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4.juin.20204.6.2020 // Les Crises

Interdit d’interdire – La Lutte des Classes avec Thomas Porcher

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Source : Russia Today France, Interdit d’interdire

Frédéric Taddeï reçoit Thomas Porcher, économiste.

Source : Russia Today France, Interdit d’interdire

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Commentaire recommandé

Vercoquin // 04.06.2020 à 08h42

Évidemment, la lutte des classes existe toujours et existera toujours, en s’accentuant.
L’ascenseur social est en voie de disparition si nos dirigeants réduisent de plus en plus « l’égalité » du citoyen.

Les lycées Louis Le Grand, Henri IV, Condorcet et d’autres, pourquoi ont-ils 100% de réussite au BAC ?
Transportons les à La Courneuve.
Pourquoi le 93 est le département le moins pourvu en service public ? (notamment en lits d’hôpitaux)

La peste, le choléra de notre système c’est le clientélisme.
Les candidats aux élections ne peuvent s’empêcher de faire des promesses toujours plus de promesses.
Et pour respecter ces promesses (on est obligé, c’est dans le programme), et les amis, on rogne sur tous les budgets des services sociaux donc obligation de faire des économies.
Le besoin de faire de l’argent à court terme d’où les privatisations, les P.P.P. etc… implantations anarchiques des hypermarchés.
C’est ainsi qu’on a vidé les centres villes d’activités indispensables à la vie sociale dans nos petits villages. Les bureaux de poste, les agences bancaires, les commissariats etc…. Le service public est en danger.
La pandémie du coronavirus a révélé le problème de la santé et des hôpitaux. D’autres catastrophes adviendront sans coup férir.

« Le service public, c’est le patrimoine du pauvre » dit-il.
C’est exactement ça !

35 réactions et commentaires

  • Dominique Gagnot // 04.06.2020 à 08h02

    « Du point de vue capitaliste, les travailleurs et la planète ne sont que force de travail et ressources physiques, qu’il convient d’exploiter au moindre coût. Toute autre considération (destruction de l’écosystème, paupérisation…) est sans objet car ignorée du capitalisme. »

    « Une réelle démocratie supposerait que les ressources premières et le contrôle de la monnaie reviennent à la collectivité. Les puissants perdraient ainsi leur domination et nous serions enfin libres de gérer ces ressources non plus pour maximiser leur profitabilité, mais pour restaurer la planète et sauver ses habitants dans un système qui, par ailleurs, pourrait être libéral. »

    ( Extrait de http://bit.ly/tragédiecapitaliste )

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    • Bernardo // 04.06.2020 à 08h17

      Le capitalisme a aussi besoin des travailleurs comme consommateurs. Et cette contradiction entre le besoin de réaliser la plus-value la plus élevée possible pour accumuler du capital (baisse des coûts de production donc des salaires) et le besoin de vendre la production pour réaliser cette plus-value génère périodiquement les crises et nous conduit vers une catastrophe écologique. Ceci est un constat. Mais quelle est la bonne solution et comment la mettre en œuvre: that is the question! Chacun a sa réponse, mais quelle est la bonne?

        +4

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      • Dominique Gagnot // 04.06.2020 à 09h10

        Nous devons sortir de l’extractivisme, du productivisme, du consumérisme et de la logique d’accumulation financière. Pour sortir de notre modèle mortifère, la remise en cause de notre monoculture monétaire fondée sur une dette croissante apparaît incontournable.

        En effet, sa logique impose d’une part à ne considérer comme richesse que ce qui génère du profit financier, même si c’est destructeur des liens sociaux et des écosystèmes naturels, et d’autre part à rendre l’économie structurellement dépendante d’une croissance infinie. Elle a certes apporté un confort matériel inégalé dans l’histoire de l’humanité, mais elle condamne nos sociétés par l’effondrement du Vivant et par des inégalités sociales intolérables.

        Il est temps de mettre en place une architecture financière complémentaire, à travers une création monétaire déconnectée d’une dette financière, mais connectée à ces objectifs. (…)

        Cette innovation permet de financer la régénération de la planète et les services fondamentaux à la vie humaine, l’essentiel devient accessible à tous : l’alimentation saine, le bien-être, la santé, une activité digne et rémunératrice, la culture et la connaissance, en accord avec les limites de la Nature.

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      • Actustragicus // 04.06.2020 à 15h05

        Considérer le travailleur comme un consommateur reste encore une approche capitaliste, où rien n’a d’existence qu’à condition d’être valorisé financièrement – bien que cela permette de limiter les dégâts en rappelant qu’on ne peut pas trop pressurer cet « agent économique ».

        L’abstraction mathématique, qui ne devrait être qu’une aide pour appréhender le réel, a fini par prendre la place de ce dernier…
        C’est là tout le problème des esprits à la fois faibles et brillants, n’admettant pas la complexité de l’existence, et qui pensent s’en sortir en manipulant des chiffres 😉

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  • lemoine001 // 04.06.2020 à 08h30

    J’ai justement écrit un article dans lequel j’essaie d’analyser la logique de la lutte des classes, qui en sont les principaux acteurs et surtout qui seront ces acteurs au 21ème siècle : https://lemoine001.com/2020/05/22/reponse/

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    • LibEgaFra // 04.06.2020 à 09h59

      On est passé de la lutte des classes de la misère à la misère de la lutte des classes. Classes montantes? Les informaticiens? Il n’y a pas plus capitalistes qu’eux: gates, job, bezos, zuckerberg, etc. Les informaticiens ne forment pas une classe: il y a les propriétaires et les tricards.

      Actuellement la seule conscience de classe est celle des capitalistes et des millionnaires. Le capitalisme n’est plus seulement industriel, il est aussi financier. Cette finance permet d’adouber ses serviteurs et de leur assurer leur place au sein de la classe: Clinton, Obama, Macron, etc.

      Et cette finance permet de payer suffisamment de garde-chiourme.

      On assiste de plus en plus aux jeux du cirque. Ah, il suffit même qu’un type se pose en opposition aux guignols du pouvoir, se mette en scène sur les réseaux dits sociaux (en fait parfaitement sous contrôle) pour que les foules se prosternent devant la nouvelle idole sans plus se poser de question sur ses liens avec les capitalistes et la droite la plus conservatrice. Conscience de classe? En aucune façon. Une mise en scène. Et ça marche ou plutôt ça court. Toujours sur le même principe: diviser pour régner.

      Pour réussir une révolution, il faut un projet et que les forces militaires et paramilitaires soient conquises. On a vu que c’était loin d’être le cas, très loin. La crise du virus a montré une fois de plus qui sont les maîtres.

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      • lemoine001 // 04.06.2020 à 10h31

        Si vous aviez bien lu, vous auriez vu que les classes vont toujours par paire (une classe au pôle prolétarien et une autre au pôle bourgeois). Cette complémentarité est en même temps une opposition. Certes « Il n’y a pas plus capitalistes que : gates, job, bezos, zuckerberg, etc.  » mais ils ne sont rien sans la multitude des informaticiens, ingénieurs etc qui travaillent pour eux. Ensemble ils révolutionnent la société comme les industriels et la classe ouvrière l’ont révolutionnée au 19ème siècle car ils mettent en œuvre de nouveaux moyens de production et surtout un moyen de production d’un type nouveau.
        Que les travailleurs de la science n’aient pas une conscience de classe, c’est vrai. Aucune classe nouvelle n’a conscience d’elle-même. Mais c’est le rôle d’un mouvement communiste d’éclairer cette conscience. Je ne dis pas que c’est facile, mais c’est ce qui sera le fond de la lutte des classes au 21ème siècle (qui ne fait que commencer).

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        • LibEgaFra // 04.06.2020 à 12h32

          Certes votre analyse est intéressante, mais je dirai qu’elle pèche par son optimisme. D’abord les techniciens de l’informatique ne sont pas majoritaires comme l’étaient les ouvriers. Ensuite les capitalistes ont compris tout l’intérêt du contrôle de l’information et ils ont érigé la presse en véritables chiens de garde au même titre que l’informatique (et ses possibilités de surveillance et de contrôle) et les forces armées (policiers et soldats). Cette sous-classe des chiens de garde fonctionne à plein régime et est très efficace. La presse d’opposition est quasi inexistante.

          Par exemple, on voit sous nos yeux se développer un mouvement d’opinion en soutien à Sanofi à travers l’agent Raoult. Il faut savoir que le plasmodium est de plus en plus résistant à la chloroquine, et que Sanofi a trouvé un moyen de recycler son produit à très bon compte et à doses massives. Simple concurrence entre capitalistes. Mais qui fait cette analyse? Qui est capable de faire cette analyse? Personne (à part vous sans doute) ou presque.

          Il n’y a rien d’inéluctable dans le développement des sociétés, surtout à l’heure des crimes de masse qui restent impunis. Pour comprendre le monde actuel, il importe plus que jamais de lire Veblen, Pareto et Nietzsche. Surtout ce dernier, car c’est sa « grande politique » qui est mise en œuvre depuis le début du 20e siècle par les capitalistes.

          A propos de Nietzsche, un autre chien de garde s’est manifesté: Onfray et son souverainisme au sein de l’UE (?). La classe bourgeoise sait coopter ses meilleurs soutiens.

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          • lemoine001 // 04.06.2020 à 13h09

            La classe ouvrière a toujours été une classe minoritaire. A la fin du 19ème siècle, au moment de la commune de Paris, elle était formée essentiellement de travailleurs indépendants (non salariés) dans une France à 80% rurale. C’est normal : une classe montante est une classe nouvelle qui met en œuvre de nouveaux moyens de production. Elle est à la fois minoritaire et sans expérience politique. D’où ses errements et les tragédies comme la Commune. D’où aussi l’importance capitale de la question des alliances de classes.
            La classe ouvrière a augmenté en nombre et a acquis une expérience politique jusqu’aux années 70. Cela s’est traduit par une montée du Parti Communiste. Mais elle est actuellement en recul.
            C’est une nouvelle classe qui monte car la révolution industrielle fait place à la révolution informatique. Elle est, elle aussi, minoritaire et sans expérience. Mais c’est justement ce qui fait le fond de la lutte des classes. C’est une lutte pour se constituer en classe, pour les alliances de classe et pour trouver sa place dans la société. Il faut la mesurer à l’échelle de l’histoire non à celle d’une vie d’homme. Encore moins selon les débats politiques actuels.

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  • Vercoquin // 04.06.2020 à 08h42

    Évidemment, la lutte des classes existe toujours et existera toujours, en s’accentuant.
    L’ascenseur social est en voie de disparition si nos dirigeants réduisent de plus en plus « l’égalité » du citoyen.

    Les lycées Louis Le Grand, Henri IV, Condorcet et d’autres, pourquoi ont-ils 100% de réussite au BAC ?
    Transportons les à La Courneuve.
    Pourquoi le 93 est le département le moins pourvu en service public ? (notamment en lits d’hôpitaux)

    La peste, le choléra de notre système c’est le clientélisme.
    Les candidats aux élections ne peuvent s’empêcher de faire des promesses toujours plus de promesses.
    Et pour respecter ces promesses (on est obligé, c’est dans le programme), et les amis, on rogne sur tous les budgets des services sociaux donc obligation de faire des économies.
    Le besoin de faire de l’argent à court terme d’où les privatisations, les P.P.P. etc… implantations anarchiques des hypermarchés.
    C’est ainsi qu’on a vidé les centres villes d’activités indispensables à la vie sociale dans nos petits villages. Les bureaux de poste, les agences bancaires, les commissariats etc…. Le service public est en danger.
    La pandémie du coronavirus a révélé le problème de la santé et des hôpitaux. D’autres catastrophes adviendront sans coup férir.

    « Le service public, c’est le patrimoine du pauvre » dit-il.
    C’est exactement ça !

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    • asse // 04.06.2020 à 21h30

      Clientélisme ou révéler le meilleur ? 1 like parce-que le raisonnement me semble pertinent ; mais,par rapport au contexte international, nous devons faire en sorte que les futures directives mettent en évidence que le bien pensant en désaccord avec « la basse classe » fasse en sorte que les nombre de lits ; même si 30 % ne sont pas utilisés, que nous puissions faire en sorte que même si la moitié des lits ne soient pas utilisés, que nous puissions utiliser de nouveaux leviers afin de relever la prochaine pandémie ou la prochaine vague.
      Gageons que la leçon sera retenue et que les dirigeants fassent en sorte que cela soit mieux géré dans le futur. J’en doute à l’instant, mais faisons en sorte que Jupiter corrige les aléas de nos biens pensants 😉

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  • lemoine001 // 04.06.2020 à 09h39

    Thomas Porcher commence par faire le tableau de l’appauvrissement des classes populaires en banlieue comme dans « les territoires ». Il évoque le « déclassement des cadres ». Ces classes se débattent mais sont en déclin face à ce qu’il identifie comme « l’économie mondialisée et financiarisée ». C’est bien-sûr un des aspects de la lutte des classes mais c’est celui dans laquelle la classe de Warren Buffett gagne et gagnera toujours. Car on gagne généralement contre un adversaire blessé et qui perd ses forces comme le tyrannosaure rex l’emporte sur le Brachiosaure blessé.
    Non, ce qu’il faut identifier, c’est le petit mammifère qui sera bientôt tigre ou taureau mais surtout qui sera Humain. C’est celui-là qui va l’emporter. Il est la classe montante.

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    • TZYACK // 04.06.2020 à 11h29

      Quand toutes les productions matérielles et immatérielles auront été automatisées, il ne restera que 2 catégories de classe : Celle possédant les automates et celle en utilisant et consommant les productions

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      • lemoine001 // 04.06.2020 à 11h40

        L’enjeu final de toute lutte de classe c’est la disposition du surplus social. On peut l’accaparer pour construire des pyramides ou pour accumuler du capital. Ce n’est pas lié nécessairement à la possession des moyens de production. C’est celui qui domine, qui a le pouvoir, qui dicte « la politique de la valeur » c’est-à-dire la disposition du surplus social. Il se sert le premier mais surtout il en garde jalousement le contrôle. Là-dessus je suis tout à fait d’accord avec B. Friot.

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        • LibEgaFra // 04.06.2020 à 12h55

          PS: je plussoie vos commentaires face à un océan d’inconscience, car ils montrent une véritable réflexion et non des réflexes trop souvent pavloviens.

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      • ouvrierpcf // 04.06.2020 à 15h25

        question comment arrive une image sur un écran de visualisation de caméra de surveillance non de protection par exemple ? Par le focus de cette caméra si le focus est embué sale ou peint plouf plus d’image exploitable e Ou se situent alors les productions immatérielles ? que se passe til si une panne de climatisation se produit sur un onduleur ? plouf plus de courant Ou se situe alors les productions immatérielles ? un certain MARX développa alors le concept de la plus value de l’accumulation du taux de profit et aussi du prolétariat pour mettre en opposition les exploiteurs et les exploités dans le livre le Capital c’est ainsi que lui voit la ou les luttes de classes dans mes exemples si des techniciens de surfaces (en fait des femmes ou des hommes de ménage) ne balaient pas ne lavent pas et les sols ou les focus votre image ou le captage de la vue sont perdus ou invalides (en informatique) et baisse tendancielle du taux de profit Pour elles pour eux une issue la Dictature du Prolétariat (abandonné par la GOOche française ) l’appropriation des moyens de production

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        • lemoine001 // 04.06.2020 à 16h33

          Le matériel et l’immatériel se mêlent en tout objet. Le fil à couper le beurre est une invention qui suppose de l’observation. Seulement d’un objet à l’autre la part de matériel et de savoir varie. Ainsi, les I phones sont conçus aux USA mais montés en Chine. Leur coût est à 80% celui de l’invention, de la science, le reste ce sont les matériaux dont des terres et des métaux rares qui viennent d’un partout dans le monde. Le travail industriel y est réduit au minimum.
          A l’inverse, au 19ème siècle, le développement de l’industrie textile a réduit la part de savoir dans les cotonnades. Le talent, le savoir faire, des tisseurs comme les Canuts lyonnais a été dévalorisé.
          Toutes ces variations induisent des changement dans la composition de classe des sociétés, dans les rapports de force entre les classes, au niveau national aussi bien qu’international (ex de l’I phone). Qui dit changement dans la composition de classe d’une société dit acteurs nouveaux des luttes de classe, autres formes de lutte, autres représentations et idéologies.
          Si un parti ne voit pas cela, il perd le contact avec la réalité. Il vit sur son passé, il répète des slogans devenus vides, il se meurt comme le fait le PCF qui recule depuis cinquante ans devant l’effort à faire pour être plus communiste c’est-à-dire plus à l’avant-garde de l’histoire.

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          • ouvrierpcf // 06.06.2020 à 10h44

            au risque de me répéter ou et quand dans votre argumentation vous évoquez le prix d’extraction des matières premières par exemple celui de leur prix d’achat et de leur prix de vente Pourquoi ? Votre i phone fabriqué en 2018 vendu acheté produisait engendrait une plus value EN 2020 cette plus value a telle selon vous augmenté ou baissé ? Apres le COVID ou en ce moment les mesures prises par les bourses les détenteurs de capitaux les EXPLOITEURS (gros mot pour vous ) vont elles augmenter stagner ou baisser la plus value ? En 1912 l’industriel du textile ne s’est ni occupé des cotonnades ni du savoir faire des canuts Il a répondu aux impératifs des actionnaires des capitaux de son entreprise pour que en 1913 ses produits engendrent de la plus value En 1970 des centaines d’usines textiles françaises ont fermé ? à cause des canuts ? des cotonades ? des machines ? de l’évolution des ordinateurs industriels ou de la plus value? Pour le PCF ses composantes sont variées et pour votre gouverne des communistes français ne vous attendent pas pour rester non à l’avant garde pais pour par exemple répéter le rôle de la plus value dans les réalités ouvrieres salariales et industrielles

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    • LibEgaFra // 04.06.2020 à 12h51

      Petit détail paléontologique: le t-rex c’est la fin du crétacé, le brachiosaure, c’est la fin du jurassique, quelques dizaines de millions d’années d’écart. Sans parler des continents différents des deux bébêtes. Remplacez brachiosaure par tricératops.

      Le petit mammifère n’a pu devenir tigre ou taureau (faudrait choisir, car c’est le tigre qui mange le taureau et pas l’inverse) que par la disparition des dinosaures non-volants par une cause géologique. Les tigres ont pris la place des t-rex. Qui prendra la place des capitalistes? Nietzsche a proposé sa réponse: une société de castes. Les génies, les aristocrates, les guerriers et les esclaves. Dans la société actuelle, je vois beaucoup d’esclaves qui n’ont même pas conscience de l’être et qui se croient libres parce qu’ils peuvent rêver de l’être. Dans une société plus que jamais marchande et spectaculaire.

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  • jules Vallés // 04.06.2020 à 09h56

    Le sacrifice des habitants du « 93 » ne date pas des années 80, mais du xix ème siècle, lorsque les industriels de l’époque choisirent cet endroit pour développer leurs industries polluantes (très ) car les vents dominants chassaient les miasmes et autres vapeurs nocives, loin des « beaux » quartiers…et bien entendu le prolétariat de l’époque eut l’avantage inestimable de pouvoir vivre sur place, au plus prés des sources de pollutions délétères !! Voir les problèmes de dépollution à chaque fois que l’on construit sur d’anciens sites industriels (stade de France par ex)
    9-3, Mémoire d’un territoire – Documentaire de Yamina Benguigui (2008)
    https://youtu.be/2fPtZS6Tmmk

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  • mikatypa // 04.06.2020 à 09h59

    La désindustrialisation en France est fille de l’euro. Nos industries sont parties dans la compétition industrielle avec une main attachée dans le dos. Le différentiel de compétitivité s’accroît jour après jour avec une monnaie qui ne réajuste plus la différence entre nous et nos partenaires. Reprendre notre souveraineté monétaire permettrait de stopper la catastrophe industrielle, au détriment des rentiers et des retraités. Un peu d’inflation redonnerait de l’oxygène à notre industrie et réduirait notre dette.

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    • Berrio // 04.06.2020 à 10h51

      À mykatipa
      Je ne suis pas un fan de l’Euro mais les désindustrialisation ont commencé bien avant son apparition. Elles commencent à l’émergence du projet de l’UE
      https://journals.openedition.org/rge/6333#tocto2n2. Un lien ?
      Certaines très mauvaises langues prétendent que ce phénomène aurait même débuté en France dès le début des années 60 mais je n’oserais m’en prendre à la figure tutélaire et légendaire de l’indépendance française de l’époque

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      • Véro // 04.06.2020 à 15h56

        Les délocalisations sont avant tout liées au besoin des capitalistes de faire un profit maximum. Donc à partir du moment où il est plus intéressant de placer l’usine à tel endroit plutôt qu’en France, il faut tout faire pour y arriver. C’est pourquoi les délocalisations existent depuis longtemps et c’est pourquoi la classe dirigeante a cherché à les faciliter (d’où l’UE, l’acte unique, l’euro).

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  • bgeo // 04.06.2020 à 10h13

    Ne pas tenir compte des transformations sociales et économiques qui ont modifié la vision des travailleurs manuel et intellectuels par rapport aux années 30 et d’après guerre (front populaire et CNR) c’est débattre sur une situation sociale qui ne correspond plus à la réalité. Effondrement des pays prétendument socialistes, recours massif à de la main d’œuvre immigrés ghettoïsés dans des banlieues construites pour des travailleurs français (très mal logés avant) qui avaient tous du travail dans des entreprises qui ont disparues avec un chômage massif qui entretien une peur de perdre son emploi. Une situation politique à gauche sans perspectives apparentes pour eux. Une construction européenne dont les objectifs sont de renforcer le capitalisme mondialisé. Tout cela a débouché sur des replis sur soi ou chacun individuellement essais de trouver une issue. La propagande des médias qui font tout pour ne pas que ça change et entretien le slogan de Margaret Thatcher TINA (il n’y a pas d’autre alternatives que le capitalisme) . Notre système se rapproche de plus en plus du modèle américain. Communautarisme ethniques, religieuses, culturelles, sociales… détruit une cohésion nationale sur des valeurs républicaines et favorise l’extrême droite. La tache pour construire un front commun sur des valeurs de gauche sera longue et difficile, mais soit nous y arriverons soit nous sombrerons dans le chaos.

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  • EugenieGrandet // 04.06.2020 à 10h27

    Dans son beau lycée parisien, mon conjoint enseignant me dit avoir des enfants de concierge ou d’ouvriers complètement hors secteur et pourtant envoyés par leurs villes d’origine (région parisienne) qui sont brillants, travailleurs et qui réussissent ( Ecole Normale sup, SciencesPo, X plus Corps, etc…).
    La seule différence avec les enfants des arrondissements favorisés est que les enfants de milieu modeste restent en contact, donne des nouvelles et vouent à ceux des professeurs qui les ont marqués une reconnaissance non feinte.
    Est-ce que vraiment l’ascenseur social est en panne?

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    • Berrio // 04.06.2020 à 11h07

      L’ascenseur social voudrait que la qualité de l’enseignement soit la même à Paris qu’en banlieue ce qui sous-entend un service public de qualité adapté à la réalité de terrain (genre en banlieue classe de 10/15 et plus plein d’autres conditions). Ce que vous décrivez me fait penser aux enfants doués que l’Eglise sélectionnait pour ses besoins sous l’Ancien Régime

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      • Marie Pan-Pan // 04.06.2020 à 16h40

        Berrio,
        L’Ecole de la République, au siècle passé, a aussi écumé nos provinces pour s’attacher nombres d’élèves,fils de paysans, doués pour l’étude et promis aux petites et grandes carrières administratives de la Capitale ou du moins des préfectures. Ce fût là une autre grande saignée, si je puis dire, au sein des communautés rurales, poussée aussi par des parents qui désiraient la réussite de leur progéniture et leur éviter une vie de labeur pénible.
        Ce qui priva ses communautés de bons éléments, artisans et paysans, de têtes bien faites,de cadres fins connaisseurs des pays (je ne dis absolument pas que ceux restés au pays étaient des crétins); ce qui a appauvrit tant économiquement que culturellement ces régions.
        Chair à usine ou/et à canon pour les uns, chair à administration pour les autres. Les grandes villes et surtout Paris,ont remarquablement oeuvré à la dévitalisation de ce pays, quel que soit le régime.

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        • Berrio // 04.06.2020 à 16h46

          À Marie Pan Pan
          C’est sûr que l’instruction ça fait des dégâts dont on n’a pas toujours conscience. Réservons la à l’elite

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          • Marie Pan-Pan // 05.06.2020 à 12h33

            Berrio,
            me serais-je mal exprimée?
            L’Instruction et ses écoles dans les villages français a permis à des fils de cultivateurs, de petits fonctionnaires, de petits commerçants et d’artisans l’accés aux diplômes nationaux. C’est une bonne chose. Je veux dire qu’ensuite dans la population estudiantine de ces modestes ruraux montés à Paris par exemple, se trouvaient des jeunes gens tout aussi talentueux et désireux de rester au pays, se faisant artisans de campagne, artisans en fer, artisans menuisier ou bourrelier par choix et par amour de ces corps de métiers malgré l’industrialisation. Plutôt que de passer pour des ingrats envers leurs familles et leur communauté (sacrifice financier), ils acceptèrent de se diriger tout droit et tout démocratiquement vers les facultés pour devenir des môssieus avec de jolies horloges mécaniques.
            L’école de la République a aussi contribué, par cet écrémage, au formatage servile, au détricotage des solidarités et des liens locaux, à l’achèvement des compagnonnages et d’une certaine forme d’indépendance des communautés rurales.
            Je ne dis pas autre chose.

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    • Véro // 04.06.2020 à 16h03

      Oui il est en panne. Déjà ce sont des élèves qui ont été triés maisnquid des autres ? De plus, ces élèves habitent près de Paris. Ils ont davantage de chances que ceux qui habitent plus loin, non seulement d’intégrer des lycées réputés, mais encore de pouvoir préparer les meilleurs concours et de faire de belles carrières. Pour eux, l’ascenseur social existe encore certes, mais pour plein d’autres ce n’est pas le cas du tout.

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    • Karine // 04.06.2020 à 21h20

      Leur comportement est tout à fait louable envers leurs enseignants mais je pense que vous êtes trop rapide à parler d’ascenseur social…
      « réussir » grâce aux études vous ouvre des portes, mais généralement, votre origine sociale vous empêche de profiter pleinement de votre diplôme : il vous manque les informations pour trouver les meilleures solutions, il vous manque les codes pour s’intégrer vraiment dans ce monde du travail. Vous avez progressé, certes, mais à études égales, vous ne serez pas égal dans votre carrière.
      Premier bac+xx de la famille, ingénieur, je le vis régulièrement; je suis heureuse au travail, mais si je regarde le milieu social de ceux avec qui je travaille le mieux… et que je le compare aux hiérarchies bien vues… même dans le milieu syndical des cadres, ça se sent. Ce n’est même pas volontaire!
      Les études, un bon ascenseur oui, mais ne donne pas accès à tous les étages…

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  • placide // 04.06.2020 à 17h26

    Lorsque Mr Porcher parle des territoires,je pense qu’ils parle de ceux qui sont habités majoritairement par les autochtones ,ce mot « territoire  » me fait penser aux endroits ou sont parqués les autochtones d’Amérique du nord , espérons que les autochtones européens ne subissent pas le même sort.

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    • Berrio // 04.06.2020 à 18h19

      À Placide
      On ne dit plus commune ou département , encore moins arrondissement (sauf dans les grandes villes) c’est trop connoté révolution de 1789 et puis c’est enfermant… Territoire, c’est nature , ça permet de rêver puisque c’est flou et sans limitation. Certains vous diront que c’est très réducteur (genre le chien qui lève la patte pour Marquer son Territoire) mais ce sont des antimodernitudes

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    • Marie Pan-Pan // 04.06.2020 à 19h24

      Je n’apprécie pas non plus ce terme de territoire nouvelle formule, et évite de l’utiliser.
      Mais déjà employé, plus rarement certes, à la fin du XVIIe lorsque la lente édification territoriale menée par la monarchie française s’achève. Plus courant au XVIIIe siècle.
      Le territoire évoque l’appropriation, la domination (étatique, ecclésiastique, judiciaire…) et que l’on nomme, d’oû l’enjeu militaire ou politique.On le revendique, on se bat pour son exclusivité et aussi pour repousser ses limites. C’est une espace pensé, dominé et désigné.
      En soi la province est un territoire. Ce bon gros mot maintenant qu’est la province (provincia), circonscription de l’Empire romain) se référait aussi à un espace et aux attributions d’un magistrat ( ex: archevèque et la citas pour l’évèque), mais le terme avait le mérite d’être plus générique et évocateur, malgré sa longue connotation péjorative.
      Là  » nos territoires » version XXIe j’en sens bien la marque canine et paradoxalement comme dit Berrio le flou, le non-identifiable, l’innommable pour un peu plus désincarner sa population.
      Il y avait les TOM maintenant on a les territoires de l’intérieur.

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