Suite du billet précédent sur l’Ukraine
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Son premier partenaire – près de 50 % – est la CEI, la part de l’Europe étant en réduction. En fait, l’Ukraine exporte des matières premières en Europe et des produits manufacturés dans la CEI.

Rappelons d’ailleurs que 80 % du gaz russe transite par l’Ukraine, représentant une part prépondérante de la consommation des pays de l’Est de l’Europe.

Depuis 10 ans, l’Ukraine, qui importe 60 % de ce qu’elle consomme, est en fort déficit commercial – près de 7 Md€ par an.

Il est intéressant de regarder les résultats par région.

On retrouve au niveau des exportations les effets de la concentration de l’industrie dans l’Est :

On a ceci au niveau du solde commercial (= exportations-importations) :

On note le déficit apocalyptique au niveau de la ville de Kiev.

Par grande région, cela donne ceci :

L’Ukraine est en déficit face à ses principaux partenaires, et on a au niveau des régions :

  • l’Est, industriel, exporte beaucoup, et est en net excédent commercial ;
  • l’Ouest, agricole, exporte très peu et est en net déficit commercial ;
  • le Centre, avec la capitale, exporte modérément, mais est en énorme déficit commercial.

À suivre dans le prochain billet sur l’Ukraine

P.S. Merci encore à Philippe pour jours de travail sur les cartes !

Ce billet fait partie d'une série sur la situation en Ukraine. Il vise à donner des regards différents de ceux diffusés en masse par les grands médias, afin d'élargir votre champ de réflexion. [Lire plus]. Notre souhait est de sortir des présentations binaires "gentils / méchants", afin de coller de plus près à une réalité complexe. Nous rappelons enfin que par principe, nous ne "soutenons" aucun gouvernement nulle part sur la planète (et donc pas le gouvernement russe non plus). Nous sommes au contraire vigilants, tout gouvernement devant, pour nous, justifier en permanence qu'il ne franchit aucune ligne jaune. Mais nous sommes évidemment également attachés à lutter contre le deux poids 2 mesures, et à présenter tous les faits.

12 réponses à [U1-7] Comprendre l’Ukraine – Le commerce international

  1. Mathieu Le 04 mai 2014 à 08h41
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    Tu m’étonnes que les “Kiev-istes” veulent une Ukraine unifiée et les “anti-Kiev” une Ukraine fédérale.


  2. Nerouiev Le 04 mai 2014 à 09h55
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    Très intéressante présentation car, si les échanges économiques étaient relativement connus, la répartition par région est on ne peut plus éloquente. On pourrait presque y superposer une carte ethnique mais pour moi ceci n’explique pas cela. L’Ukraine, après le choc de 1991 et la décomposition libérale au profit de quelques uns, en est restée là au contraire de la Russie qui après l’ouverture étasunienne soutenue par Eltsine a su se relever avec une solide structure légale, tout en évitant les changements trop brusque vis à vis des oligarques déjà en place. C’est ce que n’a pas fait l’Ukraine aussi bien à l’Est qu’à l’Ouest. C’est un pays extrêmement varié quant à ses origines ethniques et culturelles et qui plus est peu mélangées et tout naturellement enclin à un équilibre précaire. Exactement tout ce qu’il faut, à la moindre occasion pour que les US viennent chatouiller la Russie par son point faible l’Ukraine, sachant que les deux pays sont intimement liés de longue date. La question est de savoir pourquoi les américains hautement soutenus par l’Europe sont allés faire exploser ce pays. J’ai mes idées mais je laisse la parole pour le moment.


    • André Le 04 mai 2014 à 12h51
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      Problème des oligarques, qui dans l’ensemble ont été mis au pas en Russie et pas du tout en Ukraine.


  3. NeverMore Le 04 mai 2014 à 11h43
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    Après son alliance avec l’Europe du Nord, la conquête de l’Europe du Sud et bientôt celle de l’Ouest, l’Allemagne poursuit son avance vers l’Est.


    • Damien Le 04 mai 2014 à 13h08
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      L’allemagne a sans doute négocié avec les anglos-saxons un traité de Brest-Litovsk bis en échange de son soutien au projet de gouvernance mondiale sous égide US. Si ils échouent à faire basculer l’ukraine dans l’europe, leur projet est considérablement retardée et sera probablement foutu si il ne l’est pas déjà. L’allemagne sera laisée avec un prix du gaz plus cher, rien ne dit qu’elle n’enverra pas bouler les anglo-saxons, larguera les pays latins, scindant l’euro en 2 en conservant ainsi la main d’oeuvres pas chères de l’est et réaxera sa politique uniquement vers l’est, renvoyant à Nuland et aux USA un gros fuck. De toute façon, dans tous les cas les années à venir vont être dures pour nous …


  4. moderato si cantabile Le 04 mai 2014 à 12h00
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    Quand il s’agit de la crise ukrainienne, sous quel angle que les analyses soient faîtes on se rend compte de la complexité de la situation, en interne, mais aussi à cause des pays limitrophes.
    La Pologne et les Pays Baltes sont toujours cités.
    Mais on ne parle pas de la Roumanie. Et pourtant je pense qu’il faudrait s’y intéresser pour de multiples raisons :
    – la base militaire USA qui a été évincée du Kirghizstan s’est installé en Roumanie, à Constantza, port sur la mer Noire, en vue de l‘évacuation d‘Afghanistan. C’est aussi le port d’attache des bâtiments de guerre américains (français aussi ?) récemment déployés en mer Noire. Ils ont d’ailleurs arboré le drapeau roumain à côté du drapeau américain, pour justifier de cette présence contraire aux traités internationaux
    – la Roumanie abrite une des bases du “bouclier antimissile”.
    – la Roumanie a une très longue frontière avec l’Ukraine
    – la Roumanie a aussi une frontière avec la Moldavie ( territoire qui lui appartenait avant le traité de Yalta, tout comme des territoires ukrainiens, le Budgeac et la Bessarabie). Les implications de la diplomatie roumaine en Moldavie dans le conflit avec la Transnistrie sont nombreux et il y a aussi la tactique nouvelle de distribution de passeports roumains à ces habitants.
    – depuis quelques jours en Roumanie on ne parle que d’entrée imminente en guerre…sans préciser contre qui. Le président roumain souhaite le rétablissement de la conscription y compris pour les Roumains émigrés en Europe de l’Ouest.
    Alors…il ne faut pas oublier qu’un conflit à la frontière roumaine (en invoquant par exemple des “espions” ou des soldats russes) pourrait justifier l’intervention de l’OTAN, la Roumanie étant un membre très actif d’ailleurs.
    C’est une “zone” à surveiller.
    Une autre précision intéressante, la Roumanie ne dépend du gaz russe que pour 5%.


  5. Gui Mar Le 04 mai 2014 à 19h10
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    Pourtant, d’après cette carte qui a bien circulé dans les médias ukrainiens, c’est plutôt Kharkiv, Poltava et Dnipro qui contribuent le plus au budget national :
    http://censor.net.ua/resonance/268512/zona_proedaniya_kto_kogo_kormit_v_ukraine
    Donetsk et Louhansk sont à la traîne. Comment peut-on l’expliquer ?


  6. pedrito.calzone Le 04 mai 2014 à 19h15
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    Intéressant de voir que le déficit commercial Ukrainien a commencé après la révolution orange orchestré par les US en 2004.


  7. murphy Le 04 mai 2014 à 21h18
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    “l’Ouest, agricole, exporte très peu est en net déficit commercial”

    l’Ukraine, me semble-t-il, est le 3ème exportateur mondial de céréales. Une interruption de ses exportations pourraient avoir des répercussions très négatives sur les marchés céréaliers ainsi que dans certains pays du Maghreb et du Moyen-orient.


    • Spipou Le 05 mai 2014 à 20h39
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      Ce que je ne comprends pas, c’est comment, justement, il y a aussi peu d’exportations agricoles à partir de ce qui est le grenier à blé de l’Europe ?

      En 1918, si l’Allemagne a pu continuer la guerre, c’est bien parce qu’elle avait mis la main sur l’Ukraine pour nourrir sa population !

      Pareil pendant la deuxième guerre mondiale : la possession des terres à blé (le “tcherniozom”, la “terre noire”, était un enjeu stratégique dans la lutte entre Allemagne et Union Soviétique).

      Aujourd’hui, quid de ces terres, à part celles qui ont été louées pour 99 ans à la Chine ? Pourtant, Soufflet, le premier céréalier français, est installé en Ukraine…

      Le prix des produits agricoles n’est pas compétitif par rapport au prix des produits manufacturés importés ?


      • Nerouiev Le 05 mai 2014 à 21h11
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        Il semble que la terre ukrainienne ne soit plus capable de produire autant, les sols sont épuisés et lessivés à force d’une exploitation excessive mal maîtrisée.


  8. Spipou Le 04 mai 2014 à 22h21
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    Je me demande bien ce que va faire Mittal, l’un des premiers employeurs privés du pays. J’ai cherché sur internet, je n’ai pas trouvé grand-chose, mais la situation n’est pas brillante.

    Délocaliser en Inde ? Mittal est connu pour ne pas faire dans la dentelle quand il s’agit de fermer des usines. Voir Arcelor en France…

    http://www.bloomberg.com/news/2014-03-10/arcelormittal-diverts-ukrainian-steel-as-crisis-curtails-demand.html

    http://bourse.lefigaro.fr/indices-actions/actu-conseils/arcelormittal-touche-par-la-tension-persistante-en-ukraine-1040290

    http://rt.com/op-edge/divided-ukraine-coup-supported-west-936/ (‘What are they fighting for?’, sur la ville de Krivoy Rog, à peu près au milieu de la page)

    http://en.wikipedia.org/wiki/Kryvorizhstal#2005-.2C_Second_privatisation_and_ArcelorMittal
    “During the late-2000s financial crisis steel production decreased from 8.1 million tonnes in 2007, to 6.2 million tonnes in 2008, and to 5 million tonnes in 2009, with decreases in other production metrics, as well as revenues, with the business making a net loss of 120million UAH in 2009 (from a profit of 4.7 billion UAH in 2008). Production levels recovered to 2008 values in 2010.”

    ———————————————

    Toujours dans le domaine de l’acier, un autre pays qui pourrait être touché par la crise actuelle est la Belgique, déjà bien mal en point de ce côté-là (article en date du 24 avril) :

    http://www.euractiv.fr/sections/europe-sociale-emploi/une-societe-russe-menace-de-fermer-ses-sites-europeens-301731

    « Une interruption des activités européennes de NLMK pourrait conduire à […] la cessation de l’approvisionnement d’acier à d’importants utilisateurs finaux en Europe, tels que les engins de construction, l’automobile et le secteur de l’énergie ainsi que la fermeture temporaire ou permanente des installations de production de NLMK en Europe »


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