Source : Rick Sterling, Consortium News, 31-05-2017.

Le gouvernement et les médias mainstream des États-Unis présentent la Russie comme un agresseur dangereux auquel on doit résister et qui doit être puni, mais les Américains qui ont visité la Russie en mai ont découvert une réalité toute différente, écrit Rick Sterling.

Pendant plus de deux semaines, ce mois-ci, une délégation de 30 Américains a visité sept régions et dix villes de Russie. Ce voyage a été organisé par Sharon Tennison du Center for Citizen Initiatives (Centre des initiatives citoyennes). Les participants se sont d’abord rendus à Moscou pour quelques jours de rencontres et de visites, avant de se séparer en petits groupes pour aller dans des villes comme Volgograd, Kazan au Tatarstan, Krasnodar, près de la Mer Noire, Novosibirsk en Sibérie, Ekaterinbourg, ainsi que Simferopol, Yalta et Sébastopol, toutes trois en Crimée.

La place Rouge de Moscou avec un festival d’hiver à gauche et le Kremlin à droite ( Photo de Robert Parry ).

Après ces visites dans les régions, les délégués se sont retrouvés à Saint Petersbourg pour partager leurs expériences. Ce qui suit est un compte-rendu tout simple, accompagné de conclusions basées sur mes observations à Kazan et sur ce que les autres ont rapporté.

– Les sanctions occidentales ont nui à des secteurs de l’économie russe mais elles ont favorisé la production agricole ;

Les importations et les exportations ont été impactées par les sanctions occidentales imposées en 2014. Le secteur du tourisme a été durement touché et les échanges en matière d’enseignement entre la Russie et les États Unis ont été suspendues ou définitivement interrompues. Cependant, d’un autre côté, les sanctions ont amené des investissements dans l’agriculture et un développement de la production agricole. Les fermiers disent, nous a-t-on rapporté : « Ne levez pas les sanctions ! »

– Certains oligarques russes investissent énormément dans les infrastructures.

Ainsi le milliardaire Serguei Galitsky a-t-il développé le commerce de détail le plus important de Russie, la chaîne de supermarchés Magnit. Il a énormément investi dans des serres pourvues d’une technique de pointe d’irrigation goutte à goutte, qui produisent de considérables quantités de concombres, tomates et autres légumes de grande qualité, que les supermarchés distribuent dans la Russie tout entière.

– Il y a une résurgence de la religion en Russie.

On a rendu leur lustre aux églises orthodoxes russes et les feuilles d’or chatoient maintenant sur les dômes. Les mosquées ont été, elles aussi, rénovées ou reconstruites. Une superbe mosquée, très récente, est l’un des fleurons du Kremlin de Kazan au Tatarstan. Il y a, en effet, beaucoup de musulmans en Russie. Ils seraient, selon nos estimations, environ 10 millions, mais nous avons entendu des chiffres plus élevés. Nous avons vu de nombreux exemples d’unité interreligieuse, avec des imams qui travaillent main dans la main avec de jeunes prêtres russes orthodoxes. On nous a aussi raconté comment, à l’époque de Staline, on utilisait les églises comme prisons ou entrepôts alimentaires.

– La Russie regarde de plus en plus vers l’est.

L’emblème russe, un aigle bicéphale, regarde à la fois vers l’est et vers l’ouest : la Russie est un pays eurasien. Même si les liens politiques et économiques avec l’Europe sont toujours importants, la Russie regarde de plus en plus vers l’est. Le « partenaire stratégique » de la Russie est la Chine, et ce, d’un point de vue économique, politique et militaire. Il y a de plus en plus de touristes chinois et d’échanges en matière d’enseignement entre la Russie et la Chine. Aux Nations Unies, les deux pays ont tendance à voter de la même façon. On a en projet d’énormes investissements pour un réseau de transport ferroviaire appelé « la Nouvelle route de la soie » qui reliera l’Asie et l’Europe.

– La Russie est un pays capitaliste avec un secteur étatique fort.

Le gouvernement joue un rôle important dans des secteurs de l’économie comme les transports publics, l’industrie de la défense, l’extraction des ressources, l’enseignement et la santé,et parfois même il les contrôle. Les entreprises publiques fournissent à elles seules près de 40% des emplois. Tous les citoyens peuvent profiter d’un système de sécurité sociale mais il y aussi un système de soins privé, tout comme il y a un enseignement privé. Le secteur bancaire connaît des problèmes, avec des taux d’intérêt élevés et la faillite de nombreuses banques dans les dix dernières années. Les Russes déplorent que des multinationales étrangères puissent pénétrer dans des secteurs de l’économie, les contrôler, en chasser les concurrents russes et emporter les bénéfices chez eux.

Le luxueux Ritz Carlton de Moscou.

– Les Russes éprouvent une certaine nostalgie pour l’ex Union soviétique et ses idéaux communistes.

Nous avons rencontré beaucoup de gens qui évoquent avec tendresse l’époque où personne n’était ni extrêmement riche ni horriblement pauvre et où la société avait des buts plus élevés. C’est ce que nous ont dit des citoyens qui vont du chef d’entreprise prospère au musicien rock vieillissant de l’ère soviétique. Cela ne signifie pas qu’ils ont envie d’un retour à l’époque soviétique, mais qu’ils se rendent compte que les changements survenus en Russie ont des avantages et des inconvénients. Ils condamnent dans l’ensemble l’effondrement de l’Union soviétique et le chaos économique des années 90.

– On trouve de nombreux médias qui soutiennent le gouvernement et d’autres qui soutiennent les partis d’opposition.

Il y a trois grandes chaînes de télévision contrôlées par le gouvernement qu’elles soutiennent. En même temps, on a de nombreuses chaînes qui critiquent le gouvernement et qui soutiennent différents partis d’opposition. Les journaux et les magazines n’approuvent pas, pour la plupart, le gouvernement.

Le président russe Vladimir Poutine répond à des questions de citoyens russes lors de l’annuelle séance de questions réponses le 14 avril 2016. (Photo du gouvernement russe)

– Les transports publics sont remarquables.

Les rues de Moscou grouillent de voitures neuves tandis que sous terre, on trouve un métro rapide, bon marché et performant qui est le plus utilisé d’Europe. Il transporte 40% de plus de voyageurs que celui de New York. Sur les lignes les plus importantes, on a un train toutes les minutes. Certaines des stations sont à plus de 70 mètres sous terre et sont pourvues des plus longs escalators d’Europe. Les trains interrégionaux, comme le Sapsan ( Falcon ) sur le trajet Saint Petersbourg / Moscou, vont à 200 kilomètres heure. Et en dépit de la vitesse, le voyageur n’est pas secoué ni gêné par le bruit. Emprunter ces trains est, d’ailleurs, une façon intéressante de regarder la Russie rurale avec ses datchas délabrées, ses charmants villages et les usines désertées de l’époque soviétique. Un nouveau grand projet dans ce secteur est la construction du pont entre Krasnodar et la péninsule de Crimée dont vous pouvez voir le plan dans cette courte vidéo.

– Poutine est populaire.

Selon votre interlocuteur, la popularité de Poutine se situe apparemment entre 60 et 80%. On peut avancer deux raisons. D’abord, depuis qu’il est au pouvoir, l’économie s’est stabilisée, les oligarques corrompus sont sous contrôle et le niveau de vie s’est amélioré de façon spectaculaire. Ensuite, on lui reconnaît d’avoir rendu à la Russie le respect dont elle jouissait sur le plan international et d’avoir redonné leur fierté aux citoyens russes. « Pendant les années 90, nous étions un pays de mendiants », disent certains. Les Russes ont un orgueil national très fort et le gouvernement de Poutine leur a rendu leur dignité.

Selon certains, Poutine, qui est exposé à un stress intense et a une énorme charge de travail, mérite un peu de tranquillité. Ces témoignages ne signifient pas que tout le monde l’aime ou qu’on a peur de parler. À Moscou, notre guide officiel s’est délectée à nous montrer l’endroit exact, à l’extérieur du Kremlin, où, d’après elle, Poutine a fait assassiner l’un de ses ennemis. D’autres Russes avec qui nous avons parlé trouvent ridicules ces accusations auxquelles croient beaucoup d’Occidentaux. Quant aux allégations selon lesquelles Poutine est un « dictateur », elles ont fait rire franchement un groupe de 75 étudiants, en Crimée.

La tension politique actuelle.

– Les Russes ont beaucoup de mal à croire les accusations au sujet de « l’immixtion » dans l’élection présidentielle des États Unis.

Un expert de politique étrangère, Vladimir Kozin, a déclaré : « Que la Russie ait influencé les élections américaines, c’est un conte à dormir debout ». Les Russes mettent en parallèle ces accusations non vérifiées et les preuves réelles de l’ingérence des États-Unis dans les élections russes passées, surtout dans les années 90 quand l’économie a été privatisée et que la délinquance, le chômage et le chaos mettaient à mal le pays. Le rôle des États-Unis dans la « gestion » de l’élection de Boris Eltsine en 1995 est bien connu en Russie, tout comme l’est celui du financement états-unien de centaines « d’ONG » en Ukraine avant les incidents violents et le coup d’État de 2013-2014

La couverture du Time où était évoquée la façon dont les États Unis ont permis la réélection de Boris Eltsine à la présidence en 1996.

– La Russie veut grandement améliorer ses relations avec les États-Unis.

Nous avons rencontré de nombreux Russes qui ont pris part à des échanges de citoyens avec les États Unis dans les années 90. Presque tous avaient des souvenirs très agréables de leurs visites et de leurs hôtes aux États Unis. Nous avons aussi rencontré des gens qui n’avaient jamais rencontré un Américain ni un anglophone auparavant. En règle générale, ils étaient prudents, mais très contents de voir des citoyens américains qui voulaient, eux aussi, l’amélioration des relations entre les deux pays et la réduction des tensions.

– Les informations des médias occidentaux au sujet de la Crimée sont très déformées.

Les délégués du Center for Citizen Initiative, la CCI, qui ont visité la Crimée, ont rencontré une vaste gamme de citoyens et de dirigeants élus. Les paysages sont « d’une beauté à couper le souffle » avec les montagnes qui tombent à pic sur les plages de la Mer Noire. En passant, ce qu’on oublie de préciser à l’Ouest, la Crimée fait partie de la Russie depuis 1783. Quand la Crimée a été, sur le plan administratif, transférée à l’Ukraine en 1954, celle-ci faisait partie intégrante de l’Union soviétique. Les Criméens ont dit aux délégués de la CCI avoir été horrifiés par la violence du coup d’État de Kiev dans lequel étaient impliqués des éléments fascistes et après lequel on avait attaqué des convois de bus venant de Crimée, faisant ainsi des blessés et des morts.

Pour le nouveau gouvernement issu du coup d’État, le russe ne faisait plus partie des langues officielles du pays. Les Criméens ont très vite organisé et tenu un référendum pour faire sécession de l’Ukraine et « se réunifier » avec la Russie. La participation a été de 80% et 96% des votants ont choisi de rejoindre la Russie. Un Criméen a déclaré aux délégués du CCI : « Nous serions allés jusqu’à la guerre pour nous séparer de l’Ukraine ». D’autres ont fait remarquer l’hypocrisie de l’Occident qui permet des référendums sur l’indépendance en Écosse et en Catalogne et qui a encouragé la sécession de la Croatie, mais qui, pour la Crimée, rejette les résultats écrasants du référendum et le choix du peuple.

Une carte où l’on voit la Crimée ( en beige ) et sa proximité à la fois avec l’Ukraine et avec la Russie.

Les sanctions contre le tourisme mettent à mal l’économie de la Crimée et pourtant les Criméens sont persuadés qu’ils ont pris la bonne décision. Les Américains qui ont visité la Crimée ont été bouleversés par la chaleur et la cordialité de l’accueil reçu. À cause des sanctions, peu d’ Américains visitent la Crimée, ils ont donc particulièrement attiré l’attention des médias. En réaction, les responsables politiques ukrainiens ont accusé les délégués d’être « des ennemis de l’État ukrainien » et ont mis leurs noms sur une liste noire.

– Les Russes savent ce qu’est la guerre et elle leur fait peur.

Vingt sept millions de Russes sont morts pendant la Seconde Guerre mondiale et cette tragédie est gravée dans la mémoire collective russe. Le siège de Leningrad – maintenant Saint Petersbourg – par les Nazis a fait passer la population de 3 millions à 500 000. Quand on marche dans le cimetière le long des tombes collectives, on pense à l’intensité de la souffrance et de la résilience des Russes qui ont survécu, comme ils ont pu, à un siège de 872 jours. Des commémorations auxquelles la population participe massivement entretiennent le souvenir de la guerre. Des citoyens portent des photographies, de la taille d’une affiche, de leurs parents qui se sont battus ou sont morts pendant la Seconde Guerre mondiale, ce qu’on appelle « le Régiment immortel ». À Kazan, le défilé était constitué de 120 000 personnes soit 10% des habitants de la ville et il s’est mis en marche à 10 heures pour s’arrêter à 21 heures. Dans le pays tout entier, des millions de citoyens participent activement à ces commémorations. Les marches et les défilés qui marquent « le Jour de la victoire » sont plus solennels que festifs.

– Les Russes pensent être menacés.

Tandis que les médias occidentaux qualifient la Russie « d’agressive », la plupart des Russes ont l’opinion inverse. Ils voient les États Unis et l’OTAN augmenter leur budget militaire, étendre leur influence, arriver jusqu’à la frontière russe, dénoncer les traités passés ou les violer et se livrer à des exercices militaires qui sont des provocations. Cette carte présente la situation.

Quelques-uns des 12 millions de Russes qui ont pris part aux défilés du Régiment immortel dans tout le pays pendant les 3 jours commémoratifs de mai 2016. ( Photo de RT )

– Les Russes souhaitent une désescalade au niveau international.

L’ex président Mikhaïl Gorbatchev a dit à notre groupe : « L’Amérique veut que ce pays se soumette ? C’est un pays qui sera toujours incapable de se soumettre ». Ces mots ont d’autant plus d’importance qu’ils sont de Gorbatchev, l’initiateur de la politique étrangère de la perestroïka, politique qui a mené à sa propre élimination du pouvoir et à l’effondrement de l’Union soviétique. Il a écrit au sujet de la perestroïka : « Son résultat principal a été la fin de la guerre froide. Une longue période de l’histoire du monde qui pouvait être fatale, où l’humanité tout entière vivait sous la menace constante d’une guerre nucléaire, a pris fin ». Pourtant nous vivons une nouvelle guerre froide et la menace a refait surface.

Malgré trois ans de sanctions économiques, de cours bas du pétrole et d’une intense guerre de l’information à l’Ouest, la société russe se porte raisonnablement bien, semble-t-il. Les Russes, toutes tendances confondues, souhaitent vraiment bâtir des relations d’amitié et un partenariat avec les États Unis. Dans le même temps, ils ne sont pas, apparemment, prêts à se laisser intimider. Ils ne veulent pas la guerre, ne la déclareront pas, mais s’ils sont attaqués, ils se défendront comme ils l’ont fait dans le passé.

Rick Sterling est un journaliste d’investigation basé dans la baie de San Francisco.

Source : Rick Sterling, Consortium News, 31-05-2017.

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

52 réponses à Comprendre la Russie d’aujourd’hui, par Rick Sterling

Commentaires recommandés

Vladimir Le 06 juillet 2017 à 09h26

Cher ami, c’est normal, nous sommes à un poil prêt d’une ânerie amerloquienne du genre “frappe préventive” ou un erreur humaine comme celle du chasseur polonais de l’OTAN qui s’est approché dangereusement à l’avion du ministre de défense russe avec lui (Choïgou) dedans. Et alors si jamais ça arrive tous nos soucis franco-français seront vite oublié, puisque nous serons tous alignés les pieds devant et les survivants vont envier les morts!

  1. ricard'eau Le 06 juillet 2017 à 06h55
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    Bonjour, sans aucune arrière pensée , je trouve que depuis des mois on a trop d’articles sur les USA Trump , Russie et Poutine … Et en même temps pas assez d’articles à propos de la France …


    • Vladimir Le 06 juillet 2017 à 09h26
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      Cher ami, c’est normal, nous sommes à un poil prêt d’une ânerie amerloquienne du genre “frappe préventive” ou un erreur humaine comme celle du chasseur polonais de l’OTAN qui s’est approché dangereusement à l’avion du ministre de défense russe avec lui (Choïgou) dedans. Et alors si jamais ça arrive tous nos soucis franco-français seront vite oublié, puisque nous serons tous alignés les pieds devant et les survivants vont envier les morts!


      • V_Parlier Le 08 juillet 2017 à 23h14
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        En effet. Et je dirais même que pour ce qui est de la France, après tout ce qu’on en a dit il n’y a rien de vraiment original qui s’y passe depuis l’arrivée de l’élu. Sauf que les journalistes semblent de retourner contre lui après l’avoir adulé. (Pour éviter qu’on dise qu’ils en ont trop fait ou parce-qu’il est finalement moins hollandiste que prévu? L’avenir le dira…).


        • Vladimir Le 09 juillet 2017 à 06h16
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          T’as raison, Vincent. Tiens, une extrapolation très fantaisiste, le destin de Manu pourra rappeler, par certains aspects, celui de Vova le beau gosse (VVP). Sauf que voilà, le notre “élu” a de l’ambition certes, mais en même temps il souffre de “l’insuffisance couillonère”, il ne pourra jamais mettre au pas nos oligarches qui avaient investi en lui, comme l’avait fait Vova!


  2. Kaemo Le 06 juillet 2017 à 08h57
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    L’occident est en train de se forger ou reforger un ennemi. Le battage médiatique et politique occidental a non seulement formaté la population à haïr les russes, mais il a aussi pour effet de faire haïr des russes l’occident.


  3. Scorpionbleu Le 06 juillet 2017 à 09h48
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    La fréquentation de personnes russes vivant à Moscou ou St Pétersbourg permet de mesurer à quel point l’analyse de la politique de Poutine à tous les niveaux a changé et combien même les jeunes ont compris les jeux nocifs pour eux de l’Occident actuel, en particulier en UE.

    La propagande française anti-Poutine et anti-russe les a beaucoup blessés car les russes aime la France, la langue française, les anciennes valeurs de notre pays.

    Ce peuple a été notre allié pendant la seconde guerre et notre attitude pendant les commémorations
    les a particulièrement touchés, eux qui ont eu tant de morts !

    Des américains, ils n’attendaient rien mais espèrent un calme.


    • Julien Le 06 juillet 2017 à 12h31
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      Et notre allié sous l’impulsion de Felix Faure et durant la première guerre mondiale, il ne faut pas l’oublier ! Le Tsar en a payé le prix


    • V_Parlier Le 08 juillet 2017 à 23h21
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      Le comportement de l’Europe de l’Ouest lors de la crise ukrainienne a irrémédiablement cassé quelque chose, même chez ceux qui n’étaient pas si “poutiniens” que ça.
      J’ai encore la chance, en tant que français, d’être bien accueilli en Russie. Même quand la presse russe critique la France c’est toujours en lui trouvant des excuses, presque en disant qu’il faut lui pardonner! Mais je constate que les gens avec qui on commence une conversation tâtent désormais le terrain assez vite question relations internationales et politique. En général, personnellement, ça ne me pose pas de problèmes, je n’ai qu’à ma lâcher (seules mes limitations linguistiques me brident) et ça se passe très bien. 😉


      • Vladimir Le 09 juillet 2017 à 06h25
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        C’est que j’ai toujours dit! Les Russes étaient toujours les plus grands groupie’s de la France au monde! Mais la vie est faite ainsi que les “groupie’s” on ne les respecte pas, on les justes tolère, le revers de médaille US-France! Dommage pour France-Russie, quel gâchis!


  4. Fritz Le 06 juillet 2017 à 09h54
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    Ce genre d’initiative : visiter un pays étranger et diabolisé, rencontrer ses citoyens, les interroger, doit être encouragé. Lorsque les médias incitent à la haine, il faut retrouver la réalité autrement.

    Dommage qu’il y ait si peu d’échanges franco-russes au niveau des collèges et lycées.


  5. Kiwixar Le 06 juillet 2017 à 11h45
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    « Les Russes pensent être menacés. »

    TOUS les producteurs d’hydrocarbures sont soit (1) pillés allègrement par l’Otanie (2) vassalisés par l’Otanie (3) renvoyés à l’âge de pierre ou réduits en cendres par l’Otanie (4) menacés par l’Otanie et sous « sanctions ». La Russie était en (1) sous Eltsine (qu’il brûle en enfer, et à jeûn) et est passée en (4) depuis quelques années (2012?). Bienvenue au club, avec l’Iran. Si vis pacem avec l’Otanie para bellum à tours de bras et défie-toi du visage pâle à la langue fourchue.


    • sandrine Le 06 juillet 2017 à 12h44
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      Je trouve l’utilisation de ce terme “Otanie” un peu perverse : dans un cadre guerrier, c’est commode de désigner les camps avec des mots précis et qui “claquent” bien (Otanie versus les autres); mais qu’est-ce que vous entendez précisément par “Otanie”? Est-ce que ce terme désigne les sociétés multinationales américaines et européennes (+Japonaises?) appuyées par l’armée de leurs gouvernements respectifs? Est-ce l’ensemble des peuples (y compris les nourrissons…) dont les Etats font partie de l’OTAN (dans la mesure où chaque peuple mérite son gouvernement quand il ne se révolte pas contre lui)?


      • ChristineG Le 06 juillet 2017 à 19h40
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        Ah, moi j’aime bien “l’Otanie” = l’empire et ses vassaux — succint et clair.

        Quant aux serfs-citoyens, nous pouvons constater tous les jours à quel point ils peuvent “s’opposer” au “gouvernement qu’ils méritent” : élections qui ne changent rien, répression, surveillance, et réduction des libertés grandissantes, manipulation éhontée de l’opinion, tout ça sur fond de délittement économique général, rendant impossible toute révolte ouverte. Non, nous ne méritons certes pas ça.


      • Kiwixar Le 07 juillet 2017 à 01h54
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        Le terme “Otanie” me semble plus propice que “pays des l’Otan” qui sous-entendrait un groupement de pays/nations dont le mode de décision serait concerté et démocratique, à la fois entre les nations, et à l’intérieur de chaque nation.

        Ce qu’on voit, c’est une petite oligarchie apatride utilisant ses outils (militaires pour raser des pays, monétaire pour acheter les dirigeants occidentaux, médiatiques pour manipuler les populations) pour diriger ce groupement de pays, s’étendre, menacer, faire la guerre ou détruire, sanctionner, embargoïser. Ce n’est plus un groupement de pays, c’est une Hydre à plusieurs têtes et plusieurs bras.

        Les populations des pays sont perdantes (délabrement des infrastructures US, pauvreté dans de nombreux pays occidentaux), victimes (comment lutter contre une organisation qui possède la planche à billets illimitée) mais aussi partiellement responsables, il suffit de voir le nombre de lemmings qui ont voté pour Macron.


  6. Danielle VQ Le 06 juillet 2017 à 12h56
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    Je travaille avec mon mari sur le site de lancement des lanceurs Soyouz en Guyane. Nous travaillons toute l’année avec beaucoup de Russes et encore plus durant les mois de préparations des lancements (environ 250 à 300 Russes). Malheureusement la proximité avec les Russes n’a pas fait évoluer l’opinion de nos très nombreux collègues occidentaux. Il me semble que la propagande antirusse est si efficace que même le travail en commun n’arrive pas à la contrebalancer (à l’exception de seulement quelques uns). je ne suis donc pas très optimiste. Les quelques fois où la situation a été évoquée nous avons compris que nous ne pouvions pas faire admettre, ne serait-ce que 1 pour cent d’une position plus nuancée. le résumé de la position des occidentaux est: Poutine est un dictateur et la Russie un pays agressif. Même de faire admettre que le fait que Poutine soit président est une affaire russo-russe et que nous n’avons rien à y faire est impossible.


    • Vladimir Le 06 juillet 2017 à 13h25
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      Merci Danielle VQ, vous permettez que je cite votre commentaire?


      • Danielle VQ Le 06 juillet 2017 à 13h37
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        Oui, je vous en prie, vous pouvez le faire circuler.


    • sandrine Le 06 juillet 2017 à 13h50
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      à Daniele,
      Le fait de travailler cote à cote et d’aller boire des verres quotidiennement ensemble n’est pas suffisant pour briser les idées reçues ( il n’y a qu’à voir ce qui s’est passé au Rwanda et en Allemagne – entre autre).
      Ce qui compte c’est l’éducation reçue à l’école et l’ambiance dans les médias ( au sens large, cinéma compris) – et puis le milieu familial aussi bien sur.


    • Chris Le 08 juillet 2017 à 17h36
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      Faut dire que les Français de l’étranger sont particulièrement “épais”, purs produits des avantagés de la globalisation, ils surfent sur les bienfaits liés à leur carrière et se contentent du brouet médiatique convenu.
      Grosse tendance à une ghettoïsation sociéto-culturelle bien formatée : ils “font” l’étranger ! ça m’a toujours interpellée. Je les fuis comme la peste à de rares exceptions près.


      • Etienne Le 12 juillet 2017 à 17h28
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        Pourquoi parler de ” Français de l’étranger” alors que Danielle parle de la Guyane, qui non seulement n’est pas une île, mais en plus fait partie du territoire national puisque c’est un Département d’Outre Mer ?


  7. sans a priori Le 06 juillet 2017 à 13h20
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    Beaucoup de Français ne sont pas dupes de cette tentative de nous “inoculer” le virus américain de la Russophobie ! Les nouvelles générations savent y compris, utiliser les ressources d’internet et savent que l’on y trouve toutes les informations que l’on veut … le seul danger serait que l’école de la république soit américanisée ! Le vieux continent est moins crédule que le peuple américain qui en final font la guerre partout … mais pas chez eux (excepté la guerre civile de Sécession” ). La roue tourne et le cycle des guerres américaines s’arrêtera … soit par la volonté des américains, soit suite à un désastre nucléaire ! Espérons qu’il y aient des Hommes sages pour arrêter cette folie … sinon nous y passerons tous !


  8. SARTON Bernard Le 06 juillet 2017 à 15h04
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    La Russie est un grand pays ! point barre … Ceux qui la critiquent devrait se regarder dans une glace pour voir s’ils ont raison ou s’ils ont tort ????? Poutine c’est un grand homme d’Etat et Trump un champion du tweet . Alors il faut choisir : la Nation qui protège ou le Numérique qui rend idiot !


  9. les morets Le 06 juillet 2017 à 16h09
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    Trois choses sur cet article très naïf d’un Américain qui découvre la lune mais bravo, c est très valeureux et encore plus difficile là bas, sans aucun doute
    1/ Je pense que si certains oligarques ont investi dans une partie de l’économie , autre que spéculative , c’est que Poutine a pu leur tordre le bras, Il a bien fait de leur faire les gros yeux ! On peut se demander pourquoi tout à coup ce monsieur aurait eu un accès de patriotisme, Mais tous ne s’appellent pas Khodorkovski , Derispaska, Berezinski
    2/ Lisez le livre de Guy METTAN, 1000 de de russophobie et vous comprendrez que la méfiance ( voire + ) récurrente envers la Russie ne date pas d’hier
    3/ Ce gentil journaliste tout à sa découverte oublie néanmoins de dire que les taux à 12% l’an ne facilitent pas la vie des Russes. Pas plus que la corruption à tous les étages
    La Russie , celle d’aujourd’hui ,est un pays jeune – 27 ans – ce que tout le monde oublie de dire, sans compter les années Eltsine que beaucoup de Russes imputent à Gorbatchev qui leur a cassé leur rêve


    • fanfan Le 07 juillet 2017 à 17h33
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      Les anciens lecteurs du blog se souviennent probablement des billets de Nicolas publiés en 2015, les nouveau lecteurs peuvent s’y reporter, ceux-ci en particulier :

      L’isolement de la Russie 2/5 : Forces de l’économie russe face aux sanctions
      http://www.les-crises.fr/forces-de-leconomie-russe-face-aux-sanctions-2/

      L’isolement de la Russie 3/6 : La Russie ne produit rien
      http://www.les-crises.fr/l-isolement-de-la-russie-3-la-russie-ne-produit-rien/


      • Eugene-Henri Le 07 juillet 2017 à 20h35
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        Grand, grand, grand merci, une mine d’informations d’une immense richesse, mëme si datant un peu.

        Peut-être faut-il imaginer que la Russie a continué sur cette lancée ?

        Mais alors, comment faire le lien avec la chute du rouble depuis le printemps : en mars, il fallait 60 roubles pour un euro. Aujourd’hui il en faut 69 !!!


  10. Nerouiev Le 06 juillet 2017 à 17h09
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    Le lobbying américain a été si efficace que je n’ai pu convaincre personne de faire l’effort de regarder objectivement la Russie actuelle et son Président, même avec des gens qui aiment lire. Il faut effectivement faire un effort intellectuel à contre sens pour chercher autre chose que des informations mâchées et les gens ne le font pas. Beaucoup en sont même restés à la vieille image d’un pays sournois, ivrogne, caché derrière le rideau de fer et complètement contrôlé par le “KGB” aux ordres de son Président.
    En voyage, j’avais oublié ma casquette et j’ai eu énormément de mal à en trouver une sans pub américaine. Le jour où on trouvera des T shirts en cyrillique ce sera gagné, mais on en est loin.
    Mais s’il faut attendre une accumulation de fautes américaines pour comprendre qu’ils ne sont pas les seuls sur Terre on risque forcément le pire.


    • Chris Le 08 juillet 2017 à 17h42
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      A propos de KGB, beaucoup me sortent l’argument fatal : c’est un ex du KGB.
      Ben oui et ? Bush père était aussi un ex de la CIA, apparemment ça n’a pas dérangé les Européens, ni les citoyens américains.
      Ou est-ce les lettres différentes pour désigner les services secrets qui vous dérangent ?


  11. Thierry Le 06 juillet 2017 à 18h53
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    En matière de liberté religieuse, il ne fait pas bon d’être Témoins de Jéhovah en ce moment sur le territoire de la Russie où le mouvement est interdit.
    http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2017/04/20/97001-20170420FILWWW00282-les-temoins-de-jehovah-interdits-en-russie.php
    Et les autorités ne sont pas tendres avec ces gens
    http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2017/05/29/97001-20170529FILWWW00126-russie-un-temoin-de-jehovah-condamne.php


    • Eugene-Henri Le 06 juillet 2017 à 20h33
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      Bonsoir Thierry,

      Savez-vous me dire pourquoi ce mouvement est interdit sur le territoire de la Russie ?


      • Thierry Richard Le 06 juillet 2017 à 23h36
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        Les arguments de la cours suprême de Russie exposés en partie dans cet article du monde.
        Extrait :
        Le ministère russe de la justice a relevé chez les Témoins de Jéhovah des « signes d’activité extrémiste » et a estimé qu’ils représentaient « une menace pour les droits des citoyens, pour l’ordre public et pour la sécurité de la société ».
        http://www.lemonde.fr/europe/article/2017/04/20/les-temoins-de-jehovah-interdits-en-russie-par-une-decision-de-la-cour-supreme_5114508_3214.html


        • Eugene-Henri Le 07 juillet 2017 à 19h06
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          Ah, un autre Thierry pour me répondre : ne serait-ce point là une fronde ?

          Allez, sérieusement, je vous prie de bien vouloir me pardonner, mais ma croyance est plus que limitée dans l’organe de presse auquel vous faites référence. Loin de moi, l’idée de le diaboliser, mais il publie tant de contre-vérités, qu’à force, ça lasse.

          Pour en revenir au fond, les raisons du jugement de la justice russe me paraissent suffisantes pour prononcer une telle interdiction. Et ce pourrait constituer un bel exemple pour la protection de nos pays européens, ne croyez-vous pas ?


    • RGT Le 06 juillet 2017 à 21h31
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      “il ne fait pas bon d’être Témoins de Jéhovah…”.

      Certes, mais quand on se contente d’observer la “liberté de pensée” et “l’ouverture d’esprit” des membres de cette communauté on comprend que le gouvernement russe ne souhaite pas qu’ils s’installent dans ce pays…

      Pendant plusieurs années ils venaient nous harceler pour nous “éclairer” et comme nous ne sommes pas agressifs ils avaient décidé de “taper l’incruste”…

      J’avais demandé à mon épouse et à mes enfants de ne pas les brusquer car ils étaient surtout des victimes…

      Au bout d’un moment mon épouse et mes enfants ne voulaient même plus répondre quand quelqu’un sonnait…

      Un jour j’ai décidé de prendre les choses en main et lorsque deux “gentilles dames” sont venues tenter de me convertir,en restant très cordial et avenant, sans la moindre allusion graveleuse je les ai fait fuir à jamais…

      Deux ans après, ce sont deux hommes qui sont tombés sur mon fils… Largement pire que moi.

      A l’époque il y avait une histoire de pédophilie et mon fils leur a demandé s’il pouvait participer à leurs “petites sauteries”…
      Oups !!!


  12. Catalina Le 06 juillet 2017 à 18h55
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    Oui, les croyances ont la vie dure, pas moyen de dire que la Russie est différente des idées reçues mais cela ne fait rien, il faut continuer à témoigner, encore et encore et faire comme les Russes, parier sur le long terme ! En tous cas, pour ma part, j’adore l’esprit russe, l’humour russe et le fait qu’ils sont d’une douceur et d’une tendresse authentiques, surtout envers les femmes et les enfants.C’est un peuple émotif et sensible et très empathe. Par ailleurs, leur véritable amour du monde animal et végétal devrait nous en dire long malgré les conditionnements du contraire qui nous sont assénés en permanence par les maitres à penser de l’empire du chaos. Après, on ne peut pas obliger les gens à excercer leur esprit critique, leur temps de cerveau disponible étant dédié au prè-maché, apparemment. Un rien les fatigue, combien de fois me suis entendue dire ” ne fais pas ton intello” !!!! ici, c’est différent, tout le monde fait son intello, ça fait partie de la culture et les gens s’intéressent à leur monde et aux gens et à leur avenir.


    • ChristineG Le 06 juillet 2017 à 20h50
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      Chère Catalina, vous dites “ici” … ? Etes-vous en Russie en ce moment ?


      • Catalina Le 06 juillet 2017 à 21h02
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        Chère Christine G

        Je suis dans le Donbass. Après un premier voyage il y a un an, j’ai décidé de revenir pour mettre mes compétences au service des enfants du Donbass. ;O)
        à ce propos, donmmage que l’article que j’avais à l’époque écrit n’ai pas été référencé par le site.
        🙁


        • Vladimir Le 08 juillet 2017 à 10h06
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          J’y étais moi aussi il y a un an, un peu plus! Bravo Catalina, vous êtes une femme remarquable! Dites bonjours A Christel Néant et à Erwan Castel à l’occasion! Encore une fois chapeau bas! Et envoyez-moi vitre article je le mettrai en évidence!


        • ChristineG Le 08 juillet 2017 à 18h57
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          Oui, moi aussi j’aimerais bien savoir ce qui se passe sur le terrain au Donbass, avec détails sur la vie là-bas et votre mission.


    • Catherine Le 07 juillet 2017 à 07h08
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      C’est absolument essentiel ce que vous venez de nous dire Catalina

      Les Russes agissent en fonction de ce qu’ils pensent.

      Ici dans ce monde où tout est fait pour rendre les gens idiots, on en arrive à avoir conscience qu’on ne “sait pas quoi penser”,faute de matière.

      Ici tout est fait pour que les gens n’aient plus à penser, qu’ils s’habituent à ce que l’on pense pour eux. Tout ceci est planifié, l’Europe a confisqué aux peuples la politique. Ils ont pour objectif de suppimer les frontières, les nations, les cultures, la politique pour que nous devenions un vaste champs de moutons consommateurs dociles.


    • Vladimir Le 07 juillet 2017 à 10h07
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      Merci Madame, je me sens toute chose! Mais pas d’idéalisme non plus. Mes concitoyens sont comme tout le monde, ce n’est pas une masse homogène… heureusement:)


      • ChristineG Le 07 juillet 2017 à 19h04
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        Allez oup, j’ajoute mon grain de sel. En effet, il ne faut pas trop généraliser, mais … Moi qui vis en Californie et qui visite la Russie, je peux vous dire que les Russes sont plus “nature”, disent ce qu’ils pensent et font ce qu’ils disent. C’est bien rafraîchissant après l’étouffoir que représente la Pensée Politiquement Correcte (PC) où le discours public est très codé et régit le moindre échange social — pensez auto-censure.

        Ajoutez à cela que même les personnes très éduquées (genre diplôme d’Université) n’ont aucune, mais aucune idée de ce qui se passe en dehors de leur petit territoire idéologique, de leur pays. L’Ukraine ? Connaît pas. Le Moyen Orient ? Trop compliqué. La Russie ? Il leur faut un dictateur. Le mondialisme ? Euh, kekseksa ? Les guerres ? Oui, c’est bien dommage … mais que pensez-vous de la poignée de main Trump/Poutine ?

        C’est ça le niveau général, c’est-à-dire nul, c’est-à-dire totalement manipulé et prêt à aller à l’abattoir, reprenant ses esprits quand ce sera trop tard.

        Et pourtant, je ne suis pas totalement pessimiste, les déboires de la grande chaîne de télé CNN (celle qui joue dans tous les aéroports aux US) prouvant que l’édifice craque de partout.


        • Vladimir Le 08 juillet 2017 à 06h47
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          Ah, que ça fait du bien! Merci Christinouchka (je me permets, c’est un suffixe affectueux) c’est tellement vrai, c’est exactement ce que je vis au quotidienne depuis… ouf, ouf, 34 ans déjà! Parfois les bras me tombent, mais je ne désespère pas, en répétant ma formule magique “on les aura les méchants”. Il y a un lueur d’espoir, il faut d’être patient ce qui n’est pas ma qualité première. Chère Christine je vous propose de visiter ma page de fesseboukêêê où celui de JeSuisRésistant dont je suis administrateur. Je pense de faire une nouvelle rubrique avec des commentaires aussi pertinents que le votre et d’autres membres de cette petite communauté Olivkienne. Donc je vous demande la permission de vous citer. Merci d’avance:) https://www.facebook.com/vtchernine


          • ChristineG Le 08 juillet 2017 à 19h08
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            Ну, конечно, дорогой Владимир!

            Je suis un peu au courant de ce qui se passe en France — surtout grâce à ce blog d’ailleurs (merci Olivier !) auquel je suis abonnée.

            Comme vous, je reste optimiste.


            • Vladimir Le 08 juillet 2017 à 20h38
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              Замечательно, так и сделаем! Держитесь et donnez de vos nouvelles! Si vous écrivez, envoyez-moi vos oeuvres:) Je vais les poster sur ma page de FB, comme je le fais avec Christelle et Erwan! “Les nouvelles du Donbas”, sympa, non?


  13. Nicolas D. Le 06 juillet 2017 à 22h56
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    Je vais deux fois par an en Russie et toute ma belle famille y vit. Cet article correspond exactement à ce que pensent beaucoup de Russes et beaucoup de gens qui connaissent bien la Russie – mais pas tous, car il y a effectivement des avis divergents, des oppositions et ils ont le droit de s’exprimer en Russie. Mais l’Occident (l’Otanie, c’est pas mal comme expression) a besoin d’un ennemi, les Etats-Unis surtout donc ça propagande à mort. On peut comprendre que les pays d’Europe de l’Est n’aiment pas les Russes – 45 ans d’occupation ça laisse des traces. Mais on n’est pas obligé d’écouter leurs délires paranoïaques pour justifier le retour à la guerre froide.


  14. Catalina Le 07 juillet 2017 à 06h13
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    Oui et n n’est pas obligé de haïr les Russes d’aujourd’hui pour ce qu’ont fait leurs aieux hier, je suis moi-même fille de réfugiés politiques hongrois de 1956……


  15. Pinouille Le 07 juillet 2017 à 11h23
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    Deux courants d’opinion antagonistes persistent sur Poutine, et sur les évènements qui impliquent la Russie. Ils sont d’autant plus irréconciliables que chacun croit que l’autre est victime de la propagande, voire du conspirationnisme:
    – Ukraine : révolution populaire putch fomenté par l’occident avec l’aide des nazis locaux
    – Crimée: annexion russe le peuple de Crimée a choisi son camp
    – Syrie: la Russie vient au secours d’un dictateur sanguinaire la Russie aide le gouvernement légitime
    – Tchétchénie: la Russie réprime dans le sang un peuple innocent la Russie réagit à une agression initiée de l’extérieur
    – Poutine: dictateur sanguinaire qui supprime ses opposants chef de gouvernement qui a redressé son pays
    – etc…
    Ce qui est saisissant, c’est que chaque politique, chaque intellectuel, chaque journaliste, chaque lecteur, chaque électeur, se contente de choisir son camp en piochant à l’envi dans la liste des arguments bien connus pour justifier son choix.
    On voit bien que, quelque soit le camp choisi, les certitudes sont ancrées et le jugement sans appel.
    Personne ne pondère ses certitudes, n’accorde un certain poids aux arguments adverses ou admet un degré d’incertitude sur des évènements complexes.


  16. Pinouille Le 07 juillet 2017 à 11h24
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    A ma connaissance, personne n’a initié une réflexion d’ensemble qui analyse avec recul ces divergences sous tous les angles (géopolitiques, sociaux, économiques, etc). Ce serait à mon avis le meilleur moyen de relativiser nos certitudes. Mais ce n’est peut-être pas à la portée des capacités intellectuelles humaines.

    Et il serait intéressant d’attribuer à chaque certitude le nombre de mort qu’elle a générée (laissons l’estimation du nombre de morts évitées au domaine de la science fiction). Ainsi, les jugements seraient peut-être moins expéditifs et la passivité des peuples serait moins innocente.


    • Eugene-Henri Le 07 juillet 2017 à 19h26
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      Oui, bonjour Pinouille, mais voilà une idée qu’elle est bonne, comme disait un célèbre humoriste français, malheureusement décédé. Paix à son âme.

      Mais, comme vous écrivez, il n’y a que deux camps, alors qui pourrait avoir le courage d’effectuer ce travail, tout en étant neutre ? Qui?


      • Pinouille Le 10 juillet 2017 à 11h28
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        Une intelligence artificielle s’en chargera un jour. J’en suis persuadé.
        Une cartographie de la pensée humaine, consultable par thème.
        Elle mettrait en lumière les divergences d’interprétation/opinion des différentes parties sur un thème.
        Cela permettra de nuancer les certitudes de chacun.
        Et cela permettra certainement d’exclure certaines affirmations du champ du raisonnable.


        • ChristineG Le 10 juillet 2017 à 20h35
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          Oui mais … cette “intelligence artificielle” n’est-elle pas programmée par des humains bien réels ? Vous connaissez sans doute la phrase des programmeurs : “garbage in, garbage out” (si vous enfournez des données erronées, le programme sortira des résultats erronés). Or, qui va fournir ces données ? Ces humains faillibles.


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