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10.avril.202010.4.2020 // Les Crises

Pour le commissaire européen Thierry Breton, le jour d’après c’est le jour d’avant… mais ripoliné – Par Jack Dion

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Source : Mariane, Jack Dion, 02-04-2020

Invité de différents médias, le commissaire européen en charge responsable du marché intérieur, Thierry Breton, assure que le monde de demain fonctionnera avec les mêmes règles qu’hier mais sera complètement différent.

Si la plupart des festivals d’été sont menacés, le festival Breton (Thierry) a bien eu lieu. Le commissaire européen en charge du marché intérieur a eu droit à une interview dans Paris Match et une invitation sur France Inter. A chaque fois, il a expliqué que l’Union Européenne n’avait rien à se reprocher, qu’elle était formidable, qu’elle avait 20/20 sur tous les sujets, et que si les règles des traités européens avaient été mises sous le boisseau pour cause de crise, il faudra les rétablir au plus vite.

Bref, le jour d’après sera le jour d’avant ripoliné. On en rêve déjà. Vivement demain pour qu’on sorte du confinement casanier afin de revivre le confinement idéologique de Maastricht !

PLUS FORT QUE LA MULTIPLICATION DES PETITS PAINS

Donc, si l’en croit l’ex-ministre des Finances du gouvernement Raffarin, nommé par Emmanuel Macron à Bruxelles en raison de son excellent parcours, l’Europe a été au rendez-vous. Comme il le déclare dans Paris Match, elle a agit dès le début « mais discrètement, sans caméras ». Tellement discrètement, même, que personne ne s’en est aperçu, notamment les premiers pays frappés, qui ont attendu vainement qu’on leur vienne en aide. Thierry Breton assure que l’Allemagne et la France ont livré plus de masques à l’Italie que la Chine. En somme, la France a pu offrir des masques qu’elle n’a pas et qui l’on conduit à se tourner vers Pékin pour les importer en catastrophe. Encore plus fort que la multiplication des petits pains.

Pour le commissaire, le maître mot doit être « la solidarité ». Il a raison. Mais comment peut-on exhiber un tel principe dès lors que l’on a laissé les groupes multinationaux liés de près ou de loin à la santé fuir le vieux continent pour aller s’installer à l’autre bout de la planète, en Chine ou en Inde ? Certes, la crise sanitaire est mondiale et nul ne l’avait envisagé. Mais il était prévisible qu’en corsetant les pays dans des règles budgétaires drastiques, en démantelant les services publics en général – et l’hôpital en particulier – le moindre accident d’envergure aurait des conséquences catastrophiques.

BRETON EFFACE LES RESPONSABILITÉS DE BRUXELLES

On y est. On ne peut s’en tirer, à l‘instar de Thierry Breton, en effaçant les responsabilités de Bruxelles, celles des Etats qui se sont pliés au diktat des Eurocrates, et celles des PDG qui ont mis le cap sur l’exode sans se poser la moindre question sur les retombées de leur stratégie, sauf en ce qui concerne le niveau des dividendes versés à des actionnaires accros au « pognon de dingue ».

Sur France Inter, l’impétrant a concédé : « La globalisation est allée trop loin ». Il est temps de le reconnaître, mais il serait mieux d’en tirer les conséquences, afin de ne pas recommencer demain ce qui a échoué hier.

Thierry Breton est formel : « On va relocaliser des chaînes de production en Europe ». Très bien. Et pourquoi pas en France, pays naguère doté d’une industrie pharmaceutique florissante et où l’on craint une pénurie de médicaments ? Pourquoi le groupe Sanofi est-il plus chinois que français ? Pourquoi ne pas envisager de nationalisation pour remédier au plus vite à ce paysage dévasté et mobiliser les forces vives au plus vite ? Si l’on est en « guerre » pourquoi ne pas se donner les armes nécessaires ?

EXIT LES 3%… POUR L’INSTANT

Thierry Breton se garde bien de répondre à ces questions, car il n’entrevoit aucune marge de manœuvre autonome pour les membres de l’UE. Comme la structure européenne est plus un problème qu’un atout, rien ne va, ni l’Europe ni les pays qui la composent.

Pour le commissaire, l’ennemi numéro un de l’Europe s’appelle « l’individualisme », ce qui dans sa bouche signifie la souveraineté nationale, opposée à une souveraineté européenne qui n’existe pas. Ce n’est pas pour autant qu’il irait jusqu’à critiquer une Allemagne qui s’est opposée à la mutualisation des dettes européennes en refusant les « coronabonds ». Par définition, il en est qui ne sont jamais égoïstes, même quand ils imposent leur loi aux autres.

« LES TRAITÉS SONT TOUJOURS SUR LA TABLE »

Dans son enthousiasme, Thierry Breton a salué la mise entre parenthèses du pacte de stabilité hérité de Maastricht, lançant sur les ondes, à propos du déficit budgétaire : « Les 3% n’existent plus….Les Etats peuvent intervenir comme ils veulent ». Dont acte. Voici peu, une telle hypothèse était une hérésie, un crime contre l’esprit, une pandémie menaçant le vieux continent, voire la planète entière. Visiblement, on peut y survivre.

Et demain, alors ? Puisque l’on annonce un tournant radical, un nouveau monde, une remise en cause définitive, peut-on en finir définitivement avec le carcan de Bruxelles ? Ah non, répond le commissaire : « Les 3% n’ont pas disparu définitivement », car « les traités sont toujours sur la table ». Et comme on lui fait remarquer qu’il est difficile de faire du neuf avec du vieux, Thierry Breton assure : «Le monde d’après sera totalement différent ».

Un monde différent mais avec les mêmes règles, en quelque sorte. Bref, le jour d’après, c’est le jour d’avant avec de nouvelles couleurs.

Source : Mariane, Jack Dion, 02-04-2020

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2 réactions et commentaires

  • Narm // 10.04.2020 à 23h58

    Sur France Inter, l’impétrant a concédé : « La globalisation est allée trop loin ».
    « Thierry Breton assure : «Le monde d’après sera totalement différent ». »

    ah ah ah

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  • edrick d’estroy // 11.04.2020 à 17h29

    Pincez moi! On croit rêver, mais c’est un cauchemard!
    Décidément ses gens sont des fanatiques religieux de la pire espèce, qui ferait passer les Djihadistes pour de doux idéalistes…
    Les membres du corps politique français sont à ce point prêt à tout pour rester dans l’UE, qu’ils sont prêts à nous lier collectivement et définitivement par la dette, par l’usage d’une mutualisation des dettes de chacun, a travers les «Corona-Bund» et cela au cœur d’une crise sanitaire qui risque de nous mettre à genou…
    La moitié des nations d’europe sont dans un état critique, hurlent a qui veut l’entendre que l’UE ne sert a rien, et qu’elle a laminé les moyens financiers des états membres par leur reformes nécessaire qui ont tué les systèmes de santé des états du sud, et ses gens nous disent la bouche en coeur: Que l’UE est formidable, et qu’on vas continuer apres la crise a détruire notre pays pour mettre en place leur projet…
    il faut vraiment que chacun comprennent que ses gens sont des FOUS FURIEUX et leur mettre une camisole le plus vite possible…
    ses gens nous sacrifierais volontiers tous si ils étaient sûr de faire avancer leur cause…

    Comme dit un de mes camarades: – « La purge, Ca urge!» -ne serait-ce que pour des questions de santé mentale institutionnelle…

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