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17.mars.202017.3.2020 // Les Crises

Nassim Nicholas Taleb : « Sans paranoïa, pas de survie ! »

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Source : Le Point, Gabriel Bouchaud, 23-02-2020

Propos recueillis par Gabriel Bouchaud

Il est difficile de présenter Nassim Nicholas Taleb en quelques lignes. Après avoir travaillé pendant vingt et un ans comme trader, un métier intrinsèquement lié au risque, il est devenu chercheur et essayiste, spécialiste mondialement reconnu des questions de probabilité, qu’elles soient philosophiques, mathématiques ou pratiques. Auteur de livres parlant de l’incertitude liée aux probabilités (Le Cygne noir, Le Hasard sauvage, Antifragile, Jouer sa peau), traduits dans 41 langues, nous avons souhaité discuter avec lui de l’épidémie de coronavirus partie de la province chinoise du Hubei. De l’impact de cette crise sur la mondialisation sur la finance à notre rapport aux évènements extrêmes et à la peur qu’il peuvent induire, voici son analyse de la situation.

Le Point : Selon vous, la crise sanitaire que l’on vit en ce moment représente-t-elle un tournant dans notre rapport à la mondialisation ?

Nassim Nicholas Taleb : Il y a bientôt treize ans, quand j’ai écrit « Le Cygne noir », j’ai constaté que la fin de l’isolement et l’explosion des canaux d’information entrainent une concentration de la richesse et du pouvoir. Cette absence d’isolement est effrayante dans le cas des maladies transmissibles, parce qu’elles peuvent se diffuser beaucoup plus rapidement. Mais l’incertitude liée à la virulence d’une épidémie majeure permet de prendre plus facilement les décisions qui s’imposent, paradoxalement. Etre alarmé par le risque de pandémie n’est pas problématique !

J’ai coécrit un article, avec Joseph Norman et Yaneer BarYam, à la demande d’un responsable de la Maison Blanche, pour expliquer la chose suivante : Les médecins sont très bons pour comprendre à l’échelle d’un individu ou d’un petit groupe, mais ne comprennent pas ce qui se passe à l’échelle d’un grand groupe. Nous avons donc préconisé de mettre une quarantaine pour les personnes ayant voyagé en Chine dans les quatorze jours précédents. Ce qu’ils ont fait quelques heures après avoir lu l’article ! Au moment où nous l’avons écrit, le 26 janvier dernier, il y avait mille cas confirmés officiellement ; à l’heure où j vous parle, trois semaines plus tard, le chiffre est officiellement de 64000; Il ne faut jamais sous-estimer les effets multiplicatifs : et surtout, il faut éviter les comparaisons bidon en déclarant, par exemple, que plus de gens sont morts dans des accidents d’auto. Les accidents d’auto ne sont pas multiplicatifs.

Mais malgré tout, ne nous inquiétons nous pas beaucoup du coronavirus par ce que c’est nouveau ? Nous nous préoccupons moins d’épidémies plus régulières comme celle de la grippe saisonnière.

Mais la différence avec la grippe saisonnière, c’est qu’on est quasiment sûr que le nombre de décès grippaux ne sera pas extrêmement important ! Pour ce nouveau virus, nous n’avons pas cette certitude. C’est toute la différence. Il faut raisonner par l’inconnu, et non par le connu. C’est une erreur grave, parce qu’on sait qu’une grippe saisonnière ne se multiplie pas comme le coronavirus , et si c’est le cas, elle est bénigne. Ce qu’on a écrit, c’est que face à un tel événement, il faut réagir pour parer au pire. C’est une nécessité.

C’est effectivement ce que vous recommandiez. C’est plus ou moins ce que le gouvernement chinois a décidé de faire. Vous pensez que c’était la bonne politique ?

Oui évidemment. Mais il aurait fallu accélérer cette politique d’isolement, et que les autres pays l’appliquent aussi.

Pourquoi ne pas paniquer pour toutes les maladies, alors ?

On a identifié les conditions dans lesquelles il faut.

Même si on panique pour rien deux fois par an, ça vaut le coup pour la fois où on paniquera avec raison.

Source : Le Point, Gabriel Bouchaud, 23-02-2020


Source : 20 minutes, David Blanchard, 13-03-2020

Le philosophe et statisticien américain Nassim Nicholas Taleb revient pour « 20 Minutes » sur la crise du coronavirus, qui entre en résonnance avec sa théorie du « Cygne Noir », mais aussi sur l’importance, selon lui, de la politique au niveau local

Propos recueillis par David Blanchard

Professeur à l’Université de New York, le philosophe et statisticien américano-libanais, Nassim Nicholas Taleb est l’auteur du Cygne Noir, la puissance de l’imprévisible, un essai vendu à plus de 2,5 millions d’exemplaires dans le monde, dans lequel il théorise la survenue d’événements rares, qu’il juge imprédictibles. Selon lui, les hommes rationalisent a posteriori ces événements ayant bouleversé leur existence. Taleb a d’abord théorisé ces événements sur les marchés financiers, avant d’élargir le concept aux événements historiques. La survenue de l’épidémie de coronavirus est vue par de nombreux commentateurs comme un « cygne noir. » Mais qu’en pense le créateur de ce concept ?

Le coronavirus est-il un « cygne noir », comme c’est envisagé dans beaucoup d’articles, à savoir un événement imprédictible qui vient bouleverser l’environnement économique ?

Non, pas à proprement parler. Le « cygne noir. » est quelque chose que vous n’avez pas envisagé, qui sort de nos modèles, qui est une surprise totale. A posteriori, on se dit que les choses étaient prévisibles. Rétrospectivement mais pas prospectivement. Le « cygne noir » est épistémique, et dépend de l’observateur. Ainsi, le 11-Septembre était un « cygne noir » pour les victimes [qui ne l’ont pas anticipé], pas pour les terroristes [qui l’ont préparé durant des mois]. Il dépend fondamentalement de l’observateur.

J’ai envisagé un tel cas dans mon livre Le Cygne Noir, ces phénomènes de concentration et le fait que le « winner takes all » (le gagnant rafle tout), dans les domaines culturels, économiques ou biologiques. Par exemple, dans le passé, il était très difficile à une entreprise comme Google d’envahir toute la planète. Maintenant, elle le fait grâce au Web. Il était pratiquement certain que quelque chose du genre arriverait par un virus, qu’un virus frapperait toute la planète.

Ce virus était prévisible, si on regardait complètement les conséquences de la mondialisation. Mais il n’y a rien à craindre de la globalisation tant que l’on connaît les effets secondaires. Le problème, c’est que les gens regardent les choses sans les effets secondaires, et ce virus, c’est l’effet secondaire de la globalisation.

Une épidémie peut être jugulée, et des plans de santé préventifs existent. Comment expliquer qu’elle désorganise autant nos sociétés ?

Le problème dans cette histoire, c’est un problème de la modernité que j’appelle le « pseudo-empirisme ». Quand les gens ne connaissaient pas la statistique, ils comprenaient la dynamique des choses. Ils savaient qu’il fallait se méfier de certaines choses, et s’ils paniquaient à tort, les coûts étaient faibles. A l’inverse, si vous ne paniquez pas alors que vous auriez dû, vous êtes morts. Des soi-disant spécialistes ne comprennent pas que l’absence de preuve n’est pas une preuve d’absence et commencent à faire des erreurs énormes, comme comparer le virus d’Ebola à celui de la malaria, alors que les variables de contagion sont très différentes. On ne peut pas de la même façon comparer la grippe au coronavirus, qui a des propriétés statistiques très différentes.

Mais des épidémies comme le SRAS auraient dû nous alerter, on n’en a rien tiré ?

Nous sommes beaucoup plus connectés qu’il y a dix ans, 20 ans ou il y a 100 ans au moment de la grippe espagnole, ou encore plus loin au moment de la peste noire. Il y a de grandes chances que cette maladie finisse comme le SRAS, mais un petit risque que cela finisse différemment. Et il y a des risques qu’il ne faut pas prendre.

Doit-on s’attendre à une réorganisation complète du monde à l’issue de cette pandémie ?

Il faut rester dans le cadre du « cygne noir ». Quand le monde est connecté, une ville n’est pas un village, un Etat n’est pas une ville. Or, l’isolement est nécessaire dans certains cas. Plus l’espace est grand, moins il y aura d’espèces au mètre carré, et plus la concentration absurde de certains risques aura lieu. Le système du confinement est la bonne réponse. Et après la pandémie, il faudra revenir à un système décentralisé, où les gens prennent des décisions localement.

Un monde moins globalisé ?

On peut aimer la mondialisation, parce qu’on aime le cosmopolitisme par exemple, ou ne pas l’aimer. Moi je l’aime, mais il faut absolument déterminer d’où les problèmes peuvent venir. Les frontières ouvertes de façon inconditionnelle sont dangereuses. Un mécanisme de prudence veut qu’on ne puisse pas regarder les effets de cette mondialisation sans regarder aussi ses effets secondaires. On doit aller vers plus de localisme, et ça commence par les communes.

Qui sera le gagnant à l’issue de cet épisode ?

Le localisme. Les communes doivent décider, comme en Suisse. Les Etats-Unis sont aussi fondamentalement localistes. En France, vous avez tout centralisé. Alors que quand vous voyez un Etat fédéral relativement incompétent comme aux Etats-Unis, les collectivités locales sont capables de palier ses incompétences. L’État, s’il fait bien, ça marche, mais sinon, ça concentre les erreurs. La tendance mondiale est de revenir au modèle de la cité-Etat. Cette maladie, le coronavirus, sera peut-être relativement facile à éradiquer, mais la prochaine sera peut-être plus grave. Le système en place doit permettre de lutter efficacement.

L’État n’est pas un niveau efficace ?

Une personne dans un village comprend les risques qui l’affectent. Une personne à Washington s’en moque complètement, de ce risque dans le village. La raison pour laquelle le localisme marche, c’est qu’il ne faut pas trop éloigner les décideurs des conséquences de leurs décisions. Le localisme distribue les décisions et les risques. L’État central doit être un coordinateur, pas un décideur.

C’est un peu ce que disent les « gilets jaunes »…Oui, les « gilets jaunes » sont localistes. Il y a des choses fausses dans ce qu’ils disent, mais là où ils ont raison, c’est que les fonctionnaires sont trop éloignés du terrain. L’État n’est pas une chose théologique abstraite. Les fonctionnaires ont une rente. Le système est centralisé, les gens qui font des erreurs restent. Nous vivons dans un monde finalement très fragile, et le phénomène de concentration accentue cette fragilité. Un système comme le nôtre va se casser et se refaire de façon plus robuste. Celui qui saura acheter de façon plus distribuée, et pas tout en Chine, saura survivre.Vous êtes un ancien trader. Quel est votre regard sur les banques : sont-elles plus solides qu’en 2008, comme l’affirme le gouvernement français ?La fragilité liée à la dette est énorme. Les Etats ont accumulé jusqu’à 20.000 milliards de dettes, et ça c’est fragilisant. Mais le sauvetage des banques s’est fait aux frais du contribuable. C’est vous qui avez sauvé les banques…
Source : 20 minutes, David Blanchard, 13-03-2020

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Téji // 17.03.2020 à 07h32

« C’est vous qui avez sauvé les banques [en 2008] » : ben oui !
et c’est nous qui allons sauver le système en 2020, c’est déjà vu…
à quel prix, humain et financier ?
je parie qu’ils nous feront de nouveau le coup du « responsable mais pas coupable », c’est tout vu aussi !
quoique… coupable, en d’autres temps, avait un sens différent !
mais non, je ne m’inquiète pas pour ces ploutocrates, qui auront une place au Val-de-Grâce ou ailleurs en cas de symptômes ! et qui, tels Fabius, continueront de nous éclairer de leurs leçons et conseils !
nous les gueux, on n’est bon qu’à payer, de nos tunes ou de nos vies…

32 réactions et commentaires

  • Berrio // 17.03.2020 à 07h20

    L’ère des magiciens et des prophètes est de retour. Le roi Manu va nous soigner par l’imposition des mains. Gantées.

      +11

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  • Téji // 17.03.2020 à 07h32

    « C’est vous qui avez sauvé les banques [en 2008] » : ben oui !
    et c’est nous qui allons sauver le système en 2020, c’est déjà vu…
    à quel prix, humain et financier ?
    je parie qu’ils nous feront de nouveau le coup du « responsable mais pas coupable », c’est tout vu aussi !
    quoique… coupable, en d’autres temps, avait un sens différent !
    mais non, je ne m’inquiète pas pour ces ploutocrates, qui auront une place au Val-de-Grâce ou ailleurs en cas de symptômes ! et qui, tels Fabius, continueront de nous éclairer de leurs leçons et conseils !
    nous les gueux, on n’est bon qu’à payer, de nos tunes ou de nos vies…

      +51

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    • Daniel // 17.03.2020 à 15h02

      Le Coronavirus est le déclencheur de la 2ième phase du krack financier de 2008. En effet, on est dans la continuité car rien n’a été fait pour changer de paradigme à ce moment, et au contraire, des mesures comme les prêts à taux négatifs ont fragilisés et accru les risques vis-à-vis de l’économie des gens.

      Pour limiter les impacts du krach financier,
      il faut mettre en place un confinement intégral des activités spéculatives (séparation bancaire),
      suivi du nettoyage des dettes non reliées à une activité physique (annulation des dettes)
      Enfin, un système financier sain doit se construire (Nouveau Bretton Woods)
      où chaque Etat émet du Crédit à destination des projets pour les gens et la Terre. (contrôle de l’émission monétaire par les Etats à destination de l’économie physique)
      L’esprit de ces actions est de sauver les gens et réorganiser les banques pour en faire un outil d’aménagement du territoire cf https://manifeste2020.fr/

        +16

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      • Chris // 17.03.2020 à 17h14

        Vous oubliez l’interdiction des ventes à découverts, du trading haute fréquence.
        Il convient de nationaliser les banques en difficulté au lieu de les abreuver au QE, LTRO et autres REPO.

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      • Renard // 18.03.2020 à 00h17

        « L’homme se délivre du désert par la famille, du sauvagisme par la possession du sol, de la barbarie par la cité, de l’idolâtrie par la science, de la monarchie par les révolutions, du parasitisme par la propreté.

        La dernière opération de la civilisation triomphante est un nettoyage. Sa politique finit par l’hygiène. »

        Victor Hugo, Proses philosophique, La Civilisation

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  • LBSSO // 17.03.2020 à 07h58

    Ah bon ?

    « En France, vous avez tout centralisé »
    Ah bon ?Encore un poncif

    « La raison pour laquelle le localisme marche, c’est qu’il ne faut pas trop éloigner les décideurs des conséquences de leurs décisions »
    Oui ,surtout quand il permet de préserver les intérêts locaux et l’entre-soi.

    « les collectivités locales sont capables de palier ses incompétences [de l’Etat] »
    Le clientélisme local n’existerait donc pas ? Pas d’incompétents les municipalités ?

    « Une personne dans un village comprend les risques qui l’affectent »
    Depuis 3 semaines on me dit à chaque fois dans les villages :« qu’est-ce que tu racontes @LBSSO, on est tranquille ici on est pas les uns sur les autres » .

    Puisque Nassim Nicholas Taleb est pour le localisme qu’il commence à admettre que chaque nation a « localement » sa propre histoire politique.De plus, si le modèle de pensée dominant, promu est la prédominance de l’économie (au sens où l’on l’entend aujourd’hui ) ,il dépasse la géographie.Il influence nos choix : villageois ou urbains.Les réseaux techniques,anciens et nouveaux, qui véhiculent ce modèle dominant atteignent nos cerveaux et n’épargnent pas le village.

    ps: je partage l’autre partie de ses entretiens.

      +20

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    • gotoul // 17.03.2020 à 10h18

      D’après ce que j’ai compris, le localisme c’est plutôt au niveau du département, de la région, de la grande ville, de l’agglo … mais pas du village.Bonne journée

        +3

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    • Jean D // 17.03.2020 à 12h24

      « Le localisme distribue les décisions et les risques. L’État central doit être un coordinateur, pas un décideur. »
      Cela se vérifie : https://www.youtube.com/watch?v=1s38S4XznKE

      Au lieu d’agir localement l’Etat français, fidèle à son idéologie de république 1 & indivisible, a réagi à la pandémie à l’échelon du territoire national (et avec retard). Après coup il paraît aberrant de ne pas avoir confiné les populations de l’Est du pays beaucoup plus tôt, dès le « cluster » de Mulhouse signalé. Résultat : les services hospitaliers locaux sont débordés.

      Dans le système fédéral allemand, les décisions de confinement sont prises progressivement landers après landers. Les responsables semblent prendre des décisions plus fines, et concernant une population bien plus disciplinée (= ils traversent sur les clous, pas besoin de mettre un policier derrière chaque allemand)

        +5

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  • Ouran // 17.03.2020 à 08h02

    Étrange mélange de mondialisme et de souverainisme, du moins par les mots employés par cet essayiste. Veut-il nous dire qu’internationalisme et souverainisme ne sont pas incompatibles ? Dans ce cas il découvre l’eau tiède. Mais s’il pense que la globalisation mondiale actuelle peut s’accommoder du localisme (cf. Notre Dames des Landes, Bure etc…), je pense qu’il se trompe lourdement sur la nature et les motifs économiques et donc géopolitiques des puissances néolibérales qui l’engendrent et la promeuvent.

      +14

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  • calal // 17.03.2020 à 08h18

    La raison pour laquelle le localisme marche, c’est qu’il ne faut pas trop éloigner les décideurs des conséquences de leurs décisions »

    Il faut que les decideurs soient responsables de leurs decisions et qu’ils en paient le prix en cas d’echec.rien a voir avec la distance.
    Pas d’autorite sans responsabilite.Pas de responsabilite sans autorite.
    Celui qui paie la facture decide. Et celui qui decide doit payer la facture.
    « skin in the game » c’est aussi un bouquin de taleb.

      +12

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    • Papagateau // 17.03.2020 à 11h27

      Oui, plutôt que la taille de l’organisation , c’est la responsabilité sur ses biens du dirigeant qui fait la démocratie.
      Mais il faut aussi que le dirigeant qui paie soit le dirigeant réel. Les structures du pouvoir sont plus complexes : qui fait élire l’élu, qui l’aide à maintenir sa popularité ?
      Les médias nationaux et internationaux, y ont leur part. Donc les milliardaires qui possèdent ces médias (les autres n’en possèdent pas).
      Trop petit, le village ne peut pas avoir le même nombre d’experts à plein temps que le conglomérat mondial.
      Trop gros , et le seul point commun est l’existence de l’homme et du respect du contrat privé (alias respect des différences).

        +2

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    • Chris // 17.03.2020 à 17h17

      Là, vous proposez la démocratie directe, telle qu’exercée en Suisse… pour autant que les traités internationaux qui prévalent sur le droit suisse, n’empiètent sur les décisions locales.

        +1

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  • J // 17.03.2020 à 08h53

    Je ne comprends pas ce titre, « Sans paranoïa pas de survie », puisque le mot même de paranoïa n’apparait plus nulle part dans les articles. Si on prend le terme au sens psychopathologique strict, ça n’a pas de sens. Si c’est au sens plus large et plus vague, il faudrait préciser.

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    • Marc // 18.03.2020 à 07h50

      Moi aussi j’ai tiqué sur ce titre
      Il s’agit selon moi d’un abus de langage, ce n’est pas à la paranoïa que l’auteur pensait
      La paranoïa est consommatrice d’énergie est elle est un frein à la survie
      La paranoïa c’est la peur, c’est mental, psychologique et cela tend à être paralysant, la solution contre cela est l’action
      Il y a différentes façons de voir la réalité, et les infos des medias bien sûr, mais considérer qu’il y a des risques et des dangers quelque part n’est pas forcément de la paranoïa, si la sérénité reste présente

        +0

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  • chr bernard // 17.03.2020 à 09h30

    J’ai lu en son temps, son « Cygne Noir ».
    J’y ai trouvé un cortège de lieux communs, des redondances, un infini narcissisme de l’auteur et sa détestation de la France et de sa culture…
    Il est d’origine libanaise mais est devenu un pur produit américain.
    Le contenu de cette interview confirme mon sentiment : un penseur en carton pâte qui doit sa réputation d’intelligence à sa capacité à faire fortune : très américain vous dis-je !

      +17

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    • LibEgaFra // 17.03.2020 à 09h53

      « J’ai lu en son temps, son « Cygne Noir ».
      J’y ai trouvé un cortège de lieux communs, des redondances, un infini narcissisme de l’auteur et sa détestation de la France et de sa culture… »

      C’est surtout d’une prétention infinie.

        +0

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      • chr bernard // 17.03.2020 à 10h07

        On est bien d’accord (« un infini narcissisme de l’auteur ») ; il ne cache pas non plus un appétit presque indécent pour l’argent.
        Fait rare, je n’ai pas lu les 80 dernières pages.

          +5

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    • Ouran // 17.03.2020 à 12h17

      @ chr bernard : C’est en effet l’impression que produit ce discours et cette « pensée  » de bazar prétendant dépasser les antagonismes politiques ce qui n’empêche pas l’auteur de se sentir à l’aise dans la globalisation… D’autres ont prétendu au même genre de transcendance au nom de la Complexité (abâtardissant vulgairement la théorie, discutable, d’Edgar Morin) et de l’empirisme, entre autres Sarkozy et Macron, pour finalement justifier tout, n’importe quoi et leur contraire (« en même temps ») dès lors que cela le système dominant y trouve son compte.

        +5

      Alerter
  • Françoise // 17.03.2020 à 10h02

    Les banques devaient être ouvertes jusqu’à mardi midi au moins ?
    Message hier, fin d’après midi pour dire qu’elle sera fermée et qu’il faut téléphoner avant.
    Bizarre

      +1

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  • Santerre // 17.03.2020 à 10h06

    Cette apologie du localisme me laisse pantois, a énormément de trous dans le raisonnement, et me fait douter très sérieusement du sérieux et de l’objectivité de cette personne autant qu’elle m’interroge sur ses partis pris ideologique. Si la perception d’un danger va plus vite que le voisinage, chaque échelon local agira trop tard. L’efficacité du localisme US dont parle ce monsieur, on l’a vu à l’oeuvre pour Katarina et Puerto Rico…. Non décidément non, je n’adhère pas du tout au propos. A prendre avec gants et pincettes

      +5

    Alerter
    • chr bernard // 17.03.2020 à 10h32

      Nous sommes coincés entre les idéologues européano-mondialistes (ah ! que ne lis-je pas ces jours-ci, pour déplorer que les Etats aient pris de court nos bienveillants dirigeants eurocratiques) et un discours localiste.
      (Preuve s’il en est, du caractère actuellement indépassable du moyen terme que constituent les Etats !)
      Quant à Taleb, il est les deux à la fois .. ‘en même temps’… décidément, c’est la posture à la mode chez les mondialistes.

        +4

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      • Calal // 17.03.2020 à 10h49

        Quand un néolibéral parle de  » en même temps » et de  » win win » ,de  » gagnant gagnant », il faut traduire ça en  » si tu me crois,je pourrai avoir le beurre et l’argent du beurre ».

          +9

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        • pécouse // 17.03.2020 à 17h14

          Calal // 17.03.2020 à 10h49
          « je pourrai avoir le beurre et l’argent du beurre ».

          et le derche de la fermière

            +1

          Alerter
      • Santerre // 17.03.2020 à 11h23

        Mais les mondialistes sont tout naturellement europeistes ET localistes. Sus à cet état nation maudit qui ose s’opposer à l’Open society et au renard libre dans le poulailler libre. Le localisme est le rêve absolu du ploutocratie. Et il paye cher ses larbins intello médiatiques pour promouvoir l’idée.

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        • chr bernard // 17.03.2020 à 11h31

          Exact ! D’où l’appui obstiné des Eurocrates pour les langues régionales qui sapent les langues nationales par le bas, pendant qu’elles sont écrasées par le haut, par l’anglais, langue liturgique du culte de l’argent libre-circulant.

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        • Papagateau // 17.03.2020 à 11h37

          Promotion du Localisme pour la démocratie, mais « en même temps » , promotion des entreprises multinationales voire en monopole mondial.
          Cherchez l’erreur.

            +6

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    • Ouran // 17.03.2020 à 12h29

      @ Santerre : en effet, on ne comprend pas bien quelles réalités géo-socio-éco-politiques recouvre son « localisme ». Micro-fédéralisme ? Décentralisation ? Démocratie « participative » façon suisse ? Structures territoriales plus ou moins autonomes ? etc. Je ne pense pas, d’après la teneur et du discours, qu’il s’agisse d’entités locales populaires démocratiques et autogestionnaires à compétence RIC.

        +4

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  • jjcoldman // 17.03.2020 à 11h49

    Enfin.
    L’Europe de Schengen ferme les frontières extérieures.
    Cela évitera que les européens aillent contaminer les autres régions du monde, Chine comprise ?
    C’est pas un tout petit peu à contre-temps peut-être ?
    Charlots

      +3

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  • Berrio // 17.03.2020 à 12h59

    Plutôt que perdez son temps à lire le livre de ce monsieur, et comme on va avoir le temps de se cultiver, je vous conseille d’acheter le dvd du film Z, enfin le télécharger😇😇, dans lequel on voit les colonels grecs prendre le pouvoir sous prétexte de lutter contre les virus

      +5

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    • vert-de-taire // 18.03.2020 à 09h41

      « film Z … dans lequel on voit les colonels grecs prendre le pouvoir sous prétexte de lutter contre les virus »

      DE la vigne !
      « tout comme le mildiou .. »

      Beau rappel.
      De l’action de l’Empire si souvent à l’oeuvre contre le grand satan soviétique
      et autres émancipations des populations comme on l’a vu et revoit encore et toujours en amérique latine.

        +0

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  • Bats0 // 17.03.2020 à 15h09

    Difficile de se faire une bonne opinion, et encore plus lorsqu’on écoute un spécialiste.
    Coronavirus, analyse des données épidémiques dans le monde : diagnostiquer doit être la priorité :
    https://www.youtube.com/watch?v=K7g4WKoS_6U
    Mais à quoi joue notre gouvernement ? Apparemment faire de nouveau PCR (des milliers) ce n’est pas compliqué, et on aurait les outils pour le faire :
    https://youtu.be/K7g4WKoS_6U?t=288

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  • Jérôme // 18.03.2020 à 13h46

    C’est quand-même impressionnant de lire autant de lieux communs en si peu de mots. Cet énergumène est présenté comme professeur à l’Université de New York, philosophe et statisticien américano-libanais…
    A lui tout seul, il détruit le mythe du professeur instruit qui pèse ses mots et qui parle avec humilité sans se croire inventeur de concepts philosophiques nouveau.
    Jean-claude Vandamme et notre ministre du travail me semblent bien plus précis dans leurs propos. Je crois qu’en anglais, cela s’appelle du Bullshit…

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