“Notre propre gouvernement nous a appelés “paresseux”, et nos leaders “PIIGS”, tout comme tous les pays de l’UE. Nos ministres ont essayé de nous faire croire que nous avions tous une responsabilité dans ceci.”

Debtocraccy DettocratieJe vous propose aujourd’hui un film, que je vous recommande particulièrement – afin d’entendre un autre son de cloche.

Dettocratie (Debtocracy / Χρεοκρατία hreokratía) est un documentaire sorti en 2011 de deux journalistes grecs : Katerina Kitidi et Aris Hatzistefanou. Le film traite principalement de la crise de la dette grecque de 2010, et prend pour exemple le cas de l’Equateur, et montre comment ce pays a réussi à s’en sortir grâce à un audit de sa dette et en répudiant une partie de sa dette.

Les fondateurs du projet Debtocracy soutiennent que la Grèce doit suivre la même voie en commençant par créer une commission d’audit de la dette souveraine puis en sortant de l’euro.

Ce film a connu un vif succès en Grèce. Près de 500 000 personnes ont visionné le film une semaine après sa sortie sur internet, plus d’un million quelques semaines plus tard. Il faut également savoir que le projet a été intégralement financé par des donations.

Bon visionnage !


Debtocracy International Version (VO sous-titrée FR)

Site du Film

NB. : vous pouvez choisir une diffusion HD en cliquant en haut à droite de l’image


Interview des réalisateurs, publiée sur Owni.fr :


Né à Athènes, Aris Hatzistefanou, 34 ans, est un journaliste à toute épreuve depuis ses plus jeunes années. Journaliste en Palestine, puis à Londres pour la BBC, son émission de radio “infowar” sur la station grecque Sky Radio, très écoutée, fut arrêtée quelques jours seulement avant la publication du documentaire Debtocracy, dont le message est à contre-courant de la pensée dominante.

Ce projet a attiré l’attention de plus d’un million de personnes en Grèce, et a popularisé une campagne nationale demandant une commission d’audit de la dette publique du pays. OWNI s’est entretenu avec l’homme derrière ce subversif documentaire qui secoue l’opinion grecque, dans une période très difficile pour le pays.

Quelle est l’histoire de Debtocracy ?

L’idée nous est venue après une émission sur Sky Radio sur la manière dont le président équatorien avait géré la dette colossale du pays : il mis en place une commission chargée d’auditer la dette souveraine du pays, et arriva à la conclusion que d’autres pays étaient en train d’utiliser l’Équateur comme un “esclave”, tout comme l’Argentine et d’autres pays avant lui. Par conséquent, le gouvernement équatorien força les créanciers à subir un « haircut » [des pertes, ndlr] de 70%.

Dans le même temps, en Grèce, des gens étaient en train de lancer une initiative similaire, et recherchaient du soutien pour cela. Du coup, mon émission sur Sky Radio entrait en écho avec leur discours. Et beaucoup de gens semblaient se demander si nous pouvions faire la même chose en Grèce.

Katerina Kitidi (éditrice en chef de TV XS) et moi nous sommes alors décidés à produire ce documentaire. Mais nous n’avions pas d’argent, et ne voulions surtout pas demander des financements auprès d’un quelconque parti politique, syndicat, entreprise, ou pire, une banque. Nous avons alors eu l’idée de demander aux gens de nous aider en lançant une campagne de crowdfunding.

Et cela a très bien marché ! Nous avons récolté 8.000 euros en seulement dix jours, ce qui est pas mal du tout en Grèce, surtout dans le contexte actuel.

Au début, ce projet était censé n’être qu’une vidéo de plus sur YouTube ! Mais comme beaucoup de gens nous ont proposé leur aide (des professionnels de l’audiovisuel notamment), et que beaucoup de gens nous ont aidés financièrement, nous avons pu réaliser un véritable documentaire. À un moment, nous avions même tellement de dons que nous avons décidé d’investir dans la promotion du film, ce qui n’était pas prévu.

Alors que ce projet avait été initié par deux personnes, environ quarante personnes ont contribué au final.

Debtocraccy Dettocratie
Katerina Kitidi et Aris Hatzistefanou.

Comment le film a été reçu en Grèce ?

Nous avons eu plus d’un demi-million de vues en moins d’une semaine, et nous sommes aujourd’hui à plus d’un million. Mais en dépit de ce succès, les média grecs n’en touchèrent pas un mot au début. Puis, quand ils ont vu le succès du film, ils ne pouvaient plus faire comme si nous n’existions pas. Il sont alors commencé à nous critiquer et à tenter de nous décrédibiliser. Jusqu’à présent, aucune chaine de télévision n’a parlé de nous, même négativement.

En fait, le jour où ils le feront, c’est que nous aurons gagné.

Quel est le message que vous voulez faire passer avec ce documentaire ?

Nous défendons le point de vue que la situation actuelle n’est qu’une partie d’un problème bien plus global, notamment lié au problème de l’euro. Parce que l’euro est divisé entre son cœur et la périphérie, nous sommes condamnés à souffrir de pertes de compétitivité face à l’économie mondiale, car nous ne pouvons pas dévaluer notre monnaie.

Je ne nie pas que nous avons notre propre part de responsabilité. Le problème de la Grèce est que notre fiscalité ne s’est pas adapté au modèle d’État-providence que nous avons mis en place : les entreprises ne sont pas assez taxées, les déficits ne sont donc pas contrôlés. Nous avons aussi un grave problème de corruption, mais cela reste un détail : nous pourrions mettre tous les politiques en prison, mais qu’est-ce que cela changerait ?

Bref, ce qui se passe actuellement ne peut pas être totalement de la faute des “PIIGS”, comme ils nous appellent.

Nous disons aussi que le modèle allemand n’est pas un modèle à suivre. Ils ont simplement gelé les salaires depuis dix ans ! Ce n’est pas soutenable pour l’ensemble de l’Europe !

Certains disent que votre point de vue n’est pas impartial. Que leur répondez-vous ?

Tout d’abord, nous n’avons jamais prétendu être mesurés. C’est même plutôt l’inverse, puisque nous pensons que nos contradicteurs ont largement eu le temps et l’espace médiatique pour faire valoir leur position. D’ailleurs, leur position n’est pas vraiment équilibrée non plus…

Certains critiquent aussi le fait que l’Équateur n’est pas un bon exemple, car c’est un pays en voie de développement qui a du pétrole. Mais le pétrole ne représente que 25% du PIB de l’Équateur, et nous, nous avons nous aussi en Grèce notre propre pétrole : le tourisme.

Après, on aurait pu prendre n’importe quel autre pays comme exemple, il y aurait toujours des gens pour dire que « comparaison n’est pas raison », même si le contexte est tout de même similaire, avec une spirale d’endettement et l’intervention du FMI. Mais au final, ils essaient juste de faire dériver la conversation afin de ne pas répondre au principal sujet de ce film : la nécessité de créer une commission d’audit de la dette.

À votre avis, que devrait faire la Grèce aujourd’hui ?

C’est clair que la Grèce ne peut repayer sa dette, que celle-ci soit légale ou pas, et quel que soit son montant et son taux d’intérêt. Plus de 350 milliards de dettes, c’est déjà trop. Très ironiquement, les marchés semblent plus lucides que le gouvernement, qui continue de dire que l’on peut trouver l’argent. Mais les marchés ne sont pas stupides. Les plans de sauvetage n’ont en vérité qu’un seul objectif : sauver les banques françaises et allemandes, qui tomberaient si la Grèce faisait banqueroute.

Donc, de notre point de vue, nous ne devrions rien attendre des décideurs européens. Si nous attendons, il sera trop tard pour prendre les mesures nécessaires. Nous devons donc trouver nous même des solutions, et lancer des initiatives.

Une fois que cela est dit, la première chose que nous devons faire et de mener un audit de la dette grecque, de manière à discerner la dette légale de celle qui ne l’est pas. Un certain nombre d’indices tendent à montrer qu’une grande partie de la dette est odieuse, voire illégale. Mais seule une commission d’audit saurait le démontrer. C’est pourquoi nous soutenons complètement cette initiative, même si nous soulignons l’importance que cette commission soit menée de manière transparente et démocratique. Pas par les parlementaires.

Après, nous sommes plus radicaux que d’autres dans nos propositions car nous pensons que nous devrions stopper le remboursement de la dette, quitter l’euro, et nationaliser le secteur bancaire. Ce n’est pas quelque chose de facile à défendre, car cela parait très radical, mais même certains économistes et hommes politiques commencent aussi à étudier ces options.

Nationaliser les banques peut sembler être une proposition communiste, mais j’y vois plutôt du pragmatisme : il faut protéger le pays d’une éventuelle fuite des capitaux vers l’étranger, dans le cas où nous quittons l’euro.

Avez-vous des liens avec d’autres initiatives de ce type en Europe ?

Nous avons été contactés par de nombreux groupes, notamment pour que nous traduisions le documentaire. Ce qui est désormais chose faite. Mais nous ne collaborons pas vraiment avec eux en tant que tel, nous leur permettons simplement de réutiliser notre travail, qui est sous licence Creative Commons.

Comment voyez-vous l’avenir de la Grèce ?

L’année dernière, il y a eu plusieurs soulèvements contre le plan de sauvetage du pays, mais les citoyens sont très découragés depuis. Pendant les dix dernières années, l’opposition n’a jamais rien proposé qui puisse rassembler l’opinion publique. Certains pensent que les grecs se font une raison, mais je sens que l’indignation est toujours bien là, sous nos pieds. Elle n’attend qu’un nouveau prétexte pour être ravivée.

Il est intéressant de noter qu’aucun parti politique n’a le contrôle des mouvements de protestation, et que personne ne guide ce mouvement. Je redoute donc que la situation ne s’enflamme de nouveau, d’une manière violente. Mais il est impossible de prévoir quand et pourquoi.1

Quelle est la suite pour Debtocracy ?</>

Grâce à toutes les personnes qui nous ont soutenus, nous avons collecté plus d’argent que nécessaire pour la production du film. Nous avons donc décidé de créer un compte spécial pour que les gens déposent leurs dons. Si nous n’utilisons finalement pas cet argent pour un nouveau projet dans les six mois, les donateurs seront remboursés.

Franchement, nous ne nous attendions pas à un tel succès avec si peu de moyens. Ce n’était pas facile, mais nous nous sommes prouvé que nous pouvions faire de grande choses avec peu de ressources, surtout quand vous êtes entourés de personnes talentueuses.

Internet nous a beaucoup aidés, mais nous voyons aussi les limites de l’outil. Nous devons aujourd’hui aller à la rencontre de ceux qui ne sont pas forcément sur Internet, notamment à l’extérieur d’Athènes. Si nous n’étions que sur Internet, notre approche resterait trop élitiste. C’est pourquoi nous envisageons de distribuer des DVD et d’organiser des projections dans des théâtres ou des cinémas.

Nous voulons vraiment aller plus loin, faire face aux tabous des médias mainstream grecs. Aujourd’hui, si les gens ne participent pas eux-mêmes à la production de l’information, il n’y aura jamais aucune entreprise de média prête à leur donner la parole.


Synopsis Presseurop :


Tout le monde sur le web parle de Debtocracy, un documentaire des journalistes Katerina Kitidi et Ari Hatzistefanou sur la crise grecque. Tourné avec leur argent personnel et les dons de quelques amis, il est diffusé gratuitement sur debtocracy.gr. En moins de dix jours, près de 600 000 visiteurs l’ont visionné. Chaque jour, partisans et adversaires du documentaire échangent leurs points de vue sur Facebook, Twitter ou sur les blogs.

Les principaux acteurs de ce documentaire (environ 200 personnalités) signent une demande de création d’un comité d’audit international, qui aurait pour but de préciser les raisons de la création d’une dette souveraine et la condamnation de ses responsables. En l’espèce, la Grèce a le droit de refuser le remboursement de sa « dette injustifiée« , c’est-à-dire de la dette constituée par des actes de corruption contre l’intérêt de la société.

Debtocracy est une action politique. Elle présente un point de vue sur l’examen des évènements qui ont conduit la Grèce au bord du gouffre. Les opinions vont toutes dans le même sens, sans contrepoint. C’est le choix des auteurs, qui livrent leur manière de voir les choses dès les premières minutes: « En près de 40 ans, deux partis, trois familles politiques et quelques grands patrons ont conduit la Grèce à la faillite. Ils ont cessé de payer les citoyens pour sauver leurs créanciers. »

Les « complices » de la faillite n’ont pas droit à la parole

Les auteurs du documentaire ne donnent pas la parole à ceux qu’ils considèrent comme les « complices » de cette faillite. Les Premiers ministres et ministres des Finances de ces dix dernières années en Grèce sont présentés comme les maillons d’une chaîne de complices qui ont poussé le pays dans le vide.

Le directeur général du FMI, Dominique Strauss-Kahn, qui s’est présenté aux Grecs comme le médecin du pays, est comparé au dictateur Georges Papadopoulos, Premier ministre sous le régime des colonels, de 1967 à 1974. Le parallèle est établi avec une facilité remarquable dès le début du documentaire, mais le personnage concerné (DSK) n’a pas le droit à la parole.

A la question « Pourquoi ne pas faire intervenir les personnes pointées du doigt ?« , Kateina Kitidi, l’une des auteurs répond que « c’est une question qu’il faut poser à de nombreux médias qui, ces derniers temps, diffusent en permanence un seul point de vue sur la situation. Nous considérons que nous offrons une autre approche, qui manquait depuis longtemps. »

Le public, garant de l’indépendance du film

Pour son collègue Aris Hatzistefanou, c’est l’indépendance du documentaire qui compte: « Nous n’avions pas le choix », précise t-il. « Pour éviter les contraintes sur le contenu du film, qu’auraient exigé les sociétés de production, institutions ou partis auraient certainement exigé, on s’est adressé au public pour assurer les frais de production. Le documentaire appartient donc à nos ‘coproducteurs’ qui ont fait des dons sur internet, et c’est la raison pour laquelle il n’y a pas de problèmes de droits. Notre but est, de toutes façons, de le diffuser le plus largement possible« , explique-t-il.

Le documentaire se sert du problème de l’Equateur et de l’Argentine pour soutenir l’argument selon lequel le rapport d’un comité d’audit peut servir d’outil de négociation pour effacer une partie de la dette, du gel des salaires et des retraites.

« Nous essayons de prendre les exemples de pays comme l’Argentine et l’Equateur, qui ont dit non au FMI et aux créanciers étrangers qui ont mis à genoux, même partiellement, les citoyens. Pour cela, nous avons parlé aux personnes qui ont mené un audit en Equateur et prouvé qu’une grande partie de la dette est illégale« , reprend Katerina Kitidi. Debtocracy évite toutefois de souligner des différences majeures et évidentes entre l’Equateur et la Grèce. Entre autres, le fait que l’Equateur possède du pétrole.

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31 commentaires on « Dettocratie », le documentaire qui secoue la Grèce…

  1. mdn dit :

    …BRAVOS BRAVOS

  2. hema dit :

    @Olivier
    Je vois que vous êtes de plus en plus éclectique dans le choix de vos sujets.
    Dans le domaine des actions et plus seulement de l’analyse, et en se limitant à l’Europe, ce sujet “démocratie et corruption” ,avec les “indignados” en Espagne et la constitution citoyenne en Islande me semblent les sujets les plus intéressants et positifs à suivre, à soutenir, voire à copier.

    Cordialement,

  3. Achille Tendon dit :

    Excellente présentation du fonds du sujet et il serait effectivement intéressant de savoir où sont passés les milliards qui manquent cruellement à l’Etat grec pour mener à bien son réel travail voulu par le citoyen.

    Et il ne serait pas surprenant de constater qu’une grande partie de ces fonds ont été utilisés pour des achats d’armement, entre autres!

  4. Mermin dit :

    Plus vous publiez, plus je me régale car j’ai enfin des documents qui me permettent d’étayer mes théories sur le disfonctionnement du capitalisme que je tiens depuis plus de trente ans.
    Un grand merci pour votre travail, je vous suis maintenant pas à pas.

  5. MBO CH dit :

    Désolé mais je ne peux souscrire à ça. J’ai stoppé le visionnage à 30% tellement ce film m’est apparut arbitraire, partisan, simpliste et réducteur.

    Dans la situation actuelle nous aurions besoins d’un peu plus de réalisme et de sérieux, enfin me semble-t-il.

    La théorie du : “c’est la faute du FMI et de l’Europe” m’apparait totalement absurde, fausse et surtout innoportune.

    Je dois admettre être un peu déçu.

    • MBO CH dit :

      Ma conviction est que jamais la Grèce n’aurait du intégrer l’Euro (ndlr à cette époque et dans les circonstances que l’on connait). En cela c’est effectivement une grande faute de la part des politiques européens d’avoir permis et favorisés cette intégration.

      Pour autant il n’est pas admissible de “vomir” à ce point l’europe sans se remettre en cause. Rien ne dit que si la Grèce n’avait pas intégrée l’Euro elle se trouverait dans une situation plus enviable qu’elle ne l’est actuellement.

      • Alex dit :

        “Pour autant il n’est pas admissible de “vomir” à ce point l’europe sans se remettre en cause” : l’attitude dominante et acceptée est de “vomir” la Grèce ; je crois qu’il vaut voir le documentaire comme une réponse à cette vision, et un réponse est toujours un peu une plaidoirie.

        Je dis ça sans avoir encore vue la totalité du documentaire. Comme vous (mais pas pour les mêmes raisons), je me suis arrêté vers la 30e minute. Quoi qu’il en soit, je ne pense pas qu’il soit plus “simpliste et réducteur” que l’opinion selon laquelle “les Grecs” (quels Grecs ?) se la coulent douce, “ils” ont trafiqué leurs comptes, “ils” ont sucés l’argent européen et maintenant “ils” doivent payer, tandis que nous adoptons tous le “modèle” allemand.

        Il est temps qu’on sorte de cette Europe dont les tares ont trop longtemps été cachées par un idéalisme béat.

    • Certes, c’est engagé, mais bon, quand vous regardez le 20 heures, ce n’est pas engagé aussi – dans l’autre sens, bien entendu… ?

      • Colas dit :

        non Olivier, ce n’est pas comparable aux informations du 20H, ou plutôt DES 20H. Nous ne sommes plus au temps de l’information gaullienne, désolé, d’autres points de vue peuvent se faire entendre sans difficulté. Ne tombons pas dans le poujadisme, qui est aujourd’hui plus à gauche qu’à droite.

        Mais ce documentaire s’il est engagé (il ne s’en cache pas, et c’est très bien ainsi, cela nous donne la possibilité d’être en accord ou pas avec la thèse défendue) nous permet aussi d’entrevoir les futurs probables: une explosion populaire avec arrivée au pouvoir d’angélistes qui vont proposer des solutions qui feront in fine plus de tort que de bien, ou une poursuite dans l’austérité avec un appauvrissement catastrophique pour tous les Grecs.
        La seule sortie vers le haut me paraît consister en un défaut de payement du pays, mais qui serait financé en grande partie par les autres états européens et les créanciers privés (1/3 pour les Grecs, 1/3 pour l’Europe, 1/3 pour les créanciers privés par exemple). Mais je ne sais pourquoi, on ne se dirige qu’à tous petits pas vers cette solution. Peur de devoir l’étendre au cas d’autres pays?…
        Merci en tout cas de nous apporter toutes ces informations !

        • Mais de rien :)

          Je sais que c’est simpliste, mais pour ma part, je ne suis pas d’accord pour payer plus d ‘impôts pour au final rembourser Liliane Betancourt – tant pis si ses investissements fondent, c’est le jeu de tout investissement… :)

          • Colas dit :

            On parle toujours d’Eliane Bettancourt ou des riches armateurs grecs…
            Mais eux ils ne perdront jamais tout.

            Mais mon père, mon voisin retraité, mon collègue qui épargne pour les études de ses enfants, eux ils ont sincèrement cru “qu’un Etat ne peut pas faire faillite” et que rien n’était plus sûr qu’une obligation d’état. Il est vrai qu’ils étaient souvent conseillés par la banque du coin où, là aussi, l’employé croyait vraiment que le plus sûr était une obligation d’Etat. Avouons que c’était d’ailleurs là le credo partout répandu jusqu’en 2008, même dans les banques et compagnies d’assurance.

            Les vrais perdants si l’on se refuse à faire prendre en charge le renflouement de la Grèce en partie par l’impôt, ce seront eux. Et eux c’est nous, car ces cas constituent un pourcentage considérable de citoyens. Tous ceux qui ont de l’épargne détiennent, directement ou indirectement (je pense à l’assurance-vie où c’est l’assureur qui détient des obligations grecques…), des obligations d’Etats.

            Que l’arbre Bettancourt ne cache pas la forêt des petits épargnants, et évitons les slogans ou simplismes, ça n’a jamais servi qu’à couper des têtes, spécialité française s’il en est.

          • Certes, mais un défaut partiel peut fort bien épargner les petits… Je vous rappelle que 80% de la dette publique est détenue par environ 10 % de la population.

            Comme nous prenons en charge la dette grecque, nous emprunterons 15 Md€ de plus, et il faudra encore plus de rigueur : moins de profs, moins de solidarité, moins d’aide aux plus pauvres, diminuer les retraites, etc. Et cela va impacter vos amis…

            Mais le souci n’est nullement la Grèce. C’est ce qui se profile avec les grands pays, et là, il n’y aura plus beaucoup le choix…

  6. hema dit :

    @MBO CH

    “Ma conviction est que jamais la Grèce n’aurait du intégrer l’Euro”
    “Rien ne dit que si la Grèce n’avait pas intégrée l’Euro elle se trouverait dans une situation plus enviable qu’elle ne l’est actuellement”

    En fait vous auriez préféré que la Grèce reste très pauvre, ( de préférence sous dictature ?), manque de pot, ça marche pas non plus (CF pays arabes).

  7. France41 dit :

    La Gréce n’est pas le seul pays à avoir arrangé ses comptes avec ou sans Goldman Sachs.

    Mais pourquoi a-t-elle pu emprunter autant à des banquiers dont le métier est d’appréhender les risques?.

    Je ne pense pas qu’ils ont fait une erreur.Ils savaient dés le début que les contribuables européens paieraient et c’est bien ce qui s’est passé avec la complicité des politiques

    • C’est probable, au moins inconsciemment…

      Il ne faut jamais oublier la notion jurisprudentielle de “soutien abusif” pour un prêteur : vous ne pouvez pas vous plaindre si vous prêtez de l’argent à quelqu’un que vous savez insolvable…

  8. tempsd'agir dit :

    bonjour,

    Crise de la dette ou volonté délibérée de mise en déficit.. Baisse tendancielle de la fiscalité depuis Thatcher et Reagan..
    Il faut mettre les états à genoux, un point c’est tout

  9. BA dit :

    Moody’s dégrade la note de la Grèce à un seuil du défaut.

    L’agence Moody’s a abaissé, lundi 25 juillet, la note souveraine de la Grèce, de “Caa1″ à “Ca”, à un cran du défaut de paiement.

    http://www.lemonde.fr/europe/a....._3214.html

  10. Papy Broussard dit :

    Ce documentaire est en effet partisan, mais heureusement que certains Grecs braquent les projecteurs sur un autre aspect de la dette! Il faut le voir à une réponse à la pensée économique dominante…et à l’humiliation que les Grecs subissent!
    A Colas, qui parle de la diversité des 20H…peux-tu nous dire pourquoi aucun grand média n’a parlé de ce documentaire qui a pourtant rencontré un grand succès? Je l’ai vu il y a un mois grâce à l’ultra confidentiel site http://www.presseurop.eu
    A ma connaissance seul “Courrier international” en a parlé. On aimerait bien que d’autres points de vue se fasse “entendre sans difficulté” comme tu l’écris…mais dans les grands médias. Et pas uniquement de la minorité que nous sommes à profiter d’internet et de cet excellent blog ;)

    • Arno dit :

      Ce documentaire est en effet partisan, mais encore? (simple curiosité)

      • Colas dit :

        petite question à Olivier.
        D’où tenez-vous le chiffre de détention de 80% de la dette publique par 10 % de la population? En disant cela vous sous-entendez que ce sont les riches (à définir !…) qui la détiennent et qu’ils n’ont qu’à payer. Il est donc important d’être précis.
        S’agit-il en outre de la détention directe ou indirecte que j’indiquais? parlez-vous de la dette publique de la France ou des dettes publiques en général, car il me semble que les situations sont très disparates?
        Je vis en Belgique, et j’ai connaissance de chiffres différents.

        Pour ce qui est de la diversité des 20H, je ne suis pas de ceux qui croient aux complots de l’élite, du groupe Bilderberg, de Davos etc… Nous sommes en démocratie, je ne vois pas d’autre système qui ont pu mieux (disons, moins mal) fonctionner, hormis quelques despotismes éclairés fort limités dans le temps et l’espace.
        Personnellement, je suis plus attiré par la radio que par la TV,je peux donc plutôt parler de ce medium. France Inter par exemple offre d’excellentes tribunes aux théories de gauche, quelles que soient les formes qu’elles prennent; et ils proposent aussi quelques émissions qui élèvent l’âme, fort heureusement.

        Merci

        • Estimation personnelle basée :
          1/ sur les chiffres INSEE généraux

          http://www.insee.fr/fr/themes/.....oyendecile

          et surtout ici : http://www.insee.fr/fr/themes/.....ATnon04244 : 64 % du patrimoine total est détenu par les 20 % les plus riches, 76 % par les 30 % les plus riches

          Or le patrimoine est surtout constitué d’immobilier, le patrimoine financier est donc encore bien plus concentré

          2/ sur les chiffres détaillés des USA :

          http://sociology.ucsc.edu/whor.....ealth.html Fig 1 : 83 % du patrimoine financier est détenu par les 10 % les plus riches

          Une estimation de 80 % en France par les 20 % les + riches est donc raisonnable.

          Sinon, nous sommes d’accord : aucun complot là-dessous, juste des intérêts privés bien sentis. Relire Chomsky à ce sujet. : http://www.noam-chomsky.fr/

          Quant au “Nous sommes en démocratie”, je nuancerais par “Nous sommes en démocratie très imparfaite”. Si nous l’étions, nous ne serions pas dans cette situation…

          • RonRon dit :

            Merci pour ce commentaire.

            C’est ce genre de constat que les hommes de bonne volonté tendance droite ont du mal à faire.

            L’accumulation de richesse du moindre footballeur, tennisman, chanteur, star de la télé et même gagnant du loto nous ramène tout droit à la monarchie.

            Une idée originale serait l’emprunt d’état obligatoire, qui s’annulerait à la mort du créancier et pourrait être partiellement remboursé en cas de mauvaise fortune.

            On en est d’ailleurs pas loin avec les emprunts d’états des pays occidentaux qui ne sont et ne seront jamais remboursé.

          • Exact…

            amusant, j’ai lu cette citation de Frédéric Bastiat – pourtant modèle des ultralibéraux :

            Si j’avais le malheur de ne voir dans le capital que l’avantage de capitalistes, et de ne saisir ainsi qu’un côté, et, assurément, le côté le plus étroit et le moins consolant de la science économique, je me ferais Socialiste ; car de manière ou d’autre, il faut que l’inégalité s’efface progressivement, et si la liberté ne renfermait pas cette solution, comme les socialistes je la demanderais à la loi, à l’État, à la contrainte, à l’art, à l’utopie.” [Frédéric Bastiat]

            Bon, ben, désolé, la Liberté seule, ça ne marche pas… Mais le but de sa vision était clair, et bien loin de la réalité néolibérale actuelle, en fait néoconservatrice…

        • Papy Broussard dit :

          Malheureusement on peut compter sur les doigts d’une main les grands médias qui passent des informations contradictoires (et France Inter en fait partie je vous l’accorde!). Je suis frappé de voir le discours lisse des journalistes économiques : généralement ils se content de commenter les informations données par les Gouvernements, sans aucun recul, aucune analyse…Et reprennent en coeur : il n’y a pas de plan B! Je ne dis pas qu’il s’agisse d’un complot mais d’une réalité : les grands médias appartiennent en majorité aux grands groupes financiers ou sont contrôlés directement par les Etats. Oui je pense que la démocratie a besoin d’être rénovée, et les citoyens mieux informés par des médias plus indépendants. Mais ne confondons pas la démocratie et notre système économique actuel. Ils ne sont pas liés. L’exemple de Murdoch en Angleterre nous montre à quel point la démocratie doit être protégée…

      • Papy Broussard dit :

        Je disais partisan car on est bien conscient qu’une partie de la dette grecque est aussi due à des comportements inciviques touchant pas uniquement les élites (travail au noir, fraudes au fisc) et que le documentaire n’en parle pas. Par contre, il pose la vraie question de fond dont personne ne parle : de quoi et comment s’est constituée cette dette. Je suis tout à fait d’accord avec leur vision de “dette indigne” : pourquoi faire rembourser aux citoyens de l’argent qui a été détourné? Pourquoi rembourser aux banques de l’argent qu’elles n’auraient jamais du prêter? Une question simple, si vous investissez 10 000 euros dans une entreprise que vous savez au bord du dépôt de bilan et que vous l’encouragez même à s’endetter encore plus, le jour où elle fait faillite allez-vous demander aux employés de rembourser? C’est pourtant ce que font les créanciers de la Grèce aujourd’hui…

  11. Achille Tendon dit :

    Si vous voulez savoir comment une vraie démocratie fonctionne, jetez un oeil sur la Suisse: bien que loin d’être parfaite (loin s’en faut!) elle montre que c’est tout de même LE CITOYEN qui décide.

    Et nous sommes loin du système des oligarchies “régnantes” des pays qui ont une appellation “démocratique”: l’individu y est considéré comme autre chose qu’un “sujet” !!!

    • Colas dit :

      je rêve aussi parfois de ces votations populaires qu’imposent les citoyens à leurs dirigeants…
      Hélas, ce n’est pas demain que dans un pays encore si jacobin que la France s’installera une vraie démocratie “à la Suisse”.
      Il faudrait pour le moins que la conscience du déclin de la France (pays qui n’a plus gagné de guerre seul depuis Napoléon Bonaparte, hormis les incursions algérienne et autres du 19ème siècle…, ça dit tout) s’ancre dans les mentalités; ça viendra mais cela engendrera-t-il ce type d’évolution, je n’en suis pas sûr.
      Les oligarchies au pouvoir, qui s’y relaient d’ailleurs puisque les unes succèdent aux autres, ne se laisseront pas imposer facilement la marche à suivre.

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