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13.mars.202113.3.2021 // Les Crises

Avec le soutien de Biden, la Géorgie bientôt dans l’OTAN ?

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Source : Responsible Statecraft, Adam Pontius

Traduit par les lecteurs du site Les Crises

Le président Joseph R. Biden, Jr., avec le vice-président Kamala K. Harris et le secrétaire d’État Antony J. Blinken, prononce une allocution aux employés du département d’État, au département d’État américain à Washington, DC, le 4 février 2021. [ Photo du département d’État par Freddie Everett]

La suggestion du secrétaire d’État Antony Blinken lors de son audition de confirmation, selon laquelle il envisagerait de soutenir l’adhésion de la Géorgie à l’OTAN, a été largement ignorée. Depuis, les médias géorgiens ont rapporté que Blinken a également soulevé la question de la Géorgie lors de son premier appel avec le ministre russe des Affaires étrangères Sergey Lavrov. Mais si l’administration Biden continue à pousser la question de l’adhésion potentielle de la Géorgie à l’OTAN, cela mettrait en danger la stabilité déjà précaire du Caucase du Sud et augmenterait la probabilité d’un malentendu entre Moscou et Washington.

L’adhésion de la Géorgie à l’OTAN nuirait également aux relations déjà tendues entre les États-Unis et l’Europe – où l’opinion publique ne soutient guère la rivalité actuelle avec la Russie – ce qui pourrait compromettre la coopération européenne sur des questions allant de l’essor de la Chine au changement climatique.

La Russie ne considérera pas l’adhésion de la Géorgie comme un geste de charité. La Russie a déjà perdu de l’influence dans le Caucase du Sud, une région que Moscou considérait dans sa sphère d’influence il y a tout juste dix ans.

L’année dernière encore, la Russie a payé un prix géopolitique élevé pour la résolution du conflit du Haut-Karabakh entre l’Azerbaïdjan et l’Arménie. Si Moscou a pu négocier un cessez-le-feu, elle a dû déployer des forces de maintien de la paix et accepter l’influence de la Turquie (État membre de l’OTAN) dans le Caucase du Sud. Alors que l’influence relative de la Russie dans la région s’amenuise, tout signe de soutien de l’administration Biden à la campagne d’adhésion de la Géorgie à l’OTAN pourrait provoquer une violente réaction russe.

Les dirigeants européens ne soutiendront probablement pas l’adhésion de la Géorgie à l’OTAN. La chancelière allemande Angela Merkel – qui a déclaré qu’elle ne prévoyait pas « l’adhésion rapide de la Géorgie à l’OTAN » – arrive à la fin de son long mandat, et rien ne suggère que ses successeurs potentiels seront plus disposés à étendre l’OTAN vers l’Est. De plus, un récent sondage du Conseil européen des Relations extérieures suggère que la plupart des Allemands ne veulent pas prendre parti entre Washington et Moscou. Pendant ce temps, l’Eurasia Group Foundation a constaté que les Allemands sont profondément pessimistes quant aux liens avec les États-Unis. Ainsi, pousser à l’adhésion de la Géorgie sans le soutien de l’Europe mettrait en danger la bonne volonté des alliés de l’OTAN, à laquelle Biden accorde une priorité essentielle.

Les États-Unis se sont déjà engagés dans cette voie auparavant, et le résultat a été désastreux. Lors du sommet de l’OTAN à Bucarest en avril 2008, le président George W. Bush a poussé l’idée d’élargir l’alliance à la Géorgie et à l’Ukraine. Merkel a dirigé l’opposition européenne et a averti que la Russie interpréterait toute nouvelle expansion de l’OTAN vers l’Est comme une menace existentielle. Un compromis a finalement été trouvé dans la déclaration de Bucarest, qui contient des termes engageant l’alliance à envisager l’adhésion de la Géorgie à terme, mais sans calendrier précis.

Moscou et Tblissi ont tous deux presque immédiatement mal interprété l’intention ambiguë de la déclaration de Bucarest. Vingt minutes seulement après que l’OTAN l’a rendue publique, la Russie a annoncé qu’elle apporterait son soutien à l’Abkhazie et à l’Ossétie du Sud, deux provinces séparatistes du nord de la Géorgie. Quatre mois plus tard, le président géorgien Mikhail Sakashvilli a lancé une offensive malavisée contre les milices ossètes et les soldats de la paix russes à Tskinvali, la capitale de l’Ossétie du Sud. Les forces russes ont rapidement surpassé l’armée géorgienne et ont gagné la guerre en 12 jours. Au lendemain de la guerre, 20 000 Géorgiens de souche n’ont pas pu rentrer chez eux en Ossétie du Sud.

Douze ans plus tard, la Géorgie est encore plus loin d’obtenir son adhésion à l’OTAN. L’Abkhazie et l’Ossétie du Sud restent toutes deux indépendantes de facto, et alignées de manière rigide sur Moscou. À moins d’un changement radical dans la politique russe, il n’y a aucune chance que Tbilissi reprenne le contrôle de l’Ossétie du Sud et de l’Abkhazie de manière pacifique. Selon les conditions d’adhésion à l’OTAN, les candidats ne doivent pas avoir de conflits territoriaux en cours, et il est peu probable que la Géorgie soit disposée à laisser les provinces partir.

L’administration Biden peut comprendre que la campagne de la Géorgie pour rejoindre l’OTAN est irréalisable à court terme. Et il se peut que le soutien public à la candidature de la Géorgie soit simplement un outil de négociation, ou qu’il fasse partie de la suite donnée à la promesse du président Biden de « punir la Russie » pour une série de piratages de systèmes informatiques américains liés à l’espionnage et qui auraient été menés par Moscou. Mais comme nous l’avons vu, la Russie et la Géorgie pourraient interpréter à tort une telle ambiguïté, ce qui aurait des conséquences désastreuses. En effet, les médias géorgiens ont déjà accordé aux propos de Blinken une couverture plus importante que ce à quoi l’administration Biden pouvait s’attendre.

L’adhésion de la Géorgie à l’OTAN n’est pas la bonne question pour ce type de manoeuvre diplomatique. Lors de son audition d’intronisation, Blinken a laissé entendre que la Géorgie deviendrait plus sûre en adhérant à l’OTAN. Bien qu’il ne soit pas clair que ce soit le résultat final dans le cas de la Géorgie, ce qui est certain, c’est que le processus de candidature lui-même mettrait en danger la Géorgie, la stabilité du Caucase du Sud et les intérêts américains dans la région. Pousser dans cette voie est un pari sans gain clair pour les États-Unis.

De plus, l’adhésion de la Géorgie à l’OTAN ajouterait encore un autre engagement au titre de l’article V – une question qui est déjà controversée dans l’opinion publique américaine – un allié limitrophe d’une Russie de moins en moins sûre.

Une autre conséquence serait l’augmentation des tensions entre la Russie et la Géorgie, voire une guerre totale, et la poursuite de l’effilochage des liens américains avec l’Europe occidentale. Le fait de forcer la question de l’adhésion de la Géorgie à l’OTAN dès maintenant mettra à rude épreuve des relations déjà tendues avec des alliés comme l’Allemagne. Le rétablissement de la relation transatlantique était un principe central du programme de politique étrangère de la campagne Biden. Ce n’est pas le moment de souligner ces relations dans le seul but de mettre Poutine dans le collimateur.

Source : Responsible Statecraft, Adam Pontius 10-02-2021

Traduit par les lecteurs du site Les Crises

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Commentaire recommandé

RGT // 13.03.2021 à 08h20

La Géorgie, ce beau pays pétri de démocratie aux pratiques si humanitaires.

N’oublions jamais que Josep Dougachvili et Lavrenti Beria, ces grands humanistes devant l’Éternel, étaient tous deux issus de cette « gentille démocratie innocente ».

Et que leurs successeurs, Saakachvili en tête, sont bien sûr pétris de respect pour les populations.

Et, cerise sur le gâteau, que le statut de l’Abkhazie et de l’Ossétie du Sud en tant que républiques indépendantes avait été défini lors de la chute de l’URSS pour éviter l’émergence de nouveaux conflits.

D’ailleurs, il est étonnant que le statut de la Crimée (et même du Donbass dans son ensemble) n’aient pas été traités par la même occasion, la Crimée ayant été donnée à l’Ukraine un soir de beuverie de 1954 par Khrouchtchev (ukrainien, ne l’oublions pas) en échange de soutiens bassement politicards. Sans se soucier d’ailleurs des traditions et des vœux de la population…

Pour mémoire, l’Ukraine n’est qu’un pays fantoche créé de toutes pièces par les bolchéviks pour faire baisser l’influence de la Russie et créer un état sur les ruines des empires coloniaux lituaniens, polonais, autrichiens et roumains, les populations russes ayant été forcées de rejoindre cette « coalition » pour lui donner un peu de poids « géopolitique ».

Les événements ultérieurs (Bandera et autres joyeusetés) démontrant bien l’artificialité de cet état déliquescent depuis sa naissance, les parties russophones n’ayant pas connu de forte flambée nazie mais ayant « bien dégusté » pendant cette période.

Pour résumer, l’objectif des USA consiste simplement à prendre en étau la Russie et ses alliés traditionnels (serbes entre autres) entre des voisins « fréquentables » (nazis baltes, ukrainiens, croates…) tout en tentant de foutre le bordel en interne avec des sales types du genre Navalny.

S’ils pouvaient seulement leur foutre la paix (ainsi qu’à la planète entière aussi) ce serait un bienfait.

Je ne suis pas « pro-Poutine », en fait je m’en fous.
C’est le « problème » des russes et je n’ai pas à me mêler de leurs affaires.
Par contre, je n’aime pas qu’on vienne mettre son nez dans mes propres affaires et que des pays étrangers viennent DICTER à « nos » élites quelle politique suivre pour le « bien de la population française ».

Pour l’instant, les russes nous foutent la paix, donc la moindre des choses consiste à leur rendre leur politesse.

15 réactions et commentaires

  • Darras // 13.03.2021 à 07h33

    C’est amusant, quand je lis cet article, j’ai la sensation d’un conte de fée où les vassaux Européens auraient leur mots à dire et seraient complètement libres de leurs decisions avec un président américain qui rechercherait anxieusement leur « bienveillance ».
    A croire que l’auteur n’a jamais lu Snowden qui faisait parti, il y a 15 ans, d’une petite équipe de la CIA dont le boulot était d’implanter des bombes informatiques dans tous les réseaux européens(lui c’était l’Autriche) pour totalement paralyser leurs infrastructures en cas de deviationisme.
    Ou encore Udo Ulkflote, journaliste Allemand ayant sorti un livre accablant prouvant que l’intégralité de la presse allemande est sous contrôle des agences US six mois avant de mourir trés opportunément d’une crise cardiaque ( avec l’AVC et le cancer de la mâchoire…
    Bon.
    Sinon, tous ces petits pays ex-partie de la Russie puis de l’URSS sont des artifices de l’Histoire. Soit, comme les Baltes, l’Ukraine ou les Caucasiens, il n’ont jamais existé en tant que tel,où il y a plus de mille ans et sont ballottés entre empires rivaux, Russe, Allemand, Autrichien, Turc, soit, comme la Pologne, ils ont disparu il y a plusieurs siècles et n’existe que par la bonne volonté des nouveaux empires. Ça les rend politiquement trés irresponsables et les encourage à surenchérir sur les souhaits de leur maîtres. Les guerres majeures arrivent toujours par ces pays là car ils ne sont que des points de chauffe entre empires rivaux. Rien d’autre. C’est leur seul raison d’exister.

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    • Darras // 13.03.2021 à 07h54

      L’ancienne colossale Pologne, dépecée entre Russes et Prussiens en 1795 n’a été créé de toute pièce après la première GM que pour diminuer l’Allemagne et l’URSS. Les Baltes idem et n’ont jamais existé en tant qu’états souverains. Tout comme Ukraine, Moldavie, Géorgie, Arménie et tous les « stan » furent créer artificiellement par les Russes pour faire masse en URSS. Tout comme Roumanie, Bulgarie, Grèce, Serbie furent créés pour amenuiser la Turquie impériale. L’intégralité des frontières Arabes fut un dépeçage impérialiste de l’Empire Turc par les franco-anglais jouets des rivalités occidentales et régionales. Et quand ces pays ont aspiré à exister, on les a détruit en profitant de l’effondrement de l’Empire Russe, Serbie, Irak, Syrie, Libye,, Egypte…

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      • Rv // 13.03.2021 à 17h02

        Ne surtout pas oublier le rôle de l’influent conseiller Raphaël Glucksman et le rôle effectif de sa femme de 2009 à 2014, lors de cette période de violence en Ukraine ? Eka Zgouladze, celle-là même qui, de décembre 2014 à mai 2016, allait devenir vice-ministre de l’Intérieur de l’Ukraine. Lorsqu’elle rencontre Raphaël Glucksmann, elle est vice-ministre de l’Intérieur de Géorgie, alors dirigée par l’atlantiste Saakachvili (2005-2012) dont Raphaël Glucksmann est un conseiller officieux depuis 2004. Aussi comprenons que notre donneur de leçons en série fut marié à une femme qui allait devenir ministre à la tête d’une véritable organisation militaire et maffieuse parallèle, capable d’employer des régiments [modéré] pour ses basses œuvres et ainsi faire basculer la pseudo-révolution de l’Euro-maïdan dans le camp atlantiste.
        Bis repetita avec le Liban ?
        Le 23 septembre 2020, Raphaël Glucksmann est élu président de la commission spéciale sur l’ingérence étrangère dans l’ensemble des processus démocratiques de l’Union européenne[65].

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    • fractale93 // 13.03.2021 à 13h45

      Bonjour…auriez vous de bons bouquins de géopolitique ou d’histoire concernant ce que vous dites, à me conseiller SVP…merci o:))

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      • Darras // 13.03.2021 à 18h31

        N’importe quel bouquin d’histoire fera l’affaire. 🙂

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      • allpa // 14.03.2021 à 22h30

        « Le grand échiquier » Z. Brzezinski (1997)

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      • Zevengeur // 15.03.2021 à 09h54

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      • Surcuf // 15.03.2021 à 12h42

        Bonjour,

        Je vous conseille : Le grand jeu de Christian Greiling qui explique les bases et les ressorts de la géopolitique et explique les évènements actuels.

        Un livre Très accessible.

        Bàv

          +0

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  • RGT // 13.03.2021 à 08h20

    La Géorgie, ce beau pays pétri de démocratie aux pratiques si humanitaires.

    N’oublions jamais que Josep Dougachvili et Lavrenti Beria, ces grands humanistes devant l’Éternel, étaient tous deux issus de cette « gentille démocratie innocente ».

    Et que leurs successeurs, Saakachvili en tête, sont bien sûr pétris de respect pour les populations.

    Et, cerise sur le gâteau, que le statut de l’Abkhazie et de l’Ossétie du Sud en tant que républiques indépendantes avait été défini lors de la chute de l’URSS pour éviter l’émergence de nouveaux conflits.

    D’ailleurs, il est étonnant que le statut de la Crimée (et même du Donbass dans son ensemble) n’aient pas été traités par la même occasion, la Crimée ayant été donnée à l’Ukraine un soir de beuverie de 1954 par Khrouchtchev (ukrainien, ne l’oublions pas) en échange de soutiens bassement politicards. Sans se soucier d’ailleurs des traditions et des vœux de la population…

    Pour mémoire, l’Ukraine n’est qu’un pays fantoche créé de toutes pièces par les bolchéviks pour faire baisser l’influence de la Russie et créer un état sur les ruines des empires coloniaux lituaniens, polonais, autrichiens et roumains, les populations russes ayant été forcées de rejoindre cette « coalition » pour lui donner un peu de poids « géopolitique ».

    Les événements ultérieurs (Bandera et autres joyeusetés) démontrant bien l’artificialité de cet état déliquescent depuis sa naissance, les parties russophones n’ayant pas connu de forte flambée nazie mais ayant « bien dégusté » pendant cette période.

    Pour résumer, l’objectif des USA consiste simplement à prendre en étau la Russie et ses alliés traditionnels (serbes entre autres) entre des voisins « fréquentables » (nazis baltes, ukrainiens, croates…) tout en tentant de foutre le bordel en interne avec des sales types du genre Navalny.

    S’ils pouvaient seulement leur foutre la paix (ainsi qu’à la planète entière aussi) ce serait un bienfait.

    Je ne suis pas « pro-Poutine », en fait je m’en fous.
    C’est le « problème » des russes et je n’ai pas à me mêler de leurs affaires.
    Par contre, je n’aime pas qu’on vienne mettre son nez dans mes propres affaires et que des pays étrangers viennent DICTER à « nos » élites quelle politique suivre pour le « bien de la population française ».

    Pour l’instant, les russes nous foutent la paix, donc la moindre des choses consiste à leur rendre leur politesse.

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  • LibEgaFra // 13.03.2021 à 10h26

     » L’Abkhazie et l’Ossétie du Sud restent toutes deux indépendantes de facto, et alignées de manière rigide sur Moscou. »

    Rigide? La Russie garantit leur indépendance. C’est curieux, mais cela me rappelle l’indépendance du Kosovo.

    Comme quoi il y a de mauvaises indépendances… et des bonnes.

    « Selon les conditions d’adhésion à l’OTAN, les candidats ne doivent pas avoir de conflits territoriaux en cours,  »

    Ouf, cela permet d’écarter un prétexte pour une 3me guerre mondiale. Et donc idem pour l’Ukraine.

    « La Russie a déjà perdu de l’influence dans le Caucase du Sud »

    C’est tout le contraire. L’influence perdue était due aux nouveaux dirigeants arméniens et ces incapables ont refusé le premier accord de paix proposé par la Russie alors que le Karabagh était encore majoritairement sous contrôle indépendantiste et que ces incapables sont allés pleurer à Washington. Résultat: second plan de paix accepté sous la contrainte après la perte de la moitié du Karabagh et tutelle de Moscou qui a renforcé son influence des deux côtés, écartant la Turquie qui n’est pas partie de l’accord.

      +19

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    • Darras // 13.03.2021 à 12h13

      Tout à fait. L’influence était déjà perdue en Géorgie depuis 15 ans, en Azerbaïdjan depuis plus de 20 ans et l’Armenie depuis 2018. C’est comme vous le dites un retour et même un verrouillage. Les forces Russes contrôlent maintenant toute la circulation du sud Caucase. Et les troupes placées là ne sont pas spécialement des comiques.

        +15

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    • Obermeyer // 13.03.2021 à 13h58

      L’Arménie et la Russie sont liés par un accord de défense il est vrai . C’est pour cela que les Azeris n’ont jamais cherché à attaquer l’Arménie , mais seulement le Haut Karabagh , qui lui n’était pas couvert par cet accord . Les arméniens n’oublierons pas d’élire un nouveau chef de gouvernement plus proche de Moscou , et non pas un Nikol Pachinian , un atlantiste qui les a trahis en cherchant à jouer sur les deux tableaux . Le Bielorusse Loukatchenko a lui aussi tenté la pression atlantiste pour arracher à Moscou de nouvelles concessions ( de très grosses ristournes sur le prix des carburants , entre autres … ) , il est revenu à la raison et dans le giron de l’ours qu’il n’aurait jamais dû chatouiller .

        +21

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  • naïf // 13.03.2021 à 16h57

    Non, ne me dites pas que Gluksmann va nous quitter pour organiser l’installation de bases de missiles dirigés contre « l’empire » « soviétique » qui ne pense qu’à nous envahir?!
    Mais que va t-on devenir??

      +10

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  • moshedayan // 14.03.2021 à 09h50

    Darras, votre analyse est brillante !
    je retenais ce passage « bizarre » « L’adhésion de la Géorgie à l’OTAN nuirait également aux relations déjà tendues entre les États-Unis et l’Europe – où l’opinion publique ne soutient guère la rivalité actuelle avec la Russie – ce qui pourrait compromettre la coopération européenne … »
    je fais court…les Russes partagent votre avis et ont compris que l’UE ne vaut rien politiquement face aux Etats-Unis.
    Jirinovski ne s’y trompe quand devant la Douma il répète que l’ennemi principal ce sont les Anglo-Saxons…

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  • allpa // 14.03.2021 à 22h37

    Février 2015, conférence donnée par George Friedman fondateur et dirigeant de la société américaine Strategic Forecasting, Inc (Stratfor), baptisée la « CIA de l’ombre » :

    Montage d’extraits (sous-titrage en français par Thalie Thalie) : https://youtu.be/emCEfEYom4A?t=3

    Cet extrait permet de mieux comprendre le contexte géopolitique des Etats-Unis vis-à-vis de l’Europe et surtout vis-à-vis de l’Allemagne et sa position vis-à-vis de la Russie.

      +5

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