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29.août.201729.8.2017 // Les Crises

George Orwell, « Quelques réflexions sur le crapaud ordinaire »

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Source : Les amis de Bartleby, 12-04-1946

George Orwell

Quelques réflexions
sur le crapaud ordinaire

(Article paru le 12 avril 1946 dans Tribune, Londres,
traduit à Bordeaux, l’hiver 2016, par les Amis de Bartleby.)

Précédant l’hirondelle, précédant la jonquille et peu après le perce-neige, le crapaud ordinaire salue l’arrivée du printemps à sa manière : il s’extrait d’un trou dans le sol, où il est resté enterré depuis l’automne précédent, puis rampe aussi vite que possible vers le point d’eau le plus proche. Quelque chose – comme un frémissement dans la terre ou peut-être simplement une hausse de température de quelques degrés – lui a signalé qu’il était temps de se réveiller. Il semble cependant que quelques crapauds manquent de temps à autre le réveil et sautent une année. Du moins, plus d’une fois, au beau milieu de l’été, il m’est arrivé d’en déterrer, bien vivants et visiblement en bonne forme.

À ce moment-là, après son long jeûne, le crapaud prend une allure fort spirituelle, tout comme l’un de ces sobres anglo-catholiques vers la fin du carême. Ses mouvements sont lents mais résolus, son corps est amaigri et, par comparaison, ses yeux semblent anormalement grands. Cela permet de distinguer ce que l’on ne pourrait remarquer à aucun autre moment : qu’un crapaud a parmi les plus beaux yeux de tout le règne animal. Ils sont comme de l’or, ou plus précisément comme ces pierres dorées semi-précieuses que l’on voit parfois orner les chevalières et que l’on nomme, me semble-t-il, le chrysobéryl.

Durant les quelques jours qui suivent son retour à l’eau, le crapaud s’attelle à reprendre des forces en mangeant de petits insectes. À présent, le voilà regonflé à sa taille normale et il entre dans une phase d’intense sensualité. Tout ce qu’il sait, du moins s’il s’agit d’un crapaud mâle, c’est qu’il veut serrer quelque chose entre ses bras. Tendez-lui un bâton, ou même votre doigt : il s’y accrochera avec une force surprenante et mettra un long moment à découvrir qu’il ne s’agit pas d’une femelle crapaud. On rencontre fréquemment des amas informes de dix ou vingt crapauds roulant indéfiniment dans l’eau, agrippés les uns aux autres sans distinction de sexe. Puis, progressivement, ils se répartissent en couples, le mâle assis suivant l’usage sur le dos de la femelle. Vous pouvez désormais distinguer les mâles des femelles, car le mâle est plus petit, plus sombre, perché sur le dessus et ses bras enlacent fermement le cou de la femelle. Après un jour ou deux, la ponte est déposée en de longs cordons qui s’enroulent dans les roseaux et deviennent bientôt invisibles. Quelques semaines encore, et l’eau grouille d’une multitude de minuscules têtards qui grossissent rapidement. Puis ils déploient leurs pattes arrière, puis leurs pattes avant et perdent leur queue. Finalement, vers le milieu de l’été, la nouvelle génération de crapauds, plus petits que l’ongle de votre pouce mais parfaits dans le moindre détail, rampe hors de l’eau pour recommencer la partie.

Si j’évoque ici le frai des crapauds, c’est parce qu’il s’agit d’un des phénomènes printaniers auxquels je suis le plus profondément sensible. Et parce que le crapaud, contrairement à l’alouette et à la primevère, a rarement reçu la faveur des poètes. Mais je sais bien que beaucoup n’apprécient pas les reptiles ou les amphibiens, et je ne soutiens pas que pour savourer le printemps, vous devriez avoir un quelconque intérêt pour les crapauds. Il y a aussi le crocus, la grive, le coucou, le prunellier, etc. L’essentiel étant que les plaisirs du printemps s’offrent à tous et ne coûtent rien. Même dans la plus sordide des rues, l’arrivée du printemps se manifestera d’une façon ou d’une autre, qu’il s’agisse seulement d’un ciel bleu plus clair entre les conduits de cheminée ou du vert éclatant d’un sureau qui bourgeonne sur un site bombardé. Il est en effet remarquable de voir comme la Nature persiste telle quelle, de manière officieuse, dans le cœur profond de Londres. J’ai vu un faucon crécerelle survoler l’usine à gaz Deptford et j’ai entendu une performance de premier ordre chantée par un merle sur Euston Road. Il doit bien y avoir des centaines de milliers, sinon des millions d’oiseaux vivant dans un rayon de six kilomètres, et qu’aucun d’eux ne paie un sou de loyer est une pensée plutôt agréable.

Quant au printemps, même les rues étroites et lugubres autour de la Banque d’Angleterre ne semblent tout à fait en mesure de le chasser. Il s’infiltre partout, comme l’un de ces nouveaux gaz toxiques qui traversent tous les filtres. Le printemps est communément appelé un « miracle » et, pendant les cinq ou six dernières années, cette dénomination éculée a repris tout son sens. À la suite du genre d’hiver que nous avons dû subir récemment, le printemps semble tout à fait miraculeux, tant il était devenu de plus en plus difficile de croire qu’il reviendrait un jour. Chaque mois de février depuis 1940, je me suis pris à penser que cette fois l’hiver allait s’installer définitivement. Mais Perséphone, comme les crapauds, renaît toujours à peu près au même moment. Soudain, vers la fin mars, le miracle se produit et le taudis en décomposition où je vis se trouve transfiguré. Dans le square, les troènes couverts de suie ont viré au vert éclatant, le feuillage des châtaigniers s’épaissit, les jonquilles éclosent, les giroflées bourgeonnent, l’habit du policier semble tout à fait agréable avec ses nuances de bleu, le poissonnier accueille ses clients avec un sourire et même les moineaux ont une couleur tout à fait différente, puisqu’ils ont senti la douceur de l’air et retrouvent le courage de prendre un bain, leur premier depuis septembre.

Est-il indécent d’apprécier le printemps et autres changements de saison ? Plus précisément, alors que nous gémissons tous, ou du moins devrions-nous gémir, sous le joug du système capitaliste, est-il politiquement condamnable de rappeler que ce qui rend le plus souvent la vie digne d’être vécue, c’est le chant d’un merle, un orme jaunissant en octobre, ou tout autre phénomène naturel qui ne coûte rien, mais qui n’a pas ce que les journaux de gauche appellent un « point de vue de classe » ? Il ne fait aucun doute que beaucoup de gens pensent ainsi. Je sais d’expérience qu’une référence positive à la « Nature » dans un de mes articles m’attirera des lettres injurieuses, et bien que le mot clé habituel de ces lettres soit « sentimental », deux idées semblent s’y mêler. La première est que tout le plaisir pris dans le processus même de la vie encourage une sorte de quiétisme politique. Les gens, a-t-on coutume de croire, devraient être mécontents, et il est de notre devoir de multiplier nos besoins et non de simplement accroître le plaisir que nous tirons de ce dont nous disposons déjà. L’autre idée est que nous nous trouvons à l’âge des machines et que ne pas aimer la machine, ou même vouloir limiter sa domination, est une attitude rétrograde, réactionnaire et légèrement ridicule. Ce point de vue est souvent défendu en affirmant que l’amour de la Nature est une faiblesse de citadins, qui n’ont aucune idée de ce à quoi ressemble réellement la Nature. Ceux qui ont vraiment affaire à la terre, croit-on, n’aiment pas la terre et n’ont pas le moindre intérêt pour les oiseaux ou les fleurs, si ce n’est dans une perspective strictement utilitaire. Pour aimer la campagne, il faut vivre à la ville en s’offrant simplement, à l’occasion, un week-end en balade à la belle saison.

Cette dernière idée est manifestement fausse. En atteste par exemple la littérature médiévale, ballades populaires comprises, qui regorge d’un enthousiasme presque géorgien pour la nature. L’art des peuples agricoles, également, tels que les peuples chinois ou japonais, tourne toujours autour des arbres, des oiseaux, des fleurs, des rivières, des montagnes. L’autre idée, quant à elle, me semble fausse d’une manière plus subtile. Certes, nous devons être mécontents, et ne pas nous satisfaire du moindre mal. Et pourtant, si nous étouffons tout le plaisir que nous procure le processus même de la vie, quel type d’avenir nous préparons-nous ? Si un homme ne peut prendre plaisir au retour du printemps, pourquoi devrait-il être heureux dans une Utopie qui circonscrit le travail ? Que fera-t-il du temps de loisir que lui accordera la machine ? J’ai toujours soupçonné que si nos problèmes économiques et politiques se trouvent un jour résolus pour de bon, la vie sera alors devenue plus simple et non plus complexe. Et que le genre de plaisir que l’on prend à trouver la première primevère dépasserait de loin celui de manger une glace au son d’un juke-box. Je pense qu’en préservant son amour d’enfance pour des choses telles que les arbres, les poissons, les papillons et – pour revenir à mon premier exemple – les crapauds, un individu rend un peu plus probable un avenir pacifique et décent, et qu’en prêchant la doctrine suivant laquelle rien ne mérite d’être admiré sinon l’acier et le béton, il rend simplement un peu plus certain que les humains n’auront d’autre débouché à leur trop-plein d’énergie que dans la haine et le culte du chef.

Quoi qu’il en soit, le printemps est là, même au centre de Londres, et ils ne peuvent vous empêcher d’en jouir. Voilà bien une réflexion satisfaisante. Combien de fois suis-je resté à regarder l’accouplement des crapauds, ou deux lièvres se livrant à un combat de boxe dans les pousses de maïs, en pensant à tous ces personnages haut placés qui m’empêcheraient d’en profiter s’ils le pouvaient. Mais heureusement, ils en sont incapables. Tant que vous n’êtes pas vraiment malades, affamés, terrorisés, emmurés dans une prison ou dans un camp de vacances, le printemps demeure le printemps. Les bombes atomiques s’amassent dans les usines, les policiers rôdent à travers les villes, les haut-parleurs déversent des flots de mensonges, mais la Terre tourne encore autour du Soleil. Et ni les dictateurs ni les bureaucrates, bien qu’ils désapprouvent profondément cela, n’ont aucun pouvoir d’y mettre un terme.

Source : Les amis de Bartleby, 12-04-1946

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Grub // 29.08.2017 à 02h18

Je me reconnais tout à fait dans ce texte. Je confirme que lorsque l’on a décidé de ne plus travailler on apprécie les choses simples et on a du plaisir à la contemplation.

32 réactions et commentaires

  • Grub // 29.08.2017 à 02h18

    Je me reconnais tout à fait dans ce texte. Je confirme que lorsque l’on a décidé de ne plus travailler on apprécie les choses simples et on a du plaisir à la contemplation.

      +52

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  • Michel Oscar // 29.08.2017 à 02h48

    Quel texte inspirant, incisif, drôle et drôlement intelligent ! Quelle ode à la Nature ! Merci de nous l’avoir partagé !

      +36

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    • harpokrat // 29.08.2017 à 14h28

      Tout à fait. En écho à ce message d’espoir, un contrepoint trop contemporain et trop humain…

      Où l’on constate avec un mélange de désabusement et de colère que dans l’indifférence presque complète des populations concernées (des rivages), la mafia étatique alliée aux mafias locales mènent une guerre silencieuse contre les peuples de la planète et la Nature dans toute sa richesse et toute sa globalité, brisant parfois des équilibres millénaires au seul nom du profit à court terme et de la cupidité d’une fausse élite qui a pignon sur rue.

      Si nous ne nous débarrassons pas assez rapidement de toute cette racaille (de manière expéditive et systématique j’entends. Et tous qui seront un frein à cette politique radicale seront comptables de leurs actes…- renseignement notamment…) ce sont eux qui auront notre peau !

      https://m.youtube.com/watch?v=I0RimZZIBJc

        +10

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  • Canal de Provence // 29.08.2017 à 03h22

    Pour que nos enfants et petits-enfants en profitent aussi, espérons que nous saurons trouver la solution au réchauffement climatique, avant qu’il ne soit trop tard.

      +12

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  • J // 29.08.2017 à 04h49

    “Rarement reçu la faveur des poètes” ? Au moins Victor Hugo :

    Le crapaud, sans effroi, sans honte, sans colère,
    Doux, regardait la grande auréole solaire ;
    Peut-être le maudit se sentait-il béni,
    Pas de bête qui n’ait un reflet d’infini…

    “Georgien”, je suppose qu’il faut lire “Georgique”, référence à Virgile.

      +26

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  • Stella2b // 29.08.2017 à 06h22

    Décidément Orwell ne lasse d’attirer l’admiration tant ses écrits sont universels et intemporels.
    Comme le dit un dicton chinois vieux de 3000 ans: ” l’échine des petits sert d’échelle aux grands “,
    quand on regarde l’histoire, on se demande ce qui pourrait faire changer les choses, à tout le moins tant que trop de petits voteront dans le sens de l’intérêt des riches.
    De ce fait, les plaisirs simples et naturels tels que les décrit Orwell dans cet article sont vraiment la seule source authentique d’un bonheur à la portée de chacun, pour peu qu’il en ait l’envie.
    Pierre Rabhi nomme cela ” la sobriété heureuse “, malheureusement, au vu du manque total de volonté politique pour empêcher la catastrophe écologique qui semble de plus en plus inéluctable, peut-être que même ce modeste plaisir finira par disparaître. A chacun de nous de faire en sorte, par notre comportement, de permettre à la vie de continuer son inlassable recommencement.

      +29

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  • Catalina // 29.08.2017 à 08h24

    Ce texte me rappelle un livre de Romain Gary où il parlait d’un hanneton qu’un prisonnier observait à travers le grillage de sa prison, expliquant que cela lui avait permis d’encaisser les souffrances. Il s’était pris à s’identifier à ce hanneton, libre, et pensait que personne ne pouvait lui enlever ses pensées de liberté.

      +15

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    • Leila // 29.08.2017 à 11h41

      Cela me rappelle ” Le journal d’Anne Frank “. Le contexte, ses amours, sa vie d’ado…la vie malgré tout !

        +1

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  • Gérard de Nerval // 29.08.2017 à 08h51

    désolé, mais regarder pousser l’herbe c’est pas mon truc, je préfère regarder passer les gros camions .Et puis dés que je m’éloigne de la grise ville avec mon vieux diesel pour traverser la campagne verdâtre, je me sens obligé de m’arrêter sur le bas côté, descendre de la voiture moteur allumé et me mettre à quatre pattes au niveau du pot d’échappement pour respirer à plein poumons l’odeur de la ville.

      +10

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    • Mr K. // 29.08.2017 à 09h00

      “Je hais la campagne, les oiseaux gueulent et les fleurs puent…”

      Raymond Queneau

        +7

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      • RGT // 30.08.2017 à 12h19

        Dans la même lignée :

        Il n’y a rien de plus dégueulasse que la mer (les lacs et les rivières) :
        Les poissons (et les crapauds aussi) [baisent / chient / pissent] dedans (pardon modération).

        Heureusement l’homme grâce à la Sainte Pollution a remis un peu d’ordre dans cette ignominie.

        C’est beau la civilisation !!!

          +2

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    • Kesse // 29.08.2017 à 09h13

      Oui, et vous préférez utiliser un bon vieux sextoy muni d’une connection avec votre smartphone pour télécharger de nouveaux algorithmes de stimulations plutôt que de vous essayer à rencontrer la moiteur étrangère d’un autre être humain.

      Les blagues les plus courtes sont les meilleures, la votre semblaient éculées dans les années 80.

      Cela dit, il y a de nombreuses personnes que la nature inquiète … je les plains. Ils se retrouvent obligés d’encenser les embouteillages, le métro et l’architecture déshumanisante des nouveaux quartiers parisiens.

        +17

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    • TuYolPol // 31.08.2017 à 17h30

      Un petit Buffet froid ? Tu parles d’une cure ! Avec tous ces oiseaux à la con il trouve ça calme !

        +3

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  • Mr K. // 29.08.2017 à 08h56

    Superbe, quel beau texte.

    Les traducteurs y ont certainement leur part. Le succès d’Edgar Poe en France a été pour une part attribué à Baudelaire.

      +14

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  • Duracuir // 29.08.2017 à 09h24

    C’est marrant, je n’avais jamais remarqué à tel point le style de D. Orlov était le même que celui des chroniques d’Orwell.
    Finesse, humour, à ceux qui ne connaissent pas, je recommande la lecture de celui-ci.

      +12

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  • Nerouiev // 29.08.2017 à 09h40

    Dans la continuité de ce texte, une reprise d’un vieux chant scout “Les crapauds” par Alain Souchon :

    https://www.youtube.com/watch?v=PGTPuKvMS4s

      +4

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  • Louis Robert // 29.08.2017 à 10h18

    Je suis heureux d’annoncer au monde entier que je viens d’élargir mon champ de réflexion. Non seulement j’approuve la vision développée ici, je sais et j’avoue la partager entièrement depuis ma petite enfance. Ma responsabilité s’étend donc fièrement aux propos tenus ici par George Orwell.

    Matin gris de mars
    Vague parfum d’eau — Jonquilles!
    Au marché d’Oxford

      +7

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  • Dubreuil // 29.08.2017 à 10h28

    malheureusement tous les crapauds meurent … victimes de la pollution.
    Et bientôt il faudra admirer le bal des abeilles électroniques fécondant les fleurs des plantes désirées de façon sélective et efficace.

    Vive le printemps. Et les colchiques dans le fin de l’été.

      +8

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  • Ardéchoix // 29.08.2017 à 10h46

    Très beau texte, merci OB
    Hier j’étais assis dans la nature et j’écoutais le son de sa vie, avec en bruit de fond l’énergie pétrolière de la vallée du Rhône.
    La contemplation devrait être une matière à enseigner dés notre plus tendre enfance, parce que de vous à moi, la vie des rois où plus présent de nous, la journée de Macron en H24 sur bfm ça m’en touche une, sans faire bouger l’autre. Alors un truc sympa a faire aussi, c’est lever les yeux et regarder le ciel, et s’arracher de notre bonne terre. Et apprendre à flotter, à ce propos un petit Viognier de nos coteaux s’y prête très bien .
    ( L’abus d’alcool est dangereux pour la santé, une trop grosse consommation ne permet plus de flotter, mais de tomber.)

      +9

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  • Dorian // 29.08.2017 à 12h34

    Marcel Proust, Contre Sainte-Beuve, éd. Fallois, Folio essai, 1954, p. 73 :« Parfois l’odeur fétide d’une automobile […] entrait dans ma chambre tout simplement comme la plus enivrante des odeurs de la campagne en été, celle qui résumait sa beauté et la joie aussi de la parcourir toute, d’approcher d’un but désiré. L’odeur même de l’aubépine ne m’eût apporté l’évocation que d’un bonheur en quelque sorte immobile et limité, celui qui est attaché à cette haie. Cette délicieuse odeur de pétrole, couleur du ciel et du soleil, c’était toute l’immensité de la campagne, la joie de partir, d’aller loin entre les bleuets, les coquelicots et les trèfles violets, et de savoir que l’on arrivera au lieu désiré, où notre amie nous attend. »
    p. 75 : « ….l’odeur de l’automobile en passant m’a rendu tous ces plaisirs et m’a invité à de nouveaux, c’est une odeur d’été, de puissance de liberté, de nature et d’amour. »

    Comme on sait, son amant, c’était son chauffeur…

      +4

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  • Suzanne // 29.08.2017 à 14h26

    Sans Jean-Pierre Corbel? Snif…

    (zut, message trop court, mais le coeur y est)

      +0

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  • Marie Elmo // 29.08.2017 à 17h30

    Ce texte me fait penser au roman d’Orwell “Un peu d’air frais”, sorti en 1939. Un chapitre raconte la découverte merveilleuse d’un plan d’eau poissonneux, caché au milieu des bois : enchanté, le héros se jure d’y retourner pêcher un jour. Le titre du roman était très ironique, tandis que ces crapauds-là apportent pour le coup vraiment un peu d’air frais!

      +3

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  • STOP // 29.08.2017 à 17h55

    Et que dire des Cigales qui patientent sept ans sous terre pour ne chanter qu’un été ?
    La fourmi ne saurait mieux faire, tant elle est pressée !
    Par les temps frauduleux qui courent, mieux vaut rester plus longtemps à l’ombre qu’au soleil…
    Ne donnons pas de leçons d’amour avant la mort, dame nature s’en charge mieux que nous !

      +4

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  • MIZZGIR // 29.08.2017 à 18h16

    George Orwell était un visionnaire. Il a prévu en grande partie ce qui est en train de nous arriver.

    Concernant le crapaud en tant que tel, voici un poème de Maurice Rollinat, un poète injustement oublié (renseignez-vous, pour ceux que la poésie intéresse. Je vous promets, vous ne le regretterez pas. Son oeuvre intégrale est disponible en livre numérique) :

    http://short-edition.com/fr/classique/maurice-rollinat/le-crapaud

      +6

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  • Moh. // 29.08.2017 à 19h25

    Malgré le “Réchauffement climatique” et tous les complots, la nature poursuit son œuvre et les poètes aussi.
    Merci !

      +7

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  • RGT // 30.08.2017 à 12h43

    Tous les êtres vivants sont utiles et nécessaires dans la biosphère et l’homme a malheureusement bien trop tendance à l’oublier.

    Dans mon enfance je m’étais passionné pour les hannetons qui ont malheureusement presque totalement disparu, exterminés par les pesticides.
    J’étais fasciné par leurs thorax velus, leur abdomen noir avec leurs petits triangles blanc du côté de chaque écaille, et surtout par leurs antennes splendides.

    Tous les 4 ans, au printemps / début de l’été il y avait des quantités très importantes de ces coléoptères qui vrombissaient dans toute la ville (entraînant la fureur des dames lorsqu’ils venaient se poser dans leurs coiffures sophistiquées)…

    Désormais, les seuls vrombissements que nous entendons sont ceux des camions sur les rocades urbaines.

    J’aime aussi les frelons d’Europe, mais observés à distance. Ces insectes sont bel et bien avec les guêpes si mal aimées les meilleurs amis des jardiniers.
    si vous avez la chance d’avoir une colonie de ces insectes dans votre jardin, laissez-les tranquilles et vous n’aurez pas à disperser des insecticides coûteux et toxiques, ces hyménoptères se chargeront de faire le ménage.
    Contrairement aux idées reçues, les frelons et les guêpes ne sont pas agressifs, ils se contentent de se défendre si on les attaque ou si on s’approche de leur nid.

      +5

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    • RGT // 30.08.2017 à 13h02

      Les piqûres de guêpes et de frelons ne sont pas plus dangereuses que celles des abeilles, juste un peu plus douloureuses, sauf si vous êtes allergiques (mais l’insecte n’y est pour rien).

      Si vous avez un nid de guêpes ou de frelons dans un endroit “gênant”, protégez-vous (tenue d’apiculteur) et contentez-vous de les déranger et surtout de mettre le nid en pleine lumière (ils détestent que le nid soit à la lumière et déménageront rapidement).
      Une fois partis (tous seuls) contentez-vous simplement d’empêcher leur retour avec une moustiquaire (métallique de préférence).
      Soyez prudents car ils identifieront l’odeur de l’homme et tant qu’ils sont “énervés” il vaut mieux éviter tout risque, mais c’est normal, ils se défendent.

      Par contre, avec les frelons asiatiques (pas la même couleur et très dangereux pour l’homme) il ne faut pas faire preuve de compassion, ce sont des insectes invasifs qui n’ont RIEN À FAIRE en Europe et qui font des ravages, particulièrement dans les colonies d’abeilles.

        +4

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  • Django // 30.08.2017 à 20h05

    Superbe texte et traduction, très rare de nos jours.

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  • sassy2 // 30.08.2017 à 20h58

    Cela n’a l’air d’avoir aucun rapport mais c’est un crapaud précisément ordinaire qui a contribué à mettre trump dans son fauteuil,
    car permettant de contourner n’importe quelle censure en toute légalité sur twitter:

    https://www.amazon.com/Magic-Secrets-Revealed-Baked-Alaska/dp/0692878610/ref=asap_bc?ie=UTF8

    (viré de buzzfeed , des centaines de journalistes des milliers de censeurs sont payés pour être à leur trousse et ne peuvent rien faire
    ci contre joe berstein top exec de buzzfeed il y a 3heures
    https://twitter.com/Bernstein/status/902919116410978306 )

    je pense que le lien avec Hades , Perséphone Proserpine a beaucoup joué aussi, comme décris dans le texte
    le crapaud est dans Grimm, Disney

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Roi_Grenouille_ou_Henri_de_Fer

    “Apparemment, il figure d’abord dans des traductions du conte en anglais, influencées par celle d’Edgar Taylor en 1823, dans laquelle la grenouille partage le lit de la princesse trois nuits durant avant d’être métamorphosée. Cette version se base en fait sur une variante de l’histoire rapportée par les frères Grimm eux-mêmes dans leurs notes au sujet du Roi Grenouille1.”

    ” la grenouille partage le lit de la princesse>> trois nuits durant<< avant d'être métamorphosée"
    On peut donc se demander si le crapaud ou la grenouille n'est pas le sexe masculin 😉

      +1

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  • sassy2 // 30.08.2017 à 20h58

    Quoiqu’il en soit, comme dit dans le texte, les lois de la nature reprennent automatiquement leurs droits sur le Dr Folamour = La fed = les politicards
    “Il explique alors une solution possible pour sauver l’espèce humaine : ne sélectionner que les meilleurs éléments pour les emmener survivre sous terre, réprimant un salut nazi lorsqu’il donne ses explications.”

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  • Betty // 05.09.2017 à 13h07

    “Les bombes atomiques s’amassent dans les usines, les policiers rôdent à travers les villes, les haut-parleurs déversent des flots de mensonges,…
    … mais la Terre tourne encore autour du Soleil.” Il paraît que cela est faux….”Elle ne tourne pas autour du Soleil ! Elle va toujours tout droit. La gravité engendrée par la masse du soleil modifie l’espace autour, elle la courbe. L’espace est courbé autour du soleil. Ce qui fait que la terre va toujours tout droit mais dans un espace courbe ! ”
    https://www.echosciences-grenoble.fr/communautes/le-magazine-des-sciences-de-rcf-isere/articles/la-terre-ne-tourne-pas-autour-du-soleil

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