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12.novembre.201412.11.2014 // Les Crises

[U4-7] EuroMaïdan : Les alertes

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Suite du billet précédent sur l’’Ukraine
Index de la série

4.7 Les alertes

Les alertes quant à la nature complexe du mouvement EuroMaïdan et à la présence de milices nationalistes n’ont pas manqué – dans le silence assourdissant de la presse mainstream – fabuleux exemple de ce que Noam Chomsky a brillamment démonté dons son ouvrage de référence La fabrication du consentement.

« La propagande est à la démocratie ce que la matraque est à la dictature. » [Noam Chomsky, Media Control, 1997]

“Source : acrimed.org

Ainsi, le 13 janvier, Oleksandr Feldman, président du Comité juif ukrainien et membre du parlement ukrainien, a publié un article intitulé « La triste progression du mouvement de protestation ukrainien, de la démocratie et de l’État de droit vers l’ultra-nationalisme et l’anti-sémitisme ». L’article raconte la prise en main des manifestations de Kiev par les néo-fascistes, et appelle les dirigeants de l’opposition Yatseniouk et Klitschko à dénoncer « la dérive néo-fasciste au cours des dernières semaines et à rompre leur alliance avec Svoboda ». “Source : huffingtonpost.com

Le 15 janvier, le Jerusalem Post rapporte qu’un étudiant d’une école juive a été poignardé le 17 janvier, une semaine après qu’un homme de confession juive, Hillel Wertheimer, a été battu à Kiev. L’article cite l’appel de la communauté juive à renforcer sa sécurité, ainsi que le Congrès juif mondial, pour qui le rudoiement de Wertheimer « fait partie ’’d’une tendance croissante dans le pays à l’incitation antisémite et aux activités extrémistes’’ favorisée en partie par la popularité croissante du parti ultra-nationaliste Svoboda, que l’organisation juive a qualifié de groupe néo-nazi ». “Source : jpost.com

Le 20 janvier, l’ambassade israélienne en Ukraine a publié un communiqué, rapporté par l’agence Interfax Ukraine, exprimant ses profondes inquiétudes à propos des attaques à l’encontre de membres de la communauté juive de Kiev. “Source : en.interfax.com.ua

Le 21 janvier, un article de The Nation, intitulé « le nationalisme ukrainien au centre de l’Euromaïdan », documente le rôle sans cesse croissant de Svoboda, qu’il identifie comme un parti situé « très à droite » (far-right) et « extrêmement nationaliste », sans toutefois insister sur son caractère néo-nazi. “Source : thenation.com

22 janvier : Nicolai Petro, écrivant sur le site du National Interest, défend les nouvelles lois restreignant les manifestations comme étant absolument nécessaires, étant donné la nature nihiliste et violente de l’opposition, qui bat régulièrement des députés et autres personnes. “Source : nationalinterest.org

23 janvier : Libération et Daniel Schneidermann dans Rue89 reconnaissent eux aussi que l’extrême-droite s’incruste dans les manifestations. “Source : liberation.fr“Source : rue89.nouvelobs.com

Le 25 janvier 2014, Natalia Vitrenko, économiste ukrainienne, députée et fondatrice du Parti socialiste progressiste, et 28 élus et responsables d’associations ukrainiens, ont adressé un appel au secrétaire général de l’ONU, aux dirigeants de l’UE et des États-Unis. Les signataires dénoncent dans cet émouvant appel l’ingérence étrangère et le danger de coup d’État :

« Puisque les médias internationaux colportent des informations déformées sur l’Ukraine, émanant d’hommes politiques et de responsables de l’Union européenne et des Etats-Unis, et que ces informations sont utilisées ensuite pour soutenir cette opération de guérilla illégale, nous sommes obligés de lancer l’appel suivant :

1/ Le prétexte pour organiser les manifestations de « l’Euromaïdan » à Kiev a été le refus du gouvernement et du Président ukrainien de signer un accord d’association avec l’UE. Nous attirons votre attention sur ce document, en défense duquel l’opposition parlementaire a appelé le peuple à manifester sur la place de l’Indépendance (Maïdan) de Kiev. Le cœur de cet accord implique la perte totale de la souveraineté ukrainienne au profit d’agences supranationales (le Conseil d’association et le Comité sur le commerce) intronisées au-dessus de la Constitution et des lois du pays en tant qu’autorités décisionnelles.

Il a été démontré de façon incontestable que ce document va à l’encontre de la Déclaration sur la souveraineté nationale de l’Ukraine, de la Constitution et des décisions de la Cour constitutionnelle, ainsi que de la volonté du peuple exprimée lors des référendums des 17 mars et 1er décembre 1991.

La mise en œuvre de l’Accord d’association avec l’UE aurait conduit indiscutablement à la destruction de l’économie du pays, de son industrie, de son agriculture, de ses services et de son secteur scientifique. Signer cet accord aurait signifié la fin de la propriété de l’Etat, en concurrence avec les oligarques occidentaux. L’Accord d’association avec l’UE aurait éliminé la souveraineté de l’Etat ukrainien. […]

2/ Nous estimons nécessaire d’attirer votre attention sur la nature des forces politiques qui ont organisé l’Euromaïdan et se livrent aujourd’hui à des combats à travers le territoire ukrainien. Ces terroristes lancent non seulement des attaques sanglantes contre les représentants de l’ordre public, mais ils s’emparent de bâtiments officiels, mettent à sac et brûlent les bureaux des partis auxquels ils s’opposent et font régner la loi du plus fort contre les citoyens d’Ukraine. Ceci met en danger leur vie et leur sécurité, ainsi que leur dignité et l’inviolabilité de leurs biens. Vous devriez comprendre qu’en soutenant cette guérilla en Ukraine, en octroyant à leurs auteurs le statut d’« activistes d’Euromaïdan » participant à des actions prétendument pacifistes, vous protégez et encouragez directement des mouvements néo-nazis et néo-fascistes. Aucun de ces opposants (Yatsenyuk, Klitschko et Tyahnybok) ne cache qu’il se situe dans la continuité de l’idéologie et des pratiques de l’OUN-UPA.

Tous leurs discours au Maïdan sont ponctués de « Gloire à l’Ukraine – à la gloire des héros ! » Ce salut nazi, adopté par les nationalistes ukrainiens en avril 1941 (lors de la deuxième assemblée de l’OUN), n’était qu’une copie de slogans similaires du parti nazi d’Hitler. « Gloire à l’Ukraine – Mort aux ennemis », « Ukraine par-dessus tout », « L’Ukraine aux Ukrainiens », « Poignardons les moscovites et pendons les communistes ! », en sont d’autres entendus au Maïdan. […] Le groupuscule paramilitaire « Praviy Sektor » (Secteur droit) qui coordonne les guérillas, exhibe dans toutes ses actions le drapeau rouge et noir, autre symbole de l’idéologie « de la race et du sol », devenue dans les années 1930 une sorte de doctrine national-socialiste utilisée par les hitlériens pour justifier leur régime après leur accès au pouvoir en 1933.

Le caractère néo-nazi de l’Euromaïdan se trouve confirmé par l’utilisation constante des portraits de Bandera (1909-1959) et Choukhevitch – deux bourreaux sanguinaires de notre peuple – agents de l’Abwehr (le renseignement militaire de l’Allemagne nazie). Le 14 janvier, par provocation, un portrait de Bandera a été accroché sur l’hôtel de ville de Kiev occupé par les manifestants. Suite au scandale provoqué, le portrait fut rentré à l’intérieur du bâtiment. Autre action diabolique, les participants du Maïdan ont organisé une marche dans le centre de Kiev le 1er janvier, jour de l’anniversaire de Bandera.

Ainsi, ce n’est pas seulement le Maïdan de Kiev, mais également ceux qui émergent dans diverses régions de l’Ukraine, qui sont massivement infectés par l’idéologie nazie et recourent aux pratiques de leurs prédécesseurs en menant des actions contre la force publique et contre des civils (notamment leurs adversaires politiques). Soit Washington et Bruxelles ont choisi d’ignorer le caractère nazi de l’Euromaïdan, soit ils préfèrent fermer les yeux et étouffer la vérité sur l’idéologie fasciste de l’opposition parlementaire et de l’Euromaïdan en Ukraine. On est donc en droit de s’interroger : “L’ONU, l’UE et les Etats-Unis ont-ils cessé de reconnaître la charte et le verdict du tribunal international de Nuremberg sur les crimes de guerre pour lesquels les hitlériens et leurs sbires furent jugés et condamnés ? Les droits de l’homme n’ont-ils plus aucune valeur pour les pays de l’UE et la communauté mondiale ? La dévotion des nationalistes ukrainiens pour Hitler et le massacre de civils sont-ils maintenant considérés comme une forme de démocratie ?”

3/ Les droits des citoyens ukrainiens qui condamnent les néo-nazis, épousent une idéologie différente, défendent la souveraineté de l’Ukraine et rejettent catégoriquement le traité d’association avec l’UE, considérant que l’intégration de l’Ukraine dans l’Union douanière peut offrir une sortie de crise, sont piétinés ! Pourtant, des sondages crédibles indiquent que plus de la moitié de la population est favorable à une association entre l’Ukraine et la Russie et que 97 % rejettent le nazisme. L’UE et l’ONU pensent-elles que les droits de dizaines de millions de ces Ukrainiens n’ont pas à être défendus ? L’UE et l’ONU considèrent-elle comme un modèle de démocratie le fait que les soi-disant forces d’autodéfense d’Euromaïdan, de façon anticonstitutionnelle et en violation totale des normes du droit international, kidnappent des citoyens, les fouillent, les interrogent, les torturent ?

Nous, en tant que responsables de partis politiques et de la société civile, exprimons notre vive préoccupation face au constat que certains politiciens et responsables de l’ONU, de l’UE et des Etats-Unis ont une vision déformée de ces événements organisés en vue d’un coup d’Etat en Ukraine, et ne prennent aucune mesure efficace pour l’empêcher. »

“Source : derechos.org

Exagération ?

Le siège du Parti Communiste d’Ukraine a été mis à sac :

Le 8 décembre, la statue de Lénine à Kiev a été détruite par les manifestants (dont des prêtres…), et remplacée quelques jours par… des toilettes… Selon un sondage, cette destruction a été condamnée par 69 % des habitants de Kiev, seuls 15 % l’approuvant…

Le 27 janvier 2014, le sociologue italien Pino Arlacchi, député européen de l’Alliance progressiste des socialistes et démocrates (Parti Démocrate) et ancien directeur de l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ODCCP), a déclaré dans un entretien à Radio 24 en Italie que les manifestations en Ukraine étaient contrôlées par des nazis. Il a appelé l’UE à cesser toute ingérence dans les affaires internes du pays. Interrogé s’il pensait que l’Europe soutenait de manière appropriée les protestataires qui « demandent l’Europe » en Ukraine, Arlacchi a répondu :

« Il ne semble pas du tout qu’ils soient en train de demander l’”Europe”. La rue est aux mains des extrémistes pro-nazis et des nationalistes de Svoboda, qui ne se soucient guère, je le crois, de l’Europe. »

Alors que son hôte insistait sur le fait qu’”une partie de l’opposition est pro-Europe”, Arlacchi a répondu :

« Être “en faveur de l’UE” doit aussi signifier qu’ils doivent favoriser les méthodes et valeurs en usage dans l’UE. Descendre dans la rue avec des armes, tirer des coups de feu et détruire les immeubles publics, et ensuite demander que le gouvernement fasse ce qu’ils disent, ne me semble pas à moi comme étant très européen.

Je ne soutiens pas le gouvernement ukrainien, mais je ne tombe pas non plus dans le piège de penser qu’une rue violente a le droit de renverser un gouvernement élu démocratiquement – les élections ont été régulières, nous les avons surveillées. Je ne me reconnais pas dans une meute qui exige qu’on change les règles du jeu démocratique par la force. Ils peuvent demander de nouvelles élections, ils peuvent demander la démission du gouvernement, ils peuvent tout demander ce qui est légitime, mais ils doivent également le faire avec des méthodes qui sont cohérentes avec les règles de la démocratie.

Je pense que nous devrions essayer d’interférer beaucoup moins dans les affaires internes des autres pays. Cette intervention européenne en Ukraine a été un désastre, car elle a divisé le pays. Il y a toute une partie anti-russe du pays contre l’autre moitié, qui est pro-russe, sans idée claire sauf une poursuite de la Guerre froide. J’ai insisté, et je continue à le faire, avec mes autres collègues, sur l’idée que diviser un pays de cette manière n’est pas cohérent avec le message européen, n’est pas dans l’intérêt de l’Europe, et que nous devrions développer une autre politique à l’égard de l’Est, fondée sur le dialogue et l’inclusion avec la Russie, plutôt que de se comporter comme si nous étions au pire moment de la Guerre froide. “Source : pinoarlacchi.it

Rappelons au passage que Victor Ianoukovytch était donné largement en tête dans les sondages pour la prochaine présidentielle, avec 25 % des voix au premier tour (ce qui ferait rêver François Hollande en 2017)…

Le 28 janvier 2014, sous le titre : « Des nervis d’extrême-droite détournent l’insurrection pour la liberté en Ukraine », Time Magazine fait un gros plan sur le groupuscule Spilna Sprava (« Cause commune », dont les initiales en ukrainien sont « SS »), au centre des insurrections.

“Source : world.time.com

Le 29 janvier 2014, Alexander Rahr, expert allemand renommé de la Russie, lance un avertissement contre le danger de guerre nucléaire avec le pays dirigé par Poutine, dans une analyse sur la situation ukrainienne publiée dans le mensuel allemand Cicero.

« Aujourd’hui, les manifestations de masse contre le gouvernement ukrainien sont largement nourries par des demandes sociales, mais une étincelle suffit pour déclencher un conflit ressemblant à une guerre civile entre la partie occidentale, pro-européenne, et la partie orientale, pro-russe, du deuxième plus grand pays d’Europe. […]

Mais contrairement à la guerre civile yougoslave, l’intervention d’une force de maintien de la paix de l’OTAN n’est pas envisageable. Le risque de confrontation militaire avec la puissance nucléaire qu’est la Russie est trop grand. L’Occident ne peut éviter de chercher une solution dans le cas de l’Ukraine avec, plutôt que contre la Russie. […]

Si une force nationaliste radicale devait usurper le pouvoir à Kiev, la Russie se verrait obligée de reconnaître l’indépendance de la Crimée, comme elle l’a fait dans le cas de l’Abkhazie et de l’Ossétie du Sud auparavant. […]

L’arsenal des options dont dispose l’Europe est limité : les Européens n’ont tout simplement pas le muscle financier pour suppléer aux énormes prêts consentis par la Russie à l’Ukraine. Par conséquent, la seule alternative est la coopération entre l’Europe et la Russie en Ukraine. La modernisation des gazoducs et le développement de projets conjoints dans le secteur de l’aérospatial devraient faire partie des priorités. »

Le même jour, Seumas Milne précise à son tour dans un article du Guardian britannique titré « En Ukraine, les fascistes, les oligarques et l’élargissement occidental sont au cœur de la crise », avec en sous-titre : « L’histoire qu’on nous raconte sur les manifestations paralysant Kiev n’a qu’un lointain rapport avec la réalité. » :

« Vous n’auriez jamais pu apprendre par la grande presse que des nationalistes d’extrême-droite et des fascistes sont au cœur des protestations et des attaques contre les bâtiments officiels. Un des trois principaux partis d’opposition menant la campagne est le parti antisémite de la droite dure, Svoboda, dont le dirigeant Oleh Tyahnybok affirme que l’Ukraine est contrôlée par une “mafia judéo-moscovite”. Svoboda, actuellement au pouvoir dans la ville de Lviv, a dirigé au début du mois une marche aux flambeaux de 15 000 personnes à la mémoire du dirigeant fasciste ukrainien Stepan Bandera, dont les troupes ont combattu avec les nazis pendant la Seconde Guerre mondiale et ont participé au massacre des juifs. »

“Source : theguardian.com

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Le même jour encore, le magazine britannique Counterpunch a publié un article signé d’Eric Draitser et intitulé : « L’Ukraine et la renaissance du fascisme ». Il indique d’emblée que :

« La violence dans les rues d’Ukraine est bien plus qu’une expression de colère populaire contre un gouvernement. C’est plutôt le dernier exemple de la montée d’une des formes les plus insidieuses de fascisme que l’Europe ait connues depuis la chute du Troisième Reich. Dans sa tentative de décrocher l’Ukraine de la sphère d’influence russe, l’alliance UE – Etats-Unis – OTAN s’est alliée (et ce n’est pas la première fois) avec des fascistes. »

“Source : counterpunch.org
“Source : michelcollon.info

Le 7 février, le journal canadien Globe & Mail publiait un article intitulé « Un mouvement de l’ultra-droite devient le fer de lance des manifestations ukrainiennes » (titre adouci par la suite, mais il reste dans l’adresse internet du billet). Son auteur Doug Sanders écrit que « les manifestants des groupes les plus nombreux et les plus agressifs, qui refusent en général de parler aux journalistes, sont des membres de Pravy Sektor, un regroupement de bandes fascistes, nationalistes, de hooligans du football et d’extrémistes de droite, certaines avec des précédents nazis ».

Sanders ajoute : Pravy Sektor est en fait « l’ossature de ces manifestations », pour ce qui concerne la « construction et l’entretien des barricades autour des squares, une grande partie de la construction des camps, la surveillance, et les batailles rangées et parfois mortelles avec la police. […] Dans quelques villes plus petites, les manifestations locales et l’occupation des bâtiments administratifs semblent avoir été entièrement l’œuvre de Pravy Sektor. » Sanders précise que Pravy Sektor n’est pas une organisation isolée de la tendance majoritaire dans les manifestations, contrairement à ce que l’on pourrait croire, mais en fait intégralement partie : « En dépit de leur histoire d’intolérance extrême, Pravy Sektor a gagné l’admiration d’un nombre étonnamment élevé d’organisations reconnues. » Il cite ensuite Volodymyr Fesenko, dirigeant du Centre d’études politiques de Kiev disant : « Les gens les soutiennent [Pravy Sektor] car ils les voient comme l’armée de l’opposition. » “Source : theglobeandmail.com

Le même jour, le Guardian de Londres publie jour un article de Volodymyr Ishchenko, qui rapporte :

« Les médias occidentaux célébraient naïvement les “valeurs européennes” du mouvement, malgré le fait que le parti Svoboda, xénophobe, homophobe et nationaliste avait été, avec des groupes encore plus extrémistes (tel que Pravy Sekto), impliqué dans l’Euromaïdan depuis presque le début. Ils criaient des slogans d’extrême-droite, combattant la police, dirigeant l’occupation des bâtiments administratifs, et démantelant les monuments. Et pourtant ni les incidents de torture, de lynchage et d’humiliation en public de soi-disant voleurs dans les camps des manifestants, ni le passage à tabac de sans-abris ou de gens en état d’ébriété autour des camps n’ont été rapportés dans les médias internationaux. »

“Source : theguardian.com

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Le même jour, Jean Géronimo, un des meilleurs experts de l’économie et de la géostratégie russes, publie dans le quotidien l’Humanité : « L’Ukraine : un enjeu géostratégique, au cœur de la guerre tiède » :

« En se rendant à Kiev pour soutenir les opposants y compris d’extrême droite au régime ukrainien, Catherine Ashton assume un acte hostile à la Russie, qui avait demandé à l’UE de ne pas intervenir. Ce soutien des puissances occidentales à la troublante « révolution » ukrainienne vise-t-il à faire entrer ce pays dans le giron de l’UE et de l’OTAN, et aussi à empêcher le retour de la Russie comme grande puissance en cherchant son affaiblissement régional ?

À travers le soutien occidental à une troublante « révolution » ukrainienne et sa volonté d’ingérence, c’est l’idée d’empêcher le retour de la Russie comme grande puissance, via son affaiblissement régional, qui revient sur le devant de la scène. […]

Dans ce contexte, tout rapprochement de l’Ukraine avec l’UE (via l’accord d’association) peut être considéré comme l’étape préalable et « naturelle » à sa future intégration à l’OTAN, comme cela a été confirmé par Washington – véritable gifle et provocation stratégique à l’égard de la Russie. Sur un plan structurel, ces deux objectifs restent des priorités implicites de la nouvelle diplomatie américaine, verrouillée par l’administration Obama. Or, tendanciellement, la puissance russe est désireuse de sanctuariser son étranger proche, contre les velléités expansives occidentales. Dans cette optique, l’OTAN reste, pour elle, un levier offensif et injustifié de la vieille lutte contre le communisme. Incroyable acharnement. […]

Aujourd’hui, l’Europe brille par son absence en Afrique et au Moyen-Orient, mais par contre, n’hésite pas à s’ingérer dans les affaires politiques intérieures de la souveraine Ukraine, en place de Kiev, par l’intermédiaire de Catherine Ashton, soutenue par son mentor américain, John Kerry. On croit rêver… […]

Désormais, comme le souligne fort justement J.M. Chauvier, on assiste à une dérive extrémiste de nature néo-nazie de manifestations surfant sur un nationalisme anti-russe et échappant, de plus en plus, au contrôle des leaders de l’opposition pourtant aiguillés par l’Occident. Là est sans doute la plus grave erreur et le plus grand danger pour une Europe maladroite, dont la politique inconsciente contribue à réveiller les « vieux démons » dans l’espace post-soviétique, notamment dans les pays baltes et l’Ukraine. Or cette information est totalement occultée par la pensée unique, allégrement relayée par nos médias. […]

De manière explicite, cet accord [de libre échange Ukraine/UE] vise à imposer l’idéologie néolibérale du « libre-marché », à partir d’une dérégulation économique et financière exprimant une vision anti-étatique désastreuse et, sur le moyen terme, considérablement appauvrissante pour la société ukrainienne – avec le risque de fabriquer une « nouvelle Grèce». Le « peuple » qui manifeste ne le sait, sans doute, pas. […]

Face à cette instrumentalisation politique, la Russie ne pouvait rester sans réactions. D’autant plus que l’intégration de l’Ukraine à l’espace économique européen (objectif déclaré de l’UE) transformera ce pays en plateforme de réexportation des produits occidentaux – via les firmes multinationales – vers la Russie, dont l’économie serait ainsi attaquée et déstabilisée. Très vite, V. Poutine a su trouver une réponse adéquate, correspondant aux intérêts économiques de l’Ukraine mais respectant les intérêts politiques de la Russie, encline à protéger sa zone d’influence contre les convoitises de plus en plus pressantes de l’UE. Moscou ne l’a jamais caché et montre même une certaine transparence dans ce domaine, contrairement au jeu obscur de l’Europe, guidée par la « main » de Washington et navigant dans les eaux troubles de « sa » prude démocratie – imposée au monde globalisé, comme une vérité suprême. Curieux messianisme. » “Source : humanite.fr

Le 10 février 2014, le site de Bloomberg mettait à sa Une la photo de terroristes portant un masque noir, sur le Maïdan de Kiev, avec pour titre : « Les radicaux ukrainiens poussent à la violence alors que le zèle des nationalistes s’accroît. » Les journalistes Daryna Krasnoloutska et Volodymyr Verbyany y concentrent leur attention sur Pravy Sektor, le décrivant « comme un regroupement d’organisations nationalistes dont l’idéologie est fondée sur Stepan Bandera, qui avait combattu l’administration soviétique dans les années trente, quelque fois aux côtés de l’Allemagne nazie ». L’article conclut que ce sont ces groupuscules violents qui dominent la rue et cite le chef de Pravy Sektor, Dmytro Yarosh : « Nous sommes contre l’effusion de sang mais nous reconnaissons qu’il est impossible de parler aux autorités criminelles sans avoir recours à la force. »

“Source : bloomberg.com

Dans un entretien également publié le 10 février sur km.ru, le général russe Leonid Ivashov, ancien chef du bureau des Affaires étrangères du ministère russe de la Défense et actuellement président de l’Académie des études géopolitiques, lance une mise en garde claire et précise les conséquences dramatiques pouvant découler de la crise ukrainienne :

« Il semble qu’ils [des responsables clé au sein de l’Union européenne ainsi que le secrétaire d’Etat américain John Kerry] se soient consacrés à l’étude de la doctrine du Dr Goebbels, et continuent à le faire. […] Ils présentent tout dans un sens contraire à la réalité. C’est là une des formules que la propagande nazie avait employée avec le plus de succès : […] Ils accusent d’agression, le parti qui cherche à se défendre. Ce que nous voyons en Ukraine et en Syrie est un projet occidental, une guerre d’un genre nouveau : dans les deux cas nous voyons une approche clairement anti-russe, et il est bien connu que les guerres commencent avec des opérations de guerre psychologique et de manipulation de l’information. […]

Je présume que le ministère des Affaires étrangères comprend que nous sommes en guerre, et que les guerres ont leurs lois. […] Après la guerre de l’information, ils préparent [une opération] terrestre et navale en Ukraine. Kerry et Obama encouragent à Kiev ce qu’ils répriment durement dans leur pays. Les dirigeants européens combattent les manifestations non autorisées avec des tuyaux d’arrosage et jettent les manifestants en prison, tandis que dans le cas ukrainien ils font exactement l’inverse et, en plus de cela, ils menacent la Russie. En toute logique, cela fait partie de la guerre de l’information. […]

Le scénario pourrait se dérouler comme suit : conduire l’Ukraine au bord de la rupture, blâmer Ianoukovytch et la Russie pour tout cela, pour ensuite pouvoir dire que l’OTAN ne peut pas en rester là, à ne rien faire, et se doit par conséquent d’envoyer ses troupes pour rétablir l’ordre. Un gouvernement de transition serait ensuite formé, comme en Irak et au Kosovo, et l’OTAN prendrait le contrôle des choses. L’Histoire nous a montré des situations similaires. »

Le 12 février, un mémorandum intitulé « Sauver l’Ukraine », rédigé par des experts du Club Izborsk, est paru dans l’hebdomadaire russe Zavtra. Il dénonce comme une menace aux intérêts stratégiques russes, le « coup d’État fasciste rampant » qui a lieu contre l’Ukraine. Le Club Izborsk est un très influent groupe d’intellectuels russes influents promu par le président Vladimir Poutine.

« Sauver l’Ukraine », qui accuse les États-Unis et l’Union européenne d’être à l’origine de la tentative de changement de régime en cours en Ukraine, somme les États-Unis de participer à des consultations de crise, sous l’égide du Mémorandum de Budapest de 1994 sur la souveraineté ukrainienne. Ce mémorandum de 1994, garantissant la souveraineté nationale de l’Ukraine, avait été signé par les États-Unis, la Grande Bretagne, l’Ukraine et la Russie. Si l’Ukraine ou la Grande Bretagne venaient à refuser une telle conférence, alors la diplomatie russo-américaine devrait entreprendre des négociations de toute urgence, en s’appuyant sur le précédent de la crise des missiles de 1962.

Le mémorandum « Sauver l’Ukraine » rapporte que la situation du pays « approche rapidement de la limite au-delà de laquelle l’Ukraine pourrait devenir fasciste ». L’Ukraine, un État non-aligné, neutre et non nucléaire, deviendrait ainsi un « point chaud » en Europe et dans le monde, « une zone d’instabilité et de chaos aux frontières de la Russie ».

La déstabilisation en cours en Ukraine est en train de créer « les conditions de la prise de pouvoir par une coalition de forces politiques qui ne représente pas les intérêts de la majorité du peuple ukrainien ». Selon ce mémorandum, le groupe américain en charge de l’opération « Ukraine » est composé d’intellectuels et de diplomates de haut niveau. Washington «s’inquiète que Moscou, dont les réserves en capital sympathie au sein de la population ukrainienne sont énormes, puisse soudainement se réveiller, devenir plus actif et saborder le projet presque finalisé d’établir un gouvernement totalement anti-russe en Ukraine, allant même jusqu’à largement recourir aux héritiers fascistes du collaborateur nazi Stepan Bandera».

Le rapport énumère les scénarios possibles d’un changement de régime en Ukraine : expulsion abrupte de Ianoukovitch, ou lancement d’un processus de « gouvernement de coalition » qui aboutirait en définitive à son éjection du pouvoir. Un nouveau dirigeant, peut-être même Ioulia Timochenko, libérée de prison, pourrait alors « prendre la direction de l’Ukraine, au sein de la plate-forme radicale nationaliste d’Oleg Tiagnybok et d’autres groupes fascistes d’extrême droite. Une telle tournure idéologique des événements […] pourrait aboutir à la formation d’un Etat anti-russe aux frontières de la Fédération de Russie et perturber toute tentative d’intégration dans l’ancienne région soviétique ».

Dans leur conclusion, les auteurs déclarent : « Nous considérons la situation qui émerge en Ukraine comme catastrophique pour le futur de la Russie et de tout l’espace post-soviétique.» Ils terminent : « Seul ce type d’initiative par l’État Russe et d’autres forces saines dans la communauté russe ou internationale, avec les organismes exécutifs de nos deux pays, peut stabiliser la situation économique et sociale en Ukraine et empêcher une catastrophe politique et sociale dans ce pays. »

Le 17 février, Vladimir Bidievka, député communiste de Donestk, déclare à propos des milices : « Il y a une minimisation du phénomène que l’on qualifie de nationaliste alors qu’il s’agit de mouvement néofasciste et nazi, principalement lié au parti Svoboda. Son chef, Oleg Tiagnibog, joue sur les courants xénophobes, antisémites et russophobes fortement implantés en Galicie où il n’est pas rare d’assister à des grandes célébrations à la mémoire du collaborationnisme nazi et de la Waffen SS ».

Le 18 février, Natalia Vitrenko, présidente du Parti progressiste socialiste d’Ukraine déclara de nouveau :

« C’est seulement lorsque la communauté mondiale aura reconnu la nature néo-nazie du putsch que la violence en Ukraine pourra être arrêtée […]

La responsabilité pour la violence, le sang, les morts et les blessés, et la guerre civile en Ukraine, n’incombe pas seulement aux organisateurs de l’Euromaïdan, aux guérilleros et aux terroristes, mais également aux dirigeants de l’Union européenne et des Etats-Unis qui ont, dans leur myopie politique, confondu un putsch nazi avec une révolte populaire pacifique en défense des valeurs européennes.

En tant que dirigeante d’un parti d’opposition de gauche en Ukraine, j’appelle la communauté mondiale à regarder ce qui est au cœur de nos problèmes en Ukraine. Il s’agit d’un putsch néo-nazi, visant à établir une dictature nazie. Le droit international et les valeurs européennes, la défense des droits humains en Ukraine (et dans le monde), ainsi que les principes démocratiques, obligent toutes les nations du monde et toutes les forces progressistes à s’unifier dans le but de bannir les partis et mouvements néo-nazis en Ukraine. Sinon il sera impossible de stabiliser la situation et d’obtenir des changements démocratiques. »

4.8 L’aveuglement occidental

Ainsi, toutes les alertes de bon sens auront été vaines, face à une propagande inouïe, et un aveuglement suicidaire…

Vu la masse, il est impossible de tout reprendre dans le cadre ce document. Citons néanmoins quelques réactions éloquentes.

Le 1er février 2014, dans son discours d’ouverture à la Conférence de Munich sur la sécurité, le président du Conseil de l’Union européenne (UE), Herman Van Rompuy, après avoir exprimé tout son soutien et sa sympathie pour les « manifestants » ukrainiens, a souligné que :

« Certaines personnes pensent que les Européens sont naïfs ; que nous préférons la carotte au bâton. Maintenant, je ne dis pas que parfois, nous ne pouvons pas jouer des poings plus fortement.

Je sais que l’UE est souvent vue comme une sorte de Florence Nightingale – après tout, nous sommes le plus grand donateur pour le développement et l’aide humanitaire. Mais nous n’envoyons pas que des infirmiers et des nutritionnistes, nous envoyons aussi des juges et des policiers, des soldats et des Marines.

Nous préférons clairement les solutions diplomatiques, mais nos pays sont prêts à utiliser la force militaire si nécessaire. » “Source : consilium.europa.eu

Le 2 février 2014, le Secrétaire général de l’OTAN Anders Fogh Rasmussen a souhaité que la Russie mette fin à « sa rhétorique belliqueuse », qui entravait les chances d’une coopération plus étroite entre l’Alliance et son ennemi de la Guerre froide. « Nous devons nous garder de nous menacer l’un l’autre. » Rappelons que la Russie s’est depuis longtemps plainte à propos des plans de défense antimissiles de l’OTAN qu’elle considère comme une menace à ses propres missiles. Rasmussen a ainsi tancé la Russie pour avoir décrit les plans du système de défense de l’OTAN comme un système « offensif », alors que l’OTAN affirme que sa conception est défensive.

Le 3 février 2014, un éditorial du Financial Times du 3 février intitulé « L’Ukraine se trouve face à un moment de vérité », commence par dire que la crise en Ukraine est « entrée maintenant dans une phase décisive ». Il soutient que « Ianoukovytch représente aujourd’hui une force dépassée » et, afin de parer à un éventuel durcissement des réponses de son gouvernement, « Washington et Bruxelles doivent dresser une liste de restrictions de voyager et de sanctions financières qui seraient imposées aux dirigeants du pays s’ils venaient à faire preuve d’une telle brutalité. Deuxièmement, l’Occident doit être immédiatement prêt à fournir une aide financière à l’Ukraine si un nouveau gouvernement arrivait au pouvoir et cherchait à renouer des liens avec l’UE », pour ensuite ajouter que le FMI «devrait être prêt à injecter plusieurs milliards de dollars dans l’économie Ukrainienne afin de stabiliser instantanément la situation financière du pays ». Il termine avec cette phrase coup de poing : « Si les Ukrainiens font tomber l’homme de Kiev, les Russes pourraient se demander pourquoi ils ne devraient pas faire de même avec l’homme du Kremlin. » “Source : ft.com

Le 10 février, le Conseil de l’Union européenne a fermé les yeux sur la présence des néonazis, et a publié un communiqué à la langue de bois déplorant en termes plus que vagues « la situation en ce qui concerne les droits de l’homme, les cas de personnes disparues, la torture et l’intimidation, et déplore la mort et les blessures encourues de tous les côtés ». Le Conseil affirme par ailleurs qu’il se «tient prêt à répondre rapidement à toute détérioration sur le terrain ». “Source : consilium.europa.eu

« Qui donc veut la guerre ? (…) On commence à se demander tout bas, si à force de se menacer pour se faire peur, les gouvernements ne seront pas entraînés dans des conflits qu’ils ne veulent pas. On se demande s’il n’y a pas un peu partout, des minorités résolues à tout et qui parviendront à précipiter dans la guerre une Europe incertaine, sans lumière et sans volonté. Que signifient, en France, ces articles des journaux officieux par lesquels on tente de préparer l’opinion à l’accepter ? » [Jean Jaurès, “Une guerre insensée”, La Dépêche de Toulouse, 15 novembre 1912]

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arthur78 // 12.11.2014 à 09h23

Je pense qu’il faudrait peut être prévenir nos élites que cette fois ci on la fera pas leur connerie de guerre, on les laissera y aller tout seul comme des grands, ils la veulent qu’ils y aillent.

Comment osent ils parler au nom des poilus alors qu’ils sont en train de remettre le plat sur la table. Laissez tranquille les poilus vous n’avez pas le droit de parler en leur nom …

11 réactions et commentaires

  • luci2/29 // 12.11.2014 à 06h27

    “soldats de plomb” ,sans neurones,mais ,3 fois hélas,puissamment destructeurs.
    A redouter certes,mais sans crainte…
    V.P ,pour le moment,possède -et devrait conserver- ces longueurs d’avance du stratège véritable de l’histoire actuelle dans cette région.

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  • arthur78 // 12.11.2014 à 09h23

    Je pense qu’il faudrait peut être prévenir nos élites que cette fois ci on la fera pas leur connerie de guerre, on les laissera y aller tout seul comme des grands, ils la veulent qu’ils y aillent.

    Comment osent ils parler au nom des poilus alors qu’ils sont en train de remettre le plat sur la table. Laissez tranquille les poilus vous n’avez pas le droit de parler en leur nom …

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  • Astrolabe // 12.11.2014 à 10h09

    A la place de la Pologne et de l’Allemagne, je me ferais un peu de souci. Ces dernières semaines en Allemagne et hier à Varsovie, on a vu se développer des “manifestations” de néo-nazis qui devraient “intéresser” un peu plus les autorités “compétentes”. Ces deux pays, qui ont encouragé tout et n’importe quoi en Ukraine vont sans doute payer leur prosélytisme. Et les mouvements violents qui fleurissent en Ukraine ne vont pas tarder à donner au Polonais et aux Allemands des preuves de leur “amour” pluriséculaire. Il suffit de relire l’histoire.

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  • cording // 12.11.2014 à 11h10

    Les putschistes du 22 février ont pu légitimer leur pouvoir par des élections présidentielles puis législatives mais ils ont contribué à détruire la fragile Ukraine et cela sans retour. Le problème est de savoir quelle extension géographique prendra la rébellion : ira-t-elle jusqu’à Odessa et sa région en incluant aussi celle de Kharkov pour reconstituer une entité appelée “Novorossia” puisque ce fût une région conquise par la Russie impériale de Catherine II et largement peuplée de russes jusqu’à ce que les Bolchéviques ne conquièrent ce territoire et ne l’attribuent artificiellement avec une Ukraine composée aussi des débris de l’Empire austro-hongrois après 1918 : la Galicie et la Volhynie.
    La propagande en faveur du régime de Kiev se heurtera à la réalité du terrain, d’une rébellion qui n’est pas prête de renoncer à ses droits, et qui va s’étendre étant donné la nature du pouvoir en place à Kiev. La propagande de tous les chiens de garde de l’oligarchie n’ont pas empêché le succès du Non lors du référendum du 29 mai 2005. Même bafoué ce succès va connaître des effets politiques par l’effondrement probable en 2017 de l’un des 2 auteurs de ce reniement, l’autre n’est pas en meilleur état!

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  • boduos // 12.11.2014 à 12h35

    tout ceci demontre que le premier pouvoir est les medias de masse.
    premier pouvoir dans le sens chronologique ,qui intervient le premier,meme les obama sans scrupules passent par l’exigence de preparér l’opinion qui l’interesse .
    on fabrique donc des images,en studio au qatar,en angleterre avec stanley kubrick pour alunir ou plus simplement sur place avec des extremistes manipulés excerbés figurants soudoyés…
    ce que demontre ces acticles,c’est le cynismes de notre elite qui joue indifferemment sur le registre de la morale et des “memoires” puis s’accouple sans etat d’ame dans le ventre fecond de la bete immonde en nous rappelant la nuit et le brouillard de nos heures les plus sombres de notre histoire.excusez moi ce long pastiche,simplement pour prouver que cette elite ne quoi reellement en rien qu’à leurs interets.
    si on regarde les similitudes de l’epoque avec 1871,1914,1938 (réecouter Henri Villemin) les raisons possibles d’une guerre sont plus à rechercher dans la martingale que ferait hollande et consorts pour apparaitre en chef de guerre, idem pour merkel pour enterriner et masquer son erreur d’orientation strategique qui va lui revenir en pleine figure si la guerre ne se fait pas .
    et puis tafta qu’on pourrait signer entre deux reunion d’etat major…
    tout le decor est en place,mais il y a un mais,l’engagement US à mon avis definitivement rangé dans les cartons suite aux demonstrations de guerre electronique en mer noire et a tartous .
    meme scenario que la baie des cochons ou kennedy avait discretement pour sauver la face retiré ses missiles nucleaires de turquie (à ajouter dans les mobiles de son assassinats par les milita

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  • J-P64 // 12.11.2014 à 13h43

    Bonjour.

    Moi ce que j’aime dans ce billet c’est ce passage du discours de Van Rompuy :

    […] Mais nous n’envoyons pas que des infirmiers et des nutritionnistes, nous envoyons aussi des juges et des policiers, des soldats et des Marines. […]

    Or, jusqu’à preuve du contraire l’UE ne dispose pas de Marines … ce sont les USA.

    Donc, si Van Rompuy dit : […] nous (l’UE) envoyons des Marines. […] c’est bien qu’il considère l’UE comme partie des USA.

    Certains lapsus sont vraiment très intéressants : (Freud voit dans le lapsus un symptôme important de l’émergence de désirs inconscients.) Wikipedia

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  • anne jordan // 12.11.2014 à 16h26

    Washington craint “que Moscou, dont les réserves en capital sympathie au sein de la population ukrainienne sont énormes, puisse soudainement se réveiller, devenir plus actif et saborder le projet presque finalisé d’établir un gouvernement totalement anti-russe en Ukraine, allant même jusqu’à largement recourir aux héritiers fascistes du collaborateur nazi Stepan Bandera».

    c’est çui qui dit qui y est !
    Le bellicisme des médias , juste avant 1914 , est fort bien souligné dans ” Les Somnambules ” , livre référence de Christopher Clark .
    p.231 , La presse et l’opinion publique :
    ” la plupart des conflits que le monde a connu au cours de la dernière décennie n’ont pas été causés par l’ambition des princes ou les conspirations des ministres , mais par les passions de l’opinion publique , qui , par l’entremise de la presse et du Parlement , ont emporté les gouvernements ” ( chancelier Von Bülow )
    p 235:
    “En France , les relations entre diplomates et journalistes sont tout particulièrement intimes.” ( sic ! )
    p.236
    “Le Quai d’Orsay , tout comme son homologue allemand , rémunère des journalistes sur fonds secrets et cultive des liens étroits avec Le Temps et l’agence Havas… ”
    p.238:
    ” Je voudrais bien que les Français dont la profession est de créer ou de représenter l’opinion voulussent bien observer la même discipline (…) et qu’on ne s’amusât pas à jouer avec le feu en parlant de guerre inévitable. Il n’y a rien d’inévitable en ce monde. ”
    Jules Cambon , ambassadeur .

    rien de nouveau sous le soleil ?
    SI! la vulgarité de l’expression et la nullité des décideurs , car il y avait , tout de même quelques “têtes politiques ” , ce qui n’empêcha pas le désastre …

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  • Michael // 12.11.2014 à 19h18

    Il y a quand meme quelques rares (ex) hommes politiques qui voient clair sur la situation en Ukraine : ici l interview de Philippe de Villiers par Jean-Jacques Bourdin , dont une grande partie est consacree a l’ Ukraine , la Russie et la Crimee. http://www.youtube.com/watch?v=KLqerKwzyOY

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  • Zasttava // 12.11.2014 à 19h35

    Je profite de ce billet pour vous signaler cette interview de Philippe de Villiers chez Bourdin :

    http://lesmoutonsenrages.fr/2014/11/12/bourdin-direct-philippe-de-villiers-1211/

    Où j’ai l’impression de revoir M. Berruyer face à M. Smolar…

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  • purefrancophone // 12.11.2014 à 20h16

    Ecoutez à partir de 20’30 , une auditrice qui intervient à l’antenne sur l’Ukraine et une autre bien endoctrinée qui contredit !!!!
    http://podcast.rmc.fr/channel30/20141112_bourdin_8.mp3

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  • Anne // 12.11.2014 à 20h47

    Trés trés bon article,
    Merci Olivier.
    J’ai apprécié particulièrement les avertissements de Natalia Vitenko.

      +1

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