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31.mai.201831.5.2018 // Les Crises

Sylvie Kauffmann est très fatiguée… Par Etienne Pellot

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Source : Proche & Moyen-Orient, Etienne Pellot, 30-04-2018

Dans Le Monde du 26 avril dernier, Sylvie Kauffmann – directrice éditoriale de ce quotidien (ou plutôt de ce qu’il en reste) – fait, comme à son habitude, la leçon à ses lectrices et lecteurs, dans une laborieuse dissertation intitulée « La vérité, victime de guerre ». Accroché par ce titre déclamatoire, on s’attend, bien évidemment, à quelques révélations sur les derniers bombardements occidentaux censés répondre à l’attaque chimique présumée syrienne du 7 avril dernier.

Malheureusement, après avoir à nouveau tapé sur Russia-Today-France (c’est plus fort qu’elle !) et craché sur l’anthropologue Emmanuel Todd – ô surprise, la directrice éditoriale nous assène un cours sur les mécanismes de lutte contre les armes chimiques. On s’attend alors à découvrir et apprendre des choses oubliées… Profonde erreur, puisqu’elle fait remonter cette lutte à la création du Joint Investigative Mechanism (JIM/Mécanisme conjoint d’investigation), datant du … 7 août 2015 ! Fake news caractérisée, elle saute – tout simplement – à pieds joints par-dessus l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC), créée le 29 avril 1997. Cet oubli est-il à mettre au compte d’une grande fatigue ou sur celui de son dogmatisme idéologique ?

Toujours est-il que cette amnésie sélective lui évite de faire quelques rappels historiques qui ne sont pas très à l’honneur de ses amis américains. En effet, le premier directeur général de l’OIAC – le grand diplomate brésilien José Bustani – a été, proprement flingué par John Bolton – actuel conseiller à la sécurité nationale américaine, à l’époque secrétaire général-adjoint au désarmement -, en … 2002 ! Quel crime avait-il commis ? Il s’apprêtait à envoyer ses inspecteurs en Irak à la recherche des fameuses armes de destruction massive invoquées pour déclencher l’invasion anglo-américaine de l’Irak au printemps 2003.

En septembre 2017, prochetmoyen-orient.ch l’avait rencontré chez lui à Rio1. Nous écrivions alors : « c’est par acclamation qu’il a été élu premier directeur général de l’OIAC. « Mon mandat exigeait que je séduise le plus de pays possible au monde pour qu’ils accèdent à la convention sur l’interdiction des armes chimiques », se souvient José Bustani ; « de 1997 à 2002, j’ai ainsi pu augmenter le nombre des pays membres d’une bonne moitié… » Les plus récalcitrants se trouvaient dans le monde arabe, considérant l’arme chimique comme « le nucléaire du pauvre ». En multipliant les visites et les consultations, José Bustani arrive notamment à convaincre la Libye et l’Irak en 2001, ces deux Etats donnant leur feu vert au principe des inspections : « ces deux pays clefs pour le monde arabe ont, finalement, compris l’opportunité d’une telle démarche sur les plans de la sécurité et de leur crédibilité diplomatique », commente José Bustani ; « à ce moment-là, j’ai donc communiqué la bonne nouvelle aux membres de l’OIAC, dont les cinq membres permanents du Conseil de sécurité des Nations unies, indiquant que nous pouvions désormais compter sur deux nouveaux membres importants en matière de désarmement chimique : la Libye et l’Irak ».

Mais plutôt que de féliciter le directeur général de l’OIAC, les Américains se fâchent et commencent à lui faire une guerre sans merci. En fait, si les inspecteurs de l’OIAC avaient pu se rendre en Irak, le monde se serait vite rendu compte qu’il n’y avait pas d’armes de destruction massive dans ce pays. Par conséquent le principal motif de guerre, invoqué par Washington et Londres contre Bagdad, tombait de lui-même rendant impossible l’expédition militaire projetée depuis plusieurs années. « En fait, l’acceptation de la Convention sur l’interdiction des armes chimiques par la Libye et l’Irak enclenchait un processus très dangereux pour les Etats-Unis et Israël », explique José Bustani : « avec l’Irak, suivraient la Syrie et le Liban et tous les autres en isolant Tel-Aviv qui persistait à rejeter la convention de Vienne sur le nucléaire et, bien-sûr aussi, la convention sur l’interdiction des armes chimiques ». Furieux, les Israéliens s’opposent farouchement à l’acceptation de la convention de l’OIAC par l’Irak et saisissent le grand frère américain afin de bloquer l’initiative.

Selon la convention de l’OIAC, un changement du directeur général doit être décidé par le conseil exécutif de l’organisation. Dans un premier temps, les envoyés de Washington essaient cette voie mais se cassent les dents : José Bustani est maintenu ! Dans un deuxième temps, et en flagrante violation de la convention, ils oeuvrent alors à la convocation d’une assemblée générale extraordinaire pour obtenir enfin la tête du Directeur général récalcitrant. Différents émissaires américains font le tour des ambassades à La Haye, jouant alternativement de la carotte et du bâton, promettant différentes aides financières et livraisons d’armes et infrastructures à plusieurs pays membres.

Finalement l’assemblée extraordinaire se tient sous forte pression américaine. L’Amérique Latine et l’Afrique s’abstiennent, tandis que le Brésil ne soutient pas José Bustani, le président Cardoso ne voulant pas risquer d’indisposer Washington. S’alignant sur le diktat des Etats-Unis, les pays occidentaux votent massivement pour le départ du Directeur général. Seule, et à la surprise générale, la France s’abstient ! La Russie, la Biélorussie, l’Iran, le Mexique, Cuba et le Soudan appuient José Bustani. Autre surprise : l’Inde qui avait soutenu de bout en bout le maintien du directeur de l’OIAC fait défection au dernier moment ! On apprend quelques jours plus tard que Washington a livré à New Delhi des systèmes radar de nouvelle génération dont les Etats-Unis bloquaient la vente depuis plusieurs années.

Pour appuyer leur ignoble campagne, les Américains dénoncent la mauvaise administration de l’OIAC, moyen d’autant plus cocasse que c’est un haut-fonctionnaire de Washington qui est en charge de toute la logistique de l’organisation, comme c’est presque toujours le cas dans les agences onusiennes ! « En fait », souligne José Bustani, « mon travail et mon indépendance ulcéraient singulièrement les Américains qui voulaient que je les consulte en permanence ».

La campagne anti-Bustani a été directement supervisée par Dick Cheney, vice-président des Etats-Unis (2001-2009) et principal superviseur de la guerre de 2003 contre l’Irak. Pour mettre fin aux fonctions du Directeur général de l’OIAC, Dick Cheney détache personnellement un envoyé spécial à La Haye en la personne de John Bolton. Ce farouche opposant aux missions américaines de maintien de la paix – légitimées ou non par l’ONU – a commencé à défrayer la chronique en 1993 en s’opposant à l’intervention humanitaire en Somalie.

En 1998, au côté de Richard Perle et d’autres, il est l’un des signataires de la lettre du Project for the New American Century, appelant Bill Clinton au renversement de Saddam Hussein. En mai 2001, George W. Bush le nomme au Département d’État chargé des questions de désarmement. En mai 2002, c’est lui qui signe la lettre au secrétaire général de l’ONU – Kofi Annan – indiquant que les États-Unis renoncent à toute participation à la Cour pénale internationale (CPI). John Bolton est également un farouche partisan de la guerre en Irak et du concept de guerre préventive. Le 7 mars 2005, ce détracteur intarissable de l’ONU sera pourtant choisi comme ambassadeur américain aux Nations unies par le président Bush.

Aussitôt débarqué à La Haye, il entame la tournée des ambassades des pays les plus importants de l’OIAC, multipliant pressions, inconvenances et grossièretés les plus inacceptables. Il somme José Bustani de quitter la direction générale de l’OIAC dans les 24 heures. Ne se laissant pas impressionner, ce dernier refuse catégoriquement. Alors Bolton menace : « on connaît votre femme et vos enfants, dont certains vivent aux Etats-Unis. Ils pourraient connaître certaines difficultés… » Cette séquence qui semble tirée de l’un des Parrain de Francis Ford Coppola est pourtant bien réelle et illustre les pratiques en usage dans la diplomatie américaine.

Le sinistre Bolton ajoute que Washington s’est mis d’accord avec le gouvernement du Brésil pour « faire partir Bustani », ce que ce dernier récuse de toutes ses forces même s’il sait que Cardoso l’a effectivement lâché… Le jour même de ce vote manipulé, José Bustani quitte la direction générale de l’OIAC le lundi 28 avril 2002, remplacé quelques mois plus tard, par un Argentin aux ordres, nommé par le gouvernement de Carlos Menem. On doit à ce fonctionnaire argentin la paternité d’une citation historique sur la « liaison charnelle unissant les gouvernements de Washington et Buenos-Aires ». Enfin, tout rentrait dans l’ordre américain, l’OIAC aussi !

Initialement, l’OIAC disposait de 211 inspecteurs payés par l’Organisation sous la direction technique et politique du Directeur général. Désormais, les inspecteurs sont, majoritairement prêtés à l’Organisation et payés par leur gouvernement. En 2013, suite à l’accord noué par John Kerry et Sergueï Lavrov lors du G-20 de Saint-Pétersbourg sur le démantèlement des armes chimiques syriennes, l’OIAC aurait dû être l’acteur principal de sa mise en œuvre. Une fois encore Washington a tout fait pour que l’Organisation soit marginalisée alors que la Syrie avait – de fait – accepté la convention. Par conséquent, les inspections de l’OIAC auraient dû commencer dans ce pays, conformément à l’esprit et la lettre de la convention.

En violation avec la Convention qui stipule que les armes chimiques doivent être détruites sur le territoire même du pays concerné, les armes syriennes ont été – soit-disant – démantelées sur un bateau croisant en Méditerranée et rejetées à la mer en violation aussi de toutes les directives onusiennes de protection de l’environnement. Selon les procédures de l’OIAC, les armes chimiques doivent être détruites dans des installations ad hoc prévues à cet effet, en sachant que leur coût est supérieur à celui des armes elles-mêmes ! La question de la destruction des armes chimiques syriennes demeure des plus opaques, comme celle de leurs utilisations maintes fois dénoncées par Washington et ladite communauté internationale.

Aujourd’hui, Washington et plusieurs rapports des Nations unies affirment que Damas détient toujours des armes chimiques et qu’elle les a encore utilisées en avril 2018. La presse dit tout et n’importe quoi sur le sujet, ne réussissant même pas à lire la Convention et à enquêter ni prouver quoique ce soit, sans rien dire de pertinent sur la marginalisation de l’OIAC ! Si l’armée syrienne avait utilisé massivement des armes chimiques comme l’affirme dernièrement un rapport des Nations unies sur les droits de l’homme (au moins 27 fois…), le nombre des victimes serait infiniment plus important que les chiffres avancés, estiment aujourd’hui les meilleurs experts.

Ni la presse, ni les rapports successifs n’ont éclairci les questions liées à l’usage présumé des armes chimiques en Syrie qui ressemblent davantage à l’attentat au gaz sarin dans le métro de Tokyo le 20 mars 1995, qu’à l’usage militaire de telles armes. « Les usages de composants chimiques en Syrie ressemblent davantage à des attentats terroristes qu’à des utilisations militaires massives », relèvent aujourd’hui les experts en armes chimiques.

Voilà quelques éléments d’une vérité historique que Madame Kauffmann aurait pu rappeler à ses lectrices et lecteurs. Invoqué par la directrice éditoriale, e JIM (Mécanisme conjoint d’investigation) a effectivement été rejeté par…les Russes. Heureusement ! Ce mécanisme destiné à supplanter l’OIAC était essentiellement composé d’ « inspecteurs » majoritairement membres des services spéciaux américains et britannique !

Au beau milieu de ce papier d’anthologie des Fake News, Madame Kauffmann, conspirationniste en diable et en chef, ose écrire : « la vérité n’est pas toujours à portée de micro ». Pour ce qui la concerne, on doit rajouter « à portée de plume » ! Relisant son tire – La vérité, victime de guerre -, on pourrait dire comme les enfants : c’est celui qui dit qui l’est ». En l’occurrence, Sylvie Kauffmann – lauréate du programme Young Leaders/1998 de la French-American Foundation – poursuit opiniâtrement, dans les colonnes du Monde, son travail d’influence, de désinformation et de propagande au profit de ses vrais patrons !

Alors, que cette bécassine idéologique cesse – s’il vous plait – d’invoquer « la vérité », qu’elle cesse de nous inonder de ses Fake News, qui devraient être relevées, sinon punies par les tribunaux !

Etienne Pellot
30 avril 2018

1 José Bustani : l’homme qui a dit non aux américains ! prochetmoyen-orient.ch, 11 septembre 2017.

Pour aider le site Proche & Moyen-Orient c’est ici

Source : Proche & Moyen-Orient, Etienne Pellot, 30-04-2018

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Commentaire recommandé

Fritz // 31.05.2018 à 05h29

Pour contacter Sylvie Kauffmann, tapez :
https://frenchamerican.org/young-leader/sylvie-kauffmann/
(Contact us – Contact U.S.)

Ou consultez l’organe vespéral de l’OTAN, en vente à Paris dès 13 heures.

25 réactions et commentaires

  • Fritz // 31.05.2018 à 05h29

    Pour contacter Sylvie Kauffmann, tapez :
    https://frenchamerican.org/young-leader/sylvie-kauffmann/
    (Contact us – Contact U.S.)

    Ou consultez l’organe vespéral de l’OTAN, en vente à Paris dès 13 heures.

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    • Un passant // 31.05.2018 à 05h43

      Tu veux dire la même french american fondation que notre président et premier ministre ? ….

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      • RGT // 31.05.2018 à 08h00

        Et comme l’ancien président, l’ex-favori de la “droite” aux dernières élections répudié par les électeurs au profit d’un “sale type” jeté aux orties pour favoriser l’un des leurs.

        Bientôt, il faudra sortir de cette vénérienne institution pour accéder à la moindre fonction pouvant permettre d’avoir une influence sans nécessiter l’avis de la population.

        Finalement, un seul d’entre eux a osé se rebeller contre cette institution, l’ignoble Jacques Toubon, qui a commis l’affront de la loi du 4 août 1994 sur l’emploi de la langue française qui interdisait l’usage du globish dans les institutions et les entreprises françaises.

        Heureusement, ils ont réussi à ramener cette loi à une peau de chagrin…

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      • gotoul // 31.05.2018 à 09h56

        Et aussi entre autres: Jeannette Bougrab, Emmanuel Chain, Jérôme Clément, Jean Marie Colombani, David Fontaine, Stéphane Fouks, Bernard Guetta, Jean-Marc Jancovici, Laurent Joffrin, Alain Juppé, Marwan Lahoud, Anne Lauvergeon, Alain Minc, Arnaud Montebourg, Aquilino Morelle, Pierre Moscovici, Dominique et Olivier Nora, Chtistine Ockrent, Denis Olivennes, Valérie Pécresse, Eric Raoult, Alain Richard, Marisol Touraine, Najat Vallaud-Belkacem, Cédric Villani …
        La même organisation existe dans beaucoup de pays européens et aussi en Inde, en Chine, au Japon et même en Russie.

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        • maryse.azur@gmail.com // 01.06.2018 à 18h23

          Jeannette Bougrab ?

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    • marc mennesson // 31.05.2018 à 21h41

      BIEN VU !
      intéressant de voir cette “journaliste” du torchon néoconservateur “le Monde” , dans une fondation pro-Américaine !
      Beurk !

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  • pucciarelli // 31.05.2018 à 06h13

    Cette dame a eu une place de choix dans l’émission de France Culture “L’Esprit public” du temps de Philippe Meyer, ce grand honnête homme qui avait réussi à nous proposer tous les dimanches une émission politique de pure propagande atlantiste et mondialiste en s’entourant d’une brochette de très “bien pensants”. Elle continue donc. Young leader un jour, Young leader toujours!

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    • D’Aubrac // 31.05.2018 à 07h09

      Rassurez-vous.
      La fringante et jeune Emily Aubry remplaçante de Philippe Meyer n’a rien changé à la formule rodée de l’émission : Mme Kauffmann nous y fait souvent le don de sa personne et de ses analyses Otanesques et Bruxephiles, dans un subtil agencement choral avec trois autres têtes pensantes… pensantes mais toujours dans la stricte décence europhile, atlantique et macronesque.

      Bien sûr, en écoutant attentivement ces gens, il faut le dire, très bien élevés, on relève parfois quelques très subtiles modulations et nuances : quand il est là l’ancien ministre Hubert Védrine fait figure d’éléphant dans un magasin de porcelaines, c’est dire l’âpreté des controverses !

      Et la page du site peut donc fièrement annoncer : L’Esprit Public ? ” Mise en perspective de l’actualité politique au cours d’un débat d’intellectuels engagés. Polémique, impertinence, mais aussi respect et sympathie.”

      Ah le respect, la sympathie ! On se prend à rêver aux petits soins dont seront entourés Todd, Sapir, Galacteros, Berlat, Labévière, Fabrice Balanche, Frédéric Lordon, Eric Dénécé, Christophe Guilluy et tous les autres, tous les autres… quand ils seront invités par l’accorte Emily !

      Et d’ailleurs, la chaine l’avoue elle-même : “France Culture, l’esprit d’ouverture” !

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  • Denis Monod-Broca // 31.05.2018 à 07h01

    J’avais envoyé ça à Mme Kauffmann au lendemain de la parution de son article :

    « Madame,
    « La justice, fugitive du camp des vainqueurs », le mot de Simone Weil est bien connu, et terriblement juste. Le titre de votre chronique d’hier, « La vérité, victime de guerre », lui fait écho, avec la même justesse. La guerre fait fuir la vérité. Et aucun des camps en présence, étant en guerre, ne saurait en effet l’empêcher de fuir.
    Un intertitre de votre chronique est cependant troublant : « semer le doute pour exploiter les divisions des sociétés démocratiques est devenu une arme redoutable ». Curieuse phrase. Savoir douter, n’est-ce pas là la principale vertu de nos sociétés démocratiques ? En la perdant, nous nous perdons. La peur du doute est bien ce qui peut nous arriver de pire. Ne l’imputons pas à autrui. Notre pire ennemi est nous-mêmes. Là comme toujours.
    Un exemple : vous mentionnez « en 2014, l’invasion de la Crimée », invasion ? permettez-moi d’en douter. Une invasion suppose des troupes, des chars, des avions franchissant la frontière du pays envahi. Il ne s’est rien passé de tel. Lorsque la menace d’une tutelle occidentale sur la Crimée s’est faite trop forte, la garnison russe, stationnée là conformément aux accords en vigueur entre Ukraine et Russie, a pris position en quelques points judicieusement choisis, la population a laissé faire ou a applaudi, les troupes ukrainiennes présentes n’ont pas demandé leur reste. Aucun coup de feu n’a été tiré. Coup de force, oui. Annexion, certes. Ou plutôt ré-annexion. Mais invasion, non !
    Si le doute est une arme, il est une arme de paix car il est une arme en faveur de la vérité.
    Une « arme redoutable » il est vrai, car elle nous met en face de nos responsabilités.
    C’est au moins ce que je crois. »

    Elle ne m’a pas répondu. Jusqu’à présent…

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    • Degorde // 31.05.2018 à 07h23

      N’espérez pas une réponse; son arrogance et sa sottise l’en empêchent. Mais peut être je vous suggère de lui écrire dans la langue de ses maîtres. elle comprendra mieux.

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  • BA // 31.05.2018 à 07h11

    Il n’y a pas que Sylvie Kauffmann et ses copains, “les grands éditorialistes de la presse française”, à être des Young Leaders.

    Un caniche des Etats-Unis peut être recruté dans les jeunes journalistes, dans les partis politiques de droite, mais il peut aussi être recruté à gauche.

    – Quand on regarde la liste des Young Leaders de l’année 1981, on trouve un jeune politicien de droite Alain Juppé, et deux futurs ministres de la Défense : François Léotard, qui était de droite, et Alain Richard, qui était au Parti Socialiste.
    – Quand on regarde la liste des Young Leaders de l’année 1996, on trouve Pierre Moscovici et François Hollande. Ils étaient au Parti Socialiste.
    – Quand on regarde la liste des Young Leaders de l’année 2006, on trouve Najat Vallaud-Belkacem et Laurent Wauquiez.
    – Quand on regarde la liste des Young Leaders de l’année 2012, on trouve Edouard Philippe et Emmanuel Macron.

    Conclusion :

    Depuis 40 ans, de gauche comme de droite, les dirigeants politiques français sont les caniches des Etats-Unis.

    La liste des caniches :

    https://frenchamerican.org/young-leaders/earlier-classes/

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    • Degorde // 31.05.2018 à 07h26

      A désespérer…Comme je le disais l’autre jour “la FAF est l’école de la trahison”

      A lire son a le temps “The Making of an Atlantic Ruling Class”; édifiant et passionnant d’un bout à l’autre.

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    • Alfred // 31.05.2018 à 07h33

      Ce n’est que la liste de ceux qui sont officiellement passés par l’école de dressage, mais la liste des toutous adoptés et qui courent à la gamelle est beaucoup plus longue. Tout cela sans compter ceux qui voyant passer les idées dominantes courent après comme après la voiture du maître (espérant ainsi vaguement d’une manière ou d’une autre améliorer leur situation).
      Sauf à tomber sur une autre main nourricière antagoniste il n’y a aucune chance que cela s’améliore.
      (Il reste quand même quelques dizaines de braves entre Labeviere à Denis Robert)

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    • Milsabord // 01.06.2018 à 23h13

      Yong leaders crû 1981 : Alain Minc et François Henrot qui sont à Macron ce que les Dupond et Dupont sont à Tintin.

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  • Degorde // 31.05.2018 à 07h22

    S. Kauffman à force de parler de gaz ses mots se sont transformés dans son bureau en vapeur l’ayant intoxiquée et fait perdre la raison.
    Maintenant c’est aussi peut être un effet secondaire d’avoir trop traîné dans les couloirs de la French American Foundation (lien qu’elle dissimule jalousement)

    Bref..toujours est il qu’ayant eu l’audace de souligner ses mensonges (délires ?) elle m’a bloqué sur FB et Twitter.

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    • Kiwixar // 31.05.2018 à 07h53

      “fait perdre la raison” / “délires?”

      Excuse un peu facile. Ne serait-ce pas plutôt “Ne pas mordre la main qui nourrit”? Le Pentagone a perdu la trace comptable de milliers de millards de dollars, ainsi que quelques m3 de dollars en cash en Irak. L’Empire arrose à tout va, faut vraiment être dans les caves pour ne pas être arrosé.

      C’est comme Cypher dans Matrix : y en a qui aiment croquer en fermant les yeux. Les Résistants, eux, mangent de la sciure dans des petites boîtes en fer.

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  • Owen // 31.05.2018 à 07h25

    L’éditorial de Sylvie Kauffmann:
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2018/04/25/la-verite-victime-de-guerre_5290136_3232.html#meter_toaster

    Où l’on apprend que la guerre hybride a été théorisée en 2013, par le général Guerassimov… Je ne savais pas que le PSYOP (la méthode blanche, celle grise et celle noire, éprouvées et détaillées), était russe. Ce mot ayant été “vaporisé” du wikipedia français, sans doute qu’il fallait des S. Kauffmann pour écrire la nouvelle pensée, insulter la raison et ne serait-ce qu’un semblant de vérité.

    Je m’étais interrogé sur le véto de la Russie contre le Joint Investigative Mechanism. J’étais loin d’imaginer des raisons aussi accablantes.

    Maintenant, je cherche un mode d’emploi pour ne pas devenir conspirationniste.

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  • René Fabri // 31.05.2018 à 07h49

    A ma grande honte, je dois avouer que je ne connaissais pas M. José Bustani qui a pourtant fait de grandes choses contre la prolifération des armes chimiques. Quel dommage que les médias ne parlent presque jamais de lui. Je lis qu’il est devenu ambassadeur du Brésil en France. Je rêve qu’il soit invité sur les plateaux de la télévision française et que Mme Kauffmann lui demande des articles au sujet de la vérité sur le contrôle des armes chimiques.

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  • anatole27 // 31.05.2018 à 08h10

    Plus gènant que la FAF , l’ECFR créé par Soros (cf Quatremer 2007)

    http://bruxelles.blogs.liberation.fr/2007/10/02/soros-milite-po/

    Ecfr donc qui tenait cette semaine son mess annuel a Paris, ThinkTank privé
    ou intervient notre Ministre de la Défense et un général de l’OTAN, à quel titre ?

    Comment un commandant de sous-marin Nucléaire Francais peut il se retrouver membre de la FAF ?

    La défense nationale est elle privatisée ? c’est quoi ce bordel ? qui commande qui ?

    Madame Kauffmann (une parmi d’autres) est elle ?

    1) journaliste
    2) membre de l’ECFR
    3) membre de la FAF
    4) les trois ou plus

    N’y aurait il que le quatrième pouvoir qui n’aurait de comptes a rendre a Personne

    https://twitter.com/markhleonard/status/1001098725614411777

    https://twitter.com/NATO_ACT/status/1001099842989494272

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  • calal // 31.05.2018 à 08h48

    Nos chefs ne sont pas la pour defendre nos interets mais les interets d’autres. Mais apres tout ,si nous ne sommes pas capable de discerner nous meme ce dont nous avons besoin et quelle direction est la bonne,peut etre meritons nous ces chefs la?

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  • rikar // 31.05.2018 à 09h32

    Macron et sa bande, vous allez encore en manger pendant 10 ans, la phase de décomposition n’est pas terminée.

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  • Alfred // 31.05.2018 à 09h53

    Sinon vous avez aussi l’Agence Fake Presse (comparer l’interview de RT et le titre de l’AFP):
    https://mobile.twitter.com/AFP/status/1002069131867254784

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  • Ando // 31.05.2018 à 12h10

    Une pseudo journaliste qui de fait promeut les intérêts d’un régime de voyous et depuis longtemps ne semble pas accorder beaucoup d’importance aux dégâts collatéraux sur sa réputation.

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    • Alfred // 31.05.2018 à 20h29

      Mais sa réputation est excellente! Du moins auprès de ceux qui importent: Personne fiable, vénale, sans scrupules ni états d’âmes, éventuellement avec quelques casseroles, sans surprises; on peut compter dessus pour défendre l’union europeenne l’otan et les etats unis et taper sur les adversaires (au dessous de la ceinture) aussi souvent que nécessaire. Une excellente réputation chez drahi et à l’embassade yankee.
      (Vous votre avis à vous ne compte pas).

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  • Nanker // 01.06.2018 à 19h03

    Lançons une pétition pour que dame Kauffmann fasse son entrée au Siècle et au Bilderberg! Elle, rêve toutes les nuits de cet honneur, et pour nous humbles mortels (alias les gueux d’en bas) cela serait le comble du ridicule.

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