George Friedman est un politologue américain. Il est le fondateur et le dirigeant de la société de renseignement Stratfor. C’est une voix très proche du pouvoir américain…

Source : EurActiv.com, le 15/01/2016

George Friedman [Georgi Gotev]

Les États-Unis sont un partenaire de l’Europe, mais ne peuvent plus s’appuyer sur l’OTAN pour porter cette relation, déclare George Friedman à EurActiv dans une interview exclusive.

George Friedman est un chercheur américain en sciences politiques et un écrivain. Ancien officier supérieur du renseignement, il a fondé Stratfor et en a été le contrôleur financier ainsi que le président. Il a récemment vendu ses parts dans Stratfor et créé Geopolitical Futures, une nouvelle société dédiée à l’analyse mondiale.

Friedman discute avec Georgi Gotev, rédacteur en chef d’EurActiv.

A quoi ressemble l’Europe vue de l’autre côté de l’Atlantique ?

En premier lieu, les États-Unis considèrent l’Europe dans le cadre beaucoup plus large de l’Eurasie. Donc nous avons à présent une crise qui s’étend du Pacifique à l’Atlantique. Les Chinois sont en crise, la Russie est en crise, le Moyen-Orient est plongé dans une crise terrible et désormais l’Europe est en crise elle aussi. Nous faisons donc face à une situation dans laquelle une zone peuplée de 5 milliards d’habitants se transforme d’une manière que nous ne pouvons pas prévoir.

Un Américain envisage ceci non comme la seule Europe, mais comme une série plus générale de problèmes. Il existe de nombreux points de vue américains sur l’Europe, mais le mien est que l’Union Européenne a échoué, sans qu’il existe d’alternative claire. Nous constatons cet échec dans la crise des migrants, que nous ne considérons pas comme un problème très important car il s’agit d’un déplacement représentant moins de 0,5% de sa population, mais l’Europe est incapable de prendre une décision sur la manière de la traiter.

Il ne s’agit pas d’un problème insurmontable. Vous pouvez choisir d’empêcher quiconque d’entrer, et prendre des mesures pour interdire ces déplacements, ou vous pouvez choisir de les intégrer et faites ce qu’il faut pour y arriver. C’est l’incapacité européenne à prendre une décision qui représente, du point de vue américain, le cœur du problème.

Cela pose problème parce que les États-Unis sont des partenaires de l’Europe. Tout aussi importante que l’Union Européenne, et totalement absente du débat, l’OTAN : les tensions qui existent entre les pays qui forment l’Union Européenne se font également jour au sein de l’OTAN. Ainsi, nous avons par exemple une relation avec les Français, une relation avec les Anglais, une relation très différente avec les Allemands et une relation totalement différente avec les Polonais. Nous ne pouvons plus penser l’OTAN comme le vecteur de notre relation avec l’Europe.

Ce n’est pas une situation catastrophique pour les États-Unis, mais cela nous pose problème au Moyen-Orient, et avec la Russie, et nous considérons les Européens comme de moins en moins fiables et prévisibles.

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George Friedman : L’Union Européenne continuera d’exister et sombrera dans l’insignifiance

Vous venez d’évoquer la Russie. J’ai lu dans Geopolitical Futures que vous envisagez un accord sur l’Ukraine en 2016. Pouvez-vous developer ?

J’envisage une forme d’accord sur l’Ukraine en 2016. La raison fondamentale en est que ni les Russes, ni les Américains ne sont prêts à s’affronter en Ukraine.

Les Russes sont intervenus en Syrie pour faire plaisir aux Américains parce que les Américains ne peuvent ni ne veulent se débarrasser d’Assad, et la protection que lui offrent les Russes signifie que l’ÉI ne pourra pas prendre Damas.

De ceci, les Russes escomptent faveurs et accords avec les États-Unis, et ils les obtiendront.

Les deux camps souhaitent pour le moment geler le conflit. Mais pour les Russes, l’Ukraine demeure un problème majeur de sécurité nationale, et on ne peut rien y faire.

La Russie a besoin d’États-tampons. Pour le moment, elle a perdu tous les pays baltes, et qui sait ce qui va advenir de la Biélorussie. Mais c’est en Ukraine qu’elle a défait la Wehrmacht; elle ne peut s’en dessaisir. Ils structurent et modernisent leur force militaire, mais ils utilisent un pétrole à 30 $ le baril pour le financer.

La Russie se retrouve actuellement dans la même situation que l’Union Soviétique dans les années 80 : un énorme programme de défense militaire qui lui a été imposé par les États-Unis, et l’effondrement des prix du pétrole. C’est donc un moment très dangereux, parce que, quand la Russie subit une forte pression, avant qu’elle ne s’effondre ou quoi que ce soit d’autre, elle rendra coup pour coup.

Donc nous envisageons le gel relatif de nos relations pour un an ou deux. Nous pensons que d’ici deux ans, les Russes seront en mesure de revendiquer l’Ukraine. Et bien sûr les Américains se renforcent chaque jour en Roumanie, en Pologne et dans les pays Baltes, donc nous pensons qu’un accord sera trouvé. Ce ne sera pas un accord définitif, mais plus les Russes seront aux abois, plus la situation deviendra dangereuse.

Et à propos de la Turquie ? C’est un pays clé dans la gestion de la crise des migrants, et dans le même temps un pays en proie à de nombreuses tensions. Comment voyez-vous l’avenir de la Turquie ?

Quand nous évoquons la Turquie, il faut se rappeler que ce pays est au cœur de la tempête qui fait rage en Eurasie. Elle touche les Balkans, le sud de la Russie (de manière historique) et son influence s’étend profondément au Moyen-Orient. Et toutes ces régions sont plongées dans le chaos.

La Turquie n’a pour l’instant aucune relation stable. Sa relation avec les Russes s’est effondrée. Sa relation avec le Moyen-Orient, avec la Syrie et l’Irak, est ambiguë.

A mesure que l’Europe s’est recentrée sur le nord, les Balkans sont devenus une région que plus personne ne contrôle réellement. C’est une opportunité pour la Turquie.

Parce que la Turquie se retrouve face à une énorme occasion historique, elle souffre inévitablement de crises internes. Quand, de nation isolée avec très peu d’influence, vous vous transformez en puissance régionale, vous provoquez en interne une tension énorme dans le système politique. Cette tension se manifeste comme on pouvait le prévoir, par un tiraillement entre la laïcité historique de la Turquie, et l’Islam.

Dans une région où l’Islam constitue la dynamique majeure, elle jouera évidemment un rôle en Turquie, et dans un pays aussi étroitement lié à l’Europe, d’autres dynamiques joueront évidemment aussi. Atatürk était fasciné par Lénine, non parce qu’il était marxiste, mais par la manière dont il a fondé l’État, et il y a quelque chose qui ressemble ici à l’État soviétique.

Ce qui représentait le passé en Turquie représente désormais l’avenir : l’Islam. Ce qui représentait l’avenir appartient désormais au passé : l’Europe. La relation avec la Russie est très complexe et difficile. Si la Turquie n’était pas devenue une puissance importante, ces crises n’existeraient pas. C’est parce qu’elle l’est devenue qu’il lui est institutionnellement difficile de s’ajuster à la réalité dans laquelle elle évolue.

Mais quand vous regardez une carte, quand vous regardez la crise au Moyen-Orient, en Europe, en Russie, il y a un pays toujours présent. Je ne considère pas l’immigration actuelle en Europe comme une crise : la crise réside dans le mécanisme de prise de décision européen. Il n’y pas de crise de l’immigration. Les États-Unis gèrent continuellement ce genre d’immigration. Cette crise est une crise de l’Europe elle-même, mais l’Europe doit s’occuper de la Turquie. Quand les Américains s’occupent du Moyen-Orient ils doivent s’occuper de la Turquie, et même les Russes, lorsqu’ils s’occupent de la mer Noire et de la Syrie, doivent s’occuper de la Turquie. C’est le facteur important.

Quelle est la situation au regard d’un possible prochain État du Kurdistan, qui inclurait probablement une partie de la Turquie ? Concernant la réunification possible de Chypre, dans quelle mesure considérez-vous probable qu’elle échoue, et que le nord de Chypre revienne à la Turquie ? Et que pensez-vous de l’idée de restaurer l’empire Ottoman, si cher au cœur du Premier ministre Ahmet Davutoglu ?

L’empire ottoman a existé durant cinq cents ans. Depuis un peu moins d’un siècle à présent, nous avons la Turquie en tant que telle. Mais pendant cette période, ce sont toujours soit les Britanniques, soit les Américains qui ont contrôlé le Moyen-Orient et contenu les Turcs. La guerre froide a gelé la position de la Turquie, qui n’avait aucun espace de manœuvre. Désormais il n’y a plus de guerre froide, désormais tout est labile alentour, et plusieurs choses émergent de cette labilité : il n’existe plus de frontières sacrées – l’Irak n’existe plus, la Syrie n’existe plus, d’autres pays créés par l’impérialisme britannique vont cesser d’exister. La question de Chypre n’est pas réglée, la question des Kurdes n’est pas réglée, parce que la question irakienne n’est pas réglée.

Et que l’État du Kurdistan soit créé ou non, les Kurdes ne seront pas tous obligés de vivre au Kurdistan. La plupart des Azerbaïdjanais vivent en Iran, et non en Azerbaïdjan. L’empire Ottoman a existé parce que tout ce qui entourait la péninsule anatolienne était plongé dans le chaos, rendant la vie des Turcs impossible, et les obligeant à stabiliser la situation. Il ne s’agissait pas d’une expansion d’un empire ottoman désireux de s’imposer par lui-même, mais d’une opération défensive. La Turquie ne souhaite pas être entraînée dans cette situation. Elle essaie désespérément de ne pas l’être, mais ce sera quand même le cas. Sous la forme de l’empire ottoman ? Non. Mais ce sera une structure similaire du point de vue géopolitique, parce que tout se désagrège dans cette région et que la Turquie demeure le seul point stable.

L’Europe survivra-t-elle comme entité unique, ou se transformera-t-elle en une confédération lâche de pays autour peut-être d’un petit noyau ? Comment envisagez-vous l’avenir de l’Union Européenne ?

L’avenir de l’Union Européenne est intéressant, parce qu’elle est pour le moment incapable de prendre des décisions, et ne peut se résoudre à sa dissolution. Ce qui arrivera est ce qui est en train de se passer : l’Europe prend de moins en moins de décisions, et quand elle le fait, les États européens en tiennent de moins en moins compte.

Ils viennent de décider que les actionnaires des banques italiennes sont en fait les déposants, et donc que si vous déposez de l’argent à la banque, vous prenez un risque. Ils ont pris ces décisions sans en mesurer les conséquences, ainsi ce qui devait arriver est en train d’arriver, en vertu de quoi ceux qui n’apprécient pas les règles n’en tiennent aucun compte, et cela sans conséquences.

Les institutions à Bruxelles continuent de promulguer des décrets, et tous les autres continueront à faire ce qu’ils font. Il faut vous souvenir qu’il existait une association européenne de libre-échange dans les années 50 et 60. Elle existe toujours ! Il existe toujours un bureau de cette association en Suisse. En Europe, les institutions sont comparables à des musées : vous pouvez toujours les visiter et elles fonctionnent toujours. Et donc je n’anticipe pas un effondrement de l’Union Européenne, mais un accroissement de son insignifiance face aux problèmes du moment.

Et quant à cette règle qui veut que si vous déposez de l’argent à la banque vous en soyez un actionnaire, elle illustre parfaitement comment ils prennent des décisions sans en comprendre les conséquences. Une personne ordinaire reçoit de l’argent et le dépose à la banque afin qu’il soit en sûreté. Elle ne s’imagine sûrement pas faire un investissement. Vu le taux d’intérêt que vous servent désormais les banques, il est plus rationnel de conserver son argent sous son matelas que de le déposer dans une banque européenne.

Vous déposez votre argent à la banque pour éviter les risques, et soudain vous découvrez que le risque existe quand même. Voilà le système bancaire italien, avec près de 20% d’emprunts pourris, et tout italien disposant de tant soit peu de bon sens devrait retirer son argent de la banque parce qu’il se découvre à présent un actionnaire contre son gré.

C’est ce genre de décisions prises par la bureaucratie européenne qui crée une situation telle qu’en premier lieu, le règlement est inefficace au regard du problème, et qu’en second lieu, chacun doit par conséquent le fuir ou l’ignorer. Je ne vois pas l’Europe s’effondrer. Je ne pense pas qu’il y ait une volonté pour qu’elle cesse d’exister. Je ne pense pas qu’il y ait une volonté de la changer. Il y a une volonté de l’ignorer.

Une illustration parfaite en est la supposée découverte que la Pologne et la Hongrie sont des États fascistes. J’ai vu des États fascistes, et il s’en faut de beaucoup que ces deux-là le soient! Dans cette circonstance, l’Allemagne a choisi d’en faire un problème, avec tout ce qui est en train de se passer tout autour. La décision polonaise de modifier la direction de leurs médias et leur système juridique, voilà à quoi Merkel et l’Union Européenne gaspillent leur temps. Et donc que fait la Pologne? La même chose qu’a faite la Hongrie : n’en pas tenir compte, parce que ça n’a aucune espèce d’importance. L’Union Européenne continuera à exister, et va gaiement sombrer dans l’insignifiance.

Source : EurActiv.com, le 15/01/2016

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

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46 réponses à George Friedman : l’Union Européenne est de moins en moins fiable et prévisible

Commentaires recommandés

Nerouev Le 05 février 2016 à 06h08

Son analyse bien structurée ne parle absolument pas du problème vital qui nous intéresse tous, à savoir que tout ce bazar qu’on observe est le résultat d’un pays affamé du bien des autres : leurs ressources énergétiques et minières et leur marché. Sans quoi l’Amérique risque de perdre son atout principal qui est le commerce de leurs multinationales et qui ne déplaît pas aux nantis de l’Europe. L’atterrissage à croissance zéro ou presque pour ces “démocraties” n’est toujours pas bien négocié et risque de faire très mal. Donc pour moi, son analyse devient boiteuse, comme si la gestion bancaire italienne était LE problème.

  1. Chevrier Michèle Le 05 février 2016 à 03h33
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    Une Europe insignifiante incapable de gérer la crise, des gouvernants qui sont devenus des dictateurs pour masquer leur incapacité à faire face, et qui veulent à tout prix rester dans l’Europe, ne pas reconnaître leurs erreurs.


  2. Nerouev Le 05 février 2016 à 06h08
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    Son analyse bien structurée ne parle absolument pas du problème vital qui nous intéresse tous, à savoir que tout ce bazar qu’on observe est le résultat d’un pays affamé du bien des autres : leurs ressources énergétiques et minières et leur marché. Sans quoi l’Amérique risque de perdre son atout principal qui est le commerce de leurs multinationales et qui ne déplaît pas aux nantis de l’Europe. L’atterrissage à croissance zéro ou presque pour ces “démocraties” n’est toujours pas bien négocié et risque de faire très mal. Donc pour moi, son analyse devient boiteuse, comme si la gestion bancaire italienne était LE problème.


    • Kaemo Le 05 février 2016 à 10h50
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      Je ne vois pas le rapport entre votre remarque et l’analyse de Friedman : ce n’est pas parce qu’il ne reconnait pas la ‘faute’ des USA dans le mauvais état où se trouve les 3/4 du monde que objectivement il a tord.

      Le fait est que l’Europe est boiteuse:
      – Elle n’arrive pas à parler d’une voix. Au final, prendre une décision stratégique avec l’Europe, c’est négocier avec chacun de ses membres séparément…
      – Elle n’arrive pas à prendre de décisions sur des problèmes “mineurs” à l’échelle mondiale.
      – En interne, elle est incohérente et capable de prendre des décisions mal réfléchie. La gestion bancaire italienne n’est pas LE problème mais UNE ILLUSTRATION du fonctionnement du système européen.

      L’objectif de l’UE à la création était de permettre aux Etats européens de peser dans la diplomatie mondiale face aux géants qu’étaient la Russie et les USA. Friedman dit que l’UE ne remplit pas ses fonctions tant intramuros qu’extramuros mais qu’elle ne disparaîtra pas car les européens sont maso.


    • Osmium Le 05 février 2016 à 11h22
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      La croissance zéro, ou presque ? C’est la récession qui nous attend. Et c’est directement lié à l’énergie. Je m’explique.

      Le PIB d’un pays, c’est avant tout une “feuille de salaire” : c’est la richesse créée en une année. La croissance, c’est donc l’augmentation du PIB par rapport à l’année précédente, c’est donc une accélération de la production de richesse.

      Maintenant, toute production est un changement : la société humaine prend des ressources d’un côté (comme du fer, du cuivre, des poissons, du blé) et les transforment en quelque chose d’utile.

      Sauf que toute transformation demande de l’énergie. Ca, c’est les lois de la physique qui l’impose. Et assez bizarrement, plus un pays a de l’énergie à sa disposition, plus son PIB est élevé. Dingue non ? On a une équation assez simple qui est :

      Energie extraite * rendement énergétique = énergie utile = PIB.

      Jusqu’aux chocs pétroliers des années 70, c’est l’énergie extraite qu’on a augmentée. Et puis, on a amélioré le rendement énergétique. Pour ça, il suffisait juste de taper sur les ingénieurs. Depuis 2005, le rendement énergétique n’augmente presque plus.

      La crise des subprimes a été précédé d’une toute petite crise de la production pétrolière – en terme de volume, et pas de prix. La production de pétrole diminue (qui réprésente 30% de l’énergie utilisée sur Terre). C’est donc la récession qui nous attend.


      • Lugan Le 05 février 2016 à 16h05
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        Jancovici, sors de ce corps !

        Janco aura raison un jour sans doute, mais quand ? Les stock de pétrole débordent, l’activité économique est moribonde, et certains disent que les énergies alternatives gagnent en performance à vitesse grand V. Que croire ?

        M’enfin tout ceci est loin du sujet en effet.


      • Furax Le 05 février 2016 à 16h51
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        Osmium, je suis plutôt d’accord avec vous, mais votre raisonnement s’appuie sur certains postulats erronés.

        La production de pétrole ne diminue pas. Elle augmente, du fait de la mise en exploitation des huiles de schistes.

        Résultat, les pétromonarchies notamment, en sont venues à craindre que les pays consommateurs ne se détournent du pétrole avant qu’elles aient pu tirer tout l’argent possible de leurs réserves de pétrole. C’est aussi pour cela qu’ils ont davantage ouvert les vannes.


        • vinel Le 18 février 2016 à 00h33
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          S”agissant des réserves de pétrole et plus généralement de l’énergie fossile,il se pourrait que les ressources actuelles permettent un approvisionnement de toute la planète pour des siècles .
          Une révolution majeure est en cours de préparation et d’explosion sous qqs années.
          La fusion froide est un processus demandant très peu de constituants et produisant de l’énergie électrique avec un facteur 3 à 5 par rapport au pétrole et à poids égal.
          De plus le processus présente très peu d’inconvénients pour l’environnement.il n’y a pas de produits radioactifs et les déchets radioactifs pourraient être utilisés.
          Une unités de 45KW serait un investissement de 5000€ environ.
          Le prix du KW dans 20 ans est évalué à qqs centimes €
          La France n’est semble t il restée qu’au nucléaire et pétrole. pourquoi? on le sait
          Pourtant cette technologie est en développement dans le monde.
          Le problème est que les constat de la production d’énergie est vérifié par plusieurs essais et variantes dans les processus.
          Mais les connaissances scientifiques actuelles ne permettent pas la compréhension.
          L’avenir pourrait être modifié très sensiblement!


    • asheloup Le 05 février 2016 à 11h47
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      Vous faites du Wish Would Thinking. Plutôt que de parler de ce dont l’article ne parle pas, il est plus intéressant de se concentrer sur ce dont l’article parle. Et l’article n’a pas pour objet les USA.


      • Lulu Bâille Le 05 février 2016 à 14h49
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        Disons que quand Freidman écrit : “Il existe de nombreux points de vue américains sur l’Europe, mais le mien est que l’Union Européenne a échoué, sans qu’il existe d’alternative claire.”, c’est omettre bien volontairement que l’UE est une pure création des Etats-Unis… Le but étant qu’à moyen et long terme, une union à 28 pays, ça ressemble plutôt à du “diviser pour mieux régner”…
        “C’est l’incapacité européenne à prendre une décision qui représente, du point de vue américain, le cœur du problème.” Pour les Etats-Unis et leur écrasante suprématie mondiale -> mission accomplie, l’UE est empêtrée, il n’y a plus grand chose à craindre !


        • Kaemo Le 05 février 2016 à 17h29
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          C’est bien entendu les Etats Unis qui ont fait passé l’UE des 15 vers 25. Rha les enfoirés !

          Le but à l’origine de l’UE était de pesé à l’international, de devenir un interlocuteur de poids. Sauf que l’UE est devenue boulimique. Avec la chute du bloc soviétique et dans le plus pur esprit de la guerre froide, pour enquiquiner les russes, elle a décider de gober les pays de l’Est.
          Je ne le conteste pas : on retrouve bien le schéma politique américain.
          Les dirigeants européens ont fait de mauvais choix. Et si ils ont cédés face aux intérêts US plutôt qu’européens, c’est que ces dirigeants en plus de leurs erreurs étaient nuls. Cependant le naufrage de l’UE n’incombe pas aux US. Après un rapport sexuel consenti, dire que tu t’es fait violer tiens de la mauvaise foi.

          De façon générale, je trouve que ces dernières décennies il y a une crise de la dirigeance mondiale. Il n’y a plus vraiment dans les états occidentaux de leader politique d’envergure qui savent où ils vont et quoi faire tels que Churchill ou De Gaulles. Les dirigeants actuelles sont des flans qui bougent au grès du vent; alors que des gâteaux de semoule comme Merkel et Obama font l’illusion d’être des chênes.


  3. DUGUESCLIN Le 05 février 2016 à 07h03
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    Les peuples de l’Europe sont tout à fait de se comprendre. Ce sont leurs dirigeants qu’ils ne comprennent pas. Ils ne sentent ni soutenus, ni protégés et ont l’impression justifiée d’être ignorés en faveur d’intérêts qui les appauvris. Les peuples souverains n’ont pas le droit de s’exprimer.
    L’UE a failli à ce qu’elle prétendait réaliser. Elle a tout au contraire mépriser les peuples, qui aspirent à s’entendre. Elle a divisé stupidement l’Europe en deux blocs qui se font une guerre appauvrissante pour défendre des intérêts qui ne sont pas les leurs. La guerre en Ukraine et la guerre anti-russe camouflée sous forme de sanctions est l’échec le plus marquant. Toutes ces décisions sont contraires aux intérêts des peuples. L’Europe de la paix était un leurre. C’est l’Europe de la division. Des accords de partenariat concernant le continent européen tout entier, par exemple, n’auraient pas permis la guerre fratricide en Ukraine,
    C’est l’UE de la trahison elle s’est faite contre une partie d’elle-même considérant les peuples comme une populace utilisable, soumise et exploitable. Hormis la Russie, qui se sent représenté et défendu en Europe?
    Tout cela est occulté dans l’analyse de M. Friedman.


  4. PHansen Le 05 février 2016 à 07h16
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    celui là , c’est pas une première intervention , ça vaux rien pour nous.

    https://www.youtube.com/watch?v=u1a0FD6iiek


  5. Astatruc Le 05 février 2016 à 07h30
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    G.Friedman conseille de corrompre la source…….

    https://www.youtube.com/watch?v=DEyYv–t2X4

    « Stratfor » trahit la stratégie américaine en Ukraine


  6. Le Yéti Le 05 février 2016 à 08h01
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    Un seul bémol à cette remarquable analyse : Georges Friedman passe totalement sous silence la “tombée en insignifiance” de son propre pays, les États-Unis, future ex-première puissance mondiale.


    • Kaemo Le 05 février 2016 à 11h30
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      Ce seul Bémol pourrait s’expliquer par le fait que l’article s’appel “l’Union Européenne est de moins en moins fiable et prévisible” et non “la déchéance des Etats Unis, une future ex puissance mondiale”?

      Pourquoi toujours faire un procès d’intention à des articles ou films sur ce qu’ils ne disent pas : leur format est par définition limité ! D’ailleurs, je trouve que votre commentaire ne parle pas des ours polaire anéantie par le réchauffement climatique dû à de grosses multinationales américaines ET européennes!


    • TuYolPol Le 05 février 2016 à 12h04
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      D’accord, ils ont perdu l’économie réelle.
      D’accord, ils ont perdu la légitimité morale.
      Mais ils ont Hollywood, le dollar, Wall Street et le Pentagone. En gros, des armes de destruction massive.


    • christian gedeon Le 08 février 2016 à 12h13
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      Yéti,Yéti… les US sont plus que jamais la première puissance mondiale…et de loin…vous sous estimez leur puissance de mutation et leur volonté de domination…en gros vous vendez la peau d’un ours… mais l’emblême des US est un aigle…vous faites ce qu’on appelle du wishfulll thinking.. vous sous estimez gravement la capacité d’adaptation des US,première puissance militaire,indépendante énergétiquement,première et pour le coup de loin puissance technologique… je ne suis pas fan,mais la “plasticité ” de ce pays m’ a toujours étonné…ne r^évez pas,la décadence de l’empire américain n’est ni pour demain,ni pour après demain…


  7. patrickluder Le 05 février 2016 à 08h09
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    Il est clair que l’union européenne actuelle n’a rien à proposer : ni ressources énergétiques, ni développements de la pensée, ni cohérence politique …

    … mais il est tout aussi clair que les états-unis jouent un mauvais rôle déstructurant, démobilisateur et destructeur pour le reste du monde, et de cela personne n’en parle encore vraiment pour le moment.

    Par contre, dans cette gabegie générale, il y a certains choses positives qui émergent ici et là, encore à petite échelle, souvent dans des pays considérés comme pauvres ou émergeant.

    Ce qui manque encore dans la conscience collective, c’est de voir ou les pays appelés à tort “développés” ont amené le monde dans une déchéance générale de notre patrimoine terrestre en écrasant la cohésion des civilisations et leurs relations avec notre environnement.

    Le capitalisme et les marchés globaux détruisent encore et toujours l’humanité et la vie sur terre => quel dommage !!!


  8. Antoine Le 05 février 2016 à 08h18
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    … Et combien payons nous pour cette superbe insignifiance?


    • NSA-31 Le 05 février 2016 à 10h22
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      22 milliards par an mon cher Antoine & seulement 13 milliards reviennent en subventions européennes …


  9. Eric83 Le 05 février 2016 à 08h26
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    A la lecture de cet “interview” et si ce personnage et sa société ont autant d’influence sur le gouvernement US qu’on peut le lire, alors on comprend mieux pourquoi les US est le vecteur du chaos à l’échelle mondiale.

    En effet, si sa connaissance des dossiers et problématiques de l’UE ou de pays est à la hauteur de sa connaissance de la directive BBRD de la Commission Européenne qu’il attribue à l’Italie, tout s’éclaire sur sa “compréhension” et ses “analyses”.

    De même, la crise migratoire – “seulement” 0,5% de la population de l’UE -n’est pas un problème mais est devenu un problème parce que mal géré par l’UE. Le problème fondamental n’est évidemment pas lié au nombre de migrants/réfugiés mais à bien d’autres facteurs.

    Sachant que les US n’acceptent que quelques milliers de migrants/réfugiés sur leur sol alors que ce sont les US qui sont à l’origine du chaos et de cette “crise migratoire”, ce Mr Friedman a beau jeu de s’ériger en donneur de leçons.


    • Nerouev Le 05 février 2016 à 17h26
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      J’ai exactement pensé la même chose. Je me souviens des craintes de la venue d’une monnaie unique quand nous n’étions que six, notamment pour l’ajustement des taux de change ; alors avec une poussée imposée jusqu’à 28 avec des pays n’ayant pas régularisé leurs obligations tant financières que démocratiques, le résultat était fatal. En dehors d’une ceinture Otanesque autour de la Russie, on peut se demander pourquoi,et quel avantage tirer de ce ficelage de pays aux mœurs aussi variées que leurs langues.


  10. Astatruc Le 05 février 2016 à 09h18
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    Les USA bientôt victimes de sanctions de la part de la Chine, C’est presque jouissif de voir ces maffieux se prendre le retour de bâton, affaire à suivre.


  11. oz Le 05 février 2016 à 09h51
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    “Les Russes sont intervenus en Syrie pour faire plaisir aux Américains parce que les Américains ne peuvent ni ne veulent se débarrasser d’Assad, et la protection que lui offrent les Russes signifie que l’ÉI ne pourra pas prendre Damas.”

    Friedamn est donc un complotiste! Un de ceux qui trouvent toutes sortes d’explications à coucher dehors pour l’actualité!

    Prenons le au sérieux: Toute la question, bien sûr, est de savoir depuis quand les Américains ne veulent pas se débarrasser d’Assad.
    Depuis que cela est devenu impossible parce qu’à l’évidence Assad résiste bien mieux qu’on ne croyait possible?
    Depuis qu’on se rend compte que l’Ian et le Hezbollah sont très performants militairement? de l’influence de l’Iran, puis de l’intervention ouverte de la Russie?


    • oz Le 05 février 2016 à 10h09
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      Je ne sais comment corriger mon intervention ci-dessus.

      En gros, si Friedman prétend aujourd’hui que les Russes sont intervenus en Syrie pour faire plaisir aux Américains, je dirais qu’il dit n’importe quoi. Même le Monde n’a pas osé sortir un tel non-sens.

      Peut-être qu’il faut comprendre que Friedman dit cela parce que c’est simplement la seule façon pour les Américains de sauver les apparences, et d’essayer de prétendre qu’on doit les créditer pour les événements en cours. Ce qui est d’autant plus d’actualité ces derniers jours, alors que l’armée syrienne et ses alliés ont encerclé Alep et sont en bonne voie de soustraire cette ville essentielle à l’emprise des jihadistes dont al-Nusra, ceux qui “font du bon boulot sur le terrain…”


      • GUS Le 05 février 2016 à 11h15
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        C’est bien sûr n’importe quoi, mais là n’est pas l’essentiel. L’info à retenir, si ce type est effectivement un représentant officieux de la diplomatie US, c’est que le gouvernement US sont en train de changer son fusil d’épaule et fait copain-copain avec les russes en reconnaissant la position de force de ces derniers.

        Après tout l’Iran, autre allié des russes et ‘Assad est devenu copain des US maintenant.


        • vinel Le 18 février 2016 à 00h49
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          Peut on séparer la démarche des USA en économique et politique par ailleurs.
          Je ne le pense pas.Tout converge vers l’économique chez eux.
          Néanmoins il me semble que parfois il y a manifestement des écarts.
          La puissance financière domine l’essentiel des actions extérieures.
          Parfois j’arrive à percevoir des démarches politiques qui s’en écartent un peu.
          Je pense que la présidence sous le contrôle permanent du lobby militaro-industriel essaie de montrer au monde son autorité et des intentions plus louables,en fait d’exister.
          Le retrait d’Obama dans les temps complexes actuel en serait l’expression.


  12. gerard Le 05 février 2016 à 10h30
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    Une Europe insignifiante, alors pourquoi garder une chose insignifiante qui coute beaucoup aux peuples Europeens?
    Recouvrer la souverainete peut redonner une europe des etats avec des echanges conciderables et fructueux par les echanges de devises.
    Cette nouvelle Europe doit inclure la Russie que l’hitoire nous a montre qu’elle fait partie de l’Europe.


  13. Tim Le 05 février 2016 à 10h37
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    L’Europe insignifiante, alors pourquoi garder une chose insignifiante qui coute beaucoup aux peuples d’Europe?
    La souverainete des etats pourra redonner une nouvelle direction a l’Europe de fonctionner dans une meilleur prosperite.
    L’Europe de dmain doit aussi inclure la Russie, l’histoire nous a montrer combien la Russie est proche du reste de l’Europe et fait partie de l’Europe.


  14. christian gedeon Le 05 février 2016 à 11h05
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    Ho,ho,ho…v’la t-y pas l’hôpital qui se fout de la charité,et en jubilant encore…ceci étant,sur le fond,son analyse est juste…l’Union européenne est en train de devenir un ectoplasme évident… cette sangsue ,ce vampire apparaît pour ce qu’il est…une création parasite qui vit du sang des autres. Coupons lui le sang… et qu’on en finisse avec cette Chose qui n’ d’autre but que d’asservir les peuples d’Europe…en détruisant leurs particularités et en les noyant sous un flot de réglements et de directives hallucinant dont le seul et unique but est de détruire les nations et leurs peuples…A mort la bête pourrissante,et bienvenue aux accords entre nations…et à une vraie collaboration des peuples en Europe.


  15. theuric Le 05 février 2016 à 11h09
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    Bien, que pouvons tirer de cet échange?
    Les U.S.A. larguent l’U.E. et portent toutes leurs attentions sur le nord-est de l’Europe, Pologne et pays Baltes.
    Il ne comprennent pas les dynamiques géostratégiques en cours en Méditerranée, ceci en raison du déni de leur faiblesse, sans comprendre non plus que la Turquie fait son baroud d’honneur avant son dernier effondrement et son rétrécissement à la portion congrue.
    Leur dédain pour les Europe ouest et sud est la marque de leur perte de repère stratégique, même dédain que nous pouvons relever chez les élites françaises pour leur propre pays, notamment pour ce qu’il en est de histoire et structure notre anthropologique.
    Et c’est juste au moment où les U.S.A. ne sont plus l’Empire que nos mêmes élites prennent ce pays pour dieu le père…


  16. Agora Le 05 février 2016 à 12h07
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    Proprement hallucinant : le type qui a contribué à pousser le Moyen-Orient dans le gouffre (4 millions de morts depuis la deuxième guerre d’Irak) se plaint aujourd’hui de l’absence de réponse de la Désunion Européenne face à la vague migratoire, face à l’absence de réponse politique au délire d’Erdogan…
    Quelqu’un devrait lui expliquer le sens du mot schizophrène. Ou bien s’agit-il tout simplement de l’hypocrisie habituelle des communicants US. Son amie Victoria Nulland (la bien nommée), s’était rendue célèbre il y a peu en se fendant d’un “Fuck the European Union” à propos du conflit ukrainien, fruit avéré de la stratégie des EU dans leur tentative de déstabilisation de la Russie. Je serais tenté de répondre symétriquement à George Friedman : “Fuck the US”. Mais les US (leurs tristes gouvernants) se dézingueront tous seuls… Il n’y a qu’à patienter.


  17. passerby Le 05 février 2016 à 12h34
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    Jetons-nous un coup d’oeil sur les statistiques. En 2015, les Etats-Unis ont admis 85.000 réfugies. Dans tout 2015, les Etats-Unis ont seulement admis 674 réfugies Siriens. (1) Par contre, l’Allemagne. avec quatre fois moins de population, a reçu 1.091.894 sollicitants d’asile en 2015. (2)

    Mr. Friedman compare les immigrés a Etats-Unis avec les demandeurs d’asile en Europe. Ce n’est pas tout a fait la même chose.

    Pour les amateurs des données plus précises j’ajoute les sources.

    (1) “Refugee Admissions Report 2015_12_31”  http://www.wrapsnet.org/Reports/AdmissionsArrivals/tabid/211/Default.aspx (en Anglais)

    (2) https://de.wikipedia.org/wiki/Fl%C3%BCchtlingskrise_in_Deutschland_ab_2015#Bilanz_2015 (en Allemand)


  18. J Le 05 février 2016 à 13h18
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    “L’empire Ottoman a existé parce que tout ce qui entourait la péninsule anatolienne était plongé dans le chaos, rendant la vie des Turcs impossible, et les obligeant à stabiliser la situation.”
    L’Empire Ottoman a surtout repris le califat à son compte, donc la direction du monde sunnite, et les djihads de conquête jusqu’au cœur de l’Europe.


  19. DUGUESCLIN Le 05 février 2016 à 15h24
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    Les peuples de l’Europe sont tout à fait capables de se comprendre. Ce sont leurs dirigeants qu’ils ne comprennent pas. Ils ne sentent ni soutenus, ni protégés et ont l’impression justifiée d’être ignorés en faveur d’intérêts qui les appauvris.
    Les peuples souverains n’ont pas le droit de s’exprimer.
    L’UE a failli à ce qu’elle prétendait réaliser. Elle a tout au contraire mépriser les peuples, qui aspirent à s’entendre. Elle a divisé stupidement l’Europe en deux blocs qui se font une guerre appauvrissante pour défendre des intérêts qui ne sont pas les leurs. La guerre en Ukraine et la guerre anti-russe camouflée sous forme de sanctions est l’échec le plus marquant. Toutes ces décisions sont contraires aux intérêts des peuples. L’Europe de la paix était un leurre.


  20. Furax Le 05 février 2016 à 16h59
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    Ce qui est presque amusant, c’est qu’en effet Friedman voit les crises partout ailleurs que chez lui mais qu’il fait silence radio concernant son pays qui est au coeur de la crise et de la destabilisation du monde.

    L’Europe est en crise ? En effet, les USA ont tout fait pour la satelliser, la diviser, et y empêcher ceux qui le voulaient d’organiser l’Europe pour lui permettre de défendre ses intérêts propres et de devenir un acteur majeur sur la scène mondiale.

    La Russie est en crise ? A terme certainement, vu que ce pays ne s’est jamais remis de ses 73 ans de communisme qui l’ont stérilisé en une économie de la rente des matières premières. En même temps, la Russie de Poutine va beaucoup moins mal que celle de Gorbatchev et Eltsine dont l’Allemagne et le FMI faisaient les fins de mois.

    La Chine en crise ? En crise de croissance, certainement. Ce n’est pas facile de transformer un pays autoritaire de 1,3 milliard d’habitants en une société prospère et ouverte. En même temps, il faudrait demander aux salariés américains ce qu’ils pensent de la crise chinoise.

    Et les USA qui vont bientôt faire défaut car leur monnaie sera bientôt refusée comme contrepartie ?


  21. BA Le 05 février 2016 à 17h43
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    Séisme politique au Royaume-Uni !

    Au Royaume-Uni, dans les semaines qui viennent, il y aura un référendum sur le maintien ou la sortie de l’Union Européenne.

    Dans le sondage du vendredi 5 février 2016, les partisans de la sortie de l’Union Européenne explosent leur record !

    Pour rester dans l’Union Européenne : 36 % des personnes interrogées.

    Pour sortir de l’Union Européenne : 45 % des personnes interrogées.

    Ne veut pas voter : 2 % des personnes interrogées.

    Ne sait pas : 18 % des personnes interrogées.

    Ensuite, l’institut de sondage pose la même question en excluant ceux qui ne savent pas et ceux qui ne veulent pas voter. Résultat :

    Pour rester dans l’Union Européenne : 44 % des personnes interrogées.

    Pour sortir de l’Union Européenne : 56 % des personnes interrogées.

    C’est la page 3 :

    https://d25d2506sfb94s.cloudfront.net/cumulus_uploads/document/4mzy46afe7/TimesResults_160204_EUReferendumDay1.pdf


    • Lea_ Le 05 février 2016 à 19h27
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      Il reste quand même 18% des personnes qui “ne savent pas”…
      Sûr que tout va être fait pour que le RU reste dans l’UE, sinon, il y a un gros risque que l’UE prenne fin. Vous avez vu des stratagèmes concernant la Grèce alors que ce pays ne représente même pas 3% du PIB européen, alors que le RU ~ 15%.
      Oui, TOUT, absolument tout est à attendre de Bruxelles, je crois même les commissaires prêts à se rouler par terre devant les exigences de Cameron.
      Brexit = début de la fin de l’UE est Bruxelles le sait.


  22. pascale Le 06 février 2016 à 00h14
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    Le discours est adapté à l’interlocuteur. Dans d’autre cénacles, le même homme explique que pour que le leadership américain reste incontesté, il faut continuer à organiser la zizanie entre l’Allemagne et la Russie.


  23. amer Le 06 février 2016 à 11h47
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    C’est une interview ou un monologue ?

    Quand il dit : “Les Chinois sont en crise, la Russie est en crise, le Moyen-Orient est plongé dans une crise terrible et désormais l’Europe est en crise elle aussi”, pourquoi le journaliste ne lui demande pas l’origine de cette crise.

    Ce type est la voix de son gouvernement. Qu’il pousse un peu plus l’analyse en reconnaissant les vrais responsabilités de son pays dans “les crises”, sans jeu de mots, que connaît le monde depuis le début du 21 ème siècle.


    • Kaemo Le 06 février 2016 à 12h37
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      Et? Cela changerais quelque chose à son propos? A la véracité (ou non) de son analyse?

      Quand Poutine parle, on ne l’écoute pas parce que c’est un tyran/dictateur/ex-KGB/trisomique (choisir celui qui plait le plus)…
      Là, on a un analyste américain qui parle, son analyse est donc fausse parce c’est un américain/impérialiste/menteur/incapable ?

      Beaucoup trop de commentaires (qui plus est peu développé) de cette article portent sur le fait que Friedman ne se flagelle pas.


      • amer Le 06 février 2016 à 18h22
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        @kaemo

        “Là, on a un analyste américain qui parle, son analyse est donc fausse parce c’est un américain/impérialiste/menteur/incapable ?”.

        Je n’ai pas dit que son analyse est fausse parce qu’il est américain…par exemple je ne dirais pas que les analyses de Chomsky sont fausses et pourtant il est américain aussi…non c’est justement la nature de ses analyses qui me rend méfiant vis à vis des déclaration de M. George Friedman, homme du sérail du pouvoir US. Et surtout, je suis étonné de la pauvreté des questions du journaliste. Et d’ailleurs si c’était Poutine, les questions auraient été beaucoup plus comment dire “incisves”. Au passage l’autoflagellation n’a rien à voir avec l’objectivité…pensez-y…


        • Kaemo Le 06 février 2016 à 21h12
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          Je ne vois pas vraiment ce qu’aurait apporté à son propos le fait qu’il reconnaisse que les US sont des vilains et responsables de la plupart des crises mondiales. Voici comment je vois les propos de Friedman : il fait un instantané de l’état du monde. Il parle de plusieurs points chauds d’un point de vue purement américain. Il ne nie pas ni ne dénonce la responsabilité des US dans ces crises, il n’en parle juste pas. L’absence de prise de position sur ce sujet n’invalide pas pour autant l’analyse.

          On pourrait en effet regretter que le journaliste ne pose pas la question. Cependant, il convient de ne pas oublier le format du texte que l’on lit : seulement 5 questions ont été posées et elles tentes de couvrir différentes crises/points stratégiques du monde. C’est…court. Donc aborder la responsabilité des US n’était peut être pas au menu.

          Enfin, je ne me fait beaucoup d’illusion sur ce qu’un personnage proche du gouvernement peut dire publiquement. Friedman doit certainement bien connaitre les tenants et las aboutissant de la politique menée par son pays (cf l’intervention en Ukraine pour emmerder les russes et le “fuck the EU”). Donc oui, admettre les fautes des US pour lui pourrait s’assimiler à de l’autoflagellation (mais je digresse).

          A mon sens, il faut prendre ce texte pour ce qu’il est : un américain qui s’exprime sur la vision qu’on les US du monde. Je suis loin d’approuver la politique étrangère américaine; cependant ce texte m’a aidé à comprendre pourquoi “eux c’est les pommes et nous c’est les poires” (dixit les guinols)


  24. daniel Le 06 février 2016 à 16h45
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    “Les Russes sont intervenus en Syrie pour faire plaisir aux Américains parce que les Américains ne peuvent ni ne veulent se débarrasser d’Assad …”
    Plus c’est gros, plus ça passe…
    Le monsieur est en service commandé au service de ses maîtres, les USA et sa droite militarisée, maladivement anti-russe, terrifiée par la perte pratique de son statut de super-puissance. “Pour faire plaisir aux Américains” ? c’est plutôt accepter de plus ou moins bonne grâce ce à quoi ils ne peuvent plus s’opposer. La Russie possède une liberté stratégique au Moyen-Orient que les USA ont perdu.
    Refuser la présence des Kurdes aux négociations de paix à Genève et en payer le prix russe, c’est tout ce qui leur reste.
    La Turquie est comme toujours un allié encombrant à défaut d’être compromettant.
    Et ce n’est pas fini pour le Géant encombré de ses contradictions: les Kurdes syriens sont et ont été les seuls alliés efficaces contre Daesh et ils sont remerciés par le déni de Genève (!): il devient évident que les USA sont une planche pourrie et qu’on ne peut leur faire confiance. A l’opposé et jusqu’à présent, les Russes sont droits dans leurs bottes: déterminés au combat et fidèle à leur alliance, y compris Kurde.

    Reste le bouquet européen: ce qu’il annonce c’est la fin de l’Otan. Les USA en reviennent aux relations bilatérales.

    Ce pauvre Friedman n’est pas à la hauteur. ( modérateur, j’ai résumé…)


  25. eBry Le 06 février 2016 à 19h58
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    Je suis surpris qu’Olivier ne rappelle pas que Friedman, en 2015, encore à la tête de Stratfor, a ouvertement déclaré que les Etats-Unis s’ingénient à diviser l’Europe depuis un siècle, et plus particulièrement empêcher une alliance économiste Allemagne-Russie car c’est le seul rival réaliste à l’hégémonie américaine.

    Olivier en avait parlé ici:
    http://www.les-crises.fr/stratfor-les-etats-unis-veulent-empecher-lalliance-germano-russe/

    Revoir cette vidéo incroyable, à partir de 45 minutes:
    http://youtu.be/QeLu_yyz3tc


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