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4.juin.20204.6.2020 // Les Crises

Ouvertures – par Frédéric Lordon

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Source : Le Monde Diplomatique – Frédéric Lordon

Il n’y a pas de plan tout armé. Il n’y a que des exercices de méthode, et de conséquence. D’abord poser ce que nous tenons pour nos orientations fondamentales ou nos urgences catégoriques. Ensuite, enchaîner logiquement nos idées à partir de là, c’est-à-dire en tentant autant que possible de les tenir à la hauteur de ce que nous avons posé.

Or nous disposons d’un point de départ très assuré : le capitalisme détruit les hommes, et il détruit la planète (et par-là re-détruit les hommes, mais d’une autre manière). Nous en tirons immédiatement les impératifs directeurs d’une autre organisation sociale : 1) dans le processus nécessairement collectif de la reproduction matérielle, les individus sont convoqués en égaux : ils n’ont pas à être soumis à des rapports de subordination hiérarchique qui les maltraitent ; 2) une organisation sociale digne de ce nom se donne pour devoir de relever chacun de l’inquiétude de subsistance et de lui garantir, dans des conditions collectivement déterminées, la plus grande tranquillité matérielle sur toute la vie ; 3) la production globale, si elle est nécessaire, est décrétée a priori ennemie de la nature, donc subordonnée, dans cette mesure, à de rigoureux compromis, ce qu’on exprimera autrement en disant que l’activité économique doit tendre à sa propre minimisation relative.

La position de ces principes rencontre alors, d’une part la contrainte de l’état présent des choses, notamment des forces sociales en présence, et d’autre part celle qui pèse sur les déplacements « anthropologiques » possibles, à mettre en face des déplacements requis, pour soutenir un régime économique tout autre, qui puisse être considéré comme collectivement désirable, donc politiquement viable.

La question des — de toutes les — échelles

L’intersection entre l’ensemble des principes et celui des contraintes est loin d’être vide. On y trouve (au moins) la proposition de Bernard Friot. Qui a pour elle d’être à la hauteur du problème, d’offrir deux coups de génie… et aussi de présenter quelques inconvénients. Donc de faire une très bonne base de départ. « À la hauteur », c’est d’abord une question d’échelle sociale. La proposition de Friot est macroscopique, ce qui signifie que ce à la hauteur de quoi elle se porte, c’est la division du travail — la question délaissée des solutions localistes.

On pourrait dire aussi : la question du mode de production, mais en prenant la catégorie au sérieux, c’est-à-dire en un sens marxien : il y a mode de production quand une organisation collective est capable, non seulement de produire (trivialement…) mais de produire ses moyens de production. Or la production des moyens de production est autrement plus exigeante que la production elle-même (celle des biens finaux). Et d’une exigence qui est celle même d’une division du travail vaste et profonde.

L’impasse sur la question de la division du travail vaut condamnation à l’existence interstitielle et dépendante, branchée sur un extérieur productif… qui sera ce qu’il sera (pour l’heure capitaliste). Or la question de la division du travail est macrosociale. Ergo, toute proposition d’alternative au capitalisme doit se porter à l’échelle macrosociale, ou bien se résigner à n’occuper que les marges — et laisser le gros milieu en l’état.

Cependant, que l’alternative au capitalisme — on l’appellera désormais génériquement « communisme » —, ait impérativement à se situer à l’échelle macrosociale ne signifie en rien qu’elle doive n’être préoccupée que d’elle. L’exclusivité du macrosocial débouche nécessairement sur celle de l’État, lieu institutionnel unique où le macrosocial s’exprime et se totalise. Or, nous savons ce que ça donne : l’asservissement des multiplicités du social sous la férule du pouvoir-planificateur unique — précisément le genre de chose que personne ne veut revoir. Dans l’épouvantail que constitue le seul mot de « communisme », on trouve pêle-mêle, le goulag, le KGB, l’abolition de « la propriété » (qui nous oblige à vivre en appartements collectifs, peut-être même à partager nos vêtements) et, donc, le Gosplan dont les aberrations, et les incuries, n’ont eu de bon que de nourrir l’humour soviétique.

Il est certain qu’une perspective communiste ne suscitera pas à nouveau l’intérêt sans avoir au préalable refait la scène imaginaire, en en évacuant ces formations (dont certaines furent bien réelles, faut-il le dire), pour mettre à leur place de nouvelles images, de nouvelles figurations. En particulier, donc, celles de la restructuration du feuilletage de l’organisation sociale, de la ré-articulation de ses multiples échelles, sous un « principe du maximum » : le plus possible au plus local possible.

En matière d’institutions et d’organisations collectives, plus c’est loin, moins c’est contrôlable ; moins c’est contrôlable, plus ça échappe ; plus ça échappe et plus ça se sépare, plus ça vit sa vie propre, plus ça oublie pour quoi c’était fait à l’origine, et plus ça oppresse — à la fin, plus ça opprime. Et tout ceci, cependant, sans préjudice d’un principe « antagoniste » de recomposition et de cohérence macrosociale, le niveau où vit une communauté politique suffisamment vaste pour soutenir un mode de production — et (donc) sa division du travail.

Or il y a ça dans la proposition de Friot. Ou disons qu’elle ne l’exclut pas formellement, et même, on le verra, qu’elle le prévoit explicitement à certains égards. Mais il y a surtout les deux coups de génie : la cotisation générale et le conventionnement.

Salaire à vie et conventionnement

La cotisation générale, c’est le point de départ et le cœur même de la construction. L’intégralité de la valeur ajoutée des entreprises est apportée en ressource cotisée à un système de caisses qui va en effectuer la redistribution. En premier lieu sous la forme du salaire, attaché à la personne même, donc détaché de l’emploi. L’emploi est une catégorie capitaliste. Qui suspend la rémunération, donc la vie matérielle, des individus à un lieu fantastique, nommé « marché du travail », transfiguration impersonnelle d’un lieu réel : l’arbitraire patronal.

Plus exactement, la vie matérielle des personnes est suspendue à un double arbitraire : l’arbitraire du marché (des biens et services), réfracté par l’arbitraire du patron. Le marché fluctue, et le patron décide souverainement de ce qu’il va faire des salariés dans cette fluctuation. On travaillait dans un secteur, et un jour surgit un concurrent inattendu avec un coût de production moitié moindre, ou bien une innovation qui déclasse fatalement les anciennes productions (disques vinyl, CD, mp3), ou bien une pandémie imprévisible qui met à terre le secteur entier (transport aérien, spectacle) : fluctuation.

Parfaitement hors de la responsabilité des salariés mais dont les salariés porteront néanmoins tous les effets. Et puis la responsabilité de « se battre » pour atténuer les effets : travailler plus, gagner moins, renoncer aux avantages acquis, augmenter la productivité, voilà qui est « en leur pouvoir », s’entendent-ils dire — si bien qu’à la fin, s’il reste des effets à porter, ce sera de leur faute. Le tout sous la férule du patron qui met le « marché » en main : les « efforts » ou le chômage (et souvent le chômage après les « efforts », car l’engagement, le pacte, la parole donnée n’ont aucun sens pour un souverain, et, souverain, le patron l’est, ce sont les rapports sociaux du capitalisme qui l’installent en cette position). À la merci : c’est donc ainsi que vivent les individus non-patrons quand leur situation est accrochée à « l’emploi ». Ceci n’est plus tolérable.

Ce que Friot nomme « salaire à vie » est une proposition cohérente au sens suivant : à la hauteur de cette intolérance posée en principe. Le principe veut d’abord que la situation matérielle des individus ne soit plus à la merci de choses qui ne dépendent pas d’eux, ensuite que, plus généralement, la stabilité en cette matière, c’est-à-dire la tranquillité, la soustraction à la précarité qui épuise, vaille en soi, et de manière irréfragable. La rémunération n’est alors plus attachée à une place de la division du travail susceptible des pires remaniements, voire d’évaporation complète, sous l’effet des incessantes restructurations impulsées par la concurrence capitaliste : elle est attachée à la personne, comme porteuse d’un droit fondamental à la rémunération stable et suffisante.

Le principe du « salaire à vie » est opéré par la cotisation collectée et redistribuée par les caisses, en particulier la « caisse de salaire » qui, comme son nom l’indique, reverse aux personnes leur rémunération sans égard pour aucune autre donnée que leur niveau de qualification (établie selon un système d’épreuves codifiées et déterminant une hiérarchie résiduelle des revenus) — un « sans égard » qui ne sera d’ailleurs pas sans poser quelques problèmes s’il signifie une parfaite inconditionnalité.

Mais Friot ne s’est pas arrêté au « salaire à vie ». Plus l’idée originelle se développe plus elle étend sa cohérence d’ensemble dans de nouvelles directions. Le deuxième coup de génie, c’est le conventionnement. Une partie du salaire est versée en monnaie sur un compte ordinaire, une autre sur une carte — une carte Vitale étendue ! — qui ne peut être utilisée qu’auprès d’un certain nombres de producteurs agréés (alimentation, transports, énergie, etc.), dûment conventionnés par décision citoyenne (dans des assemblées à divers niveaux territoriaux) pour leur respect d’un certain nombre de normes (environnementales, ancrage local et respect des circuits courts, pratiques productives, etc.).

Si bien que les individus ont accès à trois sortes de consommation : la consommation privée libre ; la consommation privée « encadrée », celle qui est permise par la carte Vitale étendue et « dirige » la demande vers des offres conventionnées, c’est-à-dire conformes à une norme politique de non-nuisance, donc soustraite aux dégâts d’indifférence des productions capitalistes ; enfin la consommation socialisée gratuite (santé, éducation) dont le champ pourrait être étendu (transports, logement).

Le coup de génie du conventionnement est double qui tient à la fois à la création d’un dispositif d’incitations permettant de peser significativement sur les orientations de la production, et à la forme politique de son processus de normalisation : non pas tombé du haut de quelque comité d’État, mais élaboré par la décision collective aux niveaux territoriaux qui correspondent aux producteurs à conventionner : un agriculteur local ne relève pas du même niveau de décision qu’une entreprise de construction régionale par exemple. Bref, le dispositif d’ensemble du conventionnement se tient au « principe du maximum » : décentralisé autant qu’il peut l’être, étagé à tous les niveaux pertinents de la division du travail, du très local au global.

Cependant, la manière même dont Friot présente la trouvaille du conventionnement révèle en creux une faiblesse de sa proposition d’ensemble. Car, nous dit-il, le conventionnement aurait surtout pour vertu de détourner la demande (celle de la consommation privée « encadrée ») des offreurs capitalistes pour l’orienter préférentiellement vers des entreprises passées à la propriété d’usage et à l’autogestion, retirées des marchés de capitaux pour leur financement et des circuits les plus néfastes de la mondialisation pour leur sous-traitance.

À quoi l’on comprend, logiquement, que Friot veut planter son innovation dans le capitalisme pour l’y faire prospérer. En pariant que son dynamisme évolutionnaire sera soutenu par ses bonnes propriétés politiques. Et finira par gagner tout le terrain. Soit, formellement, le même argument — et la même erreur stratégique — que le dernier municipalisme de Bookchin : « notre système n’est pas seulement bon, il est le meilleur — entendre par là : politiquement le plus convaincant —, par conséquent il remportera la “compétition des systèmes” ».

Malheureusement, ça n’est pas ainsi que les choses se passeront. Leur désirer cette issue, c’est supposer accomplir cette prise de pouvoir dans les institutions politiques du capitalisme, aka « la démocratie » et, plus encore, supposer que ces institutions joueront selon leur principe affiché : organiser une équitable confrontation « des idées » et saluer celle qui l’emporte pour la laisser se convertir en politique publique. Mais c’est un rêve merveilleux. Qui suppose que, fair play, les forces capitalistes s’inclineraient dans un débat de visions à la loyale, reconnaîtraient que la proposition alternative a su être meilleure, s’est montré plus convaincante et a, normalement, triomphé. Or voilà : le capitalisme n’est pas « sport ».

Que sa proposition soit merdique pour la majorité de la population, le cas échéant pour la planète ou l’univers entier, il s’en contre-tape : c’est la sienne, et ça lui semble une raison tout à fait suffisante pour la maintenir. Envers et contre tout s’il le faut. En conséquence, il regroupera ses forces pour écrabouiller tout ce qui montrera quelque chance de s’y opposer — et qui ne serait pas prêt à se défendre avec les moyens adéquats. Inutile de dire que toute proposition communiste, quelle que soit sa variante, fera l’objet de la plus grande attention, et d’un traitement spécial, quand bien même elle rallierait une vaste majorité électorale.

Le déjà-là et le pas-plus-loin

Voilà donc la seule hypothèse raisonnable dont il faut partir : le capitalisme ne cohabitera pas avec ce qui peut le nier victorieusement, ni ne contemplera passivement sa progressive sortie de la scène de l’histoire. Nous nous trouvons donc à devoir distinguer deux formes de la transition : la « petite » et la « grande ». La « petite » est une transition depuis le capitalisme, la « grande » hors et contre. La « petite » transition croit pouvoir commencer au-dedans, s’y installer comme un germe qui va croître par son dynamisme spontané, pour finir par emporter le morceau.

C’est typiquement ce qu’envisage Bookchin quand il imagine d’abord des ilots municipalistes isolés, puis qui vont pousser des synapses et former une série d’archipels, lesquels par croissance continue finiront par percoler à l’échelle de l’ensemble — et ça sera gagné ! C’est, formellement parlant, la même dynamique que Bernard Friot a en tête, réglée dans son cas par l’unique paramètre du taux de cotisation sociale que, par victoires successives, on va graduellement pousser — et à 100 %, ce sera fait.

Là-contre, l’hypothèse raisonnable dit ceci : rien de tout ça n’arrivera. De transition, il n’y aura que la « grande », ou pas de transition du tout. Bien sûr il est de la prime importance de nous activer déjà de l’intérieur pour faire notre pelote : vertu préparatrice des vacuoles de possible qui, dès maintenant, se donnent vie localement. Mais en sachant qu’à un moment, c’est en passant par le dehors qu’il faudra renverser tout le dedans — à l’intérieur duquel, en fait, il y a trop peu de possible. Le grand possible, c’est le dehors : c’est ça l’idée en matière de transition.

Ici Friot objecterait peut-être qu’on a bien réussi à le faire monter ce taux de cotisation sociale entre 1945 et 1975, donc qu’historiquement parlant, la possibilité de le faire monter encore a été établie en principe (pratique). Mais ces trente années sont une illusion si on ne les regarde pas comme ce qu’elles sont : une parenthèse en fait non reproductible, une aberration exceptionnelle dans l’histoire du capitalisme. D’ailleurs permise par un dégagement initial phénoménal d’énergie politique : une guerre mondiale, ni plus ni moins. Pour imposer au capitalisme des constructions institutionnelles qui le contredisent sérieusement — tout en le laissant persévérer quand même —, il a fallu une énergie de l’ordre de grandeur « guerre mondiale ».

Avec liquidation des élites anciennes, poids symbolique, politique et militaire du vainqueur soviétique, constat d’échec accablant de la première mondialisation libérale, et table rase partielle. Les trente années qui ont suivi n’ont tenu que sur l’élan de cette formidable impulsion — trente années, à l’échelle de l’histoire, ça n’est pas si long. Puis elles se sont épuisées. Depuis 1938 et le colloque Lippman, les idéologues néolibéraux attendaient dans l’ombre leur heure — elle n’aura pas mis si longtemps à venir.

Le « déjà-là » de Bernard Friot (la cotisation sociale et le salaire à la qualification sont déjà là, depuis 1946, il ne tient qu’à nous d’en percevoir toute la portée historique et de la faire croître) est un argument à la fois très fort et limité. Il est très fort car il nous fait connaître que le communisme n’est pas une utopie tombée de la lune puisque, même si nous ne le percevons pas, nous vivons dans une société où ses principes sont déjà réalisés d’une certaine manière, qui plus est à une échelle significative.

Mais cet argument s’abuse lui-même s’il considère que son histoire a été regrettablement arrêtée et qu’on va simplement lui faire reprendre son cours. Le « déjà-là » en effet a cru pendant trente années (1945-1975) exceptionnelles, peu extrapolables, d’ailleurs depuis lors (quarante-cinq ans…), il est devenu (dans le meilleur des cas) un « pas-plus-loin ». Il faudra un événement politique considérable pour lui faire retrouver le sens de la marche. Un événement de type « transition ». « Petite » dans le scénario le plus économe, mais en ayant à l’esprit qu’elle risque fort de mal tourner et, sauf à échouer, de devoir muter spontanément en « grande ».

Mais alors, si la « grande » doit in fine être activée, pourquoi ne pas commencer directement avec elle ? Bien sûr, telle quelle, la question est un peu oiseuse : ce sont les conditions politiques qui décident. Donc pour l’heure tout ceci semble vaine spéculation. Disons seulement : spéculation. Car, après tout, pendant quarante ans les néolibéraux ont pensé leur affaire dans leurs catacombes. Et puis leur moment est venu, et leur affaire n’a plus été ni vaine ni spéculative.

Procédons de même : pensons notre affaire à nous. Préparons-la par exemple à partir de la proposition de Friot. Notre heure finira par venir.

À suivre

Frédéric Lordon

Source : Le Monde Diplomatique – Frédéric Lordon

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Véro // 04.06.2020 à 12h06

Ce que dit Lordon, c’est que les propositions de Friot sont géniales (salaire à vie et conventionnement), mais que le capitalisme ne laissera pas se développer ce genre d’innovations. Il ne peut pas y avoir de petite transition pour aller progressivement vers la grande, car si c’était possible ça supposerait que le pouvoir en place laisserait faire, ce qui n’arrivera pas.

42 réactions et commentaires

  • Ovni de Mars // 04.06.2020 à 08h29

    Les catastrophes provoquées par le capitalisme se succèdent avec une fréquence de plus en plus élevée. On peut donc penser qu’une dernière catastrophe (hyper inflation, pénurie mondiale de ressource essentielle, …) finira par l’emporter

    De toute façon, les idées de Friot et d’autres ne vont-elles pas prendre de plus en plus d’ampleur du fait même de la crise du capitalisme et du taux de profit ? Un petit signe parmi d’autres, aux États-Unis d’Amérique en ce moment, des Américains ont décidé de ne plus payer leurs loyers car ils ne le peuvent plus en raison de la Covid19 :

    https://www.ouest-france.fr/monde/etats-unis/etats-unis-en-californie-les-locataires-entament-une-greve-des-loyers-6812674

    En Californie, une partie du capital immobilier qui était déjà exorbitant ne rapporte rien en ce moment du fait même de l’impossibilité de le faire fructifier !

      +7

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  • Vercoquin // 04.06.2020 à 08h59

    « Il n’y a pas de plan tout armé. Il n’y a que des exercices de méthode, et de conséquence. D’abord poser ce que nous tenons pour nos orientations fondamentales ou nos urgences catégoriques. Ensuite, enchaîner logiquement nos idées à partir de là, c’est-à-dire en tentant autant que possible de les tenir à la hauteur de ce que nous avons posé. »

    Ça commence comme ça.
    C’est quoi ce charabia ?
    Comme introduction, je pense qu’on peut faire mieux.
    J’abandonne.
    Lordon est toujours très long et fastidieux à lire.
    Même si j’apprécie ses idées, c’est lourd. Très lourd.

    Si une âme charitable pouvait résumer en une dizaine de lignes, je lui accorderais des centaines de « like ».
    Désolé.

      +19

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    • jc // 04.06.2020 à 10h10

      « Je lui accorderais des centaines de « like ». Je vous en accorde un en mémoire de Boilevin.

      J’en profite pour faire remarquer que certains articles sont interdits aux commentaires, que certains autres sont autorisés mais les « like » interdits et qu’enfin d’autres, la grande majorité il me semble, sont autorisés aux commentaires avec « like ». Rien à redire jusque là pour moi pour ces choix éditoriaux. Par contre je ne suis pas d’accord lorsque la règle du jeu est changée en cours de route, comme cela a été le cas hier avec l’article https://www.les-crises.fr/allemagne-un-eminent-virologue-menace-de-mort-par-une-mouvance-conspirationniste/ par suppression des « like » (et, par la même occasion, du commentaire recommandé). Quand le vin est tiré il faut le boire…

        +10

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      • Fritz // 04.06.2020 à 10h58

        Et ce commentaire recommandé, celui d’Owen, était pondéré et n’insultait personne.

          +3

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    • RD // 04.06.2020 à 10h49

      Lordon = retour d’un capitalisme d’état monopolistique : il y a toujours l’argent, l’état, la plus-value, l’échange, la concurrence etc.

        +0

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    • Véro // 04.06.2020 à 12h06

      Ce que dit Lordon, c’est que les propositions de Friot sont géniales (salaire à vie et conventionnement), mais que le capitalisme ne laissera pas se développer ce genre d’innovations. Il ne peut pas y avoir de petite transition pour aller progressivement vers la grande, car si c’était possible ça supposerait que le pouvoir en place laisserait faire, ce qui n’arrivera pas.

        +23

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    • Subotai // 04.06.2020 à 20h17

      Il n’existe pas de solution toutes faites.
      Nous devons définir ce que nous voulons et pourquoi.
      De ce que nous voulons et de la nécessité découle logiquement ce qui doit être fait.
      Les plans doivent, du mieux possible, répondre à ce qui les motive.

        +1

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  • Cordialement // 04.06.2020 à 09h32

    J’espère que M Lordon se penchera vite sur la monnaie libre que visiblement, il ne connaît pas! Porteuse naturellement de tout les principes du Revenu universel et pouvant tout à fait être gérée sous la forme conventionnement, elle a ceci d’extraordinaire qu’elle coupe l’herbe sous le pied à l’accumulation sans fin de la propriété… et ce sans attendre enfin le grand soir! Abandonnez les monnaies crées par le capital lui même et il mourra naturellement.
    http://www.fdlm.eu/index.php/comprendre-les-monnaies-libres/

      +7

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    • Philippe, le Belge // 08.06.2020 à 23h18

      Vous pouvez utiliser la monnaie que vous voulez, au final ce sera toujours pour acheter des biens produits par le système en place, actuellement capitaliste. Vous retombez alors à la case départ.

        +0

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  • Fadosol // 04.06.2020 à 09h50

    Et la baisse tendancielle du taux de profit?

      +3

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    • Bernd Badder // 04.06.2020 à 14h14

      Rangée dans le même tiroir que la croissance infinie.

        +4

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  • Narm // 04.06.2020 à 10h09

    l’article développe les idée de Friot et lui « fait » dire des choses, chacun interprête

    Le Diplo de juin vaut le coup d’oeil

    je mettrai en avant l’article
    Travail Famille Wifi

    si ça vous rappelle quelque chose,
    vers l’asservissement total de tout le monde depuis chez soi
    Y en a un qu’à du faire des milliards sur le dos du covid. Celui là même qui finance l’oms et va mettre directement entreprises et travailleurs dans son filet.

      +6

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    • barbe // 04.06.2020 à 10h31

      Ou alors on attribuera au covid le reset généralisé des finances, comme le dit le mal nommé despot,
      au lieu de l’attribuer à ses véritables responsables : les places financières couplées aux banques centrales, qui n’ont aucune limite à la création de dettes.

        +5

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  • jc // 04.06.2020 à 10h40

    Moi je suis pour un capitalisme où la possession territoriale est notarialement inversée (untel appartient à telle terre), je suis pour un capitalisme stratifié selon le principe « qui trop embrasse mal étreint » qui restreint la propriété individuelle (un australien possède actuellement un domaine dont la superficie est voisine de celle du Portugal) en reportant l’excédent -selon le même principe- sur la propriété familiale, villageoise, communale, cantonale, etc. Et je suis pour un « coin à soi pour chier », pour reprendre une expression de Per-Jakez Heliaz, offert à chaque nouvel arrivant sur cette p….n de terre et inaliénable de son vivant.

      +4

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    • Rassemblement des Ouvriers et Intellectuels (ROI) // 04.06.2020 à 13h32

      Personnellement, sur la base des m2 de surface émergées et en fonction de leur valeur vénale, je diviserai la surface totale obtenue par le nombre d’habitants de la terre et j’attribuerais à chaque habitant une parcelle d’égale valeur, libre de toute taxe.
      Les achats ou ventes de parcelles seraient taxés, à hauteur des besoins des services d’intérêt général : une seule transaction annuelle devant pouvoir financer l’ensemble de ces besoins, deux transactions devant en financer chacune la moitié, quatre en finançant chacune le quart et ainsi de suite …
      Une autre taxe frapperait les parcelles dont la valeur excède la valeur moyenne de la parcelle type, pour mettre à contribution les plus favorisés par la vie et financer une allocation réservée à ceux ne pouvant pas exploiter eux-mêmes l’intégralité de leur parcelle, en raison d’un handicap quelconque, qui seraient forcés de céder l’usus et le fructus de leur propriété.

        +2

      Alerter
  • Brigitte // 04.06.2020 à 11h49

    Bah, Lordon n’est pas un théoricien. Il nous recycle encore le tryptique éculé: « liberté, égalité, fraternité ». Si les humains doivent être libres et égaux en droit, ce qui entend être soumis aux mêmes lois, ils ne sont pas égaux entre eux et donc pas libres en conséquence. Pas égaux en capacités, en désirs, en volonté, en valeurs morales. C’est ainsi. Cette fameuse égalité de principe que le communisme a érigé en système ne marche pas sans autorité. Il y en a toujours de plus égaux que d’autres….par la valeur ou par la force.
    L’épouvantable idée du salaire à vie. C’est l’oeuf et la poule. D’où vient l’argent qui sert à payer tout le monde? Qui le produit? tout le monde? Quelle naïveté de croire que ça va marcher.
    Si le paon mâle consacre autant d’énergie à faire la roue pour avoir la faveur des femelles, c’est pour se mettre en valeur et éviter d’employer la force. Il en est de même pour l’humain. Il doit se démarquer pour se mettre en valeur. Résultat des courses: le capitalisme et la religion. Donne d’un côté ce que tu prends de l’autre. Hypocrisie bien sur.
    Nous sommes rendus à un stade où nous voyons toute la perversion du système capitaliste mais ne savons pas par quoi le remplacer. Nous ne sommes pas prêts.
    Il faut aller vers un autre système, plus souple, plus sobre, plus équitable, plus libre. Faut-il tailler la queue du paon?

      +6

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    • Véro // 04.06.2020 à 12h09

      Pourquoi ça ne marcherait pas ? L’argent, ou plutôt la monnaie, ce n’est que la « matérialisation » de droits de créance.

        +1

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      • Kiwixar // 04.06.2020 à 12h30

        Le problème du salaire à vie, c’est : qui va effectuer certains travaux difficiles (voire dangereux) et indispensables, si chacun peut recevoir de quoi vivre tranquillement sans rien faire?

        Exemple : maintenance de centrales nucléaires, construction, éboueurs, soignant en ephad, travail nocturne, s’occuper des touristes, cuistot?

          +4

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        • Véro // 04.06.2020 à 15h44

          C’est une critique valable.

          Les personnes qui se retrouvent sans argent ou bien dans une insécurité matérielle importante ont tendance à réduire leur activité, parce que toute activité a un coût.
          A l’opposé on trouve plein de gens, soit avec un revenu confortable, soit avec une sécurité matérielle (retraités, fonctionnaires surtout), qui développent toutes sortes d’activités (associations par exemple).

          Ceci pour dire que l’insécurité matérielle a tendance à paralyser les initiatives, alors que la sécurite matérielle a tendance au contraire à libérer l’individu (on peut dire la même chose avec l’emploi, mais l’emploi ne suffit pas s’il n’y a pas sécurité matérielle aussi).

          Pour ce qui concerne les tâches les plus ingrates, éboueur par exemple, ou femme de ménage, je pense qu’il n’est pas normal que dans une société certains en soient réduits à devoir exercer ces tâches parce qu’ils ne peuvent pas faire autrement. De la même manière qu’on n’accepte plus l’esclavage, on peut franchir une étape de plus en allant vers la suppression du travail pénible mal rémunéré et contraint sous la pression économique. Et s’il ne se trouve plus personne pour faire ces tâches ingrates, on doit en tirer les conclusions qui s’imposent, c’est-à-dire rendre ces tâches collectives ou bien les rémunérer davantage.

            +8

          Alerter
          • Kiwixar // 05.06.2020 à 00h48

            « rendre ces tâches collectives »

            Oui, il n’y aura plus personne pour faire ces tâches difficiles ou dangereuses. La seule solution, c’est de les rendre obligatoires pour tous selon l’âge (exemple : chacun, entre 18 et 50 ans devra être éboueur 1 matin chaque année, etc).

            Pour les tâches dangereuses mais nécessaires : tirage au sort? Reste le problème des tâches dangereuses mais qui demandent formation (maintenance lignes haute tension, maintenance électrique, centrales nucléaires etc).

            Personnellement, je suis favorable d’essayer le changement de système car le système actuel est pourri pour les 80% du bas. Même si on doit tâtonner un peu.

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            • Philippe, le Belge // 08.06.2020 à 23h32

              « Oui, il n’y aura plus personne pour faire ces tâches difficiles ou dangereuses. La seule solution, c’est de les rendre obligatoires pour tous selon l’âge (exemple : chacun, entre 18 et 50 ans devra être éboueur 1 matin chaque année, etc). »

              C’est exactement comme ça que je vois les choses depuis des années: obligation pour chacun d’effectuer une tâche administrative, une tâche ouvrière, une tâche agricole!

              Mais les défenseurs intégristes de la liberté ne sont pas près d’accepter!

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        • semaphorum // 04.06.2020 à 21h16

          Réflexion typique de celui qui n’a pas lu Friot…salaire à la qualification!! vous confondez avec « emploi » capitalistique merdique

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    • Philippe, le Belge // 08.06.2020 à 23h27

      Ce n’est pas l’égalité que le communisme érige en système mais l’équité, c’est à dire la compensation des inégalités naturelles! C’est justement parce que les humains ont des aptitudes naturelle variables que l’humanité doit s’organiser pour les compenser!

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  • Bernard Samson // 04.06.2020 à 12h15

    Attention, second degré ! (ou pas?) :
    Dans son livre « Les luttes de classes au XXIème siècle », Emmanuel Todd déplore une baisse du niveau des études en général, et des études supérieures en particulier.
    Il parle aussi de la nouvelle caste des « crétins diplômés ».
    Mais ça n’a rien à voir avec le sujet, bien sûr.

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    • Incognitototo // 04.06.2020 à 13h52

      Excellente remarque, mais à qui s’applique-t-elle ? À ceux qui lisent ou à ceux qui écrivent ? Sans faire de généralisation abusive, à l’évidence, c’est aux deux. Alors, on peut en déduire que tous ceux qui bénéficient d’un certain crédit médiatique l’ont acquis à cause des crétins qui les lisent… 🙂 Il faut dire qu’en France, en particulier, le goût d’une certaine intelligentsia pour ceux qui écrivent d’une façon hermétique est suspect en soi, et l’engouement dont ils bénéficient une vraie imposture, car « ce que l’on conçoit bien s’énonce clairement » (Boileau)

      En réalité, depuis les réformes successives de l’éducation nationale qui ont débuté dans les années 70, il y a un vrai problème sur la façon dont les esprits sont éduqués. Pour accomplir le rêve ultime du néolibéralisme qui est de développer une population dénuée de sens critique, sans autonomie et corvéable à merci, « on » a fait le choix délibéré de « développer des compétences » plutôt que « d’acquérir des savoirs ». Les phénomènes de croyance (notamment pour tous les faux prophètes, fussent-ils incompréhensibles ) et sectaires (rappelons-nous que des gens ont même été capables de suivre des personnalités délirantes comme Gilbert Bourdin) qui en résultent n’en sont que des conséquences parmi d’autres. Donc, même si les crétins représentent un vrai danger pour la « pensée juste » et la démocratie (Cf. : Condorcet), soyons indulgents avec eux, ils ne sont pas responsables de leur condition.

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    • Subotai // 04.06.2020 à 20h39

      Lordon, comme Todd (dans une moindre mesure) sont difficiles à suivre si on reste dans une « logique cartésienne » 🙂
      J’explique.
      Ils essaient de traiter avec des méthodes et des modes de pensée « cartésiens » de choses qui relèvent des « sciences humaines » – les comportement humains – c’est à dire du pas cartésien et du pas logique du tout. 🙂
      Résultat: les pondération et relativisme s’expriment par des circonlocutions qui peuvent être difficile à suivre si on n’est pas au fait des « choses » qu’ils décrivent ou ayant les « humanités » académiques adéquates.
      Le font ils exprès? Je ne sais pas, je ne pense pas. En tout cas sûrement pas pour Todd.
      Ainsi, quand il s’amuse à faire un ellipse de sa pensée pour synthétiser un foisonnement d’idées et en faire une idée choc, elle est attaquée ou tournée en dérision, la plupart ne faisant pas l’effort de remonter au raisonnement.
      Il faut comprendre qu’en la matière, la foule de données qu’on intègre peut parfaitement éclairer et faire comprendre de quoi il retourne (vision globale) sans qu’on puisse expliquer (ou difficilement) pourquoi et par quels processus de pensée on arrive à cette conclusion.
      Pour ma part j’use plutôt du modèle de pensée asiatique. Ce qui me rend passablement insaisissable* et néanmoins efficace. 🙂
      Ça va les chevilles, puisque ça ne l’est (efficace) qu’à la mesure de mon ambition. *<:oD
      * Suivant la règle de ne pas se battre avec les règles de l'adversaire… 🙂

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  • ALIN JAVIER // 04.06.2020 à 12h28

    Il semble que nous ne soyons pas loin de la grande catastrophe invoquée par Frédéric Lordon du fait de la pandémie en cours dont les conséquences seront considérables, difficiles à maîtriser et même à concevoir. Cette situation devrait être comprise comme un signe lancé aux corps constitués ou progressistes pour « aller plus loin » , pousser le bouchon comme cela semble être envisagé. la combativité est elle encore présente ou faudra t il attendre de nouvelles catastrophes, dont y compris la Guerre, ou d’autres hypothèses ? .Ce n’est que le début d’un processus en cours…Il doit être animé par d’autres espoirs que la mise en place de régulateurs techniques ou de mécanismes concrets car il s’agit d’abord de quelles conditions de vie et de quels espoirs voulons nous vivre maintenant..

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  • Elisa // 04.06.2020 à 14h27

    Je ne comprend pas ceux qui trouvent les écrits de Lordon indigestes.
    C’est un des rares intellectuels révolutionnaires qui allient la précision du propos, l’étayage des arguments et l’articulation cohérente du discours.
    J’ai l’air de me livrer à une médiocre flagornerie et pourtant je peux justifier mon thuriféraire: en lisant attentivement ses articles, et en particulier celui-ci, on a le sentiment de l’avoir compris et de pouvoir le présenter à quelqu’un la « substantifique moelle ».
    L’alternative au capitalisme n’est pas un uchronie puisque on a pu en observer de réels prémisses durant les trente glorieuses en raison des circonstances historiques. En revanche la tentation de l’expérimenter du dedans, au sein du capitalisme actuel est une tentative vaine qui ne peut que décourager et désespérer ceux qui s’y essaient.( Les mouvements alternatifs, des néo-ruraux jusqu’aux différentes ZAD en on fait la dure et décourageante expérience_ajouté par moi!)
    Il faut donc accomplir du « dehors » une révolution qui pourra accomplir les deux transformations préconisées par Friot: : le salaire à vie et le conventionnement propres à modifier véritablement le rapport de production.
    Cette naïve simplification me permet de comprendre l’article et de réfléchir dessus, voire d’en faire une analyse.

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    • vert-de-taire // 05.06.2020 à 07h25

      Moi non plus et pourtant c’est l’évidence.
      Lordon utilise des mots qui portent du sens donc le lire demande de penser intensément.
      C’est devenu à peu près impossible sous ce régime du bruit-spectacle pour le ventre.
      Plus grave, il élabore sa pensée en nous en donnant de subtiles clés ce qui exige encore plus d’effort.
      Le prêt à digérer servi par nos canaux usuels nous débilite par un chaos de mots et de contradictions. Mieux, il fabrique de nouvelles expressions oxymoriques qui interdisent de penser plus avant et par là habitue le cerveau à ne plus analyser le discours comme une pensée mais comme un bruit, un grincement, un fond sonore qui n’atteint plus les neurones analytiques : je suis informé devient je sais.

      Lordon nous enchante dans son partage de ses progrès.
      Il a mis des années à adopter l’idée de Friot mais c’est fait.
      Le salaire à vie est la prise de responsabilité collective donc sociétale ou encore nationale de la société des humains. C’est un aboutissement civilisationnel dans le sens de la prise de conscience de chacun du groupe humain auto-organisé à survivre puis à vivre au mieux dans la durée de l’humanité.
      Prise en compte de l’individu et du collectif, de la nature et de la culture, du temps qui passe et des affres que l’histoire nous apprend.
      Ceci commence par un seul mot : démocratie
      suivi de quelques autres comme société, solidarité, responsabilité, paix, …
      Des mots qui portent le sens que nos cerveaux abrutis ne sont plus capables de transformer en actes.

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  • Didier // 04.06.2020 à 16h09

    Vous devriez peut-être vous interroger sur la valeur des études en économie, si elles vous rendent incapable de comprendre un texte parfaitement rédigé…

    Mais bon, c’est juste une remarque. Cordialement.

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    • john // 04.06.2020 à 18h10

      Il y a le système scolaire et ses objectifs, et ses conséquences sur les savoirs acquis. Il est probable que l’école en France ne remplit pas des objectifs a minima, tel que la maîtrise du français, etc…Ensuite, une majorité de français ne font pas partie des classes favorisées (CSP+++) et par conséquent (et sauf exceptions) n’ont pas les codes et/ou les usages d’apprentissage qui permettent l’esprit critique. Enfin, rien n’empêche d’apprendre, d’être curieux, en dehors du système scolaire.

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  • Alain Masson // 04.06.2020 à 16h45

    Merci pour votre appréciation de la dynamique engagée par Bernard Friot autour des déjà là et du salaire à vie,
    luttes que je mène aussi.
    Débat stratégique passionnant et d’extrême actualité !
    Lucien Sève nous avait montré qu’il n’y a pas d’antinomie entre les hypothèses petite et grande,
    juste une affaire de visée !

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  • Bourdeaux // 04.06.2020 à 20h27

    Un révolutionnaire en chambre s’affranchit d’autant plus facilement de cette contrainte de clarté et de matérialité des arguments qu’il rédige ses brouillons au CNRS et les fignole au monde diplo. Je rêve parfois de voir ce type de révolutionnaire à la tête d’une constituante, histoire de compter les marches qu’il lui faudrait descendre pour remettre les pieds sur terre.

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    • Subotai // 04.06.2020 à 20h45

      Il faut de tout pour faire un monde. 🙂
      Le grain de sable sur un atoll perdu comme l’ensemble des composants de l’ONU. 🙂

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    • vert-de-taire // 05.06.2020 à 07h29

      Lordon devrait donc être homme-orchestre, omniscient, un Dieu !
      Tout penser, tout dire, tout faire et vous offrir le monde en prêt à penser.

      Cette critique est … je préfère ne rien dire.

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      • BOURDEAUX // 05.06.2020 à 09h00

        Disons que si les projets révolutionnaires de Lordon sont construits sur les « points de départ très assurés » selon lesquels « le capitalisme détruit les hommes », et « détruit la planète », ces projets n’ont pas grand avenir, car d’une part la propriété privé des moyens de productions a, me semble-t-il, vaguement contribué à amélioré les conditions de vie humaine, et d’autre part les sociétés qui ont expérimenté le marxisme cher à Lordon ont, elles aussi, beaucoup contribué à détruire la planète. Si le projet de destruction du capitalisme n’a pour fondation que ces deux affirmations gratuites et fallacieuses, on peut se donner le temps de la réflexion…Je préfère toujours la démarche réformiste à la révolutionnaire : on ne dynamite pas une maison parce qu’une serrure y fonctionne mal.

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        • Véro // 05.06.2020 à 14h57

          Est-ce que la propriété privée des moyens de production a vraiment contribué à améliorer les conditions de vie des humains ? La propriété privée des moyens de production étant entendue comme une propriété de rente bien sûr (différente de la propriété d’usage). J’ai de gros doutes là-dessus.

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  • Ernesto // 05.06.2020 à 17h03

    « On ne dynamite pas une maison parce qu’une serrure y fonctionne mal ». Y-a pas que la serrure qui disfonctionne, c’est tout l’édifice. Il faut faire table rase.

      +2

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  • Loctave // 05.06.2020 à 18h05

    Pour remettre notre démocratie sur des bases pérennes je n’ai toujours pas compris à qui s’adresse F Lordon ici. A un groupe d’initiés qui nous feront passer les consignes?
    J’ai pourtant déjà lu de sa part des choses compréhensibles qui permettaient d’ouvrir une discussion autrement qu’à l’aveugle.
    Et pourtant il y a urgence pour ceux qui ont du mal à finir le mois.

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    • Véro // 06.06.2020 à 08h54

      C’est un article à suivre, il y aura peut-être davantage de précisions dans le prochain papier. Vous avez raison, il y a urgence.

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  • Ernesto // 06.06.2020 à 16h14

    Je ne vois pas en quoi « la propriété privée des moyens de production » puisse en quoi que ce soit « vaguement contribué à amélioré les conditions de vie humaine ».
    Le capital est stérile : enfermez 1 million de dollars à double tour dans une pièce bien surveillée (à cause des potentiels voleurs), revenez 1an après, il n’a strictement rien produit ; sa valeur est même moindre (à cause de l’inflation). Seul le travail crée la valeur économique et donc une certaine forme de richesse. C’est à eux- mêmes que les travailleurs doivent l’amélioration de leurs conditions d’existences. Les propriétaires capitalistes ne sont que des parasites dont on peut parfaitement se débarrasser comme le prouve B. Friot avec ses travaux.

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  • Philippe, le Belge // 09.06.2020 à 00h12

    On est arrivé avec cet article au moment où Lordon montre ses limites!
    L’URSS résumée par Lordon:
    Un État exclusif débouchant sur l’asservissement des multiplicités du social par le pouvoir-planificateur unique, le goulag, le KGB, l’abolition de « la propriété » (qui nous oblige à vivre en appartements collectifs, peut-être même à partager nos vêtements) et le Gosplan, que des saloperies!
    Exit les progrès socio-économiques fulgurants, exit la résistance à tous les impérialismes, nazisme inclus, exit l’éradication des famines, exit l’émancipation des femmes, exit la paix des peuples, exit l’aide, morale ou physique, aux décolonisateurs et, de par sa seule existence, à tous les ingrats socio-démocrates ayant pu pérorer pendant les trentes glorieuses, etc, etc…
    Pour quelqu’un se disant marxiste, extraire le système soviétique de son contexte historique et oublier le rôle que joue celui-ci sur l’organisation de celui-là est ridicule!
    Les seuls pays continuant de défier tant que faire se peut le capitalisme mondial ont une direction étatique centralisée forte et planificatrice! Sans elle, les tentatives révolutionnaires sont tuées dans l’oeuf! En ’65 les communistes indonésiens qui ne l’avaient pas compris ont été massacrés à grande échelle, en 73, Allende a été balayé, Morales est la dernière victime!
    La critique est aisée, Lénine était de droite disait Chomsky, l’URSS n’était pas socialiste, la Chine est capitaliste…
    Et la démocratie sociale est géniale! A part qu’elle ne mène à rien…

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