Très beau papier paru dans le Monde – et qui a dû désespérer pas mal de lecteurs…

Source : Source : Le Monde, Wolfgang Streeck, 02-03-2016

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“Si, pour toute réponse, la gauche persiste à accabler de son mépris culturel ses anciens électeurs, l’« Europe », au lieu de se refonder de façon relativement ordonnée, se décomposera chaotiquement par suite de la stagnation économique et d’une immigration illimitée. Une hypothèse rendue plausible par la rigidité des élites européennes, qui est en fait de la lâcheté.”

Par Wolfgang Streeck

Le projet d’un Etat-providence européen a échoué depuis longtemps. L’Etat-providence existe encore en Europe, mais seulement au pluriel, à l’échelon national et en tant qu’acquis démocratique national. Son remplacement ou même son simple accompagnement par une « dimension sociale » conférée au marché unique, dont Jacques Delors s’était fait l’avocat dans les années 1990, est resté un vœu pieux.

L’idée selon laquelle Margaret Thatcher et les Britanniques en seraient seuls responsables est un mythe de la gauche. En réalité, la participation de l’Etat et des syndicats à la régulation politique du capitalisme relève de traditions qui étaient différentes d’un pays européen à l’autre, et le sont toujours. La cogestion par représentation des salariés dans les conseils d’administration de grandes entreprises, à l’allemande, et la cogestion par occupation de bureaux directoriaux et séquestration de PDG, à la française, ne peuvent être ramenées à un dénominateur commun.

Ce n’est pas en laissant les Britanniques aller leur propre chemin, voire en provoquant leur départ – à supposer que ce soit encore nécessaire – qu’on fera de l’« Europe » un Etat-providence supranational. Un Brexit n’aura même pas pour conséquence de rendre le régime monétaire et fiscal de l’euro plus à gauche ou plus keynésien, c’est-à-dire plus expansionniste. On sait que la Grande-Bretagne n’appartient pas à la zone euro, et n’y appartiendra jamais. La stagnation en Europe du Sud et en France n’est pas le fait de Londres.

Même une coalition des Etats européens du Sud qui, sous direction française, mettrait en minorité l’Allemagne au sein d’un Parlement européen, comme l’ont récemment proposé Thomas Piketty et d’autres, ne parviendrait pas à imposer une politique socialiste dans l’Union européenne. A côté de ce Parlement, qui resterait encore à créer mais qui ne se créera jamais, il y aurait la Banque centrale européenne et la Cour de justice européenne.

Certes, la BCE achète en sous-main la complaisance de certains gouvernements par de nouvelles formes de financement monétaire public. Mais elle s’en tient étroitement à son calendrier de réformes néolibérales, malgré l’absence de mandat politique. Ce faisant, elle n’hésite pas – voir la Grèce – à faire pression sur un gouvernement national démocratiquement élu en lui coupant les vivres.

La Cour de justice européenne, elle non plus, ne se prive pas de s’immiscer dans le jeu démocratique et, en imposant une interprétation extensive des traités, ne renoncera pas à faire prévaloir ses fameuses quatre libertés [qui fondent les traités : libre circulation des personnes, des biens, des services et des capitaux], si besoin aux dépens du droit de grève – pour ne rien dire du droit européen de la concurrence, auquel contrevient son interdiction des aides d’Etat. Cela non plus, les Britanniques n’en sont pas responsables, ou pas principalement : les inventeurs se trouvent en Allemagne.

L’épouvantail européen

Rien d’étonnant si la « ever closer union among the peoples of Europe » (« une union sans cesse plus étroite ») envisagée avec enthousiasme dans les traités européens est entre-temps devenue, partout en Europe, un épouvantail. Sur ce plan, la Grande-Bretagne n’a rien d’une exception. Toute nouvelle avancée possible vers un super-Etat européen, si fédéral soit-il, échouera aujourd’hui sous la pression des électeurs, même là où un référendum n’est pas nécessaire.

Cela vaut aussi pour l’Allemagne – le pays qui donnerait le la dans une Europe unie en un Etat. Il est donc grand temps, penserait-on, et en particulier pour la gauche, de lancer l’indispensable débat sur ce qu’on appelle en jargon bruxellois la finalité du processus d’intégration européenne – et l’exigence britannique d’une redéfinition du rapport entre l’Europe et ses Etats membres aurait pu en être le prétexte idéal.

Mais il ne s’est rien produit de tel. Les eurocrates et les gouvernements qui les soutiennent craignent les débats sur le but dernier de l’intégration européenne comme le diable craint l’eau bénite. S’il fallait encore une preuve de l’impuissance politique auto-imposée de Bruxelles – de la paralysie de la politique européenne prise dans son impasse historique –, ce serait la façon dont ont été reçues les exigences britanniques.

Après les polémiques obligées sur le traitement de faveur que réclament éternellement les Britanniques, alors que toutes les nations européennes rêvent depuis belle lurette d’en réclamer autant, on est passé à la procédure bruxelloise classique : la négociation d’un bon vieux communiqué grâce auquel tous les gouvernements concernés ainsi que l’eurocratie peuvent croire et faire croire qu’ils ont eu gain de cause. L’établissement de tels textes, où de grands thèmes se trouvent émiettés en petits détails technocratiques incompréhensibles pour le profane, est désormais un art développé à la perfection par Bruxelles ; peut-être son seul art et, en tout cas, de loin le plus marquant.

Le problème, qui n’a pourtant jamais gêné les responsables politiques européens, c’est que, régulièrement, l’accord ainsi atteint perd sa substance au bout de quelques mois et exige alors une nouvelle révision collective, une nouvelle pseudo-solution. Mais en attendant, on a obtenu le calme, et tant qu’au round suivant nul ne se souvient du dernier, le travail sur ce qu’on ose appeler l’idée européenne peut tranquillement se poursuivre.

Les peuples européens vivant en démocratie attendent de leur gouvernement qu’il protège leur attachement à l’autodétermination nationale, y compris contre Bruxelles et, dans tous les cas, contre Berlin

Ainsi a donc été gâchée une nouvelle chance d’échafauder un plan B. Pour que l’Europe soit sauvée, il faudrait qu’un tel plan lève résolument le tabou sur la nationalité, les frontières nationales et les intérêts nationaux. Ce qui, après le naufrage des « illusions delorsiennes », ne devrait pas donner tant de mal à la gauche, elle qui entend défendre l’Etat-providence européen.

L’Europe organisée est condamnée à disparaître, aussi longtemps que le gouvernement allemand, se réclamant du droit européen, peut faire prescrire par Bruxelles à des pays comme la Pologne ou le Danemark une restructuration de leur population par l’ouverture de leurs frontières à des contingents de migrants, contingents calculés en pourcentage d’un chiffre total qui ne cesse de gonfler – simplement pour que l’Allemagne et l’économie allemande puissent ériger leur problème démographique autogénéré en problème européen, et ainsi légitimer sur le plan intérieur la restructuration de leur propre population par une immigration illimitée.

Les peuples européens vivant en démocratie attendent de leur gouvernement qu’il protège leur attachement à l’autodétermination nationale, y compris contre Bruxelles et, dans tous les cas, contre Berlin. C’est pourquoi une politique extérieure intra-européenne qui s’exerce dans le respect de la souveraineté nationale ne saurait être tout bonnement remplacée par une politique intérieure paneuropéenne centralisée.

« Non à un super-Etat, oui à la coopération » : ce slogan, qu’on entend aujourd’hui décliner sous diverses formes dans bien des pays européens, pourrait être une piste – ce qui lui vaut d’être dénoncé comme antieuropéen par les Européens de profession. Mais les grands Etats hétérogènes ne sont pas l’avenir, quoi que nous serinent avec un bel ensemble le philosophe allemand Jürgen Habermas et Peter Sutherland, représentant cosmopolite du capital européen [Irlandais, il est président de Goldman Sachs International].

C’est précisément dans la tradition française qu’on pourrait puiser la formule d’une future Europe, formule ouverte et qui, bien sûr, resterait à développer : l’Europe des patries chère à de Gaulle. Ou l’Europe des patries et des matries, proposerais-je en guise de premier pas vers un rebranding (« un renouvellement d’image ») politiquement correct.

Une occasion manquée

Quoi qu’il en soit, nous ne tarderons pas à payer cette occasion historique manquée. Il est probable que l’accord de Bruxelles avec David Cameron et une partie de son gouvernement ne suffira pas aux électeurs britanniques. Dans ce cas, il faut espérer qu’un retrait de la Grande-Bretagne n’entraînera pas un réveil des fantasmes centralistes d’intégration, une alliance renouvelée entre la gauche européenne et la technocratie européenne.

Il en résulterait plus de résistances encore, non seulement à droite, où le nationalisme est ancré depuis toujours, mais aussi dans la clientèle traditionnelle de la gauche, qui, face à la fusion du vieil internationalisme prolétarien avec le nouvel internationalisme de la finance, n’a plus guère d’autre choix que de rejoindre les partis protestataires, aujourd’hui majoritairement de droite.

Si, pour toute réponse, la gauche persiste à accabler de son mépris culturel ses anciens électeurs et à ne voir en eux qu’un « ramassis » (Sigmar Gabriel, vice-chancelier allemand SPD), l’« Europe », au lieu de se refonder de façon relativement ordonnée, se décomposera chaotiquement par suite de la stagnation économique et d’une immigration illimitée. Une hypothèse rendue plausible par la rigidité des élites européennes, qui est en fait de la lâcheté.

Ce scénario ne serait pourtant pas inévitable. En plein essor à gauche comme à droite, le populisme, comme le désigne péjorativement un centre réduit à peau de chagrin, pourrait juguler l’abstentionnisme qui se développe depuis plusieurs décennies dans les démocraties européennes. Les gouvernements, eux, pourraient réagir en fermant un peu plus les voies décisionnelles, pour prémunir leurs certitudes politiques contre ceux à qui elles ne disent plus rien. Mais il n’est pas sûr que cela fonctionne, et alors se ferait peut-être jour la possibilité – et d’ailleurs la nécessité – d’une reconfiguration par le bas des chances de participation démocratique.

On en trouverait de premiers exemples en Grande-Bretagne, justement, avec l’élection de Jeremy Corbyn à la tête d’un Labour Party renouvelé, mais aussi le référendum organisé par le gouvernement Cameron pour damer le pion à l’UKIP (parti britannique antieuropéen) et autres. La nouvelle vague de participation démocratique dont l’Europe a besoin ne peut s’amorcer ni sur un mode supranational ni au sein d’institutions conçues ou réaménagées par les Juncker et les Draghi de ce monde pour servir leurs propres buts et les intérêts qu’ils représentent.

La démocratie ayant besoin d’air pour respirer, il faut pourtant aussi une réforme de l’Europe supranationale. La renégociation du rapport entre l’UE et la Grande-Bretagne, qui serait à l’ordre du jour après un éventuel Brexit, en offrirait une nouvelle occasion, peut-être la dernière. La pression autoritaire exercée par la Cour de justice de l’UE pour imposer la libéralisation devrait notamment être contrée par un renforcement des Parlements nationaux, et la BCE, désormais cantonnée dans ses tâches fondamentales, devrait renoncer, tout comme la Commission, à vouloir prescrire aux Pays membres leur politique budgétaire, par exemple.

Si cela n’allait pas, il faudrait envisager rien de moins qu’un rétablissement partiel et coordonné de la souveraineté monétaire dans les pays européens qui subissent l’euro. En comparaison, la querelle sur les réfugiés ne serait plus qu’une bagatelle.

(Traduit de l’allemand par Diane Meur)

Wolfgang Streeck (Sociologue de l’économie et professeur à l’université de Cologne)

Source : Source : Le Monde, Wolfgang Streeck, 02-03-2016

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58 réponses à « Pour que l’Europe soit sauvée, il faut lever le tabou sur les nations », par Wolfgang Streeck

Commentaires recommandés

Jacob Linder Le 09 mars 2016 à 06h27

L’Europe est bien né et atteint très exactement ses buts : soumettre les états européens aux états-unis.
Qui demande l’élargissement de l’UE à la Turquie ? Les états-unis.
Qui demande le sauvetage de l’euro et le maintient de la Grèce dans l’Euro ? Les états-unis.
Qui organise la défense de l’UE ? L’OTAN et donc les états-unis.

Pour rappel, l’article 42 du Traité de l’Union Européenne (TUE) prévoit que “La politique de l’Union au sens de la présente section n’affecte pas le caractère spécifique de la politique de sécurité et de défense de certains États membres, elle respecte les obligations découlant du traité de l’Atlantique Nord pour certains États membres qui considèrent que leur défense commune est réalisée dans le cadre de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN) et elle est compatible avec la politique commune de sécurité et de défense arrêtée dans ce cadre. “, c’est donc la soumission de la politique de défense européenne à l’OTAN.

L’Europe organise parfaitement l’impuissance des états. Elle est très bien né.

  1. Spectre Le 09 mars 2016 à 02h55
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    Dans ce cas, il faut espérer qu’un retrait de la Grande-Bretagne n’entraînera pas un réveil des fantasmes centralistes d’intégration, une alliance renouvelée entre la gauche européenne et la technocratie européenne.

    Perdu pour perdu, au point où il en est, je ne serais même pas étonné que François Hollande prenne une initiative en ce sens. Avec son art consommé de l’anti-timing, il réussira bien à nous « proposer » plus d’intégration à l’heure où jamais l’UE n’a suscité autant de défiance. Il va foirer sa révision constitutionnelle, il va foirer sa grande réforme libérale, pourquoi donc ne pas compléter la sainte trinité en foirant une nouvelle tentative d’ « avancée » européiste ?


    • Balthazar Le 09 mars 2016 à 17h59
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      Bien sûr que Flanby 1er (ou autre socialope) va nous dire que la crise, c’est dû à l’absence d’Europe (cela ne veut rien dire, mais ça impressionne le béotien).
      Évidemment qu’il va nous proposer comme solution : encore plus d’Europe.
      Les gens n’en veulent pas.
      Ceux qui sont en-dehors se portent mieux (l’UE est la zone économique qui sous-performe toutes les autres depuis 35 ans).
      Cela se voit. Les rats quittent le navire.
      Et Tonton François, pendant ce temps, demande à l’orchestre de jouer plus fort. Tata Angela, en salle des machines, augmente la poussée des moteurs.
      Que c’est beau.


      • AL21015 Le 10 mars 2016 à 10h02
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        N’oublions pas que

        Plus d’Europe, c’est immanquablement plus de sous sous dans la popoche. Car par essence, les enjeux et donc les budgets sont plus importants.

        Le reste est parfaitement anecdotique.


  2. Charles Michael Le 09 mars 2016 à 04h35
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    Effectivement c’est une suite de remarques plutot lucides mais dont les conclusions restent bien ambigues en particulier sur “un rétablissement partiel et coordonnée de la souveraineté monétaire dans les pays européens qui subissent l’euro. ”
    L’excellent Jacques Sapir nous dit les choses plus crument.

    Et oui, la crises des réfugiés est Le phénomène déstructurant /re-structurant; une parfaite crise où le moralisme très niais de l’UE a encouragé depuis 1991 un ensemble de conflits et une marche agressive vers l’Est sponsoré par l’Otan.
    Là c’est un peu l’éléphant dans le salon Bruxellois dont l’auteur veut ignorer la présence, dommage, car la question des liens masochistes avec les USA fait partie de la crise.

    Pour mémoire en 2003 l’intervention en Irak 2 a vu les plus faibles états se soumettre.
    La France, l’Allemagne et la Pologne n’ont pas réagi à l’annulation de leur accord avec Yanoukovich lors du Maidan de Victoria (f..k the EU) à Kiev.
    La France et l’Angleterre ont été les promoteurs de la stupidité en Lybie
    La France a été aux avant-postes de la crétinerie en Syrie.

    Ni Europe sociale donc, et ni l’Europe c’est la paix.


  3. JMDS Le 09 mars 2016 à 04h48
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    L’enfant Europe est mal né, un monstre peut-être. Il lui manque une authentique constitution européenne qui ferait d’elle un État, une souveraineté charpentée, capable d’articuler les forces politiques d’un peuple.
    Mal né parce qu’issu des entrailles économiques, l’organisme européen reste un artefact, un produit commercial et financier qui ne suffit pas, à lui seul, à représenter et organiser les rapports sociaux.
    Faute de refonder l’Europe en organisme politique, ne faudrait-il pas s’en tenir à des accords commerciaux entre les forces économiques d’abord, avec l’agrément des États ensuite ?
    La difficulté majeure est posée par la monnaie euro qui, comme toute monnaie, est un objet de souveraineté (les américains le savent bien et en profitent), le bras séculier de la puissance publique. Que faire de ce bras amputé de son corps politique ?


    • ummite Le 09 mars 2016 à 05h47
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      d’après ma compréhension que j’ai de votre texte , vous proposez ni plus ni moins qu’un gouvernement central , celui du nouvel ordre mondial avec une entité unique pour tous , plus aucunchef d’état ( actuellement directeur de succursale devenu ) ! un autre monstre qui ne tiendrait pas compte de la diversité des objectifs de chaque nation ,de ses richesses nationale , de ses productivités industrielles et agricoles , qui serait par obligation de nourrir les autres nations plus faibles en production etc..etc…


      • JMDS Le 09 mars 2016 à 10h09
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        Je comprends le malentendu. A mon sens, un État est une structure qui organise la vie d’un peuple à moins d’être une forme vide ou coercitive (comme le sont les institutions européennes).
        Autrement dit, existe-t-il un peuple européen ou, en termes socio-historiques, une nation européenne suffisamment mature pour affirmer sa souveraineté et l’actualiser dans l’édification d’un État ? Je ne le pense pas. Pas plus qu’un peuple ou un État mondial. Ce n’est pas parce qu’il existe de nombreux échanges commerciaux et financiers que les acteurs de ces échanges constituent un peuple !
        Certains “meilleurs que les autres” pensent que la mise en place d’institutions a un “effet de levier”, “structurant”, capable de forger un peuple ou d’accoucher une nation au forceps. On devrait être d’accord, non ?


    • Jacob Linder Le 09 mars 2016 à 06h27
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      L’Europe est bien né et atteint très exactement ses buts : soumettre les états européens aux états-unis.
      Qui demande l’élargissement de l’UE à la Turquie ? Les états-unis.
      Qui demande le sauvetage de l’euro et le maintient de la Grèce dans l’Euro ? Les états-unis.
      Qui organise la défense de l’UE ? L’OTAN et donc les états-unis.

      Pour rappel, l’article 42 du Traité de l’Union Européenne (TUE) prévoit que “La politique de l’Union au sens de la présente section n’affecte pas le caractère spécifique de la politique de sécurité et de défense de certains États membres, elle respecte les obligations découlant du traité de l’Atlantique Nord pour certains États membres qui considèrent que leur défense commune est réalisée dans le cadre de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN) et elle est compatible avec la politique commune de sécurité et de défense arrêtée dans ce cadre. “, c’est donc la soumission de la politique de défense européenne à l’OTAN.

      L’Europe organise parfaitement l’impuissance des états. Elle est très bien né.


      • Chris Le 09 mars 2016 à 12h11
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        Et l’imposition de l’accord TTIP/TAFTA-TiSA sera le versant économique de cette soumission militaire.
        Cric-crac, c’est fermé !


    • Eric Constant Le 09 mars 2016 à 09h29
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      “capable d’articuler les forces politiques d’un peuple”
      le problème est qu’il n’y a pas de peuple européen mais des peuples européens.
      Plus de la même chose n’a jamais été un gage de réussite quand quelque chose ne fonctionne pas. Il faut changer de perspective et s’engager dans une construction européenne différente pas par la constitution d’un super Etat


    • jules Le 09 mars 2016 à 13h57
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      Il convient de ne pas exagérer la valeur du concept de peuple.
      Quand tout va bien, ou presque, n’importe qui se sent « peuple » avec n’importe quoi et réciproquement. Dès que les choses tournent en eau boudin, chacun veut reprendre ses billes et justifie son malheur en pensant que « c’est la faute des autres (l’étranger) ».
      Même la nation n’a plus beaucoup de sens. Les vieilles querelles régionales refont surface (encouragées d’ailleurs par les mondialistes qui n’aiment rien moins que le conflit de tous avec tous). Pas besoin non plus de forcer de beaucoup le regard pour découvrir derrière les ambitions régionalistes des formes de sous-régionalisme qui, poussées à l’extrême en cas de naufrage total, iraient jusqu’au retour du pire des esprits de clocher, voire même de quartier. (Ou quand l’individualisme forcené des « perdants » rejoint de façon absurde celui des mondialistes triomphateurs, l’un par le bas, l’autre par le haut.)
      Je ne crois pas plus au souverainisme sur base de l’État et du peuple qu’à la mondialisation sur base du narcissisme et de l’extrême cupidité. (Trop de police, trop de flicage dans les deux cas…) Vu l’ampleur du sinistre — et ses conséquences — personne ne sait aujourd’hui quels seront, pour le futur, les formes pertinentes de gouvernement.


  4. DUGUESCLIN Le 09 mars 2016 à 06h47
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    La question est de se libérer de la mainmise de l’européisme et de la haute finance sur les pays autrefois souverains par globalisation ou mondialisation interposée.
    Le pouvoir de la haute finance internationale, ne connaît pas de frontières. Elle veut s’imposer à la planète toute entière et soumettre les peuples.
    Est-il besoin de s’afficher de gauche ou de droite pour dénoncer la mondialisation et le pouvoir démentiel de la finance. Ce clivage (un coup à droite, un coup à gauche) donne toujours la victoire à ceux dont on veut se débarrasser.
    En Russie, on ne se pose pas la question d’être de droite ou de gauche. Il existe quelques nostalgiques du soviétisme et quelques groupuscules ultranationalistes, mais il n’y a pas un clivage gauche-droite comme chez nous qui donne la victoire aux financiers par rejet d’un camp contre l’autre. Ou est le parti du bon sens?


    • groucho Le 09 mars 2016 à 15h36
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      “En Russie, on ne se pose pas la question d’être de droite ou de gauche. Il existe quelques nostalgiques du soviétisme… ”
      Vous avez des sources (autres que la journaille habituelle) ?
      Ils font encore pas loin de 20 % aux législatives ( http://www.les-crises.fr/10-ans-de-garry/gary-01/ ), les quelques nostalgiques du soviétisme, et c’est le deuxième parti de Russie ! Et parfois ils emportent des municipalités, comme Novossibirsk, qui n’est pas un bled perdu à des milliers de verstes de tout, mais une des plus grandes villes russes…


      • patrick Le 09 mars 2016 à 20h38
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        c’est bien le grand drame des USA , comment voulez-vous organiser une “révolution de couleur” quand l’opposition au gouvernement est composée pour moitié de communistes et pour moitié de nationalistes … qui en plus sont tous prêts à se serrer les coudes avec le gouvernement si on les agresse.


        • Patrice Le 10 mars 2016 à 00h07
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          Sur Vox, Mark Galeotti, commentateur parfois “atypique” mais parfois seulement, titre “Le Parti Communiste Russe est de retour – et c’est une mauvaise nouvelle pour Poutine” http://www.vox.com/2016/3/8/11179332/russia-communist-party

          A la lecture de l’article, on s’aperçoit que c’est encore un moyen de faire du Poutine-bashing en disant que le PCFR lutte contre la corruption, “ironiquement, le parti communiste pourrait faire avancer la cause de la démocratie et des réformes (sic) en Russie”. Effectivement, en être réduit à faire l’éloge du PC, pour les USA…..


      • DUGUESCLIN Le 10 mars 2016 à 08h46
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        Mes sources je les ai sur place en parlant avec les gens. Et je n’en rencontre que très peu qui voudraient revenir au soviétisme.
        Mais il y a en a qui disent que c’était mieux avant, car il n’avaient pas à se soucier de la question de leurs revenus. ce n’est pas pour autant qu’ils souhaiteraient revenir au soviétisme qu’ils ont connu, mais seulement aux avantages dont ils bénéficiaient.
        Mais dans tous les cas ils ne sont pas favorables au système américain, et sont patriotes.


  5. unionsbuerger Le 09 mars 2016 à 07h44
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    C’est maintenant à la “Deutsche Leitktultur” de faire la promotion la promotion des idées nationalistes ?

    Wolfgang Streeck est en phase avec Wolfgang Schäuble qui ne connait plus des Européens que les Critères de Stabilité. Il est également en phase avec la ministre Nahles du SPD qui suppriment les aides sociales et les allocations familiales en Allemagne aux jeunes Européens pour augmenter les retraites des vieux allemands, afin qu’ils ne se plaignent pas de l’ afflux des réfugiés.

    La “culture dirigeante” allemande est aussi affligeante que la lacheté du personnel politique français qui s’est fait élire en promettant une renégociation des traités européens.


    • Patrice Le 09 mars 2016 à 20h53
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      Quel joli contresens, raciste-xénophobe en plus!

      Streeck est opposé à l’actuel fonctionnement de l’euro car selon lui il crée “des états de première classe dominant des états de seconde classe”, il est opposé à, il dénonce, “la domination de l’Allemagne sur l’Europe”.

      Accessoirement, il est socialiste et il est en phase avec la plateforme du SPD qui, à l’époque, avait inscrit la semaine de trente heures à sa plateforme-programme.
      (Pour mémoire, la gauche néerlandaise, elle, proposait la semaine de vingt-cinq heures).

      Un commentateur qui se limite, ici et sur d’autres articles, à insulter et calomnier l’Allemagne, et quinze lecteurs approuvent????

      Bravo.


  6. FifiBrind_acier Le 09 mars 2016 à 08h32
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    L’auteur du texte se fait une curieuse idée de l’ Europe gaulliste…
    http://www.gaullistelibre.com/2014/11/le-general-de-gaulle-et-leurope-billet.html
    C’était une Europe sans le Royaume Uni et sans les Américains. Sans monnaie commune, ni armée commune et sans la Commission européenne, dont le rôle était juste de servir de secrétariat… Et sans l’ OTAN.

    L’Europe que souhaitait De Gaulle ressemblait aux BRICS d’aujourd’hui:
    des Etats souverains qui signent des accords de coopération et commercent dans leurs monnaies nationales. De Gaulle disait qu’une Europe supra nationale n’avait aucun avenir:
    ” On ne fait pas d’omelette avec des œufs durs!” C’est à dire avec des pays qui ont une histoire millénaire, des cultures, des histoires et les langues différentes.

    Il avait aussi très bien compris que derrière l’ Europe fédérale, se cachait le “fédérateur extérieur”.
    http://www.observatoiredeleurope.com/Dans-cette-Europe-integree-il-n-y-aurait-plus-d-Europe-et-le-federateur-serait-exterieur_a2160.html


    • raloul Le 09 mars 2016 à 21h10
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      Bonjour !

      N’oublions pas l’AELE, devenue certes assez insignifiante, mais qui aurait pu être un modèle alternatif de fonctionnement européen.


  7. Lysbeth Lévy Le 09 mars 2016 à 10h08
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    Cette idée que la démographie allemande, par exemple, doit être “reboostée” par un afflux d’immigrants du moyen-orient, est illogique. La population allemande est assez importante, et même si elle baisse de quelques millions, étant donné le chômage massif, quel intérêt de la garder à son taux actuel ? Si c’est le destin d’une nation d’avoir moins d’habitants, la natalité étant en berne depuis longtemps, il faut aller à la racine du problème qui est le manque de crêches, de structures d’aide aux familles, aux parents seuls, et non recourir à l’immigration massive. De toute façon les “immigrés” seront des travailleurs sans réels droits, sous payés et mal considérés par les allogènes.

    Le racisme ambiant, et institutionnel de l’état allemand tiendra au plus bas de l’échelle ces immigrants forcés de quitter leurs pays respectifs en guerre, en grande partie à cause de l’UE et des Européens. Les réfugiés sont pas idiots, ils savent à “qui” ils doivent leur nations détruites, leur famille disparue, leur exil forcé, et cela risque fort d’être un problème à la longue. A moins que l’UE assume ces conneries et aident à reconstruire un ou deux des pays détruits par les bombardements “humanitaires” de l’OTAN !


    • visiteur Le 09 mars 2016 à 12h49
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      Je souscris à votre scepticisme.

      L’Allemagne n’a pas vraiment besoin d’immigrants originaires du Proche-Orient pour soutenir une démographie défaillante.

      1) D’abord, parce que nombre de ressortissants UE émigrent vers l’Allemagne (pays baltes, Europe du sud dont Grèce — eh oui). Les pays baltes se vident de leur population depuis au moins 20 ans, et la crise a accéléré le mouvement.

      2) Ensuite, parce que l’Allemagne profite des frontaliers (français, par exemple).

      3) Enfin, parce qu’elle tire pleinement parti des fameux “travailleurs détachés” — le secteur agro-alimentaire en Allemagne (fermes, abattoirs, usines de transformation) repose massivement sur les Roumains et Bulgares qui y travaillent en “mission” — aux tarifs roumains et bulgares, bien sûr.

      Il ne faut pas non plus oublier que nombre d’Allemands émigrent. Ainsi, de 2008 à 2014 la Suisse a connu une immigration nette de plus de 115000 Allemands. Pas énorme en valeur absolue, mais quand même environ 1,5% de la population totale résidente en Suisse et ceci juste durant cette période.

      Le problème démographique de l’Allemagne n’est pas la taille absolue de sa population, mais sa structure d’âge — avec le Japon, l’Allemagne a la population la plus âgée du monde.


      • Furax Le 09 mars 2016 à 13h44
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        Le Japon a une réponse cohérente avec entre ses souhaits politiques (conserver une société très homogène) et les tendances lourdes d’évolution du monde.

        Il mise sur la robotisation qui est à l’oeuvre dans un champ de plus en plus important de l’activité humaine.

        La faille des analyses simplement quantitatives des économistes partisans de l’immigration pour pallier le non-renouvellement des générations, cest qu’ils oublient la dimension qualitative. Il y a des candidats à l’immigration utiles à l’économie et qui sauront s’insérer harmonieusement dans la société d’accueil. Et il y en a d’autres pour lesquels c’est beaucoup moins voire pas du tout le cas.


      • Jeekes Le 09 mars 2016 à 18h27
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        @visiteur

        L’Allemagne non, on est d’accord.
        Mais le patronat allemand oui, évidemment.
        Et pour les mêmes raisons que celles de tout les patronats du monde !


  8. Nicolas Anton Le 09 mars 2016 à 11h12
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    Prétendre qu’il y a eu le projet d’un état providence européen et que Jacques Delors était l’avocat d’une “dimension sociale” nous informe sur l’objectivité de l’auteur.

    J’en ai un peu assez des analystes qui s’acharnent à faire croire que l’objectif visé était le seul bonheur des peuples, pour les élites on verra plus tard et que manque de bol on a exactement obtenu le contraire. Non monsieur ! l’Europe d’aujourd’hui est bien celle imaginée par les cervelles néolibérales.

    Le socialiste empêché néolibéral malgré lui qu’était J. Delors a supprimé l’échelle mobile des salaires en 1982 et a “poussé la dérégulation des marchés financiers bien plus loin que ne le prévoyait à l’origine le programme de marché unique ”

    L’Europe sociale de Delors c’était la distribution des miettes une fois le néolibéralisme installé. On y est.
    Merci mon bon seigneur, touchez ma bosse..


    • Lysbeth Lévy Le 09 mars 2016 à 12h58
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      Oops ! Cher Nicolas Anton, c’est Pierre Mauroy qui a supprimé l’échelle mobile des salaires en 1982 ! Pour le reste tout a fait d’accord Jaques Delord et ces pairs ont tout fait pour construire un “marché européen”; au profit des capitalistes, banquiers, des “dérégulateurs” qui ont préparé les crises actuelles. La financiarisation extrême et le “laissez faire” capitaliste sont le fait du côté américain de Clinton, avec juste avant Reagan et son équipe de “cow-boy de l’école de Chicago”.


      • Scytales Le 09 mars 2016 à 13h52
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        Je propose de vous départager en rappelant qu’au moment de la suppression de l’échelle mobile des salaires en 1982, Jacques Delors était le ministre des Finances du deuxième gouvernement de Pierre Mauroy, premier ministre.


  9. Justinos Le 09 mars 2016 à 12h04
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    Les nations définies comme “tabou”, à sacrifier pour “sauver l’Europe” ?

    1) le TABOU, ce ne sont pas les nations, qui sont des réalités historiques, affectives et politiques – quoique de moins en moins -… mais bien l’Europe, cette (supposée) grande “Idée”. Et ce tabou européen est en fait un MOLOCH : pour “sauver” cette idée – car on doit toujours la sauver, puisqu’elle ne cesse d’échouer – on nous dira de proche en proche qu’il faut tout sacrifier : nations, démocratie, protection sociale, identités, etc.

    2) Ne nous y trompons pas : ce MOLOCH n’est pas le nouveau dieu d’une nouvelle religion postmoderne. Son ressort, sa structure, sa vérité, c’est le capitalisme débridé qui se croit tout permis (ce qui occasionnera à terme sa perte) : celui de la finance internationale et des grandes entreprises. Sauver l’Europe, c’est aider le néo-libéralisme mortifère.


  10. Christian Gedeon Le 09 mars 2016 à 12h45
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    Oups,encore modéré…Bon je résume. le Général l’avait dit sans ambages…L’Europe des nations ou rien…Et pourtant!


  11. Patrice Le 09 mars 2016 à 13h00
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    Pour aller plus loin:
    – la réponse de Streeck à Habermas (“votre nostalgie pour le nationalisme étatique”): http://www.mpifg.de/people/ws/downloads/Streeck_Small-State%20Nostalgia.pdf
    – la critique par Streeck du livre de Habermas (“Le leurre de la technocratie”)
    https://wolfgangstreeck.files.wordpress.com/2016/01/streeck2016_eps_review_habermas-lure-of-technocracy.pdf

    Et en écho chez BloombergView (un des temples du néo-libéralisme) “Draghi n’a pas ce dont l’Europe a besoin” http://bloombergview.com/articles/2016-03-09/draghi-can-t-save-europe qui nous explique que la BCE ne peut jouer le rôle indispensable à l’Eurozone, en particulier politique fiscale, régulation etc., et cite cette étude, indispensable, du CEPR parue en Février 2016 “Rebooter l’Europe: comment réparer l’Union Monétaire” http://www.voxeu.org/sites/default/files/file/epub/rebooting2_upload.pdf

    Tout cela nous dit que l’Europe, l’Eurozone, n’est pas souveraine, par construction. Certains font des propositions pour y pallier, rendre à la BCE une souveraineté monétaire.
    Streeck dit que le seul moyen d’aboutir à une Europe social-démocrate, et souveraine et démocratique, c’est de repasser par la case “nations” où les peuples peuvent encore utiliser ce qui reste de la démocratie et de la souveraineté nationale via les élections pour faire sauter le carcan néo-libéral et, ensuite, reconstruire une Europe social-démocrate.


  12. Ailleret Le 09 mars 2016 à 13h05
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    L’article de Streeck envisage la crise migratoire sous un angle intéressant : l’Allemagne qui veut imposer par Bruxelles une restructuration démographique aux autres pays de l’UE (les quotas de migrants), l’Allemagne qui érige son “problème démographique autogénéré” en problème européen. C’est là une violation spectaculaire de la souveraineté des autres pays, et une atteinte aux droits élémentaires de leurs citoyens.

    Aucun gouvernement n’a le droit de changer la composition de sa population sans la consulter.
    Aucun gouvernement n’a le droit d’imposer aux autres pays un bouleversement de leur population.

    [Modéré]


  13. Lea_ Le 09 mars 2016 à 13h26
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    “L’établissement de tels textes, où de grands thèmes se trouvent émiettés en petits détails technocratiques incompréhensibles pour le profane, est désormais un art développé à la perfection par Bruxelles ; peut-être son seul art et, en tout cas, de loin le plus marquant.”

    Très juste! VGE n’avait-il pas lui-même dit que que le traité de Lisbonne était un copier-coller du TCE , sauf que les mêmes dispositions étaient parsemées par ci par là, rendant le traité de Lisbonne illisible pour un simple citoyen ?


  14. Lea_ Le 09 mars 2016 à 13h44
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    Très bonne analyse. Il faudrait encore dire que dans le passé tous les empires se sont écroulés et l’UE s’est hélas imaginée en empire.
    Si l’UE de Delors était imaginable et gérable car ne comprenant que 10 pays assez homogènes, l’UE d’aujourd’hui est un fourre tout où se côtoient des pays au salaire min de 350 euros avec des pays dont ce salaire est de 1400 euros brut., sans parler du temps de travail ou autres joyeusetés.

    Je ne comprends pas comment des responsables politiques, des économistes, et autres penseurs de différents pays, aient pu zapper ces éléments de bon sens.
    Comme quoi, les peuples qui ont voté NON en 2005, avaient raison.


    • Furax Le 09 mars 2016 à 17h52
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      C’est ce qu’on dit souvent et pourtant il y a des exceptions. Ne finissent par s’effondrer que les empires (dans le sens d’une construction étatique impériale rassemblant plusieurs entités hétérogènes sous la même autorité politique) que ceux qui n’ont pas su se transformer en nation.

      Ce sont certes l’immense majorité des empires. Mais il y a la Chine et l’Inde qui ont été des empires et ont fini par réussir à devenir des nations originales, des nations continent, avec chacune plus d’un milliards d’habitants.

      D’ailleurs, en soi, la chute d’un empire n’est pas forcément une catastrophe. Le cas de la Chine se signale par le fait que le maintien de l’unité s’est fait au prix d’une stagnation pluriséculaire. Un pouvoir trop fort a littéralement sclérosé l’empire chinois. Et c’est non sans vraisemblance ce qui se serait produit avec l’Europe si l’empire romain ne s’était pas morcelé.


    • SanKuKai Le 09 mars 2016 à 18h16
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      Comparez les cartes de progression de l’UE avec les cartes de progression de l’OTAN.
      Si on intègre les Etats-Unis et l’OTAN dans l’équation, ces élargissements de l’UE deviennent beaucoup moins incohérents.


  15. Giloux Le 09 mars 2016 à 13h50
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    “Le projet d’un Etat-providence européen a échoué depuis longtemps” ?
    Quel projet ? Il n’a jamais été question d’un état providence, bien au contraire : la constitution européenne ne prévoit rien d’autre que la destruction des systèmes de substitution, de protection sociale et des services publics.


    • Patrice Le 09 mars 2016 à 15h10
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      Et bien c’est faux. Le projet européen était social-démocrate, centre gauche ou centre droit selon Giscard-Schmidt Mitterand-Kohl, ou autres (Delors etc), mais contre le capitalisme sauvage; le modèle européen contre le néo-libéralisme mode étatsunienne.
      C’est ensuite que cela s’est gâté, pour de multiples raisons, mais c’est déjà loin, avant le projet de constitution; c’est en cela que le “a échoué depuis longtemps” est justifié, au sens où la grille de lecture de Streeck est aussi, surtout: “c’est trop tard, trop endommagé pour le réparer”.


      • Christian Gedeon Le 11 mars 2016 à 11h14
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        Vous plaisantez ,j’espère…Monnet , Schuman et leurs pendants germaniques,des gens de “gauche ” ou du centre? Hohoho….trop drôle. Dès le départ le projet était supranational et voué à la pire des concurrences. Et il faut arrêter un peu avec la “sanctification ” d’un Delors et de ses acolytes comme Lamy et consorts…C’est bien à eux qu’on doit l’ultralibéralisation insidieuse qui a rongé les bases industrielles européennes….Lamy,grand pote de Delors et “inventeur ” de ce qu’il y a de pire dans l’OMC…les deux ayant fait de la “Commission ” (qui porte bien son nom!) l’organe totalitaire qu’elle est aujourd’hui…basta cosi!


  16. Patrice Le 09 mars 2016 à 14h32
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    Le texte de Streeck sur le site du Monde est en accès libre. Non abonné.
    Il aurait été plus judicieux d’en faire une analyse, une explication, en tirer une problématique, bref le commenter.

    Si en plus c’est pour bloquer ou éventuellement censurer un commentaire absolument pas polémique, “pour aller plus loin”, avec trois liens vers des sites honorablement connus et “sûrs”, sous prétexte que ce commentaire est soi-disant “trop long”.

    Trop long avec 170 mots, 1100 signes…
    Il est vrai que le “décervelage” est devenue là règle. Sur les-crises aussi?

    [Modération : les modérateurs ont une vie en dehors de la modération. Il n’est pas toujours possible de relire chaque commentaire immédiatement]


    • Christian Gedeon Le 11 mars 2016 à 11h18
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      Ben oui,vous vexez pas comme çà,il m’arrive régulièrement d’être modéré! Et bien souvent,çà me permet de mieux exprimer mon propos,en le condensant.Décervelage est excessif,non? Litote,mon cher,litote!


  17. Patrice Le 09 mars 2016 à 15h40
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    L’expérience socialiste “à la française” de 1981 est le denier exemple de l’exercice de la souveraineté monétaire de la France.

    Comme les précédents, il s’est heurté à “la contrainte extérieure”, çad surtout à l’envolée des taux d’intérêts: jusqu’à 18%, malgré une dette de 26% du PIB seulement en 1983!

    Conclusion: même pour la 6 ou 7e économie mondiale (à l’époque), la souveraineté monétaire est illusoire contre “les marchés”, point.

    Dès qu’il y a eu l’Euro, on a pu faire du déficit à tout va…. même s’il faut aller au petit théâtre de la commission jouer la grande scène du II sur l’air du “pardon on le f’ra plus promis on réduira le déficit”.

    Reste que, par d’autres circuits et moyens, la doxa néo-libérale s’est implantée, l’Europe politique est restée en chemin, la BCE elle-même n’est plus souveraine (par ex: n’est pas prêteur en dernier ressort).

    Le fond de l’affaire:
    – soit on sort de l’Euro et on n’est pas souverain – sauf à accepter d’en rabattre sacrément sur le niveau de vie
    – soit on y reste et on n’est pas souverain non plus….

    Une partie de la classe moyenne ou presque-moyenne espére encore contre toute évidence sauver ses meubles et son niveau de vie, elle contribue à maintenir l’Europe dans l’impasse en appuyant la politique néo-libérale (cf. Macron&El-Khomri).
    Les politiques continuent à flatter cet électorat – le seul qui vote encore, ce qui leur permet de garder le pouvoir avec l’illusion de servir à quelque chose, et l’illusion d’être de gauche pour certains…


    • patrick Le 09 mars 2016 à 20h49
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      il n’y a pas de problème de souveraineté monétaire face aux marchés.
      il y a un problème de souveraineté uniquement quand les gouvernements sont socialistes ou sociaux-démocrates. Ils ont besoin de claquer beaucoup plus d’argent qu’ils n”en ont et donc ils sont obligés de se soumettre à leur ennemi la finance , et finissent par mettre les peuples en servitude.
      si l’état ne s’occupe que de ses missions régaliennes , il n’a pas besoin d’emprunter et il n’a pas besoin des marchés.


      • Patrice Le 09 mars 2016 à 21h05
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        C’est combien la dette des USA déjà ????


        • patrick Le 09 mars 2016 à 21h20
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          Comme nous , avec les mêmes dettes hors-bilan.


    • patrick Le 09 mars 2016 à 21h03
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      En ce qui concerne l’euro , il faudra bien en sortir un jour ou l’autre , soit de façon à peu près ordonnée , et en baissant sérieusement notre niveau de vie au début, soit en mode panique , au dernier moment et ça risque de faire encore plus mal.


    • Christian Gedeon Le 11 mars 2016 à 11h24
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      Rabattre sur le niveau de vie? Voyez vous beaucoup ont déjà sérieusement rabattu,sur leur niveau de vie. Contraints et forcés. Il faut en finir avec les vieilles lunes de “l’argent qui manque”. Non,il ne manque pas. La France (et le monde) n’ont jamais été aussi riches.C’est l’utilisation de l’argent qui doit être mise en cause. Non pas une “redistribution passive ” comme çà a longtemps été le cas. mais une redistribution active,et une politique vraie et volontaire.L’argent? Il n’y a que çà…et partout. ne vous laissez pas endormir par les chantres “stipendiés ” du trop de déficit et patin couffin…la peur,mon cher,la peur est devenue un moyen de gouverner omniprésent…ou serait de ne PAS gouverner,plutôt?


  18. sissa Le 09 mars 2016 à 16h24
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    Encore une fois, on continue de s’illusionner et de croire à une autre Europe possible. L’ U.E n’est pas comme elle est par hasard: elle est le fruit de négociations âpres qui ne pouvaient déboucher que sur un tel système. De même, il est vain de croire qu’on puisse la renégocier, quand bien même on arriverait à faire accepter par tous le principe d’une renégociation, celle-ci se heurterait aux mêmes écueils que ceux qui ont ont été rencontrés pour les traités précédents.
    Ce système n’est pas réformable,il va quand même un jour regarder la réalité en face.


    • Furax Le 09 mars 2016 à 17h57
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      Je suis en désaccord radical avec vous. C’est factuellement faux. Il eut suffi de changer un homme à la tête de la commission européenne ou d’un pays clé pour qu’il en aille tout autrement.

      Il a fallu tout l’aveuglement des dirigeants français dont la prétention à être de grands hommes d’Etat visionnaires n’avait d’égale que la nullité insondable sur les B-A-BA de l’économie (Mitterrand et Delors), pour commettre le contresens historique de l’euro en pensant que cela allait arrimer l’Allemagne à l’Europe et l’empêcher de dominer le continent. Il y avait pourtant des exemples bien connus en Histoire économique, à commencer par l’unification économique et monétaire de l’Italie et de l’Allemagne au 19ème siècle.

      Pas de bol, il se trouve qu’on a eu en face de nous un dirigeant allemand (Kohl) qui voulait trop faire plaisir aux dirigeants français et qui cédait trop facilement aux lubies et idées folles françaises contre ce que voulait l’opinion publique allemande. C’est une de ces tristes farces dont l’Histoire comme le théatre ont le secret.


      • Lea_ Le 09 mars 2016 à 22h55
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        Je pense que vous vous trompez. L’objectif de Kohl était de réunir les deux Allemagnes (Fédérale et celle de l’est). Pour en avoir l’accord de Mitterrand (et des Européens), il devait accepter l’euro. Mais comme l’euro était finalement basé sur le DM, Kohl a gagné sur les deux tableaux. Ce sont donc Mitterrand et Delors qui ont eu tout faux.


        • Ailleret Le 10 mars 2016 à 00h06
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          Furax et Lea,

          il me semble que vous avez raison tous les deux. Le calcul de Mitterrand : dissoudre dans l’Europe une Allemagne réunifiée qu’il n’avait pas prévue, s’est retourné contre la France. Nous avons maintenant une Europe allemande, et nos élites lui obéissent au doigt et à l’œil. Comme Séguin le soulignait en 1992, c’est la peur française de l’Allemagne qui nous a donné le Traité de Maastricht.

          Merci du cadeau ! Une Allemagne franchement indépendante, et neutralisée (comme l’Autriche en 1955), aurait été préférable pour tout le monde.


          • Patrice Le 10 mars 2016 à 00h23
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            Il ne faut pas oublier le rôle perturbateur de l’Angleterre, qui a toujours refusé de s’intégrer à l’Europe (monnaie, Schengen, exceptions diverses) mais tient absolument à rester dans l’UE “à la table des négociations” pour protéger ses intérêts, exposés par exemple ici par Charles Grant à la commission des affaires étrangères du parlement UK: http://www.publications.parliament.uk/pa/cm201314/cmselect/cmfaff/87/120710.htm
            “[en quittant ou en boudant l’UE] nous amènerions l’Allemagne à travailler plus étroitement avec la France, “faute de mieux” (en français dans le texte), et il y a un risque que l’Allemagne devienne moins favorable au libre-échange, à cause de l’influence moindre de l’Angleterre.”


          • Lea_ Le 10 mars 2016 à 13h14
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            Oui, d’accord avec vous. Pour Kohl il ne s’agissait pas de “faire plaisir” à la France mais de retrouver une Allemagne forte et puissante, les intérêts de l’Allemagne étant pour lui prioritaires.


            • Furax Le 11 mars 2016 à 10h43
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              Kohl était très conscient qu’il fallait que l’Allemagne s’autolimite et accepte de se lier avec ses partenaires pour ne pas provoquer un retour des craintes et des errements passés. C’est aussi pour cela qu’il acceptait que l’Allemagne paie pour les autres.


      • renaud-k Le 10 mars 2016 à 20h34
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        Malheureusement, votre analyse est fausse.
        Les différents traités qui gouvernent l’Union Européenne ne peuvent être modifiés qu’à l’unanimité des états membres. Or, ces traités fixent les politiques à mener. L’ouverture des frontières à tous les vents (la libre circulation des capitaux et des marchandises s’applique dans l’UE et avec les pays hors UE), l’alignement diplomatique et militaire sur les Etats-Unis via l’Otan, la concurrence par la fiscalité et la baisse des “charges sociales”, tout cela est inscrit dans les différents traités. On ne pourra donc pas changer l’orientation politique de l’UE – créer une “Europe sociale” par exemple – dans le cadre actuel.


  19. Anthony Le 09 mars 2016 à 18h20
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    Bonjour, Je cite Ailleret : “…Aucun gouvernement n’a le droit de changer la composition de sa population sans la consulter.
    Aucun gouvernement n’a le droit d’imposer aux autres pays un bouleversement de leur population.”

    Le début de la révolte viendra sans doute des pays de l’EST et avec le TTIP qui rajoutera une très grosse couche de chômeurs..( c’est l’étape après le statut de travailleur pauvre ) la porte sera grande ouverte au populisme. L’abstentionnisme fera place a un vote contre cette dictature de L’U.E. et si le Brexit devenait une réalité, il créera un précédent qui dans l’esprit des populations se dira : ” …mais oui, c’est possible ! ”
    Personne n’ose dire – c’est interdit – que cette immigration forcée, provoquée par les bombardements, ne partage pas nos valeurs judéo-chrétienne et qu’il n’y a pas, ou plus, de travail pour les Européens de souche.


  20. Sami Le 09 mars 2016 à 21h41
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    Le cauchemar des USA, c’est une alliance puissante et honnête entre la Russie et des Etats Européens indépendants et souverains.
    Et ça, pour les USA, c’est tout bonnement im-pen-sable.


  21. thmos Le 10 mars 2016 à 12h21
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    Que les élections en France soient l’occasion d’au moins évoquer OTAN EU USA depuis 2003. De la dernière voix française à l’onu ( même si elle s’est faite pendre à un crochet de boucher depuis) jusqu’à cette vague de réfugiés de cette même guerre. Qu’on essaie d’imposer juste cette séquence comme base de bilan…


  22. thmos Le 10 mars 2016 à 12h34
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    l’auteur n’a pas rappelé que son pays est déjà une fédération


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