Suite du billet précédent sur l’Ukraine
Index de la série

4.4 Le dessous des cartes

Au-delà de ces faits « publics », d’autres faits sont venus éclairer les différentes « ingérences dans les affaires de l’Ukraine », et le dessous des cartes.
c
L’implication des Américains

Rien de bien nouveau sous le soleil. Dès 1997, Zbigniew Kazimierz Brzeziński, conseiller de Jimmy Carter de 1977 à 1981, d’origine polonaise, écrivait dans Le Grand Echiquier : « Sans l’Ukraine, la Russie cesse d’être un empire. », et citait le géographe du début du XXe siècle Halford John Mackinder :

« Qui contrôle l’Europe de l’Est contrôle l’Heartland [la Russie] ;

Qui contrôle l’Heartland contrôle l’Île Monde [L’Eurasie] ;

Qui contrôle l’Île Monde contrôle le Monde »

L’évènement le plus marquant aura été l’interception d’une conversation du 25 janvier 2014 entre l’ambassadeur américain en Ukraine Geoffrey Pyatt et Victoria Nuland, très probablement réalisée par la « NSA russe ». Ce morceau d’anthologie vaudra ainsi à Nuland le surnom de Mme « Fuck the UE » :

Victoria Nuland : Que pensez-vous ?

Geoffrey R. Pyatt : Je pense que nous sommes dans le jeu. La pièce Klitchko est évidemment l’électron le plus compliqué ici, en particulier le fait qu’on l’ait annoncé comme vice-Premier ministre. Vous avez vu mes notes sur la difficulté du mariage en ce moment, nous essayons d’obtenir une analyse très rapide pour savoir s’il fait partie de la future équipe. On aurait donc besoin de savoir rapidement où il se situe sur ces questions. Je pense que vous devriez avoir une conversation avec lui, et que c’est le prochain coup de téléphone que vous devriez passer, exactement comme celle que tu as eue avec Yats [Iatseniouk]. Tu as réussi à lui faire jouer le rôle qu’on veut dans ce scénario et c’est très satisfaisant tout autant que ses déclarations en retour.

Victoria Nuland : Bon. Je ne pense pas que « Klitsch » [surnom de Klitschko] devrait être dans le gouvernement. Je ne pense pas qu’il soit nécessaire, je ne pense pas que ce soit une bonne idée.

Geoffrey R. Pyatt : Oui, je veux dire… je suppose… Pour ce qui est de sa non-participation au gouvernement, je serais d’avis de le laisser en dehors pour qu’il se consacre à ses obligations politiques et à ses projets. Je pense juste qu’en termes d’avancée du processus, nous voulons garder les démocrates modérés ensemble. Le problème sera avec Tyahnybok et ses gars. Et, vous savez, je suis sûr que cela fait partie du calcul de Ianoukovytch.

Victoria Nuland : Je pense Yats, c’est le gars adéquat. Il a de l’expérience économique et de l’expérience en tant que ministre. C’est le gars. Vous savez, ce dont il a besoin, c’est que Klitsch et Tyahnybok restent à l’extérieur. Il doit leur parler quatre fois par semaine. Vous savez, je pense juste que si Klitchko entre, il va devoir travailler au niveau de Iatseniouk : cela ne va tout simplement pas marcher…

Geoffrey R. Pyatt : Oui, je pense que c’est vrai. Ok, bon. Souhaitez-vous que nous organisions un appel avec lui comme étape suivante ?

Victoria Nuland : Ma conception de l’appel dont vous parlez, c’est que les trois grands participent à leur propre réunion et que Yats leur propose dans ce contexte. Vous le savez, une conversation « trois plus un » ou « trois plus deux » si vous participez. C’est ainsi que vous le comprenez ?

Geoffrey R. Pyatt : Non, je pense que c’est ce qu’il a proposé, mais connaissant leur dynamique interne lorsque Klitchko était aux commandes, il va prendre son temps avant de se manifester pour aller à une de leurs réunions et il doit déjà être en train de parler à ses gars. Donc je pense que si vous le joignez directement, cela aiderait à gérer ces trois personnalités. Cela vous donne également une chance d’d’influer rapidement sur tout cela et nous permettra d’être en arrière-plan avant qu’ils ne s’assoient et qu’il explique pourquoi il n’est pas d’accord.

Victoria Nuland : Ok. Bon. Je suis contente. Pourquoi ne le contacteriez-vous pas pour voir s’il veut discuter avant ou après ?

Geoffrey R. Pyatt : Ok, je vais le faire. Merci.

Victoria Nuland : Ok… encore une chose pour vous Geoff. Je ne me souviens pas si je vous ai dit ou si je n’en ai parlé qu’à Washington : quand j’ai parlé à Jeff Feltman [Sous-Secrétaire général des Nations Unies aux Affaires Politiques] ce matin, il avait un nouveau nom pour le type de l’ONU : Robert Serry. Je vous ai écrit à ce sujet ce matin.

Geoffrey R. Pyatt : Oui, j’ai vu cela.

Victoria Nuland : Ok. Il a obtenu aujourd’hui, à la fois de Serry et de Ban Ki-moon, que Serry vienne lundi ou mardi. Ce serait formidable, je pense, ça aiderait à souder ce projet d’avoir l’aide de l’ONU. Et, vous savez quoi ? Que l’Union européenne aille se faire foutre !

Geoffrey R. Pyatt : Exactement. Et je pense que nous devons faire quelque chose pour que ça colle ensemble, parce que vous pouvez être sûre que si ça ne commence pas à prendre de l’altitude, les Russes vont oeuvrer en coulisses pour essayer de le torpiller. Et encore une fois le fait que ce soit la place publique en ce moment, je suis encore à essayer de comprendre pourquoi Ianoukovytch a fait ça. En attendant, il y a en ce moment-même une réunion d’un courant du Parti des Régions et je suis sûr qu’il y a un débat très animé dans ce groupe à ce sujet Mais quoi qu’il en soit je pense qu’on peut retourner la situation si on agit vite. Alors laissez-moi travailler sur Klitschko… Je pense que nous devrions simplement chercher à trouver quelqu’un avec une personnalité internationale pour venir ici et aider à l’accouchement de notre projet. L’autre question concerne Ianoukovytch, mais nous en reparlerons demain, nous verrons comment les choses commencent à se mettre en place.

Victoria Nuland : Donc, sur ce point, Geoff, quand j’ai écrit la note, Sullivan [Jake, le conseiller de sécurité nationale du vice-président américain] est venu me voir directement pour me dire que nous aurions besoin de Biden [Joe Biden le vice-président] et j’ai répondu que ce serait génial de l’avoir demain pour que tout roule. Biden est d’accord.

Geoffrey R. Pyatt : Ok. Très bien, merci.

Cet enregistrement audio révèle donc comment Nuland a tenté, en coordination avec l’ambassadeur américain, d’imposer au gouvernement ukrainien les candidats de l’opposition de leur choix.

Dans sa conversation téléphonique avec l’ambassadeur américain, Nuland s’exprime au passage en termes très peu diplomatiques sur l’incapacité de l’Union européenne, pourtant une puissance alliée des Etats-Unis, à s’imposer, où elle lance le désormais fameux : “Fuck the EU” ! (que l’UE aille se faire foutre !).

On note au passage qu’elle appelle-t-elle les leaders de l’Euromaïdan : « Yats » et « Klitsch ». Utiliser un langage si familier suppose une évidente proximité et une indéniable connivence entre les membres du triumvirat et l’administration américaine…

Au passage les protagonistes expliquent comment Jeff Feltman, secrétaire-adjoint aux Nations unies, promeut les intérêts américains. En effet, Nuland informe également Pyatt qu’elle a évoqué son plan avec le sous-secrétaire des Nations-Unies pour les Affaires politiques Jeffrey Feltman, un ancien du département d’État américain, qui devait nommer un représentant de l’ONU pour promouvoir l’accord envisagé par elle. Le vice-président américain Joe Biden devait également être mobilisé pour promouvoir son choix.

L’intervention de Nuland a lieu peu après la proposition formulée le 25 janvier par le gouvernement ukrainien offrant des postes ministériels à Arseni Iatseniouk et Vitali Klitschko.

Nuland prétend que si l’on permettait à Klitschko de devenir vice-Premier ministre, comme le lui avait proposé le président ukrainien Ianoukovitch, les choses se passeraient mal avec Iatseniouk, son choix préféré comme chef du nouveau gouvernement.

N.B. dans le rôle de « l’espionneur espionné », les États-Unis ont alors accusé la Russie « d’espionnage » par le biais du porte-parole de la Maison Blanche, Jay Carney, pour qui le fait que la conversation ait été « diffusée sur Twitter par le gouvernement russe est significatif du rôle de la Russie ». Le département d’État a pour sa part été plus direct, estimant que les méthodes de la Russie étaient « tombées bien bas »…

Soulignons au passage que la réaction de l’Europe-Puissance a été à la hauteur de l’affront « Fuck the UE » :

“Source : lemonde.fr

Mission accomplie : je pense que Nulland, non sanctionnée, a compris que si elle recommençait, elle aurait droit à un second communiqué où on ne lui répondra pas…

Cette évidente implication américaine en Ukraine a été dénoncée le 6 février par le conseiller russe Sergueï Glaziev qui a déclaré que « les Américains ignorent le Mémorandum de Budapest de 1994 sur les Assurances de Sécurité, puisqu’ils dépensent (selon lui) 20 millions de dollars par semaine pour financer l’opposition et les rebelles, y compris pour les armer », accusant les Américains d’en entraîner certains dans les sous-sols de l’ambassade américaine.

Le financement de Maïdan

Un autre point est à souligner : les milliers d’activistes et de miliciens qui n’ont pas travaillé pendant 2 mois ne l’ont pas fait gratuitement… Et n’ont pas acheté avec leur argent les centaines de masques à gaz…

De même, ils n’ont pas trouvé par miracle en quelques heures fin novembre les centaines de drapeaux déployés… Comme l’indiquait dès le 25 novembre Grigori Trofimtchouk, vice-président du Centre de modélisation du développement stratégique :

« Il ne faut pas beaucoup de temps pour organiser des meetings politiques en Ukraine. A la différence de toute autre chose, là, il n’y a pas de problème. À en juger d’après la plus récente information dans les réseaux sociaux, la mobilisation d’une personne coûte 100 grivnas. »

Selon l’opposition, quelque 100 000 personnes participent aux actions de protestation, et trois fois moins d’après des données officielles. Les premières annonces sont parues sur Internet dès vendredi (22/11). Et c’est également vendredi que l’opposition a fixé la journée d’action pour le dimanche 24 novembre. Suivant la tradition ukrainienne, l’essentiel des participants est alors constitué de la couche de la société la plus démunie : agents de la sphère publique, étudiants et retraités. Mais ils sont peu nombreux.

Pour les experts du marché de publicité, la confection de drapeaux, le dessin des banderoles prend d’habitude deux semaines. Donc, soit tout ce matériel avait été commandé d’avance, soit les organisateurs ont dû payer beaucoup plus pour les avoir en urgence. Comme l’indiquait Sergueï Iakovlev dès le 24/11/2013 :

« Si l’action était programmée d’avance, le coût de l’action de protestation est deux fois moindre. Si on le faisait d’urgence c’était deux-trois fois plus cher. Les drapeaux, les banderoles et la livraison de la nourriture, cela représente 30 % de la facture. De telles actions de protestation engageant plusieurs milliers de personnes reviennent à environ 200 000 à 300 000 dollars. »

“Source : french.ruvr.ru

Alors qui a aidé à financer le Coup d’État ?

De façon certaine : l’oligarque Petro Poroshenko (fortune : 1,3 milliards de dollars), puisqu’il l’a avoué lui-même sur CBS :

Clarissa Ward : D’où vient l’argent pour financer de ce mouvement de protestation?

Petro Porochenko : Il n’y a pas de sponsor de Maïdan, vous pouvez le croire.

Clarissa Ward : Donc, vous affirmez que vous n’avez pas donné d’argent à ce mouvement ?

Petro Porochenko : Non, ce n’est pas vrai. Mais je l’ai fait comme beaucoup d’autres personnes…

“Source : Cbsnews

Il a été très discret, mais quelques photos existent…

À Maïdan…

Avec Klitchko (et Tyahnybok)…

Toujours avec Klitchko…

Avec les Américains (Nuland, Pyatt, Kerry)

Reçu par les dirigeants à Londres et Paris…

Il avait déjà cofinancé la Révolution Orange de 2004, et est un (très) proche de Timochenko :

Et il est donc désormais le favori des Occidentaux pour la Présidentielle de mai 2014 :

Pour revenir au financement de Maïdan, il semble aussi que Fondation Konrad Adenauer, proche du CDU, le parti chrétien-démocrate d’Angela Merkel, ait joué un rôle important.

Un autre nom revient avec insistance, celui de l’oligarque Viktor Pintchouk. Comme nous l’avons vu précédemment, il s’agit de la deuxième fortune d’Ukraine. Marié à la fille de Léonid Kuchma, ancien président de l’Ukraine (1994-2005), il a fait fortune dans l’acier et a établi de solides relations avec le couple Clinton aux États-Unis. On a vu également qu’il finançait la fondation du nouveau Premier ministre ukrainien…

Dans une interview à notre quotidien de référence, il déclare le 23 février :

« Ce matin même, l’Union européenne aurait dû annoncer, en guise de premier pas, la suppression des visas pour nos citoyens ! […]

Les gens ont dépassé les politiciens. Au cours de ces trois mois, ils ont eu une vision, des valeurs en commun. Ce sont des héros. La révolution leur appartient. La société civile est passée loin devant le grand business et les politiciens, qui devront s’adapter.

[“Quant aux menaces séparatistes, Viktor Pintchouk se montre optimiste” – un visionnaire !] Il n’existe pas une seule force en Ukraine souhaitant que le pays rétrécisse. Et particulièrement le grand business. En réalité, ce qui se passe accroît l’attractivité de l’Ukraine. Nos problèmes financiers n’existent qu’à court terme.

Nous pouvons devenir le pays le plus tendance du monde. Enfin, si on ne fiche pas tout en l’air et qu’on ne se retrouve pas encore dans l’impasse. »

“Source : lemonde.fr

À suivre dans le prochain billet

30 réponses à [U4-4] EuroMaïdan : Le dessous des cartes

  1. CLAUDE Le 07 novembre 2014 à 05h53
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    l’ami Hollande ne fait pas le poids entre les deux gaillards. Il a pas intérêt à “la ramener” comme on dit.
    Sinon, c’est plutôt la peur qui m’envahit.
    Bien sur que le processus se met en place depuis la fin de l’URSS pour déstabiliser la Russie.
    Bien sur que les américains n’en ont rien à faire de l’europe. De toute façon, ils savent très bien qu’on est aux ordres. On a prêté allégeance en 1945
    Bien sur que cela risque de nous apporter la guerre.
    Bon billet qui fait une rétrospective sur des choses qu’il ne faut pas oublier avec photos à l’appui, c’est toujours bien de se rappeler à qui on a à faire
    Il ne faudrait pas qu’il arrive quelque chose à Poutine ! On ne sait jamais des malheurs sont si vite arrivés.


  2. xavier Tdl Le 07 novembre 2014 à 08h21
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    Je valide le message de la fin, ce bonhomme fait preuve d’une grande perspicacite!


  3. ISTINA Le 07 novembre 2014 à 08h33
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    Il ne faudrait pas qu’il arrive quelque chose à Poutine ! On ne sait jamais des malheurs sont si vite arrivés.
    *****************************************************************************************************************
    Surtout que, comme par hasard selon certaines sources qui ont pinaillé le cas
    de la Malaysia Air Line, cet avion empruntait le même couloir que celui de Poutine
    rentrant d’Amérique Latine, à quelques heures dans l’espace temps.
    Un cafouillage dans l’interprétation des Fuseaux horaires aurait pu faire abattre
    celui de Malaysian Line. Il suffirait que des compétences et non des politiques, s’y penchent dessus officiellement; ainsi ce problème serait solutionné !
    D’ailleurs aussitôt l’avion abattu , la Russie fut accusée d’en être responsable.
    d’où sanctions conjointes U.S.A + U.E. Les procureurs autoproclamés ont imposé
    leur Loi, tout en se dispensant de fournir la moindre preuve en leur possession.
    La Russie a fourni tous les enregistrements radios et satellites en sa possession mais,
    elle a été la seule; les autres, accusateurs ou accusés n’ont rien fournis.
    Bizarre ???????


  4. Franck Le 07 novembre 2014 à 08h46
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    Encore une article d’une grande qualité. Je pense que le site les crises devient petit à petit un journal de presse indépendant. A quand une vraie mutation vers un journal de presse respectable, et dont le principal slogan serait : Chez nous, l’indépendance, ce n’est pas qu’un vain mot !
    Bravo ! Et merci encore de nous informer réellement avec des analyses contradictoires…


    • Orni Thorynque Le 07 novembre 2014 à 17h11
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      Comment? !!

      Poutine ne vous subsidie pas ??

      Remboursez ! 🙂


      • hema Le 07 novembre 2014 à 19h00
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        reste l’Iran


  5. cording Le 07 novembre 2014 à 09h44
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    Encore sur l’Ukraine! Olivier, ça suffit! On a bien compris depuis longtemps, pas la peine d’en rajouter une couche de trop!


    • purefrancophone Le 07 novembre 2014 à 10h04
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      Désolée mais je trouve que Olivier a raison .Cette affaire n’est pas terminée , loin de là et tout peut arriver .Nous sommes concernés , directement et indirectement .
      Ce site est une mine d’informations par les écrits d’Olivier mais également par les lien et les infos donnés par les intervenants .
      J’ai beaucoup appris sur l’Ukraine avec ce site et cela continue .
      Oui Olivier , continuez !!!!!!


    • Priviet Le 07 novembre 2014 à 10h16
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      @ Cording
      Si vous aviez comme moi, beaucoup d’amis là-bas (ou ayant fui du pays depuis), vous ne penseriez jamais que l’on a trop entendu de ce qui s’y passe.

      Ce qui se déroule devant nous en Ukraine est l’événement le plus dangereux pour la paix en Europe et dans le monde depuis très longtemps. L’avenir de ce pays et le comportement de l’UE, des USA, de la Russie, Chine et autres BRICS peuvent transformer l’équilibre fragile actuel.
      Tant que les médias continueront à nous abrutir avec des mensonges ou affirmations non vérifiées ou non vérifiables, il sera nécessaire de contrer ces mensonges avec des éléments concrets comme ce billet et les autres sur l’Ukraine.

      Peut-être que comme moi, vous suivez avec attention tous les jours l’évolution de ce sujet mais n’oubliez pas que de nouveaux lecteurs peuvent s’y intéresser chaque jour également. On ne peut pas leur demander de regarder systématiquement dans les archives ce qui a déjà été dit.

      Dire une fois la vérité ne permettra jamais de vaincre le mensonge répété inlassablement. Elle doit être dite et redite avec persévérance pour qu’elle ne disparaisse pas et que peut-être elle soit entendue.
      Et puis, si le sujet vous fatigue, je peux le comprendre. Il vous suffit alors de ne pas lire le billet concerné. Olivier est libre de ces sujets que je sache. Et je ne saurai jamais assez le remercier pour ce travail de fond et d’investigation qui me permet de me sentir moins bête et d’avoir des arguments solides pour contrer la propagande qu’avalent mes amis ou collègues.
      Bien à vous.


    • Titus Le 07 novembre 2014 à 10h21
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      Au contraire! C’est hyper pédagogique. Les évènements actuels en Ukraine montrent quasiment en direct la réalité de notre monde dans toute son évidence mais aussi sa complexité. Je suis né en 1967; dans ma jeunesse, l’URSS étaient les méchants et les USA les gentils, point à la ligne. Tout était clair et je n’avais pas de questions à me poser. Grâce au suivi permanent du chaos ukrainien, aux infos, à internet, à VOS avis éclairés, mes enfants seront moins neuneu que moi à leur âge. Ce n’est pas un spectacle, tout s’analyse (chacun avec ses moyens, je parle pour moi), et ce n’est pas le moment de partir pisser parce qu’on nous dit que c’est l’entracte.


    • DUGUESGLIN Le 07 novembre 2014 à 10h55
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      Au travers de ce qui se passe en Ukraine, c’est notre avenir de peuples européens qui est concerné.
      La victoire oligarchique mondialiste en Ukraine contre la résistance russe serait une aliénation pour nous tous et pour longtemps.
      De même que l’européisme ennemi de l’Europe vue par De Gaulle, ferait de nous des peuples soumis et qui perdraient la maîtrise de leur destin.
      Ceux qui se sont emparés de cette union l’ont transformée et utilisée contre les peuples européens et leur souveraineté.
      Tout se joue en ce moment en Ukraine. D’où l’importance d’en parler.


      • gerard Colin Le 07 novembre 2014 à 14h12
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        Pour moi, c’est clair depuis le début. La crise en Ukraine vise in fine un affaiblissement de l’UE et des pays européens en général. 2013: comme si on avait pas assez à faire avec la crise financière, la crise syrienne, la crise des migrants à travers la Méditerrannée, la crise de la dette. Et abracadabra, on nous sort la crise ukrainienne.
        Pourquoi? Pour détourner l’attention et créer un ennemi : la Russie, vu qu’il est interdit de désigner l’islamisme comme ennemi (malgré la Lybie, la Syrie, l’Irak, le Kossovo).

        Permettez moi le parallèle avec la crise des Malouines, dont il est dit qu’elle fut voulue par le pouvoir militaire argentin pour détourner l’attention des crise intérieures. La défaite des Malouines a abouti au renversement du régime. Dans le cas de l’Ukraine, considérant le soutien extérieur des USA, toutes les options restent ouvertes.


      • Olga Le 07 novembre 2014 à 21h38
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        Oui, depuis son “indépendence” en 1991 l’Ukraine a reçu de ses tuteurs “atlantistes” une histoire inventée où les collaborants fascistes furent présentés comme des héros libérateurs de “l’oppression communiste”. Une langue ukrainienne est en fait un dialecte sud russe. Un pays inventé avec les habitants-zombies. Oui, c’est le modèle de l’avenir à venir pour le monde entier, si rien ne change.


    • David D Le 07 novembre 2014 à 14h02
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      Cording, c’est vrai que je ne suis venu sur ce blog qu’en fonction de la crise ukrainienne, et même si les autres sujets peuvent m’intéresser et me fidéliser à leur tour, je ne souffre pas comme vous du déséquilibre qui fait qu’une crise domine sur toutes les autres!
      Mais la crise ukrainienne recouvre une importance fondamentale : d’abord, c’est une cause qui enthousiasme à bon droit car au-delà du fait que les insurgés sont dans leur droit, on a affaire à une population admirable : elle résiste en prenant les armes en développant dans ses attitudes des choix hautement civilisés, c’est vraiment le genre de peuple pour lequel un écrivain ou un poète des siècles passés peut prendre la plume, on est réellement dans du très haut degré de moralité d’un peuple, c’est exceptionnel! On n’est pas dans le moins mauvais de deux peuples qui se tapent dessus, il y a vraiment une belle image pour le monde que donne l’insurrection novorussienne! Je ne connais pas d’autre conflit dans le monde dans ces dernières décennies où un peuple soulève autant l’admiration, c’est du jamais vu depuis immensément longtemps!
      En contre-partie de cela, on a la diabolisation complètement ahurissante dans les médias et cela mérite encore une fois qu’on s’y appesantisse sur un blog fédérateur ! Il y a quand même une saisissante diabolisation et une omerta!
      Ce conflit est central aussi dans l’avenir des crises mondiales au plan politique, puisqu’on a quand même un avenir des relations entre Etats-Unis et Russie plus Chine (voire Brics, réelection de Dilma Rousseff aidant) qui se joue, sachant que les forces d’inertie européennes, les courants installés font que l’Europe fait le choix des USA! Si on commence enfin à bien voir à quel point il est malsain ce partenariat, ce ne sera pas perdu d’y consacrer des mises au point!
      Il y a quand même le sujet du traité transatlantique qui s’annonce également!
      Enfin, l’avion de la Malaysian Airlines, c’est impressionnant, on voit avec un cynisme total comment dans les premières heures du drame on lance une accusation sans preuve! Il y a des citoyens néerlandais, australiens, qui sont sacrifiés sur l’autel de la guerre médiatique ! Crise démocratique en plein, et jour après jour cette accusation est relayée par quelques-uns, alors qu’on sent que ce pateaugeage anormal annonce que ce sont les ukrainiens qui ont dû abattre l’avion, car là il y a un malaise mais “héneaurme”!
      Là, il y a des charniers et nos médias décident de se taire!
      Mais, il faut prendre des menaces que cela représente pour notre avenir, celui de nos enfants en tout cas!
      Dans cet avenir, on pourra dire “les peuples ont la démocratie qu’ils méritent”, sauf que des générations insouciantes auront la responsabilité d’avoir gâché le sort de celles qui paieront l’addition!


      • Slavyanka Le 08 novembre 2014 à 16h26
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        Moi aussi j’ai découvert ce blog grâce à la crise ukrainienne mais maintenant je lis tous les articles traitant les sujets divers et variés même si j’avoue que les questions économiques, la “spécialité” d’OB, sont un peu difficiles à comprendre pour moi.
        Je suis reconnaissante à ce blog et à ses contributeurs pour l’ouverture et la sensibilisation aux problèmes essentiels politiques, économiques et sociaux.


  6. coinfinger Le 07 novembre 2014 à 10h04
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    Là on est au niveau de la bd avec ces 3 pieds nickelés . Manquait une femme . On se demande qu’elle est celle qui peut le mieux les faire valoir en contraste , la Nuland , la Clinton ou la Timochenko ?
    çà va laisser une bonne ardoise quand méme leur fantaisies . 40 milliards là tout de suite pour les courses , mais la reconstruction , réparation des dégats , remise en route , faut un zéro de plus , au moins . Qui va payer ?
    Les Japonais sont sympas , ils sacrifient leurs vieux et leurs jeunes , pour le carry trade , prendre le relais des qe de la fed qui a la gueule de bois . Mais les Allemands sont pas disposés . Ils ont le cuir dur comme Junker . Certes Junker c’est l’ange gardien d’un paradis fiscal , mais ce qu’on lui reproche surtout c’est que c’était pas un paradis pour Anglo-Saxons . J’ai confiance en voilà un qui a l’habitude de discuter avec les mafiosis , faudra plus qu’une campagne de presse pour le déprimer .


  7. ThomBilabong Le 07 novembre 2014 à 10h58
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    Que penser de tout ça ?
    1) que des USA oeuvrent en sous-main pour arriver à leurs fins ?
    2) que la Russie ne se laisse pas faire ?
    3) que tout cela mobilise des fortunes ?

    Les réponses sont évidentes.

    Est-ce que le détailler précisément (grâce vous soit rendue) tout ceci aura un effet ? Lequel ? Plus difficile à se prononcer . En attendant, ne pas le faire serait laisser la presse mainstream le garder sous un silence complice. Donc bravo.


  8. Astrolabe Le 07 novembre 2014 à 12h28
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    Hélas, ce n’est pas un article de trop, car la pièce est loin d’être finie. L’OTAN annonce (Spiegel d’aujourd’hui ainsi que RT) de prochaines manoeuvres de grande ampleur dans les pays baltes (40.000 hommes, disent-ils) Comme au théâtre, l’arme accrochée quelque part dans le décor va finir par servir, et là, des armes il y en a partout, et des cinglés, encore plus.
    Sur les photos, j’aime “la main sur le coeur”, comme si chez tous ces gens-là, entre la main et le coeur, il n’y avait pas le portefeuille !!!!


    • sadsam Le 07 novembre 2014 à 13h52
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      @Astrolabe

      “la main sur le coeur”
      Justement ce geste que je vois faire sans arrêt aux Ukrainiens m’intrigue depuis des mois. Cela ressemble, mais en moins beau et moins touchant, au salut que les gens se font en Asie centrale.
      Quelqu’un qui connait l’Ukraine pourrait-il nous l’expliquer ?

      Ce geste rime un peu avec “Maidan” (la place) qui est un mot persan et avec “Berkut” qui est un mot turc désignant un aigle ou un oiseau de ce genre, selon un article que j’avais lu en février quand les “Berkuts” de Kiev avaient plutôt l’air de petits poulets effrayés devant les manifestants.

      Tout cela, alors qu’avec leur campagne dans l’éducation depuis 20 ans, les Ukrainiens se prétendent des “vrais Slaves” et se moquent des Russes, en les traitant de mélange de Tatars et de Finno-ougriens. Il y a même des chansons ukrainiennes sur Youtube sur ce thème.

      Comme si les Tatars, et avant eux les Huns, les Bulgares, les Pétchénègues, les Polovtses, et après eux les Turcs n’étaient pas passés par Kiev. Sans parler des fameux Khazars, dont l’empire s’étendait un temps du Dniepr à la Volga.

      Sinon Olivier, merci beaucoup pour vos billets sur l’Ukraine. Sans vous, nous serions réduits aux articles de nos journaux, alors qu’il s’agit, de l’avis de tous les observateurs, de la crise la plus grave depuis celle des fusées à Cuba et qu’elle pourrait déboucher sur une nouvelle grande catastrophe.
      Après l’Ecosse, la Catalogne et Hong Kong, il serait peut-être utile de s’intéresser aussi un peu à la Tunisie. Qu’allait y faire BHL ? Seulement parler de la Libye ?


  9. gerard Colin Le 07 novembre 2014 à 14h01
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    Le problème de la vision du heartland, défendue par Brzezinski, mais présentée par McKinder en 1890 d’après mes souvenirs, c’est qu’elle est complètement dépassée. Mais alors complètement. Depuis sa conception, il y a eu deux changements majeurs:
    1) – les USA sont devenus la première puissance mondiale, dans pratiquement tous les domaines. Le spays européens ont été rétrogradés. Le centre de gravité du monde s’est déplacé vers Washington/New-York. Et il se déplace lentement vers Beijing/Tokyo/New-delhi.
    2) – Les technologies de télécommunication rendent obsolètes les restrictions géographiques. Les télé-conférences permettent tout groupe de décision de se concerter indépendamment de leur position. Après la révolution de transport aérien, celle des télécommunications a achevé le concept de Heartland.

    Ce qui ne veut pas dire que les USA ne se raccrochent pas à cette lubie, de détruire le Heartland pour assurer la domination des puissances “maritimes” sur les puissances continentales. Mais c’est surtout la surreprésentation des polonais, pro-musulmans et autres antirusses dans les élites qui en sont la raison, et non pas une vision stratégique de haut-niveau.


    • boduos Le 07 novembre 2014 à 14h56
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      Gérard Colin a raison d’actualiser notre regard sur la géostratégie ,il ne faut cependant pas négliger le poids de la géographie (contrôle des ressources en eau et accès maritimes) et la nécessité de troupes d’encerclement pour ,entre autres choses ,contrôler aux frontières les flux de marchandises et les embargos.(ce besoin croissant de troupes pouvant devenir leur talon d’Achille)
      un simple regard de la carte fait comprendre l’importance pour la Russie de l’Iran pour déboucher sur le sud.
      et l’attitude paradoxale des USA qui précipitent la Russie dans les bras de la Chine en provoquant l’isolement de la Russie et de l’Europe.
      mais peut être craignent -ils d’avantage une Europe allant de l’atlantique à l’Oural qu’un bloc russo-asiate.


    • anne jordan Le 07 novembre 2014 à 17h44
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      c’est qui les ” pro musulmans ” ?


      • gerard Colin Le 08 novembre 2014 à 00h02
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        @ jordan: Les pro-musulmans: ceux qui prennent systématiquement parti pour les arabes et les musulmans. Pourquoi? parce qu’ils confondent arabe et musulman. Parce qu’ils confondent anti-chrétienté et liberté religieuse. Quel lien avec la Russie? Les islamistes font la guerre à la Russie, cela ne vous aura pas échappé.


  10. boduos Le 07 novembre 2014 à 14h24
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    il doit rester à quelques uns ,dont nous sommes ,un peu d’esprit de la “chevalerie” qui s’exprime au sujet des méthodes les plus basses (corruption,attentats sous faux drapeau,montages journalistiques ,réveil des antagonismes jusqu’à la guerre…) utilisées par certains pays pour des buts tout aussi bas (pillages des richesses par le chaos permanent ,atomisation des identités pour réduire tout esprit de défense,à commencer par la famille …
    Le bastion à détruire pour ces racketteurs patentés et institutionnalisés par notre lâcheté est la Russie qui,attaquée et pillée par une certaine oligarchie pour ne pas dire une oligarchie certaine,s’est réveillée derrière un patriote .
    C’est cet exemple et cette indépendance face au système que combat le néo colonialisme.
    deux verrous sont a faire sauter : le Dombass et la Syrie.
    Vladimir va-t-il donner ses S300 à Bachar? combien de morts faudra-t-il dans le Dombass pour qu’il intervienne? est-il réellement épaulé par la Chine ?
    autant de questions dont dépendent nos libertés menacées et je comprends le focus fait par Olivier sur ces événements.
    Quant à notre utilité de débattre et de notre efficacité sur l’opinion, si l’on compare le corps social au corps humain ,en cas d’intrusion d’un virus,ce sont quelques cellules saines qui déclenchent les défenses immunitaires.


  11. JMT97400 Le 07 novembre 2014 à 16h56
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    Pour ceux qui parlent allemand (pas moi) on m’a recommandé deux auteurs “ayant fait un excellent travail sur l’Ukraine”:
    http://www.amazon.fr/Wir-sind-die-Guten-Putinverstehers-ebook/dp/B00MPLNNC4/ref=sr_1_1?s=english-books&ie=UTF8&qid=1415371316&sr=1-1&key

    qui connaît?
    JMT


    • sadsam Le 07 novembre 2014 à 22h27
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      @jmt,
      le titre a l’air prometteur (et pas trop compliqué à comprendre pour ceux qui parlent mal l’allemand).


  12. vérité2014 Le 07 novembre 2014 à 17h02
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  13. anne jordan Le 07 novembre 2014 à 17h49
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    de l’Ukraine à l’Europe :
    attention , je ne fais pas d’amalgame à priori !
    cependant ceci :
    http://www.agencebretagnepresse.com/article.php?id=35592&title=La%20journ%C3%A9e%20de%20l'Hermine%202014%20se%20d%C3%A9roulera%20%C3%A0%20Nantes%20:%20colloque%20et%20remise%20des%20colliers

    sous couvert d’une gentille cérémonie de remis de collier , sent un peu … l’Europe ethno linguistique ; amis nantais , allez y voir !


  14. vérité2014 Le 07 novembre 2014 à 21h58
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    La même provocation qu’en février:

    Le président d’Ukraine Piotr Porochenko a également déclaré ce vendredi que seule langue ukrainienne aura le statut de langue nationale dans le pays.
    Lire la suite: http://french.ruvr.ru/news/2014_11_07/Le-gouvernement-ukrainien-arrete-le-financement-de-Donbass-6396/

    http://french.ruvr.ru/news/2014_11_07/Le-gouvernement-ukrainien-arrete-le-financement-de-Donbass-6396/


  15. Lage Le 07 novembre 2014 à 23h11
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    Enorme : Vadim Troyan, un des chefs du bataillon Azov, nommé… chef de la police régional à Kiev par le ministre de l’intérieur Avakov !

    Même la presse pro-Maïdan trouve cela scandaleux.

    Pour mémoire, Azov, c’est ce bataillon de volontaires basé sur “Patriotes d’Ukraine” (des mecs qui quand Svoboda s’est “embourgeoisé” ont tenu à rester fidèle au National-Socialisme), qui arborent le blason de la division SS das Reich, et dont le chef veut se battre pour “libérer la race blanche de la domination du capital mondialisé”, cf BBC .

    Pour mémoire, Avakov : Interpol le cherchait en 2012, les italiens l’ont mis au trou, avant de le laisser sortir car il a été élu député en Ukraine… Il est le 110 ième ukrainien le plus riche d’après le magazine “focus”.


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