Les Crises Les Crises
21.février.202321.2.2023 // Les Crises

Noam Chomsky : L’insurrection de l’extrême-droite au Brésil fait écho à l’assaut du Capitole américain

Merci 102
J'envoie

Ces deux cas révèlent à quel point les démocraties représentatives sont devenues fragiles, et il se peut que nous ne soyons qu’au tout début de tels événements.

Source : Truthout, C.J. Polychroniou , Noam Chomsky
Traduit par les lecteurs du site Les-Crises

Des partisans de l’ancien président brésilien Jair Bolsonaro envahissent le palais présidentiel de Planalto à Brasília, le 8 janvier 2023. SERGIO LIMA / AFP VIA GETTY IMAGES

L’émeute et l’insurrection de droite menées le 8 janvier par les partisans du président sortant du Brésil, Jair Bolsonaro, viennent fortement faire écho à l’attaque du 6 janvier contre le Capitole américain par les partisans de Trump. Comme cette dernière à Washington, l’insurrection du 8 janvier 2023 dans la capitale Brasília est le fruit de semaines de manifestations des partisans d’un président sortant qui a refusé d’accepter sa défaite électorale lors de l’élection à l’automne. Ces deux cas révèlent à quel point les démocraties libérales représentatives sont devenues fragiles à l’ère néolibérale, affirme Noam Chomsky dans l’entretien exclusif accordé à Truthout qui suit, ajoutant que que nous n’avons sans doute pas encore vu la fin de ce style d’évènements, que ce soit aux États-Unis ou en Amérique latine.

Noam Chomsky est professeur émérite du département de linguistique et de philosophie du MIT, professeur lauréat de linguistique [Le titre de professeur lauréat est décerné aux universitaires les plus éminents en reconnaissance de leurs réalisations et de leur contribution exceptionnelle à leur domaine d’études et à leur université, NdT] et titulaire de la chaire Agnese Nelms Haury du programme sur l’environnement et la justice sociale de l’université d’Arizona. Il est l’un des chercheurs les plus fréquemment cités dans le monde et un intellectuel reconnu considéré par des millions de personnes comme un trésor national et international, Chomsky a publié plus de 150 ouvrages sur la linguistique, la pensée politique et sociale, l’économie politique, l’étude des médias, la politique étrangère des États-Unis et les affaires mondiales. Ses derniers livres sont The Secrets of Words (avec Andrea Moro ; MIT Press, 2022) (Le mystère des mots, non traduit) ; The Withdrawal : Iraq, Libya, Afghanistan, and the Fragility of US Power (avec Vijay Prashad (Le repli : Irak, Libye, Afghanistan, et la fragilité de la puissance américaine, non traduit ) ; The New Press, 2022) ; et The Precipice : Neoliberalism, the Pandemic and the Urgent Need for Social Change (avec C. J. Polychroniou ; Haymarket Books, 2021) (Le Précipice : néolibéralisme, pandémie et urgence d’un changement social, non traduit).

C. J. Polychroniou : Noam, le 8 janvier 2023, les partisans de l’ancien président Jair Bolsonaro ont pris d’assaut des bâtiments gouvernementaux parce qu’ils n’acceptaient pas la défaite de leur leader fasciste ; un événement, soit dit en passant, que vous avez fortement craint de voir se produire presque dès le moment où Luiz Inácio Lula da Silva a remporté l’élection présidentielle. L’insurrection a bien sûr soulevé de nombreuses questions au Brésil, tout comme à l’étranger, sur le rôle de la police brésilienne, à l’incapacité des services de renseignement à prévenir Lula de ce qui allait se produire et sur ceux qui ont orchestré les émeutes. Il s’agissait sans aucun doute d’une tentative de coup d’État, tout comme l’insurrection du 6 janvier au Capitole américain, et cela devrait servir à nous rappeler une fois encore à quel point les démocraties libérales sont devenues fragiles à l’ère néolibérale. Que pensez-vous de ces questions ?

Noam Chomsky : Fragiles en effet. La tentative de coup d’État du 6 janvier aurait pu réussir si quelques personnes avaient pris des décisions différentes et si Trump avait réussi à remplacer le haut commandement militaire, comme il a apparemment essayé de le faire dans les derniers jours de son mandat.

Le 6 janvier n’était pas planifié, et le leader était tellement dévoré par une rage narcissique qu’il a été incapable de diriger ce qui se passait. Le 8 janvier, clairement calqué sur le modèle précédent, était bien planifié et financé. Les premières enquêtes laissent penser que les fonds ont pu provenir de petites entreprises et peut-être d’intérêts agricoles inquiets de voir leur capacité à détruire l’Amazonie entravée. Le coup du 8 janvier a été annoncé bien à l’avance. Il est impossible que les services de sécurité n’aient pas été au courant des préparatifs. À Brasília même – territoire pro-Bolsonaro – ils ont pratiquement coopéré avec les assaillants. C’est depuis des campements situés à l’extérieur des installations militaires voisines que l’armée observait le coup d’État, qui était parfaitement organisé et ravitaillé.

Dans une unité impressionnante qui a fait défaut aux États-Unis, les fonctionnaires et les élites brésiliennes ont condamné le soulèvement bolonariste et soutenu les actions décisives du président nouvellement élu Lula pour le réprimer. En haut lieu au Brésil, il n’existe rien de tel que le mouvement négationniste américain. Le soulèvement lui-même était barbare et sans discernement, comme l’a amplement montré l’importante couverture télévisée. L’intention apparente était de créer un chaos suffisant pour que les militaires aient un prétexte pour prendre le pouvoir et rétablir la dictature brutale tant admirée par Bolsonaro.

L’opposition de la communauté internationale à l’insurrection a également été immédiate et énergique, la plus importante étant bien sûr celle de Washington. Selon l’analyste politique brésilien bien informé Liszt Vieira, qui a partagé ses réflexions avec Fórum 21 le 16 janvier, le président Biden, bien que n’étant pas un admirateur de Lula, « a envoyé 4 diplomates pour défendre le système électoral brésilien et envoyer un message aux militaires : Pas de coup d’État ! » Son témoignage est confirmé par John Lee Anderson dans un compte rendu magistral du déroulement des événements.

Si la tentative de coup d’État du 6 janvier avait réussi, ou si sa réplique avait eu lieu sous une administration républicaine, le Brésil aurait fort bien pu retourner aux sombres années de la dictature militaire.

Je doute que nous ayons vu la fin de cette situation aux États-Unis ou dans « notre petite région ici », comme l’Amérique latine était appelée par le secrétaire à la Guerre Henry Stimson lorsqu’il expliquait pourquoi tous les systèmes régionaux devaient être démantelés dans la nouvelle ère de l’hégémonie américaine d’après-guerre, sauf le nôtre.

La fragilité des démocraties en ces temps de l’ère néolibérale est assez évidente, en commençant par les plus anciennes et les plus solidement établies d’entre elles, l’Angleterre et les États-Unis. Ce n’est pas non plus une surprise. Le néolibéralisme, au-delà des apparences et de la rhétorique, est fondamentalement une guerre de classes. Cela remonte aux racines du néolibéralisme et de son proche cousin l’austérité après la Première Guerre mondiale, un sujet abordé dans un très éclairant ouvrage récent de Clara Mattei.

En soi, un principe fondamental consiste à soustraire la politique économique de toute influence ou pression publique, soit en la plaçant entre les mains d’experts professionnels (comme dans les démocraties libérales), soit par la violence (comme sous le fascisme). La distinction entre les deux modalités n’est pas très nette. Les syndicats doivent être éliminés parce qu’ils interfèrent avec une « économie saine », une économie qui permet de transférer la richesse aux très riches et aux entreprises. Les conventions sur les droits des investisseurs masquées sous le nom de « libre-échange » y contribuent. Une série de politiques, législatives et judiciaires, ont placé plus encore que par le passé les systèmes politiques entre les mains du capital privé hautement capitaliste, tandis que les salaires stagnaient, que les avantages sociaux déclinaient et qu’une grande partie de la main-d’œuvre dérivait vers la précarité, vivant de salaire en salaire avec peu de réserves.

Bien sûr, le respect pour les institutions va décroissant – à juste titre – et la démocratie traditionnelle s’érode, exactement comme le dicte la lutte néolibérale des classes.

Le Brésil, tout comme les États-Unis, est une nation profondément divisée, pratiquement au bord de la guerre civile. Cela étant dit, je pense que Lula a devant lui la lourde mission d’unir la nation et de promouvoir un nouveau programme politique reposant sur des valeurs progressistes. Devons-nous donc être surpris si son gouvernement ne parvient pas à mener des réformes radicales, celles-là même que beaucoup semblent attendre d’un président de gauche ?

Je ne vois aucune perspective de réformes radicales, que ce soit au Brésil ou dans les pays voisins où il y a eu récemment une nouvelle « marée rose » de victoires politiques de gauche. Les dirigeants élus ne sont pas engagés dans un changement institutionnel radical, et s’ils l’étaient, ils se heurteraient à la puissante opposition que constituent les fortes pressions économiques internes et les forces culturelles conservatrices, souvent influencées par les églises évangéliques, ainsi que par un pouvoir international hostile – tant économique, que subversif ou militaire – un pouvoir qui n’a pas abandonné sa vocation historique qui est de maintenir l’ordre et garantir la soumission dans « notre petite région ici ».

Ce que l’on peut espérer de manière réaliste au Brésil, c’est la poursuite des projets des premiers mandats du président Lula, que la Banque mondiale, dans une étude sur le Brésil, a appelé sa « décennie dorée », avec une forte réduction de la pauvreté et une progression significative de l’inclusion dans une société dramatiquement inégalitaire. Le Brésil de Lula pourrait également retrouver la position internationale qu’il avait acquise au cours de ses premiers mandats, lorsque le Brésil était devenu l’un des pays les plus respectés au monde et un porte-parole efficace du Sud, ce qui a été totalement anéanti au cours de la régression due à Bolsonaro.

Certains analystes expérimentés sont encore plus optimistes. Jeffrey Sachs, après d’intenses discussions avec le nouveau gouvernement, est parvenu à la conclusion que les prévisions de croissance et de développement sont optimales et que le potentiel de développement et le rôle international du Brésil pourraient « contribuer à réformer l’architecture mondiale – y compris la finance et la politique étrangère – au profit du développement durable ».

Il est primordial, non seulement pour le Brésil mais aussi pour le monde entier, de relancer et renforcer la protection de l’Amazonie, qui a été l’un des points forts des premiers mandats de Lula, et qui a été réduite à néant par les politiques mortifères de Bolsonaro, consistant à favoriser l’exploitation minière et la destruction de l’agro-industrie, et qui ont déjà commencé à transformer certaines parties de la forêt en savane, un processus irréversible qui transformera l’un des plus grands puits de carbone du monde en un producteur de carbone. Avec l’arrivée de l’écologiste passionnée Marina Silva aux commandes des questions environnementales, on peut espérer sauver de la destruction cette précieuse ressource, à défaut, cela serait lourd de conséquences à l’échelle mondiale.

On peut également espérer sauver les peuples premiers des forêts. Parmi les premières initiatives de Lula après son retour à la présidence, citons sa visite aux communautés indigènes qui ont été soumises à la terreur déclenchée par l’attaque de Bolsonaro contre l’Amazonie et ses habitants. Les scènes de misère, d’enfants quasiment réduits à l’état de squelettes, de maladies et de destruction, sont indescriptibles, du moins pour moi. Peut-être ces crimes odieux prendront-ils fin.

On aurait là des avancées non négligeables. Elles pourraient contribuer à jeter une base plus solide en vue du changement institutionnel plus radical dont les Brésiliens ont besoin et qu’ils méritent, et pas seulement le Brésil. Cette base existe déjà. Le Brésil est le foyer du plus grand mouvement populaire de gauche au monde, le Mouvement des travailleurs sans terre (MTST), qui reprend des terres inexploitées pour créer des communautés de producteurs, souvent accompagnées de coopératives florissantes ; bien sûr, non sans une lutte acharnée. Le MTST est en train de nouer des liens avec un important mouvement populaire de gauche urbain, le Mouvement des travailleurs sans terre. Sa figure la plus éminente, Guilherme Boulos, est un proche de Lula, il représente un courant qui pourrait être en mesure de forger une voie qui aille au-delà des améliorations progressives qui sont désespérément nécessaires en soi.

La gauche, où qu’elle arrive au pouvoir, semble ne pas répondre aux attentes. En fait, assez souvent, elle finit par mettre en œuvre le programme politique néolibéral qu’elle conteste lorsqu’elle est dans l’opposition. Est-ce parce que le néolibéralisme est un ennemi si redoutable, ou parce que la gauche d’aujourd’hui manque à la fois d’une stratégie et d’une vision au-delà du capitalisme ?

Il existe depuis longtemps une culture de gauche vivante en Amérique latine, dont le colosse du Nord pourrait s’inspirer. Les obstacles internes et externes, qui sont redoutables même au-delà de leur incarnation néolibérale, ont permis de brider les espoirs et les attentes. L’Amérique latine a souvent semblé sur le point de se libérer de ces contraintes. Elle pourrait le faire maintenant. Cela permettrait de stimuler les développements en direction de la multipolarité qui se dessine aujourd’hui et cela pourrait, peut-être tout simplement, ouvrir la voie à un monde bien meilleur. Cependant, un pouvoir bien établi ne disparaît pas comme ça.

Nous parlons de crise politique, de crise économique, de crise écologique et climatique, entre autres, mais il me semble que nous devrions également parler d’une crise de l’humanité. Je veux dire par là que nous sommes peut-être à l’aube d’une ère anti-Lumières, le capitalisme et l’irrationalité ayant perdu la tête et étant à l’origine d’une transition ontologique généralisée. Avez-vous des réflexions à partager sur ce sujet ? Sommes-nous confrontés à la possibilité de l’avènement d’une ère anti-Lumières ?

Nous devons garder à l’esprit que le siècle des Lumières n’a pas été exactement un lit de roses pour la majeure partie du monde. Ces Lumières se sont accompagnées du déchaînement de ce qu’Adam Smith a appelé « l’injustice barbare des Européens », un terrible assaut contre la majeure partie du monde. Les sociétés les plus avancées, l’Inde et la Chine, ont été dévastées par la sauvagerie européenne, avec, à la fin, le plus terrible narcotrafic du monde, lequel a ravagé l’Inde pour produire l’opium qui a été enfoncé dans la gorge de la Chine par des barbares dirigés par l’Angleterre, suivi de près par son rejeton nord-américain, et d’autres puissances impériales se joignant à ce que la Chine appelle le siècle de l’humiliation. Dans les Amériques et en Afrique, la destruction criminelle a été bien pire, avec des conséquences trop bien connues pour qu’il soit nécessaire de les relater.

Ces idéaux étaient nobles, mais leur portée était limitée, bien que considérable. Et il est vrai qu’ils ont été sévèrement attaqués.

Le fait que le capitalisme sauvage signe l’arrêt de mort de l’humanité ne peut plus être étouffé par des discours lénifiants. La violence impériale, le nationalisme religieux et les pathologies qui les accompagnent se déchaînent. Ce qui est en train de se dessiner sous nos yeux soulève sous une forme de plus en plus brutale la question qui aurait dû nous frapper tous avec une fureur aveuglante il y a 77 ans : L’homme peut-il combler le fossé entre sa capacité technologique à détruire et sa capacité morale à contrôler cette pulsion ?

Ce n’est pas seulement une question, mais bien la question ultime, en ce sens que si elle ne trouve pas une réponse satisfaisante, et rapidement, plus personne ne se souciera jamais d’aucune autre.

Copyright © Truthout. Ne peut être réimprimé sans autorisation.

C.J. POLYCHRONIOU

C. J. Polychroniou est économiste politique/scientifique, auteur et journaliste. Il a enseigné et travaillé dans de nombreuses universités et centres de recherche en Europe et aux États-Unis. Actuellement, ses principaux intérêts de recherche portent sur l’intégration économique européenne, la mondialisation, le changement climatique, l’économie politique ainsi que la politique des États-Unis et la déconstruction du projet politico-économique du néolibéralisme. Il contribue régulièrement à Truthout et est membre du Public Intellectual Project de Truthout. Il a publié de nombreux livres et plus de 1000 articles qui sont parus dans nombre de revues, de magazines, de journaux et de sites d’information populaires. Plusieurs de ses publications ont été traduites en plusieurs langues étrangères, notamment en arabe, chinois, croate, espagnol, français, grec, italien, néerlandais, portugais, russe et turc. Ses derniers livres sont Optimism Over Despair : Noam Chomsky On Capitalism, Empire, and Social Change (2017) ; Climate Crisis and the Global Green New Deal : The Political Economy of Saving the Planet (avec Noam Chomsky et Robert Pollin comme principaux auteurs) ; The Precipice : Neoliberalism, the Pandemic, and the Urgent Need for Radical Change, une anthologie d’entretiens avec Chomsky publiée à l’origine sur Truthout et rassemblée par Haymarket Books ( 2021) ; et Economics and the Left: Interviews with Progressive Economist (2021).

Source : Truthout, C.J. Polychroniou , NoamChomsky, 02-02-2023

Traduit par les lecteurs du site Les-Crises

Nous vous proposons cet article afin d'élargir votre champ de réflexion. Cela ne signifie pas forcément que nous approuvions la vision développée ici. Dans tous les cas, notre responsabilité s'arrête aux propos que nous reportons ici. [Lire plus]Nous ne sommes nullement engagés par les propos que l'auteur aurait pu tenir par ailleurs - et encore moins par ceux qu'il pourrait tenir dans le futur. Merci cependant de nous signaler par le formulaire de contact toute information concernant l'auteur qui pourrait nuire à sa réputation. 

Commentaire recommandé

Danton // 21.02.2023 à 08h13

Et ça continue, encore et encore…
Un coup d’état sans arme, sans soutien actif ou massivement passif de l’armée et de la police, sans soutien des médias, de l’administration, quasiment sans mort( du coté « victimes »), sans plan de prise de contrôle des infrastructures clefs de pouvoir, sans relai diplomatique, sans force politique constituée???
De qui se moque-ton?
Les gilets jaunes c’était un coup d’état?

9 réactions et commentaires

  • Danton // 21.02.2023 à 08h13

    Et ça continue, encore et encore…
    Un coup d’état sans arme, sans soutien actif ou massivement passif de l’armée et de la police, sans soutien des médias, de l’administration, quasiment sans mort( du coté « victimes »), sans plan de prise de contrôle des infrastructures clefs de pouvoir, sans relai diplomatique, sans force politique constituée???
    De qui se moque-ton?
    Les gilets jaunes c’était un coup d’état?

      +24

    Alerter
    • Savonarole // 21.02.2023 à 10h35

      On a pas encore eut le droit aux gilets jaunes d’agences gouvernementales étrangères qui piquent des dossiers à l’Hexagone Ballard , on est pas au Bresil non plus 🙂

        +1

      Alerter
    • Lt Briggs // 21.02.2023 à 19h01

      Mettre sur le même plan les gilets jaunes qui ont résisté sur des ronds-points et des gens qui ont envahi par la force les lieux symboliques de la démocratie en niant le résultat d’une élection, il fallait oser. On parle du Brésil, un pays qui a connu une dictature militaire pendant plus de 20 ans et mis en place l’opération Condor. Dieu merci, Bolsonaro est un dilettante bien incapable d’organiser les conditions d’un renversement de la démocratie. Ce n’est pas parce que ce pays va mal et que le parlement y est notoirement corrompu qu’on doit renvoyer tout le monde dos-à-dos. Les Brésiliens connaissent leur histoire et ont bien senti le danger.

        +5

      Alerter
  • sharivan // 21.02.2023 à 08h25

    Si j’ai bien compris « L’émeute et l’insurrection de droite » (qui n’est donc pas une révolution de gauche) sans doute financée par « de petites entreprises et peut-être des intérêts agricoles inquiets de voir leur capacité à détruire l’Amazonie entravée » (et non pas inquiets de voir leur entreprise couler…) « parce qu’ils n’acceptaient pas la défaite de leur leader fasciste » (aussi détestable soit-il, j’aurais utilisé « président sortant » … Titre moins orienté) « L’intention apparente était de créer un chaos suffisant pour que les militaires aient un prétexte pour prendre le pouvoir et rétablir la dictature brutale tant admirée par Bolsonaro (soutenu par 49% des votant) » mais n’écoutant que son coeur « le président Biden, bien que n’étant pas un admirateur de Lula, « a envoyé 4 diplomates pour défendre le système électoral brésilien et envoyer un message aux militaires : Pas de coup d’État ! »  » (heureusement les gendarmes du monde veillent a préserver les démocraties…. quand celles-ci sont de « bonnes » démocraties bien sur))
    Lula a obtenu 50,9 % des votes certifiés contre 49,1 % pour Jair Bolsonaro, Il semblerait que les électeurs Brésiliens soient plus nuancés quand il faut choisir entre « le leader fasciste d’extrême droite adorateur de la dictature militaire et de la destruction de l’Amazonie » et « le leader de gauche proposant un monde meilleur porteur d’espoir, de progrès et d’avancé démocratique et écologique »

      +8

    Alerter
  • RIVIÈRE // 21.02.2023 à 08h43

    Oui…. Les démocraties sont dirigées par le mensonge et depuis peu par une forme de violence, ce qui les fait ressembler à des dictatures non déclarées ou définies….
    Ça va de toute façon se terminer violemment….
    Les politicards aux ordres des lobbys financiers tout puissants, n’ont pratiquement plus aucune crédibilité…. La nature qui a horreur du vide, compensera ce gap par d’autres alternatives après une période de fortes turbulences…. On parle du continent américain, mais l’UE dirigée par une caste déliquescente est certainement plus que jamais sur la corde raide avec un niveau de tensions inégalées jusqu’à ce jour….

      +8

    Alerter
  • RIVIÈRE // 21.02.2023 à 11h02

    Absolument…. Il est partout, comme la pieuvre mafieuse, il a étendu ses tentacules en Europe et sur le continent américain, pour ne citer que ces 2 exemples très significatifs….

      +1

    Alerter
    • Danton // 21.02.2023 à 11h14

      Oui, au moins une chose avec laquelle je suis d’accord avec Jorion ( quelques unes en fait) c’est quand il dit que le fachisme est l’aboutissement du capitalisme.
      La précedente montée capitaliste au fachisme a été arrêté par les T34 soviétiques devant Moscou en 1941.
      Nous sommes à l’aboutissement du capitalisme initié en 45 et customisé en 1992.
      Sont-ce les T90 Russes qui vont l’arrêter devant Kharkov ?

        +0

      Alerter
  • POPOV // 21.02.2023 à 11h51

    C’est bien connu, les insurrections ont un caractère fascisant et les révolutions de couleurs aspirent à la liberté, la démocratie, les droits de l’homme et autres belles pensées. L’exemple de Maïdan à Kiev nous le prouve depuis 2013. Et trouver un journaliste qui affirme le contraire, c’est déjà du complotisme.

      +3

    Alerter
  • Didier // 21.02.2023 à 14h00

    Il y a une coquille dans l’article, présente également dans sa version originale. Le «mouvement populaire de gauche urbain» dont Guilherme Boulos est un représentant, n’est évidemment pas le Mouvement des travailleurs sans terre, mais le Mouvement des travailleurs sans toit.

      +1

    Alerter
  • Afficher tous les commentaires

Les commentaires sont fermés.

Et recevez nos publications