Source : Sciences & Avenir, Lise Loumé, 02.06.2017

Une ONG dénonce l’exportation par la Suisse d’atrazine, un pesticide dangereux et interdit en Europe, vers des pays en développement. La France est elle aussi pointée du doigt.

Au Cameroun, un enfant pulvérise des pesticides sur un champ.
© MICHEL GUNTHER / BIOSPHOTO / AFP

C’est une bombe qu’a révélée l’ONG suisse Public Eye en mai 2017, après s’être procuré des documents confidentiels auprès de l’administration fédérale : la Suisse exporte des pesticides dangereux et interdits sur son territoire depuis plus de dix ans ! Leurs noms ? Atrazine et paraquat. “Ces derniers font partie des pesticides les plus toxiques au monde pour la santé et l’environnement”, alerte l’ONG.

L’atrazine est un perturbateur endocrinien qui affecte le système reproducteur et augmente les risques de cancer. Quant au paraquat, il cause chaque année des milliers d’empoisonnements et est lié à plusieurs maladies chroniques, dont la maladie de Parkinson. Et le plus choquant dans les dénonciations de l’ONG est que ces substances dangereuses ont été exportées entre 2012 et 2016 à l’Argentine, le Brésil, le Cameroun, la Chine, l’Inde, le Pakistan, le Pérou et la Thaïlande. Bref, essentiellement des pays en développement. Mais la France n’a aucune leçon à donner à son voisin, puisqu’elle aussi exporte de l’atrazine vers l’Afrique, l’Asie… Et contrairement à la Suisse, nul besoin de se procurer des données confidentielles : les exportations de l’Hexagone sont rendues publiques par l’Agence européenne des produits chimiques (ECHA) sur son site internet !

142 exportations d’atrazine par la France depuis 2004

Depuis le mois de janvier 2017, la France a autorisé l’exportation de 7 cargaisons d’atrazine vers la Chine, le Pakistan, l’Azerbaïdjan, le Soudan, l’Ukraine et la Suisse. Toutefois, les quantités de produits exportées ne sont pas indiquées. Si l’on remonte dans l’historique des exportations, l’on découvre que l’Hexagone a autorisé au total 142 envois d’atrazine depuis 2004.

Ainsi, l’ONG Public Eye accuse la Suisse et la France – mais aussi les autres États signataires, soit l’Italie, les Pays-Bas, la Belgique et l’Espagne – de violer les termes de la Convention de Bâle et de celle de Bamako. La première interdit “l’exportation de déchets dangereux et d’autres déchets dans les Parties qui ont interdit l’importation de tels déchets”, la seconde stipule que sont considérés comme déchets dangereux “les substances dangereuses qui ont été frappées d’interdiction […] dans les pays de production pour des raisons de protection de la santé humaine ou de l’environnement”. Or le Cameroun, qui a reçu son lot de pesticides dangereux de la Suisse, est signataire de la Convention de Bamako. Tout comme le Bénin, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, l’Ethiopie, le Mali et le Soudan, qui ont reçu au total 33 cargaisons d’atrazine de la France depuis 2004.

“Une violation des droits humains”

“Pour les Rapporteurs spéciaux des Nations Unies[…]

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27 réponses à La France exporte un pesticide interdit sur son sol vers des pays en développement, par Lise Loumé

Commentaires recommandés

Ardéchoix Le 13 juin 2017 à 08h30

@nulnestpropheteensonpays.
Belle analyse, si vous passez en Ardèche, j’ai mis une bouteille d’atrazine au frais pour l’apèro, et des chips goût roundup. 😎

  1. tchoo Le 13 juin 2017 à 06h21
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    La FraNCE produit des pesticides interdit en France vendu en Espagne, achet5par des agriculteu5français, entre autres, et utilisé finaélément en France. L’usine emploi beaucoup de cds qui dès qu’ils sont malades ne sont pas repris, pour éviter d’ être responsable de maladie professionnelle


  2. nulnestpropheteensonpays Le 13 juin 2017 à 08h04
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    ils savent que c’est dangereux , ils veulent les utiliser , où est le problème ? ?


    • Michelle Le 13 juin 2017 à 08h25
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      “ils savent que c’est dangereux….”
      Qui sait qu’ils sont dangereux?
      Ceux qui les achètent pour augmenter leur rendement donc leur bénéfice ou les ouvriers agricoles qui les répandent sans aucune protection?


    • Ardéchoix Le 13 juin 2017 à 08h30
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      @nulnestpropheteensonpays.
      Belle analyse, si vous passez en Ardèche, j’ai mis une bouteille d’atrazine au frais pour l’apèro, et des chips goût roundup. 😎


      • RGT Le 13 juin 2017 à 19h37
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        Le meilleur moyen d’être certain que les produits commercialisés sont sans danger consiste simplement à inviter les actionnaires et les dirigeants des sociétés qui les fabriquent et les commercialisent à en absorber ne serait-ce que la “dose maximale admissible sans danger”…

        L’arroseur arrosé, ça n’arrive qu’au cinéma. Dans la “vraie vie” l’arroseur se met toujours bien à l’abri des goutes à chaque fois.

        Je rêve toujours de voir un “expert” ou le dirigeant d’une grande entreprise boire en public un plein verre d’un “produit inoffensif” qu’il vient défendre bec et ongles contre les “attardés opposés au progrès”.

        Je pense qu’après la première tentative ils se défileront à chaque invitation pour éviter de se retrouver confrontés au problème.
        Particulièrement si l’agonie de l’inconscient suicidaire est filmée et diffusée en direct à une heure de grande écoute.


    • douarn Le 13 juin 2017 à 08h43
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      Voulez vous dire que les enfants de ces agriculteurs savent que l’atrazine se dégrade lentement et se retrouvera dans l’eau?
      Voulez vous dire que ces enfants désirent que leurs parents utilisent ces produits dans une optique de rentabilité de cours terme?
      Voulez vous dire que ces enfants sont d’accord pour prendre des risques vis à vis de leurs santés?

      Avec tout le respect que je vous dois, j’estime que vous devriez laisser votre catéchisme sur l’étagère et réfléchir un peu.

      Ces produits engagent les agricultures de ces pays dans une “révolution verte” peu raisonnable. Faites le bilan de l’agriculture française depuis la WWII : chute de l’emploi, envolée de la consommation d’énergie et de ressources, baisse de la matière organique des sols, érosion, marées vertes, eutrophisation des eaux, problèmes sanitaires (parkinson, cancer), excédents ponctuels alimentaires, gaspillages. Un fois engagée, difficile de faire machine arrière.


      • Vladkr Le 14 juin 2017 à 17h07
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        C’est un moyen cynique et bon marché de se débarrasser des pauvres


    • Dids Le 13 juin 2017 à 08h54
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      Aucun problème puisque les produits cultivés avec ces pesticides sont exportés vers … L’Europe par exemple ! Peut-être avec le label bio ou commerce équitable si le producteur est habile 🙂


    • christian gedeon Le 13 juin 2017 à 11h06
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      J’ose espérer que c’est du deuxième ou troisième degré… si ce n’est pas le cas,c’est grave,non,


    • jp Le 13 juin 2017 à 17h56
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      oh presque rien comme problème. On en boit dans l’eau du robinet, tous, 10 ans près son interdiction l’atrazine st encore présente dans les points de captage !
      et vu les dégâts sur l’organisme humain, “ils” sont des empoisonneurs qui ne peuvent plus dire qu’ils ne savaient pas.


    • lvzor Le 14 juin 2017 à 18h28
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      J’espère que vous prophétez loin… A vrai dire, le plus loin serait le mieux.
      N’oubliez pas néanmoins d’acheter des fruits espagnols, et bon cancer 🙂


    • clauzip12 Le 14 juin 2017 à 23h48
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      Pensez vous que les acheteurs sont les utilisateurs,je veux dire le personnel qui répand le produit?
      Si vous pensez cela ,vous ne devez avoir plus aucun scrupule et vendre tout ce qui rapporte financièrement malgré les réglementations et les connaissances sanitaires.
      Aucun des pays mentionné n’a l’arme nucléaire.Alors pourquoi pas!
      Un jour, les situations peuvent s’inverser et les ressentiments liées aux catastrophes humaines ainsi provoquées provoquent ce que l’on appelle le terrorisme!


  3. Arcousan09 Le 13 juin 2017 à 09h46
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    Je ne vois pas au nom de quel principe nous ne ferions pas participer les pays en développement aux bienfaits géniaux et incontournables de notre chimie …
    C’est l’application littérale de la maxime nationale: Liberté, EGALITE, Fraternité …

    Plus sérieusement il y a du fric à faire et le fric ça se respecte et se vénère …. qu’importe ce qui se passera là bas puisque que ce n’est pas chez nous ….

    Quoi que nous importons de ces pays une bonne partie de la production agricole … arrosée à l’atrazine ….
    Version moderne de l’arroseur arrosé ….


    • nicolas Le 13 juin 2017 à 09h52
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      Je suis d’accord avec vous et je reprends le commentaire précédent de Dids :

      ” Aucun problème puisque les produits cultivés avec ces pesticides sont exportés vers … L’Europe par exemple ! Peut-être avec le label bio ou commerce équitable si le producteur est habile 🙂 ”

      Puis je complète votre propre commentaire :

      ” qu’importe ce qui se passera là bas puisque que ce n’est pas chez nous …. ”

      À côté c’est aussi un peu chez nous et inversement , enfin d’un point de vue environnemental j’entends


    • nulnestpropheteensonpays Le 13 juin 2017 à 15h48
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      et meme si cela se passait chez nous , c’est moi qui débloque ou bien il y a encore du jambon aux nitrites et autres chose délectable sur les rayons de nos supermarchés , du round up a la vente , etc etc et on veut donner des leçons aux pays en voie de développement , sans dec ..


  4. nicolas Le 13 juin 2017 à 09h49
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    La COP 21 qu’ils disaient …

    Clap clap clap !

    J’applaudis …


  5. christian gedeon Le 13 juin 2017 à 11h17
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    Sérieusement,ce genre d’information,qui n’en est pas une,mais juste une divulgation,devrait nous faire réfléchir à la portée du raout mondain qu’est la COP 21 et ses successeurs. Des milliers d’intervenants qui voyagent en jet( mais où est donc passée l’empreinte carbone ) et engagent des frais exorbitants pour se congratuler,alors que tout cet argent serait probablement mieux utilisé ailleurs?! Et qui contrôlera la baise des émissions de CO²? Et qu’en est il des autres polluants,les pesticides fous,par exemple…et de la mainmise de Monsanto entre autres sur le vivant,carrément.La Cop 21 et suivantes sont un enfumage…le réchauffement climatique est certainement un facteur de déstabilisation…mais aujourd’hui,le monde est à feu et à sang,des confins chinois à l’afrique de l’ouest. Quand on a dit çà…


    • nicolas Le 13 juin 2017 à 13h13
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      Surtout quand on voit que les grandes multinationales qui sont appuyées par tous les gouvernements utilisent en fait des prestataires qui eux même en utilisent d’autres pour faire les besognes hyper polluantes.
      On appelle cela le green washing.
      En français ça pourrait se traduire par : on nous prend pour des c…


  6. Le Rouméliote Le 13 juin 2017 à 11h37
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    Ça rappelle furieusement les stocks de sang non chauffés interdits en France et exportés vers des pays tiers comme la Grèce et l’Iraq. Avec les conséquences que l’on sait. Faut pas laisser perdre…


  7. thierry 44 Le 13 juin 2017 à 14h47
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    Où est le problème ?
    L’atrazine et le paraquat sont autorisés et massivement utilisés aux USA, Canada et Australie NZ.


  8. Dva Le 13 juin 2017 à 16h21
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    bof , perso, j’essaye de me comporter le plus souvent en bon ‘ écolo’ mais sans trop me fouler qd même! D’abord , avec toutes les combinaisons possibles et imaginables des sources de pollution …faut pas trop être pointilleux …nous sommes certainement nous même …pollués…reste juste à voir le degré de résistance individuel pour chacun d’entre nous…sinon…personne n’est et ne sera épargné…lol…même le fric n y peut rien ! C’est dire !!! Le reste n’est que de la roulette russe sur l’avenir de l’humanité !


  9. Ghislaine Roudil Le 13 juin 2017 à 17h39
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    Rien de nouveau. En 1993, La Société SOMDIA utilisait de dangereux pesticides pour éliminer les termites qui rongeaient les cannes à sucre au Tchad.

    La Sucrerie était ce qu’on appelait un éléphant blanc car elle ne rapportait pas beaucoup mais faisait vivre beaucoup de monde. A la décharge de la sté, il fallait des cannes à sucre de qualité pour faire tourner la machine !


  10. Vince Le 13 juin 2017 à 20h51
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    Ben du coup Bâle et Bamako ça ne s’applique pas à l’uranium des centrales ? Et puis d’abord ça veut dire quoi exporter ? Genre quand on envoie des déchets nucléaires en Germanie c’est de l’export ou pas ?


  11. Bouddha Vert Le 14 juin 2017 à 01h45
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    Cela s’appelle la mondialisation financiarisée, où, les normes qui empêchent le commerce de s’exprimer, et bien on essaie de ne pas en tenir compte!

    Cette faillite du politique ne trouvera son nouvel élan qu’après un effondrement financier, et il y a peut de chance que la relève soit démocratique.
    En effet, les réserves de ressources renouvelables et celles qui ne le sont pas, indispensables à toute économie, nous interdisent déjà un rythme de consommation de français pour l’Humanité!

    Dans un monde connecté comme le nôtre, et vu la dynamique de changement de notre futur “éternellement en progrès”, il ne faudra pas 10 ans pour comprendre que la fête est finie, et que demain ne sera pas “star-trek”.


    • KK Le 14 juin 2017 à 05h42
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      J’adhère à votre commentaire et complèterais celui-ci avec “ne sera pas star treck’…mais selon moi ce demain ressemblera plus à ‘Elysium’.


  12. Jean-Luc Le 14 juin 2017 à 06h10
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    Titre pervers m’en rappelant un autre :
    La suède doit importer des déchets !
    Signifiait en fait qu’un industriel du recyclage gourmand avait fait construire une unité de retraitement excédant la production nationale de déchets.
    Je ne sais s’il a bénéficié de subsides de l’état mais ça sent la prise en otage.
    Dans le cas présent, des industriels de l’agro-alimentaire font, plus ou moins discrètement, leurs affaires plus ou moins sales, MALGRé la législation du pays (Suisse et France).
    Je pense que, surtout à l’heure de la novlangue, il serait avisé de ne plus faire la confusion entre un pays, ses dirigeants et ses principaux “acteurs économiques”.


  13. Patrique Le 15 juin 2017 à 10h32
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    L’Atrazine n’est pas un pesticide (il ne tue pas la peste) mais un herbicide qui a longtemps été utilisé en France et n’est interdit que depuis une dizaine d’années.
    Par contre le tabac, le haschich sont en vente en France où des utilisateurs les transforment en cheminée d’usine dont la fumée rentre…dans leurs poumons ! Que fait la police…de la pensée ?


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