Série “Morts au Venezuela”

  1. Venezuela : Les violations des droits de l’homme indiquent que les autorités cherchent à mater les voix critiques – rapport du HCDH de l’ONU
  2. Le bilan des victimes des manifestations au Venezuela
  3. Liste des victimes des manifestations au Venezuela (avril à juillet 2017)

Le 30 août, encore un bel exemple de neutralité du Monde (on le sent jubiler…) :

Un rapport de l’ONU sur le Venezuela accable le régime de Maduro

Source : Le Monde, AFP, 30-08-2017

Un récent rapport a découvert que sur les 124 morts liées aux manifestations des derniers mois, 46 étaient imputables aux forces de sécurité et 27 à des groupes armés progouvernementaux.

Le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme (HCDH) a accusé, mercredi 30 août, le Venezuela de « réprimer des voix critiques et d’instiller la peur parmi la population ». « L’usage systématique et généralisé de la force lors des manifestations et la détention arbitraire de manifestants ou d’opposants politiques indiquent qu’il ne s’agit pas d’actes illégaux et secrets d’officiels isolés », estime le rapport.

Le président vénézuélien Nicolas Maduro « a été élu par le peuple », a reconnu le Haut-Commissaire Zeid Ra’ad Al-Hussein devant les médias à Genève, mais les récentes actions du gouvernement « donnent l’impression que ce qu’il reste de la vie démocratique au Venezuela est en train d’être écrasé ». […]

 

L’analyse réalisée par le Haut-Commissariat a découvert que sur les 124 morts liées aux manifestations et violences des derniers mois, 46 étaient imputables aux forces de sécurité et 27 à des groupes armés progouvernementaux. En s’appuyant sur un rapport de l’avocat général vénézuelien, l’ONU estime que cinq morts sont dues aux militants anti-Maduro et que d’autres cas restent troubles. […]

Suite à lire sur Le Monde, AFP, 30-08-2017

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Bien. Allons voir ce rapport alors.

On note bien d’abord que ce n’est pas “un rapport de l’ONU” (qui viendrait de l’Assemblée générale ou du Conseil de Sécurité), mais un rapport d’une des administrations de l’ONU, le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme. (HCDH). À ne pas confondre avec le Conseil des droits de l’homme (élu par l’AG), le HCDH fait partie du Secrétariat des Nations Unies et dépend du Secrétaire général.

Voilà son communiqué du 30 août :

Source : OHCHR, 30-08-2017

GENÈVE (30 août 2017) – Les violations massives des droits de l’homme et des abus graves de ces droits commis au Venezuela dans le cadre de manifestations hostiles au gouvernement trahissent «l’existence d’une volonté politique de réprimer des voix critiques et d’instiller la peur parmi la population, afin de mettre un terme aux protestations», selon un rapport* du Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme.

«Le recours généralisé et systématique à une force excessive pendant les manifestations, et la détention arbitraire de manifestants et d’opposants politiques présumés, indiquent qu’il ne s’agit pas d’actes isolés et illégaux de la part de quelques officiers», déclare le rapport.

Le rapport invite le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies à envisager de prendre des mesures afin d’empêcher que la situation des droits de l’homme au Venezuela, qui siège actuellement au Conseil, ne se détériore encore plus.

L’analyse menée par le Haut-Commissariat indique que sur les 124 décès liés au mouvement de contestation et sur lesquels le ministère public enquêtait en date du 31 juillet, 46 pouvaient être imputés aux forces de sécurité et 27 aux colectivos, les groupes armés pro-gouvernement. Pour les 51 morts restants, aucune responsabilité n’a pu encore être établie.

Pendant la période couverte par le rapport, à savoir du 1er avril au 31 juillet, le ministère public a ouvert une enquête sur au moins 1 958 cas de blessures encourues dans le contexte des manifestations. L’examen de ces blessures réalisé dans le rapport indique une intensification progressive de l’utilisation de la force. Si, début avril, la majorité des blessures relevaient de l’inhalation de gaz lacrymogènes, en juillet le personnel médical soignaient des blessures par balles.

«La réaction des autorités vénézuéliennes aux récentes protestations s’est faite aux dépens des droits et des libertés des citoyens, a déclaré le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, M. Zeid Ra’ad Al Hussein. Le gouvernement doit garantir qu’une enquête rapide, indépendante et efficace sera menée sur les violations des droits de l’homme dont les forces de sécurité se seraient rendues coupables et sur les graves abus commis par les colectivos ou des manifestants violents. Cela implique que les enquêtes ouvertes par le ministère public pendant la période couverte par le rapport se poursuivent et soient scrupuleusement et visiblement impartiales», a-t-il ajouté.

«Le droit de rassemblement pacifique a été systématiquement violé, et un grand nombre de manifestants et de personnes identifiées comme des opposants politiques ont été détenus. Le rapport fait également état de graves violations du droit à un procès équitable et de traitements dégradants assimilables dans certains cas à de la torture», a annoncé M. Zeid.

D’après les estimations fiables d’une ONG locale, plus de 5 000 personnes ont été détenus depuis le 1er avril, et plus de 1 000 étaient encore détenues en date du 31 juillet. Au moins 609 civils arrêtés dans le contexte des manifestations ont été déférés devant des tribunaux militaires. Le rapport invite le gouvernement vénézuélien a mettre un terme aux détentions arbitraires et au recours aux tribunaux militaires pour juger des civils.

Des groupes de manifestants anti-gouvernement organisés de manière informel ont eux aussi versé dans la violence, utilisant des armes improvisées allant du lance-pierres aux cocktails Molotov et mortiers artisanaux. Au moins quatre personnes auraient été tuées par des groupes ou individus hostiles au pouvoir en place et, selon le gouvernement, neuf membres des forces de sécurité avaient été tués au 31 juillet. Le rapport appelle les partis d’opposition à condamner tous les actes de violence, en particulier ceux commis par des groupes violentes de manifestants.

Le rapport documente des attaques menées par les forces de sécurité contre les journalistes et les travailleurs des médias afin de les empêcher de couvrir les manifestations. «Des manifestants et des journalistes ont été qualifiés d’ennemis ou de terroristes par les autorités, des mots qui n’ont rien fait pour atténuer le climat de violence et de polarisation, voire qui y ont contribué», a dénoncé le Haut-Commissaire.

S’il reconnaît que le nombre de manifestations, d’arrestations et de décès a diminué depuis le 1er août, M. Zeid s’est dit préoccupé par les récentes mesures prises par les autorités pour criminaliser les leaders de l’opposition politique par le biais de la Commission de vérité, de justice et de paix.

«La Commission, établie récemment par l’Assemblée constituante, ne remplit pas les critères fondamentaux de transparence et d’impartialité, indispensables pour mener des enquêtes indépendantes et non motivées par des considérations politiques sur les violations des droits de l’homme et les abus commis», a-t-il commenté.

Le Haut-Commissaire a averti que la crise économique et sociale persistante et les tensions politiques croissantes risquent d’ aggraver la situation du Venezuela.

«J’encourage le gouvernement vénézuélien à suivre les recommandations formulées dans le rapport et à se servir des conclusions de celui-ci comme lignes directrices pour la recherche de la vérité et de la justice pour les victimes de violations et d’abus. Je réitère mon appel au gouvernement à renoncer à toute mesure susceptible d’aggraver les tensions politiques et invite toutes les parties à poursuivre un vrai dialogue afin de mettre un terme à la crise», a conclu M. Zeid.

FIN

*Le gouvernement vénézuélien n’ayant pas répondu aux demandes d’accès au terrain, une équipe d’enquêteurs a mené des investigations à distance sur les violations des droits de l’homme entre le 6 juin et le 31 juillet. Le rapport se base sur l’analyse faite par ces enquêteurs des informations qu’ils ont collectées, notamment à travers 135 entretiens avec des victimes et membres de leur famille, des témoins, des organisations de la société civile, des journalistes, des avocats, des docteurs, des urgentistes et des représentants du ministère public.

Pour voir le rapport en anglais c’est ici

Pour voir le rapport en espagnol c’est ici

Source : OHCHR, 30-08-2017

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Ce rapport est très intéressant (édifiant sur les témoignages de mauvais traitements en prison), mais quelques questions surgissent quant au bilan.

Il est à noter que pour ce point, la source première “de l’ONU” est le Ministère Public du Venezuela et qu’ils ont ensuite “enquêté” :

Et c’est là qu’il y a une chose qui peut sembler étonnante : ils indiquent que sur 124 morts, 46 ont été tués par les forces de sécurité, 27 par les colectivos armés et qu’il y en a 51 où on ne connaît pas la responsabilité.

Or les colectivos armés sont “pro-gouvernement” :

On pourrait donc penser avec une lecture rapide qu’il y a 124-46-27-51 = 0 mort dus aux manifestants.

Ce qui est faux car on connaît bien des victimes des manifestants.

En fait, il semble y avoir ici une “hyper-précision” du HCDH : “la responsabilité” dans ces cas n’est pas connue car on ne sait pas qui a tiré depuis une barricade, mais on sait que ça venait de là – comme pour les 7 policiers tués par exemple, ou pour le jeune brûlé vif :

Cela a conduit à des imprécisions dans la presse, alors que le HCDH précise bien plus loin dans son rapport (et dans le communiqué de presse précédent) qu’au moins 4 personnes ont été tuées par des groupes anti-gouvernement :

 

On trouve par ailleurs des informations très intéressantes :

Ou ceci :

dont la source est là en fait (Défenseur du Peuple) :

Ainsi, sur près de 2 000 blessés, il y a eu 507 policiers blessés, dont 424 blessés par des objets contondants, et 77 policiers blessés par des armes à feu. Pas si “Pacifiques” les manifestants – ce qui n’étonnera personne ici…

(Source : Reuters (archive), repris par le Spiegel)

Bref, on peut trouver le rapport intéressant pour pointer d’inacceptables atteintes aux droits de l’homme, mais il aurait gagné à se montrer plus neutre. Cela apparaît déjà sur la couverture :

alors qu’avec ceci, on change de perspective :

(sachant que si l’opposition manifestait au Venezuela avec de simples drapeaux, il n’y aurait aucune violence et donc aucun mort)

Bref, la presse s’est jetée sur ce rapport (qui ne contient pas les noms détaillés des victimes), mais il faut savoir qu’il y a une assez bonne transparence des pouvoirs publics au Venezuela sur le bilan humain.

C’est ce que nous allons voir dans le prochain billet avec un bilan humain plus détaillé, qui illustre certaines limites de l’exercice “de l’ONU”…

P.S. Le gouvernement du Venezuela a rejeté les conclusions de ce rapport :

10 août 2017

« Le Venezuela a rejeté ce jeudi le rapport du Haut-Commissariat aux Droits de l’Homme des Nations Unies (ACNUDH ) comme exprimant une position “partiale et tendancieuse” sur la réalité du pays

Le gouvernement vénézuélien affirme que le rapport du ACNUDH […] se fonde sur les critères d’un “suivi à distance” des faits ayant eu lieu durant les manifestations violentes de l’opposition.

Ledit rapport précise que le haut commissaire de l’ONU pour les droits de l’homme, Zeid Raad al-Husein, a déployé une équipe pour réaliser un suivi à distance, y compris depuis le Panama.

Pour le gouvernement vénézuélien, il n’est pas possible qu’il soit accusé de violation des droits de l’homme quand l’équipe censée avoir été déployée par l’ONU a travaillé à distance et s’est servi “de fausses nouvelles répandues par des médias sans scrupules et sans vérification aucune”.

Dans un communiqué, le ministère des Affaires étrangères affirme que l’ ACNUDH a omis “la documentation abondante, éclairante et digne de foi qu’a fournie l’Etat vénézuélien”, et qui démontre la responsabilité des dirigeants de l’opposition dans l’organisation, la promotion et le financement des actes de violence.

“Les conclusions fausses de l’autoproclamée équipe d’experts de l’ONU avalisées par le Haut-Commissariat ont porté un coup sérieux à la probité, l’impartialité, l’équité , l’honnêteté et la bonne foi qui doivent prévaloir dans les actions de ladite officine, et représentent un danger pour les Nations Unies”, dit le communiqué de la Chancellerie. »

(Billet édité)

Nous vous proposons cet article afin d'élargir votre champ de réflexion. Cela ne signifie nullement que nous "soutenons" le Président Maduro. Par principe, nous ne "soutenons" aucun gouvernement nulle part sur la planète. [Lire plus]Nous sommes au contraire vigilants, tout gouvernement devant, pour nous, justifier en permanence qu'il ne franchit aucune ligne jaune. Mais nous sommes évidemment également attachés à lutter contre le deux poids 2 mesures, et à présenter tous les faits. Au final, notre vision est que le peuple vénézuelien puisse choisir librement et démocratiquement son avenir, sans ingérences extérieures, et nous condamnons toutes les atteintes aux Droits de l'Homme des deux camps...

35 réponses à 1 Venezuela : Les violations des droits de l’homme indiquent que les autorités cherchent à mater les voix critiques – rapport du HCDH de l’ONU

Commentaires recommandés

antoniob Le 06 septembre 2017 à 07h10

Typique des procédés de manipulations dans lesquels des groupes partisans (en raisons de leurs natures étatiques, et/ou de pressions et lobbying) au sein d’organisations internationales, sont présentés comme légitimes et objectifs, en utilisant le nom et prestige de l’organisation elle-même.
Variation un peu plus subtile, car utilisant une structure déjà en place (ONU) sur la même idée que par exemple dans le cas syrien, le fameux Observatoire Syrien des Droits de l’Homme, qui n’est qu’un nom soigneusement choisi (droits-de-l-homme, observatoire) pour une officine para-gouvernementale britannique.
Le lecteur attentif comprend en lisant soigneusement ce genre d’articles du Le Monde, que quelque chose cloche au niveau de la capacité à pouvoir décompter les exactions de terrain, en raison simplement du foutoir complexe sur place.
Cela fait de très longues années que Le Monde ne fait plus de l’information mais du journalisme de coteries comme dans l’univers romanesque de Balzac, ou de la simple propagande para-étatique. A lui seul il est une ONGS: organisation non-gouvernementale subversive.

  1. antoniob Le 06 septembre 2017 à 07h10
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    Typique des procédés de manipulations dans lesquels des groupes partisans (en raisons de leurs natures étatiques, et/ou de pressions et lobbying) au sein d’organisations internationales, sont présentés comme légitimes et objectifs, en utilisant le nom et prestige de l’organisation elle-même.
    Variation un peu plus subtile, car utilisant une structure déjà en place (ONU) sur la même idée que par exemple dans le cas syrien, le fameux Observatoire Syrien des Droits de l’Homme, qui n’est qu’un nom soigneusement choisi (droits-de-l-homme, observatoire) pour une officine para-gouvernementale britannique.
    Le lecteur attentif comprend en lisant soigneusement ce genre d’articles du Le Monde, que quelque chose cloche au niveau de la capacité à pouvoir décompter les exactions de terrain, en raison simplement du foutoir complexe sur place.
    Cela fait de très longues années que Le Monde ne fait plus de l’information mais du journalisme de coteries comme dans l’univers romanesque de Balzac, ou de la simple propagande para-étatique. A lui seul il est une ONGS: organisation non-gouvernementale subversive.


    • VAZY Francky Le 06 septembre 2017 à 20h39
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      Tant que l’on n’obligera pas les patrons de presse a respecter la Charte De Munich sur le journalisme, ni interdire des puissances industrielles ou financières de posséder des médias de masse prétendument généralistes, et comme c’était le cas avant qu’un certain Edouard Balladur ne trahisse le Conseil Nationale de la Résistance, que l’on ne punira pas les politiques pour leurs mensonges et manipulations, tout autant que la presse, alors le droit à l’information n’existera plus. Seuls quelques chanceux moins crédules et plus érudits accèderont ainsi à l’information, en faisant eux mêmes le travail des prétendus journalistes censés les informer, c’est à dire en comparant les dires et les faits de chacun, ainsi que les intérêts de chacun. On en est encore très loin, car ils sont maintenant prêts à tout pour piller et envahir n’importe quel pays et sous n’importe quel faux prétexte, et comme ils nous pillent déjà depuis plus de 40 ans, en nous imposant à nous de respecter des règles dont ils sont les premiers à s’exonérer, comme accumuler dettes et déficits sans limites tout en se payant grassement…


      • Florent L. Le 07 septembre 2017 à 08h55
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        Vous êtes bien naïf si vous vous pensez plus érudit et apte à trouver l’information. Si nous avons besoin de journalistes fiables c’est parce que ce sont toujours eux qui fournissent la brique première des analyses qu’on retrouve sur les sites comme celui-ci. Ce n’est des lors plus une question d’intelligence : s’il n’y a aucun fait sur lequel se baser toutes les analyses contradictoires du monde ne pourront nous permettre de nous faire une idée réaliste d’une situation.


  2. yack2 Le 06 septembre 2017 à 08h33
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    Pas de problème,le Monde ne sait toujours pas que les manifestants du Maidan étaient armés…..


  3. mûr Le 06 septembre 2017 à 08h34
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    10 août 2017

    « Le Venezuela a rejeté ce jeudi le rapport du Haut Commissariat aux Droits de l’Homme des Nations Unies (ACNUDH ) comme exprimant une position “partiale et tendancieuse” sur la réalité du pays

    Le gouvernement vénézuélien affirme que le rapport du ACNUDH […] se base sur les critères d’un “suivi à distance” des faits ayant eu lieu durant les manifestations violentes de l’opposition.

    Ledit rapport précise que le haut commissaire de l’ONU pour les droits de l’homme, Zeid Raad al-Husein, a déployé une équipe pour réaliser un suivi à distance, y compris depuis le Panama.

    Pour le gouvernement vénézuélien, il n’est pas possible qu’il soit accusé de violation des droits de l’homme quand l’équipe supposément déployée par l’ONU a travaillé à distance et s’est servi “de fausses nouvelles répandues par des médias sans scrupules et sans vérification aucune”.

    Dans un communiqué, le Ministère des Affaires Etrangères affirme que l’ ACNUDH a omis “la documentation abondante, éclairante et digne de foi qu’a fournie l’Etat vénézuélien”, et qui démontre la responsabilité des dirigeants de l’opposition dans l’organisation, la promotion et le financement des actes de violence.

    “Les conclusions fausses de l’autoproclamée équipe d’experts de l’ONU avalisées par le Haut Commissariat ont porté un coup sérieux à la probité, l’impartialité, l’équité , l’honnêteté et la bonne foi qui doivent prévaloir dans les actions de ladite officine, et représentent un danger pour les Nations Unies”, dit le communiqué de la Chancellerie. »

    = http://www.hispantv.com/noticias/venezuela/350080/caracas-rechaza-informe-onu-derechos-humanos =


  4. Duracuir Le 06 septembre 2017 à 08h37
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    Ce n’est pas la première fois que le Monde et ses copines de trottoir titre “l’ONU” alors qu’ils parlent d’un des nombreux comité théodule de ce machin.


  5. Crapaud Rouge Le 06 septembre 2017 à 09h13
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    “détention arbitraire de manifestants et d’opposants politiques présumés” : on eût apprécié que l’ONU, (ou son secrétariat), en dise autant au moment de la COP21 en France, quand les leaders de la contestation pacifique ont été arrêtés comme des terroristes et assignés à résidence sous couvert de l’état d’urgence… Cf. http://www.france24.com/fr/20151128-etat-urgence-assignations-residence-militants-ecologistes-zad-notre-dame-landes-cop21 Je cite : “Ils sont rentrés chez nous avec des fusils d’assaut et à pompe. C’était assez violent. Ils nous ont tous plaqués au sol”.


  6. Toff de Aix Le 06 septembre 2017 à 11h12
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    Sur l’aspect “traitement médiatique”, je ne peux m’empêcher de faire un parallèle troublant avec les mobilisations contre la loi El Khomri de l’année dernière, chez nous.

    Il y a un an, ça n’était pas l’onu qui faisait un rapport, mais amnesty international, sur la répression du gouvernement français durant les manifestations : elle y fut qualifiée d’excessive, avec une tendance inquiétante à utiliser l’état d’urgence comme prétexte pour museler la contestation. (du coup je suis d’accord avec @crapaud rouge, bien sûr !)

    La “communauté internationale”, ainsi que nos chers “journalistes” nationaux, qui braillent à tous bouts de champ sur les “dictatures” en Syrie ou au Venezuela aujourd’hui, n’ont pas eu un mot pour les 40 jeunes lycéens manifestants pacifiques, éborgnés par flashball, ni pour les milliers de manifestants blessés, mutilés voire violé(e)s par des policiers. Sans parler de Rémi Fraisse, mais c’est vrai que c’était pas pendant la loi “travaille”, et que c’était juste un espèce de hippie qui a eu la mauvaise idée de se trouver sur le trajet d’une grenade offensive.

    Tous ces gens sont traumatisés, et ils croyaient vivre dans un “état de droit” : pas de pot, toutes leurs plaintes ont été classées sans suite, quand la police a daigné les accepter. L’ignorance ? Quelle mascarade !

    Et ces chers médias ? Pas un mot d’indignation, de compassion, rien. Les droits de l’homme ? Dans ce cas là, ça n’existe tout simplement pas… Cherchez l’erreur !

    A la place, la presse reprend en boucle le même leitmotiv, assorti de tombereaux de mensonges, et avec chaque fois la même constante : ils n’y étaient pas. Ils n’étaient pas sur place, pour la grande majorité, mais ils ont un avis sur la question. Leur avis se résume à ça : si le gouvernement du camp du Bien le dit, c’est que ça doit être vrai.
    Les temps qui s’annoncent sont plus qu’inquietants, avec des médias pareils.


    • Pinouille Le 06 septembre 2017 à 12h08
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      “n’ont pas eu un mot pour les 40 jeunes lycéens manifestants pacifiques”
      Peut-être ces 40 lycéens étaient pacifiques. Mais pas tous les manifestants:
      https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Image_Retenue_Sivens_2.jpg?uselang=fr


    • olivier Le 09 septembre 2017 à 11h35
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      Je ne trouve aucune trace des 40 lycéens éborgnés par flashball. Ca dois être pour cela qu’ils n’en ont pas parlé. 39 blessés sur 10 ans, nombre de manifestations dans un pays de 65 millions d’habitants ?

      Remi Fraisse c’est Sivens : [« 3 heures d’engagements de haute intensité » ] Aux jets de cocktails molotov et de pierres, les gendarmes retranchés dans un enclos grillagé répliquent avec des gaz lacrymogènes et des grenades assourdissantes. » 3H ! une victime, mais surement pas un innocent. Un coktail molotov est une arme faite pour tuer, ici (!) comme la bas.

      Et contrairement à vos affirmations : les médias en ont longuement parlé. Autant pour votre démonstration http://bit.ly/2eIqILx 15000 rien que pour actualité (essentiellement de 2017).

      Nous ne sommes pas dans un état de droit démocratique, mais ce n’est pas une junte policière : les grenades furent suspendues et les flashbals changent. Pour info, ces grenades ne sont pas à fragmentation (non letale – le risque zero n’existe pas et une fourchette tue). 3h sous des coktails molotovs quand même !

      Il est clair que l’état cede aussi sous la pression médiatique au détriment de la sécurité. Force doit rester à la loi et non à l’extreme gauche ou l’extreme droite. Et non je ne cautionne pas les violences injustifiées de la police.

      Alors vos 2 poids 2 mesures : vous ou Le Monde, même critique. Vos arguments sont tout aussi approximatifs et faussés que les leurs.


  7. Sam Le 06 septembre 2017 à 12h10
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    C’est effrayant le cynisme avec lequel des principes comme “les droits de l’homme” sont manipulés. Leurs visages confits d’émotions contrastent violemment avec leur jubilation quant ils anticipent d’énormes profits sur des massacres autrement plus importants, ou encore leur indifférence quand justement il n’y a pas un petit billet à se faire.


  8. Abemus Le 06 septembre 2017 à 12h50
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    La couv de ce rapport rappelle en tout point l’affiche du film de propagande “winter on fire” (film à ne pas confondre avec son faux jumeau “Ukraine on fire” !) sur le cas Ukrainien : https://www.google.com/search?q=winter+on+fire&client=firefox-b-ab&source=lnms&tbm=isch&sa=X&ved=0ahUKEwjGoduImpDWAhXBk5QKHXURCxcQ_AUICigB&biw=2000&bih=1259&dpr=2#imgrc=-XQmKdBV-6T1rM:


  9. Paola44 Le 06 septembre 2017 à 13h00
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    Strictement rien à voir, mais pendant ce temps-là, il y a le forum économique de Vladivostok, qui réunit pas moins de 68 pays (Poutine isolé, haha!) Bizarre bizarre que Le Monde n’en parle pas, non plus que l’ensemble des médias. C’est vrai, les gens pourraient se rendre compte que le monde ne se limite pas aux E.U. et à l’U.E…


    • Kiwixar Le 06 septembre 2017 à 21h44
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      Ca montre bien que l’Otanie est une construction anglo-saxonne. Quand il y a du brouillard sur la Manche (« English » channel, hein), le continent est isolé. Tout pays ne faisant pas partie de l’Otanie, ou pas vassalisé, est « isolé ».


  10. Raoul Le 06 septembre 2017 à 14h35
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    N’est-ce pas l’ONU qui a nommé l’Arabie saoudite à son Conseil des droits de l’Homme ? Comme a dit le Monde, qu’on a connu plus virulent, « cela fait débat » : http://www.lemonde.fr/international/article/2015/09/22/le-role-de-l-arabie-saoudite-au-conseil-des-droits-de-l-homme-fait-debat_4767286_3210.html

    Et puis, l’ONU n’a-t-elle pas nommée la même Arabie saoudite à sa commission des droits des femmes ? Ici : https://francais.rt.com/opinions/37610-arabie-saoudite-integre-dans-commission-droits-femmes-onu-complice-crimes

    Comment peut-on prendre au sérieux un organisme qui bafoue de manière aussi éhontée les valeurs qu’il prétend défendre ?

    Que fait l’ONU pour arrêter les massacres au Yémen commis par ses copains saoudiens, à part pleurer des larmes de crocodile ? Pourquoi ne pas mettre en place des sanctions commerciales puisqu’elle les autorise contre la Corée du Nord qui n’a attaqué personne ?

    Ce « machin » n’est qu’un instrument au service de l’impérialisme états-unien.


    • Catalina Le 06 septembre 2017 à 17h39
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      pour l’Arabie et le droit des femmes, en fait, elle était le seul candidat donc pas dur d’être élue.


      • Raoul Le 06 septembre 2017 à 19h54
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        Je ne savais pas, mais voilà qui est plutôt baroque. C’est certainement l’un des derniers pays au monde qu’on aurait imaginé voir se présenter à cette commission. Ils ont sans doute le sens de l’humour ou de la provoc’.


  11. 20-100 Le 06 septembre 2017 à 14h59
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    On lisait récemment sur Sputniknews que le gouvernement français a récemment lancé un appel d’offre pour l’achat de 22 millions d’euros de grenades lacrymogènes… affirmation corroborée par un lien qui permettait de constater directement sur le site Internet du gouvernement… mais qu’en pensent les hauts responsables de l’ONU pour le respect des droits des riches? Et que diront-ils quand la jeunesse française dans les rues (et la “moins-jeunesse” aussi) se fera gazer comme des saumons dans un fumoir?


  12. Fred79 Le 06 septembre 2017 à 15h53
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    Quand “Bachar le boucher” faisait la une des journaux, il arrivait souvent de lire dans les médias qu’un rapport de l’ONU accusait l’affreux tyran de tel ou tel crime.
    Et quand on allait sur le site de l’ONU, on y lisait qu’une ONG avait remis un rapport à l’ONU accusant Bachar de tel ou tel crime.
    Il y a parfois des raccourcis qui valent bien des mensonges, mais sans vraiment pouvoir passer pour des mensonges.


  13. Raoul Le 06 septembre 2017 à 17h20
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    Et tiens, encore une commission de l’ONU qui accuse la Syrie d’avoir utilisé des armes chimiques.

    https://francais.rt.com/international/42860-commission-onu-accuse-syrie-chimique-khan-cheikoun

    Si, comme cela a été suggéré, les forces syriennes ont bombardé un dépôt d’armes chimiques appartenant aux gentils rebelles, il serait bien que l’ONU s’interroge sur la provenance de ces armes et sur l’usage que les dits rebelles comptaient en faire. Mais c’est sans doute trop leur demander.

    Peut-être serait-il bien, aussi, que dorénavant, puisque l’ONU s’intéresse de près aux armes chimiques, elle se préoccupe de l’emploi par les États-Unis ou la Grande-Bretagne du phosphore blanc. Car on ne l’a pas beaucoup entendu quand ces deux pays ont lâché cette cochonnerie sur Fallujah. À tout prendre, si ce genre de comparaison a un sens, le sarin semble tout de même un peu moins ignoble.

    Et, si cela a échappé à l’ONU, à Fallujah, il y avait aussi des femmes et des enfants.


  14. RGT Le 06 septembre 2017 à 20h06
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    “le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme (HCDH)”.

    Ce haut commissariat ne serait-il pas sous la tutelle de Faysal bin Hassan Trad nommé à la tête du Conseil des droits de l’Homme de l’ONU ?

    Dans ce cas, tout pourrait s’expliquer :

    – Faire plaisir à l’Oncle Sam en dénonçant les atrocités commises par un régime “dictatorial” qui s’oppose aux bienfaits de la “Liberté d’entreprendre”.

    – Faire plaisir è Ryad en plombant un concurrent sur la scène de la production pétrolière.

    Je suis une langue de vipère et j’ai des pensées impures.

    Je mérite donc 100 coups de fouet pour avoir blasphémé à l’encontre de ces deux pays d’une Sainteté immaculée.


  15. Ribouldingue Le 06 septembre 2017 à 21h16
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    On se rappellera que la commission chargée, entre autre, de la violence faite aux femmes de cette respectueuse institution onusienne est présidée par l’ambassadeur saoudien.
    Ce sont des gens qui ont un sens de l’humour très cynique.
    C ‘est amusant, l’immonde citait pourtant à l’époque à propos du conseil “L’opacité de ce fonctionnement n’est pas non plus pour servir la réputation d’un organe de plus en plus décrié. ”
    On voit que quand il a envie d’orienter une information toutes ces suspicions sont vite oubliées et du “décrié” on passe à hurler avec les loups.
    http://www.lemonde.fr/international/article/2015/09/22/le-role-de-l-arabie-saoudite-au-conseil-des-droits-de-l-homme-fait-debat_4767286_3210.html


  16. Garibaldi2 Le 07 septembre 2017 à 03h03
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    Mais qui est le Haut-Commissaire Zeid Ra’ad Al-Hussein, patron de la commission qui du bout de sa longue vue basée au Panama peut se faire une opinion sur ce qui se passe au Vénézuéla ? Un prince jordanien. Sur la page Wikipedia qui lui est consacrée, il est précisé : ” Il devient Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme le 1er septembre 2014. À ce titre, il est mis en cause par Peter Gallo (Bureau des services de contrôle interne de l’ONU) 2 et Anders Kompass (haut fonctionnaire à l’ONU) 3 pour la déstabilisation de ce dernier à propos de son rapport interne sur les accusations d’abus sexuels par des militaires sur des enfants en Centrafrique lors de l’Opération Sangaris.”

    Les notes renvoient à 2 articles de presse :

    https://lc.cx/cVdN

    et

    https://lc.cx/cVdL

    Je vous invite à les lire pour vous faire une opinion sur l’objectivité de notre prince-commissaire.


    • RV Le 07 septembre 2017 à 20h35
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      Une source incontournable à propos du Venezuela, le blog de Thierry Deronne.

      “Depuis 1994 je participe au Venezuela à l’appropriation populaire des médias.
      Dans un monde où les médias “font la politique”, une révolution implique de démocratiser radicalement leur propriété mais aussi de nous former à de nouveaux paradigmes
      qui nous libèrent de l’information-marchandise.”

      “En Occident il y a bien longtemps que la gauche n‘ose plus parler de démocratiser la propriété
      des médias. Les grands groupes privés imposent leur image du monde au service public et…
      balisent l’imaginaire de la gauche.
      Comme le Venezuela construit une démocratie participative et bat les records en nombre d’élections, les grands médias personnalisent le processus : «Chavez ceci», «Maduro cela», «populiste», «dictateur», «iranien». Ceci est le journal d’une révolution, aux antipodes de l’AFP ou de Reuters.

      https://venezuelainfos.wordpress.com/


  17. Lysbeth Levy Le 07 septembre 2017 à 19h34
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    “Cousu de fil blanc” ou sur les nombreuses dérives de l’ONU voir le livre de Jean Loup Izambert “faut-il brûler l’ONU” ou Michel Scooyans la face cachée de l’ONU” livre gratuit de 2000 : https://blogs.mediapart.fr/jean63/blog/290614/ne-vous-dit-pas-tout-la-face-cachee-de-lonu ou comment les droits de l’homme universels sont manipulés et tronqués tout en créant de nouveaux droits de nouvelles “communautés” a complèter avec d’autres livres “critiques” “Il est bien connu que les USA usent et abusent de l’ONU pour faire prévaloir leurs intérêts. Ils le font parfois avec un cynisme confondant. L’opération «Tempête du Désert», menée contre l’Irak en décembre 1998, a montré le mépris dans lequel les États-Unis pouvaient tenir l’ONU lorsque celle-ci gênait leurs convenances. C’est une des raisons pour lesquelles les USA ont refusé de signer le traité créant la Cour pénale internationale. En revanche, chaque fois que cela leur convient, c’est-à-dire fréquemment, les États-Unis se servent de l’ONU comme d’un gigantesque instrument au service de leur projet hégémonique mondial à peine camouflé sous l’étiquette de la «mondialisation»


  18. TTC Le 10 septembre 2017 à 16h27
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    Si le fait que des gens tirent sur la police vous choque, c’est que vous ne connaissez pas grand-chose au contexte local… On oubliera pas de mentionner que les taux d’homicide au Venezuela, même avant la crise, étaient cent fois supérieurs à la France, parmi les plus élèves au monde.


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