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19.juillet.202219.7.2022 // Les Crises

Nous aurions dû savoir que les sanctions contre la Russie ne fonctionneraient pas comme prévu

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Les sanctions économiques ouvertes dont les objectifs sont mal définis ne changent pratiquement jamais le comportement de leurs cibles.

Source : Responsible Statecraft, Daniel Larison
Traduit par les lecteurs du site Les-Crises

Photo : Asatur Yesayants via shutterstock.com

Les sanctions ne permettent généralement pas d’atteindre les objectifs politiques déclarés, et elles se retournent fréquemment contre elles et encouragent davantage le comportement qu’elles sont censées arrêter.

Les sanctions maximalistes imposées à la Russie en réponse à l’invasion illégale de l’Ukraine par la Russie ne sont pas différentes. Un récent rapport de Bloomberg a attiré l’attention sur les conséquences fâcheuses mais prévisibles des vastes sanctions contre la Russie : « Mais certains responsables de l’administration Biden s’inquiètent désormais en privé du fait qu’au lieu de dissuader le Kremlin comme prévu, les sanctions exacerbent plutôt l’inflation, aggravent l’insécurité alimentaire et punissent les Russes ordinaires plus que Poutine ou ses alliés. »

Ces effets néfastes des sanctions générales ne devraient pas surprendre quiconque a suivi ces questions de près, puisque c’est ce qui se produit presque toujours lorsque l’ensemble de l’économie d’un pays est visé par une punition. L’incapacité à modifier le comportement du gouvernement visé est encore moins surprenante, car il est extrêmement rare que des États autoritaires hostiles cèdent face à des campagnes de pression menées par les États-Unis. Les effets négatifs de ces sanctions sur la Russie seront certainement plus importants et plus profonds que dans les cas précédents, car la Russie est un acteur beaucoup plus important de l’économie mondiale. Plus la guerre économique sera dure, plus elle nuira au monde entier.

Souvent vendues comme une alternative « peu coûteuse » aux conflits militaires, les sanctions générales constituent en pratique une attaque aveugle contre une nation entière. Elles infligent des punitions à des dizaines de millions de personnes ordinaires tout en épargnant les riches et les personnes bien placées. Dans certains cas, elles créent des crises humanitaires à elles seules, et dans d’autres, comme au Venezuela, elles exacerbent considérablement les crises existantes et les rendent beaucoup plus meurtrières qu’elles ne le seraient autrement.

Les sanctions sont souvent imposées à des pays sous le contrôle de facto de gouvernements autoritaires abusifs, ce qui signifie que la population souffre doublement de ceux qui la gouvernent et des puissances extérieures qui mènent une guerre économique pour tenter d’isoler ces gouvernants. Dans tous les cas, les personnes qui souffrent d’une politique donnée ne sont pas en mesure de la changer, et les sanctions ont tendance à renforcer l’emprise des dirigeants autoritaires, tandis que leurs opposants nationaux sont contraints de se battre pour survivre.

Le cas de la Russie est inhabituel dans la mesure où c’est la première fois dans l’histoire récente que les États-Unis et leurs alliés tentent d’utiliser ce type de coercition économique étendue contre un État aussi important, mais à d’autres égards, il suit le même schéma que les régimes de sanctions précédents. Les sanctions générales punissent toujours davantage les gens ordinaires que les élites, et ce à dessein. Comme l’a montré Esfandyar Batmanghelidj dans ses recherches sur les sanctions contre l’Iran, les sanctions générales fonctionnent comme une arme inflationniste visant directement la population. Il a expliqué plus en détail dans un article qu’il a écrit avec Erica Moret plus tôt cette année que « les sanctions frappent le plus durement les citoyens de la classe moyenne, qui luttent pour maintenir leur niveau de vie alors que l’inflation jette l’économie dans le désarroi, et ceux qui vivent dans la pauvreté, qui luttent simplement pour survivre alors que le prix du pain monte en flèche. »

La guerre économique aggrave systématiquement l’insécurité alimentaire dans le pays visé, et les mêmes effets destructeurs se font maintenant sentir dans le monde entier en raison des perturbations créées par la guerre elle-même, les sanctions qui en découlent et les mesures de rétorsion russes en réponse aux sanctions. Comme l’a averti Amir Handjani dans un article pour Responsible Statecraft au début de l’année, « Nous sommes vraiment en eaux inconnues et apparemment non préparés aux conséquences ». Nous sommes habitués à ce que les politiques coercitives se retournent contre nous sous la forme d’une aggravation des problèmes de sécurité, mais nous sommes désormais confrontés à un avenir où nous subirons également des contrecoups économiques. La guerre économique cesse d’être une option « bon marché » lorsque la cible peut riposter.

Si les coûts de la guerre économique sont élevés, qu’en est-il des avantages ? La vérité est qu’il y en a peu ou pas du tout. L’efficacité limitée des sanctions en tant qu’outil politique est bien comprise par les spécialistes depuis des décennies, mais cette compréhension n’a guère influencé les décisions politiques. Comme l’a expliqué Nicholas Mulder dans « L’arme économique », un compte rendu important des origines des sanctions économiques modernes au lendemain de la Première Guerre mondiale, les États-Unis ont eu recours aux sanctions économiques de plus en plus fréquemment au cours des dernières décennies, et ces sanctions sont devenues moins efficaces que jamais.

Mulder écrit : « Pourtant, alors que dans la période 1985-1995, à un moment de grande puissance occidentale relative, les chances de succès des sanctions étaient encore de l’ordre de 35 à 40 %, en 2016, elles sont tombées en dessous de 20 %. En d’autres termes, alors que le recours aux sanctions a bondi, leurs chances de succès se sont effondrées. » L’utilisation de plus en plus sophistiquée des sanctions financières et des sanctions secondaires par les États-Unis a servi à rendre la guerre économique encore plus dévastatrice pour les gens qui la subissent, mais, en dehors du régime de sanctions internationales dirigé par les États-Unis qui a conduit à l’accord sur le nucléaire iranien, elle n’a donné lieu à aucun autre succès notable.

L’une des raisons de ce déclin de l’efficacité est le déclin relatif de l’influence économique des États-Unis et de leurs alliés et la montée en puissance d’autres États, ce qui crée davantage de possibilités pour d’autres pays d’agir comme des briseurs de sanctions. Une autre raison est que les États-Unis ont tendance à utiliser leurs sanctions les plus puissantes pour atteindre des objectifs farfelus et parfois impossibles, qu’il s’agisse de forcer un changement de régime, d’imposer un désarmement unilatéral ou d’arrêter une guerre. Les décideurs américains surestiment constamment le pouvoir des sanctions et sous-estiment la volonté de l’État visé d’endurer la douleur économique au nom d’un autre objectif.

Par exemple, les États-Unis restent déterminés à maintenir les sanctions de « pression maximale » sur la Corée du Nord et continuent de menacer la Corée du Nord de sanctions supplémentaires si son gouvernement procède à de nouveaux essais de missiles et nucléaires. Au début de la pandémie, la RPDC s’est effectivement isolée du monde de son propre chef, si bien qu’il est difficile d’imaginer ce que des sanctions économiques supplémentaires pourraient apporter. La Corée du Nord reste intransigeante face aux demandes de désarmement, et il semble très peu probable que cela change, quels que soient les incitations proposées par Washington.

Dans d’autres cas, comme en Afghanistan, les États-Unis refusent de reconnaître le gouvernement de facto d’un pays et continuent de le sanctionner comme s’il s’agissait d’une simple bande d’insurgés. Le risque de violation des sanctions est suffisamment important pour que la plupart des entreprises et des institutions financières ne prennent pas le risque de faire des affaires dans le pays, même si certaines transactions sont techniquement autorisées. Les sanctions actuellement en vigueur à l’encontre des talibans ont effectivement coupé l’Afghanistan de presque tout le commerce extérieur. Les États-Unis ont saisi les actifs de l’État afghan et l’aide internationale, dont le pays a fortement dépendu pendant des décennies, elle a été réduite à une fraction de ce qu’elle était auparavant.

Le résultat prévisible et annoncé a été l’aggravation de la pauvreté et de la famine pour des dizaines de millions d’Afghans ordinaires. L’effondrement du pouvoir d’achat au cours de l’année dernière signifie qu’il y a peut-être de la nourriture disponible, mais que la plupart des gens n’ont pas les moyens de l’acheter.

La coercition économique par le biais de sanctions générales peut causer d’énormes destructions, mais elle échoue régulièrement à faire avancer les intérêts américains ou à améliorer les conditions de sécurité dans d’autres parties du monde. Il est temps de reconnaître que les sanctions générales font plus de mal que de bien et qu’elles aggravent bon nombre des problèmes qu’elles sont censées résoudre.

Source : Responsible Statecraft, Daniel Larison – 17-06-2022

Traduit par les lecteurs du site Les-Crises

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Fabrice // 19.07.2022 à 07h14

On le voit depuis longtemps que les sanctions ne fonctionnent jamais mais ne servent qu’à faire souffrir les populations et renforcer leur soutien aux régimes on l’a vu avec Cuba, l’Irak, … la liste est sans fin c’est du pur sadisme sauf que là on ne s’attaque pas à un petit pays mais à l’un des principaux fournisseurs de nombreuses matières dont dépendent l’économie mondiale et qui peut renvoyer nos économies 40 ans en arrière avec comme problème que nous avons bêtement délocalisés nos industries et sommes démunis devant la tempête que nous avons semé.

nos dirigeants ne sont plus des hommes d’états qui prévoient pour la prochaine génération mais pour la prochaine élection, ils vivent dans l’émotionnel et plus du tout dans le rationnel et le pragmatique, nous allons payer comme jamais leur bêtise avant la rupture des ponts nous pouvions influencer économiquement la Russie maintenant elle va juste nous faire payer le plus cher possible sans nous écouter.

34 réactions et commentaires

  • Fabrice // 19.07.2022 à 07h14

    On le voit depuis longtemps que les sanctions ne fonctionnent jamais mais ne servent qu’à faire souffrir les populations et renforcer leur soutien aux régimes on l’a vu avec Cuba, l’Irak, … la liste est sans fin c’est du pur sadisme sauf que là on ne s’attaque pas à un petit pays mais à l’un des principaux fournisseurs de nombreuses matières dont dépendent l’économie mondiale et qui peut renvoyer nos économies 40 ans en arrière avec comme problème que nous avons bêtement délocalisés nos industries et sommes démunis devant la tempête que nous avons semé.

    nos dirigeants ne sont plus des hommes d’états qui prévoient pour la prochaine génération mais pour la prochaine élection, ils vivent dans l’émotionnel et plus du tout dans le rationnel et le pragmatique, nous allons payer comme jamais leur bêtise avant la rupture des ponts nous pouvions influencer économiquement la Russie maintenant elle va juste nous faire payer le plus cher possible sans nous écouter.

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    • RGT // 19.07.2022 à 10h34

      « ne sont plus des hommes d’états qui prévoient pour la prochaine génération »…

      « nos » dirigeants sont empêtrés dans la corruption et les « alliances » (particulièrement internes vis à vis des oligarques) et ne suivent que les intérêts court-termistes de leurs « mécènes » qui abusent de la spéculation à court terme très profitable pour augmenter leur profits et bien sûr leur influence sur les orientations politiques.
      Tout en ménageant la chèvre et le chou, c’est à dire les intérêts contradictoires des oligarques et des « pays amis » eux-mêmes dirigés par d’autres oligarques qui ont exactement les mêmes préoccupations.

      Si la France n’est pas victime de sanctions (malgré le racket US, il faut bien déterminer qui est le « boss » en réalisant quelques profits au passage) c’est simplement parce que notre pays est dirigé par des « élites » qui partagent la même vision que leur maître : Tout faire pour préserver la fête du slip chez les oligarques au détriment des « moins que rien ».

      Et il en va de même pour tous les pays de la « communauté internationale » qui ont aussi les mêmes préoccupations.

      Il y a certes quelques pays qui subissent des dictatures réellement oppressives, mais depuis les années 50 il n’y a pas d’hésitation à avoir sur les causes principales de l’arrivée au pouvoir de ces régimes sanguinaires dans la majorité des cas.

      Souvenez-vous des juntes militaires en Amérique du sud et ailleurs qui ont été soutenues bec et ongles par les USA et leurs vassaux ou des khmers rouges « aidés » car ils haïssaient les vietnamiens.

      Et bien sûr il n’y a eu AUCUNE sanction particulière contre ce gouvernement pourtant le plus sanguinaire depuis plusieurs générations.

      Et quand les vietnamiens – ennemis jurés des USA car de simple gueux dépenaillés avaient mis une branlée mémorable à la « nation la plus fabuleuse de l’Univers » – sont intervenus pour libérer la population des khmers rouges la « communauté internationale » ne s’est pas particulièrement mobilisée pour les aider dans cette action humanitaire et bien sûr ce fût dans le silence médiatique le plus complet.

      Finalement le seul cas où les sanctions ont réellement fonctionné c’est pour l’Afrique du sud, et parce que les populations du monde entier étaient outrées par le comportement de ce régime.

      Depuis les « élites » font en sorte que des pays « amis » qui ont le même comportement (Israël, pétromonarchies en particulier) passent sous les écrans radar de la conscience des populations en créant des diversions désignant ben sûr les nations qui ne veulent pas se plier au bon désir de l’Em-pire.

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      • Koui // 19.07.2022 à 22h24

        Les sanctions n’ont pas fonctionné contre l’Afrique du Sud. D’ailleurs elles étaient violées par ceux même qui les imposaient. Par contre, la bataille de cuito cuanavale puis la perte de la domination aérienne ont été efficaces pour démontrer que la situation militaire était intenable.

        Mais en général, les sanctions marchent très bien pour ruiner un pays. L’objectif affiché est différent mais c’est de la com pour les ploucs.

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    • RGT // 19.07.2022 à 11h57

      Et quand la Russie décide de mettre en place des contre-sanctions (qui font très mal, les dirigeants russes seraient cons de se priver de cet avantage car ce ne sont pas eux qui ont commencé) les €uropéens viennent pleurer dans les jupons de l’OMC car « c’est pas zuste !!! »…

      Quand tu mets une gifle à un type bien plus « baraqué » que toi il ne faut pas venir pleurer s’il te colle une « chcaffe de cow-boy » et que tu fais six tours dans ton slip sans toucher l’élastique…

      Le pire étant quand-même la soumission débile à son maître et l’obéissance suicidaire à ses ordres.
      Même le plus con des roquets se garderait bien d’aller importuner un ours sur ordre de son maître.

      Les « dirigeants » €uropéens le font…

      Pendant que les USA les excitent sournoisement tout en évitant d’aller directement irriter l’ours qui pourrait infliger des blessures importantes voire mortelles en se défendant.

      En attendant, ce sont bel et bien les populations européennes (et celles de tous les pays sous tutelle US) qui payent les frais de ces politiques suicidaires.

      Pendant ce temps, les €uropéens achètent du gas-oil indien en remplacement du gas-oil russe (à prix d’or), gas-oil raffiné à partir de pétrole russe strictement interdit d’importation en €urope…
      Les indiens seraient vraiment stupides de se priver : Quand on trouve un pigeon si stupide il ne faut surtout pas se priver…
      Quant aux émissions de CO2, n’en parlons pas…
      Entre les tuyaux existants (qui émettent très peu de CO2) et les super tankers et méthaniers qui les remplacent « nos » experts nous PROUVENT que ça ne change rien…
      Toutafé

        +46

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    • HLM // 21.07.2022 à 08h14

      Ce que les Anglo-saxons appellent abusivement « des sanctions » est à proprement parler un blocus fait par une coalition de pays contre un autre pays.

      On pourrait parler de sanction si il s’agissait d’une résolution de l’ONU.

      Le blocus est une violation du droit international, c’est une pratique interdite par les charte de l’ONU et de l’OMC, c’est un acte de guerre permettant légitimement de répondre par des actes de guerre, il justifie que des vraies sanctions soient prises par l’ONU ou le Tribunal pénal international contre les dirigeants de ces nations.

      Il n’y a que les USA et la GB qui ont cette pratique, le modèle de blocus au XXe siècle est le boycott international lancée contre l’Allemagne le 1er avril 1933 par la communauté juive internationale réunie à Londres et publié sou le titre :  » Le Juifs déclatent la guerre à l’Allemagne ».

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  • Yann // 19.07.2022 à 08h02

    On peut noter une erreur stratégique. Quand Boris Johnson a suggéré d’enlever la chemise, Poutine aurait du dire:
    « Niet. Tous à poil et je m’arrête ».
    En plus ça aurait permis à Manu d’expliquer aux non-experts comment on peut en toucher une sans faire bouger l’autre.

      +26

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  • max // 19.07.2022 à 08h27

    Les sanctions n’atteignent presque rarement leurs objectifs, les dernières en date contre l’Iran ont échoué. On peut après aimer ou pas le régime Iranien mais c’est une réalité, il en est de plus en plus de même en ce qui concerne la Russie, ce n’est pas un soutien pour ces deux pays mais une simple réalité et l’Occident est le principal responsable de cet échec.
    Pour comprendre les sanctions contre la Russie et leurs retours de flammes :
    https://www.youtube.com/watch?v=3EDUc7A8QEg

      +5

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    • RGT // 19.07.2022 à 11h31

      Concernant l’Iran, il aurait été JUSTE de sanctionner le régime du Shah (issu du coup d’état de l’opération Ajax de 1953 qui a renversé un gouvernement DÉMOCRATIQUE).

      Les SEULS opposants qui ont pu survivre à la Savak (police politique formée et aidée par la CIA et le MI6) étaient les religieux car s’attaquer à eux aurait signé une révolte immédiate de l’ensemble de la population.

      Que les occidentaux ne se plaignent pas, en mettant au pouvoir un satrape sanguinaire à leur dévotion et en exterminant toute forme d’opposition laïque ils ont bel et bien créé les conditions nécessaire à l’arrivée au pouvoir de religieux qui, même s’ils sont traités « d’intégristes » sont largement plus respectueux des libertés individuelles que le « divin Shah » de la « belle époque ».

      Les USA pourront décréter toutes les sanctions qui leur passent par la tête, elles ne feront que renforcer le soutien de la population à leur gouvernement car l’ensemble de la population (à l’exception des profiteurs de l’ancien régime désormais exilés en occident) se souvent des « bienfaits » de l’ancien régime et est prête à se battre jusqu’à la mort pour que ça ne se reproduise pas…

      Quant au fantasme des bombes nucléaires iraniennes, ils sont du même acabit que la petite fiole que Colin Powell agitait à l’ONU pour « justifier » l’agression de l’Irak.

      N’oublions JAMAIS que les chiites sont FAROUCHEMENT OPPOSÉS au massacres d’innocents et que Khomeini avait fermement condamné l’utilisation d’armes de destruction massive.

      Un responsable iranien qui irait à l’encontre de cette condamnation ne ferait pas long feu…

        +24

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      • max // 19.07.2022 à 12h07

        Perso, je n’ai pas la même empathie sur le régime iranien, mon commentaire visait simplement a mettre en évidence que l’Iran a été capable de soutenir un embargo particulièrement cruel.
        Que ceux qui l’avaient imposé étaient dénués de toutes compassions.
        Cela dit, je n’arrive pas a avoir de l’estime pour ce régime.

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        • Lt Briggs // 19.07.2022 à 12h56

          Pareil que vous. l’Iran est passé d’une tyrannie à une autre. Un régime était laïque, l’autre religieux, mais dans les deux il ne fait pas bon être opposant, ou plus simplement être qualifié d’opposant.
          Le shah était aligné sur la puissance américaine. Les mollahs se sont certes débarrassés de cette tutelle, mais passer de pantin de Washington à ennemi juré ne peut être qualifié de progrès.

            +3

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      • Castor // 19.07.2022 à 17h43

        Khomeini a peut-être condamné l’utilisation d’armes de destruction massives, il n’a pas condamné l’emploi du terrorisme.

        Ce fut particulièrement vrai pour de nombreux attentats à Paris durant la décennie 80. Alors que le gouvernement français avait refusé d’honorer le contrat de livraison d’une centrale nucléaire suite à la prise du pouvoir par les Chiites, le gouvernement iranien a tenté de faire pression sur le gouvernement français par ce moyen. Ces attentats visèrent la population. Une attitude totalement déshonorante, alors qu’il s’agit d’un grand pays producteur de pétrole, qui n’a pas un besoin pressant de l’énergie nucléaire.

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        • Subotai // 19.07.2022 à 20h02

          Ils voulaient récupérer leur acompte.
          Et le projet nucléaire datant du Shah consistait à garder le pétrole pour le vendre et les usages indispensables; et faire de l’électricité avec le nucléaire. Ce qui se tenait à l’époque et se tient encore malgré toutes les réserves relatives à l’épuisement des ressources, la pollution et le bouleversement climatique.
          Le problème n’étant pas l’utilisation de ses ressources, mais l’usage consumériste qu’il en est fait.

            +9

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          • Castor // 21.07.2022 à 20h00

            Qu’ils aient voulu récupérer leur acompte est bien naturel mais la vérité est qu’ils voulaient leur centrale. Pour un acompte non remboursé, pourquoi s’en prendre à la population plutôt qu’aux dirigeant politiques ?

            Ce récit sur l’usage du pétrole est un vrai conte (qui sonne juste par ailleurs mais c’est une illusion). Nucléariser l’Iran faisait partie du plan de l’occident visant à truffer d’armes nucléaires les pays limitrophes ou proches de l’URSS : Iran, Irak, Inde, Pakistan.
            Il était ensuite facile de trouver une justification « pacifique ».

              +1

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        • Donnot // 19.07.2022 à 21h41

          Depuis que nous avons décollé Louis XVI, depuis que nous sommes en démocratie, nous sommes responsables des actions et décisions de la France. Plus de victimes innocentes, c’est un concept injurieux face à la grandeur de la république française.

            +1

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          • RGT // 20.07.2022 à 08h00

            « nous »…

            Vous êtes membre de la bourgeoisie qui s’est approprié le pouvoir suite à un coup d’état en instrumentalisant la population ?

            Quand on répète ad nauseam à la population que « république = démocratie » avec une telle vigueur et qu’on manipule l’opinion pour que le pouvoir reste absolument entre les mais d’élites « politiquement correctes » (en favorisant bien sûr des « oppositions » particulièrement clivantes aux relents nauséabonds, oppositions qui de toutes façons ont dans le fond les mêmes objectifs oligarchiques que les « républicains bienfaisants ») il ne faut pas s’étonner si les taux d’abstention atteignent des sommets et que les manifestations « hors contrôle » (c. à d. non contrôlées par les oligarques) fleurissent à tout va entraînant une répression féroce du pouvoir « démocratique » qui se sent réellement en danger.

            La révolution n’a entraîné que le remplacement des « têtes de gondole » mais dans le fond ce sont bel et bien les membres de la même caste qui continuent à diriger les « moins que rien » avec cependant un grosse différence : Dans l’ancien régime les dirigeants assumaient leur responsabilité tandis que leurs remplaçants la font désormais assumer par le peuple car leurs décisions sont désormais celle de l’ensemble des « gueux », même si ces derniers n’ont toujours pas le droit de critiquer les décisions des « élites bienveillantes ».

            Tout système pyramidal dans lequel la tête est totalement isolée de la base et n’a pas à assumer la moindre responsabilité ni rendre de comptes n’est rien d’autre qu’une dictature.

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  • lucideoupas // 19.07.2022 à 09h01

    Les sanctions ont parfaitement accomplies leurs objectifs d’affaiblir et de mettre sous tension l’europe. Tout le verbiage présenté ici n’est recevable que dans l’idée que « l’ouest » avait pour intention de gagner cette guerre. Quel est le point commun entre la russie, l’as, l’eua, le qatar et les US ???? Qu’ils veulent tous pourvoyer à la machine économique européenne la drogue énergétique tant nécessaire. C’est au mieux, une guerre des gangs des plus grand dealers de drogue que ce monde ai jamais connu.

      +10

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  • Auguste Vannier // 19.07.2022 à 09h03

    On peut se réjouir qu’il y ait des analystes US qui aient bien conscience de la sadique inutilité de ces « sanctions ».
    Mais il reste étonnant que la dimension « illégale » au regard du plus élémentaire droit international ne semble même pas effleurer leur perception de la géopolitique de ce pays. Il leur semble normal qu’une puissance se revendiquant dans le camp de la liberté et du Bien puisse appliquer des « sanctions » qu’elle décide unilatéralement et impose à ses alliés.
    Pour le reste, que des banalités et des évidences.
    Etrange impression de lire une dissertation d’un élève moyen de terminale. Est-ce que l’auteur s’adapte au niveau de ses lecteurs? Si c’est le cas, il y a de quoi rester pessimiste et inquiet sur les réactions d’une puissance hégémonique en train de perdre son leadership et d’échouer face à la Russie…
    D’un autre côté on peut y voir aussi les amorces d’un changement de position préparant une négociation et un retour à des comportements diplomatiques traditionnels.

      +27

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  • Patrique // 19.07.2022 à 09h10

    Les sanctions ont fonctionné comme prévu.
    Les EU ont décidé seuls de ces sanctions pour affaiblir le continent européen et notamment pour empêcher tout rapprochement entre l’ouest et l’est de l’Europe (une alliance France-Russie serait effrayante pour les EU et l’Allemagne). La politique des EU est donc appliquée avec soumission par les dirigeants corrompus de l’UE. Par contre les EU n’avaient pas prévu la capacité de rebond de la Russie. Les sanctions agricoles prises il y a quelques année auraient dû pourtant alerter les EU puisque cela avait certes affaiblis fortement l’agriculture française au bénéfice de l’agriculture états-unienne, mais cela avait aussi permis le décollage de l’agriculture russe au point d’en faire une puissance agricole. Maintenant la Russie se tourne vers l’Asie et ses 50% de la population mondiale avec le meilleur enseignement et sa jeunesse triomphante.
    En attendant, les ukrainiens meurent comme hier les sud-vietnamiens mourraient pour défendre l’impérialisme états-unien.

      +44

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    • Hiro Masamune // 19.07.2022 à 11h02

      Il y a déjà quelques dirigeants des pays de l’UE sur la sellette, Draghi a posé sa démission (refusée), Sholtz tangue, BoJo a été éjecté dès que possible. La liste est peut-être non exhaustive…
      Les relations se sont tendues entre les pays de l’UE et le jusqu’au boutisme de la Valkyrie Von der Layen sur les régimes de sanctions (sixième paquet…erf) risque bien de provoquer une volonté de libération du Diktat de l’UE.
      Il se pourrait qu’au final l’Union explose sous le poids de ses contradictions… enfin pour l’instant c’est plutôt les dirigeants nationaux qui font tampon.

        +11

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  • basile // 19.07.2022 à 09h44

    une de ces blondes à chemisier à fleur qui squattent les plateaux télé, au chaud (au sens figuré) en France tout en poussant les hommes là bas à se battre à leur place, donc une de ces blondes nous dit que P préparait la guerre depuis longtemps. La preuve, il s’est débarassé du dollar.

    Donc, selon elle, le dollar est bon. S’en débarrasser est forcément suspect.

    Y a pas de doutes, ils sont comme nous (von der Leyen)

      +14

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    • Patrick // 20.07.2022 à 11h10

      La Russie avait encore plus centaine de milliards de dollars en réserve dont elle n’avait pas eu le temps de se débarrasser complètement.
      Donc la Russie savait qu’un conflit allait éclater mais elle n’était pas encore prête, elle a été prise de vitesse.

        +7

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  • Dominique65 // 19.07.2022 à 09h48

    « Les sanctions sont souvent imposées à des pays sous le contrôle de facto de gouvernements autoritaires abusifs »
    Comprendre « les régimes qui mettent en cause l’hégémonie du pays exceptionnel ». Je dis ça mais tout le monde le sait ici. C’est juste que l’hypocrisie systématique des analystes zuniens agace.
    Édit :
    « elle échoue régulièrement à faire avancer les intérêts américains »
    Ah non, finalement pas si hypocrite que ça. Faut juste lire jusqu’au bout.

      +9

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  • Pierrot // 19.07.2022 à 10h33

    On peut partir du principe que les objectifs sont toujours ceux déclarés et croire que des idiots reproduisent la même erreur en continuant d’imposant des sanctions débiles car notoirement inefficaces et délétères.

    Mais il serait plus pertinent de penser que si l’on persiste à prendre les mêmes dispositions, c’est parce qu’elles permettent d’atteindre des objectifs qui, en fait, n’ont rien à voir avec les buts allégués.

    D’ailleurs, qui pourrait croire que les États-Unis veuillent mettre fin à une guerre contre la Russie qu’ils ont tout fait pour susciter depuis au moins huit ans, ou qu’ils recherchent la sécurité d’un monde contre lequel ils mènent des guerres et des opérations de déstabilisation incessantes, ou encore qu’ils se soucient du bien-être et de la survie des populations afghanes, africaines ou européennes (ou même de leur propre population) ? Qui n’a pas encore eu vent du « complexe militaro-industriel » américain ou du dessein d’un monde unipolaire sous domination étasunienne ?

    Il faut cesser de croire que les sanctions contre la Russie sont imposées pour les raisons vertueuses qu’on prétend, et qu’elles visent exclusivement la Russie. Dès lors, il suffit de constater qu’elles bénéficient à certains intérêts économiques, politiques et idéologiques américains pour comprendre que ceux qui défendent ces derniers continuent de recourir aux sanctions parce que, pour eux, elles fonctionnent comme prévu.

    Si le monde ne va pas où nous voulons, ce n’est pas une erreur, c’est juste que ce n’est pas nous qui en décidons.

      +31

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  • Lev // 19.07.2022 à 10h39

    Il faut être très naïf pour croire que ces gens ne savent pas ce qu’ils font. Ou alors vouloir les excuser très beaucoup parce qu’après tout ce sont nos amis du camp du bien.

      +8

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    • Dominique65 // 19.07.2022 à 17h33

      … ou il faut absolument vouloir croire à leur intelligence. Pourtant ce n’est pas le plus aveuglant (j’aime les litotes) chez Lemaire ou Drian.

        +8

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  • Alain // 19.07.2022 à 12h31

    Mais les sanctions n’ont pas pour but d’arrêter la guerre et ne s’arrêteront pas avec elle, il est d’ailleurs bien dit qu’il s’agit de se rendre indépendant de la Russie définitivement. Leur objectif est d’empêcher que le cauchemar américain ne se réalise: la collaboration Allemagne – Russie qu’ils croient, à tort ou à raison, être le cercueil de leur hégémonie. Et leur succès est donc éclatant.

    L’Europe pensait pouvoir le faire à son rythme pour minimiser les inconvénients, elle croyait que les Russes allaient simplement essayer de les conserver le plus longtemps possible car elle aurait besoin des rentrées financières correspondantes. Mais patatras, elle donne un « coup de main » en permettant à l’Europe d’arriver à son objectif beaucoup plus vite !!!

      +11

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    • Yom // 21.07.2022 à 10h13

      Une collaboration Russie / Allemagne ou même, plus généralement, Russie / Europe de l’Ouest.

      Imaginez les capacités industrielles de l’Europe occidentale alimentées à plein régime par les matières premières et l’énergie Russe. Cela donne une puissance économique capable d’éclipser les USA. D’autant plus que c’est déjà ce qui se monte à l’autre bout du continent Eurasiatique avec les capacités industrielles montantes de la Chine qui sont alimentées en hydrocarbures Russes via le tuyau Force de Sibérie et, prochainement, Force de Sibérie 2.

      Le cauchemar des hégémonistes américains, c’est l’Eurasie de Lisbonne à Vladivostok. Ce que les tenants de la théorie du nouveau grand jeu appellent le Continent Monde.

      Mais comme nos dirigeants corrompus roulent pour leurs parrains américains plutôt que pour les peuples d’Europe, cela se fera sans nous, voire contre nous, plutôt qu’avec nous.

        +6

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  • petitjean // 19.07.2022 à 14h46

    le peuple irakiens se souvient des sanctions américaines : la secrétaire d’état Madelaine Albright, à propos des victimes de ces sanctions : « 500 000 morts, ça valait le coup »

    Madeleine Albright assume la mort de 500 000 enfants irakiens
    https://www.youtube.com/watch?v=CYrPvRk0j-8

      +21

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  • Ellilou // 19.07.2022 à 15h32

    Et 60 ans de blocus sur Cuba et d’opérations et coups bas en tout genre ne sont pas non plus venus à bout du peuple cubain…Les USA, leurs sanctions et loi d’extraterritorialité acceptées sans moufter par leurs alliés, sont des criminels!

      +23

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  • Gilles // 19.07.2022 à 16h52

    Tout cela est largement connu. J’ai suivi dans une prestigieuse université américaine un séminaire d’intelligence économique il y a déjà 10 ans. Un type très brillant du département d’état nous a fait une conférence sur les sanctions économiques. Conclusions :
    1-elle n’infléchissent jamais d’un iota une politique gouvernementale. Il n’y a aucun exemple, strictement aucun dans l’histoire de l’humanité qui le prouve. Au contraire, des légions d’exemples montrent le contraire.
    2- Les sanctions punissent et la tendance va s’accentuer les émetteurs de sanctions largement autant que la cible. Les sanctions n’ont jamais un effeut unilatéral.
    3 – Sortir d’un régime de sanctions est très difficile, et prends des décennies, c’est pourquoi ces tactiques sont dépassées et ne doivent plus être utilisées.
    Fermez le ban. C’était en 2010 !!

      +12

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  • Moussars // 19.07.2022 à 19h29

    Faudrait trouver un autre mot, plus fort que criminel…
    Poutine, un autocrate ? Sans discussion aucune. Le peuple russe n’a pas son mot à dire et est désinformé ? Tout à fait !
    Le problème c’est qu’en face, et au premier chef les États-Uniens, ce sont des démocraties, des gens bien informés, libres, montrant la voie aux misérables, qui votent et approuvent les nombreux crimes de leurs élus depuis des décennies sur le reste de la planète !
    CQFD…

      +6

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  • Subotai // 19.07.2022 à 19h47

    «  »La guerre économique cesse d’être une option « bon marché » lorsque la cible peut riposter. » »
    ***********
    Ben voyons!!
    Est ce de la naïveté ou simplement de la stupidité?
    Mais enfin dans quel monde ont ils cru vivre?
    A quel moment dans l’histoire du monde et dans leur propre histoire et vie personnelle ont ils vu quelqu’un se faire agresser sans riposter d’une manière ou d’une autre?
    L’hubris de ces gens restent encore incroyable.
    AUCUNE guerre n’est bon marché. Quand on fait la guerre, il faut être prêt à mourir.
    Il me semble que les Russes le sont; le sommes nous?

      +16

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    • Pierrot // 20.07.2022 à 19h11

      « AUCUNE guerre n’est bon marché. Quand on fait la guerre, il faut être prêt à mourir. »

      Vous oubliez un élément de taille : ceux qui fomentent ou déclarent les guerres ne sont pas ceux qui les font sur le terrain, mais ceux qui en tirent des bénéfices.

        +5

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  • utopiste // 20.07.2022 à 15h55

    Dans la majorité des cas, les « sanctions » économiques servent avant tout à créer un obstacle infranchissable entre les « ennemis » et les « alliés ».
    Dans les cas de la Russie, il est avant tout question d’interdire aux futurs concurrents russes d’accéder à la plateforme d’échange européenne et de couper définitivement les ennuyeux européens des ressources russes qui leurs permettaient d’exister encore malgré tous les efforts entrepris pour les parquer et museler.

      +5

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