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16.novembre.201416.11.2014 // Les Crises

[Reprises] Odessa : entre le burlesque et l’effroi par Danielle Bleitrach

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Quelques billets du blog Histoire et Société de la sociologue Danielle Bleitrach.


Odessa : entre le burlesque et l’effroi

Voiture en flammes dans une rue dévastée.

À Odessa, il va falloir changer les règles du jeu de notre reportage.

Comme nous l’a dit un de nos interlocuteurs : « Ce nest pas le IIIe Riech, il y a beaucoup d’opérette, mais on peut perdre sa santé, son emploi, son appartement et se retrouver en prison ». Au moins pour un temps. Ce qui tempère, toujours selon lui, la férocité de la répression, est que : « premièrement ceux qui sont compétents en la matière, le SBU, sont si vénaux qu’ils agissent pour récolter des rançons. Il est possible de racheter leurs prisonniers, c’est même conçu pour ça. Nous organisons des collectes à cet effet. Quitte à les voir livrer leurs proies odéssites dans les échanges avec les prisonniers faits par la Résistance dans le Donbass. En ce moment, nous espérons deux militants qui doivent nous être remis à Kharkov. Deuxièmement, ceux qui le feraient par conviction, par amour de l’art fasciste, les militants de Pravy sektor, sont encore maladroits et n’ont pas les compétences policières. » Mais avec le temps, tout ça peut encore se durcir et il faut prévoir dès aujourd’hui.

Il y a bien sûr des interactions entre Pravy sektor et la police. Par exemple, quelqu’un est convoqué au SBU pour interrogatoire et là au bout de quelques heures il est relâché faute de preuves, mais à la sortie il est entouré par un groupe d’individus, transporté dans un coin à l’écart, où il est vigoureusement tabassé à coup de battes et on le laisse là en sang à titre d’avertissement.

Le plus douloureux de la situation, toujours selon lui, est que sur les vidéos des événements du 2 mai, ils ont pu établir la liste de ceux qui ont tué, ils les ont donné à la police. Ces gens ont été immédiatement relâchés et ils les croisent dans les rues, il nous parle d’un avocat, des gens qui ont pignon sur rue et ils nous le montrent sur une vidéo en train d’achever un blessé à terre.

Avec le 2 mai, l’incendie de la maison des syndicats, et cette ambiance oppressante, les foules qui défilaient tous les dimanches pour réclamer un référendum sur le fédéralisme et contre le maïdan se sont divisées en quatre parts, toujours selon lui :

  1. Ceux qui se sont enfuis en Crimée ou en Russie pour sauver leur peau, ils étaient trop dans le viseur.
  2. Ceux qui ont rejoint les insurgés du Donbass
  3. Ceux qui sont en prison
  4. Ceux qui se taisent

Notre interlocuteur ajoutera, « il y a ceux qui résistent ici, mais de ceux là je ne dirai rien. Ce dimanche vous verrez une de leur manifesations pour célébrer le souvenir de ce qui s’est passé à la maison des syndicats, il y a juste six mois. Mais ils risquent gros, il y a actuellement des purges dans toute l’administration, dans la presse, dans l’éducation nationale, je vous donnerai la photocopie d’un texte concernant les enseignants. Vous pourrez la publier et la traduire et vous mesurerez le courage de ceux qui s’affichent au grand jour ! »

Voici pour vous expliquer pourquoi désormais notre reportage va changer de ton, nous masquerons les prénoms et les activités de nos interlocuteurs, nous ne dirons pas où nous les avons rencontrés, combien ils étaient et tenterons même d’effacer les caractéristiques qui les rendent reconnaissables. Ce sont des gens formidables et de surcroît en bons Odessites ils conservent un humour ravageur.

Danielle et Marianne


Odessa : les mères de mai

Hier soir, nous avons vécu un moment infiniment douloureux, nous avons rencontré une dizaine de mères de jeunes gens qui ont péri dans les événements du 2 mai. Au-delà de toute politique, je ressentais personnellement avec une terrible intensité leur gouffre intérieur, cette impression lue dans leurs yeux que plus rien n’avait d’importance. Il ne leur restait plus qu’une obsession, leur tenant lieu de raison de vivre: empêcher l’oubli. Dire l’injustice subie et qui se renouvelle chaque jour… Le fascisme insidieux et qui prétend les faire taire.

Avec une infinie pudeur, elles nous tendaient des photos, celles d’ hommes dans la force de l’âge, avec leur famille, en vacances, et même un adolescent. Vous savez cet enfant, ce komsomol que vous avez vu avec son grand drapeau rouge. Il le portait la veille, lors de la manifestation du premier mai 2014. Sa mère, à peine plus âgée que lui, nous a dit en balbutiant la bouche tordue pour retenir les larmes qu’une cellule communiste d’Italie avait pris son nom. On lui disait combien on l’admirait pour avoir élevé un pareil fils et elle avait la moue d’un bébé et l’oeil embué en balbutiant ces mots. Elle nous a tendu une photo avec un poème, il avait un regard d’archange. À côté d’elle, pendant toute la discussion, une autre femme ne cessait de prendre et reprendre les images d’un fils à tous les âges, l’une d’elle était encore dans son cadre et elle les battait comme une cartomancienne sans destin, comme si elle cherchait à comprendre seulement ce qui s’était passé. Et puis elles ont parlé et elles ont dit la réalité du fascisme qui s’est abattu sur Odessa, la peur qui avec la mort de leurs enfants s’est mise à planer sur cette ville, un brouillard épais fait de silence, de mensonges, de regards qui se détournent et qui les isole du reste du monde qui ne veut pas voir ce qui se passe dans ce port réputé pour son humeur joyeuse. Pensez à Marseille sur lequel tomberait un silence apeuré.

Helena, qui parle français et qui l’enseigne, nous a expliqué qu’elles n’étaient pas toutes là : c’est une toute petite partie des mères, des familles… Elles ont voulu dire chacune leur tour qui étaient leurs enfants. Elles insistaient sur leurs diplômes, leur profession, leurs talents, c’étaient des ingénieurs en bâtiment ; un marin, un étudiant… Il fallait que l’on sache ! » Ils ont dit d’eux que c’étaient des voyous, des SDF, ce n’était pas vrai, ils avaient une vie pleine d’avenir. Simplement ils n’avaient pas voulu tolérer le fascisme, l’avaient combattu. Je l’ai supplié de ne pas y aller, il m’a dit, il le faut ! » Ces mères multiplient en vain les interventions pour que la Cour pénale dise et reconnaisse quelles personnes de qualité le pays a perdu.

Celle qui les organisait avait encore son fils en vie mais il était prisonnier pour avoir défendu ceux que l’on battait dans la rue Grecque. Il n’avait pas d’arme, même pas un bâton. Depuis il est en prison, sans le moindre jugement. Il y a ainsi 80 prisonniers retenus depuis ce jour sans avocat, sans jugement. Cela fait partie du no man’s land juridique dans lequel elles se débattent toutes. Il n’y a eu aucune déclaration officielle ni sur le nombre de morts, ni de disparus. 82 ou 92 personnes sont ainsi portées disparues et le chiffre de 217 morts est avancé. L’une des femmes travaille dans les services judiciaires et elle a su que ce jour là, dans ce quartier de la ville, ont été recensés sur les registres officiels 61 décès. « Ils ne le disent pas parce qu’à partir de 50 c’est un génocide et ils ne veulent pas le reconnaître. »

Depuis, tous les 2 de chaque mois, elles commémorent leurs morts, la police et la municipalité tentent de les en empêcher. Le mois dernier, ils ont franchi un nouveau seuil, ils ont traîné certaines d’entre elles et des hommes à la police. Dans la nuit, à quatre heures du matin, ils ont perquisitionné chez elles. Elles avaient déposé des fleurs, des photos, des couronnes envoyées de toutes les villes d’Ukraine, la même nuit Pravy Sektor est venu a tout saccagé et emporté les fleurs, les couronnes, les photos et même une croix. Ils ont tout brûlé. Le lendemain, elles sont revenues et avec elles un grand nombre d’anonymes et il y avait encore plus de fleurs, mais la nuit suivante ils ont recommencé. Les gens ont peur et se taisent. Cette institutrice dans une école rurale nous dit en serrant les dents que dans son village personne n’a osé lui présenter ses condoléances. Elle a une coiffe, une résille noire dont s’échappent des mèches grises, elle a l’âge passé de la retraite, elle continue. Elle proteste à la fois contre l’oubli de son enfant et la manière dont on invente l’histoire, les programmes qui changent les faits.

Le cauchemar est ainsi renouvelé et le deuil est impossible, parce que tout est incompréhensible. Ce soir-là, ce fut l’horreur, souvent apprise sur les chaînes de télé qui commençaient déjà à mentir en inventant que des Russes, des gens venus de Transnistrie avaient attaqué des Odessites. Le cœur battant les jambes ne les portant plus, elles ont couru à la recherche de leur enfant, d’autres de leur mari ou frère, elles se sont jetées devant les assaillants pour sauver ceux qui pouvaient l’être. Helena s’interposait, sauvait des gens sur lesquels ces brutes s’acharnaient ; elle ignorait qu’à quelques mètres d’elle son fils agonisait, quand elle l’a retrouvé il était trop tard.

L’une nous explique comment elle a crié aux pompiers : « Pourquoi vous ne sauvez pas les gens dans cet incendie ». Des silhouettes étaient aux fenêtres et ils redescendaient leurs grandes échelles. « Mais pourquoi ? » a-t-elle hurlé et elle refait le geste de leur réponse, ils ont haussé les épaules pour dire qu’ils n’y pouvaient rien, ils avaient des ordres. Elle est convaincue qu’on aurait pu sauver tout le monde.

Un autre fils qui accompagnait sa mère nous décrit aussi ce qu’il a vu, ces gens enveloppés dans un drapeau ukrainien dansant une infernale sarabande au milieu des corps étendus et criant leur joie, leur ivresse de la mort… À quoi les mères répondent en écho avec l’exemple de cette femme qui sur un plateau de télévision a applaudi à l’annonce de ce tragique autodafé de leurs enfants.

C’était voulu affirment-elles. Une des femmes, blonde, coupe au carré, encore belle sous le masque de souffrance, n’a plus de larmes à verser. Quand je leur demande si je peux publier leur nom, elle m’interpelle au nom de mon pays et de l’Europe qui se tait. « Je n’ai pas peur. Il faut parler : le fascisme c’est une tumeur maligne et si vous ne l’arrêtez pas ici, il reviendra jusqu’à vous comme jadis à Berlin. J’ai été élevée comme quelqu’un de bien, j’ai élevé mon fils de la même manière, avec des principes. Les gens qui sont morts auraient pu être utiles à leur pays. Pourquoi vous taisez-vous ? Pourquoi la France que nous avons libérée, nous les Russes, fait silence sur nous ? Comment vous expliquer par quel enfer nous passons. Pouvez-vous le comprendre ? » Elle n’a même pas de papiers officiels, elle ne sait toujours pas pourquoi et comment est mort son enfant. Ses blessures n’étaient pas thermiques mais chimiques. Il en est ainsi de toutes ces femmes qui font le siège de la commission d’enquête qui n’agit pas. Les mères et les survivants ont même reçu des lettres, dans lesquelles il était écrit « Vous n’avez pas été tués, nous allons réparer cette erreur ! » Ce sont des bêtes. Le fils de Tamara qui était handicapé, un déficient mental… était au troisième étage quand les assassins l’ont cerné, il était venu à leur rencontre avec pour seule arme une icône, ils l’ont abattu. Ce sont des bêtes féroces à qui l’on croyait pouvoir parler comme à des êtres humains, un innocent…

Et elles poursuivent inlassablement, déroulent le fil de ce qu’elles subissent encore et encore: « Alors imaginez ce que nous avons ressenti quand le président Porochenko se félicite de cette action à Odessa en disant : « Nous voyons le prix payé dans le Donbass pour n’avoir pas arrêté à temps les séparatistes comme nous l’avons fait à Odessa ». Dans son clip de propagande électorale Porochenko à un moment disait : « Nous construisons un état fort ! », et c’était illustré d’une photo de la maison des syndicats en train de brûler !

Le même Porochenko a prétendu que désormais Odessa est une ville bandériste. Ce n’est pas vrai, il ne sait pas ce que les Odessites pensent même s’ils se taisent, s’ils sont figés par la peur, et ils arrivent même parfois à refuser l’ordre fasciste, comme cette pétition par laquelle nous exigions une plaque commémorative là où étaient morts nos enfants, ils sont venus la signer par milliers, silencieusement.

Le gouverneur a dit que cela concernait la ville, le maire a dit qu’ils en parleraient au Conseil, mais ils n’ont toujours pas répondu et quand nous allons faire pression pour que tout ne soit pas enterré nos interlocuteurs détournent les yeux et nous disent « laissez tomber ! » « C’est pour ça que nous avons besoin de vous, pour qu’ils se rendent compte que le monde s’émeut de ce qu’ils ont fait… Ils craignent l’opinion européenne, qu’elle s’aperçoive de qui ils sont réellement. » Elles ont fait un livre avec des poèmes de gens émus, d’inconnus, avec la biographie de ceux qui sont morts, disparus. Elles ont fait une exposition sur ce qui s’est passé à Odessa. Cette exposition a été présentée dans la plupart des grandes villes européennes, les fascistes soutenus par l’ambassade d’Ukraine l’ont perturbée en Espagne et au Portugal, en Pologne, mais en France, elles n’ont trouvé personne pour l’accueillir. Elles ont organisé une conférence de presse, il est venu des journaux, elles attendent encore les articles.

Marianne et moi leur promettons que nous allons faire l’impossible pour que cette exposition de photos passe en France, même si nos moyens sont limités. Marianne a commencé à retraduire les légendes des photos de l’exposition, d’en corriger les quelques fautes. Il y a encore tant de choses à rapporter qui prouvent à quel point l’opération a été planifiée, voulue dans son horreur pour faire taire Odessa. Il faut dire encore comment cela s’accompagne aujourd’hui de la « lustration », une purge. La moitié des mères présentes sont des enseignantes, elles savent que des listes sont prêtes, demain elles seront chassées de leur poste. Les critères sont faciles, il ne faut pas avoir été komsomol ni membre du parti communiste, mais tout le monde a été komsomol et Porochenko aussi, il a même été communiste… mais c’est choisi simplement comme un prétexte. « En première ligne sont les Russes ethniques, pas les russophones, Tous les ukrainiens sont russophones et les plus excités des nationalistes ukrainiens se débrouillent mal en ukrainien. Mais ils sont la proie d’une folie russophobe, il faut chasser les communistes, les Russes… Nous sommes des sous-hommes et il faut en purger l’Ukraine… C’est ça le fascisme ! Nous avons perdu nos enfants, on va nous enlever nos emplois… pour nous forcer à partir… C’est fait à grande échelle et c’est pour ça qu’Odessa a peur. »

Voilà, peut-être que le lecteur de cet article comprendra mieux les résultats des élections à Odessa. L’abstention massive malgré le bourrage des urnes, Odessa a été après le Donbass l’endroit où on a le moins voté… Les votes exprimés se sont dirigés vers les partis d’opposition, le parti des région, les communistes, même si les immenses bulletins jetés dans les urnes transparentes sont visibles. Oui Odessa a donné un coup de pied à Porochenko et à son affirmation que la ville était bandériste et vu ce qui se passe ici, c’est une manière d’exploit.

Danielle et Marianne


Sources : billets du blog Histoire et Société de la sociologue Danielle Bleitrach.

Nous vous proposons cet article afin d'élargir votre champ de réflexion. Cela ne signifie pas forcément que nous approuvions la vision développée ici. Dans tous les cas, notre responsabilité s'arrête aux propos que nous reportons ici. [Lire plus]Nous ne sommes nullement engagés par les propos que l'auteur aurait pu tenir par ailleurs - et encore moins par ceux qu'il pourrait tenir dans le futur. Merci cependant de nous signaler par le formulaire de contact toute information concernant l'auteur qui pourrait nuire à sa réputation. 

Commentaire recommandé

Papagateau // 16.11.2014 à 05h26

Les forces kiéviennes ont organisé le massacre d’Odessa pour faire taire la région.
Malheureusement, le massacre à trop bien réussi. Et puis beaucoup trop de photos …

Le crime d’Odessa est tellement horrible que les médias européens n’auraient pas pu ne pas en faire le suivi, sauf …
Sauf si un énorme événements où les victimes n’auraient pas été russophones venait à se produire, avec au moins 2 fois plus de mort qu’à Odessa.
Bien sûr, hors de question pour les pro-américains que les victimes soient pro-américaines.
Hors de question aussi que l’avion appartiennent à un pays ayant des systèmes d’écoute proche de l’Ukraine.
Le MH17 a convenu parfaitement.

Mais c’est horrible ce que je dis : les américains ne peuvent pas tuer des innocents.
Pourtant là où ils interviennent, c’est un million de mort dans le camps d’en face.
En Irak où ils ont mis des GI au sol, ils ont perdu 100’000 de leurs concitoyens.
Alors 290 citoyens neutre, c’est du “collatéral”.

Un massacre à Odessa pour obliger les ukrainiens à se taire.
Puis un massacre dans le ciel pour obliger les européens à se taire sur Odessa.

25 réactions et commentaires

  • vérité2014 // 16.11.2014 à 04h09

    PUTIN GIVES EUROPE A WARNING ON UKRAINE

    Putin gave an important interview to German TV today in which he said that Russia had made a decision not to call in the $3 billion the Ukraine owes Russia even though the Ukraine’s debt to GDP ratio is now almost certainly above the 60% point at which the debt becomes repayable.

    Let no one be under any doubt. What Putin was doing was making a not so very veiled threat.

    He was reminding the Europeans at a time when they are said to be debating more sanctions against Russia that Russia has it within its power to bring the whole Ukrainian economic house of cards crashing down at any time. If that happens the Europeans will not only lose the $7 billion the Ukraine has received from the west this year, most of which has come from Europe, but will forfeit the entirety of their political investment in the country.

    source a mercouris russia insider et RT

    http://www.zerohedge.com/news/2014-11-15/putin-arrives-g-20-meeting-escorted-4-warships-sent-clear-message-world-leaders

    Conf de presse Poutine live :

    http://rt.com/on-air/putin-g20-press-conference/

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    • pierre9459 // 16.11.2014 à 09h45

      Le petit détail que j’ai quand même du mal à comprendre : Si les Européens et les Américains sont en train de se vautrer en Ukraine …pourquoi Poutine les en averti t-il?
      Qu’il les laissent se casser la gueule, point barre !

        +8

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      • le Prolo du Biolo // 16.11.2014 à 23h41

        “Qu’il les laisse se casser la geule”.

        Ce qui provoquerait un désastre également pour des millions d’Ukrainiens. Poutine n’a pas forcément envie de ça, peut-être pense-t-il encore pouvoir convaincre les “occidentaux” de redevenir raisonnables avant la catastrophe ?

          +1

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    • Valeriy // 16.11.2014 à 17h02

      La chaine RT en français sur youtube https://www.youtube.com/user/rtenfrancais/videos

        +2

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  • vérité2014 // 16.11.2014 à 04h19

    Putin: Russian Economy Won’t Be Dominated by ‘Dollar Dictatorship’

    Russia is leaving the dictatorship of the market where oil goods are based on the dollar and won’t back down in face of a drastic drop in world prices on energy resources, Russian President Vladimir Putin said Friday.

    MOSCOW, November 14 (Sputnik) – Russia plans to leave the “dollar dictatorship” of market oil prices and turn to using the country’s national currency and the Chinese yuan, Russian President Vladimir Putin said Friday.

    Interview ARD TV Allemagne

    http://rt.com/news/205871-putin-ukraine-sanctions-ard/

    http://rt.com/politics/official-word/205887-putin-interview-sanctions-ukraine/

    West concerned about Russia and China economic ties

    http://rt.com/business/205815-g20-concerns-russia-china/

      +1

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  • jean-pierre // 16.11.2014 à 04h51

    Je suis passé à Odessa le week-end du 24 25 août rendre visite à une amie, lors de la fête de l’indépendance de l’Ukraine (la fête nationale). L’ambiance était à la fête, les nombreux touristes venus profiter de l’été et des plages étaient tous habillés des couleurs du drapeau ukrainien, les filles portaient des couronnes de fleurs de ces mêmes couleurs. Des concerts étaient organisés un peu partout dans la ville. Mon amie me raconte que cette année, il n’y a presque plus de touristes de russie, seulement des ukrainiens du centre et de l’ouest du pays. Là où normalement la langue de communication est le russe, on entend de plus en plus la foule parler ukrainien. Ma faible compréhension de la langue ne me permettait pas de comprendre les paroles de la chanson du concert de rock mais je parvenais quand même à distinguer à plusieurs reprises “Slava Ukraïni”. L’affichage dans la rue, les publicités locales, reste majoritairement écrit en russe mais de grandes pancartes sur la route principale depuis l’aéroport montrent une photo du président Poroshenko en grand avec écrit en ukrainien: “Ensemble vers l’Europe!”. Parmi les regroupements à l’occasion des célébrations, de nombreuses personnes portent des drapeaux ukrainiens jaunes et bleus, quelques uns agitent les drapeaux noirs et rouges du “Secteur Droit” et du “Congrès des patriotes Ukrainiens”. Ils ne semblent pas réaliser qu’ils sont la cause de la souffrance de la ville qui les hait en silence. Ou peut-être s’en rendent-ils comptent.En faisant part de ce que j’ai vu à mon amie, elle me répond qu’aujourd’hui, les gens n’ont plus le courage de chercher les conflits et aspirent avant tout à la paix. La répression dans le Dombass (qui s’est retournée à l’avantage des rebelles dès la semaine suivante, ce qui a été suivi par un accord de cessez-le-feu deux semaines après) sert d’exemple afin de décourager les tentatives isolées de protestations.

    A la maison des syndicats, l’accès est encore autorisé sur la place principale mais tout l’arrière du bâtiment es occupé par des forces de polices maintenues en cas de dérapage. Sur la place principale, un très modeste carré sert de mémorial aux victimes du 2 mai, bien qu’il est peu probable qu’un véritable monument soit un jour érigé. On y dépose pêle-mêle des photos, des messages, des gerbes de fleurs. Des attroupements se forment autour d’inlassables babouchkas qui dénoncent (en russe cette fois) Kiev, la propagande, la guerre contre le peuple à l’est, les batailllons de fascistes.

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    • chios // 16.11.2014 à 14h18

      Jean pierre, pouvez-vous dire si les élections y ont changé quelque chose?
      Je me rappelle que lors du massacre, il y avait eu des “changements de personnel”, puis que la ville était tenue par Kolomoisky, qu’il n’y avait pas moyen de mener l’enquête etc.

        +1

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  • Papagateau // 16.11.2014 à 05h26

    Les forces kiéviennes ont organisé le massacre d’Odessa pour faire taire la région.
    Malheureusement, le massacre à trop bien réussi. Et puis beaucoup trop de photos …

    Le crime d’Odessa est tellement horrible que les médias européens n’auraient pas pu ne pas en faire le suivi, sauf …
    Sauf si un énorme événements où les victimes n’auraient pas été russophones venait à se produire, avec au moins 2 fois plus de mort qu’à Odessa.
    Bien sûr, hors de question pour les pro-américains que les victimes soient pro-américaines.
    Hors de question aussi que l’avion appartiennent à un pays ayant des systèmes d’écoute proche de l’Ukraine.
    Le MH17 a convenu parfaitement.

    Mais c’est horrible ce que je dis : les américains ne peuvent pas tuer des innocents.
    Pourtant là où ils interviennent, c’est un million de mort dans le camps d’en face.
    En Irak où ils ont mis des GI au sol, ils ont perdu 100’000 de leurs concitoyens.
    Alors 290 citoyens neutre, c’est du “collatéral”.

    Un massacre à Odessa pour obliger les ukrainiens à se taire.
    Puis un massacre dans le ciel pour obliger les européens à se taire sur Odessa.

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  • vérité2014 // 16.11.2014 à 05h44

    Putin: Economic blockade of E. Ukraine a ‘big mistake’

    Kiev decided to take a number of measures in the rebel-controlled areas of eastern Ukraine, including suspending human rights protection for their residents, freezing public services, and banning banks from operating there. The stifling economic measures were ordered in a decree by President Petro Poroshenko on Friday.

    http://rt.com/news/205931-g20-putin-press-conference/

    Je suppose que c’est la vraie raison de son départ précipité du G20?Pour ne pas se faire avoir comme pendant les JO en février..

      +1

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    • boduos // 16.11.2014 à 13h25

      @verité2014
      VVP ne voulait peut être pas de polonium dans sa soupe au diner (ou sur sa chaise )

        +4

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    • chios // 16.11.2014 à 14h02

      “suspending human rights protection for their residents,”!!!!!!!

      Je ne comprends pas comment de tels décrets sont possibles…
      C’est d”un cynisme effroyable.
      Après combien de morts déjà?
      Qu’en dirait une cour internationale?
      D’urgence!
      Et un cessez de feu immédiat.
      Mais je ne suis pas juriste.
      Ne pourraient-ils obtenir qu’en ces conditions et vu les “précédents”, le pays émetteur de telles monstruosités renonce à tout “droit” sur ce territoire?

      Et mille mercis à Danièle Breitlach et co. de nous relater par le menu leurs voyages.

        +5

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      • chios // 16.11.2014 à 15h46

        http://ukrainerightnow.com/president-poroshenko-decree-regarding-occupied-territories-full-text/

        rectification.
        J’ai regardé le texte ‘officiel’.
        C’est une traduction machine de très mauvaise qualité, ce qui fait que je ne le comprends pas..
        Mais je ne trouve nulle part la phrase
        “suspending human rights protection for their residents,”
        Mes excuses au gouvernement de Kiev…

          +0

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        • sadsam // 16.11.2014 à 23h15

          @Chios,

          Je n’avais pas lu précisément ce texte mais je ne crois pas qu’il faille faire des excuses au gvt de Kiev.
          Parmi les services publics qui seront évacués hors du sud est, selon les journaux russes, les tribunaux et les prisons…
          J’ai été hanté toute la journée par les déclarations de Porochenko reprises sur Youtube que vous aviez postées hier. Si cette video est authentique (et il faut toujours être prudent et vérifier), c’est vraiment la preuve que Kiev est déterminée au génocide. Le mot est très fort mais il a été repris hier par l’un des dirigeants de la Novorossia. Et que disent pour le moment les dirigeants et journalistes occidentaux à ce sujet ?

            +1

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  • Jeanne L. // 16.11.2014 à 11h04

    Les témoignages de Marianne et Danielle sur le site “histoire et société”, sont tout à fait impressionnants. Ils témoignent du courage de ces deux grands mères de plus de soixante-cinq ans qui n’ont pas renoncé aux luttes et à la dénonciation de la reprise du nazisme au coeur de l’Europe dont Danielle au moins était une des cibles par le fait d’être simplement “née”, alors qu’elle n’avait pas encore l’âge de l’école primaire.
    Les rencontres de gens normaux en Transnitrie, en Gagaouzie, en Moldavie de réfugiés,de gens de différentes obédiences et de vies bouleversées par la mort d’un fils ou d ‘une fille font de ces billets des choses précieuses, merci à Olivier d’en avoir fourni un aperçu à tous ceux qui venus d’autres horizons sur son site peuvent ainsi rentrer dans une perspective partagée par beaucoup mais qui ne trouve plus son lieu d’expression.
    Pour tous les “honnêtes gens” qui cherchent à comprendre la réalité en dehors de la communication ces billets sont fondamentaux.

      +16

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  • burno // 16.11.2014 à 12h42

    hors sujet , mais poutine s est encore bien foutu de la g… de la meute des petits roquets du g20
    après s être copieusement fait insulter pendant 2 jours il se barre avec un peu d avance et conclut de façon toujours aussi sereine
    ” Effectivement, certains de nos points de vue ne coïncident pas, mais les discussions ont été complètes, constructives et très utiles ”
    j adore la maitrise de soi hallucinante de ce type ; s il n existait pas , il faudrait l inventer …

      +10

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  • Perekop // 16.11.2014 à 12h42

    Une expo accueillie, et perturbée, en Espagne, au Portugal… en France “personne pour l’accueillir”, ça ne vous interpelle pas, ça, chers contributeurs des Crises ? Pourquoi la lâcheté et le silence actif sont-ils à ce point plus développés en France que dans d’autres pays d’Europe ? Où est passée la France, qui, bon sang, n’a pas “plus de problèmes” que l’Espagne ou le Portugal ?

      +9

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    • Nerouiev // 16.11.2014 à 13h27

      Les Français sont peut-être à l’image de leur chef ; nos intéressements aux ragots politiques nous ont amené à mettre un pleutre au pouvoir et on doit lui ressembler sans en être conscients.

        +13

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    • Lithan // 16.11.2014 à 17h05

      Les Français ne s’intéressent à rien, si ce n’est à leur petit nombril et à l’affaire Nabilla. Désolé d’être aussi caricatural mais c’est l’impression que j’ai…

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  • georges glise // 16.11.2014 à 13h55

    bravo et merci à danièle qui nous donne une lecture efficace de ce qui est complètement occulté par les medias français. et après la crimée, l’est de l’ukraine. il ne faudra pas s’étonner si la russie coupe le gaz. les fascistes et nazis européens et leurs complices pseudo-démocrates le méritent largement.

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  • Lolo // 16.11.2014 à 17h44

    Il y a eu un débat sur la situation en Ukraine sur France24.

    Voici le lien de la 1ère partie: http://www.youtube.com/watch?v=dargcSoW2WA.

    J’ai trouvé les interventions du Général Trinquand intéressantes. En revanche celles de Raphaël Glucksmann…

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    • sadsam // 16.11.2014 à 18h54

      @merci Lolo.
      Cela faisait un moment que l’on n’avait plus vu ou entendu le jeune Raphaël.

      Pour les curieux, voici la page (en anglais) de son ONG si souvent citée, le Centre pour la Démocratie européenne. Je n’ai pas de trouvé de page en français.

      http://www.ceud.net/

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      • skio // 16.11.2014 à 19h57

        raphael glucksmann ,sur france 24 , avec le discours de

        désinformation sur l’ukraine et les crimes de guerre des nazis de kiev , avec une légitimisation

        d’un coup d’étât , par des élections de 30% de l’électorat, , cela devrait interpeller tout

        journaliste digne de ce nom, et éviter d’inviter de tels individus dans les médias .

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  • vérité2014 // 16.11.2014 à 21h50

    La nouvelle russophobie.

    La construction idéologique de la russophobie, pensée par les milieux atlantistes, vise à découpler l’Europe de la Russie, en présentant cette dernière comme infréquentable et antidémocratique. La presse française a été en pointe dans ce combat contre la Russie depuis l’affaire ukrainienne.

    L’invité, Jean-Robert Raviot est Docteur en science politique de l’IEP de Paris (1995), maître de conférences en civilisation russe à l’Université Paris-X Nanterre (depuis 2000) et chargé de cours à Sciences-Po Paris ainsi qu’à l’Ecole Polytechnique.

    http://www.dailymotion.com/video/x2abxdi_la-nouvelle-russophobie-jean-robert-raviot-sur-radio-courtoisie-partie-1_webcam

    http://www.dailymotion.com/video/x2abxdp_la-nouvelle-russophobie-jean-robert-raviot-sur-radio-courtoisie-partie-2_webcam

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    • burno // 16.11.2014 à 22h05

      si je peux me permettre un humble avis sur ce blog – par rapport auquel , j ai parfaitement conscience de ne pas être au niveau –
      les 2 références citées ci dessus : paul craig roberts et jean robert raviot sont à consulter en priorité

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  • Jacques // 16.11.2014 à 23h53

    Histoire et société, un site à fréquenter régulièrement. Danièlle Bleitrach et Marianne Dunlop vont sur place, voyagent en autocar et nous aident à comprendre ce que vivent les habitants. Un travail magnifique.

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