Source : Le Monde diplomatique, Renaud Lambert, décembre 2016

En novembre, manifestations populaires et tentatives de déstabilisation ont intensifié les convulsions politiques que connaît le Venezuela. Tout au long des années 2000, les réussites — sociales, géopolitiques et culturelles — de la « révolution bolivarienne » d’Hugo Chávez avaient pourtant suscité l’enthousiasme des progressistes par-delà les frontières. Comment expliquer la crise que traverse actuellement le pays ?

Yaneth Rivas. – « El ejemplo que Caracas dió » (L’Exemple qu’a donné Caracas), 2014
© Yaneth Rivas – Cartel de Caracas

Parfois, la mémoire est cruelle. Le 2 février 1999, à Caracas, un homme au teint mat prononce son premier discours de président. Son nom : Hugo Chávez. « Le Venezuela est blessé au cœur », assène-t-il en citant Francisco de Miranda, héros de l’indépendance. Il décrit la crise « éthique et morale » que traverse alors son pays. Ce « cancer » gangrène l’économie, de sorte que, dit-il, « nous avons commencé à entendre parler de dévaluation, d’inflation ». « Tel un volcan qui travaille de façon souterraine », ces crises économique et morale en ont généré une troisième : la crise sociale. L’ancien militaire formule une promesse : « Cette cérémonie n’est pas une passation de pouvoirs de plus. Non : elle marque une nouvelle époque. (…) Nous ne devons pas freiner le processus de changement et encore moins le dévier : il risquerait de se replier sur lui-même et nous, de nous noyer à nouveau. »

La mémoire est parfois cruelle, mais les Vénézuéliens ont appris à sourire de ses vexations. « Regarde, ça c’est moi il y a un an, nous lance Mme Betsy Flores en s’esclaffant. Je pesais dix kilos de plus ! Et sur cette photo, c’est Martha. Tu ne la reconnais pas, hein ! À vrai dire, moi non plus. À l’époque, elle avait une vraie paire de fesses. Désormais, on dirait une planche ! » Combien de fois avons-nous vécu la scène ? La quasi-totalité des personnes que nous rencontrons, une ancienne ministre comprise, confessent se contenter régulièrement d’un repas par jour. Et lorsqu’elles s’attablent, les festins demeurent rares : chacun se débrouille avec ce qu’il a pu obtenir dans les boutiques aux rayons clairsemés ou au marché noir, dont les prix reposent sur l’évolution du dollar parallèle. Entre le 11 octobre et le 11 novembre, celui-ci est passé de 1 230 à 1 880 bolivars, soit un bond de plus de 50 %. Comme en 1999, « dévaluation » et « inflation » font partie du vocabulaire quotidien des Vénézuéliens, qui formulent un même constat : leur paie, y compris lorsqu’elle dépasse le salaire minimum, fixé à 27 000 bolivars par mois (1), « ne suffit pas pour survivre ».

« Dopé à la rente, le Venezuela distribuait les uppercuts »

Il y a dix ans, la rue frémissait de politique. On y parlait de Constitution, de réduction de la pauvreté, de participation populaire. Et pas seulement à gauche. En 2016, les gens n’ont plus qu’un sujet à la bouche : la nourriture. Celle qu’ils ont réussi à glaner et, surtout, celle qui leur manque ou dont les prix s’envolent. À la mi-novembre 2016, le riz coûtait 2 500 bolivars le kilo, ce qui le renvoyait dans le domaine de l’inaccessible. Domaine où figuraient déjà le poulet, le beurre, le lait ainsi que la farine nécessaire à la confection des arepas, ces galettes de maïs blanc dont raffolent les Vénézuéliens.

Il y a dix ans, en pleine campagne présidentielle, Chávez présentait les progrès du système de santé comme « l’une de [ses] plus grandes réussites (2) ». Aucun adversaire sérieux n’aurait songé à le lui contester. Désormais, le pays manque de médicaments. Pas seulement d’aspirine et de paracétamol, mais également d’antirétroviraux et de molécules destinées aux chimiothérapies.

Il y a dix ans, dans la foulée de dizaines d’autres programmes sociaux, naissait la « mission Negra Hipólita ». Son objectif ? Venir en aide aux sans-abri urbains. Elle fut l’une des premières victimes de la crise. Le spectacle des personnes attendant la sortie des poubelles le soir est redevenu familier, cependant que les rues de Caracas exposent aux regards les mille et un visages de la détresse infantile.

Inflation, misère et corruption : les forces telluriques que décrivait Chávez lors de sa prise de fonctions sont à nouveau à l’œuvre ; le volcan s’est réveillé. Pour la droite, les choses sont simples : le socialisme échoue toujours. À gauche, où l’on avait appris à voir le Venezuela comme un phare dans la nuit néolibérale, l’incompréhension le dispute à l’incrédulité. Et une question s’impose, celle que formulait déjà le dirigeant bolivarien quand il esquissait le bilan de ses prédécesseurs, en 1999 : comment expliquer que, en dépit de « tant de richesses », « le résultat soit aussi négatif » ?

« À cause de la guerre économique que nous livrent l’opposition et ses alliés », répond le président Nicolás Maduro, élu en avril 2013, un mois après le décès de Chávez. Les chefs d’entreprise profitent de la chute des cours du pétrole (retombé sous les 40 dollars en 2016 après avoir dépassé les 100 dollars entre 2011 et 2014) pour organiser la pénurie, souffler sur les braises de la colère populaire et préparer le renversement du pouvoir chaviste. Au prétexte d’en rendre compte, le site Dolartoday (3), sis à Miami, orchestre la flambée du dollar parallèle. Ses ambitions politiques ne s’affichent-elles pas clairement à travers un sondage présenté à sa « une » depuis plusieurs semaines ? « Si l’élection présidentielle avait lieu aujourd’hui, pour qui voteriez-vous ? » Parmi les réponses possibles : MM. Henry Ramos Allup, Leopoldo López, Henrique Capriles Radonski, Henri Falcón et Lorenzo Mendoza Giménez, ainsi que Mme María Corina Machado. Tous membres de l’opposition.

On ne compte plus les analystes proches du pouvoir qui, se rappelant le sort réservé au président chilien Salvador Allende en 1973, défendent cette explication de la situation, comme si elle était vraiment contestée dans le camp progressiste. Or la question qui divise le chavisme est d’une autre nature : l’hostilité de ceux que la « révolution bolivarienne » cherche à priver de leurs privilèges suffit-elle à expliquer le chaos actuel ?

Membre du Parti socialiste unifié du Venezuela (PSUV), M. Sergio Sánchez en a été exclu pour avoir refusé de soutenir un candidat au poste de gouverneur parachuté en dépit de forts soupçons de corruption. Le thème de la « guerre économique » lui évoque une image : « Dopé à la rente pétrolière, le Venezuela est monté sur le ring pour distribuer les uppercuts à la bourgeoisie et à l’empire. Désormais, les anabolisants ont disparu : le gouvernement est dans les cordes. D’un seul coup, il trouve anormal que ses adversaires poursuivent le combat. » Se revendiquant toujours du chavisme, « mais opposé au gouvernement », le militant Gonzalo Gómez formule les choses autrement : « On ne fait pas la révolution en espérant que le capitalisme ne réagira pas. » « D’ailleurs, poursuit-il, il faut distinguer deux attitudes : celle qui consiste à créer les conditions de la crise et celle qui consiste à en profiter. Bien souvent, les patrons se contentent de tirer parti des dysfonctionnements de l’économie. »

Quand les petites perturbations s’accumulent

Pour une partie de la gauche, le chaos actuel s’expliquerait par la toute-puissance d’un adversaire capable, dix-sept ans après sa défaite, de produire le déraillement de l’économie. Pour une autre, il découlerait de la trahison de dirigeants cyniques qui auraient passé l’arme à droite. Mais on peut également envisager les processus de transformation sociale comme contradictoires : leurs réussites — considérables dans le cas vénézuélien (4) — engendrent parfois des difficultés qui, faute de réponse, peuvent devenir menaçantes. La chute ne serait donc pas inscrite dans l’amorce, mais dans l’incapacité à corriger les conséquences néfastes de ses choix. C’est la leçon de la « théorie des catastrophes », que Chávez exposait à son auditoire un certain 2 février 1999 : « Selon cette théorie, les catastrophes apparaissent de manière progressive, quand, dans un système donné, se manifeste une petite perturbation qui ne rencontre aucune capacité de régulation, une toute petite perturbation qui n’appelait qu’une toute petite correction. En l’absence de capacité et de volonté d’agir, la première perturbation en rencontre une autre, tout aussi petite, qui ne trouve pas plus de réponse. Et les petites perturbations s’accumulent, jusqu’à ce que le système perde la capacité de les réguler. C’est alors que survient la catastrophe. »

Quand Chávez arrive au pouvoir, le prix du baril de pétrole est à un plancher historique, proche des 10 dollars : un désastre dont l’explication impose de plonger dans l’histoire du pays. Au début du XXe siècle, la nation caribéenne figure parmi les premiers producteurs de café et de cacao. Et puis elle découvre d’immenses réserves d’or noir… En dix ans seulement, de 1920 à 1930, le secteur pétrolier passe de 2,5 % du produit intérieur brut (PIB) à près de 40 %, l’agriculture dévissant de 39 % à 12,2 % (5). Alors que la crise des années 1930 provoque la chute des cours du café, la plupart des pays de la région dévaluent leur monnaie pour maintenir la compétitivité de leurs exportations et lancer un processus d’industrialisation reposant sur la production locale des biens autrefois importés (« substitution des importations »). Le Venezuela procède à rebours : disposant d’importantes quantités de devises grâce à la rente, il cède à la pression du lobby commercial, qui organise l’importation de tout ce que le pays consomme.

Chávez se découvre un pouvoir extraordinaire

Le raisonnement de ces épiciers en costume trois-pièces ? Plus la monnaie locale sera forte, plus les Vénézuéliens pourront consommer, et eux s’enrichir. Entre 1929 et 1938, en pleine crise internationale, Caracas élève la valeur du bolivar de 64 %. L’opération verrouille les portes du commerce international au secteur agricole ; elle lui barre également l’accès aux échoppes nationales, inondées de produits bon marché. En dépit de promesses récurrentes de sortir du modèle rentier depuis lors, le déséquilibre économique s’accroît peu à peu ; et, lorsque Chávez prend les rênes du pays, 85,8 % de la valeur des exportations provient du pétrole (6).

Avec un prix du brent au plus bas en 1999, l’économie vénézuélienne ressemble à un gros-porteur tracté par un moteur de Mobylette : elle ahane. Le nouveau président a placé la diversification de l’économie au premier rang de ses priorités, mais il mesure qu’elle prendra du temps. Or la patience ne caractérise pas une population fébrile dont les espoirs ont été aiguillonnés par la campagne électorale. La solution passe par une réactivation de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), dont aucun des membres ne respecte plus les quotas. L’opération paie : les cours repartent à la hausse. Mais elle entraîne une première perturbation : l’urgence de se libérer des affres de la disette s’estompe devant la tentation de jouir de l’abondance.

« Les premières années furent très difficiles, se remémore M. Víctor Álvarez, ancien ministre des industries de base et du secteur minier (2005-2006). La presse présentait Chávez comme un clown. Et l’opposition n’a pas choisi la voie de la contestation démocratique. »En 2002, elle organise un coup d’État (qui échouera) avec l’aide des grands médias et de Washington. Pis, poursuit M. Álvarez, « le 10 décembre 2002, le jour même où nous allions lancer un programme visant à renforcer l’industrie nationale en réorientant vers elle les contrats publics, les patrons organisent un lock-out ! ». La grève du secteur privé et des hauts dirigeants du secteur pétrolier (nationalisé) durera deux mois et amputera le PIB d’environ 10 % (7). « Notre projet fut rangé dans un tiroir, dont il n’est jamais ressorti. »

Les prix du pétrole continuent à grimper, pour atteindre une trentaine de dollars le baril en 2003. Le gouvernement bolivarien dispose des ressources lui permettant de mettre en œuvre les programmes sociaux qui consolideront sa popularité dans les milieux modestes. Incapable de chasser Chávez du pouvoir, l’oligarchie vénézuélienne décide d’exfiltrer son pécule. La fuite des capitaux atteint des montants alarmants : plus de 28 milliards de dollars entre 1999 et 2002, soit près de 30 % de l’ensemble de la richesse produite en 2002 (8). À ce niveau, on ne parle plus de ponction, mais de saignée.

Alors que les réserves de devises s’effondrent, le pouvoir bolivarien prend la seule mesure adaptée : en février 2003, il introduit un contrôle des changes et fixe la parité entre la monnaie nationale et le dollar (le précédent contrôle des changes avait été interrompu en 1996). À partir de ce moment, l’État se réserve la capacité d’allouer ou non les dollars que lui demande telle ou telle entreprise pour importer. « Chávez découvre qu’il dispose d’un pouvoir extraordinaire, commente M. Álvarez. Non seulement la rente permet de satisfaire les besoins de la population, mais elle offre la possibilité de punir ceux qui avaient conspiré contre le pouvoir en leur refusant les devises. » Privées de dollars, bien des entreprises mettent la clé sous la porte, à moins que leur patron ne fasse amende honorable. « Car la rente garantit enfin la loyauté des entrepreneurs opportunistes. » L’espèce n’est pas rare.

« La politique du bolivar fort a constitué une subvention à l’ensemble de l’économie, renchérit le sociologue Edgardo Lander. La rente finançait la consommation, voitures de luxe et billets d’avion compris. » Entre 2004 et 2008, le Venezuela connaît une période d’abondance. Le PIB par habitant frôle son niveau de 1977, l’apogée d’une période connue comme le « Dame dos ! » J’en prends deux ! »). Hier considérée comme un piège dont il fallait s’émanciper, la rente retrouve son rôle traditionnel de clé de voûte du modèle économique vénézuélien. Nouvelle perturbation, sans correction…

Le contrôle des changes ne disparaîtra plus. Conçu comme une mesure temporaire pour lutter contre la fuite des capitaux, « il en devient le principal moteur, explique M. Temir Porras, ancien chef de cabinet de M. Maduro. Pays extrêmement dépendant des importations, le Venezuela affiche une inflation structurelle d’environ 15 à 20 %. Pas le dollar. Fixer une parité avec la devise américaine implique donc de surévaluer sa monnaie. On ne connaît pas de meilleure recette pour détruire la production nationale. Non seulement il devient plus coûteux de produire localement que d’importer, mais le pays redécouvre un négoce particulièrement juteux : l’importation surfacturée, qui permet de mettre la main sur des dollars » .

L’opération est simple. Imaginons un importateur qui dispose d’un réseau lui permettant d’acheter des bouteilles d’eau à 10 centimes de dollar pièce. Il obtient de l’État des dollars pour en acheter un million qu’il déclare payer 20 centimes pièce par le biais d’une entreprise qu’il aura préalablement créée en dehors du pays. Résultat : l’entrepreneur dispose de 100 000 dollars, qu’il peut écouler sur le marché noir local ou faire sortir du pays. « La culbute est parfois réalisée avant même la distribution du produit,poursuit M. Porras. De sorte que certains importateurs abandonnent les produits dans les hangars, ne vendant que de quoi acheter de nouveaux dollars. » Entre 2002 et 2012, la valeur des importations quintuple, passant d’environ 10 milliards de dollars à 50, un bond bien plus rapide que celui de leur volume. Lucratif, le secteur de l’importation attire du monde : ceux qu’on dénommera bientôt les « bolibourgeois » et que le pouvoir présente comme des « patrons socialistes », mais également des militaires, des hauts fonctionnaires et des malfrats.

Des taux de profit taquinant les 18 000 %

Pendant ce temps, la réduction de la pauvreté — l’une des plus grandes réussites de la « révolution bolivarienne » — permet à la population de consommer davantage. Dans un contexte où le pouvoir conteste peu au secteur privé sa mainmise sur les importations, la manne pétrolière qu’il déverse sur la population pour « solder la dette sociale » ruisselle jusque dans les poches des chefs d’entreprise. De sorte qu’en dépit de ses réussites sociales et géopolitiques, le Venezuela retrouve peu à peu sa fonction première dans la division internationale du travail : celle d’exportateur non seulement de pétrole, mais surtout de devises. Selon les calculs du trimestriel Macromet, la fuite des capitaux (surfacturation des importations comprise) aurait atteint 170 milliards de dollars entre 2004 et 2012 (9), soit pratiquement 160 % du PIB de l’année 2004. Un chiffre étourdissant.

Lorsque la crise financière internationale oriente le cours du pétrole à la baisse, en 2008, la rente ne suffit plus à couvrir la facture des importations. Le pays doit s’endetter. Il tente de limiter les dépenses, notamment en introduisant un double taux de change : un premier, préférentiel, pour les importations jugées stratégiques ; un autre, plus élevé, pour le reste. L’idée n’était pas mauvaise, mais sa mise en œuvre aurait gagné à être précédée d’une analyse des « perturbations » qu’elle avait engendrées dans le passé. Car des dispositifs similaires avaient été instaurés dans les années 1980 puis 1990, avec chaque fois une même conséquence : l’essor de la corruption. Qu’on en juge. En 2016, le Venezuela affiche un taux de change préférentiel de 10 bolivars par dollar et un autre de 657. Obtenir un accès (légal ou non) à la manne du dollar préférentiel pour alimenter le marché courant assure donc un taux de profit stratosphérique de 6 500 %. Que l’on revende ses dollars sur le marché parallèle, et le taux de profit taquine les… 18 000 %. On fait naître des vocations de brigand au moyen de chiffres beaucoup moins élevés.

« La droite veut mettre le peuple à genoux »

Or le Venezuela entretient une relation particulière avec la corruption. Ici, l’accumulation capitaliste ne repose pas sur la production de richesse, mais sur la capacité à butiner les ressources qu’administre l’État. Redistribution, clientélisme, népotisme, favoritisme, renvoi d’ascenseur ou simple illégalité, les frontières entre les formes de captation des dollars du pétrole s’avèrent d’autant plus ténues que beaucoup les franchissent plusieurs fois par jour.

« En 2012, Chávez prend enfin conscience du problème économique, notamment celui lié au taux de change, nous raconte M. Porras, qui a œuvré pour l’éclairer sur la question. Nous avions réussi à le convaincre d’agir. Et… il est tombé malade. » L’instabilité politique provoque un décollage soudain du dollar et de l’inflation, alors que les cours du pétrole recommencent à plonger fin 2014. Le pays redécouvre les pénuries, liées à l’atrophie d’une production locale étouffée par la survalorisation du bolivar et à la chute des importations, étranglées par le manque de devises. « Or, observe M. Álvarez, la pénurie offre le bouillon de culture idéal pour la spéculation et le marché noir. »

« Brinquebalant, l’édifice tenait grâce à deux clés de voûte, résume Lander : Chávez et la rente pétrolière. » Avec l’annonce officielle du décès du premier, on constate la mort clinique de la seconde. Le modèle socio-économique chaviste s’effondre d’autant plus vite que plus personne, pas même le nouveau président Maduro, n’est en mesure d’opérer la moindre modification d’azimut : la cohésion précaire du camp chaviste ne repose plus que sur la résolution commune à défendre l’héritage du comandante, le meilleur moyen de préserver les équilibres internes — et les prébendes. Il était urgent de changer de stratégie ; chacun s’employa à maintenir le cap. Quitte à mettre en péril certaines conquêtes de la période glorieuse du chavisme.

L’urgence de « diversifier » l’économie s’incarne désormais dans les projets tels que l’« arc minier de l’Orénoque » : une zone de 111 800 kilomètres carrés (près de quatre fois la superficie de la Belgique) où l’État vient d’autoriser diverses multinationales à extraire or, coltan, diamants, fer, etc., en jouissant d’exonérations fiscales et de dérogations à la réglementation du travail. De la rente pétrolière à la rente minière ? On a connu diversification plus bigarrée.

En dépit de ses dénonciations récurrentes des méfaits de l’oligarchie importatrice, le pouvoir en préserve la tranquillité. Il ne manque pas de créativité, en revanche, pour imaginer des bricolages tactiques « qui finissent par jeter de l’huile sur le feu de la spéculation », comme nous l’explique M. Álvarez. En 2011, le gouvernement fait passer une loi organique de « prix justes », pour tenter d’imposer un plafond aux prix de produits de base. « Mais ils sont bien souvent inférieurs aux coûts de production, si bien que les gens ont arrêté de produire. » Caracas subventionne par ailleurs certaines importations qu’il met à disposition de communautés organisées, à travers les comités locaux d’approvisionnement et de production (CLAP). Le 11 novembre dernier, dans le quartier de La Pastora, à Caracas, on pouvait ainsi se procurer un gros panier d’aliments (quatre kilos de farine de maïs, deux kilos de riz, deux paquets de pâtes, deux pots de beurre, un litre d’huile, un sachet de lait en poudre et un kilo de sucre) pour 2 660 bolivars. Un prix aussi bas offre la perspective de gains importants sur le marché noir… où finit donc une partie des produits.

Sur le plan économique, la chute du pouvoir d’achat est telle que l’ajustement structurel a en quelque sorte déjà eu lieu. Rendu plus acceptable par la rhétorique de la « guerre économique », il touche en particulier les personnes qui se conçoivent comme les membres de la classe moyenne : celles-là ne bénéficient pas des programmes sociaux et n’ont pas le temps de faire la queue des heures devant les supermarchés. Elles se trouvent donc plongées dans les « eaux glacées » du marché noir, ce qui finit par aiguiser leur colère contre les plus pauvres qu’eux : ceux qui profiteraient du système, avec lesquels l’État se montrerait « trop généreux »…

Quid de l’autre grande réussite chaviste, l’approfondissement de la démocratie ? Militant du mouvement social « depuis toujours »,M. Andrés Antillano estime que celle-ci « n’était pas seulement un étendard pour Chávez. Elle a toujours été un moyen de mobiliser, de politiser la population ». « Je n’avais jamais vraiment cru aux vertus des élections, confesse-t-il. Mais ici, elles étaient devenues un outil subversif, une force révolutionnaire. » « Étaient » ?

En 2016, l’opposition parvient à dépasser ses (innombrables) divisions pour demander l’organisation d’un référendum révocatoire, permise par la Constitution de 1999. Bien que se rendant coupable de nombreuses fraudes, elle réussit à recueillir suffisamment de signatures valides pour lancer le processus et obtient le feu vert du Conseil national électoral (CNE). Mais depuis, gouvernement et pouvoir judiciaire — ce dernier ne se caractérisant pas par sa propension à s’opposer à l’exécutif — jonchent le parcours d’obstacles frisant parfois le ridicule. Menace à peine voilée : le 4 mai 2016, M. Diosdado Cabello, l’une des principales figures du chavisme, estimait que « les fonctionnaires chargés d’institutions publiques qui se prononcent en faveur du référendum révocatoire ne devraient pas conserver leur poste ». En procédant de la sorte, « Maduro ne prive pas uniquement l’opposition de référendum, observe M. Antillano. Il nous ôte, à nous la gauche, l’un des instruments-clés du chavisme : la démocratie ».

« Le référendum, c’est le combat de la droite, pas le mien », rétorque Mme Atenea Jimenez Lemon, du Red de comuneros, une puissante organisation qui regroupe plus de cinq cents communes à travers le pays. Ces structures qui maillent le territoire national (surtout la campagne) ont constitué le fer de lance du « nouvel État socialiste », reposant sur la participation, qu’imaginait Chávez (lire la recension ci-dessous). « Je sais qu’à bien des égards on peut décrire le gouvernement comme contre-révolutionnaire. Mais, pour moi, la gauche critique qui appelle au référendum fait le jeu de la droite. Car si l’opposition gagne, qu’est-ce qu’on fait ? Est-ce que les gens se rendent compte de ce qu’ils nous préparent ? »

Privatisations en masse, recul de l’État, austérité violente : ici, nul ne se fait d’illusions sur le programme des partis d’opposition. D’ailleurs, rares sont ceux qui souhaitent les voir arriver au pouvoir. En dépit des efforts de certains de ses représentants pour mâtiner de social leurs discours, le principal objectif de la droite consiste à « mettre le peuple à genoux pour nous donner une bonne leçon », analyse Mme Flores. Une sorte de contre-révolution dans la contre-révolution.

Des hauts fonctionnaires rétifs au changement

« Tout n’est pas écrit, renchérit Mme Jimenez Lemon. Les communes offrent un moyen d’approfondir la démocratie, de débureaucratiser l’État et de développer la production. » Plaidoyer pro domo ? Non. À gauche, on imagine rarement une sortie positive de la crise actuelle sans renforcement de ce dispositif, créé par Chávez à la fin de sa vie. Seulement voilà : l’ancien président « était comme un révolutionnaire au sein de son propre gouvernement, explique l’ancienne ministre Oly Millán Campos. Il pouvait prendre des décisions allant à l’encontre des intérêts de l’appareil d’État. Sans lui, les communes se heurtent à la résistance des hauts fonctionnaires : pourquoi renforceraient-ils des structures imaginées dans l’optique de les affaiblir, puis de les remplacer ? ».

Une guerre intestine qui ravit l’opposition

En 2004, Chávez avait décidé d’organiser le référendum révocatoire qu’exigeait l’opposition en dépit de fraudes avérées. Procéder de la sorte aujourd’hui imposerait-il au chavisme une cure d’opposition ? Pas nécessairement. Une défaite lors d’un référendum organisé en 2016 aurait conduit à de nouvelles élections. En d’autres termes, elle aurait pu offrir à la gauche vénézuélienne ce dont elle semble avoir le plus besoin : une période d’autocritique permettant de sortir des raisonnements tactiques pour penser à nouveau en termes stratégiques. Cette période aurait peut-être permis au chavisme critique de faire entendre sa voix.

Mais encore eût-il fallu que le pouvoir accepte de prêter l’oreille. À la fin de l’année 2015, l’organisation chaviste Marea socialista a souhaité procéder à son inscription au registre des partis politiques du pays. Fin de non-recevoir du CNE, qui a estimé, sans rire, que le nom de la formation « ne faisait pas » parti politique. De son côté, un procureur a jugé qu’elle ne pouvait pas se réclamer du socialisme… puisqu’elle critiquait le gouvernement. « Le gouvernement discute actuellement avec l’opposition, avec le Vatican et avec l’ambassade américaine, mais avec nous, la gauche critique, il refuse le dialogue », s’amuse un militant de Marea socialista.

Dans les rangs du chavisme, la bataille fait donc rage, dans un vacarme d’autant plus stérile qu’il n’existe plus de lieu de discussion structuré. D’un côté, les partisans du pouvoir sont de plus en plus discrets. D’un autre, un courant ancré dans la population critique les dirigeants actuels, mais considère que la lutte ne peut avoir lieu en dehors du PSUV, sauf à remettre les clés du pouvoir à la droite. Enfin, un dernier courant, dépourvu de véritable base sociale, regroupe de nombreux anciens ministres, très actifs sur les réseaux sociaux. Ils estiment avec M. Gómez que l’actuelle bureaucratie « constitue une nouvelle bourgeoisie, tout aussi rapace que la précédente et désormais en concurrence avec elle ».

Cette guerre intestine ravit la droite, qui souhaite détruire l’espoir auquel Chávez avait donné naissance. Elle enchante également les nouveaux oligarques en chemise rouge, lesquels rêvent de transformer la lutte de classes qui les a portés au pouvoir en vulgaire lutte de camps. S’ils devaient l’emporter, les innombrables « perturbations » auxquelles le chavisme n’a pas su répondre auraient assurément enfanté la catastrophe.

Renaud Lambert

Notes

(1) Environ 38 euros sur la base du taux de change officiel. Près de trois fois moins dans une économie dont les prix suivent l’évolution du dollar parallèle.

(2) Elizabeth Nunez, « Chavez touts health care ahead of vote », The Washington Post,24 novembre 2006.

(4) Lire « Ce que Chávez a rappelé à la gauche », Le Monde diplomatique, avril 2013.

(5) Chiffres tirés de Steve Ellner (sous la dir. de), Latin America’s Radical Left. Challenges and Complexities of Political Power in the Twenty-First Century, Rowman & Littlefield, Lanham, 2014.

(6) Commission économique pour l’Amérique latine et les Caraïbes (Cepalc), 2008.

(7) Lire Maurice Lemoine, « L’opposition vénézuélienne joue son va-tout », Le Monde diplomatique, avril 2004.

(8) Daniela García, « Fuga de capitales : Sello revolucionario », La Verdad, Maracaibo, 1er juillet 2013.

(9) Miguel Ángel Santos, « Venezuela : de la represión financiera a la posibilidad de default » (PDF), Macromet, vol. 1, no 3, Caracas, novembre 2014.

Source : Le Monde diplomatique, Renaud Lambert, décembre 2016

Nous vous proposons cet article afin d'élargir votre champ de réflexion. Cela ne signifie nullement que nous "soutenons" le Président Maduro. Par principe, nous ne "soutenons" aucun gouvernement nulle part sur la planète. [Lire plus]Nous sommes au contraire vigilants, tout gouvernement devant, pour nous, justifier en permanence qu'il ne franchit aucune ligne jaune. Mais nous sommes évidemment également attachés à lutter contre le deux poids 2 mesures, et à présenter tous les faits. Au final, notre vision est que le peuple vénézuelien puisse choisir librement et démocratiquement son avenir, sans ingérences extérieures, et nous condamnons toutes les atteintes aux Droits de l'Homme des deux camps...

45 réponses à Venezuela, les raisons du chaos, par Renaud Lambert

Commentaires recommandés

Duracuir Le 29 août 2017 à 11h27

Vous savez lire ou quoi?
Ou alors vous vous êtes arrêté aux premières lignes?
L’objet de l’article est de démontrer que le problème du Venezuela vient d’une politique de monnaie forte voulue par les lobbies patronaux et les riches.
Cette politique de monnaie forte a détruit toute le production locale depuis des décennies.
Et l’article dit aussi que toute les tentative de Chavez pour réinstaurer une production nationale s’est confronté à une opposition violente du patronat.
Votre intervention est trollesque à souhait.

  1. Miclav Le 29 août 2017 à 08h21
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    Et par rapport aux 49 médias fermés en 2017 dénoncés par le presse unanime ces jours ci, revoir ceci :

    https://www.monde-diplomatique.fr/carnet/2010-12-14-Medias-et-Venezuela

    Déjà il y a 10 ans, 34 médias d’opposition auraient été fermés… Plus 49 médias cette année seulement….
    Ça en faisait beaucoup des médias dans une sois disant dictature…
    Évidemment, on ne trouve nulle part d’infos précises sur ces fermetures (c’est comme pour les 120 victimes imputées par défaut au “régime”)
    Encore une fois sans doute, quand ça manque de détails et de mise en contexte, c’est qu’il y a à creuser pour saisir ce qui se passe vraiment.


  2. Duracuir Le 29 août 2017 à 09h34
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    C’est étonnant comme la description du mécanisme infernal de plongée aux enfers par une avide et stupide volonté des riches de conserver une monnaie surévaluée ressemble à ce qui arrive à la zone euro.

    Victor Hugo avait(encore) raison: “on n’imagine pas la stupide cruauté à laquelle le bourgeois s’avilit quand il craint pour sa pièce de 100 sous”.


    • Pinouille Le 29 août 2017 à 10h54
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      Cet article décrit dans le détail les conséquences des travers de la politique étatiste du Vénézuéla (aux antipodes de la série de Maurice Lemoine précédemment diffusée sur ce site). Tout est résumé ici: « D’ailleurs, poursuit-il, il faut distinguer deux attitudes : celle qui consiste à créer les conditions de la crise et celle qui consiste à en profiter. Bien souvent, les patrons se contentent de tirer parti des dysfonctionnements de l’économie. »

      Et bien malgré cela, certains arriveront quand même à s’appuyer sur l’article pour rejeter la faute de la crise bolivarienne sur les bourgeois… Les bras m’en tombent. Peut-on parler d’aveuglement idéologique?


      • Duracuir Le 29 août 2017 à 11h27
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        Vous savez lire ou quoi?
        Ou alors vous vous êtes arrêté aux premières lignes?
        L’objet de l’article est de démontrer que le problème du Venezuela vient d’une politique de monnaie forte voulue par les lobbies patronaux et les riches.
        Cette politique de monnaie forte a détruit toute le production locale depuis des décennies.
        Et l’article dit aussi que toute les tentative de Chavez pour réinstaurer une production nationale s’est confronté à une opposition violente du patronat.
        Votre intervention est trollesque à souhait.


        • Pinouille Le 29 août 2017 à 12h05
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          Je sais lire, rassurez-vous. Et je fais mon possible pour ne pas troller.
          “…voulue par les lobbies patronaux et les riches”: en 1930 comme le dit l’article.
          Concernant le gouvernement Chavez, il en va tout autrement. Je vous suggère de relire le paragraphe “Chávez se découvre un pouvoir extraordinaire” qui décrit comment il profite de la rente pétrolière pour modeler à sa guise l’économie et la monnaie afin de redistribuer les richesses. Se faisant, il cadenasse l’activité privée. Ce qui va générer les difficultés actuelles (corruption, marché noir, pénuries) quand le prix du pétrole diminuera.


          • Duracuir Le 29 août 2017 à 13h29
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            Et moi je vous conseille de relire celle là.
            “le jour même où nous allions lancer un programme visant à renforcer l’industrie nationale en réorientant vers elle les contrats publics, les patrons organisent un lock-out ”

            Le durcissement de Chavez vient du bloquage et du sabotage patronal systématique.

            Après, la tradition de corruption, endémique, dépasse tous les régimes.

            Mais à la base de TOUT le problème, on a une caste de possédant qui bousille toute possibilité d’amélioration pour conserver ses privilèges.
            les dérives du chavisme sont une conséquence, pas une cause.


            • Pinouille Le 29 août 2017 à 13h58
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              “le jour même où nous allions lancer un programme visant à renforcer l’industrie nationale en réorientant vers elle les contrats publics, les patrons organisent un lock-out ”
              Propos de M. Víctor Álvarez, ancien ministre des industries de base et du secteur minier.
              Il ne faut pas s’attendre à ce qu’il dise le contraire…

              “Mais à la base de TOUT le problème, on a une caste de possédant qui bousille toute possibilité d’amélioration pour conserver ses privilèges.
              les dérives du chavisme sont une conséquence, pas une cause.”
              Vous avez le droit de le penser. Mais de grâce ne vous appuyez pas sur un article qui dit le contraire pour étayer vos propos. Vous pouvez vous référer à la série de M Lemoine…


            • Pinouille Le 29 août 2017 à 14h52
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              “Or la question qui divise le chavisme est d’une autre nature : l’hostilité de ceux que la « révolution bolivarienne » cherche à priver de leurs privilèges suffit-elle à expliquer le chaos actuel ?”

              “La chute ne serait donc pas inscrite dans l’amorce, mais dans l’incapacité à corriger les conséquences néfastes de ses choix.”

              On voit bien que même dans la gauche Vénézuélienne, on commence à douter du postulat que les problèmes économiques et sociaux soient uniquement imputables à la caste des possédants.

              “…une période d’autocritique permettant de sortir des raisonnements tactiques pour penser à nouveau en termes stratégiques. Cette période aurait peut-être permis au chavisme critique de faire entendre sa voix.”

              On voit bien que le chavisme se ferme à toute réflexion pragmatique de sortie de crise, quitte à diaboliser les voix internes discordantes: aveuglement idéologique (aussi)?


            • Joseph Le 29 août 2017 à 19h22
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              Pinouille, vous avez à la fois raison et tort dans votre réponse ; oui, la faute n’est pas à rejeter entièrement sur les patrons, mais elle n’est pas pour autant l’apanage du chavisme : le texte blâme les bureaucrates et autres aparachiks. Vous pourriez développé l’argument fréquent que socialisme / communisme / chavisme et corruption étatique vont main dans la main, mais ce n’est pas l’argument du texte. Celui-ci ce contente d’indiquer qu’il y a deux vers dans la fruit, capitalistes et aparachiks. Que de nombreux hommes soient des ordures méprisables ne démonte pas pour autant toutes les théories de redistribution.


            • Pinouille Le 30 août 2017 à 09h24
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              @Joseph
              “Que de nombreux hommes soient des ordures méprisables ne démonte pas pour autant toutes les théories de redistribution.”
              Ce n’est pas l’objet.
              Réduire les origines de la crise vénézuélienne à une volonté impérialiste externe avec le concours des avidités internes semble dangereusement trop réducteur: fausse bonne réponse (certains chavistes semblent s’en apercevoir).
              Partons du principe (qui est le mien, trop souvent vérifié) que l’avidité est une composante intrinsèque de l’être humain. Que dire d’un gouvernement qui, malgré lui, créée les conditions pour que cette avidité s’exprime au point de déstabiliser le pays?
              Se contenter de blâmer le comportement des ordures méprisables, c’est un peu comme blâmer le feu car il brûle: ça donne bonne conscience, ça ne résout rien: c’est un piège.
              Le vrai défi est de réfléchir aux conditions de la redistribution en garantissant l’équilibre économique global, malgré la multitude de tendances résistives, souvent naturelles.


          • lvzor Le 30 août 2017 à 23h09
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            “modeler à sa guise l’économie et la monnaie afin de redistribuer les richesses. Se faisant, il cadenasse l’activité privée…”

            Oui, vous avez raison, c’est l’horreur ! D’ailleurs la dernière fois que l’économie a été cadenassée, ça avait donné les trente glorieuses. J’en ai encore froid dans le dos…


            • Pinouille Le 31 août 2017 à 17h57
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              “Oui, vous avez raison, c’est l’horreur !”
              Notez bien que je ne prétends pas convaincre qui que ce soit de mes convictions. Je ne fais que souligner les arguments de l’article ci-dessus, qui me semblent mal interprétés par certains.
              Et je ne prétends aucunement que le libéralisme est l’accomplissement ultime, pas plus que l’étatisme.

              En revanche, je ne m’avancerais pas à prétendre qu’il faut attribuer les 30 glorieuses à la capacité du gouvernement français à cadenasser l’activité privée… Mais je ne suis pas un expert de cette période et ne pourrais être un bon contradicteur.


      • Subotai Le 29 août 2017 à 20h15
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        Relisez en détail les 200 ans de péripéties de la Révolution Française avant de jeter la pierre aux vénézuéliens…
        Rien de nouveau sous le soleil!
        Les nantis sont sans pitié quand les gueux veulent avoir leur part. Quitte à couler le navire – ils ont les bouées, les canots et les moyens d’en reconstruire un.
        Tout est bon pour détruire les “rats”.


      • Sébastien Le 29 août 2017 à 21h29
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        On peut retourner votre raisonnement comme une crêpe. C’est typique des libéraux: toujours la faute des autres.
        Le fait que l’Etat ne soit pas parfait ne dédouane en rien la bourgeoisie de ses responsabilités. Un tour de passe-passe sémantique automatique et systématique sur tous les sites/blogs libéraux.
        La vérité pique toujours, les libéraux vivent sur leur petit nuage, comme d’habitude.


        • tepavac Le 29 août 2017 à 23h42
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          Nous pouvons, évidement, descendre d’un cran le niveau de perception sur les évènements et en discuter le sens. Néanmoins cette liberté ne nous autorise pas à transformer les “conséquences” en “causes” !
          Et de surcroît, de passer aux oubliettes ces mêmes causes dans les sujets traités.

          L’auteur brosse clairement le portrait d’un pays victime d’intérêts étrangers bien davantage que des intérêts des Vénézuéliens(nes).
          L’organisation moderne des pénuries découle directement des principes issus de “l’art” de la guerre; elle est le principe du siège.

          Il parait étrange aujourd’hui, à l’époque de tous ces moyens de transports, terres, airs, mers, qu’un pays entier puisse être réduit à un siège identique à celui d’une ville antique!
          Pour l’avoir vécu je peux vous assurer qu’en quelques jours, presque tout à disparus des étales. En quelques semaines il devient habituel de vivre au milieu de longues queues de client pour un jour du pq, un autre pour du shampooing ou des oranges…
          Tous sont touchés par le manque de ressource, l’ordre s’en trouve transformé.

          De tout ceci ressort le fait qu’une société ne peut se pérenniser qu’a la seule condition de pouvoir auto-subvenir à ses besoins vitaux d’existence collective.

          C’est une lapalissade, j’en conviens, néanmoins pour ne pas subir le même sort que les Grecs, mieux vaut ne pas l’oublier dans les “discutions politiques”.
          Très bon billet.


          • Papagateau Le 30 août 2017 à 00h29
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            Si j’ai bien compris ce billet, la culbute des “méchants n’est pas dû à la rétention ou spéculation sur les marchandises, mais à l’accès aux devises à un taux suprêmement préférentiel.
            Avec un multiple de 180 comment s’étonner de la corruption ?


        • Pinouille Le 30 août 2017 à 09h37
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          @Sébastien
          On peut retourner votre raisonnement comme une crêpe. C’est typique des gauchistes: toujours la faute des bourgeois.
          Le fait que la bourgeoisie ne soit pas parfaite ne dédouane en rien l’Etat de ses responsabilités. Un tour de passe-passe sémantique automatique et systématique sur tous les sites/blogs gauchistes.
          La vérité pique toujours, les gauchistes vivent sur leur petit nuage, comme d’habitude.


          Ca marche tout autant (vous parliez de tour de passe-passe sémantique?).

          Perso, je considère même que l’Etat a de bien plus grandes responsabilités officielles que la bourgeoisie.
          Et je ne me qualifie pas de libéral…


          • step Le 30 août 2017 à 15h07
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            Quand l’état foire c’est en général la faute de l’état, quand une portion de la population commet des forfaitures c’est la faute au système dont ils ne sont que des maillons. L’état est l’émanation d’une volonté et d’un pouvoir ce qui implique une responsabilité, les classes sociales ne sont que le produit d’un système dont il est jugé parfaitement normal de considérer qu’ils sont mus par la pure cupidité de l’hommo économicus. Personnellement je ne connais que des hommes en face de moi, et qu’ils aient planté le pays pour conserver leur statut de bourgeois ou qu’ils l’aient fait pour conserver leur statut de satrape administratif ne change rien. De plus je ne reconnais pas l’argument de normalité de la cupidité. La liberté des uns s’arrête à la libertés des autres est un texte de loi fondamental de la plupart des pays. La cupidité des uns finit toujours par porter préjudice aux autres, donc la cupidité pathologique est condamnable donc anormale.


      • Leila Le 30 août 2017 à 18h26
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        Je crains que nous n’ayons pas lu le même article. Etes vous sûr d’être la bonne page ?
        Je peux aussi vous conseiller un ophtalmo, un neuro…


    • Opps' Le 29 août 2017 à 20h55
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      Détail : Victor Hugo était un pingre notoire qui a laissé une fortune considérable à sa mort


      • Duracuir Le 30 août 2017 à 11h49
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        Il faut savoir dissocier l’homme de l’oeuvre. Humainement, Hugo était un type abominable, un satyre abuseur de bonnes et de veuves absolument répugnant.
        Tout comme Voltaire qui, tout en agonisant les soldats du roi, faisait des fortunes colossales en spéculant sur la fourniture aux armées. Lui aussi était un abuseur de bonnes.
        Et pourtant, les deux laissent un héritage politique et intellectuel monumental.

        Par contre, je suis persuadé que beaucoup d’homme politiquement ou intellectuellement affreux étaient de très chics types dans le privé, en famille ou en amitié.
        Personnellement, j’ai toujours, TOUJOURS été déçu de mes rencontres avec les objets de mes admirations politiques ou intellectuelles. Très souvent humainement mesquins, radins, orgueilleux, vaniteux, égoïstes, grossiers. Et par contre très souvent été très agréablement surpris par celles que je faisais avec des gens qu’au contraire intellectuellement et politiquement je réprouvais. Là, au contraire, souvent de l’humanité, du respect, un vrai sens de l’engagement et de l”ouverture et dde la fidélité.
        Etonnant, mais j’ai 56 ans et en 40 ans d’action associative, politique ou syndicale et en 30 ans de bizness, ça c’est presque tout le temps vérifier.


  3. Duracuir Le 29 août 2017 à 11h30
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    Par ailleurs, ces derniers jours, il y a eu des émeutes en Inde dans la repression a fait 38(!!!!) morts. Bien plus qu’au Venezuela.
    Avez vous entendu ou lu un seul mot à ce propos dans notre presse nationale?
    Avez vous entendu le concert néocon et bienpensant hurler à la dictature et la barbarie Indienne?

    Avec son deux poids deux mesures si grotesque et caricatural nos médias s’enfoncent encore un peu.


    • Manuel Le 29 août 2017 à 11h36
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      Effectivement, je n’en ai pas entendu parlé. Auriez-vous un lien à proposer ?


      • Duracuir Le 29 août 2017 à 13h33
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        • Manuel Le 29 août 2017 à 20h50
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          Si si les médias français en ont parlé.

          https://www.google.co.uk/search?client=opera&hs=GYT&q=gourou+émeutes+inde&oq=gourou+émeutes+inde&gs_l=psy-ab.3..33i160k1l2.892.1724.0.2172.5.5.0.0.0.0.183.493.0j3.3.0….0…1.1.64.psy-ab..2.3.489.1vjUd4mIBWo


          • Papagateau Le 30 août 2017 à 00h02
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            Sauf que l’existence du viol n’a pas été contesté par aucun journaliste, et que le gourou n’a pas été présenté comme un combattant de la démocratie, ou de la liberté de parole.

            La crise en cours avec la Chine doit donner une immunité à l’inde.


            • Manuel Le 30 août 2017 à 02h33
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              Peu importe qu’il y ait viol ou pas. On ne tue pas 38 personnes sous prétexte qu’ils manifestent. C’est tout !!

              D’ailleurs, on ne sait pas ce qui s’est passé. Étaient-ils armés ?

              Ce qui est choquant c’est la différence de traitement : d’un côté on parle de la dictature vénézuélienne et de l’autre de l’autorité indienne. On a aucun moyen de se faire un avis.


          • Duracuir Le 30 août 2017 à 00h07
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            Vous voulez faire une comparaison avec la couverture du Venezuela????
            Juste pour rire.
            Pourquoi le Venezuela et pas l’Inde.
            Pour Macron insulte-t-il le Venezuela en le traitant de dictature et trouve tout à fait fréquentable Saoudiens et Qataris.
            Deux poids, deux mesures. Incohérences fatales à la longue.


            • Manuel Le 30 août 2017 à 02h51
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              C’est très simple. Les Saoudiens et les Qataris ont beaucoup d’argent et investissent en masse en France. Ce sont les amis de Macron par intérêt. Il en est de même pour l’Inde qui vient d’acheter de l’équipement militaire à la France et plus…

              Le Venezuela ne va pas dans le sens de la stratégie dictée par les USA, et donc de la France.

              Du coup, il y a une propagande des grands médias contre le Venezuela. Le jour où l’Inde sera vu comme un ennemi, il se passera la même chose – mais pour l’instant ce n’est pas le cas.


            • bobo1414 Le 30 août 2017 à 12h08
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              quand nos politiques nous parlent de valeurs ils ne parlent pas de moralmais bien de valeur pécuniaire 🙂 si l etat venezuellien etait aussi genereux que les quataris il deviendrait un modèle de democratie


  4. Un_passant Le 29 août 2017 à 14h22
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    La malédiction du pétrole dans toute sa splendeur. Plutôt que de faire dans le socialisme, ils auraient pu s’inspirer du modèle norvégien. Mais quand on fait dans le socialisme: “un modèle capitaliste, vous n’y pensez pas!”.

    La faute aux bourgeois? Mais ce sont quand même les politiciens qui ont pris des décisions sinon stupides, au moins maladroites (il suffit de lire la description des effets pervers d’une économie administrée en matière de corruption et de culbute fiscale).


    • Sébastien Le 29 août 2017 à 21h32
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      C’est ça quand on ne vit pas dans un jeu-vidéo. On ne part pas de zéro et on ne refait pas la partie autant que fois qu’il nous plait pour améliorer son score. Il y a un peuple, une culture, un territoire, une histoire qui ont un poids certain et qu’il faut prendre en compte.
      Bref, tout ce que le français moyen semble avoir complètement oublié.


    • Garibaldi2 Le 30 août 2017 à 01h35
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      Le modèle norvégien ? Vous voulez parler d’un pays développé de moins de 5 millions d’habitants quand il découvre une manne pétrolière et gazière au large de ses côtes à la fin des années 60 ; en comparaison d’un pays de 30 millions d’habitants dont 40% sont des miséreux en 1999, sans couverture sociale, où 30% de la population n’a pas accès à l’eau potable. L’exploitation du pétrole n’a pas commencé avec Chavez qui est arrivé au pouvoir en 1999. Où est le fonds d’investissement créé par la droite ? Nada ! Elle n’en a jamais créé. Quand Chavez est arrivé au pouvoir il a commencé par donner à manger au peuple et à lui ouvrir l’accès aux soins médicaux. Ca changeait de la droite au pouvoir qui faisait tirer sur la foule à Caracas en 1989 (3000 morts).


    • Theoltd Le 30 août 2017 à 21h11
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      La malediction du pétrole est un raccourci mental qui permet au pays consommateurs plus quelques pays producteurs connus de prospérer, et d’empêcher par TOUS les moyens d’autres pays producteurs de les imiter, sachant qu’un pays producteur qui réussi risque grandement de devenir pays importateur grace a son developpement. Il est donc VITAL pour l’approvisionnement des pays consommateurs, que la plupart des pays producteurs restent arrièrés. S’ils tendent a se developper, on les renvoie régulièrement au moyen age, par tous les moyens bien explicités sur ce blog. Il est quand meme dommage pour la paix sur terre, que la comprehension de ce phénomène hautement logique prenne si longtemps a se diffuser.


    • Un_passant Le 31 août 2017 à 14h43
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      J’adore comme mes détracteurs passent sous silence les effets pervers que génère l’exportation de matières premières en terme d’importation de devises. Vous devriez creuser la malédiction du pétrole et ce qu’en a dit le sultan de Burnei, l’un des rares à avoir compris qu’en dehors de l’école et des hôpitaux, la seule manière de bien utiliser les fonds, c’est de faire comme la Norvège : créer un fond souverain de manière à assécher les mécanismes délétères que génèrent la profusion de devises.
      La Chine, vu sa taille, fait autrement, elle achète de l’or. l’Allemagne, grand exportateur, a aussi augmenté ses réserves d’or.
      Toutes les autres méthodes et en particulier l’approche des socialistes a échoué partout dans le monde car elle n’a JAMAIS été capable de comprendre le mécanisme. Le pire c’est qu’il est très bien décrit dans l’article. Ça n’est pas le capitalisme, c’est l’illusion de prospérité qui conduit à mal gérer les fonds et laisse prospérer… la corruption.


  5. Macarel Le 29 août 2017 à 15h34
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    “Macron a bien prévu de passer du matraquage médiatique au matraquage tout court de tous ceux qui refusent les réformes ou la destruction de nos acquis sociaux exigées par les milliardaires qui l’ont propulsé à l’Élysée.”

    https://francais.rt.com/france/42325-rentree-mouvementee-etat-commande-22-millions-lacrymo

    https://www.marianne.net/societe/prevoyant-le-gouvernement-commande-des-grenades-lacrymo-pour-4-ans

    Notre gouvernement est prévoyant, il passe commande pour 22 millions d’armes non létales, pour calmer les ardeurs des manifestants “chavistes” de la FI (mais pas que…) qui devraient prochainement contester “ses réformes” dans la rue. Il faut en effet se doter des moyens de ramener à la “raison économique” tous les “gauchistes romantiques” qui s’apprêtent à combattre le “coup d’état social” dans la rue. Si “coup d’état” semble trop fort, il n’en reste pas moins que c’est un “coup de force” qui est en préparation. Puisque la procédure des ordonnances est faite pour éviter tout débat démocratique au sein de la représentation nationale.
    La dérive autoritaire est chez nous aussi “En Marche”, et pas seulement à Caracas.
    La différence : là-bas ce sont des anti-libéraux qui tapent sur des libéraux, ici ce sont des libéraux qui se préparent à matraquer des anti-libéraux. Et tous, le font évidemment au nom du bien du peuple. Du moins c’est ce qu’ils prétendent…


  6. PEB Le 29 août 2017 à 18h05
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    J’ai l’impression que le Vénézuela aura perdu le but de ses politiques publiques: l’émergence d’une classe moyenne nombreuse, éduquée et en bonne santé, clef de voute d’une république paisible, prospère, libérale et démocratique.
    Je ne comprend pas comment on peut avoir des restrictions pour un pays en paix et avec de grandes ressources humaines et matérielles. C’est réservé à l’économie de guerre et/ou ça se termine souvent dans l’esclavagisme à grande échelle.

    Les Sud-Coréens ont connu avec Park un type de socialisme qui a permis l’industrialisation du pays avec l’appui des grands groupes. Mais la classe moyenne émergeante se débarrassa de la dictature quand elle ne fut plus utile mais nocive pour le pays (corruption &c.).
    L’Opus Dei forma en Espagne des dirigeants qui permirent l’émergence de la classe moyenne qui mit en branle la Movida dès la mort du généralissime. Ce renouveau national fut couronné par l’adhésion à la CEE.
    Le Chili mit carrément à la retraite son chef étoilé!


    • DocteurGroDois Le 29 août 2017 à 19h55
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      Votre propos semble tout droit sorti de Fukuyama (The End of History and the Last Man) qui est un brin naïf.

      Par exemple le but de l’Opus Dei n’était pas de former des hauts fonctionnaires compétents mais plutôt de former une armée de cyborgs catholiques. Mais pour devenir haut fonctionnaire, il valait mieux passer par l’Opus Dei… Et la plupart on senti le vent tourner à la mort de Franco.

      Bref le Venezuela dispose deja d’une classe moyenne nombreuse et éduquée, et est deja une démocratie.

      C’est une démocratie militarisée où l’on retrouve un général à tous les postes clefs, et où les citoyens ont en gros le choix entre un régime économique socialiste confus ou l’ultra-libéralisme à poil dur.


  7. Etienne Chouard Le 29 août 2017 à 18h19
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    Merci.

    Attention : il faut mettre à jour l’adresse source de l’article d’origine :
    https://www.monde-diplomatique.fr/2016/12/LAMBERT/56923


  8. JBB Le 29 août 2017 à 23h53
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    Je trouve cet article plutôt bien fait et même assez neutre vu que là où je constate le complet échec du socialisme, d’autres y voient autre chose.


  9. visoz Le 30 août 2017 à 08h52
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    Une lecture très formatrice à conseiller à la gauche radicale!
    De la difficulté de réussir une révolution. La théorie des catastrophes exposée par Chavez lui-même en 1999: où comment une erreur d’analyse (elles sont inévitables!), échappant à l’analyse critique et non corrigée, permet à la réaction prédatrice (qui ne désarme jamais) de s’engouffrer, fait “boule de neige” jusqu’au chaos total. Une analyse qui me paraît à la fois “empathique” et lucide, et qui examine les facteurs internes dans le contexte géopolitique. A méditer!!!


  10. iseorce Le 30 août 2017 à 11h24
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    Ce à quoi me fait penser cet article, est que le mode de gouvernance basé sur des élections, comme nous les connaissons ici, différentes institutions représentatives comme nous les connaissons, ne permet pas de faire fonctionner une communauté nationale. In fine, l’intérêt général n’est pas pris en compte. Pas de garde-fou contre les intérêts des plus puissants qu’ils soient capitalistes ou bien privilégiés issus du gouvernement en place….


  11. guerrien Le 30 août 2017 à 15h35
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    J’ignore qui est ce Monsieur, mais commencer l’article avec les bobards du genre “j’ai perdu 10kg” qu’on retrouve partout suffit pour se méfier de ce qu’il raconte. Quand on sait combien il est dur de perdre des kilos en faisant régime …
    Ridicule.
    Dommage que le Monde diplomatique ne laisse plus la parole à ses anciens directeurs Ramonet et Lemoine, obligés de publier ailleurs.


  12. Ribouldingue Le 31 août 2017 à 00h28
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    Article interessant qui aborde un des aspects économique propre au pays dont on ne parle nulle part.
    Les critiques du “socialisme”, si socialisme il y a, devraient remettre en perspective la débâcle libérale pré Chavez qui avait amené le pays dans le gouffre. Le fait qu’il y soit toujours est en effet un échec, mais c’est un pays qui partait de très loin. Il est peu probable que les corrompus qui étranglent actuellement le pays exsangue pour se remplir les poches et qui parsèment l’opposition soient d’un grand secours à sa population. Leur reste l’espoir de se débarrasser des profiteurs de tous bords y compris au pouvoir actuellement, mais n’est-ce pas le lot de tous les peuples?


  13. christian gedeon Le 31 août 2017 à 16h31
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    On va simplifier,hein? Au delà des manipulations certaines des services US et des “fascistes “(sic et sans rire) de la “bourgeoisie capitaliste vénézuélienne”(pour parler Insoumis et Podemos in texto),manipulations réelles,le principal responsable de la situation est un homme et son entourage…Maduro est un imbécile dogmatique et gauchiste,qui a rompu le lien ténu mais réel que Chavez avait su créer avec les classes moyennes vénézuéliennes,et qui a profité de la maladie de son chef pour s’installer. Son action a été comme creuser une tombe pour son régime…il est entouré de ce qu’il y a de pire au Vénézuéla,y compris des affairistes comme son ministre de la justice,me semble-t-il que même sa communauté d’origine a laissé tomber.Responsable,puisqu’il est le lider maximo local…maduro,sans aucun doute…


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