La guerre d’Algérie a commencé à Sétif

Le 8 mai 1945, tandis que la France fêtait la victoire, son armée massacrait des milliers d’Algériens à Sétif et à Guelma. Ce traumatisme radicalisera irréversiblement le mouvement national.

Désignés par euphémisme sous l’appellation d’« événements » ou de « troubles du Nord constantinois », les massacres du 8 mai 1945 dans les régions de Sétif et de Guelma sont considérés rétrospectivement comme le début de la guerre algérienne d’indépendance. Cet épisode appartient aux lignes de clivage liées à la conquête coloniale.

La vie politique de l’Algérie, plus distincte de celle de la France au fur et à mesure que s’affirme un mouvement national, a été dominée par les déchirements résultant de cette situation. Chaque fois que Paris s’est trouvé engagé dans une guerre, en 1871, en 1914 et en 1940, l’espoir de mettre à profit la conjoncture pour réformer le système colonial ou libérer l’Algérie s’est emparé des militants. Si, en 1871 en Kabylie et dans l’Est algérien et en 1916 dans les Aurès, l’insurrection était au programme, il n’en allait pas de même en mai 1945. Cette idée a sans doute agité les esprits, mais aucune preuve n’a pu en être avancée, malgré certaines allégations.

La défaite de la France en juin 1940 a modifié les données du conflit entre la colonisation et les nationalistes algériens. Le monde colonial, qui s’était senti menacé par le Front populaire – lequel avait pourtant, sous sa pression, renoncé à ses projets sur l’Algérie –, accueille avec enthousiasme le pétainisme, et avec lui le sort fait aux juifs, aux francs-maçons et aux communistes.

Avec le débarquement américain, le climat se modifie. Les nationalistes prennent au mot l’idéologie anticolonialiste de la Charte de l’Atlantique (12 août 1942) et s’efforcent de dépasser leurs divergences. Le courant assimilationniste se désagrège. Aux partisans d’un soutien inconditionnel à l’effort de guerre allié, rassemblés autour du Parti communiste algérien et des « Amis de la démocratie », s’opposent tous ceux qui, tel le chef charismatique du Parti du peuple algérien (PPA), Messali Hadj, ne sont pas prêts à sacrifier les intérêts de l’Algérie colonisée sur l’autel de la lutte antifasciste.

Vient se joindre à eux un des représentants les plus prestigieux de la scène politique : Ferhat Abbas. L’homme qui, en 1936, considérait la patrie algérienne comme un mythe se prononce pour « une République autonome fédérée à une République française rénovée, anticoloniale et anti-impérialiste », tout en affirmant ne rien renier de sa culture française et occidentale. Avant d’en arriver là, Ferhat Abbas avait envoyé aux autorités françaises, depuis l’accession au pouvoir de Pétain, des mémorandums qui restèrent sans réponse. En désespoir de cause, il transmet aux Américains un texte signé par 28 élus et conseillers financiers, qui devient le 10 février 1943, avec le soutien du PPA et des oulémas, le Manifeste du peuple algérien.

Alors, l’histoire s’accélère. Les gouvernants français continuent à se méprendre sur leur capacité à maîtriser l’évolution. De Gaulle n’a pas compris l’authenticité des poussées nationalistes dans les colonies. Contrairement à ce qui a été dit, son discours de Brazzaville, le 30 janvier 1944, n’annonce aucune politique d’émancipation, d’autonomie (même interne). « Cette incompréhension se manifeste au grand jour avec l’ordonnance du 7 mars 1944 qui, reprenant le projet Blum-Violette de 1936, accorde la citoyenneté française à 65 000 personnes environ et porte à deux cinquièmes la proportion des Algériens dans les assemblées locales », écrit Pierre Mendès France à André Nouschi (1). Trop peu et trop tard : ces miniréformes ne touchent ni à la domination française ni à la prépondérance des colons, et l’on reste toujours dans une logique où c’est la France qui accorde des droits…

L’ouverture de vraies discussions avec les nationalistes s’imposait. Mais Paris ne les considère pas comme des interlocuteurs. Leur riposte à l’ordonnance du 7 mars intervient le 14 : à la suite d’échanges de vues entre Messali Hadj pour les indépendantistes du PPA, Cheikh Bachir El Ibrahimi pour les oulémas et Ferhat Abbas pour les autonomistes, l’unité des nationalistes se réalise au sein d’un nouveau mouvement, les Amis du Manifeste et de la liberté (AML). Le PPA s’y intègre en gardant son autonomie. Plus rompus aux techniques de la politique moderne et à l’instrumentalisation de l’imaginaire islamique, ses militants orientent leur action vers une délégitimation du pouvoir colonial. La jeunesse urbaine leur emboîte le pas. Partout, les signes de désobéissance se multiplient. Les antagonismes se durcissent. La colonie européenne et les juifs autochtones prennent peur et s’agitent.

Au mois de mai 1945, lors du congrès des AML, les élites plébéiennes du PPA affirmeront leur suprématie. Le programme initial convenu entre les chefs de file du nationalisme – la revendication d’un Etat autonome fédéré à la France – sera rangé au magasin des accessoires. La majorité optera pour un Etat séparé de la France et uni aux autres pays du Maghreb et proclamera Messali Hadj « leader incontesté du peuple algérien ». L’administration s’affolera et fera pression sur Ferhat Abbas pour qu’il se dissocie de ses partenaires.

Cette confrontation s’était préparée dès avril. Les dirigeants du PPA – et plus précisément les activistes, avec à leur tête le Dr Mohamed Lamine Debaghine – sont séduits par la perspective d’une insurrection, espérant que le réveil du millénarisme et l’appel au djihad favoriseront le succès de leur entreprise. Mais leur projet irréaliste avorte. Dans le camp colonial, où l’on craint de voir les Algériens rejeter les « Européens » à la mer, le complot mis au point par la haute administration, à l’instigation de Pierre-René Gazagne, haut fonctionnaire du Gouvernement général, pour décapiter les AML et le PPA prend jour après jour de la consistance.

L’enlèvement de Messali Hadj et sa déportation à Brazzaville, le 25 avril 1945, après les incidents de Reibell, où il est assigné à résidence, préparent l’incendie. La crainte d’une intervention américaine à la faveur de démonstrations de force nationalistes hantait certains, dont l’islamologue Augustin Berque (2). Exaspéré par le coup de force contre son leader, le PPA fait de la libération de Messali Hadj un objectif majeur et décide de défiler à part le 1er mai, avec ses propres mots d’ordre, ceux de la CGT et des PC français et algérien restant muets sur la question nationale. A Oran et à Alger, la police et des Européens tirent sur le cortège nationaliste. Il y a des morts, des blessés, de nombreuses arrestations, mais la mobilisation continue.

Le 8 mai, le Nord constantinois, délimité par les villes de Bougie, Sétif, Bône et Souk-Ahras et quadrillé par l’armée, s’apprête, à l’appel des AML et du PPA, à célébrer la victoire des alliés. Les consignes sont claires : rappeler à la France et à ses alliés les revendications nationalistes, et ce par des manifestations pacifiques. Aucun ordre n’avait été donné en vue d’une insurrection. On ne comprendrait pas sans cela la limitation des événements aux régions de Sétif et de Guelma. Dès lors, pourquoi les émeutes et pourquoi les massacres ?

La guerre a indéniablement suscité des espoirs dans le renversement de l’ordre colonial. L’évolution internationale les conforte. Les nationalistes, PPA en tête, cherchent à précipiter les événements. De la dénonciation de la misère et de la corruption à la défense de l’islam, tout est mis en œuvre pour mobiliser. « Le seul môle commun à toutes les couches sociales reste (…) le djihad, compris comme arme de guerre civile plus que religieuse. Ce cri provoque une terreur sacrée qui se mue en énergie guerrière », écrit l’historienne Annie Rey-Goldzeiguer (3). La maturité politique n’était pas au rendez-vous chez les ruraux, qui ne suivaient que leurs impulsions.

Chez les Européens, une peur réelle succède à l’angoisse diffuse. Malgré les changements, l’égalité avec les Algériens leur reste insupportable. Il leur faut coûte que coûte écarter cette alternative. Même la pâle menace de l’ordonnance du 7 mars 1944 les effraie. Leur seule réponse, c’est l’appel à la constitution de milices et à la répression. Ils trouvent une écoute chez Pierre-René Gazagne, chez le préfet de Constantine Lestrade Carbonnel et le sous-préfet de Guelma André Achiary, qui s’assignent pour but de « crever l’abcès ».

A Sétif, la violence commence lorsque les policiers veulent se saisir du drapeau du PPA, devenu depuis le drapeau algérien, et des banderoles réclamant la libération de Messali Hadj et l’indépendance. Elle s’étend au monde rural, où l’on assiste à une levée en masse des tribus. A Guelma, les arrestations et l’action des milices déclenchent les événements, incitant à la vengeance contre les colons des environs. Les civils européens et la police se livrent à des exécutions massives et à des représailles collectives. Pour empêcher toute enquête, ils rouvrent les charniers et incinèrent les cadavres dans les fours à chaux d’Héliopolis. Quant à l’armée, son action a fait dire à un spécialiste, Jean-Charles Jauffret, que son intervention « se rapproche plus des opérations de guerre en Europe que des guerres coloniales traditionnelles (4) ». Dans la région de Bougie, 15 000 femmes et enfants doivent s’agenouiller avant d’assister à une prise d’armes.

Le bilan des « événements » prête d’autant plus à contestation que le gouvernement français a mis un terme à la commission d’enquête présidée par le général Tubert et accordé l’impunité aux tueurs. Si on connaît le chiffre des victimes européennes, celui des victimes algériennes recèle bien des zones d’ombre. Les historiens algériens (5) continuent légitimement à polémiquer sur leur nombre. Les données fournies par les autorités françaises n’entraînent pas l’adhésion. En attendant des recherches impartiales (6), convenons avec Annie Rey-Goldzeiguer que, pour les 102 morts européens, il y eut des milliers de morts algériens.

Les conséquences du séisme sont multiples. Le compromis tant recherché entre le peuple algérien et la colonie européenne apparaît désormais comme un vœu pieux.

En France, les forces politiques issues de la Résistance se laissent investir par le parti colonial. « Je vous ai donné la paix pour dix ans ; si la France ne fait rien, tout recommencera en pire et probablement de façon irrémédiable », avait averti le général Duval, maître d’œuvre de la répression. Le PCF – qui a qualifié les chefs nationalistes de« provocateurs à gages hitlériens » et demandé que « les meneurs soient passés par les armes » – sera, malgré son revirement ultérieur et sa lutte pour l’amnistie, considéré comme favorable à la colonisation. En Algérie, après la dissolution des AML le 14 mai, les autonomistes et les oulémas accusent le PPA d’avoir joué les apprentis sorciers et mettent fin à l’union du camp nationaliste. Les activistes du PPA imposent à leurs dirigeants la création d’une organisation paramilitaire à l’échelle nationale. Le 1er novembre 1954, on les retrouvera à la tête d’un Front de libération nationale. La guerre d’Algérie a bel et bien commencé à Sétif le 8 mai 1945.

Source : Mohammed Harbi, historien, auteur, avec Benjamin Stora, de La Guerre d’Algérie, 1954-2004, la fin de l’amnésie, (Robert Laffont, Paris, 2004), pour Le Monde Diplomatique, en mai 2005.

(1) André Nouschi, « Notes de lecture sur la guerre d’Algérie », dans Relations internationales, n° 114, 2003.

(2) C’est le père du grand islamologue Jacques Berque.

(3) Annie Rey-Godzeiguer (1990), Aux origines de la guerre d’Algérie 1940-1945. De Mers El Kébir aux massacres du Nord constantinois, La Découverte, Paris, 2002.

(4) Jean-Charles Jauffret (1990), La Guerre d’Algérie par les documents. Tome I,L’Avertissement (1943-1946), Services historiques de l’armée de terre (SHAT), Paris.

(5) Redouane Ainad Tabet, Le 8 mai 1945 en Algérie, OPU, Alger, 1987, et Boucif Mekhaled, Chronique d’un massacre. 8 mai 1945, Sétif, Guelma, Kherrata, Syros, Paris, 1995.

(6) On en a eu un avant-goût dans les travaux en cours de Jean-Pierre Peyrouloux. Voir à ce propos « Rétablir et maintenir l’ordre colonial », Mohammed Harbi et Benjamin Stora, op. cit.


Sétif, Guelma, l’autre 8 mai 1945

Rappel des faits, par Hassane Zerrouky. Le 8 mai 1945, les premiers tirailleurs algériens qui débarquent du croiseur Gloire font une entrée triomphale à Alger. La presse coloniale fait sa une sur la défaite du nazisme. Le jour même, débutent les manifestations organisées par le PPA à travers les principales villes algériennes. Brandissant des drapeaux alliés, y compris celui de la France mais aussi l’emblème algérien, scandant des mots d’ordre revendiquant l’indépendance de l’Algérie, portant des gerbes de fleurs devant être déposées devant les monuments aux morts, plusieurs centaines de milliers d’Algériens répondent à l’appel du PPA.

À Sétif et Guelma, cependant, l’événement prend une tournure dramatique. Le matin du 8 mai, avant que ne débute la marche, les manifestants sont invités par les organisateurs à déposer cannes, bâtons et couteaux devant la mosquée de Sétif. Le cortège, précédé par des scouts, devait se rendre au monument aux morts de la ville pour déposer une gerbe de fleurs en hommage aux soldats algériens tombés face au nazisme. Mais c’était sans compter avec le préfet de Constantine, Lestrade-Carbonnel, qui a ordonné aux forces de police : « Faites tirer sur tous ceux qui arborent le drapeau algérien. » Le commissaire de police Lucien Olivier ne se fait pas prier : il fait tirer sur les manifestants. Les colons, organisés en milices, participent à la répression.

De pacifiques, les manifestations deviennent violentes. Elles échappent au contrôle des nationalistes, tournent à l’émeute et embrasent tout l’Est algérien. Devant l’ampleur des cortèges de Sétif, mais aussi Kherrata et Guelma, l’administration coloniale fait intervenir l’armée. Légionnaires, tirailleurs sénégalais et même des prisonniers allemands et italiens sont engagés pour réprimer la révolte : manifestants fusillés sommairement par centaines, femmes violées… L’aviation mitraille et bombarde les villages de montagne. Le croiseur Duguay-Troin qui se trouvait dans la baie de Bougie bombarde les douars de la montagne kabyle. À Périgotville, près de Guelma, on fusille tous ceux qui savent lire et écrire. À Chevreuil, Petite Kabylie, c’est par groupes de vingt que des Algériens sont passés par des armes. Des prisonniers fusillés sont jetés dans les gorges de Kherrata. Parmi eux, Rabah Hanouz, membre de la Ligue des droits de l’homme, et ses trois enfants. À son frère Lounis, juste démobilisé à son retour de France, qui faisait partie du Comité pour l’amnistie des prisonniers, le ministre de l’Intérieur, André Le Troquet, lui demande d’oublier et de tourner la page. Les dizaines de milliers de manifestants qui ont été arrêtés seront libérés suite à une campagne du PCA qui avait pourtant condamné auparavant ce soulèvement populaire.

Officiellement cette répression a fait 1 500 morts algériens et 110 européens. Mais selon le général Duval qui a organisé cette répression, il y a eu 7 500 morts. Quant au général Tubert, membre de la commission d’enquête chargée de faire la lumière sur ces événements, il avance le chiffre de 15 000. Mais selon les nationalistes algériens, elle a fait 45 000 morts. Au-delà de cette querelle des chiffres, le fait est que les manifestations du 8 mai 1945 ont été durement réprimées et que les auteurs de ce massacre relevant du crime de guerre n’ont jamais été inquiétés. Pis, le général Duval, qui a poussé le cynisme jusqu’à lire une prière à la mosquée de Constantine, déclare alors : « Je vous ai donné la paix pour dix ans. » Moins de dix ans après, le 1er novembre 1954, débutait la guerre d’Algérie !

“Ces événements-là resteront à jamais gravés dans sa mémoire. Lahcène Bekhouche avait dix-sept ans lors du soulèvement du 8 mai 1945 dans le Constantinois. « Des Algériens avaient participé à la libération de la France. En contrepartie, nous demandions la liberté et l’égalité des droits », raconte le vieil homme. Pour avoir pris une part active aux manifestations, il fut condamné à mort. Une sentence finalement commuée en peine de prison. Lahcène Bekhouche sera incarcéré pendant dix-sept ans, jusqu’à l’indépendance, en 1962. En Algérie, un 8 mai toujours à vif.”

Source : Hassane Zerrouky, pour L’Humanité.


Que s’est-il vraiment passé à Sétif en mai 1945 ?

A Cannes, et aujourd’hui encore à sa sortie, “Hors-la-loi”, le nouveau film de Rachid Bouchareb (“Indigènes”), est l’objet d’une polémique… En cause, quelques minutes au début qui évoquent le massacre de Sétif, perpétré par les forces françaises en mai 1945, qui a fait des milliers de morts et entraîné, plus tard, la guerre d’Algérie. Un sujet fort sensible, sur lequel nous avions tenté en mai d’apporter un éclairage historique. Rediffusion.

Que s’est-il passé le 8 mai 1945 ?

A l’occasion de la victoire des Alliés sur l’Allemagne nazie, à laquelle ont participé des dizaines de milliers d’Algériens, plusieurs manifestations pacifiques sont organisées par le mouvement nationaliste, dans l’Est de l’Algérie. A 300 kilomètres d’Alger, à Sétif, un cortège se dirige vers le quartier européen en portant des pancartes : « Nous voulons être vos égaux », « Libérez Messali »… (Messali Hadj, le chef du principal mouvement nationaliste, a été, peu de temps avant, arrêté et exilé au Gabon). En tête, un scout musulman brandit le drapeau algérien. La police se précipite. Un jeune homme de 26 ans, Bouzid Saâl, s’empare du drapeau et est abattu par un policier. Les forces de l’ordre tirent dans la foule, la manifestation dégénère, et les quelques milliers de personnes se retournent alors violemment et aveuglément contre les « Français » présents, en tuant une trentaine.

102 morts, côté français, seront dénombrés les jours suivants dans la région (Guelma, Kherrata, etc.). La répression, extrêmement brutale, lancée par les autorités coloniales va faire des milliers de victimes côté musulmans, jusqu’à la fin du mois de mai. Les autorités distribuent des armes aux colons, des milices sont créées. L’armée emploie les grands moyens et fait même donner l’aviation pour bombarder la zone. Un véritable massacre, s’accordent à dire les historiens, qui ont attendu une cinquantaine d’années pour faire de cette page terrible, ignorée par la République, un sujet de thèses.

La polémique sur le nombre de victimes algériennes (1 500 selon les sources officielles de l’époque, 45 000 ou plus selon les nationalistes algériens) ne divise plus guère les historiens aujourd’hui, qui, comme Annie Rey-Goldzeiguer, auteur d’Aux origines de la guerre d’Algérie, 1940-1945. De Mers-El-Kébir aux massacres du Nord-Constantinois, (La Découverte, 2001), note : « La seule affirmation possible, c’est que le chiffre dépasse le centuple des pertes européennes et que reste dans les mémoires de tous le souvenir d’un massacre qui a marqué cette génération. »

Le véritable début de la guerre d’Algérie ?
Ces massacres de mai 1945, alors que le général de Gaulle dirige à Paris le gouvernement provisoire de la République française, marquent un tournant – tous les historiens en sont d’accord –, qui engendrera radicalisation et préparation à l’insurrection des nationalistes algériens.
Les massacres de Sétif et leur cortège d’hallucinantes scènes de barbarie marquent ainsi les prémices de la guerre d’Algérie, qui démarrera vraiment le 1er novembre 1954 avec les actions armées de la « Toussaint rouge » et la création du FLN par les chefs indépendantistes, comme Ahmed Ben Bella, en rupture avec Messali Hadj, jugé trop modéré.

Les témoignages
Le tout premier documentaire sur les massacres de Sétif est l’œuvre de Mehdi Lallaoui : il date de 1995, et fut diffusé sur Arte. Avec son association Au nom de la mémoire, il a joué un rôle important pour faire connaître et reconnaître cette page d’histoire, en organisant débats, colloques et en publiant des livres commeChroniques d’un massacre, Sétif, Guelma, Kherrata (Syros /Au nom de la mémoire, 1995). D’autres documentaires suivront, mais celui-ci a eu le mérite de recueillir les témoignages des principaux acteurs, aujourd’hui disparus. Parmi eux, voici deux paroles particulièrement fortes, qui permettent de comprendre pourquoi la mémoire de ces événements, aujourd’hui encore, est à vif, de part et d’autre de la Méditerranée.

La bande-annonce de “hors-la-loi”.

Pour aller plus loin : les livres

Les premiers livres sur les massacres du 8 mai 1945, comme celui, orienté, de l’élu français d’Algérie Eugène Vallet, Le Drame algérien. La vérité sur les émeutes de mai 1945 (Les grandes éditions françaises, 291 p.) paraissent dès 1948.
Hormis quelques articles et quelques chapitres, plutôt succincts, d’historiens, il faudra attendre une cinquantaine d’années pour que les massacres de Sétif entrent vraiment dans l’histoire.

– Yves Benot, Massacres coloniaux. 1944-1950 : la IVe République et la mise au pas des colonies françaises, La Découverte, 1994 (édition de poche : 2001).
– Boucif Mekhaled, Chroniques d’un massacre. 8 mai 1945 : Sétif, Guelma, Kherrata, Syros, 1995.
– Annie Rey-Goldzeiguer, Aux origines de la guerre d’Algérie, 1940-1945. De Mers-El-Kébir aux massacres du Nord-Constantinois, La Découverte, 2001 (édition de poche : 2006).
– Jean-Louis Planche, Sétif 1945, histoire d’un massacre annoncé (Perrin, 2006),
– Marcel Reggui, Les Massacres de Guelma. Algérie, mai 1945 : une enquête inédite sur la furie des milices coloniales, La Découverte, 2006 (édition de poche : 2008).
– Jean-Pierre Peyroulou, Guelma, 1945. Une subversion française dans l’Algérie coloniale, La Découverte, 2009.

Source : Thierry Leclère et Sophie Lherm, pour Télérama, le 19 mai 2010.

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31 réponses à A Sétif, un autre 8 mai 1945

Commentaires recommandés

Van Le 08 mai 2015 à 02h07

puisque vous le dite , c’est que ça doit être vrais 😉
oui vous avez raison mais qu’est-ce que foutaient des algériens en Algérie , incroyable!

  1. KARL34 Le 08 mai 2015 à 00h41
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    et les victimes musulmanes des émeutiers?
    des versions plus équilibrées sur wikipédia
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Massacre_de_S%C3%A9tif,_Guelma_et_Kherrata
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Raymond_Duval

    au final, la France ne pouvait plus “entretenir” ses colonies, trop couteuses pour un pays en reconstruction, donc abandon malgré le fait qu’il y avait 4 fois plus d’algériens dans l”armée française que dans le FLN


  2. Davoust Pierre Le 08 mai 2015 à 01h05
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    Nous serons plusieurs, à défaut d’être nombreux, à arborer un panonceau : Je suis Sétif à la commémoration du 8 mai 1945 à Hennebont, Morbihan, demain, enfin aujourd’hui….
    Quand aux conditions dans lesquelles vont se dérouler les commémorations de la libération de la poche de Lorient… Je vous en ferai part sur mon site..
    Parce que elles confèrent au plus invraisemblable scandale…
    Je ne doute pas d’être poursuivi pour apologie du terrorisme par Le Drian… Rafale oblige !


  3. omoshiro777 Le 08 mai 2015 à 01h13
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    J’aime beaucoup votre travail et j’aimerais que vous fassiez le même travail critique que vous effectuez sur l’Ukraine avec l’histoire du conflit Algérien. La repentance que nos soit disant dirigeants nous impose depuis presque trente ans est devenue largement indigeste. Les dates de notre nation n’ont pas à être salis par les massacres commis par des politiciens n’ayant rien voulu entendre du sens de l’histoire. Les différentes républiques Françaises ont enchainés les choix les plus calamiteux et contradictoires qui soient. Les peuples, autant les Algériens que les Français ont été victimes des décisions iniques de générations de pirates de la démocratie. Les mêmes qui citent Jules Ferry ne sont bizarrement pas sensibles à son impérialisme raciste… C’est vrai, j’avais oublié le racisme est l’apanage des méchants de drooââtte 😉
    http://www.contreculture.org/AG%20Ferry.html


  4. Trololo Le 08 mai 2015 à 02h01
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    Les algériens s’en sont pris aux colons européens, notamment des femmes et des enfants, de la manière la plus atroce qui soit, les massacres de Sétif c’est le choc en retour. Comme pour Sabra et Chatila, ceci a été provoqué par des atrocités préalables dans le camp d’en face, mais le moudjahidin a la mémoire courte.

    A ma connaissance jamais personne dans la résistance française n’a éventré de femme soldat allemande ou découpé les parties génitales d’un feldgrau pour lui mettre dans la bouche.
    Certaines causes peuvent être justes mais déshonorées par les manières de se battre.


    • Van Le 08 mai 2015 à 02h07
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      puisque vous le dite , c’est que ça doit être vrais 😉
      oui vous avez raison mais qu’est-ce que foutaient des algériens en Algérie , incroyable!


      • Trololo Le 08 mai 2015 à 02h22
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        Bien sûr que c’est vrai, documentez vous un peu sur la question. Il est difficile d’avoir la vérité sur le conflit algérien, de 45 à 62. Par exemple, tout le monde parle de Charonne ou des algériens jetés à la seine par Papon mais personne ne parle du massacre de la rue d’Isly, 80 français dont de nombreuses femmes flingués à bout portant ce n’est pas rien quand même.

        Les indépendantistes algériens ont mené une guerre sale, ils n’auraient pas déparés en Ukraine au côté de pravy sector. Je m’étonne de l’amnésie de cet article, ce site m’avait habitué à mieux.
        Cela ne veut pas dire non plus que je ne trouve pas normale l’indépendance de l’Algérie, indépendance qui doit leur peser quand même vu le rythme où çà débarque ici 🙂


    • Feuille de Mars Le 08 mai 2015 à 15h02
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      @Van

      De même, que faisaient ces militaires israéliens au Liban ?

      😉


      • christian gedeon Le 08 mai 2015 à 18h15
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        Si on va dans ce sens là,que font donc tous ces arabes et musulmans sur les terres du MO à l’ Afrique du Nord et la Turquie,terres qu’ils ont conquises et colonisées,oui colonisées par ler fer le feu et le sang répandu??? hein? vous ne le saviez pas peut-être? ou alors,il y a de bonnes colonisations et des mauvaises? faut arrêter un peu d’écrire n’importe quoi!


        • Wilmotte Karim Le 08 mai 2015 à 20h05
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          “terres qu’ils ont conquises et colonisées”

          Ce que TOUT les peuples de la terre ont fait pour le territoire qu’ils occupent.
          Reste à savoir si c’est toujours légitime.

          Depuis le milieu du 20-em (8 et 9 mai 1945/Août 1945), nous avons décréter que ce type de comportement était inacceptable. Bon, il est vrai que nous ne respectons pas toujours nos propres décrets.

          Aussi, placer sur le même pied l’occupation de l’Algérie ou du Liban avec des faits s’étant produit largement avant…


  5. Louis Le 08 mai 2015 à 03h02
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    Alors les livres sur l’Afrique ou l’Algérie écrit par les historiens français c’est bien les derniers que j’irais lire … ces gens là sont dans une logique de repentance permanente, ils n’écrivent plus l’histoire pour les faits mais l’histoire au service du repentir. Je sais pas je crois qu’on doit être un peu masos de ce côté là en France …

    Et puis de toute façon tant qu’on passera notre temps à se couvrir la tête de cendre on ira jamais de l’avant. L’Algérie a besoin de tourner la page et la France aussi afin d’établir des relations saines. Arrêtons un peu la pleurniche.

    ps : Et le 8 Mai c’est aussi la libération d’Orléans par Jeanne d’Arc.


    • Samia Le 09 mai 2015 à 00h35
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      Alors commencez avec la Shoah ! Pour ça,vous vous repentez des milliers de fois par jours (et il y a de quoi),mais pour les horreurs commises sur les algériens pendant les 132 ans de colonisation,pas question ? Pour tourner la page,il faut d’abord avouer ses “erreurs” !
      A bon entendeur…


  6. couci couça Le 08 mai 2015 à 07h32
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    La révolte couvait …
    Sétif n’a pas été un coup de tonnerre dans un ciel serein :
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Massacre_de_S%C3%A9tif,_Guelma_et_Kherrata


  7. georges dubuis Le 08 mai 2015 à 09h02
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    La repentance, notamment au sujet de Sétif, interdit de construire une vraie politique franco-algérienne.

    Les nations n’ont ni amis ni ennemis éternels. Leurs intérêts présents doivent donc prendre le pas sur les tragédies qui, hier, ont pu les opposer. Cependant, il n’est possible d’aller de l’avant qu’à la condition que ne subsiste pas le non-dit, ce terreau de la repentance qui met l’un des partenaires en position de faiblesse.

    Que la situation actuelle conduise la France et l’Algérie à se rapprocher et même à construire un partenariat, notamment dans la lutte contre le terrorisme islamique et contre le « grand remplacement », pourquoi pas ? Mais que le président socialiste français décide de fonder cette nouvelle relation entre les deux pays en envoyant à Sétif, sur le chemin de Canossa, un membre de son gouvernement, est inadmissible politiquement, insupportable moralement, inconcevable historiquement.

    Pour être clair :

    1) Tant que le postulat de l’exploitation coloniale permettra aux dirigeants algériens d’expliquer leurs échecs, aucune relation solide ne pourra être construite avec la France. Gouvernée par l’ « alliance des baïonnettes et des coffres-forts », l’Algérie est en effet, de toutes les possessions françaises, celle qui reçut le plus de son ancienne métropole : de 1830 à 1962, la France l’unifia et lui offrit un Sahara qu’elle n’avait par définition jamais possédé. En 1962, elle lui légua 70 000 kilomètres de routes et 4 300 de voies ferrées, 4 ports équipés aux normes internationales, une douzaine d’aérodromes principaux, des centaines d’ouvrages d’art (ponts, tunnels, viaducs, barrages etc.), des milliers de bâtiments administratifs, d’immeubles ; 31 centrales hydroélectriques ou thermiques ; une centaine d’industries importantes dans les secteurs de la construction, de la métallurgie, de la cimenterie etc. ; des milliers d’écoles, d’instituts de formations, de lycées, d’universités, d’hôpitaux, de maternités, de dispensaires, de centres de santé etc. Sans parler d’une agriculture largement exportatrice et des hydrocarbures que ses géologues et prospecteurs avaient découverts .

    2) Tant que le mythe de l’unité de la population dressée contre le colonisateur français permettra aux satrapes qui ont fait main basse sur l’Algérie de cacher les profondes divisions du pays, rien de durable ne pourra être édifié entre Paris et Alger. En effet, entre 1954 et 1962, 200 000 Algériens combattirent dans les rangs de l’armée française (tirailleurs, spahis, harkis, moghaznis etc.), ce qui constitua des effectifs au moins quatre fois supérieurs à ceux des maquisards de l’intérieur ou des membres de l’ALN stationnés en Tunisie ou au Maroc.

    3) Tant que les nombreuses associations d’ayants-droit composées d’auto-proclamés acteurs ou héritiers de la « guerre de libération », imposeront aux historiens leur propre lecture de l’histoire, aucune vraie politique franco-algérienne ne pourra être fondée. Or, ces rentiers de l’indépendance qui forment le noyau dur du régime prélèvent, à travers le ministère des Anciens combattants, 6 % du budget de l’État algérien, soit plus que ceux des ministères de l’Agriculture (5%) et de la Justice (2%)…

    Le 19 avril 2015, Jean-Marc Todeschini, secrétaire d’État français chargé des Anciens combattants, rend hommage aux victimes algériennes du massacre de Sétif.


  8. NeverMore Le 08 mai 2015 à 09h40
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    • Christian Durante Le 08 mai 2015 à 11h43
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      Merci à NeverMore pour avoir signaler le travail de Bernard Lugan sur ce difficile sujet.
      Il reste que je suis étonné qu’un site de la hauteur de vue et de la qualité de Les-crises.fr traite d’un tel sujet uniquement à charge, sans aucune retenue !
      C’est ainsi que vous êtes tombé – volontairement ? – dans un œuvre de désinformation !

      Un comble ! Mais l’erreur est humaine.


  9. Ludovic Le 08 mai 2015 à 10h14
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    Cela fait des années que je lis des livres sur la guerre d’Algérie pour mieux comprendre le passé, je me suis rendu compte que c’est un sujet sur lequel on dit souvent n’importe quoi. Lisez donc le vieil article de Charles-Robert Ageron “Les troubles du nord-constantinois en mai 1945 : une tentative insurrectionnelle?”, ça permet de corriger la propagande grossière devenue vérité officielle…

    Rappelons que ces revendications de repentance sont apparues à l’occasion de la terrible guerre civile des années 90 qui a déchiré l’Algérie, sachant que la guerre d’indépendance est un véritable fonds de commerce pour ce régime militaro-mafieux, et que nous n’entendons rien de tel côté vietnamien…


    • Feuille de Mars Le 08 mai 2015 à 15h11
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      Bhâ ! D’un autre côté, on peut comprendre pourquoi les Algériens montrent les dents à propos de la France et pas les vietnamiens.

      Présence militaire française en asie du sud-est = 0

      En revanche, pour ce qui est de la présence militaire française en Afrique du Nord : on a bombardé la Libye, on a envahis le Mali, on va en Centrafrique pour abuser sexuellement de gamins là-bas, on donne des armes aux islamistes en Syrie qui se retrouvent juste après en Libye ou dans les mains de Boko-Harram…Avouez que pour les Algériens, la France présente toujours une menace potentielle. Après tout, un jour on sert la main de Assad ou de Kadhafi, le lendemain on arme leurs ennemis dans l’espoir qu’ils les exécutent…comment voulez-vous faire confiance à un partenaire aussi instable ? Personnellement, ce n’est pas aux Algériens qu’il faudrait payer des réparations, les Libyens auraient amplement le droit d’en réclamer à la République.

      (note : Oui, je sais, c’est pas gentil ce que je dis-là, c’est du masochisme vis-à-vis de la France…allez donc dire ça aux petits libyens qu’on a bombardé ou qui vivent désormais sous le joug des terroristes que l’on a contribué à mettre au pouvoir là-bas. Constatez la situation dans laquelle se trouve la Libye à l’heure actuelle et osez dire que l’action de la République française y a été positive).


      • Ludovic Le 08 mai 2015 à 20h30
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        Je suis bien d’accord pour l’intervention en Libye, c’était vraiment criminel, au même titre que les autres “ingérences humanitaires” du même type qu’on pratique depuis vingt ans au moins.
        Sur ce point on a vraiment réinventé le colonialisme avec le droit d’ingérence…

        Pour l’Algérie j’ai simplement remarqué que les revendications étaient liées à des questions de politique intérieure, et que donc ça n’avait rien à voir avec le souci de vérité historique. Enfin j’ai remarqué que la majorité des Algériens n’avait pas du tout ce discours de haine de la France, quand on leur parle des crimes du colonialisme ils répondent la plupart du temps “C’est du passé aujourd’hui on a d’autres problèmes”.


    • georges dubuis Le 08 mai 2015 à 15h12
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      Oui Ludovic, y sont pas musulmans là bas, pas de pleurnicheries réparations,les vietnamiens ont même payé le FMI 140 millions de dollars,seulement, pour d’anciennes dettes, bouddhisme free market oblige.
      http://www.globalresearch.ca/who-won-the-vietnam-war/172


    • Van Le 08 mai 2015 à 16h47
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      faites un voyage a setif , visites les musées et parles a la population cela faudra tout les livres que vous aurai lu sur ces événements .
      dans les interview de beaucoup de président et dignitaires algériens les événements de setif étaient une prise de conscience et le point déclencheur de la nécessité dune lutte armée , la participation d’algériens pour combattre l’Allemagne nazi au coté des français c’était marchandé de promesses des autorité française de donner un peu plus de libertés politique aux algériens .
      content de la victoire des allier les algériens sont sorti par milliers manifester leur joies , ils ont étaient réprimes le jour même 8mai 1945 avec des milliers de victimes dans toute les régions ou il y avait les mobilisation au combat en Allemagne .
      ces événements ont forgé la conviction de beaucoup d’algériens que le régime militaire français en Algérie ne negocira pas et qu’une confrontation armée était inévitable si il n’y avait pas de volonté française au dialogue .


      • Ludovic Le 08 mai 2015 à 20h33
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        Mais justement, les officiels algériens tiennent un discours de type soviétique très agaçant, démenti par les historiens la plupart du temps, lisez cet article outre l’avis de Lugan déjà cité dans les autres commentaires : http://metamag.fr/metamag-2873-8-MAI-1945-%C3%81-S%C3%89TIF–L%E2%80%99HISTOIRE-R%C3%89%C3%89CRITE.html


        • Van Le 08 mai 2015 à 22h58
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          ” les officiels algériens tiennent un discours de type soviétique très agaçant “,
          ça dépend de la perception de chacun d’être agacé ou pas , c’est surement agaçant pour une hiérarchie militaire française qui administrait l’Algérie a l’époque ou encore des membres de l’oas qui refusaient la décolonisation de l’Algérie comme ce fut le cas de la Tunisie et du maroc .
          et pour être juste il faut aussi comprendre l’agacement des algériens du discours militaire dictatorial qui frôlait l’apartheid a cette époque et leur agacement d’un colonialisme dont ils ne voyez plus la fin .


          • DLG Le 11 mai 2015 à 13h22
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            Pour ce qui est de l’administration, elle était civile et non militaire. Le Maroc fut longtemps sous admin militaire( cf Lyautey) avec pour le coup de bien meilleurs résultats aujourd’hui pour ce qui est de l’équilibre socio-politique du pays…


  10. Manant Le 08 mai 2015 à 15h19
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    “repentance” : on se gargarise de ce mot pour empêcher la reconnaissance des erreurs du passé et pour empêcher de plier une page. Et pour cause! Les Français d’Algérie qui ont grandi dans le contexte colonialiste, ont vécu ses passions et les effets des passions adverses et qui, déracinés, s’estiment spoliés et trahis, soufflent encore sur les braises et empêchent la réconciliation franco-algérienne si nécessaire pourtant à la France dont la culture fait partie intégrante de l’Algérie. Gorbatchev avait avait eu en son temps le courage de reconnaitre sans détours ni circonlocutions la responsabilité de son pays dans les massacres de Katyn en Pologne,aussitôt après la fin du régime soviétique, mettant ainsi fin à une controverse qui ne servait qu’à infecter encore plus la blessure et donc à la blessure de se cicatriser. Ceux qui, agitent le mot de “repentance” ne font, dans l’esprit de l’intervention d’Emmanuel Todd dans le post précédent, que prolonger indirectement la mentalité et la suprématie coloniales, avec la satisfaction de continuer à dominer, sinon l’Algérie, du moins la mémoire historique.


  11. MM Le 08 mai 2015 à 16h55
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    Moi, ma famille (européenne) vivait là et a failli y passer avec une bonne partie du village, ce qui a marqué ma mère à jamais. Et ceux qui y sont passé, je peux vous dire que ça n’était pas avec les recettes du docteur Guillotin. C’était un peu plus couleur locale que cela (mais Daech a bien remis au gout du jour 2-3 de ces méthodes).
    Alors l’histoire des gentils musulmans qui n’avaient rien prémédité, ca commence à me gaver. Ca et la réécriture permanente de l’histoire à nos dépens.
    Et sans le concours (entre autres) des soldats italiens -qui étaient gardés comme prisonniers chez l’habitant si j’ose dire- et l’arrivée de la légion, leur compte était bon.
    Alors merci les italiens et merci à la Légion.
    Et les autres, je ne préfère pas dire ce que j’en pense.


  12. Hannibal Genseric Le 08 mai 2015 à 19h10
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    décapitations d’indigènes – la cause du peuple
    02 oct. 2014
    Un plein baril d’oreilles… Les oreilles indigènes valurent longtemps dix francs la paire et leurs femmes, demeurèrent comme eux d’ailleurs, un gibier parfait… » (1). C’est en ces termes choisis qu’un général français racontait les exploits de ses troupes pendant la guerre de conquête de l’Algérie (2). «… Tout ce qui vivait fut voué à la mort… On ne fit aucune distinction …. sclérose d’une “caste” française vivant encore à l’âge de pierre… Ou, plutôt, à l’âge du tonneau…
    http://numidia-liberum.blogspot.com/2014/10/decapitations-darabes-la-francaise-et.html


  13. georges glise Le 09 mai 2015 à 17h17
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    en 1953, j’avais 12 ans, pour mes vacances, mes parents m’avaient placé comme berger dans une ferme de l’ardèche. la fille de la fermière avait épousé un pied-noir, avec lequel elle était venue en vacances chez ses parents. j’ai été effaré d’entendre cet homme dire: pour les arabes, ya que la trique! pour moi, dont la famille catholique avait été accueillante pour les travailleurs algériens d’un chantier voisin, dès 1947, ce fut un véritable effarement d’entendre un propos aussi brutal, 15 mois avant le début de la guerre d’algérie de novembre 1954. après, quand j’entendais parler de pieds-noirs tués, l’adolescent que j’étais ne pouvait s’empêcher de penser “ils l’ont bien cherché”.


  14. kitouni Le 09 mai 2015 à 19h06
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    C’est vraiment étrange, dès que l’on évoque le massacre des Algériens – il s’en est commis tout au long de la présence française en Algérie- les mêmes lieux communs reviennent à la charge. Déjà en 1830, pour justifier les atrocités de Blidah, ( novembre 1830) 600 femmes et enfants vieillards assassinés, on parlait déjà de violence réactive à celle “innée” des indigènes. Question: mais qui donc a obligé les Français à aller “s’encanailler” hors de leurs frontières ? Ne trouvez-vous pas bizarre qu’ aujourd’hui encore une véritable chape de plomb recouvre les enfumades de Pellissier, celles de Cavaignac et de Saint Arnaud. Ce crime de guerre dénoncé à l’époque est aujourd’hui oublié. Cela ne grandit pas la France de taire les méfaits de quelques uns de ses généraux. Voilà ce qu’écrivait en 1845, un voyageur anglais, W.Borrer qui accompagnait Bugeaud lors de l’expédition de 1843 en Kabylie : “Les Français en Afrique ont souvent été déclarés coupables, par le grand tribunal du monde, de barbaries injustifiables. Leurs expéditions et leurs razzias sont cités avec exécration. Des excès énormes et effroyables, sans raison défendable, qui nous remplissent de tristesse et de dégoût,” Triste ce que la France de Voltaire est devenue!!!!


    • Raphaël Le 11 mai 2015 à 11h54
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      Un anglais qui fait des leçons de morale sur la colonisation. Il n’y a rien qui vous choque?


  15. kitouni Le 11 mai 2015 à 12h51
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    Pourquoi vous vous obstinez dans le déni, l’aveuglement sur des faits ayant entrainé des “centaines de morts” Pourquoi refuser que la souffrance des autres se dise, s’énonce !70 ans après, vous parlez comme un milicien d’Acchiari… triste, triste . je vous imagine vieil homme, installé dans un fauteuil pur cuir en train de ruminer de vieux souvenir en regardant de vieilles photos jaunies qui vous rappellent la petite maison au bord de la route construire sur le terrain ayant appartenu aux parents de votre domestique. Comme je vous comprends, mais il faut bien raison garder: la maison au bled, est aujourd’hui habitée par un jeune couple d’Algériens qui ont oublié depuis longtemps jusqu’au nom d’Acchiari, De grâce ne leur rappelez-pas de mauvais souvenirs. Eux pensent à vous et se disent que leur pays aurait pu être différent s’il n’ y avait pas l’aveuglement de certains jusqu’au-boutistes.


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