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5.juin.20175.6.2017 // Les Crises

Pierre Conesa sur l’Arabie saoudite : « Le pays géniteur du salafisme »

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Source : Pierre Conesa, RFI, 23 mai 2017

Ce week-end, à l’occasion de la visite de l’Américain Donald Trump, le roi Salmane d’Arabie saoudite a fait venir une dizaine de chefs d’Etat africains dans son palais de Ryad. Mais de quel partenariat s’agit-il ? Pierre Conesa est un ancien haut fonctionnaire du ministère français de la Défense. Il vient de publier aux éditions Robert Laffont, « Docteur Saoud et Mister Djihad, la diplomatie religieuse de l’Arabie saoudite ». Il répond aux questions de Christophe Boisbouvier.

RFI : Lors du sommet de Riyad, le roi Salmane d’Arabie saoudite a été encore plus direct que Donald Trump contre l’Iran. Il a accusé ce pays d’être « le fer-de-lance du terrorisme mondial ». Qu’en pensez-vous ?

Alain Conesa : C’est de la pure langue de bois. Le terrorisme qui nous frappe nous, en tout cas Européens, ne fait aucun doute : c’est du terrorisme salafiste jihadiste. C’est-à-dire, c’est une branche du sunnisme qui se raccroche au wahhabisme, à l’idéologie religieuse qui est celle de l’Arabie saoudite.

Dans son discours de ce week-end, le roi Salmane d’Arabie s’est dit déterminé à éliminer le groupe Etat islamique et toutes les organisations terroristes, quelles que soient leur religion, leur confession ou leur idéologie ?

C’est bien de le dire, encore faut-il le faire. Il avait dix-sept avions contre Daech, c’est-à-dire autant que le Danemark et la Hollande réunis, en fait, il les a retirés pour en mettre une centaine contre les Houthis au Yémen. Je veux bien qu’il explique qu’il soit décidé à combattre Daech, mais je ne le crois pas.

Et pour montrer que ce ne sont pas que des mots, le roi Salmane, les cinq autres chefs d’Etat du Golfe et des Etats-Unis ont annoncé ce week-end la création d’un centre de contrôle contre les sources de financement du terrorisme ?

Ce qui caractérise l’argent du terrorisme, c’est que c’est de l’argent propre qui devient sale. Ce n’est pas comme l’argent criminel, ce n’est pas de l’argent sale gagné avec du trafic de drogue ou de la prostitution qu’il faut blanchir. L’argent du terrorisme, c’est le contraire. C’est-à-dire que des gens de bonne volonté donnent de l’argent à des ONG qui se constituent, par exemple, au moment du pèlerinage. Les gens donnent parce que c’est à la fois une obligation religieuse et c’est un geste humanitaire. Simplement, on ne sait que cet argent va vers le terrorisme que quand on sait qui est le destinataire final. C’est un vœu pieux.

Est-ce que le roi n’a pas enfin compris qu’il fallait que son entourage cesse de soutenir financièrement un certain nombre d’ONG proches des réseaux terroristes ?

Peut-être qu’effectivement, il faut lui accorder le bénéfice du doute. Mais enfin, quand les Américains ont identifié après le 11 septembre à la fois la fondation al-Haramain qui finançait directement al-Qaïda, plus je crois l’équivalent de 357 ONG qu’ils ont identifiées comme sources du terrorisme, vous prouvez qu’on avait un pays qui était profondément vérolé. Et l’Arabie saoudite n’a pas supprimé toutes ses associations. Elle a supprimé al-Haramain et effectivement, il reste aujourd’hui des ONG qui peuvent se créer à façon et qu’il est extrêmement difficile de contrôler.

Y compris en Afrique de l’Ouest ?

Alors le cas de l’Afrique de l’Ouest à mon avis est un peu d’une autre nature. C’est-à-dire que là, on a une politique ancienne de diplomatie religieuse dans les pays d’Afrique sahélienne et d’Afrique de l’Ouest qui remonte à l’époque de la lutte contre Nasser, ça remonte à loin. Et cette diplomatie religieuse visait depuis longtemps à ouvrir des écoles coraniques, à attirer les meilleurs vers l’université islamique de Médine et ensuite à renvoyer ses commissaires politiques faire de la prédication dans tous ces pays de la zone sahélienne et de l’Afrique de l’Ouest. Donc aujourd’hui, ce qu’on constate au Mali, mais aussi en RCA et aussi au Niger, c’est la présence de ces anciens de l’université de Médine qui tiennent toutes les structures représentatives des musulmans et qui prêchent un islam salafiste.

Vous pensez à qui par exemple ?

Par exemple [l’imam Mahmoud] Dicko, le président de l’Association des musulmans du Mali qui a, par exemple, à l’occasion de l’attentat contre le Radisson Blu [le 20 novembre 2015], a fait un communiqué extrêmement ambigu en refusant de condamner l’acte terroriste. De temps en temps, c’est l’explication par l’homosexualité, de temps en temps c’est l’explication par le colonialisme. Je pense à des gens comme ça. Puis d’autre part, on constate que dans toute cette zone sahélienne, le salafisme qu’on pourrait appeler l’idéologie révolutionnaire parce que ces gens diplômés arrivent dans un pays en expliquant que tous les dignitaires religieux ne sont pas de vrais musulmans parce qu’ils ne parlent pas l’arabe, parce qu’ils ne sont pas capables de lire le Coran, parce qu’ils sont compromis par tous les régimes qui se sont succédé depuis l’indépendance. Donc eux, les salafistes sont les véritables tenants d’une société juste, égalitaire, non corrompue, etc. Le Sénégal étant d’ailleurs un de ces pays directement aujourd’hui pénétrés par cette idéologie salafiste.

Mais quand on écoute le roi Salmane dans son discours de ce week-end, on a vraiment le sentiment qu’il a renoncé à cette diplomatie religieuse ?

Non, je n’en crois pas un mot. Cette diplomatie religieuse, il faut bien comprendre que le régime saoudien est appuyé sur deux piliers qui sont évidemment la dynastie des Saoud, qui exerce le pouvoir politique, mais aussi la dynastie des Hashem, c’est-à-dire les descendants d’Abdel Wahhab, le fondateur du wahhabisme. Vous regarderez le pouvoir du grand mufti en Arabie saoudite, il tient l’éducation, le système judiciaire. Et à chaque fois que ce régime est pris dans ses contradictions, à chaque fois que la dynastie des Saoud a besoin des Occidentaux pour sauver sa tête -91, guerre du Golfe, 79 occupation de la Grande mosquée-, à chaque fois, il est obligé de demander l’accord, l’aval, le quitus des religieux. Donc les religieux qui sont quand même aussi habiles que nos jésuites trouvent toujours une bonne raison de justifier cet appel aux mécréants, mais en échange, le roi est obligé de leur concéder plus de pouvoir. C’est-à-dire qu’à chaque crise, la crise s’est traduite par plus de religion en Arabie saoudite. Et donc prétendre aujourd’hui que les Saoud à eux seuls sont capables de soumettre les Hashem à une ouverture politique et religieuse, ce n’est pas possible. La meilleure traduction, c’est justement qu’ils ne combattent Daech.

Alpha Condé, Macky Sall, Alassane Ouattara, Ibrahim Boubacar Keïta, Roch Marc Christian Kaboré, Faure Gnassimbé, Mahamadou Issoufou, Idriss Déby, Ali Bongo, il y avait de nombreux Africains ce week-end parmi les quelque 50 chefs d’Etat du monde arabe, musulman et africain, réunis à Riyad. Est-ce que ce n’est pas un joli coup diplomatique de la part du roi Salmane d’Arabie ?

Tout à fait. Effectivement, l’Arabie saoudite est un tiroir-caisse qui est beaucoup plus abondant que ne le sont les pays occidentaux en crise depuis déjà un certain nombre d’années, oui bien sûr. Mais aller chez le pays géniteur de ce salafisme qui s’est propagé sur la planète et qui est à l’origine de tous les attentats que nous avons connus nous, mais qui sont aussi en Afrique, cela a quelque chose d’un peu paradoxal quand même. Si le géniteur lui-même ne change pas dans sa propre société, tous les mécanismes qui ont donné naissance à ce salafisme, qui le propagent, qui l’aident, qui le forment, etc., je ne vois pas comment on peut imaginer que c’est en Arabie saoudite que va se résoudre la question.

Source : Pierre Conesa, RFI, 23 mai 2017


Voir aussi du même auteur : huffingtonpost, 2 juin 2017

Les 3 erreurs de la gauche dans la lutte contre la radicalisation
Comme le gouvernement de droite avant lui, la gauche ne traitait pas la question de la radicalisation parce qu’elle confondait Islam de France et Salafisme.

Nous vous proposons cet article afin d'élargir votre champ de réflexion. Cela ne signifie pas forcément que nous approuvions la vision développée ici. Dans tous les cas, notre responsabilité s'arrête aux propos que nous reportons ici. [Lire plus]Nous ne sommes nullement engagés par les propos que l'auteur aurait pu tenir par ailleurs - et encore moins par ceux qu'il pourrait tenir dans le futur. Merci cependant de nous signaler par le formulaire de contact toute information concernant l'auteur qui pourrait nuire à sa réputation. 

Commentaire recommandé

Arcousan09 // 05.06.2017 à 15h05

Je suis surpris …

Ce pays est digne de “confiance” puisque
Un saoudien a été décoré de la légion du (des)honneur par notre président inspiré: Hollande
L’Arabie a été admise dans le cadre de ONU à la commission des droits de la femme (sans rire)

Nos républiques vont elles cesser de se prostituer afin de complaire à ces lobotomisés sur injonction des services secrets américains dont le seul objectif est la guerre, encore la guerre, toujours la guerre peu importe l’éthique des belligérants

33 réactions et commentaires

  • philouie // 05.06.2017 à 14h46

    Il faut remonter à 1979 et au programme Afghan
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Programme_afghan
    “L’Arabie saoudite était un autre important contributeur au programme. En juillet 1980, les États-Unis conclurent avec le roi saoudien un accord par lequel il s’engageait à apporter un financement égal à celui alloué par le Congrès américain au programme. Les services secrets saoudiens, dirigés par le prince Turki bin Faisal Al Saud (en), viraient l’argent sur un compte suisse de la CIA, qui l’utilisait pour ses achats d’armes”

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  • Loxosceles // 05.06.2017 à 15h00

    A noter le dernier rebondissement en date, qui consiste à se fâcher soudainement contre le Qatar, comme pour en faire le bouc-émissaire du salafisme wahhabite. Les raisons réelles de ce retournement sont sûrement plus complexes, et répondent plutôt à une dynamique d’emportement chaotique qui est devenu le propre de notre (contre-)civilisation, en vertu d’un opportunisme situationnel qui pourrait s’inverser du jour au lendemain. Il n’empêche que, l’Arabie saoudite et ses contradictions étant sur le devant de la scène internationale depuis la visite commerciale de Trump, il est étrangement opportun de la voir pointer le doigt subitement vers un second coupable (l’Iran n’étant pas très crédible, comme source désignée du djihadisme sunnite).

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    • somebulle // 06.06.2017 à 10h08

      Pour compléter vos explications.
      colloque de haute volée Conessa ,Labévière. …

      https://youtu.be/KQNYPOCrOiA

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    • Thanos // 07.06.2017 à 21h40

      Ce n ‘est pas soudain, c’est une vieille rivalité qui se matérialise un peu plus aujourd’hui. La Qatar est le seul pays de la péninsule à entretenir des relations normalisées avec l’Iran chiite, à cela s’ajoute très dernièrement l’idée d’une alliance informelle Turquie Iran Qatar (avec UK) qui n’a pas plu aux Saoud, qui à la suite de la visite de Trump (soutient militaire contre contrats marchands) ont du se sentir suffisamment forts. L Iran redevient l’ennemi international, les Saoud sont tranquilles (déjà qu’ils ont du mal a “tenir” leur pays), Trump a le “méchant” qui l’arrange (ou alors c’est du pipeau et il vient juste de baiser 400 milliards aux Saoud) et “nous”, l’UE ou la France ? Suivre sans doute. Que va faire le Qatar ? Et l’Iran, d’autant plus avec le récent attentat ?

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  • Arcousan09 // 05.06.2017 à 15h05

    Je suis surpris …

    Ce pays est digne de “confiance” puisque
    Un saoudien a été décoré de la légion du (des)honneur par notre président inspiré: Hollande
    L’Arabie a été admise dans le cadre de ONU à la commission des droits de la femme (sans rire)

    Nos républiques vont elles cesser de se prostituer afin de complaire à ces lobotomisés sur injonction des services secrets américains dont le seul objectif est la guerre, encore la guerre, toujours la guerre peu importe l’éthique des belligérants

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  • mohamed // 05.06.2017 à 15h06

    c’est l’empire britannique qui a fait les ibn seoud rois d’Arabie, qui a tracé les frontières de la région, et ils sont leurs vassaux pour toujours.
    that all folks.

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    • UltraLucide // 05.06.2017 à 19h01

      Certes, pendant la 1ère Guerre Mondiale, Ibn Seoud était le joker de l’India Office, en opposition avec le War Office et l’Intelligence Service, dont la politique était de soutenir Hussein, Chérif de La Mecque, et son fils l’Emir Faycal, le clan des Hachémites. Seulement, Ibn Seoud était un meilleur chef de guerre que les Hachémites, et son projet était d’unifier toute l’Arabie. Le gouvernement britannique a fini par arbitrer en faveur des Seoud, en les laissant prendre la Mecque, et en donnant un cadeau de consolation aux Hachémi, l’Irak et la Jordanie. En désavouant au passage le colonel Thomas Edward Lawrence. Mais finalement c’est l’Oncle Sam qui a pris la suite comme “Lider Maximo” de la région en 1945, après l’entrevue entre Roosevelt et Ibn Seoud sur le croiseur USS Quincy. On en est là et c’est en train de changer…

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    • Surya // 05.06.2017 à 20h46

      le salafisme ça existe depuis 1200 ans par le hadith fondateur (sahih) qu’on trouve dans bukhari, muslim et ahmad. Les britanniques n’ont rien à voir là dedans.

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      • De passage // 06.06.2017 à 22h52

        Ce qui existe dans l’Islam c’est la période du “salaf et les musulmans qui ont vécu dans cette période sont des “salafiyy” (salafiste en français…). Cette période correspond aux 3 premiers siècles de l’hégire (cad il y a plus de 1000 ans), il n’y a donc aucun “salafiste” depuis plus de milles années. Seulement, comme ce nom a une connotation positive chez les musulmans et que les wahhabites commençaient à être trop connu par ce nom, ils ont décidé d’en changer pour se ” redorer le blason” et passer pour des puristes auprès des populations trop ignorantes de leur propre histoire, culture et surtout religion.

        D’autre part il y a une erreur constante des journaliste et autres “spécialistes” du monde musulman qui est de qualifier le régime saoudien et autre wahhabites de “sunnite”. Le sunnite par définition est celui qui suit la voie du Prophète (“ahlou s sounnah” en arabe), or les wahhabites ne peuvent pas être plus éloigné que cela de la voie prophétique, dans les actes, le comportement et surtout, avant toutes choses dans les fondements de la croyance musulmane.
        Continuer à les appeler sunnites contribue au maintient de la confusion sur la réalité de ces gens et l’innocence de l’Islam quant à leurs actes.
        Chaque terme a son importance…à bon entendeur…

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        • Surya // 07.06.2017 à 00h31

          les salafs ce ne sont pas les 3 premiers siècles post hégire mais les 3 premières générations de musulmans ce qui correspond en gros à la fin de vie du prophète, le califat rachidun et le début des omeyyades. Certains exégètes estiment que cela recouvre une période de cent ans.

          Les hadiths étant collectés en premier par bukhari 200 ans après la mort du prophète on arrive bien aux 1200 ans que j’ai mentionnés.

          comme vous dites “Chaque terme a son importance…à bon entendeur…”

          la sunna n’a que peu de rapport avec le “sunnisme”, les chiites aussi ont leur sunna et leurs propres recueils de hadiths, c’est juste qu’ils rejettent les califes.

          Vous parlez de “l’innocence de l’Islam quant à leurs actes”, cela prouve que vous n’avez jamais rien lu sur le sujet. Vous voulez que je vous sorte le hadith du raid sur Khaybar, les hadiths de la guerre contre les juifs ou le hadith du prophète qui se vantait d’ “inspirer la terreur” ? J’en ai même trouvé un qui justifie la violence faite sur “les femmes et les enfants des polythéistes frappés pendant le raid nocturne” car “ce sont nos ennemis aussi” (dans bukhari bien sûr, histoire que la source doctrinale soit du plus haut niveau de fiabilité)

          on peut aussi parler d’averroes qui en bon juriste justifiait dans ses fatwas le jihad armé. J’ai des bouquins pas mal sur le sujet “jihad” d’ailleurs

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        • Surya // 07.06.2017 à 00h46

          je viens de vérifier, le hadith fondateur du salafisme apparait 2 fois dans bukhari :

          https://sunnah.com/bukhari/81/18
          https://sunnah.com/bukhari/83/72

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  • Arcousan09 // 05.06.2017 à 15h12

    Sur le site procheetmoyen-orient.ch
    Cette conclusion:
    “Ce qui est encore plus choquant est de voir le président américain prétendre s’appuyer sur de telles dictatures pour lutter contre … le terrorisme! A jouer ainsi les pompiers-pyromanes, Washington – qui veut isoler un pays, l’Iran, qui n’a rien à voir avec le développement du terrorisme aujourd’hui – met clairement en danger, non seulement l’ensemble des pays des Proche et Moyen-Orient, mais aussi les nôtres à commencer par la France…

    Richard Labévière
    5 juin 2017

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  • DocteurGrosDois // 05.06.2017 à 15h49

    L’Arabie Saoudite, l’Égypte, les Émirats, le Yémen, la Libye, le Bahreïn, et les Maldives(!?) ont décidé de geler leurs relations diplomatiques avec le Qatar à cause de… son soutien au terrorisme.

    Le Qatar est le principal soutien des frères musulmans qui ont gagné tous les printemps Arabes, y compris en Syrie (les fameuses forces syriennes libres), et qui ensuite ont partout perdu pouvoir et influence face aux mouvements salafistes (AQ, EI) dont les principaux soutiens sont cités plus haut.

    Le Qatar ayant deja été pigeonné sur le terrain, autant mettre la cerise sur le gâteau. La visite de Trump chez les Saoud ayant été totalement fortuite, bien sur.

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    • Nasser // 05.06.2017 à 16h43

      Je ne suis pas aussi pessimiste que vous. Les récents événements en Turquie confortes pas mal les positions du Qatar et des frères dans le monde musulman… La Malaisie, qui est un des plus grand pays musulman par sa population vient aussi récemment d’entre dans le giron proche de l’idéologie des frères musulmans…

      C’est une guerre d’influence qui est latente au moyen Orient depuis l’échec des frères musulmans en Egypte et la fin du régime du psdt Morsi en 2013. Ces divisions expliquent aussi en parti le retournement de situation en Syrie ou certaines factions “rebelles” proche des frères musulmans combattent les salafistes de EI ou AQ.

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      • DocteurGrosDois // 05.06.2017 à 17h26

        @Nasser

        Vous avez raison, je schématise.

        Le Qatar a toujours des poches très profondes, et a a une vraie stratégie de puissance basée sur l’entrisme économique via la finance, médiatique via Al Jazeera, et politique via les frérots. Ça a marché et ça marche toujours, mais ils se sont fait méchamment doubler au Moyen Orient.

        La Turquie les soutient publiquement, les occidentaux se taisent, et ils pourront toujours se permettre de climatiser les stades lors du Mondial 2022.
        En Syrie les milices pro-frérots ne combattent ni l’EI ni AQ mais les Kurdes, avec l’appui de l’armée turque.

        Mais la Turquie joue un jeu double, triple, voire quadruple ou quintuple. Donc niveau planche pourrie, on ne fait pas mieux en ce moment.
        Aussi, les US sont les alliés profonds des Saoud, et les alliés profonds des US vendent des châteaux aux qataris mais décernent des légion d’honneur aux Saoud. Ça sent quand même le sapin.

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        • Nasser // 05.06.2017 à 17h47

          Ma référence quand je parle de combats entre les frérots(comme vous dites :)) de l’ASL et les groupes salafistes dans le sud de la Syrie:

          http://www.lemonde.fr/syrie/article/2017/05/17/en-syrie-course-poursuite-dans-l-est-contre-l-ei_5128936_1618247.html

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          Alerter
          • alfred // 05.06.2017 à 21h20

            Votre référence est absoluement une anti-référence à mes yeux. Je n’y accorde pas plus de poids qu’à un compte anonyme twitter. Pourquoi? Parceque depuis presque six ans cette référence a menti effrontément. Alors que des dizaines de comptes anonymes (certains pro-rebelles, certains pro-gouvernement, d’autres indéfinissables) on relayé des infos véritables, concordantes, vérifiées après coup (et pour certains reconnaissaient et corrigeaient leurs erreurs).
            Le seul intérêt des organes de propagandes tel que celui que vous citez est de nous faire connaitre l’histoire que l’on veut nous servir.

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            Alerter
            • Nasser // 05.06.2017 à 21h47

              Vous savez ce qui est marrant avec la vérité, c’est qu’elle est souvent difficile à cacher et parfois peut transparaitre dans ce marasme de désinformation du journal Le Monde.
              Dans le sud de la Syrie, les “rebelles” de l’ASL (Frères musulmans) encore soutenu par la coalition américaine se livre à une course contre la montre pour atteindre l’est du pays, afin de couper la route à l’armée syrienne et l’empêcher de joindre la frontière irakienne…

              Au lieu de paraphraser les auteurs, je vous laisse vous faire votre point de vue avec une source “Decodexement” moins correcte:

              http://www.chroniquesdugrandjeu.com/2017/05/cap-a-l-est.html

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              Alerter
            • Thierry // 05.06.2017 à 21h56

              À noter que ‘le Monde’ vient de publier une longue tribune de Pierre Conessa qui dit la même chose que dans cet interview.

              Propagande ?

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            • Pierre Tavernier // 05.06.2017 à 22h29

              @Alfred je partage le point de vue de Nasser, et j’en profite pour rappeler cette excellente analyse reprise sur ce blog :
              http://www.les-crises.fr/lest-syrien-enjeu-veritable-des-quatriemes-negociations-dastana-pour-la-paix-en-syrie-par-caroline-galacteros/

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            • alfred // 06.06.2017 à 00h36

              @ nasser plus bas) Je connais les faits auquels vous faites référence entre altanf et Abukamal. C’est une région facile à suivre et grossière. Les combats entre “issus de saoud” et “amis du qatar” sont pour moi plus difficle à suivre dans la poche de la gouta ou dans la région d’ilid tant on se pert dans les généalogies et trahisons.
              @ Pierre Tavernier: l’article que vous citez repose sur des sources (cartes comptes twitter) que je lis tous les jours.

              Je dis simplement 1-que c’est sur la durée que l’on peut juger si une source est fiable. 2- que lorsqu’une info est finalement reprise et mise en forme dans le monde ou autre organe de propagande de ce type (avec retard), il est très intéressant de voir le point de vue que l’on essaie de nous vendre. Autrement dit comment on essaie de faire entrer les faits dans la narrative. Mais c’est la seule valeur ajoutée du monde et de ses semblable: constater leurs contorsions avec des faits déjà connus.

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        • Subotai // 06.06.2017 à 02h23

          J’interviens sur cette phrase : “Mais la Turquie joue un jeu double, triple, voire quadruple ou quintuple. Donc niveau planche pourrie, on ne fait pas mieux en ce moment.”

          Heu… un État ne joue jamais qu’un seul jeu: celui de son propre intérêt.

          Si mettre la confusion dans l’affichage ses intentions (tactiques) est utile à un moment, ça sera fait. Ça peut être aussi le résultat de maladresses.
          Mais au final, ça ne trompe aucun professionnel puisque l’intérêt géopolitique de l’État en question ne souffre d’aucune ambiguïté, la géographie (au sens large) étant implacable.
          Le Grand Jeu se joue avec des acteurs qui savent à quoi ils jouent, le reste c’est amusement pour la galerie ou manipulation des foules..

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          • tepavac // 06.06.2017 à 12h47

            C’est d’autant plus vrais que ce conflit avec le Qatar intervient suite aux accords d’Astana.
            Accord précisons-le, sur les zones de désescalades, qui ne sont autres que celles où le Qatar avait de l’influence.
            D’içi là à penser que l’unique but de cette mise à l’index du Qatar n’est rien d’autre que le prolongement de cette autre lutte qui n’ose dire son nom, celui de l’accaparement de la souveraineté Russe? il n’y a qu’un doute infime.
            Et ce doute, les Russes ne l’ont pas.

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    • UltraLucide // 05.06.2017 à 19h14

      Donc cette secousse diplomatique régionale est une conséquence de la rivalité entre les Frères Musulmans (Qatar) et les Salafistes (Arabie Saoudite). Des tensions qui s’accumulent et se relachent sous forme de secousse sismique. La géopolitique des plaques…..Tout ça parait logique, mais est-ce que l’un ou l’autre y a pris un avantage?

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      • Nasser // 05.06.2017 à 21h21

        Attendez donc l’acte 2 de ce drame géopolitique, où on va nous expliquer que l’Iran chiite est responsable du terrorisme international (issu de mouvances majoritairement sunnites) et d’autres maux inqualifiables parce qu’on ne les a pas encore inventé… la bande annonce nous a déjà été présenté dernièrement par oncle Donald.
        Alors là vous verrez qui a pris l’avantage sur qui.

        Les Al Thani sont des cousins des Al Saoud, il fallait juste les recadrer afin de dérouler le plan mis place par nos copains saoudiens, américains et sans doute israeliens.

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        • LBSSO // 05.06.2017 à 23h10

          ” on va nous expliquer que l’Iran chiite est responsable du terrorisme international”

          et c’est là que l’on verra si les actes suivent les déclarations .Qui a dit le 9 avril ?

          “D’autre part, j’aurai beaucoup d’exigence à l’égard du Qatar et de l’Arabie saoudite, en termes de politique internationale et pour avoir une nouvelle transparence quant au rôle qu’ils exercent dans le financement ou dans les actions qu’ils peuvent conduire à l’égard de groupements terroristes qui sont nos ennemis”

          E Macron

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  • Leila // 05.06.2017 à 18h51

    Ce que je trouve extraordinaire, est de pouvoir critiquer l’Arabie Saoudite sans impliquer les pays occidentaux vendeurs d’armes !!!
    Les Saoud c l’horreur mais si ils ont de l’argent, ils ne produisent aucune arme.
    Très fort de pointer les roitelets du golf sans mentionner les armes !
    Cette complicité évidente lui glisse dessus !?

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    • Pierre Tavernier // 05.06.2017 à 19h21

      Non Leila, Pierre Conesa est un fin connaisseur du Moyen-Orient, et il n’ignore pas et a longuement discuté des ventes d’armes américaines, anglaises et françaises dans de nombreux textes et interviews (dont je n’ai malheureusement plus les références en tête, veuillez me pardonner) et est très conscient de cette complicité et de cette duplicité des gouvernements occidentaux, même s’il ne l’évoque pas dans le cadre de cette interview. Permettez-moi de vous suggérer de consulter quelques interviews de lui, notamment sur la chaine Utube ThinkerView.
      Je me souviens que dans une interview, il reproche à la France d’avoir vendu à l’AS un laboratoire P4, tout en estimant qu’il n’y avait pas de compétences en AS pour gérer ce laboratoire.

        +8

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      • Pierre Tavernier // 05.06.2017 à 19h22

        suite :
        D’ailleurs la famille royale saoudienne dans son ensemble, à part avoir le cul sur un tas de pétrole facile à extraire, ne sait pas faire grand-chose. Il suffit de voir le conflit au Yémen, où faute d’obtenir une victoire militaire sur les Houthis, ils en sont réduits à massacrer et affamer les civils, avec les soutiens US et UK.

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    • Thierry // 05.06.2017 à 22h15

      Les armes sont là contrepartie du pétrole. C’es ça le deal depuis 1946: on leur achète du pétrole car il est indispensable à nos sociétés, et en échange on leur vends des armes et on s’arrange pour les laisser au pouvoir.
      .
      Pour sortir de cette situation, il faut et il suffit de sortir de notre addiction au pétrole. Facile.

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  • Yann // 06.06.2017 à 09h11

    Très bon articla ais avec une petite confusion sur les dynasties en Arabie Saoudite ; Les Al Saoud au pouvoir se réclament de la descendance de Mohammed Ibn Saoud, chef de tribu de la région du Nedj ayant conclu aux alentours de 1740 une alliance en guerrière avec un prédicateur religieux du nom de Mohammed Ibn Abdelwahhab fondateur du wahhabisme sur lequel s’appuie le royaume depuis cette date. L’autre famille les Hachem ou Hachémites se sont revendiqués comme descendants directs de l’arrière-grand-père de Mahomet, Hashim ibn Abd al-Manaf (mort en 510), appartenant comme lui à la tribu des Quraychites, riche et commerçante, qui dominait La Mecque au VIIe siècle et à laquelle est dédiée une brève sourate du Coran. Cette dynastie a fourni depuis longtemps des chérifs et des émirs et a dirigé la ville de la Mecque jusqu’à son éviction après la 1ere guerre mondiale au profit des Al Saoud ! Les fils du chérif de la Mecque se virent confier le royaume d’Iraq (Faysal) et de Transjordanie (Hussein). C’est la raison pour laquelle on caractérise le souverain jordanien de souverain hachémite. Les Hachémites ont souvent été considérés comme les défenseurs d’un Islam moderne opposé à l’obscurantisme wahhabite ! Ils sont persona non grata en Arabie Saoudite et ne peuvent donc être des oulémas ou partie prenante au régime actuel !

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  • christian gedeon // 06.06.2017 à 12h48

    Comme le modérateur de cet article a décidement choisi de me modérer,ce qui est son droit,je dis et je répète que ce qu’on voit aujourd’hui n’est rien pat rapport à ce qu’on verra demain…que dalle…les réseaux wahhabites ont profondément infiltré l’Europe,disposent de bases militaires solides en Bosnie,au Kosovo,en Albanie,et dans tous les quartiers hors loi que nous connaissons à travers l’Europe… les attentats que nous connaissons ne sont même pas l’apéritif de l’horreur…continuez à dormir et à commémorer les gars…demain,la guerre.

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