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23.février.201923.2.2019 // Les Crises

[2009] Lettre ouverte à Alain Finkielkraut, par Alain Badiou

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Source : Le Nouvel Obs, Alain Badiou, 18-02-2019

A la fin 2009, le philosophe Alain Badiou avait accepté pour la première fois de débattre avec Alain Finkielkraut. Un dialogue publié dans “l’Obs”, et qui fut à l’origine d’un livre paru l’année suivante: «l’Explication. Conversation avec Aude Lancelin» (éditions Lignes, 2010). Aujourd’hui il refuse ses invitations et s’en explique dans un courrier rendu public.

Lors des discussions, publiques et publiées, que nous avons eues naguère, je vous avais mis en garde contre le glissement progressif de votre position, et singulièrement de votre crispation identitaire, que je savais être à l’époque sans doute déjà très réactive, mais que je considérais comme loyale et sincère, du côté d’un discours qui deviendrait indiscernable de celui des extrêmes-droite de toujours.

C’est évidemment le pas que, malgré mes conseils éclairés, vous avez franchi avec le volume «l’Identité malheureuse» et le devenir central, dans votre pensée, du concept proprement néo-nazi d’Etat ethnique. Je n’en ai pas été trop surpris, puisque je vous avais averti de ce péril intérieur, mais, croyez-le, j’en ai été chagrin: je pense toujours en effet que n’importe qui, et donc vous aussi, a la capacité de changer, et – soyons un moment platoniciens – de se tourner vers le Bien.

Mais vous vous êtes irrésistiblement tourné vers le Mal de notre époque: ne savoir opposer à l’universalité, abstraite et abjecte, du marché mondial capitaliste, que le culte, mortifère dès qu’il prétend avoir une valeur politique quelconque, des identités nationales, voire, dans votre cas, «ethniques», ce qui est pire.

J’ajoute que votre instrumentation sur ce point de «la question juive» est la forme contemporaine de ce qui conduira les Juifs d’Europe au désastre, si du moins ceux qui, heureusement, résistent en nombre à cette tendance réactive ne parviennent pas à l’enrayer. Je veux dire, la bascule du rôle extraordinaire des Juifs dans toutes les formes de l’universalisme (scientifique, politique, artistique, philosophique…) du côté du culte barbare et sans issue autre que meurtrière d’un Etat colonial. Je vous le dis, comme à tous ceux qui participent à ce culte: c’est vous qui, aujourd’hui, par cette brutale métamorphose d’un sujet-support glorieux de l’universalisme en fétichisme nationaliste, organisez, prenant le honteux relais de l’antisémitisme racialiste, une catastrophe identitaire sinistre.

Dans le groupe des intellectuels qui vous accompagnent dans cette vilenie anti-juive, on me traite volontiers d’antisémite. Mais je ne fais que tenir et transformer positivement l’universalisme hérité non seulement d’une immense pléiade de penseurs et de créateurs juifs, mais de centaines de milliers de militants communistes juifs venus des milieux ouvriers et populaires. Et si dénoncer le nationalisme et le colonialisme d’un pays déterminé est «antisémite» quand il s’agit d’Israël, quel nom lui donner quand il s’agit, par exemple, de la France, dont j’ai critiqué bien plus radicalement et continûment, y compris aujourd’hui, les politiques, tant coloniales que réactionnaires, que je ne l’ai fait s’agissant de l’Etat d’Israël ? Direz-vous alors, comme faisaient les colons en Algérie dans les années cinquante, que je suis «l’anti-France» ? Il est vrai que vous semblez apprécier le charme des colons, dès qu’ils sont israéliens.

Vous vous êtes mis vous-même dans une trappe obscure, une sorte d’anti-universalisme borné et dépourvu de tout avenir autre qu’archi-réactionnaire. Et je crois deviner (je me trompe ?) que vous commencez à comprendre que là où vous êtes, ça sent le moisi, et pire encore. Je me dis que si vous tenez tant à ce que je vienne à l’anniversaire de votre émission (à laquelle j’ai participé quatre fois, du temps où vous étiez encore fréquentable, quoique déjà avec quelques précautions), ou que je participe encore à ladite émission, c’est que cela pourrait vous décoller un peu de votre trou. «Si Badiou, le philosophe platonicien et communiste de service, accepte de venir me voir dans la trappe où je suis» – pensez-vous peut-être – «cela me donnera un peu d’air au regard de ceux, dont le nombre grandit, qui m’accusent de coquetterie en direction du Front National.»

Voyez-vous, j’ai déjà été critiqué dans ce que vous imaginez être mon camp (une certaine «gauche radicale», qui n’est nullement mon camp, mais passons) pour avoir beaucoup trop dialogué avec vous. Je maintiens, sans hésitation, que j’avais raison de le faire. Mais je dois bien constater, tout simplement, que je n’en ai plus envie. Trop c’est trop, voyez-vous. Je vous abandonne dans votre trou, ou je vous laisse, si vous préférez, avec vos nouveaux «amis». Ceux qui ont fait le grand succès des pleurs que vous versez sur la fin des «Etats ethniques», qu’ils prennent désormais soin de vous. Mon espoir est que quand vous comprendrez qui ils sont, et où vous êtes, le bon sens, qui, si l’on en croit la philosophie classique, est le propre du sujet humain, vous reviendra.

Alain Badiou

Source : Le Nouvel Obs, Alain Badiou, 18-02-2019

 


 

J’aime Alain Finkielkraut pour les paradoxes qu’il ne surmontera pas

J’aime Alain Finkielkraut, d’autant plus que je l’ai perdu souvent. Et quand la lie d’une manifestation s’en est pris à lui, j’ai été inquiet. Qu’il aille bien suffirait à ma paix si nos débats ne gonflaient de l’infamie. L’injure faite à Alain Finkielkraut n’est pas simplement la peine d’un homme; elle est devenue, à peine commise, un prétexte politique.

Finkielkraut, destin singulier, aura donc incarné quelques dislocations du pays, par ses livres souvent, ses outrances, par la violence qu’il rencontre, par ce qu’il en fera lui-même, et ce que nous en ferons. Que construire du chaos ?

En deux tweets ciselés, Emmanuel Macron a, dès le samedi 16 février, sculpté la rencontre de la fange et d’un philosophe.

Apprécions d’abord. Le président ne se commet pas dans l’indignation banale, ni dans la récupération vulgaire; il ne fustige pas les «gilets jaunes», contrairement aux verbeux de son camp. Ses déplorations disent une vision du monde; elles sont une transcendance et un évitement –un faux de bonne volonté. Le mot «juif» manque à son tweet, quand il s’agit de définir Finkielkraut, et plus encore cet autre mot, «sioniste», qui lui fut envoyé comme une injure samedi, quand c’est –à Finkielkraut comme à moi– notre fierté, douloureuse, intime, malaisée.

Mais le président ne dit rien, non plus, des thèses de Finkielkraut, sur notre société, sa décadence et son identité menacée, thèses que beaucoup –j’en suis– réprouvent et qui ne ressemblent pas au doux philosophe.

Le piège du symbole

Un président ne peut pas dire la complexité des hommes. Il parle pour forger le pays. Ce président ne valide pas l’œuvre de l’insulté au prétexte de l’insulte. Il ne dira pas que la saleté d’un samedi atteste l’identité malheureuse de la France. Il veut guider son public et lui dire, précisément, quel sacré a été profané.

Il s’agit de statut, ici, et de symbole. D’un vocabulaire suranné, «homme de lettres éminent», et d’une narration édifiante, où l’immigration s’élève en devenant académicienne, Emmanuel Macron inscrit Alain Finkielkraut dans une belle histoire, où la France arracherait l’enfant d’étranger à ses limbes en lui confiant notre langue, et qu’on lui reproche ses origines nierait la nation. Le président est un orfèvre de l’éloge, mais il n’y suffit pas.

Si Finkielkraut montre «ce que la République permet à chacun», que prouvent alors ses agresseurs? Ils montrent, ces brutes, que la République a failli en éduquant son peuple et n’a empêché ni la haine, ni la bêtise. Son échec s’incarne quand illettrés, complotistes et braves gens fâchés manifestent, crient, cassent pour certains, agressent pour d’autres, et si laidement injurient. D’autres encore, l’oublie-t-on, sont blessés par la République, qui est parfois marâtre et crève les yeux des turbulents.

Si la République s’enorgueillit du méritant Finkielkraut, elle est aussi comptable des saletés et souffrances de ses contempteurs, qu’elle a permis de négligences, de mépris et d’abandon. Si la République est peinée qu’un homme de lettres éminent soit injurié, souffre-t-elle moins si un collégien à kippa ou un commis boucher casher rencontrent la haine?

À cette aune, Finkielkraut et Macron se ressemblent, petits-bourgeois ayant caressé les livres et s’en étant construits, et que des populaces exècrent.

Le symbole est un piège. Il y a, dans la rencontre du philosophe et de ses agresseurs, une opposition fascinante entre la délicatesse des lettres et la trivialité des mots. On ressent, chez Finkielkraut, cette bibliothèque qui honore son foyer et jamais ne le quitte, j’en suis persuadé, et qui nourrit ses pensées et jusqu’à ses impasses. Et en face s’exhibe un monde de l’injure, des violences sans livres, du cri haineux que rien n’apaise. L’instant «gilets jaunes», finalement, aura été cela: les cris d’une foule privée de culture contre des hommes des bibliothèques.

À cette aune, Finkielkraut et Macron se ressemblent, petits-bourgeois ayant caressé les livres et s’en étant construits, et que des populaces exècrent, qui reconnaissent l’ennemi. Ce cri connaît sa limite; les plus violents savent leur infériorité et en deviennent démunis, émouvants.

A-t-on remarqué, dans la vidéo de l’altercation, au milieu des injures, que le plus virulent des agresseurs de Finkielkraut –l’homme barbu sans moustache dont l’apparence, le keffieh et les références palestiniennes suggéraient l’islamo-gauchiste avant même que sa filiation islamiste soit confirmée par la police– parsemait sa diatribe d’excuses adressées aux témoins de la scène: «Je n’ai rien contre vous», «pardon», disait-il au milieu des ordures, puisqu’aussi bien, il n’en avait qu’après Finkielkraut.

Ces délicatesses de l’agresseur soulignent encore la violence de l’agression. Ce n’était pas un rustre qui crachait sa haine, mais un homme courtois, même si extrémiste, qui pensait faire son devoir en agonisant un «haineux», un «sioniste». Il pensait sincèrement, cet homme, faire œuvre pie en revendiquant la France pour les siens: «Elle est à nous, la France», criait-il en montrant son keffieh.

De nombreuses personnes y verront une volonté de conquête islamique, mais d’autres y devineront autre chose: la revanche sur un homme, Finkielkraut, qui interdirait le pays à ses enfants musulmans et contre lequel la colère serait juste. On sait quelles idées drolatiques passent par les têtes des malpolis.

Le chantre du rejet

Si Alain Finkielkraut est des livres, il n’est pas de la paix. Il a plus souvent qu’à son tour provoqué des colères, et en a usé aussi bien. Il n’est pas non plus des élites sociales, qui aujourd’hui font corps autour de lui, qui utilisent sa passion pour exécrer les «gueux». C’est sur des malentendus que les bourgeoisies le prennent. Il est, cet homme, l’otage de ses avanies.

Injurié au passage des «gilets jaunes», il fut il y a deux ans chassé des Nuits debout de la place de la République, où des ultra-gauches concoctaient leur utopie. Le voilà donc vomi par le lumpen et chassé par l’avant-garde révolutionnaire, souillé par les minorités de deux minorités. Des risibles, des moqués, des négligeables dont la bourgeoisie offusquée fait pourtant grand-peur et grand cas, commodes épouvantails, pourvoyeurs de frayeurs; en réalité, autant d’enfermés, les uns prisonnier d’un fatras de références radicales, les autres paniqués d’inculture.

Serait-il propre alors, par contraste, le Finkielkraut de la bibliothèque? Un décent, modéré, de bon sens, un Raymond Aron de nos déconstructions, cet homme qui honore de sa malice fatiguée les bien-pensants de l’identité nationale, les petits veilleurs du Figaro Vox, les inquiets de la civilisation? Doutons-en, pour lui-même et pour nous.

Finkielkraut n’est pas net. Sa langue est belle, mais sa pensée est sale, hirsute, impure et incommode, courageuse et insensée, parfois. Elle dérange en mots délicats, cela fait son prix et sa liberté, et aussi le prix de ses erreurs: pourquoi l’en tenir quitte?

Elle reflète aussi une biographie plus douloureuse qu’édifiante. Le président nous égare: Finkielkraut n’est que techniquement «fils d’émigrés polonais», tant la Pologne, pour nous juifs, ne fut guère une patrie.

Juif polonais né en France, juif de l’Est né en France quand l’Est nous chassa, juif enfant de rescapés de la haine et de la Shoah, juif du yiddish, juif d’un humour de dérision, juif et juif encore et qui sortit de sa zone de confort parce que juif, quand l’antisémitisme revint, bien avant les «gilets jaunes».

Il prit le risque de s’aliéner son milieu naturel, la gauche de pensée que le malheur juif indifférait, et devenu luftmensch idéologique, trouva refuge et admiration chez des opportunistes qui ne lui ressemblaient pas, trop heureux de ce juif hirsute et tourmenté qui composait des odes à l’identité française et se faisait l’avocat du «français de souche», qui mieux que lui, enfant d’immigré, était de ce pays.

Finkielkraut n’a changé que par son judaïsme. C’est son ferment instable, sa part de minorité qui fait de lui l’exalté de la nation.

La transmutation d’un heureux enfant de l’après-guerre et de Mai 68 en barbon nationaliste, ronchonnant sur la langue, l’école et les hiérarchies disparues, fustigeant tantôt une équipe de France de football «black-black-black», tantôt des banlieusards à l’accent incongru, tantôt les écoles où l’on persécute les bons élèves, est un mystère du temps.

Finkielkraut n’a changé que par son judaïsme. C’est son ferment instable, sa part de minorité qui fait de lui l’exalté de la nation. Il rompit avec la gauche, au fond de son cœur, quand elle se mit à réprouver Israël, cette espérance dont il était un spectateur lointain mais engagé. Il paracheva sa rupture quand, l’antisémitisme devenant brutal en France au début des années 2000, cette même gauche donna l’impression de n’en avoir rien à faire.

Il compléta sa transition quand il vit dans les jeunes gens de l’immigration arabo-musulmane, aimés des gauches, des menaces pour les juifs. Il donna corps à sa doctrine, théorisant que la haine du juif épousait la haine de la France: ses peuples et son pays avaient alors le même ennemi.

De cohérences en cohérences, Alain devint ce que l’on connaît: de tant d’amour blessé, le chantre du rejet et le contempteur de la modernité. Il a forgé doctrine du regret du monde d’avant qui le rendait heureux, ce monde où la littérature émancipait les enfants français de juifs polonais, ce monde où le pays des kibboutzim et des femmes de Tsahal nous vengeaient des années obscures, ce monde de cohérences mariées, désormais disloquées. Adulte, il n’a plus vu d’espérances, mais des forteresses à défendre, des défaites à retarder.

Et il a combattu alors, sur les fronts de l’école, sur la défense des juifs, sur l’honneur du sionisme, sur la France accusée; il a combattu le dos au mur et parfois jusqu’à l’absurde, mais des juifs déboussolés par l’antisémitisme et des français en mal de nation –ce peut être les mêmes– l’en aimèrent. Plus encore, il devint le guide des égarés contemporains, un Maïmonideaussi perdu que ses disciples, mais témoin d’une même peur. Il fut l’oracle des malheurs conjugués, lui qui aimait rire, et qui riait aussi de lui. Je m’en désole souvent.

L’ironie de l’anecdote

J’enrage que ce soit lui, l’enfant du yiddish, qui valide la détestation odieuse des minorités, servant la soupe doctrinale à cette France qui jadis n’aurait pas reçu un Finkielkraut en ses châteaux. J’enrage que ce soit lui, l’enfant de la communale, le chantre de la culture qui seule émancipe, qui se décrète inférieur en parts de France au «Français qu’on n’ose plus dire de souche» –le mot est de lui–, comme si les bonnes notes et les bibliothèques chéries ne valaient pas la glaise. Alain, toi? Parfois, j’en souris –que faire d’autre?

J’aime Alain Finkielkraut pour l’ironie qui s’attache à ses drames. Il fit irruption dans le débat public par un beau livre, il y a trente-neuf ans, en actant de mots la fin d’une illusion juive, d’être un peuple maudit sur Terre, quand en réalité la modernité nous ouvrait les bras. Voilà désormais notre «Juif imaginaire» devenu la preuve du martyre de notre peuple, le pendant vivant de Simone Veil au doux sourire que des salauds ont maculé.

Dans ses croisades contre les gauches, il défendit le peuple de France contre les moralistes des villes qui le taxaient de fascisme et de racisme quand il votait Front National. Il eut, Alain, je dis Alain, de belles phrases contre les hypocrisies de ces nantis qui profitaient des avantages des sociétés ouvertes, prospéraient en libéralisme et se donnaient le luxe, en plus, de se trouver plus moraux, plus estimables, internationalistes et ouverts que la plèbe abandonnée.

Il avait encore ce scrupule –ne jamais être du côté des bourgeois offusqués– à l’entame des «gilets jaunes». Il voulait défendre «Limoges, mais aussi Villeneuve-sur-Lot, Dieppe, Issoudun ou Paimpol» contre celles et ceux qui n’ont d’yeux «que pour les villes-mondes et les migrants»; il voulait défendre les «déplorables» qui faisaient des ronds-points les places des villages.

Le voici victime de cette plèbe qu’il voulait que l’on épargne, et ce qui lui est arrivé est l’aubaine des tenants de l’ordre, qui veulent en finir avec la crise, la fronde, la grogne, les mécontents, les mal embouchés –et le voilà, Alain, je dis toujours Alain, caution du pouvoir et des bien peignés.

En souffre-t-il? Il s’était éloigné entre-temps des «gilets jaunes», prophète déçu par ce peuple-messie qui s’était corrompu dans le bruit, la gloire télévisée, le complotisme et l’antisémitisme; il l’avait ressenti. Son éloignement était dicté par ce qu’il reste, disciple de Péguy, amant du retrait forcé à la lumière, juif inquiet jusqu’à se perdre.

Il y avait, dans les yeux d’Alain, une joie moins nette de ne pas être injurié par la plèbe gauloise, mais par un autre lumpen.

Où en est-il aujourd’hui, le philosophe insulté? Se voit-il en totem des possédants, l’éminent académicien? S’acceptera-t-il en icône de l’ordre, lui qui succéda sous la Coupole à un antisémite d’occasion, lui dont on ignore s’il fut choisi comme une caution, ou bien pour ses étrangetés?

J’aime Alain Finkielkraut pour les paradoxes qu’il ne surmontera pas. Je déteste les cohérences qui vont l’habiter, comme j’aime le regard triste et malicieux qu’il posait sur ses insulteurs. Les entendant, il savait que cela était juste, que l’adversaire ne se trompait pas, qui en lui détestait le juif debout, le juif assumé, le juif sorti du rang. «Retourne à Tel-Aviv»: comment ne pas porter fièrement, à Paris, cette injure –même si, en disciple de Levinas, on rêve à la prude Jérusalem?

Il avait en face de lui des islamistes qui prétendaient lui prendre sa France, c’était donc vrai. Il y avait, dans les yeux d’Alain, pourquoi dis-je Alain, une étincelle émouvante et en même temps une joie moins nette de ne pas être injurié par la plèbe gauloise, mais par un autre lumpen, dont il avait si souvent décrit la monstruosité. Non pas les «gilets jaunes», la belle affaire, mais l’anti-France, l’anti-juif, le djihad des voyous.

Est-ce qu’il a, dans sa peur, senti que l’anecdote serait un triomphe? Au lendemain de l’injure, on frémissait, dans une France devenue celle d’Alain Finkielkraut, d’avoir de l’islamisme à se donner en pâture. Et la veille d’un grand rassemblement contre l’antisémitisme, Alain lui-même avertissait sa France, dans son Figaro, qu’il ne faudrait pas ressusciter à tort le vieil antifascisme, mais désigner le bon ennemi.

Le lisant, je le compris reparti en guerre. Et le lisant, je me dis qu’il allait bien, et je me préparais à me désoler de sa vigueur renaissante. C’est mon habitude, m’enferme-t-elle aussi ?

Source : Slate, Claude Askolovitch, 18-02-2019

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Commentaire recommandé

Aquitanis // 23.02.2019 à 08h40

Quelle justesse de ton , cette lettre de Badiou !
Et dire que cet homme ( Finky ), a une grande tribune tous les samedis sur France Culture !
Je suis contre la violence quelqu’elle soit, mais parfois tu peux comprendre que certains pétent un câble.

43 réactions et commentaires

  • Aquitanis // 23.02.2019 à 08h40

    Quelle justesse de ton , cette lettre de Badiou !
    Et dire que cet homme ( Finky ), a une grande tribune tous les samedis sur France Culture !
    Je suis contre la violence quelqu’elle soit, mais parfois tu peux comprendre que certains pétent un câble.

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    • Fritz // 23.02.2019 à 10h17

      Je comprends le Gilet jaune qui a pété un câble samedi dernier. Je regrette seulement la virulence de ses insultes devant un vieux monsieur courtois qui avait soutenu les Gilets jaunes au commencement du mouvement. Par ses insultes, il a donné des arguments aux inquisiteurs.

      Je comprends moins bien un Badiou qui s’est à peine excusé pour son soutien aux Khmers rouges en 1979, également soutenus par Pékin et Washington contre l’offensive vietnamienne.

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      • brams // 25.02.2019 à 00h03

        finkelkraute a flirté lui aussi avec le maoisme tout comme beaucoup de soixantehuitards.

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      • Silk // 27.02.2019 à 03h38

        Comme tant d’autres il a soutenu les gilets jaunes quand ceux ci se limitaient à des revendications poujadistes qu’on pouvait résumer à « nous sommes trop taxés, la France est champion du monde des taxes ». A ce moment même Wauquiez soutenait les gilets jaunes.
        Mais comme tant d’autres relevant d’une droite réactionnaires, il s’en est détourné dès lors que les revendications ont évolué vers une justice fiscale, l’essence même d’une justice sociale.
        Clairement quand les revendications ont mis en cause la répartition des richesses et la répartition des impôts, c’est à dire demandant que les riches contribuent plus à la solidarité nationale et demandant que les classes moyennes arrêtent d’être ciblées et que les pauvres soient aidés comme la solidarité nationale revendiquée le devrait. Et demandant que l’ISF soit rétabli, que le CICE soit uniquement à destination des PME et TPE, et que le dispositif soit assujetti à des contreparties.
        Dès lors la droite, et plus particulièrement celle réactionnaire et poujadiste s’est détournée et s’est mise à cracher sur les gilets jaunes.
        L’exemple parfait est Éric Brunet qui avait enfilé un gilet jaune à l’antenne avant de déclarer qu’il ne comprenait plus ces gueux qui avaient évolué vers une demande de justice fiscale et demandaient une juste répartition dans la contribution à la solidarité nationale.
        Un jour il faudrait que quelqu’un analyse les retournements de positon de ceux qui soutenaient le mouvement avant de cracher dessus, et mettre en parallèle l’évolution des revendications des gilets jaunes avec l’évolution du soutien de cette droite qui elle est clairement poujadiste.

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    • Pluton // 23.02.2019 à 13h48

      Bravo Mr Badiou pour la très bonne analyse du danger nationaliste face à l’universalisme.
      Je méprise le consumérisme capitaliste qui détourne le sens des mots liberté et démocratie mais les droits humains, souvent critiqués par Finky, doivent être défendus sans réserve.
      Merci !
      Laissons son émission à Finky car, à travers elle, nous pensons mieux le danger.

        +2

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  • Jessim // 23.02.2019 à 08h41

    “Il donna corps à sa doctrine, théorisant que la haine du juif épousait la haine de la France: ses peuples et son pays avaient alors le même ennemi.”

    Claude Askolovitch résume en une phrase la stratégie d’Alain Finkielkraut (AF pour faire simple). Il se permet donc de prendre la parole au nom des “blancs” pour stigmatiser les “non blancs”.
    Pourtant n’est-ce pas AF qui disait ” Je suis né à Paris et suis le fils d’immigrants polonais… Mon père est rentré d’Auschwitz en France, ce pays mérite notre haine. Ce qu’il a fait à mes parents était beaucoup plus brutal que ce qu’il a fait aux Africains”

    AF déteste ouvertement la France mais il se fait le défenseur de cette France blanche qu’il prétend aimer… Cette homme n’est pas à une contradiction près.

    Là j’en viens à ma critique de fonds, AF est présenté comme un philosophe mais un philosophe développe des concepts, il se pose des questions qui en général interroge la société et développe de manière conceptuel une réponse adapté.
    Or AF ne développe pas de concept il ne fait que les reprendre, auparavant quand il était parrain de SOS Racisme, il épousait les thèses universalistes d’illustres penseurs juifs d’obédience plutôt communiste.

    Puis il a basculé vers le nationalisme mais il n’est pas allé cherché bien loin ses thèses, il n’a fait que reprendre ceux de Jean Marie Le Pen. En 2 mot cet homme est une “escroquerie intellectuelle”.

      +33

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    • Arnaud // 23.02.2019 à 14h31

      Escroquerie intellectuelle ! À l’image de BHL…
      Un as dans ce domaine : Radio-France n’y a vu que du feu depuis des décennies.

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    • Sandrine // 24.02.2019 à 16h25

      Votre citation de AF qui commence par « Je suis né à Paris (…) » me parait tronquée, pourriez-vous nous en donner les références ?

        +0

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      • Jessim // 25.02.2019 à 06h54

        Hareetz : magazine du 18 novembre 2005, il s’agit d’un quotidien israélien.

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        • Sandrine // 25.02.2019 à 07h46

          Pouvez-vous me donner le lien, il semble qu’il manque une une partie (qui est cruciale car elle change complètement le sens de la citation qui n’aurait plus du tout celui que vous voulez lui donner)

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  • Anabase // 23.02.2019 à 08h57

    J’apprécie en général Badiou, mais là, je n’ai pas pu aller plus loin que cela : “concept proprement néo-nazi d’Etat ethnique. ” apparemment Badiou n’a jamais entendu parler du Japon et de ce que veut dire “être japonais” pour un Japonais. il s’agit bien d’une notion ethnique de l’état-nation , c’est ancien et n’a rien à voir avec le nazisme, fut-il “néo”. Une ignorance pareille, couplée avec un regrettable réflexe ” Godwin” n’est pas acceptable de sa part.
    Dommage

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    • Anabase // 23.02.2019 à 09h08

      Par contre celui d’Askolovitch est brillant: tout en nuance sur le naufrage idéologique d’Alain F, qui ne fut pas toujours celui qu’il est aujourd’hui.

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  • Fritz // 23.02.2019 à 09h13

    Finkielkraut est l’un des rares intellectuels à avoir exprimé sa sympathie pour les Gilets jaunes au début du mouvement. Je me souviens aussi qu’il avait pris parti pour les Croates dès le début des guerres yougoslaves, au point de nier l’exode forcé des Serbes de Krajina en août 1995.

    Finkielkraut mérite bien des reproches, mais je le préfère à M. Askolovitch qui écrit : « L’instant “gilets jaunes”, finalement, aura été cela : les cris d’une foule privée de culture contre des hommes des bibliothèques. ». Oui, Limoges, Villeneuve-sur-Lot, Issoudun, Paimpol, ça existe et ça souffre.

    Quant à M. Badiou, ce dinosaure qui n’a pas toujours tort, je regrette : il a trop de cadavres dans son placard.

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    • moshedayan // 23.02.2019 à 19h44

      J’ai lu Badiou et j’ai très rapidement senti un malaise, je n’aime pas sa façon de raisonner, quand Fritz vous nous avez précisé qu’il avait soutenu les Kmers rouges… j’ai alors compris ce malaise indicible.
      Quant à Finkielkraut, je pense que cette personne raisonne sans être toujours bien informé: je l’ai écouté quelquefois, c’est un passionné. Je pense que s’il était invité aujourd’hui par la communauté juive de Belgrade ou par des Serbes, il serait aujourd’hui pro-Serbe et anti-croate avec une empreinte même orthodoxe (!?, il a en lui un certain humour…).
      Pour ce qui est de l’incident qu’il a subi, je pense que l’on avait à faire à des personnes aussi sectaires, rigides voire pire comme des “idiots utiles” de votre régime ou de l’Etat multi communautariste que semble être devenu votre pays (donc rien de bon pour l’avenir…)

        +6

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  • Max // 23.02.2019 à 09h59

    Le passé de ce monsieur Badiou est édifiant dans l’horreur de ses anciennes positions notamment sur les khmers-rouge.
    Sa pensée soi-disant universaliste, sous des artifices de tolérances dans ses conclusions, prône en fait l’effacement radical de ceux qui ne sont pas en phase idéologique avec lui et c’est donc une forme d’élimination/purification non pas sur l’ethnie mais sur la divergence de pensée, il n’est donc pas étonnant qu’il fut un soutien des politiques des khmers-rouge.
    Sa pensé étant un dogme il interprète les causes et les effets.
    Il reproche à Alain Finkielkraut et d’autres comme lui de s’élever avec vigueur contre les choix que les gens comme lui même les ont conduits par contrecoup et à se revendiquer de ce qu’ils sont aujourd’hui.
    Badiou a Sorros ont permit en réaction des montés en puissances de mouvements de la Droite des droites d’être aux portes du pouvoir car de plus en plus de gens ne veulent pas de leur meilleur des mondes.
    Badiou et consort, au final, ne laissent le choix qu’entre deux options soit l’acceptation de la recomposition de la société sous des formes multiethniques et multiculturelles soit se préparer a la guerre civile.
    C’est un enjeu qui dépasse la république issue de la révolution et qui ramène à la conception de la France.

      +22

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  • Philvar // 23.02.2019 à 10h14

    Tous ces gens, dont Askolovitch, Badiou, Finkielkraut, ne vivent que dans leurs têtes, persuadés qu’ils sont que la vérité leur appartient. Badiou le démontre par son camp du BIEN qui a largement fait ses preuves dans l’appauvrissement organisé des gens “sans dents” devenus “gilets jaunes” en prenant enfin conscience de leur détresse ; alors que les Bons penseurs n’ont aucun problème de fin de mois puisqu’ils vivent aux frais des susdits !
    Alors pourquoi ne pas utiliser la méthode Mao : les penseurs au boulot et les pauvres au pouvoir. Il ne pourront pas faire pire et ce ne sera qu’un juste retour des choses ; ne serait-ce pas ce que d’aucuns appellent une révolution dans le sens que la roue tourne ?

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  • gwynpaine // 23.02.2019 à 10h14

    A lire surtout l’article remarquable de Claude Askolovitch prémonitoire et proprement consternant quant au diagnostic établi : “La défense des juifs, ultime morale des pouvoirs que leurs peuples désavouent” (http://www.slate.fr/story/171594/gilets-jaunes-antisemitisme-pretexte-pouvoir-vigilants)

      +3

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  • gwynpaine // 23.02.2019 à 10h26

    La lettre ouverte d’Alain Badiou (2009) présentée ici fut l’objet d’une analyse serrée par Ivan Segré (https://lundi.am/lundimatin-41) particulièrement salutaire.
    Il aurait été plus intéressant il me semble de reprendre ici le dernier texte d’Alain Badiou publié sur Le Média : “Sinistre comédie d’un raciste déguisé en anti-raciste” (https://lemediapresse.fr/idees/alain-badiou-sinistre-comedie-dun-raciste-habille-en-anti-raciste/

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  • Fritz // 23.02.2019 à 11h24

    Finkielkraut est l’un des rares intellectuels à avoir exprimé sa sympathie pour les Gilets jaunes au début du mouvement. Je me souviens aussi qu’il avait pris parti pour les Croates dès le début des guerres yougoslaves, au point de nier l’exode forcé des Serbes de Krajina en août 1995.

    Finkielkraut mérite bien des reproches, mais je le préfère à M. Askolovitch qui écrit : « L’instant “gilets jaunes”, finalement, aura été cela : les cris d’une foule privée de culture contre des hommes des bibliothèques. ». Ce faisant, il met Finkielkraut et Macron dans le même sac.

    Quant à M. Badiou, ce dinosaure qui n’a pas toujours tort, je regrette : il a trop de cadavres dans son placard.

      +6

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  • Bob Pinard // 23.02.2019 à 11h26

    L’instrumentalisation de l’antisémitisme à des fins de pouvoir politique assorti à l’extrême droitisation du gvt israélien et de ses soutiens même à une escroquerie toujours plus délirante: Les pro Netanayaouh français surfent sur un antisémitisme qui originairement provient de l’extrême droite laquelle devient leur allié politique à l’échelle mondiale. Un paroxysme est atteint en Ukraine avec le soutient de BHL au gvt pro Nazi.

    Tout est dit…
    “Mais vous vous êtes irrésistiblement tourné vers le Mal de notre époque: ne savoir opposer à l’universalité, abstraite et abjecte, du marché mondial capitaliste, que le culte, mortifère dès qu’il prétend avoir une valeur politique quelconque, des identités nationales, voire, dans votre cas, «ethniques», ce qui est pire.

    J’ajoute que votre instrumentation sur ce point de «la question juive» est la forme contemporaine de ce qui conduira les Juifs d’Europe au désastre, si du moins ceux qui, heureusement, résistent en nombre à cette tendance réactive ne parviennent pas à l’enrayer. Je veux dire, la bascule du rôle extraordinaire des Juifs dans toutes les formes de l’universalisme (scientifique, politique, artistique, philosophique…) du côté du culte barbare et sans issue autre que meurtrière d’un Etat colonial. Je vous le dis, comme à tous ceux qui participent à ce culte: c’est vous qui, aujourd’hui, par cette brutale métamorphose d’un sujet-support glorieux de l’universalisme en fétichisme nationaliste, organisez, prenant le honteux relais de l’antisémitisme racialiste, une catastrophe identitaire sinistre.”

      +7

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  • alexandre clement // 23.02.2019 à 11h41

    Badiou était déjà un con tout jeune, maoïste, il se proposait de rééduquer les gens dans les campagnes. Bête et méchant il devint ensuite le chantre du Hamas et du Hezbollah,prétendant stupidement qu’il s’agissait là d’une nouvelle forme de lutte des classes. Dans Critique du fétiche-capital. Le capitalisme, l’antisémitisme et la gauche (PUF, 2013), Postone, le grand commentateur de Marx, lui règle son compte proprement. Tant que la gauche se raccrochera à des vieilles reliques de cette sorte, elle restera plus que marginalisée, hors jeu. Comme le rappelle Fritz un peu plus haut Badiou soutenait les Khmers rouges. Ceux qui font confiance à ce genre d’idiot sont totalement disqualifiés. Pour ce qui concerne cette histoire instrumentalisée des insultes contre Finkielkraut que par ailleurs je n’apprécie pas, je ferais juste deux remarques. La première est que l’imbécile qui l’a insulté est un islamiste radicalisé, et on voit bien à quoi sert ce genre d’individu, à discréditer tout un mouvement. L’antisémitisme et la question palestinienne ne sont pas les problèmes des gilets jaunes, il est clair qu’on veut les attirer dans le piège, si vous n’êtes pas contre vous êtes pour. Patrique a mille fois raisons en disant que Finkielkraut est bien plus à gauche fondamentalement que Badiou. En 68 on dénonçait déjà cet imbécile de Badiou pour sa défense des dictatures du type chinois, et aujourd’hui on voudrait nous le vendre comme un défenseur de la démocratie. Il faut vraiment que l’époque se soit effondrée pour qu’on puisse laisser croire que Badiou est un penseur.

      +19

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    • alain maronani // 24.02.2019 à 15h43

      Badiou était maoiste comme Sollers, ses petits camarades, la revue Tel Quel quelques autres et Finky aussi..Je me demande bien comment vous savez que l’individu en question est un islamiste radicalisé..Vos source (BFM ?)…Quand le monsieur affirme..la France c’est à nous n’est-ce-pas plutôt et aussi qu’il signifie à Finky qui depuis 15 ans, 20 ans passe son temps aaffirmer que ces gens ne sont pas français,,,etc.. que lui aussi fait partie de la France ?
      Le genre d’individu qui sert..etc..ne sert a RIEN si on ne passe pas son temps a le mettre en valeur au détriment du reste..et l’ami Finky lors d’une des nombreuses apparitions suite a ceci a immédiatement parlé du grand remplacement..un hasard bien sûr.
      Pour les Khmers rouges Badiou a reconnu son erreur..après tout Mitterrand a été décoré de la Francisque…Finky devrait rester à l’Académie (le plus mal élu des 30 dernières années) et se consacrer au dictionnaire…

        +1

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      • alexandre clement // 27.02.2019 à 08h31

        Non Finkielkraut n’était pas maoïste. Les maoistes étaient très minoritaires, même à l’époque. Vous confondez bêtement la Francisque et la reconnaissance des Khmers rouges. Beaucoup de gens qui avaient la Francisque à cette époque étaient aussi des Résistants, si vous connaissiez un peu l’histoire, vous sauriez que Vichy jusqu’au cabinet du Maréchal était infesté de Résistant. Badiou a reconnu son erreur dites vous sur les Khmers rouges. Bien, mais il n’a pas encore reconnu ses erreurs sur le Hamas et le Hezbollah. Vous passez sous silence le fait qu’on ne donne pas le nom de l’insulteur de Finkielkraut, ce n’est évidemment pas un hasard. Tout le monde sait que Benjamin W. est un radicalisé, sauf vous en apparence.

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  • Patrick // 23.02.2019 à 12h16

    Il aime Alain…il est malin Asko…
    Son texte est un long mais constitue un bijou de dialectique qui peche néanmoins par absence au finam de véritable résolution de ses contradictions.
    Que nous dit donc Asko ?
    Il ne nous dit rien !

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    • Kelam // 25.02.2019 à 04h36

      Il ne resout rien mais il dit qque chose : il donne de la complexité à AF, de l’humanité, des circontances atténuantes…contrairement à celui qui lui fait face qui est montré comme grossier dans tous les sens du terme.
      C’est toujours cela Asko, il cache son jeu sous des circonvolutions compliquees, mais on sait d’où il parle et ce qu’il défend.

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  • Philippe // 23.02.2019 à 12h20

    Bonjour,
    Que ce site publie un courrier de M. Badiou je n’ai rien à y redire. Ceci dit je n’ai rien lu de vraiment intéressant dans ce courrier. Selon M. Badiou Finkielkraut est devenu “infréquentable”, bon eh bien M. Badiou, ne le fréquentez plus et voilà.
    Qu’est ce que ça peut me faire?
    Certes on peut reconnaître à M. Badiou une compétence, voire une autorité dans “l’infréquentabilité” pratique et théorique, lui qui trouve Mao très fréquentable. Et qui trouve les Khmers Rouges pas si mauvais que ça, eux qui massacraient les cambodgiens d’origine vietnamienne pas assez khmers à leur goût. Le Kampuchéa démocratique de Pol Pot, Etat ethnique?, notion que vomit M. Badiou quand il s’agit d’Israel, d’ailleurs pas si ethnique que ça, avec ses 20% de population arabe..
    Bon bref, laissons-le dans ses contradictions. Mais on peut ne pas être dupe.

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  • Denis Monod-Broca // 23.02.2019 à 12h29

    Du déicide au génocide.

    « C’est un même écoulement depuis l’origine » dit Hélène Berr dans son journal. Avant d’être elle-même déportée, elle exprime ainsi son effarement devant les agissements de pays dits chrétiens.
    « La Shoah, Golgotha du monde moderne » selon la formule de Jean-Paul II.
    Ayant crucifié Jésus, ils firent de lui un dieu, persécutèrent en son nom, traitèrent de déicides ceux qui s’opposaient à son culte.
    Ayant exterminé le peuple juif, ils font de lui un peuple-dieu, persécutent en son nom, nomment génocide ou crime contre l’humanité la violence d’en-face, assimilent à la peste ceux qui refusent son culte.
    Marches contre l’antisémitisme, nouvelles lois, dîners du Crif… autant de rituels néo-religieux participant au nouveau culte.
    Le shohisme après le christianisme, mais où est passé l’amour du prochain qu’enseignent pourtant la Torah autant que l’Evangile ?
    Sortons de ce perpétuel recommencement.

      +6

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  • rolland // 23.02.2019 à 13h27

    Le temps passe qui ne parvient pas à faire faiblir mon plaisir de lire Alain Badiou.
    L’autre Alain, Alain F, à comme chacun sa nécessité dans ce monde impitoyable qu’il utilise pour diviser en bien et en mal le bien et le mal, se réservant égoistement la voie du milieu.
    Dans quel but, peut-être ne le sait-il pas lui-même !?
    On a ce réflexe culturel et éducationnel de donner mécaniquement une intelligence “innée” à nos intellectuels, ça me fait inévitablement remonter à quelques jours en arrière et à cet interview sur Les Crises : https://www.les-crises.fr/il-y-a-moins-de-cons-mais-avec-internet-ils-se-voient-plus-par-jean-francois-marmion/
    Au bout du compte même si la comparaison parait stupide, tant pis, je ne me l’interdis pas :
    Qui est le plus con des deux, l’intellectuel produisant la chronique de la division ou division chronique, ou bien celui qui considère d’office l’intellectuel d’intellectuel car décrit comme tel ?
    Mr F. peut encore prouver avec le temps qu’il est de ces élites, mais attention, ce temps passe vite et la tâche est énorme..

      +1

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  • Toutatis // 23.02.2019 à 13h36

    Badiou est incapable de concevoir qu’il puisse exister des états batis sur un modèle qui ne lui plait pas (“état ethnique”). Tous doivent être semblables. Il rejoint dès lors les partisans (qu’il prétend combattre probablement) de la “mondialisation heureuse”. Ce qui les rapproche, le plus important, n’est pas le genre de société qu’ils préconisent pour cette mondialisation, mais le fait que pour eux tout doit être pareil partout. ça ne me dérange pas du tout un “état ethnique” de la taille d’un département français. Comme le fait qu’il existe une ile indienne de l’archipel des Andamans, interdite d’accès, où vit une population comme à l’age de pierre.

      +6

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    • hannah // 23.02.2019 à 14h51

      Andaman interdite d’accès? d’où tenez vous cela?
      Sur tout le reste ,il y aurait tant à dire que ..je m’abstiendrais!

        +1

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      • Toutatis // 23.02.2019 à 16h45

        une des iles oui (North Sentinel), où a d’ailleurs péri récemment un missionnaire américain entré illégalement, et qui prétendait convertir les indigènes, qui l’ont transpercé de flèches.

          +6

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    • Dominique65 // 24.02.2019 à 00h34

      Un État ethnique est forcément raciste. Il n’y a pas qu’à Badiou que cela est désagréable.

        +8

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      • alain maronani // 24.02.2019 à 15h29

        Un parfait exemple, temple de la modernité (?) le Japon…ou les Coréens descendants desa esclaves de la période 39-45 sont encore considérés comme des citoyens de seconde classe, un pays qui ne s’est toujours pas excusé pour les femmes de confort coréenne de l’armée japonaise, un pays ou le premier miniitre se rend régulièrement au mausolée abritant les restes de criminels de guerre de la deuxième guerre mondiale.

          +2

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  • Tournesol // 23.02.2019 à 13h50

    Alain Badiou est un brillant rhétoriqueur et universitaire. Mais il est aussi un suppôt arrogant du marxisme le plus totalitaire et le plus faisandé. Il trouve à Lenine, Mao et Pol Pot toutes les circonstances atténuantes, mais n’en accorde aucune à Finkielkraut… Badiou est peut-être un grand intellectuel mais c’est un triste sire sur le plan moral et politique. Alain Finkielkraut, qui est un honnête homme très courageux, le surclasse infiniment. J’ai du mal à comprendre qu’on puisse encore accorder le moindre crédit à ce sinistre histrion.

      +10

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  • Ojiro // 23.02.2019 à 14h47

    Je ne suis pas un grand fan d Alain Finkielkraut, toutefois j ai écouté quelques émissions de Répliques son émission sur France Culture et ai été très surpris de son Bernanos (corrigé en Bernanke par mon auto correct, ironie).

    Bernanos a écrit le Grande peur des bien-pensants, une défense sans concessions de Drumont avec des passages ouvertement antisémites. Bernanos a beaucoup changé par la suite écrivant de magnifiques romans qui “touchent chacun au coeur” et s est distancié de l action française et extrême droite.

    Je pensais qu AF allait traiter de tous les noms cet anar catholique imprudent. Et bien non, lui aussi à été touché au coeur.

    Vous me direz peut être un calcul. Je ne pense pas.
    Une simple anecdote, qui m a surprise.
    Dont acte

      +5

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  • Kalm // 23.02.2019 à 15h06

    Après les”sans dents” voilà maintenant les”sans livres”je préfère l’enthousiasme et la sincérité de ces derniers à la provocation préméditée et l’hypocrisie des “bibliothèques”qui sentent le moisi.Ce “paradoxe excuse”invoqué ne s’applique t’il d’avantage aux”sans livres”.Si vous êtes barbu sans moustache et avec un keffieh, références palestiniennes? ajoutez rouquin et ça correspond a une photo d’archives de Cohen A.dit le rouge en d’autres temps.On n’est pas Maimonide par décret …

      +2

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  • brandenburg // 23.02.2019 à 19h13

    Messieurs,vous êtes du camp du Bien et tous les autres,sauf vous,bien sûr,du camp du Mal, comme ce maoïste Badiou qui n’a rien vu de mal dans les 50 millions de morts de “La révolution culturelle”-voir “Les habits neufs du Président Mao” de Simon Leys-comme Finkielkraut d’ailleurs dans sa jeunesse.Quant aux lamentations hypocrites de l’autre tête-d’euf-à-claques de service, il vient de Slate (mot très français) ,propriété du Washington Post appartenant à l’homme le plus riche du Monde Jeff Bezos et dirigé par l’ancien partisan de Hollande puis de Macron et demain de celui qui le paye le mieux, Colombani,après avoir été viré du Monde,propriété d’autres milliardaires.
    Vous êtes aussi du camp de “ceux qui savent” avec leur peaux d’ânes,comme Alain Minc et consorts,d’où vos incohérences et vos haines mutuelles, adoucies par votre ignorance crasse sinon des lieux-communs éculés, et le fait que vous n’avez jamais exercé la moindre responsabilité,sauf celles de “ceux qui grenouillent,gargouillent et scribouillent”-de Gaulle.
    “Il est temps que les intellectuels deviennent responsables”-Malraux 1968-eh bien non,jamais,ni responsables ni coupables!JEAN-FOUTRE!

      +3

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  • Xavier // 23.02.2019 à 20h14

    Avec tous ces « débats passionnants » on avance à grands pas vers un monde meilleur…

    Mais y voir une relation de cause à effet est forcément complotiste.

    Quelle misérable séquence nous vivons où plutôt que d’inventer l’avenir nous sommes prisonniers des angoisses des uns, des réminiscences marxistes des autres dans le déni progresssiste général.

    Pendant qu’on disserte de tous ces sujets « passionnants » le pouvoir adopte tous les jours des mesures plus coercitives, la technologie parfait sa toile pour mettre fin à l’humanité simple et rendre inexorable le transhumanisme…

    Pas certain que les dissidents se rendent compte que ce qu’ils pensent être des avancées vont en fait moins vite que celles du système qui se joue de l’ignorance générale de notre condition humaine, de nos déterminismes biologiques.

    Certains ont bcp appris de Laborit, pour l’utiliser à leur bénéfice.

    Moral en berne.

    Il va falloir que les détenteurs d’un capital en termes d’auditoire et de notoriété fassent des efforts plutôt que de parler sans fin.

    Pas de solution mais des pistes inexplorées sur http://www.nouvellegrille.info

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  • sadsam // 24.02.2019 à 14h21

    Merci Olivier pour ce très beau dossier, et merci aussi à ceux qui ont laissé des commentaires.

    La lettre d’A. Badiou me rappelle la tribune que Raymond Aron avait publiée dans “L’Express” le 7 février 1981 lors de la publication de “L’idéologie française” par bhl. Il s’agit d’un texte prémonitoire qui est toujours d’une actualité brûlante aujourd’hui.

    Sinon de lire ces textes signés d’intellectuels français de renom, me fait penser au proverbe “Le poisson commence toujours à pourrir par la tête”.

    J’avais oublié que Badiou avait soutenu les Khmers Rouges. Mais je me souviens encore de l’article enthousiaste du “Monde” sur l’entrée des dits Khmers Rouges à Phnomh Penh….
    Bhl mentionne quelque part la fascination des étudiants de Normale Sup pour leur condisciple Christian Jambet (devenu depuis spécialiste du chiisme et traducteur de Roumi) qui extrêmement jeune avait participé à une délégation officielle en Chine Pop.
    Foucault s’était fourvoyé pour sa part lors des débuts de la révolution khomeyniste.

    Alors il faut être très prudent avec les philosophes quand ils se piquent de critique sociale ou d’analyses sur des pays où ils n’ont jamais mis les pieds et dont ils ne connaissent ni la langue ni la culture. Ou sur des classes sociales de leur propre pays qu’ils n’ont jamais côtoyée. Finkie mentionnait dans une récente interview les “petits blancs”. Un contributeur de la “Règle du jeu” employait pour sa part en décembre l’expression de “white trash” en parlant des Gilets jaunes.

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  • Opp’s // 24.02.2019 à 20h22

    Comme quoi un assez grand philosophe, Badiou , peut se révéler un tout petit bonhomme. Quel ton condescendant , quel morgue, quelle relative inélégance qu’on ne lui connaissait pas.
    Et finalement quel vacuité dans l’argumentation. Mais après tout pourquoi pas ? Après tout, pourquoi Badiou n’aurait-il pas le droit de n’avoir tout simplement pas envie d’échanger avec Alain F. ? A partir du moment où l’on a posé qu’on est d’évidence dans le camp du Bien, n’est-il pas vain et inutile , voire fatiguant, de monologuer avec du ‘moisi’ ?

    Néanmoins ça a le mérite de nous rappeler la violence cachée de toutes les conceptions philosophiques qui amalgame l’ Un ou le Vrai, avec le Bien et le Beau pour en faire le Juste.
    Bien sûr ça ne nous empêchera , en dépassant notre admiration pour ses toniques roueries destinées à oublier/dépasser ses nombreux errements et ses shorts pas toujours très propres, de l’écouter avec un grand intérêt, pour en faire, à chaque fois que c’est possible, notre miel.

      +1

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  • i44 // 25.02.2019 à 11h48

    Alain Badiou est le prototype du soixante huitard universaliste dont une partie du logiciel trotskyste a été recyclé par le système à travers le multiculturalisme. C’est le symbole de cette gauche en perdition, n’ayant pas supporté s’être fait rejeter par le mouvement ouvrier, ils n’ont eu de cesse de le détruire en espérant faire du migrant leur nouveau prolétariat de substitution.
    C’est la caricature de son dernier texte sur le “migrant nouveau nomade”, il ne rêve que d’être l’intellectuel qui guidera “cette nouvelle classe” du prolétariat international.
    Bref un vrai mondialiste “de gauche” mais dans le fond très proche du système. Le résultat on le connaît c’est une classe ouvrière passée à la droite nationale et une gauche universelle qui courre derrière l’Islam plutôt que de les “guider” comme le souhaiterait Alain Badiou. C’est cocasse de passer de l’anti-cléricalisme à l’islamophilie.
    La dessus je défends Alain Finkielkraut, qui n’est que le symptôme d’une réaction qui vient devant l’échec du mondialisme. Comme le dit Macron l’avènement d’un peuple mondialisé n’a pas eu lieu, c’est que c’était leur but, leur utopie toute 68tarde.
    Il faut sortir de notre conditionnement, se faire traiter de raciste ou de beauf par un vieux maoïste c’est un trophée ! [modéré]

      +6

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  • cedivan // 25.02.2019 à 13h57

    Pour moi, A Badiou n’est pas audible car jamais il n’a renié son soutien aux pires dictatures de notre temps : le communisme (quelles que soient les “écoles de pensée”) et les khmers rouges notamment. Il est discrédité. Ca ne fait pas de AF une idole ou un oracle pour autant mais je relativise beaucoup A Badiou. Et ce courrier condescendant, à la limite du mépris, me conforte dans mon opinion sur lui.

      +2

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