Source : Libération, Mathieu Asselin, 10-08-2017

Exposée jusqu’au 24 septembre aux Rencontres photographiques d’Arles, l’enquête de Mathieu Asselin sur la firme américaine Monsanto est édifiante. Depuis la fabrication en 1948 d’un herbicide à base d’acide qui engendra la création de «l’agent orange», arme chimique pulvérisée sur le Vietnam, Monsanto a continué à créer des produits ultra nocifs au mépris de toute humanité.

Publicité pour Monsanto publiée après la Seconde Guerre mondiale. La firme s’impose alors comme l’un des plus grands fabricants mondiaux de caoutchouc, de plastiques, de fibres synthétiques et de phosphates. Mais surtout, elle affirme son monopole sur les PCB, dérivés chlorés du biphényle, un hydrocarbure utilisé entre autres comme conservateur alimentaire. Les PCB sont insolubles dans l’eau, très stables à la chaleur et insensibles aux acides. Pendant cinquante ans, ils vont envahir la planète

 

West Anniston, Alabama, 2012 : une maison abandonnée en raison de taux extrêmement élevés de PCB dans les environs immédiats d’une ancienne usine Monsanto. Il faut dire qu’entre 1929 et 1971, 308 000 tonnes de PCB ont été fabriquées à Anniston, et de nombreuses tonnes sont répandues dans l’atmosphère et les canalisations. 32 000 tonnes de déchets sont aussi reléguées à ciel ouvert.

Bassin de la Poca River, Virginie Occidentale, 2012 : site d’enfouissement illégal. Connue localement sous le nom de Chemical Valley, cette région fut, entre 1950 et le début des années 60, le premier producteur mondial de produits chimiques. L’usine Monsanto, située à proximité de la ville de Nitro, fut le premier développeur de l’agent orange. Les déchets étaient rejetés illégalement dans les alentours. Pendant des années, les fuites des sites d’enfouissement ont contaminé.

Source : Libération, Mathieu Asselin, 10-08-2017

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22 réponses à Monsanto : cent-dix ans de pratiques dévastatrices, par Mathieu Asselin

Commentaires recommandés

Fabrice Le 16 août 2017 à 05h58

Ce qui me laisse dubitatif c’est l’union récente entre Monsanto et Bayer. Qui évoque une étape nouvelle dans la monstruosité passé et futur car désormais l’un vous nourrit et l’autre vous “soigne” l’un fournira à l’autre de ses futurs clients ?

Question subsidiaire comment l’UE peut elle accepter que Monsanto detienne le quasi monopole des semences légalement reconnu ? Alors qu’elle combat avec tant d’acharnement les monopoles dans d’autres domaines si quelqu’un m’explique je suis preneur.

  1. Fabrice Le 16 août 2017 à 05h58
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    Ce qui me laisse dubitatif c’est l’union récente entre Monsanto et Bayer. Qui évoque une étape nouvelle dans la monstruosité passé et futur car désormais l’un vous nourrit et l’autre vous “soigne” l’un fournira à l’autre de ses futurs clients ?

    Question subsidiaire comment l’UE peut elle accepter que Monsanto detienne le quasi monopole des semences légalement reconnu ? Alors qu’elle combat avec tant d’acharnement les monopoles dans d’autres domaines si quelqu’un m’explique je suis preneur.


    • Bernard Le 16 août 2017 à 08h07
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      Monsanto Bayer c’est l’agent orange plus le zyklon B….une seule cohérence aux actes européens : l’argent. Tout ce qui fait de l’argent est bon, tout ce qui freine est à réprimer…Àprés on comprend mieux.


      • Fabrice Le 16 août 2017 à 09h00
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        oui c’est bien à cela que je faisais référence Bernard 😉 un résumé plus complet de ce qui plombe l’histoire de ces deux sociétés :

        http://www.liberation.fr/futurs/2016/05/23/bayer-monsanto-alchimie-monstrueuse_1454681


        • Fabrice Le 16 août 2017 à 17h02
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          il me revient en mémoire l’interview où un lobbyiste qui disait qu’avaler du pesticide Monsanto ne posait pas de problème jusqu’au moment où le journaliste lui dit super j’en ai justement avec moi :

          https://youtu.be/v5b-X700Khg


      • Owen Le 16 août 2017 à 10h15
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        Parce que l’UE a créé son propre système, à l’initiative de la France.

        En 1932, la profession a unifié un Catalogue national des Espèces et des Variétés, labellisant des semences reconnues fiables. Cela rassurait les agriculteurs qui voulaient éviter les semenciers peu sérieux ou malhonnêtes.

        Mais le 11 juin 1949, l’Etat (la FNSEA) a décrété que toute variété non inscrite au Catalogue est interdite au commerce. De fait, l’interdiction de vente de semences dites maintenant “paysannes” a 68 ans. Ce décret n’a pas fait grand bruit à l’époque de la reconstruction et des nouveaux horizons agricoles: mécanisation, remembrement, introduction chimique, pratiques intensives (rendement monoculturels à l’ha, au lieu de la productivité polyculturelle).
        Une démarche de Certificat d’Obtention Végétale pour faire reconnaître une nouvelle variété existe, mais elle est trop onéreuse et complexe administrativement pour un petit agriculteur. Ce sont les gros semenciers qui ont donc capté l’activité.

        Ce Catalogue des Espèces et Variétés est devenu européen, il s’impose déjà à la Turquie, candidate à l’UE.

        En Amérique du Nord, les agriculteurs sont toujours libres de croiser les semences. La méthode Monsanto de captation est le tripatouillage génétique puis la mise au brevet de semences contaminantes.
        Maintenant, c’est un jeu entre grands groupes, avec le Codex Alimentarius.


        • Chat noir Le 17 août 2017 à 14h56
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          Oui mais savez-vous que la plus grande usine Monsanto est à trebes dans l’aude, ville dans le midi du socialisme alimentaire?!


    • DUGUESCLIN Le 16 août 2017 à 16h27
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      Facile a comprendre, le premier nous fait avaler des produits empoisonnes, le deuxieme nous empoisonne pour nous guerir des produits empoisonnes, puis au total ils rajoutent des produits empoisonnes pour nous soigner de leurs produits empoisonnes.
      C’est tres rentable.


    • L'aieuil Le 17 août 2017 à 01h05
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      Franchement ça aurait pu être pire.
      Monsanto aurait pu acheter Bayer.
      Parce que certes Bayer est aussi un grand chimiquier avec tout ce que ça implique, mais Bayer reste un groupe allemand respectueux des règlements et à cheval sur les lois (qu’ils écrivent… mais ça c’est un problème de démocratie et une autre question).
      À l’inverse Monsanto a été impliqué dans des pollutions monstres, des trafics en tout genre, des opérations douteuse (on parle de l’agent orange au Vietnam mais quid des quantités phénoménale de défoliants en Amérique du sud au prétexte de lutte contre la drogue. CIA/Monsanto 2: le retour de l’alliance cauchemardesque), et des viols répétés de lois dans tous les pays du mondes (y compris aux États-Unis pourtant déjà pas trop regardants) avec peu voire pas de sanctions.


      • Bigtof Le 17 août 2017 à 20h17
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        Vous voulez dire comme Volkswagen ou les autres constructeurs allemands automobiles sur les règlementations et les normes de pollution ?


  2. Yoann Le 16 août 2017 à 07h37
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    Solutia est le nom de l’entreprise actuel responsable de tout ça.

    Monsanto c’est une boite qui contient des acquissions de Monsanto des années 80, et qui n’a pas pu changer de nom quand la boite s’est scindé en deux (d’un coté la biotechnologie, de l’autre la chimie – qui je le rappelle s’appelle Solutia).


  3. mical Le 16 août 2017 à 08h06
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    A propos de la fusion Monsanto-Bayer, lire un article de Vandana Shiva:
    http://www.tlaxcala-int.org/article.asp?reference=18923


  4. Mr K. Le 16 août 2017 à 08h26
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    Monsanto, je ne peux pas le voir en photos, enfin, presque…

    L’occasion peut-être de (re)voir le documentaire exceptionnel de Marie-Monique Robin : “Le monde selon Monsanto”.

    https://www.mariemoniquerobin.com/monsantosynopsis.html


  5. Toff de Aix Le 16 août 2017 à 08h31
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    Ce qu’on oublie aussi très souvent avec ce genre de firme, c’est la porosité entre économie et politique, qui a permis la création d’une telle entité : une multinationale qui a des ambitions hégémoniques sur le vivant.

    Cette porosité est considérée comme allant de soi aux USA, là où dans certains pays européens elle est condamnée par la justice.

    Oui, je parle de conflits d’intérêt, et non, quand je dis dans certains pays européens, je ne parle pas du nôtre, vu la ridicule loi “pour rétablir la confiance dans l’action publique” votée par les godillots macronistes à l’assemblée, et qui ‘e rétablira rien du tout car c’est une coquille vide.

    Il n’ est pas rare qu’un CEO d’une grande entreprise US, ou des membres de la direction générale, fassent la navette entre le gouvernement fédéral et son entreprise, en votant/favorisant au passage quelques lois concernant directement le secteur d’activité d’où il vient, et personne n’y trouve à redire.

    Et puis, il y a aussi le fameux lobbying…
    Sans parler des “donations” lors des campagnes électorales, où chaque candidat ira faire la retape à ce genre d’entreprises, en promettant juste ce qu’il faut comme il faut… Sachant que très souvent des budgets conséquents sont alloués par ces dernières à ce genre d’activité, sans parler que certaines donnent à tous les candidats, ce qui leur permet de gagner sur tous les tableaux..

    C’est bien la lâcheté politique et la vénalité qui font que des pieuvres comme Monsanto existent, rien d’autre.


    • olivier Le 16 août 2017 à 12h47
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      “C’est bien la lâcheté politique et la vénalité qui font que des pieuvres comme Monsanto existent, rien d’autre. »

      Pas tout à fait. Ici la lacheté est une conséquence.
      La véritable cause est que le politique est au service de l’économie alors que cela devrait être l’inverse.

      Il n’y a en réalité plus de politique, mais des facilitateurs administratifs.Tant que la société humaine ne sera vu que par le prisme unique de l’économie et de l’homo-economicus (et éventuellement de l’homo-faber) avec comme seul but de la condition humaine la recherche d’un vague bonheur matériel, vous aurez [Monsanto + Bayer + Google + Northrop Grumman Corporation (+…)] x politiques = profits(x désastres).


      • JMD Le 16 août 2017 à 17h48
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        Oui, cela résulte de la contre révolution dans les années 80 de l’idéologie néo-libérale.
        Le néolibéralisme, où l’économie de marché est un absolu, implique que la liberté économique prime sur le choix politique par une extension de la rationalité économique dans tous les domaines de la société.


        • J'écris ton nom Le 16 août 2017 à 18h29
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          Un système qui restreint les semences utilisables au seul répertoire n’est pas libéral. Ni néo, ni turbo, ni archi ni rien du tout. C’est juste un système corrompu aux mains des seuls puissants.

          Un système libéral autoriserait tout ce qui ne nuit pas à autrui, à charge pour chacun de bien informer et convaincre ses clients.


          • step Le 18 août 2017 à 10h12
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            regarde “sa majesté des mouches” qui montre bien que la tyrannie des “puissants” se niche dans la liberté du fait même de la nature humaine et l’emporte à la première occasion. Ce n’est pas la liberté qui protège de la tyrannie, mais la fraternité. Mais en sommes nous capables ?


  6. RGT Le 16 août 2017 à 09h19
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    Je propose qu’on enferme tous les dirigeants, les gros actionnaires d’industries toxiques, les lobbyistes et les “grands décideurs publics” dans les décharges de ces entreprises pendant quelques mois sans possibilité de s’échapper.

    En prévenant bien sûr ceux qui prennent leur succession qu’ils viendraient les remplacer ensuite.

    Le seul moyen de parvenir à éviter les “bienfaits” de ces produits étant pour les auteurs (ceux qui ont décidé et qui les ont aidés volontairement) de payer la dépollution intégrale et la destruction jusqu’à la dernière molécule nocive sur toute la planète.

    Le problème c’est qu’il n’y a pas assez de pognon sur toute la terre pour arriver à financer ce nettoyage et qu’au final ils se débrouilleront par faire payer le con-tribuable en engrangeant des commissions fabuleuses sur cette action “désintéressée”.

    Dans le système capitaliste, les profits son privés et les pertes socialisées, c’est gravé irrémédiablement dans le marbre de la loi.


  7. Arcousan09 Le 16 août 2017 à 09h51
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    Bof !!!
    Un jour ce qui nous sert de “gouvernement” décide de l’interdiction d’un produit.
    Si ce produit est interdit c’est qu’il présente un problème ou un danger sinon il ne le serait pas.
    Quand le dit produit est en circulation ce qui nous sert de “gouvernement” nous explique dans tous les médias à son service exclusif (presse, radio, télé) qu’il n’y aurait aucun danger …
    C’est se moquer ouvertement du citoyen.
    Quand un produit commercialisé par Monsanto/Bayer est reconnu par la communauté scientifique comme dangereux pour les abeilles, ce même genre de “gouvernement” l’interdit à juste titre mais dans 5 ans. Alors de deux choses l’une ou bien c’est toxique et “ON” l’interdit tout de suite ou bien il ne l’est pas et il n’y a pas lieu de l’interdire dans “x” années
    Tous ces faits révèlent que la pression de lobbies sur ceux qui sont censés nous gouverner est incontournable …
    Autre exemple: il y a du plutonium dans les sédiments de la Loire …. mais …. officiellement il n’y a jamais eu de fuite, jamais le nucléaire DOIT être sûr à 500%
    CQFD pour la crédibilité de nos guignols.


  8. Christian Gedeon Le 16 août 2017 à 13h05
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    La capacité de nuisance des ce genre de groupe n’ est plus à démontrer,ok…mais,Monsanto n’existe pas tout seul,si j’ose dire. Qui a arrêté d’acheter Monsanto? Quel silence…ou autre que Monsanto d’ailleurs…Au hasard Amazon, Google,Microsoft,WV, etc… Ou qui a arrêté d’acheter des jeans à trente euros? Ou de se précipiter comme un débile sur le dernier I phone? Hein?Les centaines de millions de clients de ces géants sont aussi coupable qu’eux…et ils continuent à acheter imperturbablement leurs produits.Tous les jours.


    • Meiyasou Le 17 août 2017 à 19h40
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      Moi j’ai arrêté ! Je fais mes gâteaux moi-même pour les enfants, j’achète des fruits déshydraté s en guise de bonbon => j’achète mes légumes et fruits aux agriculteurs alentours (oui c’est cool d’habiter la campagne) et j’utilise mozilla et qwant => fini google ! Malheureusement je n’ai pas d’alternative pour mon PC que je n’utilise que pour les cours de droit. J’achète aussi du savon de Marseille (le vrai) à la place dès gels douche qui ne lavent en rien la crasse bref je fais des efforts petit à petit et j’ai enlever la télé de mon salon et je lis le journal fakir, les crises, le saler francophone, chroniques du grand jeu et avant j’avais plaisir à regarder on n’est pas des pigeons … je pense qu’on peut faire des efforts petit à petit et vous verrez votre compte en banque de remplir


  9. Raoul Le 16 août 2017 à 16h22
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    Les sociétés comme Monsanto se comportent comme des être vivants. Elles ont une stratégie, un instinct de survie, un instinct de prédation extrêmement développé, un but (la recherche du profit par tous les moyens).

    On a créé ces monstres et ont leur a donné un pouvoir inimaginable, notamment des droits en tant que « personnes morales », droits dont elles abusent grâce à leurs considérables moyens financiers. Quant à leurs devoirs, on sait que la justice se montre presque toujours très tolérante…

    Si un être humain avait la psychologie d’une de ces entreprises, on serait obligé de l’enfermer car il serait jugé dangereux pour la collectivité, totalement amoral, monomaniaque, indifférent aux conséquences de ses actes.

    Il est probablement trop tard pour les contrer car elles sont devenues beaucoup trop puissantes. Certains, dans les années 60 ou 70, avaient perçu le danger, mais ils n’ont guère été écoutés. Et l’argent achète les consciences sans trop de difficultés.


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