisons plus personnelles et souvent déchirantes. C’est particulièrement vrai lorsque tout se casse la figure. C’est arrivé de bien des façons.

Prenons le désastre néolibéral de ces 40 dernières années. Dès le début, son importance a été très clairement annoncée par Thatcher et Reagan, et leur gourou économique Milton Friedman :

Il n’y a pas de société ; les individus doivent faire face aux ravages du marché seuls, sans défense, et certainement pas celle des syndicats, qui doivent être détruits. Le problème, c’est les gouvernements, qui sont imparfaits du fait qu’ils ne répondent que partiellement aux besoins du public. Les décisions doivent donc être transférées aux mains du secteur privé, en fait, aux entreprises. Les entreprises doivent se consacrer uniquement à l’auto-enrichissement. Non pas par principe d’économie, mais par choix éthique.

Il y a d’autres nuances, mais c’est là l’essentiel. En rassemblant ces principes, il n’est pas difficile de tirer quelques conclusions sur les conséquences probables.

La Rand Corporation vient de publier une étude sur l’ampleur des effets (à peine inattendus). Elle estime à 47 000 milliards de dollars la somme « transférée » des classes moyennes et ouvrières vers les très riches depuis Reagan-Thatcher-Friedman. Le terme « volée » serait peut-être plus exact.

Rand considère que les très riches sont 10 %. C’est trompeur. Il s’agit en fait d’une infime partie de ceux-ci. Les 0,1 % des plus riches ont vu leur part de la richesse nationale doubler depuis Reagan, pour atteindre 20 %.

Ce n’est qu’une partie de la sinistre histoire, amplifiée par le programme de mondialisation radicalement anti-ouvrier de Clinton, l’austérité post-Thatcher, le sauvetage par Obama des auteurs de la crise de l’immobilier et le rejet de la législation visant à aider aussi les victimes, et bien d’autres choses encore.

On ne devrait pas être vraiment surpris de constater que l’épidémie de « morts de désespoir » qui a frappé les États-Unis, principalement parmi les hommes blancs en âge de travailler, commence maintenant à toucher la Grande-Bretagne. Rien de moins qu’une grande partie du monde est consumée par la rage, le ressentiment, le mépris des institutions. Ce qui offre un terrain fertile aux démagogues et aux escrocs – parfois, comme Trump, particulièrement doués – qui peuvent ainsi parader se présentant comme sauveurs du monde tout en obéissant servilement à leurs oppresseurs. Avec l’aide des systèmes d’information, ils peuvent détourner l’attention des causes du mécontentement populaire pour le diriger vers les boucs émissaires habituels, en exploitant les préjugés et les craintes profondément ancrés. Nul besoin de revoir la façon de procéder.

Dans un tel climat, les théories du complot peuvent prospérer.

L’une des raisons pour lesquelles les théories du complot fleurissent est que les gens veulent des explications… C’est particulièrement vrai lorsque tout se casse la figure.

Il y a d’autres facteurs à prendre en compte. Le monde réel est complexe. Choisissez n’importe quel événement, et même les témoignages les plus sérieux présenteront des maillons faibles, des coïncidences bizarres, des caractéristiques inexpliquées. C’est pourquoi les scientifiques pratiquent leurs expériences, en faisant abstraction totale des phénomènes observés. Là encore, cela encourage les théories du complot.

En outre, certaines de ces théories peuvent avoir une certaine validité. Adam Smith a sciemment exagéré lorsqu’il a déclaré que « les gens d’un même métier se rencontrent rarement, même pour la détente et le divertissement, mais la conversation se termine par un complot contre le peuple, ou par un stratagème pour augmenter les prix ». Mais il n’était pas en train d’élaborer un complot. C’est ce qui arrive tout le temps. Certaines de ces dérives sont bien étudiées. Dans beaucoup d’autres cas, on a toutes les raisons de le suspecter.

Pour ne prendre qu’un exemple actuel, la station de radio nationale allemande Deutsche Welle a récemment interviewé l’éminent politologue américain Norman Ornstein de l’American Enterprise Institute concernant certains faits curieux impliquant Trump, la Deutsche Bank et la Cour suprême des États-Unis.

Pour citer les premiers mots :

« Le rapport explosif du New York Times quant à la situation fiscale du président des États Unis Trump soulève des questions gênantes pour le plus grand prêteur allemand, la Deutsche Bank, à savoir : pourquoi la Deutsche Bank a-t-elle prêté 2 milliards de dollars à Trump alors que d’autres banques, y compris toutes les banques américaines, n’étaient pas disposées à le faire ? Et alors que la Deutsche Bank gère sans doute les prêts, nous ne pouvons pas dire ce soir qui ou ce qui se cache derrière cet argent.

En d’autres termes, nous ne savons pas à qui appartient la dette du président des États Unis Donald Trump. Et pour compléter l’énigme, on trouve le rôle joué par le fils d’un ancien juge de la Cour suprême. Justin Kennedy, fils de l’ancien juge Anthony Kennedy, était chef de division et contact de Trump à la Deutsche Bank. Kennedy était proche de celui qui était alors futur président tout en continuant à lui prêter de l’argent. »

Une autre pièce du puzzle, comme l’explique Ornstein, est la retraite prématurée du juge Kennedy. Le vote décisif de la Cour, qui a permis à Trump de désigner le jeune Brett Kavanaugh, d’extrême droite et protégé de Justin Kennedy, pour le remplacer.

 » Le tableau est terrible « , conclut Ornstein, qui demande que l’enquête soit menée par l’État de New York, et non par les procureurs fédéraux, ces derniers étant maintenant à la solde des représentants légaux de Trump, ce qu’on appelait autrefois le ministère de la Justice.

Ce n’est certes pas une théorie du complot, mais ça s’en rapproche quand même diantrement.

En bref, dans un marécage fétide, les théories du complot prospèrent, et certaines pourraient s’avérer avoir une incidence considérable sur le monde créé par les systèmes de pouvoir public et privé.

*

C.J. Polychroniou est politologue et économiste, il a enseigné et travaillé dans des universités et des centres de recherche en Europe et aux États-Unis. Ses principaux sujets de recherche portent sur l’intégration économique européenne, la mondialisation, l’économie politique des États-Unis et la déconstruction du projet politico-économique du néolibéralisme.

Il contribue régulièrement à Truthout et est membre du Projet Intellectuel Public de Truthout. Il a publié plusieurs livres et ses articles ont été publiés dans divers journaux, magazines, revues et sites web d’information populaires. Nombre de ses publications ont été traduites dans plusieurs langues, notamment en croate, français, grec, italien, portugais, espagnol et turc.

Il est l’auteur de L’optimisme contre le désespoir : Noam Chomsky et le Capitalisme, l’Empire, et le changement social, une série d’entretiens avec Chomsky Edition Lux, coll. Futur proche. Publié à l’origine chez Truthout et compilés par Haymarket Books.

Source : Truthout – 12/10/2020
Traduit par les lecteurs du site Les-Crises

25 réactions et commentaires

  • LibEgaFra // 31.10.2020 à 10h12

    Voilà Trump habillé pour l’hiver. Fin janvier, bye, bye Trump!

    • Sergei // 31.10.2020 à 14h09

      « Hillary a 99% de chances de gagner »
      J’attends impatiemment les têtes déconfites et les crises d’hystérie.
      Ca sera encore mieux qu’en 2016.

      • Logique // 04.11.2020 à 02h06

        « J’attends impatiemment les têtes déconfites et les crises d’hystérie.
        Ca sera encore mieux qu’en 2016. »

        Biden n’a besoin de remporter qu’un seul de ces 5 Etats;
        Arizona
        Caroline du Nord
        Floride
        Géorgie
        Pennsylvanie

        Les premiers résultats montrent Biden capable de remporter les 5.
        J’attends impatiemment les têtes déconfites et les crises d’hystérie des Trumpers.
        Ca sera encore mieux qu’en 2016.

        Les médias français sont incapables de présenter les faits objectivement. Normal, il faut faire croire qu’il y a un suspense.

        https://www.270towin.com/2020-election-results-live/

      • LibEgaFra // 07.11.2020 à 19h59

        « J’attends impatiemment les têtes déconfites et les crises d’hystérie.
        Ca sera encore mieux qu’en 2016. »

        Vous avez raison, c’est effectivement bien mieux qu’en 2020.
        En janvier, bye, bye Trump! You are fired!

  • LibEgaFra // 31.10.2020 à 10h14

    « Trump mange aussi les petits enfants dit on. »

    Mais non, il les viole seulement.

  • rolland // 31.10.2020 à 10h24

    Mr Chomsky à l’inverse ne met que très peu et en tout cas pas assez ( ..il me semble ) en évidence ce que le parti démocrate n’est non-pas prêt à faire mais plutôt ce qu’il a déjà accompli en terme de déni de démocratie et de négation du « bien-vivre-ensemble »…..
    …Peut-être est-ce là où il faut mettre l’accent pour comprendre une part des mécanismes ayant amené Trump au pouvoir ?
    Dès lors, si l’exactitude des faits démontre que cette fuite vers l’abîme est due en toute première cause au parti démocrate alors rien ne sert de blâmer les électeurs de Trump ni Donald lui-même, et le bon sens voudrait qu’en voulant réellement faire évoluer les choses vers quelque chose de plus bénéfique pour tous il serait de bon ton de pointer les coupables pour proposer des actions allant à l’inverse de celles qu’ils ont commises.
    Bien entendu je dis ça je ne dis rien mais j’en ai juste un peu mare de ces parti pris monoculaires.

  • Hippocampe // 31.10.2020 à 11h18

    Hillary Clinton l’a dit: « Les Démocrates doivent reprendre la Maison Blanche par tous les moyens et dans tous les cas de figure » https://www.washingtonexaminer.com/news/hillary-clinton-biden-should-not-concede-under-any-circumstances.
    Avec un programme revisité dont Chomsky ne parle pas: partition de l’Irak, relance de la guerre en Syrie avec soutien aux « rebelles modérés d’Al Qaïda », liste d’assassinats du mardi, extension de l’Otan, coups de menton vers la Russie qui est, selon Biden  » la plus grande menace pour les Etats-Unis », menaces sur la Corée du Nord, distribution de cookies sur des places choisies du monde etc.
    C’est sûr, c’est beaucoup mieux!
    Quant à savoir qui complote contre qui, en dehors des coups bas ‘de bonne guerre’, il suffit de remonter à 2016: https://www.youtube.com/watch?v=uaxZzFEA-Ow

  • Papagateau // 31.10.2020 à 11h51

    Noam Chomsky fait la moitié de son article en parlant des risques de coup d’état en Grande-Bretagne et aux États-Unis jusqu’à faire le parallèle entre Hitler et Mussolini, mais sans jamais mentionner l’affaire Julian Assange qui risque sa vie de journaliste (175 ans de prison à l’isolement) dans une affaire d’extradition politique entre ces 2 pays.

    Ce n’est pas les seuls choses qu’oublie Chomsky, car il a déjà oublié tout ce qui concerne le parfait pourrissement du côté Démocrate, mais l’oubli de la procédure contre Assange est incroyable, car c’est la suite logique après avoir avili et comparé USA (Hitler ?) et GB (Mussolini ?) sur 10 paragraphes : Les relations entre ces 2 pays dans le procès Assange aurait du venir naturellement. Mais ça aurait obligé à parler de l’avant Trump.

    L’enchaînement naturel sera prudemment effacé par Chomsky.
    Depuis plusieurs années maintenant Noam Chomsky m’a déçu. J’ai l’impression que la façon dont il pense c’est : Faire scandale au nom de la vertu toujours, pour la vertu jamais

  • DooDzy // 31.10.2020 à 11h53

    Excellent entretien de Chomsky ! Merci de nous le diffuser ! Une fois encore cette élection c’est la Peste ou le Choléra… Dans les 2 cas de figure on sera heureux que l’un perde et déçu que l’autre soit élu…

    • Kasper // 01.11.2020 à 02h59

      En tant que non citoyen US, je souhaite de toute mes forces 4 ans de plus de Trump.

      Pendant qu’ils se bouffent entre eux, ils ont moins le temps de penser à nous, et l’aventurisme impérial a clairement baissé d’intensité par rapport à l’ère Obama.

      Il n’y a que sur le climat que le trumpisme peut vraiment nous porter préjudice, mais il y a de bonnes raisons de penser que Biden ne fera pas bien mieux sur ce terrain.

  • antoniob // 31.10.2020 à 14h28

    les Etats-Unis ne sont pas une démocratie mais une oligarchie avec un simulacre électoral monopolisé par deux partis immuables fonctionnant comme parti unique. Pas de pluralité. De plus si c’est une démocratie depuis les années 177n, alors c’est qu’une démocratie peut être esclavagiste, nier les droits des femmes, celui des autochtones et etc.

    Bref, n’étant pas une démocratie à la base, ni Prout ni Bidet ne peuvent mettre à mal ce qui est déjà mal.

  • julien bonnetouche // 31.10.2020 à 14h48

    Bonjour,
    L’auteur de l’article devrait aller plus loin dans sa réflexion que le cas du « bonhomme Trump ».

    Trump est le reflet de la dislocation de la société américaine, et ses outrances peuvent s’interpréter comme les signes avant coureurs d’une réaction en profondeur, d’une ébullition interne donc les voies d’échappements sont insaisissables encore aujourd’hui, mais n’augurent rien de bon.
    A bien des égards, la situation de la société française où les tensions ethniquo-religieuses, entre islamistes et chrétiens qui s’accroissent après chaque attentat, pourrait se comparer à la société américaine opposant sur fond de violence quotidienne les diverses composantes de ce pays multiculturel.

    Dans les deux cas, les hommes politiques maitrisent de moins en moins la situation réelle, et cherchent toujours, comme par la passé,( au temps ou de toutes façons la gouvernance politique n’avait que peu d’influence sur le déroulement de la vie des gens) à tirer la couverture à eux.

    Aujourd’hui les peuples demandent des actions réelles, et si ils ne les obtiennent pas, ce qui est le cas le plus vraisemblable, alors le bouillonnement interne finira par éclater au grand jour.

  • petitjean // 31.10.2020 à 15h37

    Un peu d’objectivité ne peut nuire
    Il ne me semble pas que les USA soient encore une démocratie. Les délires et les violences qui s’emparent de ce pays sont effrayants
    La propagande des médias , le contrôle des universités par la gauche et l’extrême gauche, le rôle mortifère de ce qu’on appelle « l’état profond », démontrent à l’évidence que ce pays est au bord de l’explosion, au bord de la guerre civile . La main mise des « démocrates » sur le FBI en est une autre démonstration. Contester l’élection de Donald Trump est aussi une preuve de la maladie mentale de l’opposition. L’invention d’une collusion de Trump avec la Russie est le summum du délire
    Le démocratie n’y est donc nulle part
    Si l’auteur de cet article est hostile au président Trump, il pourrait avoir l’honnêteté de faire le bilan des « démocrates »‘ et de se pencher sur l’extraordinaire corruption de la famille Biden sans oublier les Clinton

    c’est à lire
    https://institutdeslibertes.org/trump-contre-letat-profond-echec-et-mat/
    https://institutdeslibertes.org/obama-gate-histoire-dun-coup-detat-foireux/
    https://www.dedefensa.org/article/rapsit-usa2020-biden-freud-leur-lapsus

  • petitjean // 31.10.2020 à 15h44

    Et si on faisait un peu le point sur la famille Biden ?
    « La corruption de la famille Biden est dévoilée au grand jour. Et à l’inverse de tant d’autres affaires concernant des Démocrates, les preuves sont entre les mains du camp républicain. Elles sont trop accablantes pour que cela ne se solde par un non-lieu. Évidemment, les chances d’élection de Joe Biden à la Présidence des États-Unis viennent de fondre comme neige au soleil. » (…)
    https://lesobservateurs.ch/2020/10/20/les-biden-une-histoire-de-famille-premiere-partie/

    « Les révélations de « l’ordinateur portable infernal » continuent de se déverser, et avec elles les eaux saumâtres du marécage de Washington. Dépassés, décrédibilisés par des années de désinformation continue sur Trump, en retard de plusieurs scoops, les médias mainstream tentent de faire barrage autant qu’ils peuvent – en invoquant constamment la dernière de toutes les défenses, le complot russe. » (…)
    https://lesobservateurs.ch/2020/10/26/les-biden-une-histoire-de-famille-deuxieme-partie/

  • Otb_Green // 31.10.2020 à 19h47

    Parce que ce qu’on a vu après la mort tragique de Georges Floyd avec les milices démocrates n’arrivera pas si Trump est réélu ? Un peu de sérieux. Si feu d’artifice il doit y avoir, quasi certain que c’est eux qui allumeront la mèche en premier.

  • Alfred // 01.11.2020 à 00h02

    Je commence à croire que nous vivons dans des réalités parallèles. Trump est il réellement menacé par Biden au vu du soutient populaire de chacun (oui mais les sondaaaages – les sondaaaages)? L’un serait stupide (pourquoi pas?) mais l’autre ne serait pas sénile (pas du tout du tout – ni corrompu). Enfin l’un dictateur en puissance (il a son armée privée nous dit le grand chomsky) refuserait par avance le résultat des élections mais pas le camp de l’autre (Hillary a pourtant été très explicite à ce sujet). En vérité cet acharnement thérapeutique fait presque pitié.

  • MORLEZ // 01.11.2020 à 15h47

    J Biden, quasi gâteux, est le porte-étendard d’un coup d’état qui est déjà presque accompli. Hello Noam, wake up !
    https://www.foxnews.com/media/chad-wolf-twitter-jack-dorsey-censorship

  • Sara // 01.11.2020 à 16h36

    90 millions d’Etatsuniens ont déjà voté et le vote par correspondance étant ce qu’il est… Lu, par exemple, dans les commentaires de Faz, il y a quelques jours, le témoignage d’un lecteur dont la belle-fille a reçu deux fois les documents de vote, une fois à son ancienne adresse sous son nom de naissance et une autre fois à sa nouvelle sous son nom marital, des étrangers aussi ont reçu ces mêmes documents de vote.
    En outre, pour le vote classique, on n’est apparemment pas obligé de prouver son identité…

  • Norbert // 01.11.2020 à 17h58

    « Du côté positif, l’internationale réactionnaire de Trump est désormais combattue par la nouvelle Internationale progressiste, issue du mouvement Sanders aux États-Unis et d’un homologue européen, le DiEM25, un mouvement transnational qui cherche à préserver et à renforcer ce qui a de la valeur dans l’Union européenne,…. »

    Avec tout le respect que j’ai pour le penseur Chomsky qui nous a plus d’une fois éclairé avec des analyses pertinentes, les premiers signes de sénilité du maître ne sont -ils pas à déceler dans ce genre de commentaires ?

    Aussi bien Sanders, Corbyn, Syrisa Podemos et compagnie se sont couchés et mis à plat ventre quelquefois même avec zèle devant les forces qu’ils prétendent combattre. Leur lâcheté est un acte de mépris à notre égard ! Et la première cause du succès des pires réactionnaires est à mon avis, l’incapacité et l’impuissance (voire carrément le manque de réelle volonté) de ces courants de pensée devant la dictature capitaliste appliquée par ces pays que Chomsky continue à appeler grandes démocraties.

  • Afficher tous les commentaires

Les commentaires sont fermés.

Et recevez nos publications