Source : Christopher M Davidson, Middle East Eye, 25-06-2017

La position du Qatar reste plus forte qu’il n’y paraît. Grâce à des capacités de financement suffisantes pour survivre au blocus et de nombreux amis d’Ankara à Téhéran, il pourrait bien déjouer ses ennemis au Conseil de coopération du Golfe

En publiant un ensemble d’« exigences » jeudi en fin de journée, l’Arabie saoudite et ses compagnons de lutte, dont les Émirats arabes unis (EAU), ont désormais significativement fait monter les enchères dans leur différend de longue date avec le Qatar.

Certaines de ces exigences sont clairement classées comme mesures anti-terroristes, du moins selon l’interprétation saoudienne du terrorisme, mais d’autres – dont la fermeture d’Al Jazeera, la principale chaîne d’information du Qatar, et l’affaiblissement des liens entre Doha et les Frères musulmans, l’Iran et la Turquie – démontrent que les Saoudiens et leurs alliés ont lancé une campagne de plus grande envergure afin d’éliminer, ou au moins fortement réduire, les capacités de l’émirat à faire cavalier seul en matière de politique étrangère.

Quand on sait combien l’Arabie saoudite a été contrariée de voir le Qatar utiliser Al Jazeera pour accroître son influence sur les gouvernements arabes – comme le révèlent en détail quelques câbles diplomatiques américains divulgués – et l’évidence de la puissante influence exercée par cette chaîne comme soutien aux soulèvements contre des gouvernements alliés aux Saoudiens en Tunisie et en Égypte, de telles exigences n’ont rien de surprenant.

De même, l’exigence que Doha cesse de fournir asile, soutien financier et tribune médiatique aux dirigeants des Frères musulmans était tout aussi prévisible. L’Arabie saoudite comme les EAU se sont grandement inquiétés de la capacité des Frères musulmans à remporter les élections après le « Printemps arabe », et ainsi à offrir au monde islamique un modèle alternatif de gouvernement par des religieux conservateurs – à l’opposé du modèle monarchique héréditaire du Golfe.

Effectivement, en 2014, Riyad est allé jusqu’à taxer les Frères musulmans d’organisation terroriste, alors même que ses propres princes ont, en d’autres temps, contribué à les financer et que ses propres universités ont longtemps fourni une tribune à leurs intellectuels.

Renversements d’alliances

Dans un tel contexte, il est logique, pour Riyad, de pousser le Qatar à se distancier de la Turquie, puisque Ankara a aussi apporté son soutien au Frères musulmans et, même publiquement, n’a guère caché son mépris pour le système monarchique saoudien.

De récents rapports indiquant que la Turquie pourrait accroître son modeste déploiement militaire au Qatar ont indubitablement accru les enjeux, car Riyad s’inquiète vraiment de voir émerger dans la région un nouvel axe Ankara-Doha, potentiellement capable de remettre en cause le leadership présumé de l’Arabie saoudite au sein du monde sunnite.

Quant aux relations de Doha avec l’Iran – simplement cordiales et limitées à une simple coopération autour des exploitations de gaz offshore qu’ils partagent – elles sont passées à de franches démonstrations publiques de solidarité, suite à l’annonce d’un « pont aérien alimentaire » iranien, destiné à contourner les sanctions imposées par les Saoudiens contre le Qatar. Ce qui a suscité la crainte de voir se former un autre bloc mené par Téhéran, qui défierait la position de Riyad et, au final, l’intégrité du Conseil de coopération du Golfe (CCG) – le club des monarchies arabes du Golfe, mené par les Saoudiens.

La sortie du Qatar et d’Oman signerait pratiquement la mort du CCG

Évidemment, le sultanat d’Oman a déjà donné des signes de cette dérive, car ses chefs ont reconnu l’importance du potentiel que présente une future coopération économique avec l’Iran. Donc, la sortie du Qatar et d’Oman signerait pratiquement la mort du CCG.

Hôpital, charité ?

Les raisons d’exiger que le Qatar cesse de financer et d’armer « des terroristes » sont un peu plus troubles et ont suscité, à l’encontre de l’Arabie saoudite, voire même des EAU, cette légitime accusation selon laquelle « l’hôpital qui se moque de la charité ».

Après tout, pas plus tard qu’en 2009, un câble confidentiel du Département d’État américain, rédigé par la secrétaire d’État elle-même, déplorait que « les donateurs saoudiens constituent la source la plus significative de financement des groupes terroristes sunnites dans le monde entier », et que le royaume demeurait « une base essentielle de soutien financier pour al-Qaïda ».

Plus récemment, évidemment, les procès autour du 11 septembre, faisant leur chemin dans le système judiciaire américain, ont vu certains avocats des familles de victimes prétendre disposer de « tonnes de preuves » quant à l’implication d’agents et institutions de l’État saoudien.

D’autre part, il ne fait guère de doute que quelques riches Qataris, dont certains fonctionnaires et peut-être aussi plusieurs associations caritatives publiques, ont ces dernières années joué aussi un rôle clé dans le financement et l’armement de groupes extrémistes sunnites dans la région.

Indubitablement, on peut avancer que le Qatar compte, proportionnellement à sa population, le plus grand nombre de ces donateurs. De toute évidence, des franchises d’  al-Qaïda en Syrie et en Lybie ont bénéficié d’un soutien considérable de la part du Qatar et – au moins indirectement – de l’État islamique lui-même également.

Après tout, dans le cadre de son soutien aux rebelles syriens, le vice-ministre qatari des Affaires étrangères a, lors d’une conférence de sécurité à Manama, expliqué ceci : « Je suis vigoureusement opposé à exclure quiconque à ce stade, ou à taxer quelqu’un d’appartenir à al-Qaïda ».

Plus inquiétant : dans une correspondance divulguée à l’été 2014, l’ancienne secrétaire d’État, Hillary Clinton, a expliqué sans aucune ambiguïté à l’un de ses conseillers clés : « Nos moyens diplomatiques et nos ressources en renseignement plus traditionnels doivent servir à faire pression sur les gouvernements quatari et saoudien, qui fournissent clandestinement soutien financier et logistique à Daech, ainsi qu’à d’autres groupes sunnites radicaux de cette région ».

À quoi s’attendre désormais ?

Finalement, toutes ces exigences – légitimes ou non – auront-elles des conséquences concrètes et à quoi s’attendre ensuite ? Après tout, des demandes semblables ont été formulées en 2014 par l’Arabie saoudite et les EAU, mais la série d’interminables négociations est tombée à l’eau.

Cette fois-ci, du point de vue de Riyad en tout cas, les exigences de l’Arabie saoudite semblent avoir de réelles chances d’être suivies d’effets, puisqu’elle est convaincue d’avoir réussi à séduire la nouvelle administration américaine en lui garantissant de nouvelles et considérables commandes d’armes américaines (ou, pour être exact, en promettant d’honorer des achats d’armement mis en veilleuse depuis quelques temps) tout en s’engageant à investir dans les infrastructures américaines.

Par-dessus le marché, Riyad a sans doute, de plus, promis aux États-Unis que leurs bases militaires au Qatar, dont le quartier général avancé du Centcom américain, seront protégées en cas d’instabilité à Doha ou de changement de régime sponsorisé par les Saoudiens si leurs exigences ne sont pas satisfaites.

Dans une récente série de tweets ciblant ostensiblement le Qatar, Donald Trump semble s’être rangé du côté de Riyad, même si le Département d’État américain a quant à lui tenté de jouer avec plus de finesse.

Néanmoins, peut-on raisonnablement s’attendre à un recul du Qatar ? Démanteler Al Jazeera, par exemple, serait aussi grave que voler les joyaux de la couronne de la famille royale Al Thani, car cette chaîne lui prodigue depuis des années d’innombrables gages de son soutien et demeure indubitablement le « soft power » le plus influent du Qatar. De même, attendre du Qatar qu’il tourne le dos aux Frères musulmans serait irréaliste, surtout après tant d’années d’étroites relations et d’objectifs mutuellement favorables.

Cadavres dans le placard

Comme, à Doha, la plupart des réseaux opèrent apparemment à un niveau infra-étatique, il semble également délicat, surtout à court ou moyen terme, de s’attaquer au financement du terrorisme, d’autant plus que plusieurs activités plus douteuses du Qatar dans l’ensemble de la région ont clairement reçu la bénédiction de facto des agences de renseignements occidentales – qui ont, au mieux, fermé les yeux.

Fin 2012 et début 2013, par exemple, pas moins de 85 vols au départ du Qatar et à destination de la Turquie et de la Jordanie transportaient armes et autres équipements similaires, destinés à plusieurs groupes rebelles syriens dont les noms n’ont pas été révélés. Des officiels américains ont confirmé que la CIA avait été impliquée, avec un « rôle consultatif », et un grand nombre de ces armes sont sans doute désormais aux mains de groupes djihadistes, dont l’État islamique : par conséquent, il ne fait aucun doute que Doha est au courant de plusieurs « cadavres dans le placard », dont certains de taille.

Reste que, évidemment, le Qatar pourrait n’avoir même pas besoin d’essayer de répondre aux exigences de l’Arabie saoudite. Après tout, il jouit visiblement des soutiens turc et iranien, probablement sous-estimés. Ses adversaires ne peuvent pas vraiment se permettre de lancer la moindre opération militaire (mais une révolution de palais n’est pas à exclure du tout).

Pendant ce temps, l’accès du Qatar à des fonds souverains encore substantiels signifie non seulement que Doha peut s’acheter de considérables marges de manœuvre – en stabilisant son économie, en maintenant ses banques à flot et en entretenant le flux de ses importations, même venues du bout du monde – mais cela signifie aussi qu’il peut continuer à rivaliser avec l’Arabie saoudite pour conquérir la bienveillance des États-Unis.

Ces derniers jours, par exemple, le Quatar a non seulement annoncé l’achat unilatéral d’armes américaines, mais a même indiqué son intention d’effectuer un investissement stratégique dans American Airlines (très mal en point) et, plus largement, dans l’industrie aéronautique américaine – secteur que Doha a eu raison d’identifier comme l’un de ceux auxquels tient le plus la présidence américaine actuelle.

 

 Christopher M Davidson enseigne à l’Université de Durham en Angleterre. Il est l’auteur d’un certain nombre de livres sur la région, notamment très récemment Shadow Wars : The Secret Struggle for the Middle East.

Les opinions exprimées dans cet article n’engagent que leur auteur et ne reflètent pas nécessairement la politique éditoriale de Middle East Eye

Photo : En juin 2017 à Riyad, un homme déambule devant l’agence de Qatar Airways dans la capitale saoudienne (AFP).

Traduit de l’anglais (original) par Dominique Macabies.

Source : Christopher M Davidson, Middle East Eye, 25-06-2017

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22 réponses à Les Saoudiens font monter les enchères : que va-t-il se passer pour le Qatar assiégé ? Par Christopher M Davidson

Commentaires recommandés

Catalina Le 01 juillet 2017 à 04h57

Bonjour à tous,

et bien à l’évidence, ces reprises d’articles étrangers et traduits nous montrent, s’il en était besoin, qu’aucun journaliste français ne fait de journalisme. 🙁

  1. Pierre Tavernier Le 01 juillet 2017 à 02h46
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    Juste pour rire : qui était la secrétaire d’état US en 2009 ?
    Bingo ! H.R.Clinton …


  2. PatrickLuder Le 01 juillet 2017 à 03h54
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    Terribles ingérence entre pays rivaux …

    Les garanties de liberté des peuples sont données par les Etats auquelles ils appartiennent … qu’en advient-il lorsque les Etats ne sont plus indépendants?
    Je me demande même s’ils ne l’on jamais été !?


  3. Catalina Le 01 juillet 2017 à 04h57
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    Bonjour à tous,

    et bien à l’évidence, ces reprises d’articles étrangers et traduits nous montrent, s’il en était besoin, qu’aucun journaliste français ne fait de journalisme. 🙁


  4. Fritz Le 01 juillet 2017 à 08h25
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    En 1924, un officier français avait publié un livre intitulé “la Discorde chez l’ennemi”. Le Qatar assiégé par l’Arabie saoudite, qui l’aurait imaginé ? Et si “l’arc chiite” fantasmé par les néocons en profitait ?
    L’éclatement du CCG serait de bon augure, suivez mon regard vers l’Atlantique Nord…


  5. Duracuir Le 01 juillet 2017 à 08h37
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    Problème, après tout ce temps passé à lire cet article qui ne fait que répéter ce qu’on sait déjà, on ne sait toujours pas, par contre, “ce qu’il va se passer” pour le Qatar, titre qui nous a fait passer du temps à lire cet article. Titre un peu racoleur? 🙂


    • Pierre Bacara Le 02 juillet 2017 à 10h35
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      “CE QUI VA SE PASSER”

      “[…] on ne sait toujours pas, par contre, “ce qu’il va se passer”[…]”

      Lorsque l’on examine les rapports de forces concrets entre les forces qataries et les forces saoudiennes/émiraties, force est de constater qu’en cas de guerre chaude entre la coalition saoudienne et le Qatar, la seule sratégie défensive possible (et envisagée je suppose) pour le Qatar est une défense urbaine centrée sur Doha, la capitale ; ce qui implique une TRES LONGUE BATAILLE URBAINE, donc extrêmement sanglante (sauf bien sûr si l’état major qatari est assez bête pour livrer bataille dans le désert, se faire déborder et prendre sa capitale en 24 heures, ce qui est très hautement improbable).

      Aucun des assaillants potentiels ne peut se permettre le coût matériel et politique d’une telle bataille, d’autant plus que l’Arabie saoudite et les EAU ont déjà le Yémen sur les bras, que les Houthis savent se battre et que cette guerre-là coûte déjà cher en hommes et en matériels à la coalition menée par Riyad.

      P.S. : la solution du siège terrestre+maritime+aérien est opératiquement et tactiquement envisageable mais pas économiquement et donc stratégiquement : Doha est autosuffisante en eau douce et, en nourriture, à 60 %.


  6. Lysbeth Levy Le 01 juillet 2017 à 10h50
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    Comme le dit l’article les saoudiens ont le “culôt” de n’accuser QUE le Qatar alors qu’ils financent depuis des lustres (guerre Afghane contre l’Urss) les Frères musulmans ou groupes terroristes divers sur tous les terrains Chine et Caucase inclus ! Or c’est la résistance inespérée d’Assad, avec la Russie, qui a fait se “renverser” ces alliances, le Qatar s’étant sorti de cette affaire “exsangue” et ayant conclu un “deal gazier” avec la Russie. Poutine a bien joué le coup il faut le dire, là en permettant au Qatar de se sortir du chaos qu’il avait bien engagé dès le début du plan des “printemps arabes”. Idem pour la Turquie qui s’est retourné contre ces anciens alliés et qui préfère prendre la “tangeante” alors que c’est un membre de l’OTAN. Je sais pas si vous appréciez à sa juste valeur cette situation incroyable par rapport a ce qui était prévu lors du demarrage des “printemps arabes”..mais a suivre ce n’est pas rassurant du tout quand à l’avenir !


  7. bluerider Le 01 juillet 2017 à 10h56
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    Cet article clairvoyant ne s’intéresse pas à 2 aspects vitaux du dossier : 1/ Pour le Qatar quid de ses investissements gaziers? et 2/ Pour la France quid de sa relation avec le Qatar ? Les 2 étant liés par TOTAL. Pour moi il n’y a qu’une seule vraie raison au “Qatar bashing” : sa tendance à vouloir construire un géant monopolistique du gaz naturel mondial, qui pourrait lui faire prendre le pas sur Riyad dans la région grâce à l’Iran et à la Russie. TOTAL (plus réaliste que Sarkozy-Hollande mais bien tard car il y a déjà 120 000 civils morts en Syrie) vient de lancer pour 4 milliards d’investissements en Iran, et Qatar-Gas vient de prendre 12% du russe ROSNEFT. Le Qatar ne peut plus attendre la fin de la guerre en Syrie pour faire passer son tuyau vers l’Europe du Sud et il joue désormais la carte de ‘association… qui signe sa perte de ce côté-ci du rideau de fer OTAN. Car cela déplait à Washington, comme le Nordstream2 germano-russe. La France a peu à perdre, mais ce qu’elle perdrait, cela concerne son oligarchie avant tout, donc pour elle, c’est bcp trop… d’où cette pression sur Assad FR-USA qui nous fait craindre une provocation de plus à l’arme chimique… Cet été 2017 nous sommes au bord de l’escalade en Syrie.


  8. Dominique Le 01 juillet 2017 à 11h31
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    « Après tout, il jouit visiblement des soutiens turc et iranien »

    Bonjour. Je comprends le soutien de la Turquie, mais moins celui de l’Iran, même s’il s’agit d’un jeu à x bandes. Car les poulains de l’Iran (dont de nombreux iraniens) se battent contre ceux du Qatar en Syrie. L’Iran espère-t-il, en divisant les sunnites, avancer la fin de la guerre en Syrie ?


    • Subotai Le 01 juillet 2017 à 19h19
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      Vous pensez la guerre comme se justifiant elle même.
      L’objectif de l’Iran comme de tous les autres c’est: équilibre intérieur, développement harmonieux et échanges commerciaux pour assurer cela. Si ça peut ne pas passer par la case guerre c’est mieux.
      Il y a juste que l’idéologie “capitaliste” (pour faire simple) impose à chaque individu jouant un rôle dans la Politique menée de se mettre le plus possible d’argent dans les poches. Résultat les objectifs Politiques sont perdus de vue. Et au bout de quelque temps de chaos total il y a quelqu’un qui se souvient de l’objectif premier et fondamental et qui dit : “attends on n’est pas en train de déconner, là..?”.


      • Dominique Le 04 juillet 2017 à 17h26
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        « Vous pensez la guerre comme se justifiant elle même. »
        Je refuse cette affirmation et cherche en vain qu’est-ce qui dans mon post peut vous amener à cette conclusion.
        « Si ça peut ne pas passer par la case guerre c’est mieux. »
        Je parlais de l’arrêter au plus tôt, il n’y a rien de contradictoire avec votre vue.


  9. Lysbeth Levy Le 01 juillet 2017 à 11h32
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    Personne ne parle de la crise de régime au Royaume Saoudien ? Car il faut voir que ce renversement d’alliances a fait éclater la “belle entente” entre les différentes parties mais intérieurement ces pays sont destabilisés : https://www.nytimes.com/2017/06/28/world/middleeast/deposed-saudi-prince-mohammed-bin-nayef.html Trump joue les uns contre les autres et ces pays s’en sortent affaiblis, mais ne pas oublier que l’Arabie Saoudite aussi est “comprise” dans le plan de “remodelage du grand moyen orient” : http://www.geocurrents.info/geopolitics/myth-nation-state/robin-wrights-audacious-remapping-middle-east La Turquie elle même est depuis longtemps sous le coups d’une tentative de changement de régime par le CANVAS et Soros cies (Parc Gezi) http://www.al-monitor.com/pulse/originals/2013/09/gezi-protests-turkey-democratization.html Donc il faut comprendre Erdogan qui préfère sauver sa tête Poutine le sait et peut “manoeuvrer” habilement, en tirant ces pays (Turquie, Qatar) vers la Russie par le commerce et en “pardonnant” leurs méfaits passés. (avion russe abattu)
    Bien joué !..


  10. Duracuir Le 01 juillet 2017 à 11h44
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    Olivier aurait-il un petit coup de mou(bien compréhensible après ces années intenses)?

    Mais je ne sais pas si c’est moi ou quoi, mais ce petit coup de mou, je le retrouve partout. Même les blogueurs mondiaux les plus teigneux semblent ressasser et ne plus avoir d’infos à donner. Comme s’ils étaient fatigués et ou en manque de compréhension sur ce qu’il se passe.
    C’est vrai qu’on a pris de sacrées giffles ces derniers mois:
    -un président élu des USA traité comme un vulgaire récalcitrant d’un pays soumis. Trump traité pire qu’un Castro ou qu’un Chavez. ça secoue.
    -ce même président qui finit par consterner ses plus fermes soutiens par sa profonde crétinerie et son indécence jamais encore vue autrement que chez un dictateur africain fou.
    -une presse qui s’abîme dans un délire de fake-news à un point largement au delà de toute perte de crédibilité.
    -Les dirigeants politiques et administratifs de la plus grande puissance qui détruisent assidument toute la crédibilité d’une république de plus de 200 ans par calcul politique.
    -un peuple Français mou et boudeur qui laisse élire un président inéligible et une assemblée introuvable.
    -et partout, des fous furieux comme animés de la volonté ultime d’exterminer l’humanité.


    • yann35 Le 01 juillet 2017 à 17h02
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      tout à fait d’accord. Je pense que nous sommes en pleine guerre des “story stellers” lancés dans une surenchère épouvantable.


    • Subotai Le 01 juillet 2017 à 20h23
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      Ca s’appelle la décadence.
      J’appelle ça la Déglingue.
      Dans le chaos général, les intérêts particuliers des acteurs qui font la politique deviennent primordiaux, ce qui augmente le chaos puisse qu’aucune ligne cohérente ne peut être observée – en apparence.
      Je dis en apparence, puisqu’en considérant les intérêts géostratégiques de chaque entité politique (Nation, Etat, Multinationale, etc…) on distingue dans tout ce fatras les lignes directrices des actions en cours, malgré tout. Ce qui normal puisque la survie du groupe (quel qu’il soit) est notre instinct animal. Et c’est ce qui reste quand il ne reste rien.
      L’intelligence humaine n’a jamais été qu’au service de sa bêtise. Faut pas croire 🙂
      Et c’est seulement en acceptant ce fait qu’on a une chance d’en échapper… 🙂


  11. Dahool Le 01 juillet 2017 à 12h59
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    Bonjour

    On en viendrait presque à avoir pitié du Qatar !

    L’occident promeut une guerre de “civireligions”.
    Faciliter l’implémentation d’une idéologie extrémiste sur nos territoires qui exacerbe les tensions entre les différentes communautés permet à nos maîtres, bien aidés en cela par de serviles médias qui profitent des attentats pour pratiquer l’amalgame musulmans/terroristes, de conserver le contrôle par des lois répressives et de mettre en place le prétexte ou la responsabilité au big bang économique qui se profile chaque jour un peu plus.

    Même si je me trompe, je ne vois quand même rien de réjouissant dans les événements à venir.
    Qui ou quoi pourrait calmer le monde ?

    Notre cerveau choisit parmi 3 solutions quand il est confronté à la peur, l’affrontement, la fuite ou l’immobilisation. Perso, c’est la troisième, je n’arrive pas à me persuader que, finalement, le chaos est possible alors j’attends sans prendre de décisions.


  12. hasbeen Le 01 juillet 2017 à 14h08
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    – ” Le Qatar à fait ce que les avions et les chars n’ont pu faire”…
    – ” Rien de pire que celui qui s’exprime sur Al Jazeera”…
    – ” Elle portera la culpabilité du sang des musulmans”…
    “In” : https://www.youtube.com/watch?v=dzCAUbwPjD4 (vidéo de 2012, Tunisie, Libye, Syrie, groupes armés, message personnel à Bachar El Assad, depuis…)
    Mais toujours rien sur les fake-films des studios de Doha, leurs financements…
    Il semble qu’à l’heure, le Qatar en victime expiatoire, peut laver bien du sang, et continuer d’enfumer l’écran.
    Pour rappel : Robet Fisk https://www.les-crises.fr/il-y-a-plus-dune-verite-a-raconter-dans-la-terrible-histoire-dalep-the-independent/
    et
    http://www.chroniquesdugrandjeu.com/2017/06/multi-niveau.html


    • amer Le 01 juillet 2017 à 22h00
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      @ hasbeen,

      Celui qui s’exprime dans la vidéo est un grand homme que je respecte; mais regarde dans celle-ci, celui qui a vendu son âme pour le bien matériel, condensé des délire de ce cheikh, ennemi de sa propre religion :

      https://www.youtube.com/watch?v=qdTLzVQq4Iw

      une vidéo que tout le monde devrait regarder pour comprendre ce qui se trame avec le terrorisme comme arme de destruction de nations qui résistent à l’Empire et ses vassaux.


  13. Krystyna Hawrot Le 01 juillet 2017 à 17h13
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    Je n’ai pas pitié du Qatar mais je m’inquiète pour les centaines de milliers de migrants qui y travaillent. J’ai notamment des amis magrébins qui ayant trouvé porte close en Europe et chômage chez eux ont été embauchés au Qatar. Sans parler des masses de Pakistanais, Philippins, Africains… que ce passera-t-il si ces travailleurs seront licenciés sans indemnités et contraint de rentrer chez eux? Encore des pays déstabilisés, voués aux émeutes et aux guerres? (comme en Libye)


  14. Julie Le 01 juillet 2017 à 20h23
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    Un petit jeu qui commence à dater: le roi d’Egypte, Farouq, s’appuyait sur les Frères pour tenir à distance du pouvoir les nationalistes qui luttaient contre l’opposition anglaise..


  15. hyb Le 01 juillet 2017 à 23h16
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    Question de Donald Trump : « combien nous rapporte le Qatar ? » « pas assez » répond l’US Secrétaire d’État ex-PDG de Mobil-Exon. « OK, les gentils Saoud sont de gentils clients à 400 milliards. Ils veulent le Qatar. Qu’on leur donne ! » Exit l’Émirat microbien.
    C’est simpliste mais hélas plausible. À Washington le hard business a prit le pas sur la diplomatie conventionnelle. La cohérence de la vison de Trump au Moyen-Orient est celle d’un prédateur d’affaires face à une montagne de fric. Cette stratégie fait le bonheur des néoconservateurs frustrés par les années « peace & love » d’Obama.
    Réagissant au discours du Président à Riyad le 21 mai dernier, l’administration applique désormais la nouvelle feuille de route du marketing stratégique. Les communicants ont mis au point un plan média sur fond de provocation diplomatique, menace iranienne et lutte contre le terrorisme. En plein mois sacré de ramadan Trump a déclenché la guerre des gangs chez les wahhabites. Cette tactique rappelle celle d’Eliott Ness à Chicago…
    https://hybel.blogspot.fr/2017/06/le-qatar-au-pilori.html


  16. Christian gedeon Le 03 juillet 2017 à 08h51
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    Encore modéré. Qu’a t il de si extraordinaire et de si politiquement incorrect à affirmer qu il ne va rien se passer? C’est une analyse qui en vaut d’autres,je crois. Tout ça est une comédie à usage des “occidentaux” style good cop ,bad cop.


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