Vous avez été plusieurs à répondre à mon appel à témoignages sur la crise – je vous en remercie.
Voici donc le premier témoignage, d’insider… N’hésitez pas à me contacter, il n’est pas trop tard si vous voulez témoigner…
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Je travaille dans un grand groupe, coté en bourse, qui possède une filiale dans chaque pays européen. Je travaille dans une des filiales comme chef-comptable.
Depuis la crise, je constate que l’entreprise qui m’emploie s’est financiarisée. Les méthodes et le vocabulaire financiers ont fait leur apparition. Les dirigeants agissent comme des banquiers : ils ont le sentiment que rien ne peut les arrêter dans la course aux profits.
Désormais, j’oublie parfois l’activité de base de mon employeur.
- 1. Le mot « liquidité » est devenu un mot-clé important.
Le but actuel, c’est d’avoir des liquidités à tout prix… quel que soit le prix à payer.
Dans notre filiale, nous devions procéder à une énorme dépense d’argent.
Me voilà comme chef comptable à proposer deux solutions au directeur financier :
A) Payer sur fonds propres : diminution de notre compte en banque et pas d’endettement supplémentaire. Ce que je recommande.
B) Ou bien passer par un financement remboursable en 12 mois : le compte en banque reste bien garni, mais des intérêts bancaires sont dus.
Le directeur financier a fait son choix sur bases des « critères de performance » qu’il devra affronter lors de son évaluation annuelle avec le PDG.
Dans ces critères, les intérêts bancaires ne sont pas repris. Le volume du cash disponible, oui.
Donc l’entreprise s’est endettée pour que le directeur financier puisse recevoir son bonus en fin d’année, ayant préservé la liquidité de l’entreprise.
- 2. Les organes de contrôle similaires à des agences de notation.
Avant la crise, notre filiale payait les services d’un expert indépendant pour auditer nos comptes.
Cet expert recevait 9 000 € par an. C’était un vieux loup, style prof de compta qui a fait la guerre, il se baladait partout dans l’entreprise, entendait tout, prenait le temps d’analyser et posait les questions dérangeantes. Bref, rien ne lui échappait ; il avait une vision à 360° de nos activités.
Après la crise, le Conseil d’Administration a préféré signer avec une grande société d’audit, où les jeunes diplômés rêvent d’être engagés. Le mandat est monté à 60 000 € par an.
En tant que personne ressource pour les contrôleurs extérieurs, je constate que ces sociétés « spécialisées dans l’audit de multinationales » ne valent pas grand-chose.
Pourquoi ? Je reçois la visite de Junior1 et Junior2 que j’impressionne en leur réservant une salle de conférence… pour mieux les isoler. La méthodologie du tandem ? Suivre le questionnaire standardisé et répondre aux questions une à une.
Exit la vision globale de l’entreprise. Au revoir la compréhension de l’activité de l’entreprise qui se retranscrit dans les comptes.
Maintenant, je dois juste avoir un justificatif pour chaque écriture comptable… Le questionnaire ne prévoit pas de vérifier si les opérations comptables sont pertinentes ou pas.
Vous vous souvenez de mon exemple de financement quand je parlais de la liquidité ?
Le vieux loup aurait mentionné dans son rapport la stupidité de l’opération… Junior1 et Junior2, eux, sont « méga impressionnés » par la quantité de zéro au montant.
Ah oui, j’oublie de mentionner l’auditeur senior, fondé de pouvoir dans la société d’audit. Il se fie au rapport des Juniors avant de contresigner leur travail. À 60 000 euros la mission, autant maximiser les clients, et aller vite superviser Junior3 et Junior4… ou Junior81 et Junior82 ?
L’envie de contrôler « toujours plus » a obligé les opérateurs à standardiser le format. Pour vous donner une image, ils contrôlent minutieusement la qualité de chaque pièce du puzzle, mais ne se demandent pas ce qui est dessiné sur le puzzle.
- 3. Changer les modes de comptabilisation grâce à 1 €uro symbolique
Admettons que l’entreprise génère un chiffre d’affaires annuel de 500 millions avec un bénéfice de 3%, soit 15 millions par an.
En 2007, l’entreprise déclarait un bénéfice opérationnel de 15 millions.
En 2008, suite à la crise, elle déclare un bénéfice opérationnel de 14 millions 999 999 euros et un bénéfice exceptionnel de 1 euro symbolique.
En 2009, elle déclare un bénéfice opérationnel de 13 millions et un bénéfice exceptionnel de 2 millions…. Hé oui, le principe étant acquis grâce à l’année précédente. En période de crise, tout devient exceptionnel, inhabituel. C’est la période propice pour changer les repères.
En 2010 et 2011, l’écart se creuse, le bénéfice exceptionnel se gonfle ; les comptes annuels reprennent un bénéfice opérationnel de 9 millions et un bénéfice exceptionnel de 6 millions.
Jusque là, toujours 15 millions en fin d’année, mais avec une ventilation et donc une justification légale différente.
En 2012, la grande arnaque peut arriver : transférer les bénéfices dans un autre pays pour éviter la taxation, ou encaisser des pertes jamais déclarées, etc.
Le bénéfice diminue de 6 millions et passe de 15 à 9. Dans la comptabilité, le bénéfice exceptionnel tombe à zéro ; le bénéfice opérationnel reste le même.
Pour les auditeurs, les actionnaires et l’Etat, un bénéfice exceptionnel est logiquement NON récurrent… Le résultat opérationnel reste STABLE malgré la crise, le management peut toucher ses primes sur résultat.
Dans ma fonction de chef comptable, je constate que malgré la crise, les résultats exceptionnels explosent partout. Alors, excellent millésime ou changement de méthodes de comptabilisation ? En tout cas, il suffit d’un seul euro pour faire accepter le principe.
- 4. Le prix de transfert s’européanise.
Les multinationales anticipent un changement de cadre fiscal. Elles craignent une rage taxatoire ou une « cotisation de crise » quelle que soit la forme choisie.
Elles s’impliquent de plus en plus dans des processus pour faire glisser des bénéfices vers des filiales moins taxées ou taxables, notamment celles au profil « starter ».
L’entreprise où je travaille a donc décidé d’ouvrir des filiales dans plusieurs pays de l’Europe de l’Est.
Pourquoi ? Parce que ces jeunes filiales sont comme des paradis fiscaux : les premières tranches d’imposition ne sont pas taxées pendant les 3 premières années…
Les politiques voulaient dynamiser la création d’entreprise (et la création d’emploi) grâce à cette exonération.
Notre filiale de l’Est, que je vais appeler « ABC », vient de souffler ses 4 bougies.
Nous avons donc créé une deuxième filiale appelée cette fois « XYZ ».
Et pour bien profiter du système, la filiale « ABC » a même facturé à la maison mère (située dans la Vieille Europe) des prestations de « création de la filiale XYZ ».
La maison mère a donc 2x plus de possibilités de réduire les impôts dans son pays, puisqu’elle reçoit des factures supplémentaires qui réduisent sa base imposable.
Et devinez quel bénéfice aura XYZ cette année ? 6 millions de bénéfices exceptionnels ?
- 5. Les Pouvoirs publics distribuent encore plus l’argent aux multinationales.
Grâce à la crise et au ralentissement des investissements, des services publics octroient des subsides aux grandes entreprises pour la R&D. Le but politique de la mesure est de capter ou maintenir le département R&D sur son territoire.
Dernier succès de mon employeur : encaisser de juteuses subventions pour créer un service… qui existait déjà. L’entreprise a développé un service parce qu’il y avait un marché à prendre et de l’argent à gagner. Mais nous avons retardé la commercialisation de 6 mois pour faire croire à l’Etat que l’argent public nous permettait d’enfin lancer la mise en production.
L’encaissement des subventions s’est fait après remise de dossiers et pièces justificatives.
Faut-il préciser que notre dossier technique était déjà prêt ? Et que les justificatifs comptables étaient une grosse arnaque ?
Dans cet exemple, chacun aura sa conclusion. Mon point de vue personnel situe plutôt l’erreur au niveau politique : faut-il aider de grandes entreprises qui sont déjà rentables et organisées ?
La cause du gaspillage d’argent public n’est-il pas simplement l’existence d’un service public qui cherche des multinationales à subventionner ?
L’entreprise qui crée des documents pour être dans les critères d’octroi, je place ça dans les conséquences. Tout comme les fonctionnaires du service concerné qui étaient ravis d’être utiles au programme, et qui n’avaient aucune compétence pour vérifier les états comptables rendus. Nos auditeurs financiers (Junior1 et Junior2) ne se sont intéressés qu’à la méthode de comptabilisation des subsides.
Je vous ai mentionné que plus personne ne prend le temps de construire des puzzles ?
- 6. Le contexte incite à frauder.
Ceux qui jouent avec des gros montants ont pris conscience qu’aucune loi ne pouvait condamner leur manque d’éthique. Alors, pourquoi viser l’intérêt général ?
Par exemple, nos managers facturent leurs prestations via des sociétés off-shore.
Est-ce crédible d’avoir un manager européen qui opère dans une capitale européenne et qui facture ses prestations via Hong-Kong ? En tout cas, c’est légal.
La Commission Européenne est installée à Bruxelles. En même temps, la Belgique est un paradis fiscal pour les filiales des multinationales.
Toutes ces incohérences n’existaient pas avant la crise.
Ma vision des choses, c’est que la crise a mis en exergue les méthodes des banques. Les entreprises ont simplement pris exemple puisque ces mêmes banques n’ont jamais été sanctionnées…
Signé : un lecteur du blog…

Les paradis fiscaux et la concurrence fiscale exacerbée sont sans doute la plus grosse plaie de ce siècle.
Tant qu’on aura pas régler ce problème par exemple avec une charte mondiale imposée par les grands pays, nous courrons de toute façon à la catastrophe.
L’avenir est décidément bien sombre…
Merci pour ce témoignage très intéressant.
Oui enfin vu le niveau là ce n’est plus une charte qui faut mais une loi. Car c’est bien précisé que c’est parce que c’est légalement possible qu’ils vont le faire, rendons ça illégal au moins chez nous et on y verra plus clair ensuite.
Bonjour,
Je valide les propos. Je vis la même chose à une plus petite échelle. La Direction se contre fiche du client final, on pourrait lui vendre des carottes (alors que l’on fait de la prestation de services). Ce qui compte c’est combien on facture et quelle marge on en tire.
Les résultats financiers mensuels sont indéchiffrables et même les controleurs de gestion ont le plus grand mal du monde à comprendre les chiffres sortis par la direction…. ça transpire la magouille…mais les opérationnels n’ont droit a aucune amélioration de leur quotidien alors que l’argent rentre bien…
Ah oui, j’oubliais, mes patrons ont été mis en examen pour abus de biens sociaux…
Changez de crémerie !
Oui je confirme, la nouvelle activité rentable est d’éviter de payer des impôts, par tous les moyens “légaux”, même si complètement hors de toute éthique.
Et que penser des personnes (physiques ou morales) qui ont toujours eu à cœur de s’acquitter en tous biens tout honneur, de leurs obligations fiscales “standard” et qui se rendent compte tout à coup, que les impôts sont hautement injustes, autant dans leurs perception que dans leurs utilisation?
Est-ce que le paiement des impôts n’est finalement, qu’un soutien à un système à forte déviances?
La question d’entrer dans les mêmes déviances est donc posée … mais rester honnête ne suffit plus, il faut désormais dénoncer et combattre toutes ces déviances !
Tout à fait d’accord mais …
au niveau mondial 
… le problème c’est que la déviance est devenue la NORME
Bravo encore au courage de cet Insider.
Quand nous déciderons tous de nous donner la main le monde changera.
Super interessant.
Tout a fait d’accord avec Patrick Luder :
“La question d’entrer dans les mêmes déviances est donc posée … mais rester honnête ne suffit plus, il faut désormais dénoncer et combattre toutes ces déviances !”
et ce au niveau mondial, …
On n’est pas sorti le cul des ronces… mais c’est incontournable,… alors…
Oups,… le commentaire est parti trop vite.
Un des soucis, à mon avis, c’est que les oppositions ne sont pas (encore) très organisées.
Elles sont très fragmentées.
Elles fonctionnent un peu comme ces cabinets d’audits : plein de petites actions, mais pas d’action au niveau plus global. Comme l’image du puzzle de l’auteur du billet.
Un exemple : les indignés, en espagne : pas de regroupement structuré… seulement des individus qui se rassemble sur un mode d’organisation très léger et très individuel.
Je ne dis pas si c’est bien ou pas. Je constate l’aspect très fragmenté des volontés et des actions d’oppositions aux déviances.
Je suis curieu de voir comment les choses vont évoluer, avec des reproches, indignations, et volontés de lutte contre les déviances qui sont très isolés et indépendants. En 1965 et 1968, ils ont bien réussi à mettre à mal la guerre du vietnam, la société conventionnelle et conformiste,…
Là, c’est le meme genre… et je me demande ce qu’il va en sortir…
Bonjour,
voilà le genre de témoignages qu’on voudrait voir plus souvent. Sauf que si l’anonymat est justifié d’un point de vue juridique et les noms des entreprises ou des acteurs concernés évidemment tenus secrets, il faudrait s’imaginer l’effet qu’aurait la dénonciation publique de ces noms, dans cette entreprise et dans les autres…
Si nous voulons que ces comportements cessent et soient punis, il faudrait que tous ceux qui comme l’auteur de cet article ont des informations comme celle-ci a faire connaître “balancent” les noms, et que de “bons” avocats les protègent…
Mais c’est comme vous dites : les politiques sont responsables car les lois qu’ils font passer permettent de “légaliser” des pratiques qui ne devraient pas l’être ; il faudrait pouvoir également attaquer en justice et les entreprises concernées (avec leurs dirigeants), ainsi quel les hommes politiques qui les protègent en allant à l’encontre des principes fondamentaux de notre démocratie (liberté, égalité fraternité), et de ceux de notre Constitution (article 2 : Son principe est : gouvernement du peuple, PAR le peuple et POUR le peuple).
Il apparaît tout de même deux choses qui semblent communes à toutes ces affaires : le recours systématique à la défiscalisation et le problème des paradis fiscaux (link to calebirri.unblog.fr) et la volonté affichée des entreprises de faire payer (encore) les plus pauvres plutôt que de se soumettre à l’intérêt général (link to calebirri.unblog.fr).
Si le peuple venait à apprendre le nombre (et le nom) de toutes les entreprises qui opèrent ainsi, cela changerait-il quelque chose ou non, voilà ce que je me demande…
merci en tout cas pour cette tentative d’ouverture des esprits qui n’ont pas encore pris conscience de la gigantesque arnaque dont ils sont victimes
Merci pour ce témoignage très intéressant. Eclairant même.
Quand je pense que quand j’étudiais la comptabilité on nous tanait avec les règles éthiques et le serment des experts comptable :
“Je jure d’exercer ma profession avec conscience et probité, de respecter et faire respecter les lois dans mes travaux.”
Je salut l’auteur de l’article que l’on sent dépité devant tant de médiocrité et de peu conscience du bien de l’entreprise face à la généralisation de l’intérêt individuel.
mais bon dans ma profession actuelle quand je vois les règles SOX mise en place après l’affaire ENRON pour éviter que cela se renouvelle franchement c’est à pleurer, du moment que la forme est respecté rien à dire même si cela va à l’encontre du bon sens (sigh ! resoupir !) link to piloter.org. Règles, qui de toute manière, n’ont pas évitées et n’éviteront pas les nouvelles crises.
Excellent article qui reflète bien la réalité. En plus, il situe bien le problème au bon endroit: la comptabilité. C’est là que le changement s’est opéré. Comme il n’y a plus de contrôle externe (ce qui a été décidé à dessein), la comptabilité est devenue de plus en plus “créative”, avec pour objectif final de pomper le fric hors de l’entreprise (vers les actionnaires et les managers de haut niveau), et cela au risque de faire crever l’entreprise à moyen terme. Le hic c’est que cette pratique s’est généralisée et que la plupart des entreprises sont maintenant exsangues, vidées de leur fric et que les comptes ne peuvent plus bien longtemps rester maquillés.
On va se retrouver face à un désert économique et avec une élite qui s’est bourré les poches.
Si je puis me permettre :
“On va se retrouver face à un désert économique et avec une élite qui s’est bourré les poches.”
le desert économique, il est déjà là, non ?
et en conséquence, l’ “élite qui s’est bourré les poches.”, moi, je l’appelle “la bande d’abrutis qui a cru que ca marcherait”.
ou en plus court : “les abrutis”
c’est plus clair, non ?
en tout cas, ca évite de leur donner plus d’importance qu’ils n’en n’ont.
Bonjour et bravo à Olivier Berruyer pour cette initiative.
Au chef comptable témoin dans son entreprise,
Votre exposé est tout aussi clair qu’édifiant. Félicitation ! Et il est courageux même s’il protège l’anonymat, toujours ou presque effaçable si on y met les moyens.
Cependant, ancien DRH dans un groupe industriel dans les années 1980 à 2000, j’ai régulièrement assisté (en seconde ligne) à des “jongleries” de ce style à cette époque, donc rien de bien nouveau sous le soleil. Seuls leur aspect systématique et leur mutation en paradigme d’entreprise prend une tournure préoccupante, et c’est pourquoi leur dénonciation devient vitale avant que l’économie mondiale ne s’effondre dans le “trou noir” de la finance déchaînée.
La multiplication de témoignages factuels, clairs et objectifs comme le votre peut inciter de nombreux responsables dans l’économie privée comme dans l’appareil d’Etat ou les média à faire pression sur un système qui n’est pas loin probablement d’engloutir notre mode de vie.
Si chacun agit en fonction de ses possibilités, n’attend pas que “le système” ou les politiques règlent spontanément les problèmes collectifs, alors pouvons nous espérer éviter le tsunami qui nous menace.
Je ne prendrai qu’un exemple: on ne peut à la fois être indigné par les rémunérations outrancières de footballeurs – comme bien d’autres d’ailleurs – par les magouilles et manipulations autour de leurs transferts avec implication ou non de fonds publics, et en même temps se précipiter au stade, être scotché à sa TV ou son journal, en faire un sujet de conversation quotidien. Pour ma part, c’est le zapping absolu sur tous ces sujets dans lesquels nous sommes, nous consommateurs et contribuables, des otages, chairs à pognon. C’est cette complicité passive qui fait le meilleur terreau pour la culture des profits outranciers, injustifiés et contre-productifs de progrès.
Bon courage!
Bravo pour ce témoignage, belle preuve de probité de cet “insider” que de témoigner sur la perversité néfaste du système.
Une manière aussi de “soulager” sa conscience, de se sentir moins seul en se confiant à des “oreilles” attentives.
Ce ne doit pas être facile de se lever chaque matin pour aller au boulot, sachant que ce travail n’est utile , ni à la société, ni à ses employés mais seulement aux détenteurs du capital et aux ténors de la pyramide.
Il y a fort longtemps, j’ai ressenti le même dégoût, le mot n’est pas trop fort, face à l’ineptie, au cynisme, à la malhonnêteté des dirigeants d’une multinationale pétrolière.
Bon courage pour la suite. Le “collapse” est pour bientôt.
[OB : Django est l'auteur de l'article
]
Merci pour votre commentaire. Je dois cependant rééquilibrer l’utilité de la comptabilité.
Dans l’article, je mets en exergue les côtés sombres des chiffres, mais un comptable fait également en sorte que les salaires soient payés en temps et en heure.
Aller au boulot est un choix facile que je fais chaque matin et assume. Je ne dois pas “soulager” ma conscience, mais c’est vrai que je me sens moins seul maintenant
En réalité, les opérations comptables “immorales” ou “non éthiques” sont vues sur le plan technique par le personnel exécutant dont je fais partie.
Concrètement, ces manipulations comptables sont comme des actes précis et spécialisés. Ca m’a permis de développer une technicité qui a une haute valeur ajoutée sur le marché de l’emploi.
Comme l’écrivait Fabrice dans son commentaire, un comptable jure “de respecter et faire respecter les lois dans ses travaux.”
Le commentaire de leveau pose le bon constat : la légalité.
Il suffirait que le cadre légal donne une autre direction pour que des personnes comme moi utilisent leur “technicité” pour l’intérêt collectif. Reste maintenant à conscientiser pour que cela puisse arriver.
ce qui est marquant dans ce temoignage c’est bien le fait que tous les transferts s’oppèrent dans la plus parfaite légalité. La justification politique, formulee par un technocrate, est “tout le monde le fait, il est donc vain de s’y opposer;…des capitaux exterieur pouvant, de la même façon, venir s’implanter chez nous”. La justification juridique, formulèe par un fonctionnaire est :” l’esprit de la loi est respecté!”. La justification populaire est: ” je suis celui le faible et l’opprimè, celui qui ne voit pas, n’entends pas et de bon droit, celui qui ne comprend pas”.
Reste donc a diffuser, comme s’y emploi Olivier, afin que le temps fasse son oeuvre sur les generations…qui auront de toutes façon toujours un train de retard face aux oligarchies…toujours prompt a offrir quelques miettes a leurs populasses serviles afin de se prèmunir de quelque rèvolution.
Pour autant que la reprèsentation dèmocratique soit exhangue de contenu comme de sens, il ne faut pas, à l’instar du bourgeois de 1789 et devenu aujourdh’hui une très vaste classe moyenne; admettre ces dictatures.
Concernant le CIR, un témoignage :
“Constats : - ces consultants sont rémunérés au % d’impôts récupérés - il n’y a apparemment aucun contrôle a posteriori de la bonne utilisation des CIR puisque je n’ai pas eu à justifier par la réalisation de dossiers techniques - cette démarche consistant à récupérer après coup , sur des actions déjà réalisées , et qui de toute façon ont été réalisés pour des raisons de nécessité de fonctionnement , ne donne aucune incitation à faire davantage d’innovation”
link to jeanpaulmartin.canalblog.com
Toutes ces incohérences n’existaient pas avant la crise.
Bien sûr tout était mieux dans le bon vieux temps. [Modéré]
Les combine pour contourner les lois ont toujours existé. C’est au législateur de bétonner les textes qu’il vote pour limiter au maximum les abus et aussi de prévoir des sanctions réellement dissuasives.
Coucou, revoilà l’argument classique guillotine pour disqualifier le propos :
“Bien sûr tout était mieux dans le bon vieux temps. [Modéré]“(Le Taulier).
Implicite du message disqualifiant : “Vous êtes tout bêtement le siège d’une nostalgie platement commune”
Ce procédé de disqualification est souvent efficace, car on sait bien que la tentation nostalgie guette à partir d’un certain âge…
… Cependant, rien de nostalgique dans cette dénonciation argumentée et celui qui invoque l’argument guillotine nostalgie le sait bien, mais ce constat négatif heurte son penchant idéologique.
Delphin
Je ne dis pas que ce que dénonce l’auteur est faux. C’est sa conclusion avec laquelle je ne suis pas d’accord. Les fraudes et diverses combines ont existé avec la crise…c’est peut-être même elle qui nous ont précipité dans cette crise. Si des courtiers véreux n’avaient pas poussé des milliers de familles américaines à faire de fausses déclarations de revenus pour pouvoir emprunter ont n’aurait pas eu la crise des subprime. Si Les Grecs ne fraudaient pas autant et si une banque d’affaire ne les avait pas aidé à maquiller leur budget Athènes ne se serait pas retrouvé en faillite, si
Concernant le CIR,
Je faisais partie d’une grande entreprise cotée au CAC40. Les dossiers montés en interne n’étaient là que pour mettre en avant des projets qui étaient déjà prévus de longue date.
Cependant, les décisions moyen terme, concernant le dimensionnement des équipes R&D et de leur coût, reposaient bien sur ces aides.
En bref, le CIR n’influe pas sur les efforts R&D à court terme, mais à hauteur de 10% sur le moyen terme. Et à 0% sur le long terme, les dirigeants ne fondant pas des business plans sur des mesures pouvant être remises en cause à chaque mandature.
Concernant les fonds alloués aux Pôles de compétitivité, j’ai pu constater que nos partenaires / concurrents (français) faisant partie des mêmes pôles se faisaient tout bonnement sponsoriser des études R&D déjà réalisées.
Aussi, du côté des entreprises, ces aides ne constituent que des effets d’aubaine.
Concernant les pouvoirs publics, il s’agit pour eux de subventionner nos industries et de les aider à maintenir leur compétitivité, sans être totalement dupe de la duplicité du discours des entreprises.
Comment “neutraliser fiscalement” 1.500.000.000 euros?
link to mush.be
(publié le 15/10/2011)
Tous les comptes annuels de cette “entreprise” sont disponibles
gratuitement sur le site de la Banque Nationale de Belgique (www.bnb.be), section
“Consultation des comptes annuels”. Pour les exercices 2009 et 2011,
un bénéfice imposable du même ordre a été “neutralisé” en
appliquant la même technique.
Dans l’article, j’écrivais “la Belgique est un paradis fiscal pour les filiales des multinationales”. Merci à JiDéGé d’avoir expliqué le processus.
Je me permets un complément d’information: les entreprises gorgées de cash qui bénéficient des intérêts notionnels peuvent “stocker” leur “épargne” sur des comptes étrangers… comptes repris légalement dans la comptabilité belge.
Grâce aux accords binationaux, la double imposition est évitée et les produits financiers seront “taxés” uniquement en Belgique.
La Belgique n’exige même pas que les montants pharaoniques soient sur son sol (sur des comptes de banques belges) pour exonérer leurs intérêts. En temps de crise, les bilans des banques belges ne bénéficient même pas des mécanismes de paradis fiscal de leur pays ; ce qui aurait été malgré tout un amortisseur des faillites bancaires à venir.
Hum… toutes ces méthodes “d’optimisation fiscale” existaient bien avant la crise et leur développement date des années 70/80, conformément aux nouvelles possibilités offertes par la libéralisation des marchés… Mais il est exact qu’aujourd’hui la mentalité d’une large majorité de dirigeants d’entreprise est totalement déconnectée de la notion de “bien commun” ; même un coiffeur essaye d’échapper à l’impôt et aux cotisations sociales… soit en dissimulant des recettes, soit, comme il y a quelques années, en domiciliant son entreprise à l’étranger… un vrai changement de mentalité, dont les politiques ne mesurent absolument pas les conséquences, quand ils continuent à créer une taxation fiscale et sociale pour “entreprise captive”, alors que ça fait longtemps que ce n’est plus le cas, et que n’importe quel dirigeant d’entreprise sait utiliser les outils que ces mêmes politiques ont créés, pour y échapper…
Quand j’ai commencé à bosser, il y a donc plus de trente ans, je faisais travailler les dirigeants et les salariés sur leur projet d’entreprise… aujourd’hui, je pense que j’aurais honte de leur proposer encore ce genre de foutaise…
Parce qu’il n’y a pas, il n’y a plus d’autre projet que celui de survivre, aussi bien pour les salariés que pour les dirigeants, et pour ces derniers si possible en s’en mettant plein les fouilles… Tout le monde s’en fout de tout, survivre, juste survivre, surtout sans s’impliquer, c’est tout ce qui intéresse tout le monde. À une époque dans la plupart des entreprises, on travaillait pour un futur meilleur pour tous, aujourd’hui il existe tellement d’épées de Damoclès au-dessus des têtes de tout le monde que c’est marche ou crève pour tous…
Marrant la description du passage de l’expert de terrain à la “société d’audit”… c’est tout à fait ça !!! Les juniors cochent des listes de questions, mais sont totalement incapables, et de comprendre à quoi ça sert, et de relever les incohérences et irrégularités… au point que j’ai même vu un état de rapprochement bancaire coché “bon”, alors que le comptable de l’entreprise avait rajouté au final son écart de rapprochement sans le justifier… n’importe quel expert de terrain, qui a déjà fait un rapprochement bancaire, sait qu’un écart d’un cent, ça peut être plusieurs millions au débit et presque autant au crédit, mais pas nos juniors qui cochent des cases comme des benêts…
On remarquera au passage que depuis la crise de 2008, aucun média ni politique ne s’est penché sur les responsabilités des experts-comptables, des CAC (commissaires aux comptes), de l’AMF, et autres organismes de contrôle…
Bé oui, on ne touche pas à l’AMF qui n’a évidemment pas besoin d’être réformée, puisque la quasi-totalité de ses dossiers se perd déjà dans les méandres de ses enquêtes… Ni au statut et missions des Commissaires aux comptes, ils sont tellement efficaces qu’ils n’ont jamais rien vu de répréhensible ou de dangereux, dans les comptes des banques et autres fonds, emportés par la crise financière…
On vit vraiment une “époque formidable”…
(Paroles d’un ancien expert-comptable et CAC trop content d’avoir fait le choix de ne plus vivre dans ce panier de crabes)
Très intéressant.
On attend maintenant avec impatience le témoignage d’insiders de la banque ou de la finance.
“Bienvenue dans un monde sans frontières, ni limites”
Matrix-1999, scène finale.
Yannick Noah, bidule médiatique (1985-2012).
Chez un de mes anciens employeurs, le livre suivant link to amazon.fr était le livre de chevet offert par les actionnaires ou cadres dirigeants.
A l’époque il portait le sous-titre suivant: Comment doubler vos profits en 6 mois ou moins ! et un bandeau: “Le livre qu’aucun patron français n’a jamais osé écrire”.
Ce livre vaut la peine d’ être lu pour voir jusqu’où certains individus sont prêts à aller pour gagner toujours plus et à n’importe quel prix … et ce n’est pas du win-win employeur/employé !!!
Passionnant , la conclusion recoupe le témoignage d’un ex trader que j’ai lu , il disait grosso modo la même chose : les entreprises ont copié les méthodes d’”optimisation” des banques , les conseillers (boites d’audits, avocats fiscalistes) de ces dernières vendant d’ailleurs souvent leurs services aux premières.
La remarque à propos du rôle de la crise dans l’accélération du phénomène est-elle vérifiable ?
Une idée pour qqs graphiques Olivier ?
Témoigne intéressant, en mettant en place un système fiscal très complexe et opaque on arrive à ce genre de dérive.
Je ne crois pas que les entreprises qui rentrent dans ce jeu soient vraiment à blâmer, ce sont les politiques qui le sont car ce système très complexe leur permet de légitimer des dépenses de fonctionnaire et de faire des cadeaux pour se faire élire.
En donnant tous pouvoirs à un groupe de quelques individus, fussent-ils élus par quelques % de la population, on arrive obligatoirement à des dérives importantes… à moins de croire en une élite “illuminée”.
L’avenir réside peut être dans un système fiscal simple avec un taux de prélèvement fixe sur l’ensemble des revenus qui soit séparé en différentes tranches : impôts locaux, cotisations sociales, impôt d’état.
Pour éviter les évasions fiscales et la créativité comptable et fiscale, la solution réside effectivement dans une simplification du système fiscal.
Vincent Bénard résume très bien la situation sur son blog Objectif Liberté avec la proposition de la Flat Tax [lien ici] qui peut être mise en place rapidement à chaque niveau national.
Hum… Il y a beaucoup plus simple, plus juste et surtout efficace que la Flag Tax, c’est de totalement défiscaliser l’entreprise (de toute façon quelque soit l’impôt ou la cotisation, direct ou indirect, qui sera inventé, c’est toujours le consommateur final qui le paiera) et ne percevoir de l’IR que sur les revenus distribués ou transférés…
Comme si les réduction de coûts étaient systématiquement reportés sur les prix… Les prix sont juste au maximum, compte tenu de la concurrence et/ou des lobbys (officiels et officieux) !
@Patrick Luder
Qui a dit que “…les réductions de coûts étaient systématiquement reportées sur les prix… “?
Il me semble avoir écrit que les réductions de coûts servaient à payer des dividendes…
A CA constant, moins de coûts signifient davantage de bénéfices ; en principe il faudrait mettre ces bénéfices en réserve pour assurer l’avenir, mais ce n’est pas apparemment ce que cherchent les actionnaires…
en tant que dirigeant de PME, j’en arrive à me demander si tout ceci n’est finalement pas une bonne nouvelle pour moi. Il est clair qu’avec de telles pratiques qui n’ont qu’un objectif :” pomper un maximum de fric vers les actionnaires et les managers “, les grands groupes vont voir leur trésorerie s’assêcher , au risque même de disparaitre ou de connaitre de graves difficultés … laissant le champs libre aux PME gérées prudemment par ceux qui les possèdent.
On peut ajouter que pour présenter de bon résultats, les managers ont aussi tendance à éliminer les coûts ” inutiles” comme la R&D et le SAV pour gonfler le résultat à court terme au détriment de la vision long terme…. moi, ça me va bien
Nous sommes tous embarqués dans un bateau ivre. A son bord, le capitaine ne pense désormais plus qu’à charger son canot de sauvetage des biens les plus précieux.
Il coulera lors de la mise à l’eau.
Quand au navire économique que nous pensons en train de prendre le large, il ne fait que prendre de la vitesse pour mieux se désintégrer sur les prochains récifs.
@ERDE “Le “collapse” est pour bientôt” et je rajouterai, à mon grand dam, le plus vite sera le mieux.
Le sang et les larmes seront probablement de la partie et nous souffrirons également de la faim mais nous échapperons à l’anéantissement total de l’humanité dans lequel nous entraineraient les fous furieux qui nous gouvernent.
Etant moi-même ancien chef comptable d’une filiale de groupe international je ne peux qu’approuver des deux mains ce qui est dit dans l’article.
En fait les dirigeants de ces groupes ne sont plus que des mercenaires à la solde des actionnaires et c’est la loi du court terme qui prévaut avant tout ; comme le chiffre d’affaire est difficilement extensible, la solution pour assurer les dividendes aux actionnaires est simplement de tailler dans les dépenses à tout prix ; le dirigeant qui ne se plierait pas à cette règle serait renvoyé illico ; par ailleurs, comme le-dit dirigeant est lui même actionnaire par le biais de ses stock-options, et qu’il a tout intérêt à ce que le cours augmente, la conclusion s’impose d’elle même.
Je n’irais pas jusqu’à dire comme patrickX que ce système sera à terme bénéfique pour lui, je pense même le contraire.
Quant à la comptabilité créative dont il est question dans certaines réponses, cela me fait bien rire ; ce n’est pas (que) la comptabilité qui est créative, il y a aussi les montages juridico-fiscaux complexes ainsi que la manière de reporter les comptes qui peuvent aussi être qualifiés de créatifs.
Et pour répondre à incognitototo, l’argument du “cent” qui cacherait des millions au débit et au crédit ne tient pas une seconde, si on raisonne comme cela alors zéro d’écart peut également cacher 1 milliard au débit et 1 milliard au crédit … Cela dit ce n’est pas un junior 1ère année dans un cabinet international qui découvrira ces milliards cachés (quoique, avec un peu de bol certains sont capables de tomber dessus par inattention…)
Ça n’est pas un “argument”, c’est un compte-rendu d’expérience sur ce que ces juniors sont incapables de voir… cela dit, je suis bien d’accord avec vous, même un rapprochement à zéro ne présuppose pas que les comptes ne recèlent pas quelques cadavres ; la compensation des actifs/passifs est même une technique comptable très simple à mettre en oeuvre, même si totalement prohibée, et je n’ai jamais rencontré un inspecteur des impôts capable de la déceler et a fortiori encore moins un junior…
@Incognitototo
En fait l’argument auquel je faisais allusion est justement celui que sortent ces juniors pour montrer qu’on ne la leur fait pas!
Quand je leur rétorque le contre-argument du zéro écart qui peut lui aussi cacher de gros loups, là ils ne savent plus trop quoi dire.
;o)))) C’est sûr qu’on ne l’a leur fait pas ;o))) J’ai envoyé un jour deux “juniors” (fin de cursus d’une grande école de commerce parisienne) sur un audit financier… 20 jours après ils me rendent un rapport de 100 pages… Je me dis super, vu la taille du rapport… Pas de bol qu’ils aient perdu leur temps à analyser un bilan totalement faux… même d’énormes comptes clients créditeurs et des comptes d’attente représentants 10% du CA, ne les avaient pas choqués…
Voulant me reconvertir dans la branche Expert-Comptable ou CAC car mon diplôme d’ingénieur me laisse des perspectives d’évolution navrantes dans des sociétés à la solde de personnes au profil d’origine similaire à ce que vous citez, je me demandais en combien de temps et surtout s’il était possible, dans les conditions d’éthique actuelles, d’obtenir cette vision.
Je plussoie;)
Je ne compte plus les heures que j’ai passées à apprendre la comptabilité avec des comptes en T à des bac+4/5 qui venaient me contrôler…
Et que de kilomètres de papiers remplis de chiffres et de commentaires enregistrés sans recul, c’est-à-dire sur la foi de ce qu’on voulait bien leur raconter!
Je ne voudrais pas être à la place des associés qui se basent sur ces rapports en sachant pertinemment ce qu’ils valent (ça c’est de la vrai gestion de risques…)
@ Thecis,
Bien évidemment, que c’est possible d’apprendre cette vision globale… tout dépend des professeurs… et de leurs méthodes… Il est bien évident que vous n’apprendrez rien en travaillant chez les Fat Four, en passant votre temps à cocher des listes et à appliquer des procédures…
Il faut d’abord se confronter à la matière comptable, avant d’en comprendre les arcanes, sans sauter les étapes (ça ne sert à rien d’apprendre à se servir d’une calculatrice, si vous ne connaissez pas d’abord les tables de multiplication)… le choix du cabinet est donc primordial, il doit vous offrir une grande variété de clientèles et de travaux pour vous confronter à un maximum de situations, en vous permettant de mener des missions de A à Z.
La question du temps d’apprentissage est très variable selon les individus, certains comprennent les fondamentaux en 5 jours de formation, d’autres ne les comprendront jamais ; cependant, 3 ans dans un cabinet tel que je vous le décris me semblent un minimum. Reste qu’il y a une chose qui apparemment ne s’apprend pas, c’est le “bon sens”… et visiblement nous ne sommes pas tous égaux pour acquérir cette aptitude, qui n’est enseignée nulle part.
Merci à cet auteur !
Il faudrait retrouver le sens du Bien commun … vaste chantier … à mon avis c’est cuit !
On ne va pas changer du jour au lendemain comme ça … il faudra passer par la case GUERRE …
Bonne soirée à tout le monde.
Marc
Un quart des cadres de Wall Street et de la City considèrent que la malhonnêteté est une clé du succès financier.
Enfreindre les règles, clé du succès ?
Article de Philippe Paquet dans La Libre Belgique du 11.07.2012
Impressionnant de vérité. Le truc essentiel reste l’engrenage de la méthode: une fois un principe déviant acté on ne revient jamais dessus et par continuité il est étendu à son champ d’application maximum… Une fois le filon épuisé, on cherchera un autre axe de progression…
Quant aux sociétés d’audit, outre que les juniors apparaissent souvent nuls, il ne faut pas négliger l’activité des seniors pour éteindre toute investigation gênante. Le but d’un cabinet d’audit reste de certifier les comptes que lui présente son client tout en se préservant : on donne un os à ronger à la marge (genre le truc à impact ridicule mais qui permet de produire des docs et de justifier de son action), on produit une documentation nuage de fumée pour préserver le cabinet et le client (au pire si les comptes sont trop grossiers, on aidera le client à faire mieux). Tout ça pour dire que la nullité des audits est avant tout voulue et que les juniors se censurent car ils comprennent bien que la vérité comptable n’a pas d’autre intérêt que de nuire à leur carrière.
Enfin au fond de tout ça, il y a la financiarisation des entreprises (par exemple les LBO) qui viennent pomper un maximum de résultats (et là on rejoint une logique de survie) et les bonus ‘incentive’ du management qui le rendent accroc à toute optimisation (dont le sous-provisionnement, l’optimisation fiscale)…
Je pense que ceux qui sont proches du sujet comprennent bien le mouvement général à force de voir les barrières morales cédées les unes après les autres… D’ailleurs l’élection de Hollande sert déjà de justification, souvent rétroactive, à beaucoup de ces agissements: ‘tu comprends bien avec les socialistes et leurs impôts on est obligé de remonter le résultat en off-shore, parce qu’avant je jouais selon les règles mais maintenant…’
Michel Chossudovsky : Guerres et crise économique !
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