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Madagascar : Nouvelles razzias chinoises… Par Richard Labévière

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Source : Proche & Moyen-Orient, Richard Labévière, 08-04-2019

Diego-Suarez (Antsiranana)/Tananarive (Antananarivo), 5 avril.

Lumière fracassante du petit matin. Mouettes et cormorans virevoltent dans le sillage d’écume annonçant la terre qui cambre sa croupe végétale à l’horizon. A bâbord, le bras de mer qui ouvre la passe d’accès au port de Diégo est flanqué d’une fortification arrondie en pierre de taille, d’où émergent cinq canons pétrifiés par le temps. Plus loin sur la première baie, toujours debout, la carcasse d’un imposant bâtiment, qui fut une caserne de la Légion, abrite désormais quelques lémuriens égarés. Ces vestiges d’une aventure coloniale, qui ne pouvait que mal se terminer1, annoncent l’unique quai du troisième port de la Grande île rouge. Diego-Suarez s’articule entre : l’ouest, le canal du Mozambique, et l’est, l’immensité de l’océan Indien.

Le port maritime fait corps avec la vieille ville2, assurant une grande partie du trafic des marchandises du pays : produits d’exportation comme le cacao, produits d’importation comme le sucre non raffiné du Brésil et le sel. A 400 kilomètres à l’est des côtes africaines au niveau du Mozambique, la Grande île est elle-même entourée par un chapelet d’archipels : au nord, celui des Comores dont l’île française de Mayotte ; plus au nord les Seychelles. A l’est, la Réunion et l’île Maurice. Madagascar s’étend sur une superficie de 587 000 km2, soit la France, la Belgique et le Luxembourg réunis. La langue malgache fait partie de la famille des langues malayo-polynésiennes comme l’Indonésien dont elle est issue. Elle a intégré de nombreuses influences bantoues, arabes et européennes. Deuxième langue officielle du pays, le Français est parlé partout.

En février dernier, le ministre des affaires étrangères Niana Andriantsitohaina a rencontré son homologue français à Paris. La visite retour a été fixée au 26 juin prochain. En mars dernier, lors de sa visite au Kenya, Emmanuel Macron s’est longuement entretenu avec le nouveau président malgache Andry Rajoelina, élu le 19 décembre 2018 avec 55,6% des voix contre l’ancien président Marc Ravalomanana. Le nouveau Président a sollicité l’aide de la France pour assurer la police des pêches et la lutte contre les différents trafics de drogue, de bois, de biodiversité et d’être humains qui minent l’économie malgache. Il a aussi été convenu que seront renforcées plusieurs coopérations bilatérales, notamment dans les secteurs de l’éducation, de la formation professionnelle, de l’agriculture, de la préservation de la forêt et de la biodiversité. Autre volet important : les enjeux de coopération régionale et les perspectives d’actions conjointes dans l’océan Indien.

LE TONNERRE SUR UNE TÂCHE MARRON

Du 4 au 21 mars dernier, le typhon Idaï a ravagé le Mozambique et une partie du Zimbabwe emportant routes, maisons, écoles et même barrages, « le bilan pouvant dépasser un millier de morts » a déclaré le président mozambicain Filipe Nuysi. La ville portuaire de Beira (530 000 habitants) fait partie des zones les plus touchées : près de 10 000 personnes sont sinistrées, 873 maisons ont été emportées, 24 hôpitaux détruits et 267 classes partiellement ou complètement englouties selon un bilan communiqué le 18 mars par l’Institut mozambicain de gestion des désastres.

Engagé dans la lutte contre la piraterie dans le cadre de l’opération européenne Atalante, le PHA (porte-hélicoptères amphibie) Tonnerre a été dérouté vers Mayotte3 afin d’y prendre en charge 25 tonnes d’aide humanitaire : lits de camps, kits de construction d’abri, de cuisine et d’assainissement d’eau, moustiquaires et bouteilles de gaz, la Marine nationale ayant mis à disposition ses stocks de médicaments. « Les moyens amphibies du tonnerre permettent d’acheminer l’aide au plus près des zones sinistrées en s’affranchissant au besoin des infrastructures portuaires », explique le commandant Ludovic Poitou, le pacha du porte-hélicoptères disposant à bord de 5 médecins, d’un hôpital de 69 lits, de deux blocs opératoires, d’un service de radiologie et de soins dentaires, etc.

Renforcés dans cette mission d’assistance humanitaire par la frégate de surveillance Nivôse venant de La Réunion, les deux navires ont ainsi déchargé le matériel à proximité des populations sinistrées avec une mission précise : « sur place, l’objectif est de contribuer aux opérations de soutien aux populations démunies, renforcer les structures de soutien déjà existantes et apporter un renfort médical. Le PHA Tonnerre a notamment fait remonter le fleuve à ses barges de débarquement chargées de matériels, atteignant ainsi des zones autrement inaccessibles. Près de 700 marins, soldats et aviateurs ont été mobilisés dans cette opération, baptisée Caouanne », précise un communiqué de la Marine nationale.

« Initialement le typhon Idaï n’aurait pas dû faire autant de victimes », précise un représentant local de la Croix rouge ; « il y a quelques années encore le Mozambique était repérable par une grande tâche verte parfaitement visible sur les images satellitaires. Aujourd’hui, la même tâche est de couleur marron. Pourquoi ? Parce que depuis une dizaine d’années, les forêts qui comportaient nombre d’essences rares ont été systématiquement coupées pour être exportées vers la Chine… A terme et avec la poursuite de ce désastre végétal, les populations devront partir en aggravant les flux migratoires régionaux et clandestins qui transitent par Madagascar, vers les Comores et Mayotte… »

L’expansion de la tâche marron a aussi d’autres explications. Initialement le Mozambique et Madagascar ne s’inscrivaient ni sur le tracé des Routes de la soie, ni sur celui du Collier de perles chinois, jusqu’au jour où d’importantes nappes off-shore de gaz et de pétrole ont été découvertes dans le canal du Mozambique. Pékin a aussitôt revu sa copie en consolidant sa présence au Mozambique, en favorisant l’implantation de sociétés chinoises et en lançant un programme d’infrastructures à Madagascar dont une autoroute reliant le port de Tamatave à la capitale. Simultanément, Pékin adopte aussi en Afrique du Sud la même stratégie d’endettement systémique qu’elle applique à Djibouti4 comme avec tous les pays de la zone, tout en jouant la carte de la proximité politique avec l’ANC5 et le refrain de la résistance aux anciennes puissances coloniales (Grande Bretagne et France).

Mais c’est aussi sur le plan stratégique que Pékin justifie ses nouvelles emprises africaines. En cas de crise majeure sur le canal de Suez et plus largement en mer rouge et à Djibouti, où Pékin dispose de sa première base militaire à l’étranger, les autorités chinoises expliquent que le contournement du grand continent par le Cap de Bonne Espérance constituerait la meilleure des routes maritimes alternatives. Toujours est-il que malgré ce discours sécuritaire de façade, un net ressentiment antichinois est de plus en plus perceptible dans la population malgache.

OPACITE ET CORRUPTION

Depuis une dizaine d’années, les sociétés chinoises de pêche sont accusées, entre autres, d’avoir littéralement râclé et détruit les fonds marins du sud de la Grande île. La présence chinoise à Madagascar se décompose en différents groupes qui ne sont pas motivés par les mêmes intérêts : les « anciens Chinois » se sont intégrés et conçoivent leur avenir sur place, tandis que les « nouveaux » se contentent de mener leurs affaires sans chercher à connaître ni ménager la culture locale. Madagascar comporte l’une des plus importantes communautés chinoises d’Afrique: la Grande île abriterait 100 000 Chinois (alors que l’ambassade chinoise n’en recense que 65 000), ce qui représente environ 10% de la diaspora implantée en Afrique et ce qui en fait la première communauté étrangère du pays devant les Français et les Indo-pakistanais.

La présidence de Marc Ravalomanana (2002 – 2009) fut marquée par une volonté de s’affranchir de la relation privilégiée avec la France pour se tourner vers d’autres acteurs comme les Etats-Unis et la Chine. D’importantes sociétés chinoises du secteur extractif (Sunpec, Mainland, Wisco) purent déployer leurs activités à Madagascar dans des conditions les plus opaques entachées de corruptions notoires. Comme d’autres chefs d’Etat africains, Ravalomanana se servit de la volonté chinoise de conquête pour contraindre les bailleurs de fonds traditionnels à accroître leurs financements pour Madagascar.

Un exemple emblématique du caractère illusoire de cette relation « gagnant-gagnant » vantée par Yang Xiaorong, ambassadeur de Chine à Madagascar, concerne le contrat conclu fin 2009 entre la société Wisco (important producteur d’acier) et l’Etat malgache, à propos de l’exploitation des gisements de fer de Soalala (côte occidentale de l’île). Le permis accordé à l’entreprise s’étale sur trente ans, les populations locales accusant le gouvernement de « brader » les ressources naturelles de l’île au profit d’une puissance étrangère.

En termes de volume des échanges économiques, la Chine constitue désormais le premier partenaire commercial de Madagascar depuis 2015. Mais ces « accords » reposent le plus souvent sur un endettement, principalement financé par l’Exim Bank ou la China Development Bank. Comme à Djibouti, ce mode opératoire n’est pas sans conséquence sur les finances fragiles des pays en voie de développement comme Madagascar, entrant souvent même en conflit avec les règles d’ajustements structurels du FMI et de la Banque mondiale.

Les secteurs économiques ciblés par Pékin sont très diversifiés : la filière agricole, l’exploitation minière, les infrastructures de transport, le textile, les télécommunications et les produits de rente. Plusieurs opérateurs chinois sont devenus les principaux acheteurs de raphia, de poivre, de girofle et de cannelle et s’intéressent de plus en plus à la vanille malgache, l’une des spécialités nationales.

UN ACCORD DE PÊCHE DANS LES FILETS

Dans le secteur des pêches, la China National Fisheries Corp possède une licence exclusive sur les crevettes, l’« or rose » dont les Malgaches ne voient pas la couleur. Cet « or rose » est aussi dévastateur pour l’environnement, comme l’ont fait remarquer des scientifiques et des pêcheurs traditionnels. Certes, l’élevage de crevettes est loué pour son côté écologique, mais sa capture de crevettes sauvages le long des côtes de la Grande île est controversée. Le chalutage chinois est en concurrence directe avec les pêcheurs locaux, qui dépendent de la mer pour leur subsistance. Et les flottilles industrielles traînent leurs filets le long des fonds marins, une pratique si néfaste que les scientifiques l’ont comparée à la coupe à blanc d’une forêt.

Le scandale le plus retentissant concerne un accord de pêche signé avec un consortium chinois en septembre 2018 par un conseiller du chef d’Etat sortant pour un montant de 2,4 milliards d’euros.

En marge de l’Etat malgache, une petite association de droit privé a signé un contrat mirifique pour dix ans avec une société chinoise de pêcheries. Ce contrat, avec un budget de 700 millions de dollars sur trois ans, prévoit de déployer 330 bateaux fournis par le consortium chinois tout autour de l’île : à raison de 240 jours de mer par an et de 600 kg de prise journalière, 43 200 tonnes de poissons sont exportées en presque totalité vers la Chine. Seule 15 % de la pêche serait conservée pour le marché local. A titre de comparaison, le volume de pêche inscrit dans l’accord avec l’Union européenne, en cours de renégociation, est trois fois moins important. Le prix de vente devrait s’établir à un niveau qualifié de « raisonnable », selon les termes de l’accord.

Rendu public avant les dernières élections présidentielles, cet « accord » a déclenché un tollé dans la Grande île. « Comment peut-on imaginer faire venir 300 chalutiers alors que la surpêche est déjà une réalité ? Le nombre de pêcheurs ne cesse d’augmenter, avec l’arrivée sur les côtes de ruraux qui ne peuvent plus vivre de leur terre. Les pirogues rentrent avec de moins en moins de poissons », avertit Paubert Mahatante, maître de conférences à l’université de Tuléar6 et secrétaire général de la plateforme Sansafa, qui regroupe les acteurs non étatiques de la pêche et de l’aquaculture des seize pays de la Communauté de développement d’Afrique australe. Quelque 500 000 emplois directs et indirects dépendent de ce secteur.

L’octroi de licences à six gros chalutiers chinois depuis fin 2017 a d’ores et déjà aggravé le problème, selon M. Mahatante. « Ils n’ont pas de base à terre et pêchent partout et de tout de Morombe jusqu’à la pointe sud de Fort Dauphin [soit environ 800 km de côtes]. Quelle quantité prennent-ils ? Nous n’en savons rien ». Tuléar est la plus importante zone de pêche traditionnelle de l’île. Ce n’est donc pas un hasard si la ville abrite l’Institut halieutique et des sciences marines (IHSM), le seul du pays et de tout l’océan Indien.

Toujours est-il que le scandale est désormais public. Remis en cause depuis la dernière élection présidentielle, « ce projet, s’il était remis en selle sonnerait la mort des petits pêcheurs côtiers et la ruine de ce qui reste des réserves halieutiques malgaches. En outre , plus de deux milliards de dollars ont disparu et les bailleurs de fonds chinois crient vengeance… »

TRAFICS DE DROGUES ET D’ÊTRES HUMAINS

Nombre d’opérateurs chinois sont également impliqués dans le trafic de bois de rose, exporté frauduleusement par voie maritime vers les principaux ports d’Asie du Sud-Est, dont Singapour, servant à la confection de meubles de luxe. L’intensification de ces trafics, particulièrement exacerbée depuis la transition politique (2009 – 2013), s’explique par la corruption généralisée au sein des appareils d’Etat, qui pousse nombre de fonctionnaires, conseillers ou ministres à prendre part à ces opérations mafieuses. Il est de notoriété publique que mamy Ravatomanga, opérateur économique à la réputation sulfureuse et proche d’Andry Rajoelina, s’avère impliqué dans ce trafic illégal de bois de rose depuis le port de Tamatave. Pour la seule année 2009, près de 100 000 arbres auraient été coupés (environ 52 000 tonnes), dont une part importante dans des parcs protégés. Cette économie souterraine et mafieuse implique tout aussi notoirement de grands opérateurs chinois qui jouent un rôle de premier plan dans le pillage de Madagascar.

Ces différentes OPA menées sur les ressources malgaches sont particulièrement suivies par le CRFIM (Centre régional de fusion de l’information maritime)7. La structure intergouvernementale s’intéresse aussi à d’autres formes de criminalités, qui se traduisent par l’extension de la violence en mer, dont différents trafics d’armes entre la Somalie, l’Ethiopie et le Yémen , des trafics d’êtres humains (plus de 160 000 personnes entre le Yémen et la Somalie l’année dernière) et de drogue dans l’ensemble de cette zone de l’océan Indien.

En ces matières de menaces polymorphes, la circulation des boutres locaux constitue, le plus souvent, l’arbre qui cache la forêt, à savoir des flux criminels qui empruntent d’autres vecteurs : les pavillons de commerce traditionnels et les Go-fast, des hors-bords ultra-rapides assurant des liaisons entre transporteurs principaux/secondaires et différentes têtes de ponts terrestres.

Pour les transferts d’héroïne en provenance de Birmanie et d’Afghanistan, plusieurs axes sont particulièrement observés, notamment les liaisons entre les ports pakistanais, Dubaï, Mukallah (Yémen), Kismaayo (sud-est de la Somalie), Pemba et Zanzibar. Certains de ces flux empruntent le canal du Mozambique, transitant par les côtes malgaches à destination du nord, vers Mayotte, Maurice et la Réunion, ainsi qu’en direction des ports sud-africains. Dernièrement, un trafic d’héroïne a été démantelé entre Maurice et Madagascar8.

Mais ce sont surtout les trafics d’êtres humains qui préoccupent les autorités. Là encore, plusieurs opérateurs chinois sont en cause assurant des transports clandestins de femmes malgaches exploitées comme bonnes ou esclaves sexuels en Arabie Saoudite, au Koweït, aux Emirats arabes unis et Oman. Le commissaire divisionnaire de police, Yves Rémi Andrianirinarivelo (directeur des renseignements et du contrôle de l’immigration et de l’émigration/DRCIE) auprès du ministère de la Sécurité publique multiplie en ce moment les déclarations publiques concernant le démantèlement de plusieurs filières.

A partir des régions côtières autour de l’île de Nosy Bey9 se sont développés des flux nocturnes d’immigration clandestine à destination de Mayotte ; une problématique qui requiert toute l’attention des bâtiments de la Marine nationale qui opèrent régulièrement dans la zone. Afin de lutter contre ces différentes formes de criminalité, les nouvelles autorités malgaches s’adressent de nouveau au partenaire français dans un contexte politique lié à l’avenir des îles Eparses.

DE TROMELIN AUX ÎLES EPARSES

Un traité de gestion conjointe de l’île française de Tromelin avec l’Île Maurice (signé de façon très discrète le 1er juin 2010) devait être ratifié par l’Assemblée nationale le 18 janvier 2017. Mais une campagne, dont une pétition lancée par le député du Tarn Philippe Folliot, a fait obstacle à cette ratification. Le destin de cette île française, qui mesure 1,5 km de longueur sur 0,7 km de largeur, et accueille des missions scientifiques et météorologiques, est « en effet décisif pour la sauvegarde de notre souveraineté », souligne le texte de la pétition.

Cet appel à la défense de l’espace maritime français en danger précisait en conclusion : « son amputation correspondrait à 280.000 km² de domaine maritime en moins, soit 2,8% du total de la Zone économique exclusive (ZEE) française, et presque autant que les 345.000 km² de la France hexagonale, Corse comprise (…) Ratifier cet accord reviendrait à ouvrir la porte aux revendications d’autres pays sur d’autres îles françaises dont les territoires des Terres australes ».

Dans Le Figaro du 9 janvier 2017, Philippe Folliot et la romancière Irène Frain ajoutent : « pour tout Français sensible aux intérêts de son pays, il tombe sous le sens que ce traité est inacceptable. Il est scandaleux car il cède une partie de notre territoire sans aucune contrepartie – où est notre conception de la République « Une et indivisible » ? ; dangereux car il ne mettrait pas fin aux revendications de l’île Maurice et créerait un précédent redoutable ; unilatéral et déséquilibré, le traité ne prévoyant aucune forme de réciprocité ou contrepartie pour la France, notre pays serait perdant sur tous les plans. Il saute aux yeux que la ratification de ce traité ne peut que justifier, légitimer et accroître les revendications, plus ou moins ouvertes, d’autres pays sur les autres îles françaises du secteur, dites « îles Eparses ».

Le danger d’un tel précédent est en effet palpable non seulement dans la totalité du secteur des îles Eparses et du canal de Mozambique, mais aussi ailleurs, notamment à Mayotte où la présence française est contestée chaque année à l’ONU (Comores), mais aussi à Clipperton, aux îles Matthew et Hunter au large du Vanuatu, ainsi que dans les dépendances de la Réunion et pourquoi pas demain aux Antilles et en Guyane ! « peut-on imaginer que cet exemple puisse être suivi ailleurs » soulignent encore plusieurs députés « aux Malouines, à Diego Garcia (Chagos), dans l’Antarctique, ou par n’importe quelle autre puissance maritime? En mer de Chine, peut-être ? Cette affaire met en cause gravement les intérêts futurs de notre pays, dont le statut, le développement et la richesse dépendront bientôt davantage des océans, au moment où chacun s’efforce de faire reconnaitre par la communauté internationale à l’ONU des droits maritimes enfin codifiés ».

Dans cette affaire – pour l’instant -, les députés ont eu gain de cause. Le traité franco-mauricien n’a pas été ratifié. Mais le dossier est révélateur d’une géopolitique régionale particulièrement sensible dans cette partie de l’océan Indien où les ressources en hydrocarbures du canal du Mozambique en général, et surtout dans le secteur de l’île française de Juan de Nova sont vraisemblablement aussi importantes que celles de la mer du Nord. Trois pays restent particulièrement attentifs à l’évolution du dossier de l’île de Tromelin : l’Afrique du Sud toujours prompte à dénoncer la présence « néocoloniale » de notre pays dans cette partie du monde, la Chine qui appuie en sous-main la revendication de Maurice avec l’aide de Prétoria pour consolider sa position dans cette zone riche en pétrole et gaz et Madagascar qui n’abandonne pas ses revendications sur la souveraineté des îles Eparses.

A l’appui de cette complexité régionale, plusieurs juristes du Conseil d’Etat considèrent certes l’indignation des députés comme légitime tout en estimant qu’il y aurait avantage à affiner des procédures de négociation afin d’éviter les confrontations immanquablement à venir avec l’Afrique du Sud et la Chine… La coopération relancée en matière de sauvegarde maritime avec Madagascar pourrait plaider pour une nouvelle approche d’un dossier qui n’a pas encore dit toutes ses ruses. Celui-ci est absolument vital pour l’avenir de l’espace maritime français, désormais le premier du monde…

Richard Labévière
8 avril 2019

1 Raharimanana : Revenir. Editions Payot & Rivages, mars 2018.
2 Voir aussi le beau récit de Nicolas Fargues : Rade Terminus. Editions P.O.L, janvier 2004.
3 Le PHA Tonnerre, accompagné de la FLF (Frégate légère furtive) La Fayette, ont appareillé le 24 février dernier de Toulon pour assurer la 10ème Mission Jeanne d’Arc : un déploiement opérationnel interarmées et interalliés dédié à la formation des jeunes officiers et à la coopération internationale. A bord, en plus des équipages : 130 officiers-élèves en fin de formation (79 enseignes de vaisseau dont 8 étrangers, 36 officiers sous contrat long, 8 commissaires des armées d’ancrage marine, 7 officiers étrangers invités en cursus extérieur), s’y ajoutant une cinquantaine de stagiaires présents sur de courtes périodes. Leur présence dans le canal du Mozambique permet, au passage, de réaffirmer la souveraineté française sur les îles Eparses.
4 Voir « Djibouti dans la nasse chinoise » – prochetmoyen-orient.ch numéro 224, 1er avril 2019.
5 L’ANC, le Congrès national africain a été fondé en 1912 pour défendre les intérêts de la majorité noire contre la minorité blanche. Déclaré hors-la-loi en 1960, il est légalisé le 2 février 1990 alors que l’apartheid est aboli en juin 1991. En 1994, les premières élections législatives multiraciales au suffrage universel permettent à l’ANC de conquérir le pouvoir et à Nelson Mandela son chef d’être ensuite élu président de la République sud-africaine. Depuis, L’ANC domine la vie politique sud-africaine (60-70 % des voix aux différentes élections générales de 1994, 1999, 2004, 2009 et 2014).
6 Étendue au bord du canal de Mozambique, immédiatement au nord du tropique du Capricorne, Toliara, appelée Tuléar en français, est la plus grande ville du Sud de Madagascar derrière Fianarantsoa située sur les Hautes-Terres.
7 Le 29 avril 2018, lors de la Conférence Ministérielle sur la Sécurité et Sûreté Maritime organisée à Maurice, cinq Etats de la région des Etats de l’Afrique orientale et australe et de l’océan Indien ont signé l’Accord régional de mise en place d’un mécanisme régional d’échange et de partage de l’information maritime dans l’Océan Indien Occidental dont Djibouti, Madagascar, Maurice, l’Union des Comores et les Seychelles. D’autres Etats de la région prévoient d’adhérer à l’accord régional dans un futur proche.
8 L’Express de Madagascar, 4 avril 2019.
9 Nosy Be est une île côtière de Madagascar située dans le canal du Mozambique, près des côtes nord-ouest de Madagascar. Il s’agit, avec Diego Suarez et l’Île Sainte-Marie, d’un des trois anciens établissements français qui furent associés à l’ancien territoire du royaume mérina pour former l’ancien protectorat français de Madagascar dont l’actuelle république de Madagascar reprend les frontières.

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Source : Proche & Moyen-Orient, Richard Labévière, 08-04-2019

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Commentaire recommandé

Fabrice // 09.05.2019 à 06h46

En gros ce texte reproche à la Chine de faire ce que nous avons fait depuis longtemps avec la Centrafrique, c’est plus insupportable quand ce sont les autres qui le font.

Le problème c’est comment faire pour que l’Afrique exploite correctement ses richesses avec une meilleure répartition, de celles-ci, sans qu’elle finisse entre les mains d’une poignée de corrompus, afin que la population africaine puisse vivre dignement de ses terres, sans avoir à mourir sur un navire de fortune en méditerranée en fuyant cette pauvreté et misère artificiellement provoquée dans une région du monde qui a tant de richesses naturelles !

Las je crains que nous même devions nous débarrasser de bon nombre de corrompus avant de pouvoir aider cette Afrique que nous avons laissé maltraiter.

74 réactions et commentaires

  • Fabrice // 09.05.2019 à 06h46

    En gros ce texte reproche à la Chine de faire ce que nous avons fait depuis longtemps avec la Centrafrique, c’est plus insupportable quand ce sont les autres qui le font.

    Le problème c’est comment faire pour que l’Afrique exploite correctement ses richesses avec une meilleure répartition, de celles-ci, sans qu’elle finisse entre les mains d’une poignée de corrompus, afin que la population africaine puisse vivre dignement de ses terres, sans avoir à mourir sur un navire de fortune en méditerranée en fuyant cette pauvreté et misère artificiellement provoquée dans une région du monde qui a tant de richesses naturelles !

    Las je crains que nous même devions nous débarrasser de bon nombre de corrompus avant de pouvoir aider cette Afrique que nous avons laissé maltraiter.

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    • RGT // 09.05.2019 à 08h12

      Et si de plus les habitants pouvaient réellement bénéficier des ressources de leurs pays ils ne seraient pas contraints à se vendre eux-mêmes comme esclaves corvéables à merci dans les pays “civilisés et démocratiques” pour entrer en concurrence avec les gueux locaux.

      Certains prétendront que je “relaye les discours de l’étron national mais il n’en est rien.

      Je me contente simplement de vous alerter sur ce que pourrait devenir la situation de vos enfants et petits-enfants lorsque notre propre pays sera victime de nouveaux rapaces qui s’inspireront des “bienfaits” commis par nos “élites”.

      “Élites” qui bien sûr ne seront jamais concernées par ces problèmes, car elles parviendront à bénéficier des “largesses” des futurs maîtres du monde.

      La roue tourne mais les pratiques restent les mêmes.

        +10

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    • Alfred // 09.05.2019 à 08h12

      Tout va bien jusqu’à la fin qui fait curieusement “vieille France” (à fric?) / paternaliste :
      “Las je crains que nous même devions nous débarrasser de bon nombre de corrompus avant de pouvoir aider cette Afrique que nous avons laissé maltraiter.”
      Nous débarrasser ? Pouvoir aider? Laissé maltraiter?
      Balayons devant notre propre porte et occupons nous de régler nos problèmes. Les voisins sont adultes et maîtres chez eux.

        +11

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      • Fabrice // 09.05.2019 à 08h38

        Tout simplement pour réparer les dégâts commis en neutralisant nos ressortissants et entreprise qui agissent en Afrique et contribuent à sa corruption et à sa déstabilisation (non ? Après certains viendront se plaindre de l’immigration sans chercher à empêcher ce qui en est la cause, rares sont ceux qui partent de chez eux la joie au cœur mais bon il vaut mieux fermer les yeux et ressasser les mêmes recettes qui ne fonctionnent pas)

        https://www.telerama.fr/medias/vincent-bollore-dans-le-viseur-de-reporter-sans-frontieres,n5409042.php

        https://www.h24info.ma/monde/le-milliardaire-francais-vincent-bollore-en-garde-a-vue-sur-des-soupcons-de-corruption-en-afrique/

        http://multinationales.org/Areva-contrat-tres-conteste-en

        https://bouamamas.wordpress.com/2014/11/05/total-et-de-margerie-du-petrole-et-du-gaz-couleur-de-sang/

          +13

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        • Alfred // 09.05.2019 à 09h10

          Alors nous sommes d’accord. Ballayons devant notre porte. Pour s’occuper du cas Bolloré il suffit que la justice française fonctionne en France. Pas besoin de s’ingérer en Afrique.
          Et quittons l’UE et ses partenariats inégaux.
          Faisons du protectionnisme et de la nationalisation. Que les que les africains fassent de même. Qu’ils nationalisent les mines et les ports et protègent leur agriculture. Que partout l’état soit plus fort que les oligarques.
          (Par contre vouloir “réparer les dégâts” c’est du domaine de la psychologie (la votre) pas de la politique. )

            +16

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          • Fabrice // 09.05.2019 à 09h39

            Bein tient on pille, on déstabilise et on se lave les mains du résultat à mon avis on va en entendre longtemps râler contre l’immigration. Ce laver les mains et attendre que le chaos nous atteigne n’est pas non plus viable.

            S’assurer que ces pays se reconstruisent et s’assurer des échanges équilibrés et apaisés sont le meilleur moyen de vivre en bonne entente. Faire un ou deux procès pour dissuader et prouver notre bonne fois serait un geste adéquat

            Ce n’est pas de la psychologie, c’est de la géopolitique un peu éclairée.

              +10

            Alerter
            • Alfred // 09.05.2019 à 09h49

              Vous vous rendez compte que vous êtes paternaliste à un point qui devient insultant pour les africains ? “On” ne se lave pas les mains “on” respecte autrui comme son égal. Vous avez la vue totalement embrouillée par vos préjugés envers les africains comme envers les autres commentateurs.
              On peut mettre nos corrupteurs en prison. On ne peut pas “s’assurer” que les gens font bien leurs ‘acets sans mise sous tutelle. Vous voulez mettre l’Afrique sous tutelle ?
              Soyez cohérent.

                +7

              Alerter
            • Fabrice // 09.05.2019 à 09h54

              Réparer les dégâts peuvent se faire par des annulations de dettes comme nous serons amenés à le faire pour les nôtres,

              Fournir des formations, de la logistique, des échanges culturels (et oui l’Afrique est riche aussi dans ce domaine figurez vous) … Bref de la coopération équitable.

              Les flux financiers ne sont pas l’unique moyen de réparer et plus source de corruption.

              Votre ton condescendant n’est pas à même de discuter posément, accuser de ce qui n’est pas dans mes propos n’ est pas argumenter ?.

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            • Véro // 10.05.2019 à 09h03

              Mais justement, aider l’Afrique à se développer, c’est ce que la France a toujours fait. Ce genre de motivation n’est le plus souvent qu’un prétexte. Et ce n’est pas un ou deux procès qui permettraient de prouver notre bonne foi.

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          • Fabrice // 09.05.2019 à 11h00

            aider à atténuer et réparer les conséquences :

            https://afrique.latribune.fr/think-tank/entretiens/2018-05-05/mahaman-louan-gaya-l-afrique-subit-une-pollution-petroliere-provoquee-et-entretenue-par-les-multinationales-777286.html

            https://regardssurlenvironnement.wordpress.com/2017/12/04/afrique-luranium-dareva-un-danger-pour-lenvironnement-et-la-sante-des-africains/

            Nous pouvons ajouter sur la liste des réparations à effectuer en coopérations avec les africains ces petits points que nous si “civilisés” ne savons pas faire autrement que nous en débarrasser :

            http://perseverance.mondoblog.org/2017/10/02/lafrique-poubelle-du-monde

            la liste est longue même le tourisme :
            https://billets-du-temps-perdu.blogspot.com/2013/04/les-massai-chasses-de-leurs-terre.html

            alors m’accuser le paternalisme alors que je suis lucide nous nous sommes débarrassés de nos problèmes que nous n’arrivons pas à résoudre et nous devrions les africains seuls faire face à ce que nous leur avons et continuons à leur refiler sans aide chapeau et si facile.

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            • Alfred // 09.05.2019 à 12h16

              Laisser les africains “seuls” ça veut simplement dire ne pas entretenir de relations commerciales déséquilibrées et cesser d’interférer.
              Je parle de paternalisme car je ne pense pas que vous accepteriez que les chinois parlent de vous comme vous parlez des africains. Mettez vous simplement dans les chaussures des autres.
              (Pour info j’ai habité plus de quinze dans différents pays de ce continent et j’ai travaillé pour une ONG bien connue. Les choses ne sont pas si simples que “aider et réparer”).
              Rappelez vous que “la main qui donne est au dessus de la main qui reçoit”. L’irrespect se cache derrière bien des beaux sentiments qui parfois ne servent à certains qu’à se sentir bien.
              Je vous rejoins au moins sur l’effacement de toutes les dettes.

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            • Fabrice // 10.05.2019 à 00h00

              Alfred mes propos sont détournés par votre interprétation, vous le voyez je connais un peu les maux qui rongent le continent africain.

              J’ai parlé avec beaucoup d’africains qui n’apprécient pas d’être loin de chez eux mais qui n’avaient pas le choix et qui me demandaient pourquoi l’on ne voyait pas ce qui se passait en Afrique (la réponse est évidente on ne ne veut pas savoir car cela nous arrange quitte à nous laisser berner par le mythe qui nous est servi à loisir).

              Je me suis pas mal informé sur les crimes qui sont fait et qui sont cachés par les médias et autres chargés de nous “éclairer”, corriger les erreurs du passé ou du présent ce n’est pas du paternalisme mais juste être un tant soit peu adulte et faire part de responsabilité, et aussi par lucidité car ne pas aider à construire une Afrique apaisée et viable pour ses habitants c’est voir des gens partir pour chez nous avec les drames qui en découleront pour eux et pour nous.

              Je n’ai jamais dit que cela devait se faire sur le dos ou sans l’avis des africains, ne mettez pas vos fantasmes en avant mais des arguments construits sinon vous vous comportez comme les élites actuelles qui à défaut de savoir débattre accusent leurs contradicteurs plutôt que d’argumenter.

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            • Alfred // 10.05.2019 à 13h03

              @ Fabrice. Je ne détourne pas vos propos. Nous ne sommes pas d’accord c’est différend.
              Je suis d’accord sur le fait que nous ne connaîtrons pas la paix tant que l’Afrique ne sera pas en paix et avec un différentiel économique réduit par rapport à nous. Il me tarde en vérité de voir les Africains plus riches que nous (c’est possible vu certaines ressources naturelles disponibles). Mais nous ne pouvons pas aider l’Afrique. Comme vous le fait remarquer Véro cela fait des décennies que “nous” “aidons” l'”Afrique”. Guillemets partout… Vous pourrez “aider” l’Afrique pendant encore 150 ans tant que la matrice de l’exploitation ne sera pas rompue, rien ne changera.
              (Ce n’est pas une insulte mais demandez vous pourquoi vous voulez aider l’afrique (à titre personnel); j’ai tenu votre discours dans le passé jusqu’à ce que j’ai essayé de le mette en œuvre. J’ai commencé à réfléchir le jour où je suis tombé au sud soudan, au milieu de rien sur un socle de pompe à main avec une plaque disant en gros “don d’une association danoise 1970”. Le village qu’il y avait autour avait disparu depuis très longtemps victime d’une guerre qui a fait un à deux millions de morts dans l’indifférence. Ce n’était pas la première guerre en ce lieu et depuis une autre a repris.
              Vous aiderez davantage l’Afrique en amenant la démocratie véritable en France qu’en payant des écoles ou des pompes à eau. Nous ne sommes pas obligés d’être d’accord.

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      • Cyd // 09.05.2019 à 10h43

        “Balayons devant notre propre porte et occupons nous de régler nos problèmes. Les voisins sont adultes et maîtres chez eux”

        Tout à fait d’accord, et qu’il s’occupe de leurs pauvres eux même, car nous avons toute légitimité à ne pas les accueillir

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    • Daniel // 09.05.2019 à 08h57

      La Chine ne fait pas comme la France (ou les occidentaux) : la répartition des investissements chinois en Afrique n’est pas tout à la fait la même : cela va plus sur l’investissement que sur l’exploitation des ressources.
      le cas de l’Ethiopie ou du Kenya est exemplaire pour cela.
      l’idée du projet des Nouvelles Routes de la Soie est de développer les Manufactures et les Infrastructures pour créer les conditions d’une vraie décolonisation (comme ce fut le cas lors de l’indépendance des USA, Hamilton et ses traités sur la Banque Nationale et les Manufactures l’exprime bien) permettant à chaque pays de se développer.
      en un mot, cette coopération économique “gagnant-gagnant” peut permettre d’avoir en Afrique, dans chacun des pays, un gouvernement du peuple par le peuple, pour le peuple sans interventionnisme ni ingérences des puissances étrangères (ni occidentales, ni chinoise).
      Bien sûr, ce n’est pas tout blanc ni tout noir : il y a également comme les occidentaux une continuité dans la “prédation” des ressources terrestres.
      il y a là une dynamique qui peut remettre en cause les 60 années post coloniale où rien ne s’est fait en Afrique comme le discours du président du Ghana l’a montré à Macron.
      http://www.france-rwanda.info/2017/12/discours-du-president-ghaneen-nana-akufo-recevant-son-homologue-francais-emmanuel-macron-a-accra.html

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      • Pinouille // 09.05.2019 à 09h31

        “cette coopération économique “gagnant-gagnant”…”
        Je suis étonné que l’on puisse continuer à développer un tel concept (et encore y croire) en commentaire d’un article qui décrit avec précision une réalité toute autre de la mise en œuvre de la stratégie d’expansion chinoise…

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        • Patrick // 09.05.2019 à 12h37

          Le gouvernement chinois doit assurer l’approvisionnement et les débouchés commerciaux pour 1,3 milliards d’individus, faute de quoi ça va devenir très compliqué pour lui , alors l’accord gagnant-gagnant , il s’en tamponne un peu.

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    • Sanyas // 09.05.2019 à 11h18

      Je ne pose pas le problème que traverse Madagascar, depuis 40 ans, en ces termes. Car, et avant tout, il n’est pas possible d’envisager un quelconque développement sans que les dirigeants n’endossent la notion de l’intérêt général, le bien collectif et le sens de l’éthique ; choses ignorées et non identifiés par ces derniers, étant à des années lumières des impondérables, qui ont permis à d’autres pays de ” décoller”. Alors, en vouloir aux pays tiers, à tout de go, sans diagnostic objectivant : par exemple, les clans mafieux ,ethnicisés, reignant au pouvoir depuis 50 ans.
      Bref, je suis d’origine malgache, moi-même, mais je dois avouer que ce qui s’y passe dépasse l’entendement, au vu de la complexité des équations sociétales, sociologiques, économiques……..
      A.A

        +8

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      • Patrick // 09.05.2019 à 13h42

        merci !!
        N’oublions pas que les problèmes de l’Afrique viennent en grande partie des Africains eux-mêmes.
        L’Asie aussi a été colonisée , et elle s’en sort plutôt bien.

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        • Louis Robert // 09.05.2019 à 15h06

          Il n’y a plus de France (Portugal, Grande Bretagne, etc.)-Asie.

          L’Asie (exception japonaise…) a chassé l’Empire sans merci. L’Afrique ne l’a pas fait… est encore corrompue jusqu’au trognon par les néo-colonialistes et par l’Empire dont nous sommes. « Représentants démocratiquement élus » obligent!

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        • alain maronani // 09.05.2019 à 15h15

          On a l’impression de lire la pire littérature ethnocide..Le pillage organisé par les firmes multinationales en Afrique. les Chinois, etc a été évalué à près de 450 milliards de $ par année..les investissements (pas du social) a 80 milliards de $..la faute des Africains ?

          l’Afrique est de loin le continent le plus riche en pauvreté, en richesses naturelles et en dictatures […].
          Ahmadou Kourouma

          Dictatures mises en place et soutenues par les firmes trans-nationales, les pays occidentaux (que fait la France au Sahel, au Gabon, le génocide au Rwanda..) sans oublier les minières canadiennes, Total, etc, l’Asie a été colonisée et s’en sort bien..pardon…qui ? ou ? visitez les bidonvilles de Mumbai, les slums de Djakarta, etc..des ilôts de prospérité (Singapour, Hong Kong) au milieu d’une misère massive…Il y a encore en Chine près de 700 millions de gens vivant dans des villages pauvres sans eau courante, sans le tout à l’égout…

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          • Patrick // 09.05.2019 à 16h23

            La Chne , seulement 700 millions ? alors qu’il y a quelques années c’était la totalité de la population. Donc gros progrès.
            Comparons toujours avec le point de départ , alors oui il y a encore de la misère , mais cette misère a largement reculée en % de la population. Alors il reste des bidonvilles mais une classe moyenne s’est créée entre temps dans tous ces pays et une partie notable de la population est sortie de la misère.
            Génocide en Rwanda : on a peut-être aidé un des deux camps , il n’empêche que les Hutus ont pris la décision tous seuls d’aller exterminer leurs voisins Tutsi, parce que cela permettait aux chefs de clan de faire main basse sur le pays.
            Pour un pays il y a une situation pire que d’être exploité par l’occident .. c’est de ne pas être exploité par l’occident.

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            • alain maronani // 09.05.2019 à 18h37

              Pour un pays il y a une situation pire que d’être exploité par l’occident .. c’est de ne pas être exploité par l’occident…je garde ceci en réserve…admirable.

              On va vous rappeler ..

              14 % de la population possède 80 % de la richesse et le reste 20 %
              Près de 4 milliards de la population vit avec 1 $ par jour.

              Votre large classe moyenne asiatique n’existe pas. Les 700 millions de Chinois qui n’habitent pas dans des villages misérables sont souvent exploités sans limite dans des usines dignes du 19 ième siècle…Xenjeng par exemple ou les usines de vêtements du Bangladesh (vos teeshirt pas chers…).

              C’est pour ces raisons que je m’insurge ici sur les fanatiques de la Russie et de la Chine, c’est le même bateau à la dérive, la course pour s’assurer que l’on va rester seul sur le radeau..

              Votre approbation massive de l’Asie n’est pas sans rapport a ce que me disait un ami anthropologue..les asiatiques sont mieux acceptés parce qu’ils sont quand-même un peu blanc…

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            • Patrick // 09.05.2019 à 19h44

              “Pour un pays il y a une situation pire que d’être exploité par l’occident .. c’est de ne pas être exploité par l’occident…je garde ceci en réserve…admirable. ”

              Oui , j’avais entendu ça il y a quelques années dans la bouche d’une militante tiers-mondiste ( je ne sais plus quelle ONG ) , qui rentrait d’un séjour d’étude en Afrique … complètement dépitée 🙂

              14% de la population possède 80% de la richesse ? quelle richesse ? des actions ou des obligations ? du papier , donc ce chiffre n’a aucune valeur pour le paysan du fin fond de l’Afrique. Le patrimoine d’un paysan Malgache est de quelques euros , mais ça n’a aucune importance si le gars a sa maison et son lopin de terre et qu’il peut nourrir sa famille … c’est ça sortir de la pauvreté.

              En ce qui concerne la Russie , je pense que ce pays a plus d’avenir que nous sur le moyen terme ( peu d’endettement , des réserves d’or , du pétrole , du gaz , des terres agricoles … en bref , l’essentiel face à une crise majeure ).

              Les asiatiques sont mieux acceptés grâce à leur comportement , pas à leur couleur.

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            • alain maronani // 09.05.2019 à 22h44

              14% de la population possède 80% de la richesse ? quelle richesse ? des actions ou des obligations ?

              Et la référence a une mystérieuse militante…

              Vous savez ce que sont des immobilisations, des trains, des systèmes de transport, des hopitaux, des musées… des actifs ? Pas sür…Vous connaissez la différence entre un produit financier et un bien tangible dans un bilan ?

              Derrière votre appréciation des asiatiques et de leur comportement se pointe le xénophobe…les noirs ne se comportent pas bien, c’est en filigrane dans tous vos textes…

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            • Patrick // 09.05.2019 à 22h54

              je répondais juste à ce que disait un prétendu anthropologue : ” .les asiatiques sont mieux acceptés parce qu’ils sont quand-même un peu blanc… ” 🙂

              Quand à la richesse des 14% , il n’y a pas de trains la-dedans et plus grand chose en actifs tangibles
              Et même si il y a des actifs tangibles !! si quelqu’un possède un appartement à 40 millions d’euros au centre de Paris , quel importance si j’ai ma maison et mon lopin de terre à 300.000 € en France ou la même chose qui vaut 1.000 € à Madagascar ?

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            • alain maronani // 10.05.2019 à 00h22

              Quand à la richesse des 14% , il n’y a pas de trains la-dedans et plus grand chose en actifs tangibles

              Et oui..ce qui montre que vous n’avez pas d’idée précise de ce que constitue la richesse d’une nation….le lopin de terre…Achetez-vous pour commencer, pour faire simple le petit livre de Tomas Porcher – pas un méchant zimpérialiste – Traité d’économie hérétique – Vous allez voir quand il parle de la dette et des actifs comme le tgv, les aéroports, etc…

              et puis il y a aussi plus classique Riccardo

              https://www.wikiwand.com/fr/Des_principes_de_l%27%C3%A9conomie_politique_et_de_l%27imp%C3%B4t

              Un peu compliqué mais bon courage, je suis avec vous, j’ai appris ca il y a quelque temps… un peu de lecture et vous allez saisir ce qui constitue la richesse des nations.

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            • Patrick // 10.05.2019 à 08h03

              Thomas Porcher ??? hahahahhaha
              Ricardo ? je connais , mais ce n’est pas lui qui a écrit “La richesse des Nations” , sa démonstration sur les avantages comparatifs est amusante mais un peu dépassée, essayez de comparer la France et la Chine avec ce principe , ça fait pas rire.

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    • Louis Robert // 09.05.2019 à 13h45

      Merci, Fabrice. Cette hypocrisie occidentale, bien nôtre, me fait vomir.

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  • Duracuir // 09.05.2019 à 06h58

    ‘la terre qui cambre sa croupe. ‘ l’auteur a trop lu SAS. Et tout ça pour nous dire que les Chinois, les “fumiers’ font exactement ce qu’on fait depuis 5 siècles.

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    • Sandrine // 09.05.2019 à 08h06

      Ce qui tendrait à montrer que ce n’est pas la couleur de peau du prédateur qui changera la nature du système.
      L’industrialisme et la techno-science, voilà l’ennemi.

        +6

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      • vert-de-taire // 09.05.2019 à 10h13

        Un cran plus haut : c’est quoi L’industrialisme et la techno-science ?
        Qui agit ?
        il faut une formidable puissance irresponsable : le capitalisme qui OBLIGE à gagner plus
        sous peine de se faire dévorer.

        Il s’agit d’un système contraignant à faire dès lors que l’on y est plongé.
        Et nous y sommes tous plongés malgré nous.

          +6

        Alerter
        • Marc // 09.05.2019 à 10h28

          Je suis d’accord : industrialisme et techno-science ne sont que des conséquences logiques et inévitables… du fait que le capitalisme n’est pas assez contrôlé, mais est au contraire le moteur principal du développement de notre civilisation

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          • Bouddha Vert // 09.05.2019 à 15h41

            Eduquer l’avidité de nos désirs et donc de nos consommations aurait l’avantage de contrôler le capitalisme, non?

            Je reste effaré par cette habitude à condamner sans cesse des producteurs qui ne font que répondre à une demande!
            Certes le marketing, la publicité, tentent d’orienter le sens de nos vies mais sans révolver sur nos tempes!
            Si le consommateur comprends qu’une vie sans avoir faim, ni trop froid, avec un accès à la culture suffit au bonheur, le high-tech, le tourisme de masse et la surexploitation du monde s’en trouveront amoindri.
            Si les citoyens Chinois prennent nos consommations en exemple et que cela pose problème, changeons nos consommations pour, qu’à notre échelle, elles deviennent supportable et montrent une nouvelle voie.

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            • jp // 09.05.2019 à 16h02

              “producteurs qui ne font que répondre à une demande!”
              non ils ne répondent même pas à une demande, ils créent des besoins tout en supprimant les produits simples.
              Par ex : il n’y a plus de téléphone sans box, plus de cabine téléphonique dans les lieux publics, plus de cristaux de soude pas cher en supermarché (faut acheter de la lessive), presque plus de savon solide donc des tonnes de plastique pour des gels douche, etc.
              Quant à la suppression continuelle des petites lignes de train qui obligent à avoir une voiture pour aller travailler…

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            • alain maronani // 09.05.2019 à 16h12

              Pour généraliser ce mode de consommation il faudrait que la terre soit 5 fois plus grosse qu’elle ne l’est…En fait pour limiter les conséquences dramatiques il faudrait renoncer

              Au thé, au café, avocat, fruits tropicaux, du local seulement acheter 1.5 kilos de vêtement par année, plus de voyages en avion, pas d’ordinateur individuel, etc, quelques exemples et plus de tourisme de masse (la première industrie mondiale).

              Une révolution culturelle, la remise en cause drastique, restent les gadgets style développement durable, capitalisme vert, éolliennes…voitures électriques.

              Je crois que nous nous dirigeons vers un écroulement généralisé, hypothèse que j’ai longtemps rejeté, qui sera associé à une réduction massive de la population par divers moyens (guerres, famines de masse, destruction des ecos-système). Certains auteurs parlent de moins de 1 milliard d’habitants en l’an 2100.

              Il y a un exemple historique..la guerre de Trente Ans…

              https://www.wikiwand.com/fr/Guerre_de_Trente_Ans

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              Alerter
            • Patrick // 09.05.2019 à 16h26

              scénario intéressant d’effondrement économique entraînant un effondrement de la population : http://www.deagel.com/country/forecast.aspx
              Dommage qu’ils ne développent pas plus le déroulement de leur scénario

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              Alerter
            • tchoo // 09.05.2019 à 19h34

              Il vous échappé que nous étions dans une économie d’offres. Produisons tout et n’importe quoi pourvu que ce soit pas cher et déployons un tas de stratégies pour vendre ce superflu à tous les gogos que nous sommes

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            • Patrick // 09.05.2019 à 19h46

              je préfère l’économie de l’offre ( on fournit le meilleur produit possible ) plutôt qu’une économie de la demande ( du pognon pour acheter n’importe quoi produit pas cher à l’autre bout de la planète )

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        • Sandrine // 09.05.2019 à 10h29

          Je crois malheureusement que le capitalisme n’est que le corollaires d’un système anthropologique plus vaste qui débute avec la modernité (autour du XVIIe siècle) avec le développement de la science moderne qui est essentiellement techno-science ( c’est à dire une science valorisant l’utilité pratique des découvertes et non plus seulement la contemplation de la vérité, comma c’était le cas avant depuis les Grecs).
          Le régimes socialistes comme la Chine sont à cet égard “dans le même bateau” que des régimes plus libéraux tels que ceux que nous connaissons en occident. Partout règne l’idéal managérial de l’efficacité et de l’exploitation des ressources sans autre finalité que la perpétuation de l’organisation.
          Ne vous laissez pas abuser par la couleur des drapeaux, l’esprit est partout le même.

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          • alain maronani // 09.05.2019 à 15h35

            Absolument. Je diverge sur les origines de la crise massive qui se présente. Je vous conseille de trouver le texte de Lynn White (datant de 1967) – The Historical Roots of Our Ecological Crisis – en anglais seulement. En résumé White montre que cette tendance est bien antérieure à l’explication classique et que les causes profondes sont d’origine religieuse et date celles-ci des débuts du Moyen-Age..Une publication plus récente dans la même ligne, le remarquable ouvrage de Sylvain Piron – L’occupation du monde – A noter ils sont tous les 2 des médiévistes…

            Il y a aussi le remarquable livre Kunstler – The Geography of Nowhere -. et un incontournable le livre de Robert Jaulin – La Paix blanche, Introduction à l’ethnocide – ethnocide englobant la suppression de l’ensemble des écosystèmes locaux.

            Bonne lecture loin des rugissements des fanatiques chinois locaux…

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      • Patrick // 09.05.2019 à 13h06

        Les Malgaches s’étaient bien débrouillés pour se mettre dans la mouise. Dans les années 70 , ils avaient mis en place le “socialisme scientifique” avec l’aide de l’URSS ( et peut-être des Chinois ). Le bilan a été désastreux.
        Comme m’avait dit un Malgache au début des années 80 :” avant on faisait 3 récoltes par an , maintenant on importe des brisures de riz pour manger “.

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    • Toutatis // 09.05.2019 à 08h07

      Je n’ai pas connaissance d’un pays africain complètement rasé comme le Mozambique (la “grande tache marron”), par la France au 18ième siècle par exemple…

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      • Alfred // 09.05.2019 à 08h29

        Attendez seulement. Le soleil ne s’est pas encore levé sur “the” Alain.

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        • alain maronani // 09.05.2019 à 15h54

          On peut préférer le soleil à la nuit profonde et embrumée…

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          • Alfred // 09.05.2019 à 18h05

            Sans rancune. Merci pour les Références de livres citées plus haut.

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      • Duracuir // 09.05.2019 à 11h47

        Si, si, la France fit des grosses “tâches marrons” un peu partout en Afrique, en Asie ou en Oceanie. Elle a fait aussi d’immenses trous jaune sable dans la frange sud du Sahel où elle continue à entretenir ses “roi-nègres” pour son seul intérêt. Exterminant la quasi totalité de l’agriculture vivrière pour l’intérêt de ses industriels de l’agro-alimentaire. Elle fit aussi des taches rouges sang, 150 000 Malgaches assassinés par le général Mangin vers 1900 et encore un peu plus vers 1947, ce que, pour l’instant, les Chinois ne font pas.

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        • alain maronani // 09.05.2019 à 15h53

          Vous avez oublié les enfumages dans des grottes des Marocains par le général Bugeaud et Mangin était surnommé le boucher par ses troupes…Il n’y a pas que le Sahel, le Gabon, Djibouti,etc..

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  • Ives // 09.05.2019 à 08h01

    D’accord avec les commentaires précédents. Mais il ne faut pas non plus oublier que si aujourd’hui la Chine est aussi puissante, c’est parce que depuis maintenant 40 ans, les occidentaux ont cru l’exploiter (via sa main d’œuvre bon marché). Sauf qu’en faisant çà, on leur a donné les armes qu’ils ont aujourd’hui : rattrapage technologique et moyen financier énorme.
    Alors oui, la Chine retrouve la place qui fut la sienne. Sauf que la Chine (j’y ai vécu) est un pays qui n’oublie pas l’humiliation qu’elle a subie (guerre de l’opium, concessions internationales) et l’utilise pour exacerber son nationalisme.
    A une époque où, il me semble vu les défis mondiaux, nous aurions peut-être besoin de coopération plutôt que de confrontation, je ne suis pas sûr que ce soit une bonne chose. On imagine que l’émergence de la Chine permettra de crée un monde multipolaire, je ne suis pas convaincu que ce soit ce que les dirigeants chinois aient en tête.

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    • Sandrine // 09.05.2019 à 08h14

      « Les Occidentaux » ont cru l’exploiter ».

      Il faut préciser ce que vous entendez par « les Occidentaux ». Personnellement je n’ai jamais voulu exploiter la Chine, ni même profiter de ses produits bon marché ; chaque fois que je le peux j’achète des produits non produits en Chine… mais c’est de moins en moins possible pour toute une game de produits. Et ce n’est pas une question de prix…
      Ah ça ira ça ira, les industriels à la lanterne…

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      • Marc // 09.05.2019 à 10h21

        Les délocalisations des entreprises occidentales recourant à un savoir-faire basique sont profitables à tous dans la mesure où de nouvelles entreprises sont créées utilisant un savoir-faire plus élaboré. L’Asie n’a donc pas volé la richesse de l’Occident, mais a bénéficié des investissements occidentaux. L’anomalie, c’est que les responsables politiques occidentaux ont renoncé à réguler ce processus depuis la fin de l’URSS, autorisant non seulement les transferts de technologie en raison des différences de niveau de vie entre pays, mais aussi pour échapper aux responsabilités sociales.

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      • vert-de-taire // 09.05.2019 à 10h47

        un industriel dépend de son patron.
        le patron est un financier.

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        • Sandrine // 09.05.2019 à 11h28

          La plupart du temps, ceux qui dirigent les entreprises sont en même temps ceux qui en possèdent les actions (une partie au moins, suffisamment en tout cas pour être intéressé à ce qu’elles augmentent).
          Cela concerne le top management, mais également les échelons inférieurs qui rendent l’activité du top management possible.
          De plus, dire que le responsable, “c’est la finance” est du même ordre que les dénégations de ces fonctionnaires qui ont rendu possible le fonctionnement des camps de concentration en ne faisant qu’apposer des signatures au bas de documents et qui se sont défaussé ensuite de toute responsabilité en disant qu’ils n’avaient pas voulu “ça”, qu’ils n’avaient fait qu’obéir à des ordres dont ils ne connaissaient pas la finalité pour gagner leur vie… Il est possible que certains de ces fonctionnaires ne connaissaient effectivement pas très bien la finalité des process auxquels ils se soumettaient ; les cadres des grandes multinationale, eux, en revanche, ne peuvent pas ignorer cette finalité…

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  • René Fabri // 09.05.2019 à 09h09

    “un net ressentiment antichinois est de plus en plus perceptible dans la population malgache”

    Première erreur classique, qui est de croire que la population malgache serait unie, alors qu’elle est fortement divisée.

    Deuxième erreur, qui est de croire que “le ressentiment” viendrait de la population et ne viendrait pas plutôt de manipulateurs tels que certains médias malgaches, ou certains concurrents internationaux des Chinois, parmi lesquels se trouvent sûrement des hommes d’affaires francophones qui sont gênés par ces nouveaux acteurs.

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    • Sandrine // 09.05.2019 à 09h26

      Et une troisième erreur serait de méconnaître le fait que l’epoque n’est plus à la domination politique comme ce fut le cas au siècle dernier mais au « contrôle » des populations et des marchés

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      • Alfred // 10.05.2019 à 13h05

        C’est très juste. De même que le contrôle des actifs est plus important que la richesse nominale.

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    • Patrick // 09.05.2019 à 12h53

      Francophones ? peut-être, mais pas français .

      La population malgache n’est pas homogène , elle est constituée de 17 ethnies qui n’ont pas l’air de s’apprécier outre mesure. Mais dés que l’on parle des Karanes ou des Chinois , ils se sentent tous Malgaches.

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  • Larousse // 09.05.2019 à 09h29

    Bien vu @ Fabrice,
    c’est exactement ça ouuh ouuh les méchants chinois !
    pauvre de nous , les bons Français ! trop gentils, trop naÏfs !

    et pour info
    https://arretsurinfo.ch/1947-insurrection-de-madagascar-un-massacre-colonial-oublie/

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  • Cyd // 09.05.2019 à 10h41

    Pour la corruption, il faut être 2, la Chine, laFrance snt surement coupables de corruption, mais les élites africaines, mise sous pression par leur clientele (un “chef de tribu” africain doit nourrir toute sa tribu par de dons – c’est les allocs françaises en pire) sont largement demandeuses voire initiatrice de la corruption et du pillage du pays

    https://www.francetvinfo.fr/monde/afrique/economie-africaine/la-corruption-des-elites-africaines-un-cancer-qui-tue-les-institutions-et-les-peuples_3431203.html

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    • Fabrice // 09.05.2019 à 12h01

      C’est vrai mais il faut tenir compte de la neutralisation physique de ceux qui voulaient couper les ponts (tous n’étaient pas des saints (loin de là) mais leur volonté de résister aux intérêts extérieurs) une petite liste peu reluisante que j’ai découvert en étudiant le dramatique cas “Sankara” : https://www.coupsfrancs.com/le-hit-parade-des-22-presidents-africains-assassines-par-la-france/

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      • Sandrine // 09.05.2019 à 14h19

        La volonté de »couper les ponts » ; la voilà la grande illusion de la modernité à l’origine de tant d’effondrements et de massacres.

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    • Patrick // 09.05.2019 à 12h58

      La corruption est partout, à tous les niveaux.
      Pour charger sur un bateau à Tamatave il faut soit attendre des semaines , soit savoir à qui graisser la patte.

      Annecdote : traversée de Tana vers minuit , en voiture .. rues sombres , tas d’ordures , chiens errants … et à un moment barrage de police ( ou militaires , j’ai pas bien distingué .. ). Un gars s’approche ( treillis , arme automatique ) … ” vous avez un petit café ?? ” J’ai sorti un billet de 5€ et on est reparti.

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  • Patrick // 09.05.2019 à 12h42

    “Le port maritime fait corps avec la vieille ville ” !!
    je suis allé travailler dans une usine construite à l’entrée de ce port , voilà une vision bien romantique de l’endroit… des p..tes , des soldats vautrés par terre à se gratter les c.. en faisant semblant de monter la garde et à la nuit tombée ( 18h , la nuit tombe tôt et est très sombre sous ces latitudes ) vous évitez de rentrer à pied à l’hôtel , même pour faire 300mètres.

    C’est un des endroits les plus pourris de ce pays qui est le plus pauvre du monde , rongé par la corruption à tous les niveaux, avec toujours un flic ou un militaire pour vous demander un “petit café ” , en gros un billet en Euro de préférence parce que leur monnaie locale ne vaut plus un clou.

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  • Patrick // 09.05.2019 à 12h49

    Autre souvenir de Mada : une soirée de picole en compagnie d’un gars d’une des usines où je suis allé travailler.
    Le gars se définissait comme nationaliste plutôt anti-français et anti-européen ( mais on l’emm.. sérieusement parce qu’il aimait bien bosser avec nous , on lui ruinait son nationalisme ), en résumé :
    – grosse animosité contre les Karanes ( immigrés indiens ) , installés de longue date et qui possèdent pas mal de fric et qui ont pas mal interféré dans la vie politique.
    – grosse animosité contre les chinois qui “investissent” , en fait qui prennent ce qui les intéressent au détriment des malgaches
    – grosse animosité contre les vieux français ( retraités ) qui viennent se taper des petites jeunes grâce à leur pognon.
    – grosse animosité contre les politiciens corrompus qui fricotent avec tout ce monde.

    Au niveau de la colonisation française , on peut quand même noter que la plus grande partie des infrastructures datent de l’époque française ( il existe même une RN7 le long de laquelle on peut voir des gendarmes avec des képis et des 4L !!! )

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  • Dario // 09.05.2019 à 15h42

    Il semble échapper à l’auteur que si des nombreux pays en voie de développement se sont tournés à la Chine dans ce domaine, c’est surtout pour se débarrasser de l’emprise de l’aide au développement de type occidental, justement représenté par le FMI et la Banque Mondiale !
    L’auteur ne se préoccupe non plus de démontrer comment l’endettement, per se, serait une chose négative, un enjeu crucial dans tous le dossiers de l’expansion économique chinoise dans les pays en voie de développement, ce qu’il aurait pu faire s’il examinait en détail les prospectives de croissance du pays à la suite des investissements chinois. Or, pas seulement Labévière ne le fait pas du tout, ce qui rend son argument vide par définition, mais il oublie aussi le fait élémentaire qu’il serait littéralement impossible de démarrer n’importe quelle croissance dans des pays en condition d’extrême pauvreté sans un fort endettement originaire (de où viendrait les ressources financières pour développer les infrastructures nécessaires pour une industrie manufacturière nationale?).
    Le problème n’est pas vraiment l’endettement per se mais l’engendrement des revenus nécessaires pour le repayer et soutenir la croissance.
    Ils existent pourtant des études très sérieux qui montrent comme l’aide au développement chinois en Afrique a déjà obtenu des résultats importants en termes de réduction de pauvreté et développement économique, dont je me permets de signaler aux lecteurs l’ouvrage fondamentale « The Dragon Gift » de Deborah Brautigam, experte de developpement (j’ignore si il a été traduit en français).

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    • Sandrine // 09.05.2019 à 16h11

      Le problème, c’est que le développement dont vous parlez produit déforestation, surexploitation de la mangrove, trafic d’êtres humains… Et à terme l’extension de zones impropres à la vie humaine avec son corollaire : la migration des êtres “superflus”. C’est de ça dont parle l’article de Lebévière.

      En bref, la Chine exporte son modèle de développement (elle fait pareil chez elle…) et on voit le résultat.

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  • Sanyas // 09.05.2019 à 17h09

    Vous savez, à en juger à l’aune de ce qu’ils ont subi les japonais en 1945 et les vietnamiens, les années 60-70; respectivement, largage de bombe, pluies d’agent orange par les USA, sur l’échelle de Richter de l’atrocité ces deux nations ont plus souffert que toute l’Afrique réunie. Aujourd’hui, ils caracolent devant les nations africaines et de loin !!! Car ils sont dotés de superposition d’intelligence, en faisant table rase du passé (relationship avec leurs colonisateurs, leurs bourreaux, leurs geôliers,….), ayant compris que la vraie libération c’est la maîtrise du savoir et celle de la connaissance. C’est aussi dominer le monde de demain, au lieu de pointer du doigt,en longueur de journée, la France, l’Angleterre, les USA,….. Nous, les africains, passons trop de temps à exprimer nos ressentiments envers ces “pays colonisateurs”, alors que les asiatiques ont compris ce qu’il fallait adopter comme attitude nouvelle, comme stratégie gagnante face à ces derniers. Un paradoxe, nombreux sont des ressortissants malgaches qui trouvent en France du mieux-être qu’en restant à Madagascar, et qui critiquent la France comme si elle était à l’origine de toutes les abérrations commises par les dirigeants et les malheurs subies par la majorité du peuple.
    Bon leur semble de rester en France décriée de toute part, au lieu d’aller en Chine ou ailleurs. Cynisme ,inconscience ou comportement éffronté ??? Pour terminer, aller voir les autochtones, et croyez-moi, au bas mot, 99,75% aimeraient venir construire un nouveau projet de vie, ici, en France .
    A A

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  • Glbert Gracile // 09.05.2019 à 22h08

    50 nuances de sino-phobie… on a longtemps professé que les chinois étaient des sous-hommes pauvres, incultes et bestiaux… communistes en plus… mais depuis qu’ils sont en train de nous dépasser, alors là rien ne va plus… c’est la décompensation psychiatrique… Faites un test : avec vous déjà lu un article positif d’une manière ou d’une autre sur la Chine quelque part ? Non… ben vous avez la réponse.

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  • weilan // 09.05.2019 à 23h05

    @ Gilbert Gracile: Vous avez tout à fait raison.
    Toutefois, en fouinant bien, on arrive à trouver un article positif sur la Chine:

    https://www.mondialisation.ca/la-crainte-irrationnelle-et-raciste-envers-la-chine-fabriquee-par-loccident/5318545

    http://french.peopledaily.com.cn/Chine/n/2015/0205/c31354-8846634.html

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  • christian gedeon // 10.05.2019 à 03h59

    Ils repartiront comme ils sont venus…ou pas . Il n’y a pas de quoi fouetter un chat. Ce sera la même corruption,la même exploitation..;que de l’habituel,quoi…en même temps Uber entre en bourse pour 45 dollars l’action soit en gros 80 milliards de dollars…du vent vaut 80 milliards de dollars.parce que Uber,c’est du vent,des nèfles,un vrai concept ultralibéral quoi. Quand je vous dis qu’on marche sur la tête!

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    • Aram // 10.05.2019 à 06h26

      Exactement
      Le constat de Labeviere est assez juste
      La Chine est un des prédateurs qui sont d ailleurs interchangeables, chacuns avec leur savoir-faire de prédation qui leur est propre ( France, US, …)
      Si amelioration de la situation il y aura, ( mais est ce important au vu du rechauffement climatique ? ), ce sera par un changement profond de la mentalité malgache ( notamment des elites ) : plus de pragmatisme, de collectif ect… Et moins de religion et de prières…

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  • clauzip 12 // 13.05.2019 à 17h41

    S’agissant de la France viendra bien un jour ou le parlement traitera des affaires extérieures ne laissant au président la que la signature des traités.
    Actuellement une seule personne est habilitée à signer toutes les conventions et traités,le président,ex banquier.
    Constitutionnellement il en rend compte au parlement dans les 3 mois.
    Ainsi,notre belle démocratie fait que le gouvernement gouverne par ordonnances,compte rendu dans les deux ans.
    Interieur ou exterieur le galapiat qui n’a pas osé se présenter à une élection publique gère le pays tout seul.Il est aussi le maitre d’oeuvre de la reconstruction de notre dame de Paris!
    L’assemblée nationale à la botte vote les yeux fermés tout ce qu’il lui propose.
    Dans ces conditions constitutionnelles nous n’avons rien qui puisse nous démarquer des ex colonies si ce n’est que nous avons voulu notre situation actuelle.

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  • Denis 1 // 14.05.2019 à 18h22

    Notre Chère Pays a tout fait pour mettre Mada dans la merde, ça a commencé dès la décolonisation, nos élites ont tout fait pour corrompre se pays…
    Les trafiques en tout genre existe au moins depuis cette époque.
    Ça n’aurait pas coûter si chère que ça de donner une éducation en fournissant des cadres, éviter la faillite du système économique malgache…
    J’ai connu la période ou il n’y avait que du dentifrice “colgate” chez les commerçants, rien d’autre même pas de savonnette, la chose qui m’a le plus choqué, cela c’est passé un soir à Tana, mon hotel était proche de l’ambassade de France, et de ma salle de bain je voyais l’entré coté cuisine, là en me brossant les dents, je vois une grosse poubelle reversé bouger tressauter… il n’y avait plus de chien depuis longtemps tous bouffé, intrigué je regarde la scène en attendant de voir quel animal va sortir.
    j’ai fini par voir un enfant de +- 5 ans ressortir recouvert d’aliment en décomposition.
    Depuis 40 ans, je n’ai quasiment plus jamais remis les pieds dans la capital, mais je ne crois pas que cela va mieux, je pense meme que c’est pire, en tout les cas Tamatave qui était relativement agréable à l’époque est devenu aussi un endroit extrêmement dégradé, Diégo, Nosy bé est de moins en moins sur Tuléar idem, toute les grande ville en faite.

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  • Denis 1 // 14.05.2019 à 18h22

    suite:
    Mais dans les campagnes ça va, Mada est resté Mada, les gents on appris a se débrouiller, et il le font très bien…
    Plus aucun jeune ne parle Français mis a part ceux qui travaille pur les touristes, pas l’Anglais et encore moins le chinois.
    Que les Chinois fassent pire que nous, cela semble difficile

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