Une fois n’est pas coutume, petit conseil financier.

Comme on s’achemine de plus en plus vers un défaut grec

 

bon, enfin, un gros problème quoi (dont l’étendue des conséquences reste à définir), il est probable que nous allons quitter définitivement l’ère des taux d’intérêts très bas.

Ainsi, si vous avez des crédits, surtout immobiliers, à taux de 3%, 4 %, 5 %, n’hésitez pas à les renégocier avec les banques (en demandant bien des possibilités de transférabilité si vous revendez un jour, pour conserver le crédit à bas taux, option importante !). Cela génère une économie qui compense souvent les pénalités anticipées, à vous d’étudier et de comparer, ou de vous faire aider…

D’expérience, je vous conseille aussi de regarder ce que vous proposeront des courtiers spécialisés, comme empruntis, meilleurtaux, cafpi etc (publicité gratuite – mais je viens de tester avec un très bon courtier, et c’était vraiment très efficace…).

Lire ce papier des Echos :

La vague de baisse des taux des crédits immobiliers touche à sa fin

Un certain nombre de banques ont annoncé des hausses douces comprises de 0,1 à 0,3 point. Si le coût du crédit se stabilise, le nombre de renégociations va progressivement se résorber.

Les emprunteurs vont sans doute devoir changer leurs habitudes. Depuis trois ans, les taux de crédit ont été divisés par deux, parvenant à fin mai à un plancher historique de 2,01 % pour une durée moyenne d’un peu plus de dix-sept ans, selon le baromètre Crédit Logement/CSA. Or, cette longue parenthèse commence à se refermer.

Les taux des crédits vont-ils remonter ?

Dans les faits, les taux proposés aux emprunteurs sont toujours au plus bas. Mais une hausse se profile bel et bien. Selon les courtiers en crédit, certaines banques ont déjà annoncé des hausses, plutôt douces, comprises de 0,1 à 0,3 point. Plusieurs grands réseaux sont déjà concernés, soit au niveau national, soit localement via une banque régionale. « Désormais, quinze de nos banques partenaires vont dans ce sens », confirme Sandrine Allonier, responsable des relations bancaires chez Vousfinancer.com. Autre cas de figure possible : un prêteur laisse ses barèmes inchangés, mais ne négocie plus aucun rabais, alors qu’il les acceptait jusque-là. Ce serait une sorte de hausse invisible. Mais gare à l’image d’un mouvement généralisé et brutal : « Les taux ne remontent pas pour tout le monde, selon le type de clientèle que les banques souhaitent cibler », souligne Maël Bernier, porte-parole de Meilleurtaux.com. Par ailleurs, les crédits sont si bon marché que la route vers des taux « chers » sera de toute façon longue.

Comment expliquer ce retournement ?

La réponse est d’abord d’ordre technique : il existe un lien indirect entre le taux auquel l’Etat s’endette à dix ans (OAT) et celui appliqué par la banque sur un crédit immobilier. Les ressources nécessaires à refinancer le crédit sont en effet pour partie liées au niveau des taux longs. Ainsi, le passage de l’OAT d’environ 2 % en 2014 à 0,35 % début avril 2015 a bien correspondu à la chute des taux de crédit. Or, ces dernières semaines, ces mêmes OAT se sont tendues, jusqu’à 1,32 %, ce qui reste historiquement plutôt faible. « Mais il existe un seuil psychologique à 1,50 % dont on s’approche », prévient Cécile Roquelaure, directrice des études d’Empruntis. Le mécanisme qui a conduit à la plongée des taux du crédit est donc entrain de s’inverser. Par ailleurs, au-delà de l’OAT, les banques se refinancent actuellement à des conditions particulièrement attractives grâce à la généreuse politique monétaire de la BCE. Remonter le « prix à la pompe » du crédit revient actuellement à améliorer leur marge sur le crédit.

Est-ce la fin des renégociations de crédit ?

Le crédit bon marché a suscité ces derniers mois de nombreuses demandes de rachat ou de renégociation de crédit, entraînant, parmi d’autres désagréments, de gigantesques engorgements dans l’examen des dossiers. Un tonneau sans fond puisque chaque nouvelle baisse des taux de crédit générait un nouveau stock d’emprunteurs ayant intérêt à cette opération. Si le coût du crédit se stabilise, le nombre de renégociations devrait progressivement se résorber. « D’ores et déjà, certains réseaux ne veulent plus traiter ce type de dossier », remarque Sandrine Allonier. A l’avenir, les banques pourront davantage se concentrer sur les « vrais » crédits, pour lesquels la demande s’est ressaisie.

Edouard Lederer, Les Echos, 15/06/2015

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17 réponses à [Vos sous…] Pensez à renégocier rapidement vos crédits !

Commentaires recommandés

Kiwixar Le 17 juin 2015 à 09h18

La démographie occidentale (baisse de la tranche d’âge 40-45 ans la plus consommatrice, baby-boomers qui partent à la retraite) est déflationniste. L’indéflation créée avec les QE massifs (FED, BOJ) est une indéflation de classe, car la monnaie ne circule pas en-dehors des happy few : inflation sur les fournitures pour la super-classe, déflation pour les gueux, sauf sur les produits alimentaires.

La montée des taux d’intérêts (ou pas) n’est qu’une décision politique de cette super-classe, qui hésite entre l’appât du gain, la peur des fourches et l’espoir d’un contrôle total sur les gueux par la disparition de l’argent liquide permettant de déconnecter la vie des gêneurs d’un seul clic.

  1. Gelope Le 17 juin 2015 à 08h23
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    Et pensez à la délégation d’assurance ! Encore bien trop méconnue


    • Paul Le 17 juin 2015 à 10h55
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      @Gelope : “et pensez à la délégation d’assurance !” : c’est-à-dire ??


      • Stéphane Grimier Le 17 juin 2015 à 12h11
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        C’est ne pas prendre l’assurance du prêt dans la banque qui propose le crédit, mais ailleurs, à une tarification plus avantageuse, et souvent plus en phase de la réalité du risque.


      • Gelope Le 17 juin 2015 à 13h33
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        Paul, comme l’a dit Stéphane, les banques demandent à ce que vous assuriez à mina chacune des têtes en décès et “invalidité lourde”, bien souvent aussi en invalidité et arrêt de travail.

        La banque prévoit l’assurance et bien souvent n’en parle pas. Mais vous êtes totalement libre de souscrire l’assurance indépendamment du prêt.

        Les assurances des banques sont calculées sur le capital emprunté alors que les contrats des assureurs sont calculés sur le capital restant dû. Donc la différence peut être de plusieurs milliers d’euros, voir de dizaine de milliers d’euros … Sur toute la durée du prêt. C’est loin d’être négligeable.

        Dans les faits, il convient de négocier son taux, et une fois que vous avez le taux souhaitez, vous pouvez aller voir un assureur. Certaines banques vous metterons des bâtons dans les roues alors que c’est totalement illégal (loinlagarde, loi Hamon)

        Enfin, vous pouvez changer l’assurance emprunteur la première année de votre prêt grâce à la loi Hamon, vous pouvez changer lors d’une renégociation, et éventuellement à l’échéance avec accord de la banque (lire ses conditions générales)

        Il en va de même pour l’assurance habitation si vous empruntez par exemple pour votre résidence principale, la banque vous laisse croire que vous êtes obligé de souscrire avec eux, il n’en est rien.

        B’bonne journee


      • Nico Le 17 juin 2015 à 18h25
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        la délégation d’assurance permet de faire de grosses économies… Quasi 10 000€ sur 20 ans pour un emprunteur de moins de 45 ans.
        Les contrats groupes des banques se gavent !


    • Stéphane Grimier Le 17 juin 2015 à 11h13
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      Surtout si vous êtes diabétique (et en général toute maladie chronique), contactez l’AFD !

      Vu qu’on est dans l’information : http://www.afd.asso.fr/diabete-et/assurances/prets


      • Gelope Le 17 juin 2015 à 13h38
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        Effectivement si vous êtes malade, les banquiers n’aiment pas et “ne savent pas faire”.

        Ça ne posera pas de problème pour un intermédiaire en assurances compétent sous réserve de surprimes, d’exclusions …


  2. Kiwixar Le 17 juin 2015 à 09h18
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    La démographie occidentale (baisse de la tranche d’âge 40-45 ans la plus consommatrice, baby-boomers qui partent à la retraite) est déflationniste. L’indéflation créée avec les QE massifs (FED, BOJ) est une indéflation de classe, car la monnaie ne circule pas en-dehors des happy few : inflation sur les fournitures pour la super-classe, déflation pour les gueux, sauf sur les produits alimentaires.

    La montée des taux d’intérêts (ou pas) n’est qu’une décision politique de cette super-classe, qui hésite entre l’appât du gain, la peur des fourches et l’espoir d’un contrôle total sur les gueux par la disparition de l’argent liquide permettant de déconnecter la vie des gêneurs d’un seul clic.


    • Renaud 2 Le 17 juin 2015 à 10h35
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      Je me demande s’il n’y a pas de clause concernant l’argent liquide dans les traités TAFTA-TPP-TISA. Impossible à savoir étant donné le secret qui entoure ces traités. Ce qui est sûr, c’est que cette super-classe attaque de toutes parts, sachant que le point de rupture du système est proche (disons entre maintenant et 2030 histoire de donner une date).


    • Anas Le 17 juin 2015 à 11h35
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      “[…] L’indéflation créée avec les QE massifs (FED, BOJ) est une indéflation de classe, car la monnaie ne circule pas en-dehors des happy few […]”

      Tout cela combiné à l’effet de mixing des craftsmanship ne peut qu’aboutir à une situation de zvarax.

      Pourriez vous vulgariser un peu le vocabulaire, il n’y a pas que des techniciens qui lisent se blog.
      🙂


      • Alexandre Hanin Le 17 juin 2015 à 13h21
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        En gros, les QE font monter le prix des titres, qui sont principalement détenus par les happy fews. Pour le reste, les taux bas et les océans de liquidités n’ont que peu d’impact sur une économie qui tourne au ralenti.


        • step Le 17 juin 2015 à 13h55
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          d’où l’expression “arroser les nuages” de je sais plus quel économiste pour exprimer tout l’intérêt des QE vis à vis de la sécheresse au sol.


      • Soizik Le 17 juin 2015 à 14h56
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        bon je ne suis pas la seule à avoir un peu de mal à suivre, merci de penser aux pauvres gueux et gueuses qui rament en économie et finances.
        grosses bises


      • Nad Le 18 juin 2015 à 10h24
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        Votre moteur de recherche préféré donne les définitions de tous ces mots. Rien d’inaccessible. En y consacrant un peu de temps, vous comprendrez mieux et serez riche d’un nouveau savoir.


      • Kiwixar Le 18 juin 2015 à 12h22
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        QE : assouplissement quantitatif, traduction de l’anglais Quantitative easing (QE), est une politique monétaire dit « non conventionnelle » à laquelle ont eu recours la FED (la Federal Reserve des Etats-Unis, qui n’est ni fédérale ni une réserve, c’est un cartel de banques privées) et la BOJ (Bank of Japan, la banque centrale), et même récemment par la BCE depuis janvier 2015 (60 milliards d’euros par mois). En gros, c’est de la création monétaire massive destinée officiellement à relancer l’économie, mais en fait qui ne sert qu’à la finance (en sauvant les banques privées notamment), puisque ces montants ne circulent quasiment pas dans l’économie réelle.

        = https://fr.wikipedia.org/wiki/Assouplissement_quantitatif =

        Indéflation : terme de Charles Sannat (lecontrarien.com) combinant “inflation” et “déflation”. Il y a tiraillement entre tendances lourdes déflationnistes (la démographie vieillissante, les délocalisations appauvrissant les populations, surproduction pétrolière ponctuelle) et inflationnistes (spéculation sur les produits agricoles, création monétaire massive, baisse de la production de pétrole d’ici quelques années).

        “Indéflation de classe” : selon que vous soyez riche ou pauvre, vous avez accès ou pas (généralement pas) à la manne céleste de la création monétaire privée.


  3. Bali Le 17 juin 2015 à 10h04
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    Le hausse des taux va désolvabiliser de nombreux primo accédants il me semble. On devrait donc voir les prix à nouveau baisser si les taux remontent fortement. Je sais bien qu’il n’a jamais été établi de corrélation directe entre taux et prix, mais il n’a jamais été démontré le contraire non plus.

    Je me dis donc que cette hausse ne va pas changer grand chose pour les ménages actifs ayant des revenus suffisants à épargner. Dans les zones où le ratio achat/location est fortement en faveur de la location, ce qui est souvent le cas en dehors de Paris, attendre va permettre de construire une épargne et de pouvoir acheter dans quelques années dans un marché qui aura baissé avec beaucoup moins de concurrence.

    Du côté des vendeurs par contre, il semble urgent de vendre si les taux montent.


  4. Azza Le 19 juin 2015 à 09h28
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    Question a Olivier. Est ce que cette remontee des taux risque egalement de se produire en Grande Bretagne ? Compte tenu de l’etat du marcher immobilier en UK, si ca se produit il va y avoir du sang sur les murs !


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