Ce texte, peu connu, est pour moi un des plus importants et visionnaires de Keynes, et date de 1933. Le texte original, “National Self-Sufficiency”, a été publié par The Yale Review, vol.22, n˚ 4 (juin 1933), p. 755-769..

Toute ressemblance avec une situation existante ne serait nullement fortuite.

P.S. par facilité de lecture et de diffusion, je vous propose aussi ce texte en pdf ici

 Comme la plupart des Anglais, j’ai été élevé dans le respect du libre-échange, considéré non seulement comme une doctrine économique qu’aucune personne rationnelle et instruite ne saurait mettre en doute, mais presque comme une composante de la morale. Je considérais les entorses à ce principe comme stupides et scandaleuses. Je pensais que les inébranlables convictions de l’Angleterre en matière de libre-échange, maintenues depuis près d’un siècle, expliquaient sa suprématie économique devant les hommes et sa justification devant Dieu. En 1923, j’écrivais encore que le libre-échange s’appuyait sur des “vérités” fondamentales qui, énoncées avec les réserves d’usage, ne pouvaient être contestées par quiconque comprend le sens des mots.

Quand je relis ce que j’écrivais alors à propos de ces vérités fondamentales, je ne pense pas être en contradiction avec moi-même. J’ai cependant changé d’orientation, comme beaucoup de mes contemporains. Ma connaissance de la théorie économique a de fait évolué, et je n’accuserais plus Monsieur Baldwin, comme je le faisais alors, d’être“une victime de l’erreur protectionniste dans sa forme la plus grossière” parce qu’il pensait, dans les conditions qui étaient celles de l’époque, que des droits de douane pouvaient aider à réduire le chômage dans notre pays. Mais c’est autre chose qui m’a fait changer d’avis : mes espoirs, mes préoccupations et mes craintes ont changé, comme ceux de beaucoup, voire de la plupart des gens de notre génération, dans le monde entier. C’est un long processus, que celui de s’arracher à des modes de pensée qui étaient ceux d’avant la guerre, ceux du XIXe siècle. Il est surprenant de constater combien un esprit traîne d’oripeaux obsolètes même après avoir changé ses conceptions centrales. Mais aujourd’hui enfin, après avoir parcouru un tiers du XXe siècle, nous sommes, pour la plupart d’entre nous, en train de sortir du précédent, et d’ici que nous arrivions à la moitié de ce siècle, il se peut que nos façons de penser et nos préoccupations soient aussi différentes des méthodes et des valeurs du XIXe que chaque siècle a pu l’être du précédent.[...]

L’ouverture internationale n’est pas facteur de paix

D’abord, la question de la paix. Nous sommes aujourd’hui pacifistes avec une telle force de conviction que si les tenants de l’internationalisme économique pouvaient l’emporter sur ce point, ils retrouveraient vite notre appui. Mais il n’est pas évident que concentrer ses efforts sur la conquête de marchés étrangers, introduire dans les structures économiques d’un pays les ressources et l’influence de capitalistes étrangers et dépendre étroitement des politiques des autres pour sa propre vie économique garantisse la paix entre les nations. L’expérience et la prévoyance nous permettraient même d’affirmer le contraire. La protection par un pays de ses intérêts à l’étranger, la conquête de nouveaux marchés, le développement de l’impérialisme économique, sont les éléments incontournables de la politique de tous ceux qui veulent maximiser la spécialisation internationale et la diffusion géographique du capital, où que soit installé celui qui le possède. Si l’on pouvait éviter les fuites de capitaux, les politiques intérieures seraient plus faciles à déterminer. Il y a un véritable divorce entre les propriétaires et les vrais gestionnaires lorsque, par suite de la forme juridique des entreprises, leur capital est réparti entre d’innombrables individus qui achètent des actions aujourd’hui, les revendent demain et n’ont ni la connaissance ni la responsabilité de ce qu’ils ne possèdent que peu de temps. C’est déjà grave à l’intérieur d’un pays, mais les mêmes pratiques étendues à l’échelle internationale deviennent intolérables en période de tension – je ne suis pas responsable de ce que je possède et ceux qui gèrent mon bien n’ont pas de comptes à me rendre. Un calcul financier peut montrer qu’il est avantageux pour moi d’investir quelque part dans le monde où l’efficacité marginale du capital est maximale ou bien le taux d’intérêt le plus élevé. Mais on voit à l’expérience que le fait que le propriétaire soit éloigné de la gestion est préjudiciable aux relations entre les hommes, et que cela provoque tôt ou tard des tensions et des inimitiés qui finissent par réduire à néant les calculs financiers.

Je me sens donc plus proche de ceux qui souhaitent diminuer l’imbrication des économies nationales que de ceux qui voudraient l’accroître. Les idées, le savoir, la science, l’hospitalité, le voyage, doivent par nature être internationaux. Mais produisons chez nous chaque fois que c’est raisonnablement et pratiquement possible, et surtout faisons en sorte que la finance soit nationale. Cependant, il faudra que ceux qui souhaitent dégager un pays de ses liens le fassent avec prudence et sans précipitation. Il ne s’agit pas d’arracher la plante avec ses racines, mais de l’habituer progressivement à pousser dans une direction différente.

Pour toutes ces raisons, j’ai donc tendance à penser qu’après une période de transition, un degré plus élevé d’autosuffisance nationale et une plus grande indépendance économique entre les nations que celle que nous avons connue en 1914 peuvent servir la cause de la paix, plutôt que l’inverse. De toute façon, l’internationalisme économique n’a pas réussi à éviter la guerre, et si ses défenseurs répondent qu’il n’a pas vraiment eu sa chance, son succès ayant toujours été incomplet, on peut raisonnablement avancer qu’une réussite plus achevée est fort improbable dans les années qui viennent.

Coûts et avantages du patriotisme économique

Mais laissons de côté ces questions d’appréciation, où chacun reste attaché à sa propre opinion, pour nous tourner vers un sujet plus purement économique. Au XIXsiècle, le partisan de l’internationalisme économique pouvait à juste titre soutenir que sa politique contribuait à l’enrichissement rapide du monde, qu’elle favorisait le progrès économique, et que faire marche arrière nous aurait gravement appauvris, ainsi que nos voisins. Ceci soulève la question de l’équilibre entre les avantages économiques et non économiques, qui n’est jamais facile à trancher. La pauvreté est une calamité, et les gains économiques un authentique bienfait qui ne doit pas être sacrifié à d’autres, sauf s’il est clair qu’il pèse moins lourd dans la balance. Je pense qu’au XIXe siècle les gains de l’internationalisme économique l’emportaient sur ses inconvénients pour deux raisons. À une époque où de nouveaux continents se peuplaient par une émigration massive, il était normal que les hommes emportent avec eux dans les mondes nouveaux les fruits matériels de la technique du monde ancien, représentant l’épargne accumulée de ceux qui les envoyaient. L’investissement de l’épargne britannique allait permettre aux ingénieurs britanniques d’installer les voies ferrées et le matériel roulant qui transporteraient des émigrants britanniques vers de nouvelles terres et de nouveaux pâturages, et une partie des produits reviendrait légitimement à ceux dont la frugalité avait produit cette épargne. Cet internationalisme économique ne ressemble en rien à la participation prise par un spéculateur de Chicago dans une entreprise allemande, ou à celle d’une vieille fille anglaise dans les investissements de la municipalité de Rio de Janeiro. C’était néanmoins le type d’organisation nécessaire pour permettre la première internationalisation, qui a finalement conduit à la deuxième. Par ailleurs, à une époque où les niveaux d’industrialisation et les possibilités d’apprentissage technique étaient extrêmement inégaux dans les différents pays, on pouvait tirer des avantages considérables d’une spécialisation nationale poussée.

Mais je ne suis pas persuadé qu’aujourd’hui les avantages économiques de la division internationale du travail soient comparables à ce qu’ils furent. Soyons clair : je ne pousserai pas mon raisonnement au-delà d’un certain point. Un niveau élevé de spécialisation internationale est nécessaire dans un monde rationnel, chaque fois qu’il est dicté par d’importantes différences de climat, de ressources naturelles, d’aptitudes naturelles, de niveau de culture et de densité de population. Mais pour une gamme de plus en plus large de produits industriels, et peut-être également de produits agricoles, je ne pense pas que les pertes économiques dues à l’autosuffisance soient supérieures aux avantages autres qu’économiques que l’on peut obtenir en ramenant progressivement le produit et le consommateur dans le giron d’une même organisation économique et financière nationale. L’expérience prouve chaque jour un peu plus que beaucoup de processus modernes de production de masse peuvent être maîtrisés dans la plupart des pays et sous presque tous les climats avec une efficacité comparable. De plus, à mesure que la richesse s’accroît, le logement, les services à la personne et les équipements locaux, qui ne peuvent pas faire l’objet d’un commerce international, prennent une part de plus en plus importante dans l’économie nationale, au détriment des produits de base et des objets manufacturés. Si les coûts de ces derniers produits augmentaient modérément, à cause d’une plus grande autosuffisance nationale, les conséquences ne seraient pas très graves, en comparaison avec les avantages de nature différente. En bref, l’autosuffisance nationale, même si elle a un coût, est un luxe que nous aurions les moyens de nous offrir, si nous le souhaitions.

Y a-t-il assez de bonnes raisons pour que nous le souhaitions ? L’orientation que je développe va peiner nombre de mes amis, éduqués à l’ancienne et à juste titre choqués par le gaspillage et les pertes économiques allant de pair avec le nationalisme économique qu’ils ont connu. Je vais tenter de l’expliquer en des termes avec lesquels ils puissent être d’accord.

Le capitalisme international et néanmoins individualiste, décadent mais dominant depuis la fin de la guerre, n’est pas une réussite. Il n’est ni intelligent, ni beau, ni juste, ni vertueux, et il ne tient pas ses promesses. En bref, nous ne l’aimons pas et nous commençons à le mépriser. Mais quand nous nous demandons par quoi le remplacer, nous sommes extrêmement perplexes.

 D’année en année, il devient plus évident que le monde s’engage dans diverses expériences politico-économiques correspondant à des tempéraments nationaux et à des environnements historiques différents. L’internationalisme économique des libre-échangistes du XIXe siècle supposait que le monde entier était ou serait organisé sur la base d’un capitalisme concurrentiel et de la liberté du contrat privé protégé de façon inviolable par la loi. Ce modèle pouvait en être à divers stades de développement et de complexité, mais il était toujours conforme à un type uniforme qu’il convenait de chercher à perfectionner, et certainement pas à détruire. Le protectionnisme du XIXsiècle était une vilaine tache sur l’efficacité et le bon sens de cet ordre des choses, et il ne modifiait en rien l’idée générale que l’on se faisait des caractéristiques fondamentales de l’économie.

Mais aujourd’hui des pays remettent en question ce modèle. La Russie est encore seule à mener son expérience très particulière, mais d’autres abandonnent les théories du XIXe siècle. L’Italie, l’Irlande, l’Allemagne s’intéressent de près à de nouvelles formes d’économie politique. Je prévois qu’à leur suite bien d’autres pays vont chercher, chacun de son côté, de nouvelles idoles économiques. Même la Grande-Bretagne et les Etats-Unis, qui respectent encore strictement l’ancien modèle, aspirent sans le montrer à un nouveau concept économique. Nous ne savons pas quelle sera l’issue. Nous sommes tous sur le point de faire beaucoup d’erreurs. Personne ne peut dire lequel des nouveaux modèles se révélera le meilleur.

Mais voici ce que j’en pense aujourd’hui. Chacun de nous a ses préférences. Nous ne croyons pas être déjà sauvés, et nous voulons tous travailler à notre propre salut. Nous ne souhaitons donc pas être à la merci de forces mondiales s’efforçant d’instaurer un quelconque équilibre général conforme aux principes idéaux -si l’on peut dire- d’un capitalisme du laisser-faire. Il reste des gens qui s’accrochent aux vieilles idées, mais aujourd’hui ils ne représentent une force sérieuse dans aucun pays. Nous souhaitons -du moins pour l’instant, et aussi longtemps que durera cette phase de transition expérimentale- être nos propres maîtres, aussi libres que possible des ingérences du monde extérieur.

Par conséquent, vue sous cet angle, une politique de renforcement de l’autosuffisance nationale ne doit pas être considérée comme un idéal en soi, mais comme le moyen de créer un environnement dans lequel d’autres idéaux pourront être poursuivis commodément et en toute sécurité.

Laissez-moi vous en donner un exemple aussi simple que possible, choisi parce qu’il est en relation avec des idées qui m’ont beaucoup occupé l’esprit ces derniers temps. Dans les activités économiques quotidiennes, qu’il faut distinguer de celles qui sont dirigées de façon centralisée, je suis favorable au maintien d’autant de décision et d’initiative privées qu’il est possible. Mais j’ai fini par être convaincu que le maintien de la structure de l’entreprise privée est incompatible avec le degré de bien-être matériel que l’avancée des techniques nous permettrait, à moins que le taux d’intérêt ne tombe à un chiffre nettement inférieur à celui auquel il devrait être fixé par le jeu naturel des forces opérant selon les anciennes règles. En fait, la transformation de la société à laquelle irait ma préférence demanderait que le taux d’intérêt baisse jusqu’à disparaître dans les trente prochaines années. Mais ce n’est pas près d’arriver, dans un système où ce taux, une fois pris en compte le risque et les autres facteurs, a tendance à s’uniformiser à un niveau mondial sous l’effet du jeu normal des forces financières. Pour de multiples raisons que je ne peux développer ici, l’internationalisme économique, avec ce qu’il comporte de libre mouvement de capitaux et de fonds à investir, aussi bien que de libre échange de marchandises, peut condamner mon propre pays, pour une génération, à un niveau de prospérité matérielle inférieur à celui qu’il pourrait atteindre dans un système différent.

Mais ce n’est qu’une illustration. Ce que je soutiens, c’est que la nouvelle génération n’a rien à attendre d’un système économique mondialement uniforme, qui était, en gros, celui du XIXe siècle, et que nous devons être aussi peu soumis que possible à l’influence des changements économiques décidés ailleurs, afin de pouvoir faire nous-mêmes les expériences que nous souhaitons, pour aller vers la République sociale idéale du futur. Je pense qu’une démarche délibérée vers une plus grande autosuffisance nationale et un plus grand isolement économique nous faciliterait la tâche, dans la mesure où cela n’aurait pas un coût excessif.

Les méfaits de la course à la rentabilité à tout prix

Cette nouvelle façon de voir les choses a une autre explication. Le XIXe siècle a donné une place extravagante à ce que l’on peut désigner, pour faire court, aux “résultats financiers”, promus critère d’appréciation de toute action, qu’elle soit publique ou privée. Mener sa vie était devenu une sorte de parodie du cauchemar d’un comptable. Au lieu d’utiliser leurs ressources matérielles et techniques, toujours croissantes, pour bâtir une cité splendide, les hommes construisaient des taudis. Et ils pensaient que c’était une bonne chose, qu’il fallait le faire parce que, selon les critères de l’entreprise privée, les taudis sont “rentables”, alors qu’une ville superbe aurait été, selon eux, une dépense d’une folle prodigalité et qui aurait, dans le langage stupide des financiers, “hypothéqué l’avenir” – même si personne ne peut comprendre comment la construction, aujourd’hui, de grands et magnifiques édifices pourrait appauvrir l’avenir, sauf à avoir l’esprit farci d’analogies fallacieuses avec une comptabilité inappropriée. Même aujourd’hui, je passe mon temps – moitié pour rien, moitié avec succès – à tenter de convaincre mes compatriotes que la nation tout entière s’enrichirait à coup sûr si les hommes et les machines inemployés étaient utilisés pour construire les logements dont nous avons tant besoin plutôt qu’en les payant à ne rien faire. Car les cerveaux de cette génération sont tellement obscurcis par de faux calculs qu’ils se défient de conclusions qui seraient évidentes s’ils ne faisaient pas une confiance aveugle à un système de comptes financiers contestant la rentabilité d’une telle politique. Nous devons rester pauvres parce qu’il n’est pas rentable d’être riches. Nous devons vivre dans des taudis, non pas parce que nous ne pouvons pas construire des palais, mais parce que nous “n’en avons pas les moyens”.

La même règle de calcul financier, autodestructrice, régit chaque moment de la vie. Nous détruisons la beauté de la campagne parce que les splendeurs d’une nature qui n’appartient à personne n’ont aucune valeur économique. Nous sommes capables d’éteindre le soleil et les étoiles parce qu’ils ne rapportent aucun dividende. Londres est l’une des villes les plus riches de l’histoire de la civilisation, mais elle ne “peut pas se permettre” les réalisations les plus ambitieuses dont sont capables ses habitants, parce qu’elles ne sont “pas rentables”.

Si j’étais au pouvoir, aujourd’hui, j’entreprendrais avec détermination de doter nos grandes villes de tous les équipements artistiques et culturels susceptibles de répondre aux attentes individuelles les plus ambitieuses des citoyens de chacune de ces villes. Je suis convaincu que ce que nous savons créer, nous en avons les moyens, et que l’argent ainsi dépensé sera non seulement plus utile que n’importe quelle allocation de chômage, mais qu’il rendra inutiles ces allocations. Parce qu’avec ce que nous avons dépensé pour les chômeurs en Angleterre depuis la guerre nous aurions pu faire de nos villes les plus magnifiques réalisations humaines du monde.

De même, nous avons considéré qu’il nous fallait absolument ruiner les paysans et détruire une économie fondée sur des traditions très anciennes pour gagner quelques centimes sur une miche de pain. Rien ne devait échapper à l’autel de Moloch et de Mammon réunis ; nous devions tout sacrifier à ces monstres dont le culte nous permettrait de vaincre la pauvreté et conduirait sûrement et aisément la prochaine génération, portée par l’intérêt composé, vers la paix économique.

Nous avons perdu nos illusions, non pas que nous soyons plus pauvres qu’avant – au contraire, même aujourd’hui, nous bénéficions, du moins en Grande-Bretagne, d’un niveau de vie plus élevé que jamais -, mais parce que les valeurs autres qu’économiques semblent avoir été sacrifiées. En pure perte, dans la mesure où notre système économique ne nous permet pas de tirer le meilleur parti de la richesse autorisée par le progrès technique, qu’il en est même loin, ce qui nous amène à penser que nous aurions pu faire une bien meilleure utilisation de ces possibilités inexploitées.

Mais dès que nous nous permettons de ne pas respecter le critère du profit comptable, nous commençons à changer notre civilisation. Nous devons le faire très prudemment, avec beaucoup de précautions, et en toute conscience. Parce que pour une grande partie de l’activité humaine il sera sage de maintenir les critères financiers habituels. C’est l’Etat plus que l’individu qui doit changer ses critères. Ce sur quoi il nous faut tirer un trait, c’est la conception d’un ministre des Finances qui serait le président d’une sorte de société par actions. Et si les fonctions et les objectifs de l’Etat doivent être étendus, le choix de ce qui doit être produit dans un cadre national et de ce qui doit faire l’objet d’échanges avec l’étranger devra figurer en bonne place parmi les priorités de la politique.

Trois écueils à éviter

De ces réflexions sur les finalités propres à l’Etat, je reviens au monde de la politique contemporaine. Après avoir cherché à comprendre, en toute impartialité, les idées qui fondent le besoin ressenti par tant de pays d’une plus grande autosuffisance nationale, il nous faut examiner avec soin si, dans la pratique, nous ne sommes pas en train de rejeter trop facilement des acquis importants du XIXe siècle. Je trouve que dans tous les pays, sans exception, où les partisans de l’autosuffisance nationale ont pris le pouvoir, beaucoup de bêtises ont été commises. Mussolini est peut-être en train de parvenir à l’âge de raison, mais la Russie offre le pire exemple que le monde ait connu d’incompétence administrative et sacrifie à des idiots à peu près tout ce qui fait que la vie vaut d’être vécue. L’Allemagne est entre les mains d’irresponsables déchaînés – il est donc trop tôt pour juger sa politique économique. L’Etat libre d’Irlande, trop petit pour parvenir à un niveau élevé d’autosuffisance nationale, qu’il devrait payer d’un coût économique très élevé, est en train de débattre de plans qui pourraient le ruiner s’ils étaient mis en oeuvre.

Dans le même temps, les pays qui conservent ou adoptent un protectionnisme pur et dur, à l’ancienne, modernisé par l’adoption de quelques mesures de contingentement, font des choses rationnellement indéfendables. Si donc la Conférence économique mondiale [Cette conférence s'est tenue à Londres en 1933 pour tenter d'organiser une réponse multilatérale aux effets de la crise économique du début des années 1930] débouche sur une réduction mutuelle des droits de douane et ouvre la voie à des accords régionaux, on ne pourra que sincèrement s’en féliciter. Je ne voudrais pas que l’on croie que j’approuve ce qui est actuellement fait par les politiques au nom du nationalisme économique. Loin de là. Mais mes critiques sont celles d’un homme portant un regard amical et sympathique sur les expéri mentations menées avec obstination dans le monde contemporain, qui souhaite qu’elles réussissent, qui a lui-même des projets dans ce sens et qui, en dernier ressort, préfère n’importe quoi plutôt que ce que les rapports financiers appellent “l’opinion de Wall Street”. Et j’essaie de montrer que le monde vers lequel nous nous dirigeons avec difficulté est bien différent de l’idéal économique internationaliste de nos pères, et que les politiques actuelles ne doivent pas être jugées selon les règles du credo précédent.

 Je vois dans le nationalisme économique et dans les mouvements en faveur de l’autosuffisance nationale trois dangers majeurs qui compromettent leurs chances de succès.

Le premier est la Bêtise – la bêtise du doctrinaire. Il n’y a rien de surprenant à la trouver dans ces mouvements qui sont passés sans transition du stade des propos excessifs d’après-dîner à celui de l’action. On a du mal, au début, à distinguer le discours brillant qui a permis d’emporter l’adhésion des foules et le fond du message, beaucoup plus terne. Passer de l’un à l’autre n’a rien de cynique. Les mots doivent avoir de la force, car ils portent les idées qui partent à l’assaut de l’absence de pensée. Mais lorsqu’on a atteint les sièges du pouvoir et de l’autorité on ne devrait pas se permettre de licence poétique. Il faut alors compter, au centime près, ce que l’on avait considéré comme méprisable quand il fallait faire assaut de rhétorique. Si elle veut survivre, une société qui expérimente doit être beaucoup plus efficace que celle qui est installée dans sa routine. Il lui faut utiliser à fond toutes ses capacités économiques, et elle ne peut pas se permettre de céder à la stupidité ou à l’irréalisme des doctrinaires. Quand un doctrinaire passe à l’action, il doit, pour ainsi dire, oublier sa doctrine. Car celui qui, dans l’action, reste prisonnier de son discours, manquera probablement son but.

Le second danger – pire que la bêtise – est la Précipitation. Citons Paul Valéry : “Le résultat des luttes politiques est de troubler, de falsifier dans les esprits la distinction entre ce qui est important et ce qui est urgent.” La transition économique d’une société doit être menée lentement. Les arguments que je viens de développer ne portent pas sur une révolution brutale, mais sur une tendance séculaire. La Russie nous donne aujourd’hui un exemple terrifiant des maux provoqués par une précipitation démentielle et inutile. Les sacrifices et les pertes inhérents à la transition sont beaucoup plus graves quand on avance à marche forcée. Je ne crois pas que le caractère progressif soit inévitable, mais je crois à la progressivité. C’est d’autant plus vrai que lorsqu’on s’achemine vers une plus grande autosuffisance nationale et vers une planification de l’économie interne. Il est dans la nature des processus économiques de s’inscrire dans la durée. Une transition trop rapide provoquera une telle destruction de richesse sans contrepartie que le nouvel état des choses sera, au début, bien pire que l’ancien, et que la grande expérimentation sera discréditée. Car les hommes jugent impitoyablement selon les résultats, et même selon les premiers résultats.

Le troisième danger, le pire des trois, est l’Intolérance et la répression de toute critique éclairée. Les nouveaux mouvements arrivent généralement au pouvoir par la violence plus ou moins ouverte. Ils n’ont pas convaincu leurs opposants, ils les ont terrassés. La méthode moderne – que je trouve désastreuse, au risque de paraître vieux jeu – consiste à utiliser la propagande et à s’emparer des médias. Il est considéré comme habile et efficace d’empêcher toute idée de se développer et d’utiliser les moyens du pouvoir pour paralyser la réflexion. Ceux qui ont considéré que ces méthodes étaient nécessaires pour parvenir au pouvoir sont tentés de continuer à se servir, pendant la période d’édification de la nouvelle société, des mêmes outils dangereux qui leur ont servi à s’introduire dans la place.

C’est encore la Russie qui fournit un exemple des terribles erreurs que commet un régime lorsqu’il s’affranchit de toute critique. L’incompétence qui caractérise la conduite des guerres, que ce soit d’un bord ou de l’autre, s’explique de la même façon, l’organisation hiérarchique mettant le haut commandement à l’abri de la critique. Je n’admire pas sans réserve les politiciens, mais eux du moins baignent dans la critique, ce qui leur donne une incontestable supériorité sur les militaires. Les révolutions ne réussissent que parce qu’elles sont menées par des hommes politiques contre des soldats. Cela peut sembler paradoxal, mais qui a jamais entendu parler d’une révolution réussie menée par des soldats contre des politiciens ? Cela étant, nous haïssons tous la critique. Seule une conviction profonde nous permet de nous y soumettre de bonne grâce.

Les nouveaux modèles économiques vers lesquels nous avançons à tâtons sont, par nature, au stade de l’expérimentation. Nous n’avons pas en tête, prête à l’emploi, l’idée exacte de ce que nous voulons. Nous la découvrirons chemin faisant, et nous devrons lui donner forme en fonction de notre expérience. Ce processus de critiques courageuses, libres et sans merci est la condition sine qua non du succès final. Nous avons besoin du concours de tous les esprits brillants du moment. Staline a éliminé tout esprit critique, tous ceux qui faisaient preuve d’indépendance, même lorsqu’ils avaient de la sympathie pour sa cause. Il a créé un climat dans lequel le fonctionnement intellectuel s’est atrophié. Les délicates circonvolutions du cerveau ont été pétrifiées. Le son assourdissant du mégaphone remplace les souples inflexions de la voix humaine. Les idioties de la propagande stupéfient même les oiseaux et les bestiaux. Que Staline soit un exemple terrifiant pour tous ceux qui veulent faire des expériences. Si ce n’est pas le cas, je retournerai vite à mes vieux idéaux du XIXe siècle et à l’héritage intellectuel construit sur la réflexion que nous cherchons aujourd’hui à détourner pour atteindre nos propres objectifs.

John Maynard Keynes, 1933

123 réponses à [Article] De l’autosuffisance nationale, par John Maynard Keynes

  1. Patrick Luder Le 26 septembre 2013 à 06h23
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    Bizarre ce texte, partagé entre la globalité d’un pays et l’esprit individuel de libre entreprise.

    Ce texte soulève le rôle de l’Etat qui est de définir un cadre, un contenant et non un contenu,
    et les excès de la libre entreprise, qui s’enfoncent dans la recherche du maximum de profits.

    Auparavant le souci paysan était la pérennité de la ferme et des terres, la finance n’était pas indispensable, on savait faire sans aucun argent. Dorénavant tout devient monnayable, l’autonomie privée disparaît, tout ce qui se faisait sans argent devient monnayable.

    Mais ce ne sont pas les financiers qui poussent à la rentabilité … on sent très bien le dilemme de Keynes en espérant des taux proches de zéro. Une entreprise privée ne peut simplement pas se permettre de faire du déficit à long terme. Et un Etat ne peut pas se permettre de vivre indéfiniment en dessus de ses moyens! => et c’est ici entre ces deux impératifs (rentabilité et endettement supportable) que la haute finance déploie tous ses effets pervers, en permettant ce qui n’est pas permis, en franchissant allègrement toutes les lignes rouges, en levant les barrières infranchissables, donc en mettant au point des mécanismes de création monétaires, en permettant des endettements impossibles à rembourser et en faisant de juteux bénéfices sur le franchissement de ses limites infranchissables, car n’oublions pas que les limites financières de l’ancien monde ont disparues, que les garde fous de l’ancienne société sont tombés. Les vannes de la monnaie fiduciaire vont s’ouvrir et rester ouvertes, le monde ne va devenir qu’un vaste marché financier lucratif.


    • olivier69 Le 26 septembre 2013 à 15h43
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      Bonjour Patrick,
      C’est la loi des débouchés et la division du travail qui sont poussées à l’extrême. L’offre crée sa propre demande et le fruit de la spécialisation vient en soutien de la croissance.
      On va droit dans le mur ! Système trop rigide…..
      Les taux d’intérêt proche de zéro empêche l’usure tout en rémunérant les acteurs du secteur financier. Tout crédit pourrait plus facilement être remboursé (cycle création-destruction monétaire). Regardez le service de la dette Française ? Vous ne voyez pas le malaise ?
      “Mais ce ne sont pas les financiers qui poussent à la rentabilité”, non mieux ! Il crée la rentabilité (voir la définition temporelle de la monnaie). C’est le rendement des actifs (escompte de richesse future). La rentabilité entre placement et investissement s’effectue par les rendements…
      “un Etat ne peut pas se permettre de vivre indéfiniment en dessus de ses moyens!”, vous parlez des moyens financiers ou des moyens humains ? Là est toute la question ! Parce que si vous parlez des moyens financiers alors l’Etat n’a plus le pouvoir réel de création monétaire (et même, la politique budgétaire est sous la coupe des marchés, les taux obligataires pour le chantage). C’est un étranger qui fait la loi chez vous ? La politique monétaire s’effectue au travers de nombreux instruments (tx d’intérêt, titres, injections, dévaluations,….Bref des leviers) et permet au contraire de financer une économie (besoin et capacité). L’épargne vient en soutien de l’investissement et non en refuge de placement. C’est une forme d’autofinancement solidaire (un mode de financement inverse à l’endettement). La monnaie est fluide et mobile. L’Etat doit garantir par ses institutions, les méfaits liés aux propriétés de la monnaie (risque et liquidité).


      • Yanick Toutain Le 27 septembre 2013 à 07h57
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        La phrase la plus signifiante est ici :
        « Les idées, le savoir, la science, l’hospitalité, le voyage, doivent par nature être internationaux. Mais produisons chez nous chaque fois que c’est raisonnablement et pratiquement possible, et surtout faisons en sorte que la finance soit nationale.» Il semble que Keynes prône la gratuité de l’immatériel. Mais il ne demande pas le versement aux héritiers des Innovants un salaire égal mondial ni l’investPPL.


        • olivier69 Le 28 septembre 2013 à 03h53
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          Oui yannick,
          c’est pour cela que ses idées révolutionnent le capitalisme marchand ! Il avait compris qu’il reste assez d’espace pour contenter tout le monde pendant des lustres. :)
          ps : un condensé de solutions en un minimum de mots.


  2. BA Le 26 septembre 2013 à 08h40
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    Trois exemples : le pétrole, les métaux, et les terres fertiles.

    Le pétrole est en quantité limitée.

    Les métaux sont en quantité limitée.

    Les terres fertiles sont en quantité limitée.

    Bon.

    Maintenant, regardons l’évolution de la population mondiale :

    link to upload.wikimedia.org

    Quand des stocks sont limités, et quand la population explose, je vous laisse imaginer ce que va devenir notre civilisation ACTUELLE de l’abondance, de la consommation, de l’hyper-mobilité.

    En clair :

    Notre civilisation ACTUELLE va mourir.

    Nous allons subir le retour à l’auto-suffisance nationale.

    Tout ce qui sera consommé devra être produit le plus près possible du lieu de consommation.

    Ce sera le retour aux circuits courts, très courts, le plus courts possible.

    Un livre intéressant :

    “La fin de l’abondance”, de John Michael Greer, édition Ecosociété, paru en français en septembre 2013.


    • medomai Le 26 septembre 2013 à 10h52
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      @BA, vous avez raison quand vous dites “notre civilisation actuelle va mourir”, si vous entendez par là la dimension économique de ce système, en ajoutant que la notion de civilisation recouvre un champ sans doute plus vaste que la manière dont sont produites, réparties, puis consommées les richesses, et en soulignant soulignant aussi la longueur de la transformation à l’échelle d’une vie humaine (alors que les chocs exogènes peuvent être courts et brutaux).

      Il est extraordinaire de voir avec quelle patience, quel courage et quelle astuce l’être humain s’accommode d’une existence manifestement avilissante et qu’il faudrait changer, mais qu’il renonce à changer parce que les forces nécessaires excèdent ses capacités individuelles immédiates.

      Prenez par exemple “Une journée d’Ivan Denissovitch”.

      Ou bien “Si c’est un homme” de Primo Levi, le chapitre ou il discute de Dante avec un co-détenu.

      A cet égard, je trouve symptomatique que Keynes en reste à la notion d’autosuffisance nationale (protégée par les barrières douanières) sans endistinguer les différents sens.
      Si on entend par indépendance nationale le même système mais en “vase clos”, sans échange ou avec un minimum d’échanges avec l’extérieur, on gagne peut être en indépendance à l’égard des fluctuations extérieures d’offre et de demande de produits, de monnaie, etc, mais on maintient les défauts du système en interne : dépendance entre les hommes. Si vous enfermez les loups dans la bergerie, ils vont cesser de dévorer les moutons dans les champs mais vous ne pourrez plus entrer dans ladite bergerie…

      C’est pour cela qu’il ne faut pas confondre un système où tous les hommes, mêmes les propriétaires des moyens de production, sont étrangers à ces moyens et ignorent ce qu’ils produisent et dépendent d’autrui pour produire leur nécessaire, et un système où chacun s’efforce de produire autant qu’il lui est possible de le faire ce dont il a besoin.

      Autant dire qu’on parle d’utopie assez lointaine. Ou peut être pas.

      Un système où les hommes produisent le plus possible eux-mêmes ce qu’ils consomment, dans les manuels d’histoire ça s’appelle “économie de subsistance” et chez Marx ça se nomme “Robinsonnade”… Mais chez Henri Mendras ça s’appelle la paysannerie. Je ne me souviens plus dans quel chapitre de “la fin des paysans” il explique qu’une ferme paysanne (à la différence d’une exploitation agricole) ça ne meurt jamais vraiment ?

      Maintenant imaginez que nous réorientons TOUTE notre intelligence technique de nos villes et de nos campagnes vers la constitution d’unité d’autoproduction autonomes ? Des kibboutz aussi peu énergivores et aussi productifs que possible : énergie, aliments, récupération des différentes eaux, matériaux de construction, etc. Imaginez la tour de la Défense couverte de potagers verticaux familiaux avec des rampes d’accès ! Imaginez un lac piscicole au milieu des Halles ! Imaginez le kibboutz du 2ème avec des tracteurs garés devant l’Opéra. Imaginez une forêt produisant du bois et du miel dans les cours du Louvre ! Imaginez des champs de blés sur les toits de la gare de Lyon ! Imaginez des pommiers sur chaque colonne de Buren ! Et surtout imaginez que chaque parisien soit propriétaire d’un arpent de son kibboutz ! Je vous garantis qu’on serait en surproduction de pomme de terre.

      Lorsque l’échange n’est plus contraint et forcé pour la survie, il devient un plaisir. ;)


      • Caroline Porteu Le 26 septembre 2013 à 13h10
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        Je crois que Malmö est en train de s’orienter vers ce genre de concept .. Ce serait la première ville écologique au monde ..

        Vous avez dans le même ordre d’idée des projets de promoteurs immobiliers qui veulent créer dans des villages français à l’abandon des projets pour Néo Urbains , en jouant également sur les moyens de communication et sur le télé travail .

        C’était dans le reportage TV : j’achète un Village , passionnante ..


        • medomai Le 26 septembre 2013 à 16h03
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          @Caroline, merci pour l’info sur Malmö.
          J’aimerai bien voir si le reportage dont tu parles va repasser. Peux-tu s’il te plaît m’écrire la date la chaîne l’heure exacte ? merci d’avance :)


          • Caroline Porteu Le 26 septembre 2013 à 18h36
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            link to telleestmatele.com

            Visiblement on peut le revoir en streaming . C’est à la fin de l’émission J’achète un village qui est elle même en seconde partie .. La première partie étant sur le Puy du FOU , passionnant aussi .


      • Gibbus Le 26 septembre 2013 à 13h22
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        @Medomai

        Je pense que l’avènement d’un monde tel que vous le décrivez est probable…
        Je pense que la seule chose qui permet au système économique actuel( production éclatée et commerce globalisé) sont les énergie fossiles abondantes (le charbon au XIX ème puis le pétrole et le gaz) !!! Hors se système est condamné sans énergies fossiles (je pense qu’il est condamné de toute façon avec ou sans pénurie d’énergie)…et un système économique ( production et commerce) plus local et plus demandeur de main d’œuvre émergera forcément… J’aimerai qu’il ressemble au monde que vous décrivez, mais ce n’est pas sûr…


    • Mano Le 26 septembre 2013 à 17h47
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      Toute civilisation est amenée à disparaitre un jour, la nôtre n’y échappera pas.

      Dans quelques milliards d’années la question ne se posera même plus.

      Nous n’aurons sans doute pas à attendre si longtemps, bien malin qui peut prédire quoique ce soit là-dessus.

      Pour le moment je ne vois pas pour demain la fin de notre civilisation d’abondance, en tout cas d’abondance pour certains, appelons-les les happy few ; quant aux autres…


  3. dadone Le 26 septembre 2013 à 08h41
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    Ce texte est à bien des égards remarquable. Mais si j’ avais à retenir une idée ce serait celle là :
    Une transition trop rapide provoquera une telle destruction de richesse sans contrepartie que le nouvel état des choses sera, au début, bien pire que l’ancien, et que la grande expérimentation sera discréditée..
    Cette phrase contient la raison profonde des crises : l’absence de contrepartie face à un changement.
    C’est LA loi fondamentale sur laquelle repose toute l’ économie.


  4. Titi91 Le 26 septembre 2013 à 09h05
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    Effectivement, bel article.
    J’aime beaucoup le passage sur le logement décent que la société peut construire à tout un chacun, mais que les financiers ne veulent pas, car “non rentable”.
    L’exemple sur la Russie, j’aime beaucoup aussi. Avec le recul, quelle énergie dépensée par le capitalisme financier pour s’assurer de la destruction de ce contre-modèle. Et donc “ennemi”.
    Maintenant, à chaque fois qu’on demande un changement, hop on a droit à TINA… Comme c’est pratique.
    3ème point : la victoire du politique sur le militaire, a faire suivre aux présidents us et les gusses de la CIA.


  5. perceval78 Le 26 septembre 2013 à 10h33
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    ils ont pas l’air decider a lacher prises les ricains (source jovanovic)

    link to insider.thomsonreuters.com


  6. Casquette Le 26 septembre 2013 à 11h46
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    A écouter les économistes de plateau le libre échange durera encore 1000 ans et rien ne pourra arrêter son inexorable progression…
    Les mêmes qui se fient doctement aux théories des cycles refusent d’accepter que les échanges internationaux connaissent aussi des phases d’ascension et de reflux.


    • Yann Le 26 septembre 2013 à 11h59
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      La doctrine du “libre-échange à tout prix” est morte avec le bidouillage des monnaies par les banques centrales, ces derniers temps.


    • chris06 Le 26 septembre 2013 à 14h48
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      Je ne vois pas en quoi dire que le libre échange (ou plutôt plus ou moins libre échange car le 100% libre échange n’a jamais existé) durera aussi longtemps que l’humanité est incompatible avec l’idée qu’il connaitra des phases d’ascension et de reflux.

      Les deux propositions sont vraies et je vois difficilement comment on pourrait soutenir le contraire.

      Les échanges internationaux coulent de source car les ressources ne sont pas distribuées à la surface de la terre telles que le sont les populations. Le volume de ces échanges dépend de multiples facteurs variables avec le temps et par pays et qui influencent les prix et le calcul économique (degré de liberté, taux de changes, différentiels de salaires, coûts de transport, stabilité sociale et politique climat et facteurs environementaux, changement technologiques, niveaux d’imposition etc…)

      Il est fort possible quàprès une forte phase d’àscenscion ces 20 dernières années on connaisse désormais une phase de reflux


      • Casquette Le 26 septembre 2013 à 16h47
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        @Chris06

        Nous sommes d’accord , les échanges internationaux continueront après , j’écrivais en pensant aux économistes qui ne semblent pas capables d’envisager, intellectuellement , que nous puissions revenir à une configuration ou le commerce international serait régi , en France et en Europe, par des règles de contrôle sur les flux de marchandises , de capitaux et monétaires.
        Le blocage de certains est d’autant plus surprenant qu’ils ont connu l’époque ou le pays n’avait pas ce système bancaire hypertrophié, et ou des barrières douanières n’empêchaient pas nos entreprises d’exporter massivement…
        Mais j’imagine qu’il doit être plus simple de renier une ancienne croyance comme le fit Keynes , que de se dédire une deuxième fois , la crainte de revenir à la case départ doit en décourager plus d’un !


  7. jducac Le 26 septembre 2013 à 12h05
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    Merci et bravo Olivier d’avoir pratiquement juxtaposé sur votre blog, à un jour près, les propos de D. Meadows et de J.M. Keynes.

    Malgré la prise de recul et de hauteur à laquelle s’astreint Keynes en 1933, on voit bien que les données d’expérience sur lesquelles il s’appuie n’incluent pas ce que les études de MIT et du rapport du Club de Rome ont mis en évidence en 1972 sous la responsabilité de Meadows.

    La grande différence vient du fait que Keynes se noie dans des considérations mettant en jeu les monnaies, la finance, les taux d’intérêt voire par ailleurs, la référence à l’or ou au bancor, etc…. alors que Meadows ne s’en embarrasse pas, car en bon physicien il a vu que le vrai carburant de l’économie est l’énergie mise en jeu.

    C’est la grandeur physique « capitale » apte à alimenter les transformations permettant aux espèces de s’adapter aux modifications qu’elles provoquent dans leur environnement du fait de leur propre évolution. C’est valable pour les bactéries autant que pour les hommes qui en sont issus.

    link to fr.wikipedia.org

    Meadows a vu que, comme pour tout dans l’univers, c’est la physique et la biophysique qui ont le dernier mot en dépit de ce que peuvent raconter les manipulateurs et experts en sciences molles (sciences humaines, sociales, politiques et religieuses) dont ils usent pour propager des idéologies qui servent surtout, pour un temps, à les faire vivre personnellement.

    Il n’est peut-être pas inutile de remarquer que l’abandon de l’étalon or par Nixon le 15/08/1971 est concomitant aux travaux commandés en 1970 par le Club de Rome et ayant donné lieu à la publication du rapport Meadows en 1972. Les scientifiques qui sont rôdés pour extraire des expériences, les signaux de changement liés au temps ne manquent jamais de débusquer ce qui peut ce cacher derrière de tels faits, lesquels ne sont pas toujours liés au hasard et méritent que l’on s’interroge.


    • Caliméro martyrisé Le 26 septembre 2013 à 14h18
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      Tout à fait d’accord avec vous : Les économistes sont des penseurs avant d’être des savants.

      Bon, évidemment Keynes est brillant(issime). Mais voilà, il est économiste, coincé entre les sciences molles comme vous dites, voire la religion. Lui même avoue au début du texte ses références à Dieu.
      Or, il paraîtrait que Dieu a inventé les économistes pour que les météorologistes aient l’air moins bêtes :-)

      Alors, l’homme a beau croire se distinguer des animaux aux motifs qu’il aurait une âme et que l’animal n’utilise pas d’IPad.
      N’empêche, la nature va effectivement nous rappeler que nous ne sommes qu’une espèce animale invasive, sans prédateurs.

      Notre âme devrait nous conduire à être raisonnables, selon Keynes.
      “Puisse Dieu avoir pitié de la mienne. Oui, pourquoi pas : Après tout, je la tiens de lui” *

      * Charlie Chaplin dans Monsieur Verdoux


      • olivier69 Le 26 septembre 2013 à 16h11
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        Le nombre d’or reste une énigme, me semble-t-il….
        Et “In God We Trust” n’est pas marqué sur le front de Keynes. :)


    • olivier69 Le 26 septembre 2013 à 14h59
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      Bonjour mr Jducac,
      Ce texte mérite plusieurs lectures. Il est d’une densité incroyable (la signification). Nous retrouvons la tempérance, la modération, et surtout un humanisme incontestable. Bref, les éloges ne font pas la qualité du texte. C’est un témoignage qui a une valeur historique réelle presque atemporelle. C’est un véritable cadeau que vous offre Mr Berruyer. Plein de bon sens !
      Maintenant, Meadows ne sera jamais de la trempe d’un Keynes. Pouvez-vous faire la distinction entre :
      « Meadows ne s’en embarrasse pas, car en bon physicien il a vu que le vrai carburant de l’économie est l’énergie mise en jeu. » et les propos de Keynes « Le troisième danger, le pire des trois, est l’Intolérance et la répression de toute critique éclairée. » ?
      Qui a payé l’analyse et qui l’a commandé ? Un début d’explications ?
      Meadows est froid (un matérialiste) car il propose une solution radicale et tendue sur la démographie par la quantité : variable d’ajustement péremptoire afin d’augmenter le capital fixe et circulant.
      Alors que Keynes (un idéaliste) nous invite à utiliser les forces vives d’une nation en proposant une solution consensuelle et évolutive sur la démographie par la qualité : le savoir-faire et le capital humain. C’est l’ouverture d’esprit…
      Pas de progrès sans idéal : l’amélioration est une idée et non une matière. La matérialisation des idées ne sera jamais l’idée…..
      Vous comparez un esprit indépendant et un esprit corrompu. Mais oui, c’est vrai : touche pas au grisbi ! Payer des esprits éclairés pour nous dire que nous sommes trop nombreux, cela s’appelle la démence ou l’arnaque. Le physicien se garde d’intégrer le progrès lorsque l’économiste l’encourage et le partage.
      Enfin, avez-vous au moins déjà lu un livre de physique ou de biophysique ? Je vous invite à lire avec grand soin le lien que Yvan nous a proposé récemment : link to academie-sciences.fr
      J’en conclus qu’ « Il est surprenant de constater combien un esprit traîne d’oripeaux obsolètes même après avoir changé ses conceptions centrales ».
      Merci.


      • olivier69 Le 26 septembre 2013 à 15h06
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      • michel lambotte Le 26 septembre 2013 à 21h18
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        Merci pour le lien et vous faites bien de rappeler ces faits.
        Contrairement à ce que prétend jducac, la vie n’a jamais rien capitalisé, elle consomme sans états d’âme les ressources disponibles jusqu’à presque l’épuisement puis recycle ses déchets après avoir éliminé ce qui provoquait cette consommation, c’est ce qui est arrivé aux dinosaures.
        Les dinosaures se nourrissaient de forêts carbonifères (conifères, prêles géantes, fougères géantes) qui consommaient le CO2 de l’atmosphère alors important mais n’avaient pas d’humus capable de recycler le carbone d’où accumulation qui est devenue le charbon et le pétrole.
        Une fois le CO2 descendu à environ 3% il y avait pénurie pour ce type de vie et il s’est adapté (les dinosaures sont devenu les oiseaux, le fougères et les prêles sont devenues de herbacées, les conifères se sont réfugiés dans les endroits plus froids) ou il a été éliminé. Encore une fois la vie a tourné la page et a créé la forêt de feuillus en collaboration avec les champignons et une explosion de biodiversité et les grands dinosaures sont morts dans de gigantesques diarrhées.
        Un texte très intéressant de Claude Bourguignon où il site Oparine.
        link to books.google.be
        Je pense que nous sommes dans une phase semblable en ce qui concerne l’humanité, tout ce qui est gigantesque doit disparaître, et nous devons aller vers une sociodiversité de façon d’être, de répondre à nos besoins, d’organisation sociétale etc…


        • jducac Le 27 septembre 2013 à 07h39
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          Bonjour,

          Contrairement à ce que prétend jducac, la vie n’a jamais rien capitalisé, elle consomme sans états d’âme les ressources disponibles jusqu’à presque l’épuisement puis recycle ses déchets après avoir éliminé ce qui provoquait cette consommation, c’est ce qui est arrivé aux dinosaures.

          Mais si, Michel. La vie capitalise sous forme d’acquis de connaissances, d’expériences et de souvenirs heureux ou malheureux, de savoir faire etc… et pas seulement chez les humains.

          Regardez comment se comportent les animaux et les végétaux. L’homme y ajoute des capacités d’analyse, de synthèse et de jugement qui l’amènent à s’expliquer le pourquoi et le comment de la marche des choses et du monde. Cela lui permet d’anticiper en minimisant les risques, plutôt que de les subir sans avoir rien anticipé.

          Parfois il se trompe, comme quand il a découvert des Indiens en Amérique parce qu’il pensait se situer aux Indes et en Asie, mais à l’échelle des temps et de l’espace qui nous entourent, c’est une erreur infinitésimale et négligeable dans la vie d’une espèce vivante.

          Tout ce capital de connaissances, d’expériences, d’expertises spécialisées, d’acquis de compétences particulières, c’est ce qui s’inscrit dans ce qu’on appelle le capital immatériel des sociétés. Chaque espèce, chaque communauté, cultive ce capital en l’améliorant en fonction de ses besoins de vie et de survie et de ses possibilités, en particulier de l’énergie et du temps qu’elle peut y consacrer et du travail sur soi qu’elle s’impose d’y consacrer.

          link to fr.wikipedia.org

          Parfois une société, une espèce, une ethnie est colonisée ou en colonise une autre.

          Dans ma vie professionnelle la société dans laquelle je travaillais a été absorbée par une autre plus grosse, plus importante, plus ancienne, qui de ce fait a eu accès à notre capital immatériel puisqu’elle nous avait acquis. Mais pour nous, les absorbés que nous étions, il nous a fallu payer, donc fournir un travail, pour accéder aux parties du capital immatériel qui nous intéressait chez elle, en matière de savoir faire dans certains domaines. Ainsi va la vie…..

          Ma satisfaction personnelle est venue du fait que j’ai vu mes collègues « absorbeurs » témoigner de la considération et de la reconnaissance à mes équipes pour la qualité des travaux de structuration et de codification que nous avions faits pour standardiser nos procédures de travail ce qui leur a permis d’améliorer et de fiabiliser les leurs et de donner à notre nouveau groupe de meilleures chances de survivre au niveau mondial.

          C’est pour cela que vous m’entendez dire et redire depuis plus de 4 ans, que nous sommes tous des capitalistes. Chaque structure, qu’elle soit individuelle ou collective, exploite son capital (notamment immatériel) pour vivre, nous sommes, par cela, tous des capitalistes.

          Les anticapitalistes sont aveugles ou suicidaires. Il est de notre devoir, pour la survie de notre espèce, de les aider à le découvrir et à le comprendre.


          • michel lambotte Le 27 septembre 2013 à 20h10
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            Les capacités immatérielles ne peuvent exister que si elles sont partagées et juxtaposées, vous avez une idée, j’en ai une autre, nous les mettons ensemble et nous en avons une troisième qui pourrait être géniale.
            Le deux premières n’ont rien perdu
            Où voyez vous de la capitalisation?


          • jducac Le 28 septembre 2013 à 14h51
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            @ michel lambotte Le 27 septembre 2013 à 20h10

            Les capacités immatérielles ne peuvent exister que si elles sont partagées et juxtaposées, vous avez une idée, j’en ai une autre, nous les mettons ensemble et nous en avons une troisième qui pourrait être géniale.

            D’accord mais il n’est pas nécessaire que les domaines de connaissances soient juxtaposés, pour engendrer de la coproduction et de l’enrichissement comme dans l’exemple que vous exposez. D’ailleurs on exploite de plus en plus les vertus des compétences disjointes en constituant des groupes de travail pluridisciplinaires où chaque spécialiste exploite son capital de connaissance dans un domaine pour faire germer au sein du groupe, par l’exploitation de la propriété des similitudes, des idées nouvelles qui constituent autant d’enrichissement.

            Où voyez vous de la capitalisation?

            Le participant au groupe, le travailleur comme le manageur, accroît son capital de connaissances, mais également l’entreprise, la société qui à financé ce travail de groupe. Elle veille d’ailleurs, pour ne pas perdre les bénéfices de son investissement initial (la mise en activité d’un groupe de travail) à capitaliser les nouvelles connaissances qui ont été produites.

            link to fr.wikipedia.org

            Franchement, je pense que tous ceux qui s’emploient à défendre l’idée que dès que l’on parle de capital, on parle obligatoirement du capital des capitalistes « ces gens assoiffés du sang des pauvres », comme le disait ironiquement sur une autre file Benjamin Franklin Le 27 septembre 2013 à 15h03.

            Chacun joue son rôle pour faire progresser l’humanité, pas dans les mêmes fonctions, ni aux mêmes niveaux, ni avec le même niveau de vie en final. C’est ce qu’il faut faire comprendre à tout le monde.

            Malheureusement, depuis que l’obsession égalitariste s’est implantée dans certains milieux, notamment dans l’enseignement et la politique, au lieu de progresser, la collectivité régresse par abaissement global du niveau de compétence et de performance conduisant à une moindre performance économique de certains pays.

            L’anticapitalisme est, pour moi, un combat d’arrière garde.


      • michel lambotte Le 26 septembre 2013 à 21h29
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        Un lien très intéressant sur le sujet
        link to nte-serveur.univ-lyon1.fr


      • jducac Le 27 septembre 2013 à 08h02
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        @ olivier69 Le 26 septembre 2013 à 14h59 et Le 26 septembre 2013 à 15h06
        D’abord merci pour le lien que vous indiquez. Je ne manquerai pas de prendre connaissance des textes vers lesquels il renvoie.

        Pouvez-vous faire la distinction entre :
        « Meadows ne s’en embarrasse pas, car en bon physicien il a vu que le vrai carburant de l’économie est l’énergie mise en jeu. » et les propos de Keynes « Le troisième danger, le pire des trois, est l’Intolérance et la répression de toute critique éclairée. » ?

        Pour tout vous dire je ne suis ni physicien ni biophysicien. Cela ne m’a pas empêché d’avoir, dans l’industrie, à animer, diriger et assurer la qualité des travaux de divers ingénieurs docteurs en physique. La logique, le bon sens, le pragmatisme et la recherche de l’efficacité et l’optimisation, par la simplification, sont les principaux outils dont je me suis servi.

        Je me sens bien plus proche de Meadows que de Keynes parce que l’un manipule des choses physiques et matérielles qui ne trompent pas lorsqu’on les connait. Ce n’est pas du tout ce sur quoi s’appuie Keynes, lequel manipule des éléments très dépendants des recettes et tours de main de ces grands cuisiniers que sont, pour moi, les économistes et financiers. Je les vois un peu comme des alchimistes en charge d’accommoder au goût de leurs clients les sauces économiques qu’ils leur vendent pour soutenir les idéologies que les politiques exploitent pour vivre. Cela s’assimile pour moi à des croyances, à des sortes de religions à durée de vie limitée.

        Bien sûr Meadows peut aussi avoir servi une cause du même style pour soutenir une croyance ou des intérêts. Mais en ne faisant entrer que l’énergie comme ingrédient nécessaire aux transformations des modes de vie, cela me semble bien correspondre au fameux « rien ne se perd, rien ne se crée tout se transforme » cher à Lavoisier.

        Il n’y a bien que les magiciens, les charlatans et les as du jeu de bonneteau pour exploiter les failles de cette déclaration, mais l’on sait très bien qu’il s’agit de tromperies habilement conduites pour abuser les sens des observateurs. L’énergie peut ne pas être suffisante pour enclencher une transformation mais, quand il n’y a pas de consommation d’énergie pour provoquer le changement et l’évolution, la vie ne peut pas faire autre chose que de s’arrêter.


        • olivier69 Le 27 septembre 2013 à 16h59
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          Bonjour jducac,
          vous dites vous-même que vous dirigiez des techniciens sans avoir la maîtrise de leur art. Pourtant votre bon sens les a guidés. Alors en réponse à votre post, je vous dirai qu’à l’image de Keynes, en effet, il faut des meneurs. Et pour argumenter, je reprendrai vos propos sur la capitalisation du savoir et de la technique humaine qui sont des éléments moteurs de toutes nos évolutions. L’exercice de Keynes ressemble davantage à votre activité qu’à celle de Meadows (le technicien). Il a compris (lorsque certains, les apprentis sorciers s’obstinent à vouloir contrôler la démographie par je ne sais pas trop quels critères ou artifices) qu’il fallait orienter nos objectifs sur la qualité démographique en tenant compte de l’environnement (externalités). En ce sens, l’éducation est une priorité absolue !


    • yt75 Le 26 septembre 2013 à 15h13
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      L’abandon de l’”étalon or” par Nixon (même si la convertibilité n’était en rien aussi évidente avant), est aussi concomitante (enfin un peu après) au pic de production de pétrole des US, et à l’explosion de leurs importations, un graphique à ne pas oublier :
      link to upload.wikimedia.org
      (et il y avait aussi en parallèle les fortes dépenses du fait de la guerre du Vietnam).


  8. Caroline Porteu Le 26 septembre 2013 à 12h56
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    Merci Olivier de ce rappel .
    J’ai effectivement la sensation que nous sommes à un tournant .

    J’ai intitulé mon dernier billet : Tous aux abris , et il concerne la FED, JP Morgan et la Chine .
    Mais avant que vous ne le lisiez , je voudrais juste faire cette réflexion ..

    Dans le combat politique en train d’avoir lieu aux US , Goldman Sachs parait facialement prendre encore plus de pouvoir , puisqu’il semble qu’ils soient en train d’éliminer leur premier concurrent : JP Morgan … Mais je ferais simplement remarquer que après avoir dit qu’il faisait le boulot de Dieu .. Blankfein ne serait-il pas en train de se prendre pour Aaron .. il devrait relire la Bible .

    De plus , la transaction avec JP Morgan est en elle même une incitation au crime . Comment les Américains pensent-ils faire valoir la force de la Loi vi sà vis de ceux qui font beaucoup moins grave , détrousser les vieilles dames , cambrioler etc … Surtout avec leur devise : In God we trust ..

    Les USA sont juste devenus une Jungle .. et quand ils n’ont plus rien à bouffer , les prédateurs se bouffent entre eux . J’ai bien l’impression que c’est exactement ce qui est en train de se passer … La financiarisation de l’économie , avec la mondialisation , est en train de faire que les territoires se rétrécissent , car de nouveaux arrivants ont rétréci le territoire de chasse: en l’occurence , il s’agit des Brics surtout Russie et Chine .

    TOUS AUX ABRIS : FED, JP MORGAN ..
    link to bit.ly

    Il semble bien que les actionnaires de la FED aient décidé de sacrifier l’un d’entre eux sur l’autel de la politique financière , ce qui pourrait donner au Congrès un bon motif de voter avec plus d’emphase le nouveau plafond de relèvement de la dette , sujet sur lequel il semble se montrer plus que réticent. Il y a une vraie crise politique aux USA , à tel point que le Congrès a décidé de couper les bons alimentaires malgré le veto de l’administration Obama .

    JP Morgan .. semble cumuler les ennuis et les attaques .. A tel point qu’ils viennent de proposer une transaction à l’Etat Américain , d’un paiement d’un montant entre 3 et 7 Milliards pour solde de tout compte et faire cesser les poursuites .. Pardon, 11 Milliards depuis ce soir 25 Septembre 22H heure française .. combien demain ?

    La suite : link to bit.ly


    • Marcus Le 26 septembre 2013 à 13h49
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      Je passe de temps en temps et je ne lis pas tout ce qui s’écrit. Mais je trouve que tes posts, Caroline, sont vraiment une valeur ajoutée !

      Bon après-midi à toutes et à tous.
      Marc


      • jave Le 26 septembre 2013 à 13h57
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        Oui, dommage que madame Porteu soit aussi en guerre contre les règles de ponctuation de la langue française. C’est con, mais moi j’en ai fait un critère pour savoir si j’allais lire un commentaire.


      • Caroline Porteu Le 26 septembre 2013 à 15h04
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        @Marcus , Merci

        Pour Jave , non, je ne suis pas “en guerre” contre la ponctuation, par contre j’écris souvent trop vite et je suis plus soucieuse des fautes d’orthographe que de ponctuation à la relecture.
        Promis , j’essaierais de faire un effort .


        • jave Le 26 septembre 2013 à 16h02
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          Promis , j’essaierais de faire un effort .

          Caramba, encore raté.


          • Caroline Porteu Le 26 septembre 2013 à 19h25
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            Vous pinaillez Jave !!!!
            Pour détendre l’atmosphère, laissez moi vous répondre par ces quelques vers que vous reconnaîtrez sûrement , mais je vous préviens que j’ai fait des coupes:

            Et que faudrait-il faire ?
            Chercher un protecteur puissant, prendre un patron,
            Et comme un lierre obscur qui circonvient un tronc
            Et s’en fait un tuteur en lui léchant l’écorce,
            Grimper par ruse au lieu de s’élever par force ?
            Non, merci.
            Dédier, comme tous ils le font,
            Des vers aux financiers ? se changer en bouffon
            Dans l’espoir vil de voir, aux lèvres d’un ministre,
            Naître un sourire, enfin, qui ne soit pas sinistre ?
            Non, merci.
            S’aller faire nommer pape par les conciles
            Que dans les cabarets tiennent des imbéciles ?
            Non, merci !
            Etre terrorisé par de vagues gazettes,
            Et se dire sans cesse : “Oh, pourvu que je sois
            Dans les petits papiers du Mercure François ?”…
            Non, merci !
            Mais, chanter, rire, être libre ; avoir l’oeil qui regarde bien, la voix qui vibre; mettre quand il vous plaît, son feutre de travers ;
            pour un oui, pour un non, se battre…ou faire un vers.


          • yt75 Le 26 septembre 2013 à 19h43
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            Et pour détendre un peu plus l’atmosphère, (enfin …), pourquoi pas :


            Démocratie

            “Le drapeau va au paysage immonde, et notre patois étouffe le tambour.

            “Aux centres nous alimenterons la plus cynique prostitution. Nous massacrerons les révoltes logiques.

            “Aux pays poivrés et détrempés ! – au service des plus monstrueuses exploitations industrielles ou militaires.

            “Au revoir ici, n’importe où. Conscrits du bon vouloir, nous aurons la philosophie féroce ; ignorants pour la science, roués pour le confort ; la crevaison pour le monde qui va. C’est la vraie marche. En avant, route !”


  9. Lisztfr Le 26 septembre 2013 à 14h06
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    Le protectionnisme est taxé au mieux de populisme aujourd’hui, en fait tout ce que propose Keynes est fort bon, sauf qu’il oublie Turgot : “laisser faire, laissez passer.”

    TOUTE contrainte sur l’économie est vécue comme une mainmise inacceptable sur a) la liberté économique, b) la liberté tout court. Donc Keynes oublie que nécessairement ses propositions n’ont pas lieu d’être parce que l’économie s’auto contrôle, c’est ça l’histoire que l’on peut lire dans les journaux allemands de nos jours, qui ne comprennent pas les velléité de l’Etat français à intervenir. Keynes fait comme si la politique économique n’avait pas en face d’elle une sphère qui n’accepte aucun contrôle..; cette dimension du conflit immanent.

    C’est ce que je disais l’autre jour, toute bribe de pouvoir, de liberté accordée aux banques sera utilisée contre vous, parce que l’intérêt des banques est opposé au vôtre.


    • Alain34 Le 26 septembre 2013 à 14h38
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      Il y a une différence entre “règles” et “contraintes” (ou contrôle) que trop, d’un coté comme de l’autre ont tendance a oublier.
      C’est valable en économie comme dans la vie en société en général.
      par exemple, on est pas au FarWest, on “n’a pas le droit” de se tirer les uns sur les autres pour un oui ou pour un non (quoi que…) or, peut on dire pour autant que l’on est privé de liberté ?
      En économie, c’est pareil, du moins, ça devrait l’être.
      Je relève les copies dans 2h.


  10. In Vino Veritas Le 26 septembre 2013 à 14h10
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    Sur un sujet aussi complexe, de l’autre côté du spectre, il y a List

    link to fr.wikipedia.org

    Lui parle de protectionnisme éducateur et fait du libre-échange un objectif à terme.
    Son gros problème pour beaucoup de monde sera le fait qu’il soit considéré comme l’un des pères du nationalisme germanique…

    Bien que, dans notre cas, les émissions monétaires de toute part, la position hégémonique du dollar, le yuan encore non-convertible ,… explique quand même pas mal de choses.


  11. Jean Robin Le 26 septembre 2013 à 15h10
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    Pas tout à fait hors sujet :

    Je cherche l’historique des taux OAT depuis 40 ans environ voire 70 ans… du temps ou on avait notre PTZ à la banque de France ! Si qq à un lien sous la souris merci d’avance!

    Et Merci pour ce super billet sur Keynes! édifiant


  12. SJA Le 26 septembre 2013 à 15h48
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    Le protectionnisme est une bonne chose ?

    Ha ….

    Mais pourquoi s’arrêter au protectionnisme des nations ?

    Si le protectionnisme entre nations est une bonne chose pour le monde, le protectionnisme entre régions ne peut être qu’une bonne chose pour la nation.

    Et le protectionnisme entre départements une bonne chose pour la région.

    Au bout du compte, disons le, le protectionnisme entre quartiers assurera la prospérité des villes et celui entre les maisons celle des quartiers.

    Par ailleurs, la position de Keynes pose un problème de Droit. De quel droit un Etat peut-il contraindre ses citoyens à acheter plus des produits qu’ils aurait pour moins cher sans son intervention ?

    De qui l’Etat détiendrait un tel droit ?


    • Michel Martin Le 26 septembre 2013 à 16h19
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      SJA, les frontières ne sont pas entièrement poreuses ou entièrement étanches. Les “protectionnismes” que vous citez existent en effet tous. Votre voisin ne circule pas librement chez vous, du point de vue de vos droits et devoirs, il n’est pas indifférent d’être d’une ville ou d’une autre (impôts locaux, ramassage des ordures….), de même pour le département, la région, l’état. Il existe des frontières multiples plus ou moins perméables entre tous ces niveaux d’organisation, ce qui signifie qu’il existe une certaine souveraineté (capacité de décision) attachée à chacun de ces niveaux. La question est de savoir où il est souhaitable et possible de placer le curseur des seuils ou des porosités, de ce qui transite à ces frontières, qualitativement et quantitativement.


      • SJA Le 26 septembre 2013 à 16h49
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        Avant tout, il faut savoir si c’est souhaitable.

        Et pour le consommateur final, ce n’est jamais souhaitable.

        Il est toujours profitable à un individu de recevoir plus en payant moins.

        Pour savoir si le protectionnisme est une bonne chose il faut prendre l’exemple d’un bien qui coute 10 000 à produire par l’industrie nationale. Une voiture par exemple.

        Celui qui achète cette voiture doit travailler jusqu’à obtenir 10000 €.

        Si cette même voiture est produite 5000€ par un constructeur étranger, le travail à fournir sera moitié moindre ou l’acheteur pourra s’acheter autre chose pour la même quantité de travail.

        Si cette même voiture était produite pour 1 €. Devrait-on empêcher chaque français d’acheter cette voiture étrangère gratuite au motif de soutenir la production nationale.

        Non bien sur.

        On importe tous les jours la lumière gratuite du soleil, cela ne viendrait à l’idée de personne d’obliger à fermer les fenêtres pour soutenir l’industrie des ampoules.

        La logique protectionniste est donc absurde puisque la finalité de l’économie n’est pas le travail ni l’accumulation de capital mais l’accession aux biens par le moins de travail possible.


        • Casquette Le 26 septembre 2013 à 17h08
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          @SJA

          “Si cette même voiture est produite 5000€ par un constructeur étranger, le travail à fournir sera moitié moindre ou l’acheteur pourra s’acheter autre chose pour la même quantité de travail.”

          Oui mais si les biens et services que le consommateur achète sont aussi produits à l’étranger , comment le pays résorbera son chômage et le déficit de sa balance commerciale ?
          En fabriquant des voitures à 1 euro ?


          • SJA Le 26 septembre 2013 à 17h44
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            Pas en vendant des voitures mais en vendant autre chose.

            Les besoins de l’homme sont infinis.

            En revanche le travail qu’il peut fournir est finit. Il faut donc que le travail soit le plus rentable possible sinon les besoins sont moins assouvis.

            Par ailleurs ce que vous dites serait à prendre en compte si le travail était la finalité alors qu’il est le moyen.

            Le plein emploi est souhaitable car cela veut dire que le travail est maximisé. S’il y a chômage, cela veut dire que le travail est mal employé.

            Par exemple, si vous interdisez les voitures (c’est juste le stade au dessus de celui qui oblige à les acheter plus cher) le chômage disparaitra un temps car les chômeurs seront tous employés comme portefaix.

            Serons-nous plus prospères pour autant ?

            Non car le travail sera mal employé.

            Et lorsque le travail est employé à acheter des voitures le double de leur prix, il est mal employé.

            Il faut bien se dire que le jour où nous n’auront plus de travail parce que nous n’auront plus besoin de rien sera un jour béni mais il n’arrivera jamais.


          • Casquette Le 26 septembre 2013 à 18h33
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            @SJA

            “Pas en vendant des voitures mais en vendant autre chose.”

            Je veux bien mais quoi à qui ?
            La loi des avantages comparatifs nous conduira mécaniquement à chercher des biens produits moins chers ailleurs , hors de nos frontières , et à miser sur la production à haute valeur ajoutée non accessible à tous (tout le monde ne peut pas être ingénieur en aéronautique) …on va pas baser notre production sur une minorité de “winners” qui bosseront pendant que les autres se tourneront les pouces , c’est pas très libéral !

            “Et lorsque le travail est employé à acheter des voitures le double de leur prix, il est mal employé.”

            Au nom des théories de la valeur issues de l’économie néoclassique mais pas du système politique et social qui est le notre, basé sur la solidarité et la répartition de l’effort.


          • SJA Le 26 septembre 2013 à 19h13
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            “Je veux bien mais quoi à qui ?”

            Mais je ne sais pas. Je n’ai pas à savoir. Keynes n’a pas à savoir et A Montebourg non plus.

            C’est sur que le coût travail est un réel problème.

            Mais le protectionnisme appauvrit ceux qui le pratique.

            A coût de travail équivalent, il est toujours plus retable d’acheter moins cher ce qui est produit.

            Et vous savez si votre heure de travail perd en rentabilité, de toute façon vous produirez de moins en moins de biens; le protectionnisme ne changera pas cette tendance à l’appauvrissement et, au contraire, il ne fera que l’accélérer.

            “Au nom des théories de la valeur issues de l’économie néoclassique mais pas du système politique et social qui est le notre, basé sur la solidarité et la répartition de l’effort.”

            Cher casquette,

            Le système keynésien (relance par l’endettement) solidaire et de répartition arbitraire de l’effort est en ruine.

            Je trouve incroyable qu’on puisse encore s’esbaudir devant Keynes alors que les crédits hypothécaires étaient estampillés AAA parce qu’il étaient garantis par Freddy Mac et Fanny May, deux banques créer à cet effet lors du ……. New Deal.

            C’est le keynésianisme qui mène à la guerre. Dans les années trente, Hitler n’a eu de cesse de relancer par l’endettement et il est entré en guerre parce qu’il était en état de cessation de paiement.


          • olivier69 Le 28 septembre 2013 à 20h34
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            Bonsoir SJA,
            Keynes n’est pas les keynésiens ! Voyez comment le concept d’économie monétaire “de production” s’est transformé entre les mains de ces derniers…..C’était un libéral très atypique. Et malheureusement, la plupart des libéraux n’ont que l’apparence. Voyez-vous même le concept de concurrence pure et parfaite. Les trusts et oligopoles sont à l’image de leur croyance aux théories classiques. C’est à dire : un cache sexe idéologique. La loi du marché sans marché, fallait y penser !


        • Michel Martin Le 26 septembre 2013 à 17h29
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          SJA,
          bien entendu, vous défendez la thèse des avantages comparatifs de Ricardo. Mais cette thèse ne prend pas en compte les externalités négatives que les règles comptables ne savent pas intégrer ni les capacités d’adaptation de deux sociétés mises en contact au travers de leurs productions de biens. Je ne suis pas un défenseur acharné des protectionnismes, mais souverainisme ne veut pas dire protectionnisme. Par exemple le mécanisme de l’exception culturelle préserve des marges d’action dans le cadre d’un état, sans qu’il soit protectionniste. Tous les films, quelle que soit leur origine, contribuent à financer la création cinématographique en France (qu’on utilise bien ou pas ces fonds est une autre histoire). Une TVA de substitution pourrait jouer exactement le même rôle que le mécanisme de l’exception culturelle, mais cette fois pour financer l’état social sur lequel repose une partie de notre dynamisme économique global (redistribution, formation, école, soins, retraites….). Une société c’est aussi un imaginaire partagé sur lequel on n’a pas d’autre choix que de se brancher.


          • SJA Le 26 septembre 2013 à 18h14
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            Cher Michel Martin,

            Mais qui est le souverain dans votre souverainisme ?

            Admettons que ce que vous décrivez soir utile ce qui n’est pas démontrable,

            Est-ce juste ?

            La société n’est pas un imaginaire …

            La société est un groupe d’homme qui s’engagent à ne pas s’agresser les uns les autres.

            Dès lors qu’il y a agression, la société disparait.

            Je n’ai pas le droit de prendre l’argent de Michel Martin pour le donner à Claude Lelouch. Si je n’ai pas le droit de le faire moi même, je n’ai pas le droit de le faire faire par un tiers plus fort que moi : l’Etat.

            Ce que vous proposez est donc injuste.

            C’est injuste et on ne peut pas savoir si c’est utile, il faut donc s’abstenir.

            non ?


          • Michel Martin Le 26 septembre 2013 à 20h32
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            @SJA,
            bon, on se revoit dans, disons, un million d’années, quand les malentendus se seront un peu dissipés.


        • olivier m Le 27 septembre 2013 à 19h43
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          Votre exemple de la voiture n’est pas économiquement rentable: si le transport de votre voiture jusqu’à chez votre concessionnaire consomme le carburant qui lui était destiné pour fonctionner, vous avez perdu 5000 euros alors que vous pensiez en gagner autant!

          On peut imaginer une autre forme de protectionnisme: produire localement, sous licence par exemple. Le capitalisme ne fonctionnera jamais avec toutes ces multinationales qui dirigent le monde par le chantage.

          A l’ère de la robotique et de l’imprimante 3D, l’usine de village produisant la plupart des produits nécessaire à la vie du village est envisageable.


          • Benjamin Franklin Le 30 septembre 2013 à 17h44
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            En général, le prix de vente final inclut l’ensemble des frais de production, y compris le coût de transport de l’autre bout de la Terre. Si des produits qui nous viennent de l’autre bout de la Terre arrivent à se vendre chez nous, c’est parce qu’ils reviennent, malgré le coût du transport, moins cher que la production locale.

            Mais cela dit vous avez raison : les usines occidentales vont revenir en Occident, sous forme d’imprimantes 3D et d’usines robotisées. Et elles n’emploieront plus personne.
            Au lieu d’acheter nos voitures à prix cassés aux fabricants asiatiques, on les achètera à prix cassés à nos usines robotisées, qui n’auront pas recréé les emplois industriels détruits par les délocalisations. Cela fait-il une grosse différence avec la situation actuelle de commerce international ?


          • Michel Martin Le 02 octobre 2013 à 09h01
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            @BF,
            “Au lieu d’acheter nos voitures à prix cassés aux fabricants asiatiques, on les achètera à prix cassés à nos usines robotisées, qui n’auront pas recréé les emplois industriels détruits par les délocalisations. Cela fait-il une grosse différence avec la situation actuelle de commerce international ?”
            oui, parce qu’on pourra plus faire autrement que de réorganiser notre relation au travail, sinon qui va pouvoir les acheter ces voitures?


    • Casquette Le 26 septembre 2013 à 16h55
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      Si les régions avaient leurs propres monnaies , leurs propres normes écologiques , systèmes de santé et sociaux effectivement on pourrait se poser la question.


      • SJA Le 26 septembre 2013 à 17h16
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        Pourquoi ?

        C’est le cas des Etats fédérés et personne ne se pose la question.

        De plus il faut présumer que les loi votées en France sont profitables aux français. Sinon, il ne faut pas les voter ou les abolir.

        Cela ne change rien au fait qu’il est toujours profitable d’acheter ce qui coute plus cher à produire soi même.

        C’est comme cela que l’homme progresse. Le médecin fait faire son mur par un maçon dès lors que cela est plus rentable pour lui.


        • Wilmotte Karim Le 26 septembre 2013 à 21h19
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          “C’est le cas des Etats fédérés et personne ne se pose la question.”

          Exemples?


    • Jean-Luc Le 26 septembre 2013 à 17h32
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      Le protectionnisme sert à contrecarrer les différences salariales, fiscales, économiques, qui existent entre les pays, il me semble.
      Au sein d’un même pays, entre les régions, il n’y a pas de différences de cet ordre qui justifierait un quelconque protectionnisme.

      Pour le reste, vous trouvez que les voitures sont moins chères depuis qu’elles sont produites massivement dans des pays à bas coûts de production ? Idem pour le textile ?


      • SJA Le 26 septembre 2013 à 17h56
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        Bien sur que les différence existent entre les régions.

        Par exemple, les abricots coutent moins cher à produire dans le Lot et Garonne que dans le Nord.

        Les maraichers du sud ont besoin de moins de travail, du fait du soleil, pour produire des abricots que ceux du Nord qui doivent utiliser des serres.

        De ce fait le kilo d’abricot du Nord coute plus cher que celui du Sud.

        Est ce que le préfet du Nord taxe les abricots du Lot et Garonne pour défendre les producteurs d’abricot locaux obligeant les lillois a payer plus cher les abricots ?

        Non, car cela reviendrait à faire payer aux lillois le soleil que les producteurs du Sud ont gratuitement.

        En revanche, les maraichers du Nord inondent le lot et Garonne de betteraves.

        Et le fait que les lillois achètent moins cher les abricots leur permet d’acheter aussi de la betterave.

        Vous voyez, sans protectionnisme, les habitants de Lille et d’Agen achètent plus de betterave et d’abricots que s’il y avait des taxes au passage qui n’iraient que dans la poche des seul producteurs.


        • Jean-Luc Le 26 septembre 2013 à 18h21
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          Vous parlez du soleil, je parle des coûts salariaux et sociaux.
          Nous ne sommes pas sur le même registre, faire pousser des bananes sur le Champs de Mars ne sera jamais très “rentable” pour le consommateur, je vous l’accorde.
          Mais ce n’est pas vraiment sur les atouts géographiques que les économies sont faites, la plupart du temps.

          Néanmoins, un salarié agricole dans le Lot et Garonne coûte plus ou moins le même prix qu’un salarié agricole dans le Nord, le carburant est plus ou moins au même prix partout, les infrastructures sont plus ou moins les mêmes …


          • SJA Le 26 septembre 2013 à 18h48
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            cher Jean-Luc,

            Si les français préfèrent avoir des charges salariales élevées plutôt que de vendre des voitures dans le monde c’est bien qu’ils y trouvent un intérêt.

            Ce qui est sur c’est quelque soit le coût du travail, il sera toujours préférable à un français d’acheter un produit moins cher et il est toujours préférable d’importer un produit que de le produire à un coût supérieur.

            Le protectionnisme appauvrit celui qui le pratique car à quantité de travail constant, il obtient moins de biens.

            Si votre rentabilité diminue du fait d’un travail trop couteux et donc moins rentable, de toute façon vous accèderez à moins de biens parce que vous produirez moins.

            Le protectionnisme ne changera rien à l’affaire, il ne fera que précipiter la ruine en vous faisant obtenir moins de biens à travail équivalent.


          • norbix Le 27 septembre 2013 à 09h42
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            @SJA
            Sauf qu’on peut très bien considérer qu’une fiscalité réduite, l’absence de protection sociale etc… le jeu sur la monnaie, sont des formes de protectionnisme.
            Votre raisonnement s’en trouve légèrement mis en perspective.


          • Benjamin Franklin Le 27 septembre 2013 à 11h33
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            @norbix
            Les magouillages monétaires, opérés par les Etats via leurs banques centrales, sont effectivement une forme de protectionnisme.

            Et il est également possible à un Etat de faire du “dumping fiscal” en guise de protectionnisme déguisé, comme vous dites.

            Cependant, de la même manière que la concurrence fait tendre les prix non pas vers zéro, ce qui ruine définitivement le commerçant, mais vers le coût de production d’un bien, la concurrence entre Etats fait tendre les niveaux de fiscalité non pas vers zéro, mais vers le coût des services étatiques réellement nécessaires à la production des biens exportés. Pour le faire descendre en dessous, un Etat doit forcément arracher des ressources ailleurs, en taxant lourdement l’économie non exportatrice par exemple, ce qui est complètement opposé à l’esprit du libre-échange.

            La question suivante est alors : les services fournis actuellement par l’Etat (éducation, formation, soins de la force de travail et du cadre social, protection juridique et physique des biens et des personnes), qui se retrouvent dans le produit exporté, sont-ils à la hauteur du niveau de fiscalité ?


    • olivier69 Le 26 septembre 2013 à 18h32
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      bonjour SJA,
      Sujet bien compliqué : bonne question ? :)
      Les US pratiquent un protectionnisme humain (frontière avec Mexique), monétaire (dollar), ….. En effet, il y a plusieurs formes de protectionnisme et jusqu’où ?
      Pour ce qui concerne la taille alors il pourrait y avoir plusieurs structures imbriquées (monde, zones, nations, régions, départements, communes, individuelles) et plusieurs échelons de protectionnisme (des degrés de liberté) fonction de critères (le type). C’est déjà le cas mais les fonctions ou conditions ne sont manifestement pas au bon endroit (désordre). Nous touchons à la sphère de la propriété ! Et donc du rôle et du type d’Etat……
      C’est en effet, un problème de droit. Mais en premier lieu, l’intérêt générationnel prime (alors entre acheter moins cher ou acheter mieux dans le cadre de notre environnement, mon choix est fait). C’est le passage du libre échange au juste échange (le prix est une chose et le produit, une autre).
      Bref, l’intérêt individuel doit passer après l’intérêt générationnel. Pourtant l’intérêt collectif ne doit pas anéantir l’intérêt individuel et vis versa. La loi est un outil si elle est consensuelle, une arme si elle est contractuelle. Et le contrat doit venir après le consensus pour être stable.
      ps : Libre ne veut pas dire juste (juste d’être libre) et juste peut vouloir dire libre (libre d’être juste). La conscience peut-elle se passer d’un environnement : intériorité et extériorité…..


      • SJA Le 26 septembre 2013 à 18h58
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        Cher Olivier,

        La Loi est un outil bien sur.

        Mais dans un Etat de Droit, la Loi ne peut avoir qu’un seul but, empêcher l’injustice (et non pas établir la justice).

        Empêcher l’injustice c’est tout simplement empêcher l’agression.

        Pourquoi ? Parce que je n’ai pas le droit d’agresser. Et les autres membres de la société n’en ont pas le droit n’ont plus. Si je n’ai pas le droit d’agresser, je ne peux (par le vote) demander à d’autres membres (l’Etat) d’agresser pour mon compte d’autres membres de la société.

        Si la Loi suit un autre but qu’empêcher l’agression, elle n’est tout simplement pas la Loi d’un Etat de Droit mais d’un simple Etat légal.


        • olivier69 Le 26 septembre 2013 à 21h27
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          Légitime n’est pas légal ! Un vrai problème….
          Sans agressions, pas besoin de protections. Mais alors pas besoin de lois…..
          La loi ne doit-elle pas définir son champ ? Pas d’injustice sans justice ou l’inverse.
          Le cadre : le consensus, c’est le droit (le légal formalise ou matérialise le contrat).
          Le libre échange est devenu un contrat avant d’être un consensus. C’est un état légal mais ce n’est plus un état de droit (maîtrise des marchés et externalités). Le prix (le nominal) camouffle aujourd’hui la réalité de l’échange (le relatif), c’est donc devenu une agression. Le protectionnisme est parfois un consensus avant d’être un contrat, c’est alors un état de droit.
          Les conditions de l’échange doivent être justes (l’esclavagisme n’est pas pour moi) avant d’être libres. Ces excès ne sont pas ma tasse de thé. L’échange est avant tout un consensus et non un contrat. Sinon, déséquilibre des parties !
          Protectionnisme et libre échange doivent avoir des limites et un cadre. D’ailleurs, je n’oppose pas l’un et l’autre et je préfère les voir comme complémentaires.
          Je ne vous suis pas sur ce coup. :)


        • Wilmotte Karim Le 27 septembre 2013 à 18h09
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          L’état repose sur… la violence (le monopole de la violence légitime).
          AUCUN état ne fait exception…. enfin, si, la Somalie par exemple.


          • olivier69 Le 28 septembre 2013 à 04h09
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            Les états reposent aujourd’hui sur un état légal. C’est un état de fait ! Et qu’ils soient de moins en moins légitimes se traduira par un mouvement collectif (somme des états individuels)…..Instable puisque non consensuel malgré les outils potentiels.
            ps : La JPM préconise d’ores et déjà des dictatures en Europe pour répondre aux probables désordres mais surtout afin de faciliter le dessein programmé. La GS n’a pas besoin de préconiser, elle execute


          • Wilmotte Karim Le 28 septembre 2013 à 14h17
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            To@olivier69

            Désolé, mais je n’ai pas compris la moitié de ce que vous avez écrit.


          • olivier69 Le 28 septembre 2013 à 15h19
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            Bonjour Karim,
            je vous rassure, moi non plus. :)
            La violence légale ou légitime, je comprends pas….
            ps : j’ai beau cherché. Il me manque des paramètres.
            Réflexe inné, acquis, conditionné ?


          • Wilmotte Karim Le 28 septembre 2013 à 23h38
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            “Le monopole de la violence (en Allemand: Gewaltmonopol), plus précisément le monopole de la violence physique légitime (Monopol legitimer physischer Gewaltsamkeit), est une définition sociologique de l’État développée par Max Weber dans Le Savant et le politique qui a été important en sociologie mais aussi dans la philosophie du droit et la philosophie politique.

            Cette expression définit selon lui la caractéristique essentielle de l’État en tant que groupement politique, comme le seul à bénéficier du droit de mettre en œuvre, lui-même ou par délégation, la violence physique sur son territoire.”

            Wiki
            link to fr.wikipedia.org

            La cause première de l’existence de la loi, c’est la volonté de l’état (pas la lutte contre l’injustice).
            Et si les états n’étaient pas en permanence capable d’user de la violence … ils n’existeraient plus. Ou de légitimer celle-ci. Ou d’en conserver le monopole.

            On voit d’ailleurs avec divers états (Somalie par exemple) ce qui peut se produire quand un état n’est plus capable d’imposer son monopole de la violence.


          • olivier69 Le 29 septembre 2013 à 11h58
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            Bonjour Karim,
            Je préfère ma représentation même si elle semble en décalage avec vos propos. La loi est une violence en soi (socio) alors tachons d’en minimiser les effets. Le consensus fait loi ! Le cas de la Somalie est d’après moi inapproprié car l’état ne peut pas exister (ce n’est pas qu’il ne veut pas) avec les paramètres extérieurs. Et se protéger, est-ce une violence ? La violence exercée par l’état est une idée. La violence et l’état ne relèvent pas du domaine des sciences physiques ou biophysiques. L’état représente un cadre et les lois sont les limites. Le type de cadre dépend des meneurs (représentants). Derrière l’état, il y a des hommes. L’état comme prolongement du groupe ? L’autorité d’un meneur peut s’exercer de différentes façons. Sa légitimité dépendra de l’adhésion au message (ou à l’action). Sa légalité est un angle potentiel du cadre. La non légalité d’un état n’empêche pas la loi (celle du plus fort, celle de la transmission,…). Il faut distinguer l’état et les lois. Poussons votre raisonnement à l’extrême, l’état naturel est une violence ? Non, c’est une évolution.
            Penser que le légal est légitime, c’est ne pas oublier que le légitime est légal. Les interactions sont les évolutions et parfois seulement font des tensions mais pas nécessairement. Certains confondent malheureusement tensions et évolutions….
            Un état peut faire référence à quelques choses de statique, de figer. J’aime la métaphore de la photo au sein d’une séquence d’un des films…..Tout dépend du choix de films et de l’avancement de celui-ci comme de sa durée. Il y a des bons et des mauvais acteurs…..


          • Wilmotte Karim Le 29 septembre 2013 à 14h14
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            to@
            olivier69

            Je n’ai pas de problème à ce que vous refondiez la Science-Politique.
            Donc, il ne vous reste plus qu’a réfuter la thèse de Weber.

            Evitez tout de même les “La violence exercée par l’état est une idée”.
            L’Armée, la Police, l’institution pénitentiaire, les Services de Renseignement…
            On peut toujours les considérer, eux et leur action (réelle ou potentielle), comme n’étant que des idées. Mais à la fin, ce sont des idées qui ont une réalité dure et parfois particulièrement brutale. Cela me semble très “réel” et “matériel”.


      • yt75 Le 27 septembre 2013 à 15h09
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        ” monétaire (dollar)”

        Oui, il est clair que le “collatéral” majeur des investissements US ds leur armée et armement, et capacité à assurer la “sécurisation du pétrole”(avec nous plus ou moins), est le marché du pétrole en $, $ monnaie de réserve, capacité à “exporter” du $ à n’en plus finir …


  13. SJA Le 26 septembre 2013 à 16h33
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    Bonne lecture.

    Petite saynète de Frédéric Bastiat : “La Protection ou les Trois échevins”.

    link to bastiat.org


  14. medomai Le 26 septembre 2013 à 21h34
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    @SJA,

    Juste une suggestion :

    Vous fermez votre livre et vous allez jeter un coup d’oeil dans le monde réel.

    Vous faites un tour dans une usine du Bangladesh où on exploite des ouvriers mineurs jusqu’à ce qu’ils aient les mains en sang pour vos jeans, par exemple.

    Ensuite vous allez jeter un coup d’oeil au restos du coeur et vous faites un crochet par l’inévitable usine fermée qui probablement décore la zone industrielle la plus proche de chez vous.

    Ensuite vous réfléchissez une seconde et vous vous demandez si, tout compte fait, ça vaut vraiment le coût d’acheter vos vêtements ou votre voiture 1 euro.

    Moi je dis que votre euro c’est une livre de chair humaine, et que votre vendeur aura du sang sur les mains quand vous lui donnerez.

    ” Moi qui ai quatre mille ans de cannibalisme derrière moi, comme je le sais maintenant, même si je l’ignorais tout d’abord, puis-je espérer rencontrer des hommes dignes de ce nom ?”

    Lu Xun, Histoire d’un fou, avril 1918.


    • SJA Le 27 septembre 2013 à 10h28
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      Vous vous rendez compte que vous me faites la morale en me mettant sur le dos la souffrance des ouvriers du tiers Monde alors que vous souhaitez qu’on leur production soit inaccessible aux français.

      En gros vous souhaitez que leur travail difficile soit transformé par pas de travail du tout.

      Que c’est charitable !!!!

      PS : les travail des enfants est une agression contre ceux-ci, le libéralisme jus-naturaliste conclut à l’interdiction de celui-ci et un boycott de produit fabriquer par des enfants peut être regardé comme légitime.


      • Wilmotte Karim Le 27 septembre 2013 à 18h17
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        Et donc, travailler pour 1dollars/jours, ce n’est pas une agression?
        Ne pas avoir droit à des horaires de travail acceptable, ce n’est pas une agression?
        Ne pas avoir droit aux soins de santé, ce n’est pas une agression?
        Ne pas avoir accès à l’éducation, ce n’est pas une agression?
        Ne pas avoir accès à la culture, ce n’est pas une agression?
        Vivre dans un environnement pollué, ce n’est pas une agression?

        Quant à votre “En gros vous souhaitez que leur travail difficile soit transformé par pas de travail du tout.”… Juste suivi par une tirade sur le travail des enfants…

        Il se trouve que votre phrase citée dans le paragraphe précédent… contient le type d’argument qui était donné pour maintenir… le travail des enfants. C’est ballot, non?


        • SJA Le 07 octobre 2013 à 16h52
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          La pollution est une agression.

          Et c’est une agression qui est plus répandu dès que les terres appartiennent au collectivité plutôt qu’à des personne physique.

          vous remarquerez d’ailleurs la déforestation concerne les forêts publiques qui n’appartiennent à personne et non les forêts privée.

          Même chose pour les ressources de la mer qui n’appartiennent à personne et sont donc pillées.

          Quant au travail des enfants, n’ayant pas de capacité juridique leur travail est une agression.


  15. Lionel Le 27 septembre 2013 à 15h09
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    Après avoir été bomabrdé d’anti-keynesianisme primaire sur Zerohedge.com pendant des années, voila de quoi réfléchir un peu…

    Merci!


  16. Patrick Le 29 septembre 2013 à 09h11
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    Pour moi qui suis libéral donc, pour la liberté et la responsabilité, donc contre le risque limité dirigeants et associés sur leur patrimoine personnel (SA & co), des politiciens …

    La seule partie de ce texte susceptible de faire avancer la science économique est celle-là:

    “Il y a un véritable divorce entre les propriétaires et les vrais gestionnaires lorsque, par suite de la forme juridique des entreprises, leur capital est réparti entre d’innombrables individus qui achètent des actions aujourd’hui, les revendent demain et n’ont ni la connaissance ni la responsabilité de ce qu’ils ne possèdent que peu de temps. C’est déjà grave à l’intérieur d’un pays, mais les mêmes pratiques étendues à l’échelle internationale deviennent intolérables en période de tension”

    Le reste, a quelques exception prés, et plutôt de nature à la faire reculer. Heureusement qu’après la guerre, les hommes ont retrouvé la raison et ré-ouvert les frontières.

    Notez que si le risque limité pour société disparaissait, les les plus grosses entreprises serait à ce jour, en l’état des techniques juridiques, des SCA, donc sensiblement plus petites que les géants au pieds d’argile qui sont probablement la cause principale des émotions protectionnistes de Keynes…

    « Si la personnalité légale était conférée aux sociétés, il était naturel de leur conférer tous les pouvoirs que les personnes physiques possèdent. Ceci ne me semble pas être une conséquence naturelle et évidente. Au contraire, cela fait de l’institution de la propriété quelque chose de tout à fait différent de ce qu’elle est normalement censée d’être. […] La création d’une personnalité juridique capable de contracter, dont répondrait le patrimoine propre de la société, et non l’ensemble du patrimoine des propriétaires, requérait une action législative particulière. En ce sens, la responsabilité limitée est un privilège, et c’est un argument valable de dire que c’est à la loi de décider dans quelles conditions ce privilège doit être accordé. »
    Fredrich Von Hayek, Essais de philosophie, de science politique et d’économie, 1967


    • Wilmotte Karim Le 29 septembre 2013 à 14h18
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      “les géants au pieds d’argile ”

      Étonnant, quand on laisse le capitalisme “seul”, il finit en monopole ?!


      • Patrick Le 29 septembre 2013 à 17h11
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        J’ai déjà entendu cette théorie.

        J’attend qu’on me liste les monopoles qui existeraient sans soutient étatiste.
        SNCF, SECU, EDF… ha ben non ça ça ne va pas, c’est pas capitalistes.

        Il est claire par contre que toutes les idéologies anti-capitalistes qui prétendent se mêler de production, commencent par le monopole.


        • Wilmotte Karim Le 29 septembre 2013 à 18h29
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          Standard Oil et tout les trusts de la Terre?

          Mais vous pouvez rajouter les oligopoles aux monopoles, si ça vous chatouille.

          Juste une question, les OPA et la concentration du capitale sur “les marchés arrivés à maturité”, c’est aussi de l”‘idéologie anti-capitaliste”? Si oui, je lirais les textes des économistes expliquant que tel marché est en cours de consolidation avec un regard nouveau…


          • Patrick Le 29 septembre 2013 à 22h59
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            Standard oil, n’a jamais été un monopole, ni par la loi ni par ses effets.

            Le marché été ouvert à la concurrence, il n’a bénéficié d’aucun privilège interdisant à d’autres de faire la même chose. Ni par ses effets, Standard oil à fait baisser les prix de moitié, avec un produit innovant, standard comme son nom l’indique, nécessaire à la machinerie industrielle demandeuse de normes, et des gains d’échelle considérable. Avec l’arrivée de l’électricité, il serait tombé si l’automobile n’était pas apparu.

            En théorie économique un monopole est une entreprise qui opère sur un marché fermé (par la loi et la violence) et capable ainsi de monter ses prix en réduisant son offre.

            Si vous voulez ajouter les oligopoles, on peut prendre FT, SFR, BT, longtemps protégées par la loi de l’arrivé d’un 4e opérateur.

            Notez que je suis comme indiqué dans mon poste d’origine opposé au privilège de risque limité, ce qui ne manquerait pas de réduire la taille des grandes firmes et d’en multiplier le nombre donc en en accroissant la concurrence.


          • olivier69 Le 30 septembre 2013 à 00h41
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            Bonsoir patrick,
            Les géants aux pieds d’argile qui détiennent l’ensemble des principaux marchés ! La filialisation n’a rien de concurrentiel et de libéral. J’ai le plaisir de vous apprendre que cette technique a été justement au coeur de la stratégie de Rockefeller , courant XIXieme et principalement par la standard.
            Alors que Keynes n’était pas encore né. Il n’a donc jamais cru à des géants aux pieds d’argile, bien au contraire. La filialisation (par excès de libre échange) l’a principalement conduit à préconiser l’autosuffisance. Vous remarquerez qu’à l’inverse, il reste équilibrer dans la critique puisqu’il dénonce également les dangers du communisme.
            Pour le monopole, voyez vous-même :
            link to fr.wikipedia.org


          • Wilmotte Karim Le 30 septembre 2013 à 22h18
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            Je vous laisse le débat sur l’existence dans la théorie économique du monopole (je trouve juste toujours très facile de manipuler les termes comme une certaine “théorie économique” le fait).

            Par contre, sur le point central, le fait que sur les marchés matures, le nombre d’entreprise baisse tendanciellement?

            A vous de nous montrer que les grandes entreprises n’existent que par le soutien massif des états ou l’usage de la violence.

            Parce que quoi qu’il en soit, la Standard Oil a plutôt bien survécu face aux petites entreprises. Comme souvent pour les géants économiques.


  17. Patrick Le 30 septembre 2013 à 09h14
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    @olivier69
    Il n’y a aucun “excès de libre échange” dans la filialisation. A l’époque néanmoins, cette pratique était nouvelle paraissait scandaleuse.

    Je cite l’article de wikipédia:
    “Les économies d’échelle de la Standard Oil et les ententes secrètes5 sur les tarifs de transport permirent de faire baisser le prix du baril de kérosène de 58 à 26 cents entre 1865 et 1870 ; et si les concurrents maudissaient cette guerre des prix, elle fit le bonheur d’une industrie en pleine croissance. La Standard Oil, qui s’était imposée bien avant la découverte des champs de pétrole de Spindletop, sur un marché dont les seuls débouchés étaient l’éclairage et le chauffage, allait se trouver favorisée par l’explosion de l’industrie chimique. Cette compagnie passait pour posséder ou contrôler toute la filière (concentration verticale).”

    Un “monopole” qui augmente la production et fait baisser les prix, j’en veux bien. Vous allez révolutionner la science éco.

    En revanche et je le répète, il y a pour moi, privilège dans l’irresponsabilité des dirigeants et des associés. Point de vu qui était partagé en France jusqu’en 1967, date de la création de la SA. Et ce privilége permet de créer des société d’une taille bien supérieur à ce qui est raisonnable.

    C’est pour quoi j’ai souligné dans mon premier commentaire ce point de vu interessant de Keynes.

    Notons aussi qu’entre les 2 guerres, le systémes monétaire est profondément abîme, du fait des dettes de guerre et de la politique de la Fed. Ce qui bien évidement, entrave d’autant le bon fonctionnement du commerce international.


    • Patrick Le 30 septembre 2013 à 11h53
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      ERRATA
      *Point de vu qui était partagé en France jusqu’en 1867 avec la création de la SA (et non 1967)


  18. Michel Martin Le 30 septembre 2013 à 12h06
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    “…je ne suis pas responsable de ce que je possède et ceux qui gèrent mon bien n’ont pas de comptes à me rendre. Un calcul financier peut montrer qu’il est avantageux pour moi d’investir quelque part dans le monde où l’efficacité marginale du capital est maximale ou bien le taux d’intérêt le plus élevé. Mais on voit à l’expérience que le fait que le propriétaire soit éloigné de la gestion est préjudiciable aux relations entre les hommes, et que cela provoque tôt ou tard des tensions et des inimitiés qui finissent par réduire à néant les calculs financiers.”
    “Je ne suis pas responsable de ce que je possède” pointe le hiatus entre le droit de propriété et la responsabilité qui devrait s’y rattacher. Le droit privé s’est approprié les atours de la liberté individuelle pour avancer ses pions, pour limiter toute entrave à son action, alors qu’elle est bien souvent responsable de l’oppression de la liberté individuelle (voir ce qui se passe dans les entreprises ou on ne peut pas vraiment dire que la liberté individuelle soit au mieux).
    Il me semble que le minimum que nous devrions exiger pour l’entreprise, c’est que le capital soit co-géré, c’est à dire que l’actionnaire principal ne pourrait pas décider seul des choix concernant la propriété de l’entreprise, qu’il ne pourrait se soustraire au point de vue des employés. La sociocratie d’Endenburg est la seule méthode de management moderne, hiérarchique et participative qui ne s’arrête pas au seuil du capital. Les autres méthodes (lean, agile…) se contentent de caresser l’employé dans le sens du poil, mais ne remettent pas en cause le pouvoir exorbitant (féodal?) de l’actionnaire principal.


    • Patrick Le 30 septembre 2013 à 14h52
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      “l me semble que le minimum que nous devrions exiger pour l’entreprise, c’est que le capital soit co-géré, c’est à dire que l’actionnaire principal ne pourrait pas décider seul des choix concernant la propriété de l’entreprise, qu’il ne pourrait se soustraire au point de vue des employés.”

      Je ne suis pas d’accord, on a déjà des dirigeants et des actionnaires largement irresponsables, vous voulez en plus rajouter des employés qui le sont tout autant !

      Ce qui doit être exigé, est que les dirigeants et les associés (plus juste juridiquement que actionnaires) soient responsables des dettes sur leur patrimoine personnel. ça n’en sera que mieux géré.


  19. olivier69 Le 30 septembre 2013 à 13h36
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    Bonjour Patrick,
    « Un “monopole” qui augmente la production et fait baisser les prix, j’en veux bien. Vous allez révolutionner la science éco. », Je ne prend que les données déjà existantes (les théories eco notamment) et j’en fait une auto-critique qui j’espère est constructive. Loin de moi, l’idée de révolutionner !
    Il serait naïf de penser que la raison première du changement dans les sciences économiques est l’entrée dans une ère nouvelle entre les deux WW (qui est tombé du ciel) et où l’avenir est devenu subitement incertain (néologisme). C’est d’ailleurs pourquoi, l’intégration de probabilités dans les sciences économiques a introduit des aléas. On parle également comme pour toutes les sciences positives de méthode déductive et inductive. Il y a trois opérations : observations des faits, les hypothèses, les vérifications.
    Premièrement, si vous êtes pour le monopole qui fait baisser les prix, vous ne pouvez pas être un libéral à mes yeux. Le monopole est une forme d’Etat qui n’est pas globale (les peuples) mais particulière (une classe sociale : l’élite). C’est pourquoi la démocratie gène considérablement cette idéologie de contrôle. Les marques ne pourront pas remplacer le rôle de la culture dans les normes par le marché. C’est la marchandisation assurée de tout et n’importe quoi !
    Deuxièmement, vous oubliez le rôle du prix (le nominal) qui permet à travers le coût de gérer plus délicatement la pénurie. La rareté (le relatif) se manifeste généralement sur un marché par l’offre et la demande à travers un prix (le nominal). Ainsi, le coût sur un marché a un rôle majeur (par répercussion) car il permet d’amortir les chocs économiques en détournant les acteurs vers la substitution. Je suis donc contre la maîtrise des prix sur un marché car elle aboutit à des positions de domination. Le consensus de l’échange disparaît dans le déséquilibre assuré des parties (acheteur/vendeur).
    Faire le bonheur d’une industrie n’est pas faire le bonheur des peuples. Le « pricing » nous interpelle car il s’agit de découvrir dans quelle mesure un sujet économique subit le prix de marché, ou au contraire impose aux autres, son propre prix. Ainsi, la théorie ‘activiste » ou « stratégique » du prix a été associée au régime du petit nombre, cad l’oligopole.
    Par contre, la concurrence exige le grand nombre, la condition d’atomicité (indépendance des acteurs), la fluidité (liberté des participants : acheteur/ vendeur), la transparence (l’information). Malheureusement, la concurrence réelle est toujours incomplète. Aujourd’hui, elle n’existe carrément plus. C’est pourquoi, la concurrence est une assurance qui permet aux peuples de conserver le pouvoir de l’Etat (contrairement aux apparences) plutôt que de le perdre au détriment d’une classe sociale particulière qui ne voit que son profit. Je vous rappelle que les oligopoles ont les moyens de s’acheter des nations entières !


    • Patrick Le 30 septembre 2013 à 14h43
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      -”Premièrement, si vous êtes pour le monopole qui fait baisser les prix, vous ne pouvez pas être un libéral à mes yeux.”

      Pour qu’il y ait pas de monopole, il suffit que l’entrée sur le marché soit libre. Le monopole permet de REDUIRE la production tout en AUGMENTANT ses prix.
      Le modèle de concurrence “pure est parfaite”, lubie mainstream, ne fait pas partie du paradigme autrichien, l’atomicité n’existe pas, l’information n’est pas gratuite, pour nous elle est inapte à expliquer la réalité.

      Je suis libéral Autrichen, donc CONTRE le monopole, et la standard Oil n’était pas un monopole (sauf pour des journalistes en mal de lecteurs). La poste en France était un monopole, La SNCF en est un, la SECU en est un, etc. Si vous vous voulez exercer leur activité, les flics viennent chez vous. Ils sont nécessairement protégé par l’Etat.

      -”On parle également comme pour toutes les sciences positives de méthode déductive et inductive. Il y a trois opérations : observations des faits, les hypothèses, les vérifications.”

      Pour l’école autrichienne, on ne peu pas faire de la bonne économie avec les méthodes de la science expérimentale. L’être humain en société ne peut pas faire l’objet d’expérience (sans parler de l’obstacle moral), il apprend, s’adapte, il n’y en a pas deux pareil, etc.

      -”C’est pourquoi la démocratie gène considérablement cette idéologie de contrôle. ”

      si vous appelez démocratie, le régime monarco-oligarchique Français, c’est objectivement une grosses source de monopole.

      Le reste de votre post, me parait assez confus.


      • olivier69 Le 30 septembre 2013 à 15h47
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        Patrick,
        La confusion vient d’un jeu pervers entre le fond et la forme. Vous nous dites que nos dirigeants politiques empêchent les oligopoles de faire fonctionner les lois de l’offre et de la demande ? Qu’ils empêchent le marché de fonctionner correctement, librement et donc avec efficience économique ? Vous êtes naïfs au point d’oublier que si l’état n’exerce plus son rôle de contre pouvoir envers le monde marchand, c’est bien à cause de la puissance financière des oligopoles. L’aller-retour entre les conseils d’administration des grands groupes et de l’état est une vue de l’esprit confuse ? Qui a le pouvoir réel de création monétaire, aujourd’hui ?
        Je vous cite : “Pour qu’il y ait pas de monopole, il suffit que l’entrée sur le marché soit libre. Le monopole permet de REDUIRE la production tout en AUGMENTANT ses prix.” Là, vous avez un temps de retard ou vous êtes dans l’angélisme. Une stratégie commerciale bien connue consiste à justement baisser les prix afin d’empêcher tous les nouveaux arrivants (asphyxie). C’est la maîtrise des marchés !
        Mais vous parlez du monopole d’une entreprise sur un marché (cela ne sert à rien car il y a des lois pour justement empêcher dans la forme les positions dominantes) alors que je parle du monopole d’un marché sur les entreprises (oligopoles et filialisation qui permettent de contrôler un marché dans le fond).
        Vous ne vous positionnez d’ailleurs pas sur l’oligopole et la filialisation ? Pourquoi ?
        Oui, le monopole d’Etat est une façon de garder certaines activités stratégiques (un secteur) afin de permettre à l’ensemble des agents d’une nation ou d’un territoire d’en profiter. C’est de la solidarité au sein d’un peuple (importante lorsqu’il est question des besoins primaires notamment).
        A l’inverse, La filialisation des firmes est une façon de s’accaparer les activités stratégiques afin de permettre à seulement quelques uns d’en tirer le maximum de profits. C’est de la solidarité au sein d’une classe sociale dirigeante (dominante, élitiste, prédatrice et dominatrice).
        Le combat ou l’opposition Publique et Privée, c’est de l’enfumage ! Cela permet de détourner les peuples des vrais intérêts d’une classe qui ne pense qu’au profit au détriment de l’environnement et des peuples….
        Je ne suis ni pour l’excès de l’un, ni de l’autre mais il semblerait que vous avez manifestement choisi votre camp. Pas libéral, non, mais malheureusement plutôt monarco-oligarchique ….


        • Benjamin Franklin Le 30 septembre 2013 à 17h26
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          Donc ce que vous nous expliquez, c’est qu’une entreprise dominante dans un secteur, pour empêcher l’entrée d’un nouvel arrivant, doit baisser ses prix en dessous de ce que le nouvel arrivant pourrait proposer. C’est bien ça ?

          Mais c’est assez merveilleux dites-moi. Donc finalement, pour qu’un monopole privé se maintienne, il est obligé de maintenir en permanence les prix en dessous de ce que risquerait de proposer la concurrence potentielle. Personnellement, en tant que consommateur, je dis banco !

          C’est amusant, vous évoquez la nécessité de maintenir les besoins primaires d’un peuple au sein de monopoles publics pour assurer que l’ensemble de la société puisse en profiter. Je pense qu’on peut difficilement faire plus primaire comme besoin que l’alimentation. Vous connaissez beaucoup de monopoles publics de l’agriculture qui n’ont pas tourné à la famine ?


          • olivier69 Le 30 septembre 2013 à 18h22
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            Bonjour Benjamin,
            Pourquoi, vous nous assurez que par la gestion privée, il n’y aura pas de famine ? Ce n’est ni un problème de publique, ni de privée ! D’ailleurs, les engrais et maintenant les OGM devaient éradiquer la faim dans le monde.
            Ah, les promesses ! Ce ne sont pas elles qui mettent la soupe dans les assiettes.
            L’autosuffisance de la France en matière alimentaire n’est pas un réel problème sauf si les multinationales se comportent comme elles le font en Afrique. Si vous ne voyez que le prix alors achetez un prix ! Prenez votre monnaie pour acheter une autre monnaie. Sauf que la sphère des marchandises réagit à terme et inévitablement aux prix relatifs (la rareté). Venez pas vous plaindre que les pénuries ne pourront pas être correctement anticiper (enfin, cela dépend pour qui ?) et que les externalités négatives sont en train d’exploser. Le peuple pourra alors vous rendre la monnaie de votre sou !
            ps : c’est vrai que dans les situations les plus critiques, la libre circulation des hommes permet toujours de voyager….
            Au fait, vous ne m’avez pas répondu pour les dettes publiques du Japon ? Elles font parties des dettes des ménages ?


          • olivier69 Le 30 septembre 2013 à 18h37
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            Quel type de consommateur êtes-vous ? Certainement pas celui qui cherche un prix ! Vous êtes charitable, nous vous en sommes reconnaissants. Pourvu que cela dure….En tout état de cause, vous n’avez jamais fait de commerce ou plutôt, devrais-je dire : vous en avez trop fait justement.
            ps : La concurrence entre les entreprises ne se fait pas par les prix, nous sommes en plein miracle !
            C’est vrai, elle se fait par la cartellisation. Le fond et la forme…


          • Benjamin Franklin Le 30 septembre 2013 à 23h32
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            @olivier69
            J’ai répondu à votre question sur la dette du Japon sur l’autre fil de commentaires. Non, les dettes publiques japonaises ne font pas partie des dettes des ménages, elles font partie de leur épargne.

            Il se trouve que les engrais et les ogm sont effectivement en train d’éradiquer la faim dans le monde, vu comme la malnutrition s’est effondrée depuis les années 70 (en valeur absolue comme relative).

            Pour le reste, j’ai du mal à saisir le fil de votre pensée, pouvez vous clarifier ?

            Pouvez-nous nous citer quelques cartels privés qui aient tenu plus de, allez, disons 5 ans, sans avoir été aidé par l’Etat ?


          • olivier69 Le 01 octobre 2013 à 02h07
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            Oui, oui, je vous crois sur parole pour les OGM ! Le monde selon Monsanto….
            “les ogm sont effectivement en train d’éradiquer la faim dans le monde”, oui, oui, cela se voit. Le contrôle des masses par les semences, cela vous dit quelques choses. Je vous invite à lire : « OGM Semences de destruction » de William Engdahl. Une vraie fiction !

            Ensuite, « Non, les dettes publiques japonaises ne font pas partie des dettes des ménages, elles font partie de leur épargne. » alors l’épargne des japonais appartient-elle aux japonais ou à la dette des japonais ? J’ai du mal à saisir le fil de votre pensée, pouvez vous clarifier ? Mais seriez-vous prêt à sacrifier votre épargne ? Parce que les dettes qui font partis de l’épargne, c’est de la sémantique ! L’épargne et les dettes appartiennent aux japonais principalement. Bref, saviez-vous que la monnaie est mobile et fluide ? Peut-être que cela vous a échappé ? Le Japon risque fort de devenir un fardeau pour l’épargne mondiale.
            link to japon.aujourdhuilemonde.com
            Vous qui parliez d’une diminution de la pauvreté dans le monde, alors cela doit vous intéressez.

            Enfin, pour me poser votre dernière question sur les liens cartels-état, je pense que vous n’avez pas lu mon post. Puisque sinon vous ne m’auriez pas posé cette question. Comprenez-vous cette affirmation : « Vous êtes naïfs au point d’oublier que si l’état n’exerce plus son rôle de contre pouvoir envers le monde marchand, c’est bien à cause de la puissance financière des oligopoles. L’aller-retour entre les conseils d’administration des grands groupes et de l’état est une vue de l’esprit confuse ? Qui a le pouvoir réel de création monétaire, aujourd’hui ? ». La puissance financière qui s’exerce par le chantage à l’emploi (contre subventions), gage de réussite électorale. C’est un mythe ?


          • Benjamin Franklin Le 01 octobre 2013 à 10h57
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            Sur la faim dans le monde, si vous voulez une source fiable :
            link to les-crises.fr

            On est donc bien passé de plus de la population mondiale sous-alimentée en 1970, à moins de 15% de nos jours, malgré l’augmentation de la population. La famine se trouve concentrée dans la région du monde qui est le moins ouverte à la mondialisation (Afrique), alors qu’en Asie de l’Est, dont l’ouverture ne cesse de s’accroître depuis 1970, elle a chuté.

            Si la faim ne recule pas plus vite, c’est entre autre parce que, contrairement aux idées reçues, le marché mondiale de l’alimentation est assez peu fluide et ouvert, avec moults barrières tarifaires et réglementaires, quand ce ne sont pas les pays occidentaux qui empêchent les africains d’exporter chez eux en subventionnant leur propre agriculture.

            Je vais clarifier l’histoire de la dette des japonais. Les japonais épargnent énormément, entre autres parce qu’ils capitalisent en partie pour leurs retraites. Une bonne partie de cette épargne a été utilisée pour acheter des titres de dette publique, via la répression financière que fait peser l’Etat japonais sur le système bancaire national. Dette publique qui n’a servi à rien, à part gâcher des ressources pour sur-bétonner la campagne japonaise. Les japonais sont donc riches d’obligations publiques, qui malheureusement ne valent pas grand-chose, parce que le gouvernement ne sera bientôt plus en mesure de payer les intérêts, vu qu’il a gaspillé le capital.

            Le Japon n’est absolument pas un modèle de gestion économique. Il a un Etat énorme, mal géré, qui truande la monnaie depuis des décennies. Avec l’arrivée massive à l’âge de la retraite des baby-boomers, son déficit commercial va exploser.

            J’ai parfaitement compris votre affirmation. Ma réponse est que l’Etat n’a PAS à servir de contre-pouvoir au monde marchand. Le monde marchand est l’émanation de la société. Le seul contre-pouvoir qu’il nécessite est la société civile. Pas l’Etat.

            C’est l’Etat qui permet à des oligopoles d’obtenir beaucoup plus de pouvoir que ne leur en confère le simple choix des consommateurs. C’est l’Etat qui pond des règlementations qui permettent aux entreprises en place de bloquer l’entrée de concurrents, c’est l’Etat qui attribue de grasses commandes publiques aux entreprises “amies”. C’est bien parce que l’Etat dispose d’un pouvoir considérable sur les marchés que les grosses entreprises se donnent la peine de l’infiltrer pour détourner son pouvoir à leur avantage.

            Qui a le pouvoir réel de création monétaire aujourd’hui ? C’est l’Etat. L’Etat contrôle sa banque centrale, l’Etat a le monopole d’émission de la base monétaire, l’Etat a mis en place des dizaines de milliers de pages de réglementations bancaires qui paralysent toute concurrence sur le marché bancaire. Les Etats ont mis en place les réglementations internationales qui sont à la base du pouvoir des agences de notations (accords de Bâle), qui sans ces accords n’auraient aucun pouvoir.

            Le chantage à l’emploi contre subventions ? La réponse est simple : interdire les subventions = rendre le chantage inutile.

            Donc je modifie ma question : citez moi des oligopoles qui ne tirent pas leur puissance du soutien de l’Etat.


          • olivier69 Le 01 octobre 2013 à 13h35
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            Premièrement, vous remarquerez que je connais le modèle japonais alors ne perdons pas de temps. “Le Japon n’est absolument pas un modèle de gestion économique” oui ! mais cela va à l’encontre de votre affirmation (dans le billet : la vérité sur l’économie des US part II) sur l’exemple japonais concernant la dette. Vous qui parlez de clarté…..

            Ensuite, l’état est au même titre que le monde marchand, une émanation de la société (l’alter ego). Donc arrêtons la guerre de propagande, concentrons-nous sur la modération.

            La spéculation sur les denrées alimentaires risquent fort d’éradiquer la faim dans le monde, n’est-ce pas ? Regarder donc le cadre des transactions (achats et ventes à découvert) !

            Entre état-oligopole, vous nous faites le coup de l’oeuf et la poule ? Et bien, j’ai le plaisir de vous apprendre que l’oeuf vient justement de la filialisation et notamment de la standard oil ! Pratique, la mobilité et la fluidité (cf le lien plus haut).

            “Le chantage à l’emploi contre subventions ? La réponse est simple : interdire les subventions = rendre le chantage inutile.”, rien que votre réponse, c’est une forme de chantage….

            “C’est l’Etat. L’Etat contrôle sa banque centrale, l’Etat a le monopole d’émission de la base monétaire, l’Etat a mis en place des dizaines de milliers de pages de réglementations bancaires qui paralysent toute concurrence sur le marché bancaire. “. La base monétaire n’est qu’un élément de la monnaie. Vous vous cachez derrière un artifice. D’ailleurs, il n’y a pas d’actionnaires derrière la FED, la BCE, la BRI, n’est-ce pas ? Pas besoin de dizaines de pages pour règlementer la monnaie. Vous parlez d’une partie de la monnaie institutionnelle mais vous oubliez la monnaie fonctionnelle ! Comment croyez-vous que la Grèce et l’Italie sont rentrées dans l’Europe ? Le gré à gré, vous ne connaissez pas. Vous parlez de la monnaie sans en avoir les bases. On peut transformer un mode de fi en monnaie. La monnaie est un troc !
            La monnaie : définition fonctionnelle (instrument d’échange, réserve de valeur, unité de compte), définition essentielle (institutionnelle et fonctionnelle) mais trois dimension minimum (individuelle, sociale, temporelle). La fluidité, la liquidité, le risque, la mobilité sont des propriétés !
            Conclusion : vous ne pouvez constituer une réserve d’achat qu’en un bien dont vous êtes sûr qu’il sera toujours “monnaie”.


          • Benjamin Franklin Le 01 octobre 2013 à 15h41
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            Relisez moi alors. J’ai écrit que le Japon est un contre-exemple de la théorie “modération salariale implique explosion de l’endettement des ménages”. Je n’ai écrit absolument nulle part qu’il s’agissait d’un modèle.

            L’Etat n’est pas forcément une émanation de la société. Il est une émanation de la majorité des votants. Et encore, de la majorité relative des votants. C’est un peu court pour prétendre régenter l’ensemble des citoyens.

            La spéculation d’une manière générale tend à lisser les prix autour de leur tendance moyenne. Si vous cherchez un marché alimentaire où la spéculation a été interdite, je vous invite à vous renseigner sur le marché de l’oignon américain. L’Onion Futures Act de 1955 a interdit les contrats à terme sur les oignons. Le résultat c’est une volatilité hallucinante des prix. Ce n’est pas la spéculation qui réduit la faim dans le monde, c’est le progrès technique et matériel généré par l’investissement capitaliste. La spéculation ne fait que réduire la volatilité.

            Sur Standard Oil, je vous invite à lire ceci : link to fr.wikipedia.org
            “Les économies d’échelle de la Standard Oil et les ententes secrètes sur les tarifs de transport permirent de faire baisser le prix du baril de kérosène de 58 à 26 cents entre 1865 et 1870 ; et si les concurrents maudissaient cette guerre des prix, elle fit le bonheur d’une industrie en pleine croissance”
            Donc l’entreprise détient un monopole parce qu’elle vend un bon produit à bon marché. CQFD.
            Sur la version anglaise de la page, on peut également constater qu’après avoir contrôlé 91% de la production de pétrole américaine en 1904, sa part de marché était tombée à 70% en 1906 et 64% en 1911, année de la dissolution. Ca fond vite, un monopole attaqué par la concurrence. Donc je vous réinvite à me donner des exemples d’oligopoles qui ont duré sans aide de l’Etat.

            “rien que votre réponse, c’est une forme de chantage…” Et pourquoi donc ? Pourquoi les entreprises devraient-elles toucher des subventions de l’Etat pour fonctionner ? C’est au consommateur seul de juger si une entreprise mérite de gagner de l’argent. Donner à l’Etat le pouvoir de distribuer des subventions, c’est la porte ouverte au clientélisme.

            Le président de la Fed et les gouverneurs sont nommés par le président américain. Les bénéfices de la Fed sont reversés au Trésor américain. Il est obligatoire pour toute banque opérant dans plus d’un Etat d’être affiliée à la Fed. L’Etat américain garantit le monopole d’émission du dollar par la Fed. Et vous allez me faire croire que la Fed n’est pas une émanation de l’Etat ? Idem pour la BCE, et la quasi-totalité des banques centrales. C’est l’Etat qui leur confère un pouvoir de monopole d’émission.

            C’est quoi votre définition de la monnaie ? La situation actuelle, depuis l’existence des banques centrales, c’est la suivante : les banques commerciales créent des lignes de crédit qui se transforment en dépôts. Les clients ne s’intéressent à former un dépôt que s’il est rémunéré (dépôt à terme) ou couvert par de la base monétaire (dépôt à vue). La banque centrale a le monopole d’émission de la base monétaire, et la loue aux banques commerciales. Donc tout crédit génère un dépôt, et tout dépôt coûte de l’argent à la banque, les banques n’émettent du crédit que si l’intérêt qu’elles touchent dessus est supérieur au coût des dépôts. Les banques centrales -contrôlées par les Etats- pissent de la base monétaire à prix cassé, beaucoup moins cher que ce que coûtait l’or avant l’ère de la fiat-monnaie. De fait, elles subventionnent donc les banques, qui peuvent émettre du crédit à un coût artificiellement bas pour elles.

            Et je ne parle même pas de la garantie de sauvetage des banques par l’argent du contribuable, qui est une autre forme de subvention de l’Etat aux banques.

            Conclusion : c’est l’ingérence de l’Etat dans la monnaie qui génère les flots de pognon facile dont profitent les banques.


          • olivier69 Le 01 octobre 2013 à 17h09
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            Bon, relisez ce que vous écrivez ! Notamment sur la dette et l’épargne….
            Je vois bien que vous vous énervez. Vous êtes tellement dans « la précipitation » pour affirmer vos inepties que vous ne prenez plus la peine de lire correctement le fil des post (attention aux 3 conseils de Keynes si toutefois vous avez lu le billet). En effet, vous n’avez même pas remarqué que le lien que vous me donnez, c’est un doublon (cf mon post Le 30 septembre 2013 à 00h41). Alors lorsque vous intervenez dans une discussion, prenez au moins la peine de lire respectueusement par simple pragmatisme, svp !
            Je vous suggère de regarder le documentaire proposé par mr Berruyer “the corporation” pour votre plus grande compréhension. Ensuite, lisez par exemple Keynes et Maurice Allais mais de grâce, arrêtez le shoot avec Friedman, vous allez faire « une overdose » !
            Supprimer les votants et vous aurez votre société ! Une civilisation à votre image….
            Je ne cherche pas à trouver un marché ou la vente à découvert est interdite (l’exception ne fait d’ailleurs pas la règle) mais plutôt à conseiller une interdiction de la cotation boursière continue.
            Comment pouvez-vous faire peser le risque des OGM aux consommateurs ? C’est vrai que vous vous nourrissez sûrement aux farines animales, je présume. Parce que croire que le consommateur a le choix, c’est oublier Bruxelles et sa réglementation.
            « C’est quoi votre définition de la monnaie ? », je pense que vous trouverez un bon millier de livres et sites en tout genre vous expliquant tout cela. Je n’y connais pas grand-chose….
            « Les clients ne s’intéressent à former un dépôt que s’il est rémunéré », heureusement que vous précisez dépôt à terme par la suite parce que pour les comptes à vue ? Croyez-vous que l’on a le choix de se faire payer le fruit de son travail en liquide ?
            « la garantie de sauvetage des banques », oui toujours ce chantage ! Alors il faudrait également savoir si ce sont les banques ou l’état qui a en fin de compte, le pouvoir de création monétaire. Vous qui prônez la clarté ! Pour ma part, je préfère l’interdiction de la transformation bancaire et de la création de monnaie par les banques.
            Conclusion : c’est l’ingérence du monde marchand dans la monnaie qui génère les flots de pognon facile dont profitent les multinationales et oligopoles.
            Vous remarquerez que je ne vous dis pas cqfd….


          • olivier69 Le 01 octobre 2013 à 17h40
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            Relisons ensemble alors :
            “La spéculation ne fait que réduire la volatilité.”, les spéculateurs sont donc nos bienfaiteurs. Ils n’ont rien à voir avec la volatilité des prix. Ce sont les prix qui font la volatilité des spéculateurs, n’est-ce pas…


          • Benjamin Franklin Le 01 octobre 2013 à 18h27
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            Désolé si j’ai remis un lien déjà posté. Mais vous même, avez vous lu ce lien, qui écrit noir sur blanc que le monopole de Standard Oil a fondu tout seul en quelques années sous les coups de la concurrence, et que ce monopole n’a duré que tant qu’il satisfaisait les consommateurs ?

            Friedman ? Pourquoi me parlez vous de Friedman ? Friedman est un rigolo comme Keynes. Je suis partisan de l’école autrichienne, et je vous invite à lire von Mises, plutôt.

            Qui parle de “supprimer les votants” ? Vous, peut-être ? Et que savez-vous de mon image, ou de moi ? Le sens de ce que je dis, c’est qu’aucune majorité n’a la légitimité de bafouer les droits fondamentaux des minorités.

            Et avez-vous une preuve que l’interdiction de la cotation boursière continue apporterait quelque amélioration que ce soit ? Parce que l’oignon américain est lui une démonstration que l’interdiction de la spéculation est nuisible. C’est un fait brut. Je cherche toujours une preuve formelle que ce sont les spéculateurs qui font la volatilité des prix, je n’ai pas encore trouvé.

            “croire que le consommateur a le choix, c’est oublier Bruxelles et sa réglementation” Quel rapport ? Et en plus, là vous m’expliquez que la réglementation va à l’encontre des intérêts du consomamteur. Là dessus, je ne peux qu’approuver !
            Je ne fais peser le risque des OGMs sur personne. A partir du moment où la présence ou non d’ogm est indiqué sur le produit, le consommateur choisit lui-même quel produit il veut acheter. Si les gens ne veulent pas d’ogm, ils n’en achèteront pas et les producteurs d’ogm couleront, c’est aussi simple que ça.

            Vous n’y connaissez pas grand-chose en monnaie, mais vous me sortez quand même un flot de considérations peu claires sur sa “définition fonctionnelle”, sa “définition essentielle”, ses “trois dimensions”, etc.

            Qu’est-ce qui n’est pas clair avec les comptes à vue ? Et ensuite, qu’est-ce qui vous empêche, à chaque fois que vous êtes payé, de retirer intégralement en cash le versement réalisé sur votre compte bancaire ?

            Les banques créent la monnaie secondaire, selon un mécanisme vieux comme le monde qui est la reconnaissance de dette. Vous voulez interdire la création de reconnaissances de dette ?
            Maintenant, ce qui fait qu’une reconnaissance de dette est susceptible d’être acceptée comme moyen de paiement, c’est le fait qu’elle soit couverte par de la monnaie physique. Avant c’était de l’or, maintenant c’est des bouts de papiers à cours forcé par l’Etat. Avant les banques centrales, les banques devaient acheter de l’or à prix fort pour que leurs reconnaissances de dette soient acceptées par les usagers. Maintenant, les banques centrales leur fournissent du papier-monnaie d’Etat pour trois fois rien.

            Je vais écrire “reconnaissance de dette pour une baguette de pain” sur un bout de papier, le signer et l’échanger avec mon boulanger contre une baguette de pain. Vous voulez m’interdire ça ? Parce que la transformation bancaire, ça n’est rien d’autre que ça.

            Encore une remarque : contrairement à la base monétaire, la monnaie secondaire des banques n’a pas cours forcé. Personne n’est obligé légalement d’accepter un paiement par virement bancaire. Qu’est-ce qui empêche donc les citoyens d’échapper au fourbe complot du monde marchand qui aurait fait ingérence dans la monnaie ?


          • olivier69 Le 01 octobre 2013 à 20h28
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            « Standard Oil a fondu tout seul », elle a tellement fondu qu’elle s’est multipliée (la filialisation).

            Oui, je suis d’accord avec vous : c’est qu’aucune minorité n’a la légitimité de bafouer les droits fondamentaux des majorités. Vous voyez, c’est simple et d’une clarté !
            Le système de vote : “C’est un peu court pour prétendre régenter l’ensemble des citoyens.”, alors je veux bien mais que proposez-vous ? La minorité oligopolistique ? Derrière les structures, j’ai l’impression que vous oubliez qu’il y a des hommes !

            Et rajoutons (Le 01 octobre 2013 à 10h57) : “c’est l’état qui permet…” ensuite “c’est l’état qui pond…”, enfin “c’est l’état qui attribue…” en 7 lignes ? On va croire que vous haïssez l’état !

            “A partir du moment où la présence ou non d’ogm est indiqué sur le produit”, vous parlez de quoi ? Du plat qui a voyagé à travers la planète (par exemple dans trois pays différents) associant d’innombrables procédés de transformation (avec des réglementations différentes) et qui termine dans nos assiettes ?

            “Et avez-vous une preuve que”, oui ! Mais vous ? Avez-vous “des preuves” que les spéculateurs n’influencent pas le prix en provoquant la volatilité. Je parle de soupe et vous parlez d’oignons ?

            Lisez ce que j’ai dit à Patrick vis à vis de l’école autrichienne (Le 01 octobre 2013 à 00h01). Vous avez manifestement du retard sur le fil des post, donc je ne peux pas vous le reprocher. Mais je suis bien élevé : j’ai justifié pourquoi je préfère l’école française…

            “Vous n’y connaissez pas grand-chose en monnaie, mais vous me sortez quand même un flot de considérations peu claires”, c’est presque un néologisme.
            C’est certain que votre approche de la monnaie a le mérite d’être clair : La spéculation réduit la volatilité. Les dettes appartiennent à l’épargne. Et pour finir : « Je vais écrire “reconnaissance de dette pour une baguette de pain” sur un bout de papier, le signer et l’échanger avec mon boulanger contre une baguette de pain. », non, non, vous n’avez pas besoin, la liquidité suffit (le nominal : c’est une reconnaissance de dette à travers une promesse d’achat).

            Conclusion : « Vous voulez interdire la création de reconnaissances de dette ? », non, il faut seulement la replacer dans son contexte. (1913, la cartellisation des banksters ?). Au fait, saviez-vous que « le sel » a servi de moyens d’échange !

            ps : « au fourbe complot », ne vous énervez pas. La majorité n’a rien contre vous….


          • Benjamin Franklin Le 01 octobre 2013 à 21h00
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            La “filialisation” ? Qu’est ce que ça vient faire là-dedans ? La TOTALITE de Standard Oil, c’était 91% du marché en 1906, la TOTALITE de Standard Oil, filiales inclues, c’était 64% du marché en 1911.

            Ce que je propose ? C’est simple : les droits naturels. Sûreté, propriété. Ce n’est pas compliqué : le droit naturel, c’est ce qui existe sans intervention d’un tiers. Le droit positif, c’est ce qui nécessite de prendre des biens à un tiers.

            La mission de l’Etat, c’est d’assurer la sûreté des personnes et le respect de la propriété privée et des contrats librement consentis. Ni plus ni moins. Quand il s’étend au-delà, le clientélisme commence.

            Pour les ogm, c’est quand même pas sorcier : vous mettez sur l’étiquette “garanti sans ogm”, “contient des ogm”, ou “susceptible de contenir des ogm”. Le vendeur d’un produit s’engage par contrat sur le contenu de son produit. Le gouvernement fait respecter ce contrat, ni plus ni moins. Le consommateur choisit en connaissance de cause d’acheter ou pas des produits susceptibles ou non de contenir des ogms. Quel est votre problème avec cette vision des choses ?

            Ah, vous avez des preuves ? Je vous en prie, montrez-les.

            J’ai lu ce que vous disiez à Patrick à propos de l’école autrichienne, avant de vous répondre, rassurez-vous. Ce qui me permet de dire que ce que vous lui racontiez n’avait à peu près rien à voir avec la pensée autrichienne. Le fait que vous m’ayez assimilé à la pensée de Friedman m’incline d’ailleurs à penser que vous n’avez pas compris grand-chose de cette école.

            C’est quoi, “l’école française” ? Cantillon, Turgot, Condillac, Say, Bastiat, étaient tous français. Ils étaient tous libéraux classiques, partisan d’un Etat limité à ses fonctions régaliennes. Et ont directement inspiré l’école autrichienne.

            “La spéculation réduit la volatilité”, ça n’a rien à voir avec la monnaie. C’est de l’économie de base, et ça fonctionne aussi parfaitement avec une économie de troc. Les dettes appartiennent à l’épargne, ben évidemment, puisque pour s’endetter, l’Etat a emprunté l’épargne des ménages… La dette de quelqu’un est toujours l’épargne de quelqu’un d’autre…

            Pourquoi n’en aurais-je pas “besoin” ? Je dis simplement que j’ai envie de le faire, et que ce bout de papier constituera de la monnaie, de la même façon que le crédit bancaire n’est qu’un bout de papier où la banque a écrit devoir telle somme en or ou bouts de papier différemment imprimés. Et ce bout de papier est de fait de la monnaie. Vous voudriez m’interdire de le faire ? Vous voudriez interdire le principe de la reconnaissance de dette ?

            Mais je vois que nous sommes d’accord sur une chose : oui, 1913 est une date extrêmement funeste, c’est l’année où l’Etat américain a imposé sa banque centrale, brisant le régime de banque libre qui prévalait alors.

            Rassurez-vous encore, tout peut potentiellement servir de monnaie. Les clopes, les boîtes de conserve, la ferraille, les coquillages. C’est juste une question de consensus entre adultes libres et volontaires.

            Vous vous sentez le porte-parole de la majorité ? Ma foi, vous ne manquez pas d’orgueil !


          • olivier69 Le 01 octobre 2013 à 21h06
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            « Et ensuite, qu’est-ce qui vous empêche, à chaque fois que vous êtes payé, de retirer intégralement en cash le versement réalisé sur votre compte bancaire ? », heureusement que l’on ne fait pas tous la même chose en même temps ! Vous êtes donc pour la paix des finances bancaires. Toujours cette obscure clarté….


          • olivier69 Le 01 octobre 2013 à 21h25
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            Le droit naturel aux externalités ? Est-ce une forme de clientélisme ?
            Ensuite, existe-t-il encore des classiques ? Nous sommes qu’en même au XXIe siècles, j’utiliserai un terme plus approprié : néolibéral (mon post à patrick). Nous vivons dans une économie de troc monétaire si vous êtes à cheval sur les principes. Je n’ai pas les moyens de vous interdire quoique ce soit, voyons ! Vous perdez la raison…
            « Vous vous sentez le porte-parole de la majorité ? Ma foi, vous ne manquez pas d’orgueil ! », C’est presque un oxymore. Mais la tribune ne vous est pas plus spécialement ou spécifiquement réservée ?
            Vous vous sentez le porte-parole de la minorité ? Ma foi, vous ne manquez pas d’exagération !
            Peut-être a-t-on un problème d’humilité ?
            Ps : sérieux, vous travaillez pour la standard ?


          • Benjamin Franklin Le 01 octobre 2013 à 21h53
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            Vous disiez “Pour ma part, je préfère l’interdiction de la transformation bancaire et de la création de monnaie par les banques.” Donc vous êtes partisan du “100% monnaie” ? La seule monnaie ayant cours étant celle émise par l’Etat via la banque centrale ?
            Si c’est le cas, cela signifie précisément que la totalité de votre salaire sera en cash, justement.

            Maintenant, si on ne raisonne pas dans le cas du “100%” monnaie, si tout le monde venait vider ses comptes contre du cash, cela signifierait simplement que les banques seraient contraintes par leur clientèle de couvrir 100% des dépôts à vue avec de la base monétaire. Ca n’a rien de bien magique ou tordu. Ca voudrait juste dire que les banques factureraient assez cher les dépôts à vue, vu qu’elle doit se procurer de grandes quantités de cash pour les couvrir. Alors que dans le système actuel, le fait de ne pas couvrir les dépôts à 100% réduit les frais des banques et leur permet de facturer les dépôts à vue à un prix encore raisonnable.

            Olivier devrait faire quelques billets sur les mécanismes monétaires, ça clarifierait la vision de beaucoup de gens dirait-on.

            C’est quoi le “droit naturel aux externalités” ? Je connais le droit naturel tout court, et je connais les externalités. Les externalités négatives sont une violation de la propriété privée et doivent donc être sanctionnées comme telle par l’Etat régalien.

            Les “classiques” actuels, ce sont précisément les économistes autrichiens. Qui n’ont rien à voir avec les économistes monétaristes (l’école de Chicago) ou néoclassiques, ceux qu’on appelle couramment les “néolibéraux”.

            Vous n’avez pas les moyens de m’interdire quoi que ce soit, fort bien, néanmoins vous en affichez clairement l’envie. Je reprends votre citation : “Pour ma part, je préfère l’interdiction de la transformation bancaire et de la création de monnaie par les banques”. Vous voulez bien interdire quelque chose, non ?

            Je ne me sens le porte-parole de personne à part moi-même. Je ne sais pas si la “majorité” a quelque chose contre moi, je me permets juste de dire qu’à mon avis, vous ne le savez pas non plus.

            PS : Assumez vous les propos “je pense que Standard Oil était un oligopole néfaste pour le consommateur, et qui s’est maintenu pendant des années” ? C’est juste du français, vous pouvez répondre par oui ou par non.


          • olivier69 Le 01 octobre 2013 à 22h55
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            Benjamin,
            Bon, je crois que nous devenons respectivement raisonnables.
            « “La spéculation réduit la volatilité”, ça n’a rien à voir avec la monnaie. », vous oubliez que la monnaie a une dimension temporelle en qualité de réserve de valeur. La spéculation, c’est l’espoir d’obtenir un rendement sur les actifs : un pouvoir d’achat futur.

            Saviez-vous qu’il y a eu une divergence de point de vue des libéraux sur la façon de procéder courant XXè : abstentionnisme ou planisme.
            D’ailleurs, le colloque de W Lipmann à Paris en 1938 (Baudin, Rueff, Van Zeeland, Mises, Hayek, Röpke,..) proposait d’aménager la doctrine. L’ouvrage de Lipmann s’intitule : la cité libre. L’agenda Lipmann indiquait justement les choses qui devaient changées ou être faites pour permettre le fonctionnement régulier des mécanismes libéraux alors bloqués ou gênés. Certains ont conclus à l’abstentionnisme et voyez vous-même le résultat !
            « La mission de l’Etat, c’est d’assurer la sûreté des personnes et le respect de la propriété privée et des contrats librement consentis. Ni plus ni moins. », sauf que ce sont des milices privées aux US (méthode inductive et déductive : observation, hypothèse, vérification) !

            Le planisme c’est : il faut intervenir pour permettre à la liberté de jouer : de là le nom d’interventionnisme libéral. M. Allais avait repris les thèmes en formulant plusieurs propositions. Il faut admettre qu’il y a un problème avec la propriété (importance excessive aux droits).

            « je pense que Standard Oil était un oligopole néfaste pour le consommateur, et qui s’est maintenu pendant des années” ? C’est juste du français, vous pouvez répondre par oui ou par non. », oui, à cause justement des droits de propriétés (le principe de filialisation). Ce n’est pas une histoire de PDM et de prix. Je reste dans la lignée de Allais. C’est l’art et la manière que je condamne….
            Comme je l’ai dit à patrick : la position ne m’intéresse pas, je préfère l’idée.
            Ps : je pense que nos idées ne sont pas si éloignées. Le chemin est différent mais la destination reste la même. J’ai peur que vous passiez à côté de l’objectif, c’est tout.


          • Benjamin Franklin Le 01 octobre 2013 à 23h38
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            La monnaie n’est de réserve de valeur que si les agents économiques le veulent bien, la plupart des monnaies n’ont pas ou très peu de valeur intrinsèque, par rapport à leur valeur faciale supposée. Cette valeur faciale n’est là que parce que quelqu’un l’accepte en échange d’un bien réel. Mais là dessus je ne pense pas que nous soyons en désaccord.

            Je vais juste rappeler quelque chose sur la spéculation : pour tout contrat “future” à la hausse acheté, il y a eu forcément un vendeur de ce contrat, qui lui parie… à la baisse. Et inversement. Chaque fois qu’un spéculateur gagne de l’argent, un autre en perd. On se focalise sur les gros gains spéculatifs, qui masquent les pertes souvent petites mais nombreuses. Quand les spéculateurs dans leur ensemble gagnent de l’argent, c’est uniquement parce que “quelqu’un d’autre” a payé les pertes à leur place. C’est généralement le contribuable…

            Il y a effectivement une pluralité des courants libéraux, et les autrichiens sont loin d’être le courant “dominant” parmi eux depuis un bon siècle. Cela dit, vous ne me ferez pas croire que l’on a suivi “l’abstentionnisme”, quand la part des dépenses gérées par l’Etat dans le PIB a explosé depuis un siècle, et que nous avons abandonné le système de banques libres au profit d’un système monétaire et bancaire largement piloté par les banques centrales et autres accords de Bâle…

            Tant que les milices privées US se contentent d’assurer la sécurité de lieux publics sans “rendre la justice”, il s’agit de services de sécurité, au même titre que les vigiles d’un supermarché européen. Quand ces milices privées se mettent à rendre justice elles-mêmes, là c’est la loi de la jungle.

            L’interventionnisme libéral est une belle idée, mais ce ne sont pas vraiment les excès du libéralisme qu’elle espère corriger, ce sont plutôt les excès du clientélisme, ou du “capitalisme de copinage”.
            Quand une entreprise obtient des subventions, un marché captif ou des commandes publiques préférentielles, ce n’est pas du libéralisme. Quand une banque se fait renflouer par le contribuable, ou obtient de la base monétaire à 0% d’intérêt de la part de sa banque centrale, ce n’est pas non plus du libéralisme. La logique libérale classiqe voudrait qu’une entreprise, y compris une banque, qui ne satisfait pas les consommateurs, fasse faillite, et que rien n’empêche cette faillite.

            Je ne comprends toujours pas votre principe de filialisation, désolé. Si vous vous intéressez à l’idée plutôt qu’à la position, je dirais que l’idée c’est que le monopole d’une entreprise est parfaitement justifiée tant que cette entreprise offre le meilleur service au meilleur prix. Et quand cela cesse d’être vrai, cette entreprise reflue du fait de la concurrence, parce que les consommateurs cessent de la plébisciter. Mais peut être qu’effectivement je rate quelque chose, je ne suis pas sectaire par principe malgré les apparences, et je suis prêt à lire vos explications.

            Il est assez probable que nos idées ne soient pas très éloignées, effectivement. Cela vaut le coup que vous jetiez un oeil plus en détail sur les fondamentaux philosophiques de l’école autrichienne, parce qu’en réalité, on est très, très loin des clichés de l’”homo oeconomicus rationnel”, des “marchés parfaits à l’équilibre”, des équilibres macroéconomiques et autres fadaises.


          • olivier69 Le 02 octobre 2013 à 13h14
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            Bonjour benjamin,
            A mon avis, ce que Keynes et Allais avaient compris :
            En fait, la filialisation permet d’avoir une position dominante constante sur les concurrents potentiels au sein des marchés (et non plus d’un marché). Les mécanismes régulateurs du marché disparaissent de fait. C’est pourquoi, je vous ai parlé du monopole de marché sur les entreprises et les ménages. Rien à voir avec le monopole d’une entreprise sur un marché. L’application, la nature et le type des droits de propriété sont différents. Cela déconnecte les propriétaires des entreprises et limite la responsabilité de l’exercice (externalités). Les coûts de production salariaux peuvent faire l’objet de chantage d’une part et rendent l’optimisation salariale trop rigide aux aléas économiques. Ainsi, les crises de solvabilité interviennent naturellement puisque les gains de productivité ne sont plus correctement répartis (l’endettement ne fait que repousser l’échéance). L’offre a nécessairement besoin d’une demande.
            Les transferts qui s’opèrent entre filiales permettent de sacrifier indéfiniment quelques filiales dans un mouvement perpétuel de création/disparition (coûts sociaux exorbitant puisque répercutés nécessairement dans les cotisations patronales et prélèvements en tout genre). De même, de nombreux coûts sont externalisés à volonté permettant l’optimisation maximale et empêchant toutes concurrences réelles. Ainsi, l’optimisation fiscale permet de transférer les bénéfices comme les coûts d’une filiale à l’autre. Les actionnaires se cachent derrière les droits de propriété et possèdent un volume global mobile et variable de filiales. Avec ce mouvement permanent de création/ disparition des filiales en continue, ils s’assurent contre la concurrence et les lois naturelles du marché (un consensus dans l’échange). Pendant les périodes de crises et de croissances, la taille de la structure gonfle et dégonfle comme les battements du cœur sans jamais disparaître créant un mouvement de concentration des actionnaires. Ce n’est plus seulement des concentrations d’entreprises mais plutôt des concentrations financières d’actionnaires. D’ailleurs la structure des groupes se modifie en fonction des tendances économiques : c’est davantage la flexibilité de l’outil et non du marché (le nombre et la taille : densité des filiales). La concentration des actionnaires et non principalement des entreprises est à l’origine de la concentration des richesses créant des inégalités telles que les crises de solvabilité sont inévitables dans le temps (petites entreprises et ménages). En effet, l’atomicité dans ces conditions ne peut pas exister. C’est la nature des droits de propriété qui ne permet plus aux marchés de se réguler correctement et librement. Pire, c’est l’absorption assurée de certains marchés (notamment porteurs) par les tenants des richesses existantes. La condition de fluidité ne peut donc plus être respectée non plus. Derrière ces structures, ils se cachent pratiquement toujours les mêmes hommes. La dernière condition est la transparence de l’information : comment voulez-vous que dans ces circonstances, l’information soit correctement présentée. La plupart du temps, on ne sait même pas qui se cachent derrière ces structures. Si leurs produits répondent bien aux spécificités annoncées,….Dans ce cadre, nous sommes en mesure de nous demander si les consommateurs ont vraiment le choix ? Ou devrions-nous dire l’illusion de choix ?
            Enfin, même si….vous savez également que le service de la dette pèse sur nos dépenses publiques. Je pense que l’on se trompe de priorités dans le traitement des maux.
            Voilà seulement une infime partie des explications qui me conduisent à entrevoir une solution aux problèmes dans les droits de propriété comme le préconise Allais par l’interventionnisme libéral (je sais, « la pulvérisation » est un terme fort). La tragédie des communs (Elinor Ostrom,) d’un côté et la tragédie de l’individualisme de l’autre….C’est l’usufruit, le centre de gravité.
            Sinon pour la sécurité, regarder SMP sur google ou alors voyez ce lien intéressant :
            link to criminologie.com
            ps : OK pour le coup d’œil. :)


        • olivier69 Le 30 septembre 2013 à 19h04
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          Patrick et benjamin,
          Je tiens à signaler que dans le prix d’une marchandise, il se cache des salaires ! Alors, les emplois de demain dépendent du type de marchandises que l’on désire choisir. Les utilitaristes autrichiens sont des adeptes de la gestion douloureuse des coûts de production. D’ailleurs, dans ce qu’ils appellent “coût de production”, il s’agit principalement de nos revenus (salaires). L’acquisition des autres ressources (matières premières) n’est pas un réel problème pour eux. Il suffit de regarder comment la GD se comporte avec les petits producteurs et comment les multinationales se comportent avec les pays ! Pour eux, le capital humain est une ressource et non un patrimoine. Seuls leur capital circulant et fixe sont importants et constituent une richesse !
          Au moins, les choses ont le mérite d’être claires…..


          • Benjamin Franklin Le 30 septembre 2013 à 23h35
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            Les choses qui ont le mérite d’être claires, c’est que tous les pays du tiers-monde qui se sont ouverts à la mondialisation ont vu le niveau de vie de leur population décoller. Les salaires ouvriers réels ont décuplé en 20 ans en Chine. La pauvreté extrême a reculé en Inde. Les pays qui croupissent encore dans la misère sont précisément ceux qui ne sont pas insérés dans la mondialisation.

            Mais si vous trouvez que vous ne payez pas assez cher vos produits, libre à vous d’envoyer un gros chèque à l’entreprise “éthique” de votre choix, qu’est ce qui vous en empêche ?


          • olivier69 Le 01 octobre 2013 à 00h27
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            Benjamin,
            Vous présentez curieusement les choses. Ils se sont ouverts ? C’est la meilleure du billet ! Non, non, vous êtes entrés sans frapper, ni même sonner. Pratique puisque cela permettait de produire à moindre coût (chantage salarial en occident), de piller les ressources sauvagement (aucunes normes), d’engendrer des profits considérables (voir les externalités),….Et vous me dites que c’était pour leur rendre service ? Vous êtes remarquable….
            On ne s’insère pas dans la mondialisation, elle vient à vous (suivez-vous l’actualité du Moyen orient ?).
            Et la misère, vous ne savez même pas ce que c’est ! Sous quels critères, la pauvreté extrême à reculer ? Ils ont la TV et un polo avec une marque ?
            « Les salaires ouvriers réels » font réellement partis de vos préoccupations, cela ne fait aucun doute…. C’est du populisme !
            ps : Soyez courtois, vous répondez aux questions que l’on vous pose parfois ? Ils en sont où les japonais avec la dette ?


          • olivier69 Le 01 octobre 2013 à 00h40
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            Merci, je vais pouvoir regarder votre réponse. Autant pour moi….


        • Patrick Le 30 septembre 2013 à 22h32
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          @olivier69
          Vu votre positionnement vous allez avoir du mal a m’expliquer, à moi, ce qu’est le libéralisme.

          “Vous nous dites que nos dirigeants politiques empêchent les oligopoles de faire fonctionner les lois de l’offre et de la demande ? Qu’ils empêchent le marché de fonctionner correctement, librement et donc avec efficience économique ?”

          Que nos dirigeants créent entretiennent et promeuvent des monopole et des oligopoles en parfaite connaissance de cause, en mettant des barriéres à l’entrée des concurrents, gros ou nouveau petit challenger Higt-tech, pour servir leurs intérêts carriéristes. Toujours avec les meilleurs excuses, un peu comme quand ils déclarent la guerre (“bien-commun”, “stratégie”, “solidrité”, etc..)

          “Vous ne vous positionnez d’ailleurs pas sur l’oligopole et la filialisation ? Pourquoi ?” Faux,
          J’ai indiqué d’emblée les Télécom (ancien monopole) devenu oligopole, parce que l’entrée d’un 4e opérateur à été empêché au profit des 3 autres et au détriment du consommateur payant BEAUCOUP plus cher.

          Le Monopole permet de produire moins, de presser les fournisseur, et de vendre plus cher aux consommateurs. Il ne sert à rien d’autre. Ce qui l’on, gagnent plus, travaillent moins, s’assurent une sécurité de long terme.
          Que l’actionnaire soit l’état ou des personnes privées, ne change rien à l’affaire. Le but est toujours le même et le moyen est LA LOI.

          “Une stratégie commerciale bien connue consiste à justement baisser les prix afin d’empêcher tous les nouveaux arrivants (asphyxie). C’est la maîtrise des marchés !”
          Cette façon de faire ne concerne PAS les MONOPOLES, puisque ceux-ci sont DEJA protégé de la concurrence par LA LOI.

          “A l’inverse, La filialisation des firmes est une façon de s’accaparer les activités stratégiques afin de permettre à seulement quelques uns d’en tirer le maximum de profits.”
          Et c’est mal à faire du profit ?… votre salaire étant un profit, pensez à vous mettre au chomage.


          • olivier69 Le 01 octobre 2013 à 00h01
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            Bonsoir patrick,
            En qualité de libéral inspiré de l’école autrichienne, je vous invite à « la métaphore du voyageur de calais ». Vous fonctionnez donc avec un modèle simplifié dans un monde simplifié. Pratique !
            Il faut intervenir pour permettre à la liberté de pouvoir jouer : c’est « l’interventionnisme libéral ». Et il convient de redonner au monde un état atomique puisqu’il est coagulé en unités massives. Il faut donc pulvériser pour restaurer les conditions d’une lutte concurrentielle. Ainsi, c’est à l’état qu’il appartient de restituer au milieu cette liberté réelle sans laquelle il ne peut y avoir de véritables mécanismes économiques. Le rôle de l’état est donc primordial et non pas systématiquement parasitaire comme vous semblez le croire. La loi du plus fort ressemble étrangement au type de libéralisme que vous prônez (une jungle et non un marché). L’état se trouve dénaturer de toute substance si ce n’est servir des intérêts très particuliers (une classe sociale et non un peuple). Dans le cadre de la loi, l’état doit pourtant proposer « un planisme concurrentiel » qui permettrait d’organiser la concurrence tout en se souciant d’une équitable répartition du revenu national, notamment par l’annulation du taux d’intérêt.
            Si vous aviez compris les thèses de Maurice Allais, vous sauriez ce qu’est « un vrai libéral ». Celui-ci s’est évolué avec son temps et par exemple devenir un néo-libéral. Il favorise davantage un idéal (une conception) qu’un intérêt (une position) : c’est une version différente du profit ! Vous êtes matérialiste et je suis idéaliste….
            link to fr.wikipedia.org


  20. Boursoforex Le 30 septembre 2013 à 13h54
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    « L’ouverture internationale n’est pas facteur de paix » : il est bien vrai qu’investir dans un autre pays qui n’est pas le sien s’avère risqué et qu’être économiquement indépendant apporte beaucoup plus d’avantages toutefois la confiance doit s’imposer et pourquoi ne pas apporter un autre regard sur le monde car « une parfaite et réelle collaboration de deux pays ou plus est souvent vu comme signe de paix sans pour autant dépendre entièrement de l’un ou de l’autre »


  21. pitioun Le 09 octobre 2013 à 11h21
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    Cher olivier

    avez vous vu le documentaire de keynes diffusé sur BFM buisness ?


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