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Accord Iran-Chine : sans conséquence ou bouleversement ?

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Source : Responsible Statecraft

Traduit par les lecteurs du site Les Crises

Image: Jay Yuan via shutterstock.com

Après un délai de près de deux ans, le samedi 27 mars, lors de la visite du ministre chinois des Affaires étrangères Wang Yi, l’Iran et la Chine ont signé l’Accord global de coopération économique, politique et culturelle, d’une durée de 25 ans. Cet événement a suscité beaucoup d’attention et de controverses tant en Iran que dans le monde.

En Iran, le débat s’est concentré sur les coûts et les avantages de l’accord, qui reste peu détaillé. Les partisans de l’accord affirment que s’il est mis en œuvre, il pourrait faire progresser le développement de l’Iran en assurant des investissements chinois à grande échelle dans les infrastructures, notamment routières et ferroviaires, et dans l’énergie, et en intégrant l’Iran dans le projet des Nouvelles routes de la soie, qui s’étend sur toute la planète et coûte des milliards de dollars. Les partisans de l’accord soutiennent également qu’il pourrait contribuer à réduire l’impact des sanctions américaines sur l’Iran et à renforcer son pouvoir de négociation régional, voire international.

En effet, s’il est difficile à ce stade d’évaluer l’impact économique de l’accord, il semble que celui-ci ait déjà amélioré la position régionale de l’Iran. Par exemple, la signature de l’accord a incité l’Inde à exprimer son souhait d’accroître ses relations économiques et commerciales avec Téhéran. Au cours des dernières années, malgré l’enthousiasme de l’Iran pour le renforcement de ses liens économiques avec l’Inde, Delhi a progressé lentement dans cette direction. Aujourd’hui, cependant, l’Inde, craignant la domination de la Chine sur l’Iran, pourrait bien être plus disposée à augmenter ses investissements dans le port de Chabahar et éventuellement dans d’autres projets.

Le Pakistan et l’Afghanistan l’ont également remarqué. Le gouvernement afghan et son président, Ashraf Ghani, ont souvent fait des pieds et des mains pour contrarier, voire insulter, l’Iran. Le dernier incident en date est survenu lorsque Ghani, ignorant l’accord de 1972 concernant la répartition des eaux du Helmand provenant d’Afghanistan, a déclaré que Kaboul était prêt à échanger de l’eau contre du pétrole, au mépris de cet accord vieux de près de 50 ans. Si la Chine devait développer une véritable relation stratégique avec l’Iran, les États voisins devraient revoir leur attitude souvent hostile envers Téhéran, non seulement parce que l’Iran y gagnerait probablement une position économique plus forte, mais aussi parce qu’ils devraient tenir compte de la désapprobation de Pékin.

Sur le plan international, avec la montée des tensions entre la Chine et l’Occident, des relations plus étroites entre la Chine et l’Iran pourraient pousser les États européens, et peut-être même Washington, à modérer leur propre politique à l’égard de Téhéran, ce qui ajouterait peut-être à la pression exercée sur l’administration Biden pour accélérer le retour au JCPOA (Accord de Vienne sur le nucléaire iranien) et lever les sanctions imposées à l’Iran. Les nations occidentales doivent craindre qu’une orientation plus stratégique de l’Iran, rendue plus probable par l’accord, ne réduise leur propre influence, du moins à court et moyen terme.

Les opposants à l’accord en Iran et dans la diaspora iranienne, invoquant le manque de détails sur l’accord, craignent que les concessions prétendument importantes accordées par Téhéran à Pékin ne fassent de l’Iran une colonie chinoise. Selon certaines spéculations, l’Iran aurait accepté de louer ou même de céder certaines îles à la Chine – une accusation explicitement démentie par le gouvernement – ou des forces militaires chinoises pourraient être stationnées en Iran.

En réponse à ces préoccupations, le porte-parole du gouvernement, Ali Rabiei, a déclaré que les raisons de garder les détails secrets sont doubles : d’une part, parce que l’accord n’est pas un traité et ne peut prendre effet que si le parlement l’approuve. Il le décrit plutôt comme une feuille de route pour la coopération. D’autre part, les Chinois ont demandé que les détails restent confidentiels en raison de leur inquiétude quant à la réaction éventuelle de Washington.

Tant que tous les détails de l’accord resteront secrets et, plus important encore, tant qu’il ne sera qu’une simple aspiration, il sera difficile de déterminer s’il peut servir de sauveur à l’Iran ou de cheval de Troie pour d’éventuelles ambitions hégémoniques de la part de Pékin.

Ce qui est indiscutable à ce stade, cependant, c’est que les politiques occidentales à l’égard de l’Iran et de la Chine les ont rapprochés. En particulier, les hésitations de l’administration Biden à revenir sur le JCPOA et sa ligne dure à l’égard de la Chine ont incité Pékin à prendre le risque de fâcher Washington en signant publiquement l’accord.

Tant que Pékin espérait une amélioration des relations avec Washington, il était réticent à signer l’accord. Il a peut-être maintenant conclu que l’amélioration des liens sino-américains, du moins dans un avenir proche, n’est pas au programme. Par conséquent, Pékin tente de montrer aux États-Unis qu’elle peut leur causer des difficultés dans des régions stratégiques clés comme le golfe Persique.

La Chine pourrait également avoir conclu que les États arabes du golfe Persique, dont quatre faisaient partie de la tournée du ministre chinois des Affaires étrangères dans la région, resteront dépendants de Washington et de certains États européens dans un avenir prévisible. La Turquie, que le ministre chinois des Affaires étrangères a également visitée, devrait continuer à faire partie de l’alliance occidentale malgré les tensions actuelles avec ses partenaires de l’OTAN. En outre, la Turquie ne dispose d’aucune connexion terrestre avec les parties clés du projet Nouvelle route de la soie.

Avec ses ressources énergétiques et autres, son vaste marché potentiel mais, surtout, sa position stratégique unique à cheval sur le golfe Persique et le Caucase du Sud, ainsi que ses frontières avec l’Afghanistan, l’Asie centrale et le sous-continent indien via le Pakistan, l’Iran réunit tout ce dont la Chine a besoin. En fait, l’Iran pourrait potentiellement devenir le partenaire géostratégique le plus important de la Chine en Asie occidentale.

Le risque pour l’Iran, surtout en l’absence d’amélioration des relations avec l’Occident, est de se retrouver trop dépendant de la Chine. Beaucoup à Téhéran sont conscients de cette possibilité. Ainsi, certains ont souligné que les relations avec la Chine ne doivent pas se faire au détriment des liens avec l’Occident, en particulier l’Europe. Au contraire, comme l’a noté le chef de l’association des députés du Majles de Téhéran, Hojat ul Islam Seyyed Reza Tagavi, l’accord avec la Chine doit être utilisé avant tout comme un levier avec l’Occident. Il a averti que l’accord avec Pékin ne devait pas être considéré comme un substitut au JCPOA.

Si l’Occident, en particulier les États-Unis, souhaite équilibrer la présence et l’influence potentielles de la Chine en Iran sans s’engager dans un jeu à somme nulle, il doit commencer à considérer l’Iran comme un élément clé d’un contexte géographique plus large plutôt que de le considérer uniquement à travers le prisme de la politique du Moyen-Orient et du golfe Persique. Il devrait également se rendre compte que dans un environnement international modifié, l’Iran dispose de quelques options autres que celles de l’Occident.

Source : Responsible Statecraft, Shireen Hunter, 05-04-2021

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LibEgaFra // 29.04.2021 à 08h31

Le plus important est que les sanctions yankees – qui visent le peuple iranien pour l’inciter à la révolte contre son gouvernement, ce qui en soit est déjà criminel – soient contournées et réduites. Merci à la Chine.

34 réactions et commentaires

  • Fabrice // 29.04.2021 à 08h02

    Le problème des USA c’est qu’ils ont tellement répété vos êtes avec nous ou contre nous que les pays qui se seraient contente de relations neutre ou indifférentes de guerre lasse se disent après tout autant être contre car le rapprochement neutre est impossible.

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  • LibEgaFra // 29.04.2021 à 08h31

    Le plus important est que les sanctions yankees – qui visent le peuple iranien pour l’inciter à la révolte contre son gouvernement, ce qui en soit est déjà criminel – soient contournées et réduites. Merci à la Chine.

      +31

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    • observations // 29.04.2021 à 13h55

      Ce ne sera pas utile car les négociations qui se déroulent actuellement semblent s’orienter dans la bonne direction. L’iran va retourner sur le marché pétrolier avec les conséquences suivantes;

      L’apparition des 2 millions de barils de plus par jour, dans un marché déprimé, ce qui va faire encore baisser les prix de ventes du baril, aggravant la situation financière des pays producteurs, dont la Russie, le Nigéria, etc. Si j’étais cynique je dirais qu’il s’agit maintenant d’un intérêt bien compris des USA car les pertes boursières et fiscales des producteurs US ont été absorbées, les cow-boys locaux rachetés par les plus grandes compagnies, etc, une baisse généralisé du prix du baril va aider a la reprise pour les pays industrialisés.

      En filigrane et beaucoup plus discrètement, au-delà de l’accord par lui-même sont en discussion d’autres points comme le support régional au groupe Houti, la place des milices iraniennes en Irak, etc.

      Pour cet accord avec la Chine il a été très critiqué en Iran et à juste titre. Il s’agit de brader le carburant a 40 % du prix plancher, des facilités de paiements pour la Chine, etc. Il ne s’agit pas de dons ou d’investissements mais de prêts à des taux supérieurs a ceux du FMI, pour faire travailler des entreprises chinoises. Le montant peut paraître important, 400 milliards de $ US en 20 années mais il ne représente pas grand chose.

      Un rappel chiffré.

      Depuis le début des sanctions de l’administration Trump l’Iran a perdu au rythme de 200 milliards de $ par année la bagatelle maintenant de 1000 milliards de $, on mesure le gouffre.

      Dernier point qui concerne cet accord que Biden veut signer…il l’avait annoncé lors de la campagne électorale, pas de surprises. Comme tous les accords internationaux il doit être approuvé par le Congrès soit le Sénat et la Chambre des Représentants, procédure que l’administration Obama n’avait pu effectuer l’opposition a cet accord étant majoritaire. Reste a savoir ce que l’administration actuelle va pourvoir faire…

      Un accord validé par le Congrès ne peut être annulé ou suspendu que par un vote par le Congrès, ce qui avait permis a Trump d’utiliser un executive order.

      Le diable est dans les détails…

      On peut imaginer que l’industrie européenne, je pense a Airbus ou a Renault, par exemple, vont pouvoir retourner sur le marché iranien. Pour chaque Airbus..il y a 40 % de composants américains…

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      • Darras // 29.04.2021 à 15h09

        C’est attendrissant cet affection immodérée pour les intérêts US.
        Mais vous vendez un peu la peau de l’ours. On verra ce que dira l’avenir mais d’une part les prochaines élections iraniennes verront sûrement les conservateurs revenir en force et d’autre part, les USA faisant absolument tout depuis quelques années pour mériter le vieux dicton « visages pâles, langue fourchue » par leur incapacité clinique à tenir le moindre engagement, je ne vois vraiment pas les barbus laisser tomber leurs désormais excellents missiles, leurs alliés en Irak, en Syrie, au Liban au Yémen et faire un bras d’honneur à Russes et Chinois uniquement parce que l’oncle Sam daignerai revenir à une table qu’il a lui même renversé en violation de l’usage et du droit international. Vous vous payez de mots je crois.
        Ceci dit, n’oubliez pas que la Russie s’en est très bien sorti d’un marché encore plus déprimé et que les deux premiers à en souffrir le plus sont l’Arabie Saoudite et surtout toute l’industrie de fracturation US qui étouffe déjà avec un baril a 60.
        Sinon assez d’accord avec vous sur l’aspect philanthropique des Chinois. C’est incroyable qu’on puisse prendre ainsi les enfants du bon dieu pour des canards sauvages.
        Justement, pour des gens qui voudraient prétendre offrir un substitut à l’oncle Sam je les trouve pas très généreux les camarades du PCC.

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        • observations // 29.04.2021 à 15h27

          Je ne fais pas de manichéismes et Biden fait ce qu’il avait affirmé pendant sa campagne.

          L’Iran a des alliés de circonstances, rien de plus. L’industrie US a base de pétrole et de gaz de schiste s’est restructurée, les cow-boys, les aventuriers éliminés, le prix de production du baril, comme le brut canadien est très en-dessous des 60 $ en fait la moitié de ca…tout au plus.

          La Russie financièrement ne va pas si bien que ca…et le prix d’extraction en Arabie Saoudite..l’arabian light c’est encore a 3 $ le baril, comparé au prix du baril en Sibérie, du transport, des sanctions, etc..L’Arabie Saoudite a besoin de revenus pour payer ses programmes sociaux, 100 milliards de $ par année.

          Le prix du baril va baisser dans un marché déjà déprimé. Il y a des pays producteurs comme les USA qui peuvent parfaitement encaisser le choc et il y a les autres..

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          • Darras // 29.04.2021 à 17h00

            On dirait que ça vous fait plaisir la perspective de voir un peuple souffrir.
            Drôle de mentalité.
            Loin de moi l’idée de dire que tout est rose en Russie. J’ai passé l’age d’idealiser. Mais au moins l’éducation et la santé y sont gratuites.
            Le plus gros ratio au monde de jeunes dans l’enseignement supérieur, des ingénieurs, des chercheurs, des officiers, des toubibs, qui ne passeront pas leur vie à rembourser leur prêt étudiant et qui ne souhaitent quasiment plus partir bosser à l’étranger. Vu comme on traite les Russes et la Russie en occident, on se demande bien pourquoi.
            Et les Russes ont une immense richesse: le patriotisme.
            Valeur qui subsiste encore aux USA malgré les assauts incessants des brigadistes Woke mais qui n’existe plus en Europe.
            Le déficit budgétaire y est proche de zéro. On comparre avec USA et France ?
            Le dette y est inférieure à 200mds de dollars.genre 10% du PIB, on comparre avec USA, Japon et France?
            Et ils ont réussi ça avec une pression(guerre?) permanente des USA et clébard depuis 2013. 8 ans. Attaques sur le rouble, sur le pétrole, sanctions, que dalle, ils en sont sortis renforcés.
            Croyez moi, ils seront capables de supporter une baisse du pétrole.
            Quant aux prix d’extraction du pétrole, je n’ai pas les mêmes chiffres que vous. Étonnant non?
            Notre dernière querelle de chiffre m’a donné raison sur toute la ligne. J’ai joué le jeu. A vous maintenant. Dites nous où vous avez lu que le baril de fracturé coûtait 30$ à produire.

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            • observations // 29.04.2021 à 18h18

              Vos conclusions et hypothèses sont les vôtres. Le patriotisme ne remplit pas les assiettes.

              http://graphics.wsj.com/oil-barrel-breakdown/

              25 $ le baril…Etonnant non ?

              Les USA sont de nouveau le premier exportateur de produits petroliers.

              La dette..la FED place ses obligations a 30 ans a 1 % en une journée..l’état français emprunte a des taux négatifs.

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            • LibEgaFra // 29.04.2021 à 21h42

              Darras, merci. C’est assez incroyable la somme de conte-vérités qu’il est capable de produire, et toujours à sens unique. Je retiens ceci:

              « Le prix du baril va baisser dans un marché déjà déprimé.  »

              https://prixdubaril.com/

              Du 28.4.2021, page constamment mise à jour.

              Vous pouvez voter, c’est instructif.

              Quant à son lien, il date de 2016!

              « Last updated April 15, 2016 at 2:30 p.m. ET |
              Published April 15, 2016 at 1:00 p.m. ET  »

              Ou comment se disqualifier soi-même.

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            • Darras // 29.04.2021 à 22h45

              Le moins qu’on puisse dire c’est que ce chiffre est loin d’être consensuel et que , comme par hasard le WSJ, en 2016, est le seul à délirer sur ce prix de revient. JP Morgan parle de 45 (Texas) et 55( Delaware) mais beaucoup d’experts affirment que des coûts ne tiennent pas compte de tous les facteurs et le vrai prix de revient irait plutôt de 60 à 80.
              Je note sinon que vos propres sources contredisent vos affirmations sur les prix saoudiens et Russes. Pas sérieux ça.

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        • mohamed.amerkanti // 01.05.2021 à 04h19

          vous vous trompez sur l’Iran et les Iraniens. Ayant travaillé avec des Iraniens, je peux vous confirmer qu’ils ne lâcheront pas l’Occident pour la Chine. Les Iraniens sont un peuple qui a un certain complexe d’infériorité vis a vis des Européens et ne comprennent pas la défiance que l’Europe a vis a vis d’eux. Dans mes connaissances iraniennes, je suis a chaque fois étonné de leur volonté systématique de ne pas apparaitre comme « Arabe », mais comme « Européens » ou « blancs ». Grosso modo, le message des Iraniens a l’Europe c’est « on veut être avec vous parce qu’on est comme vous ».

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          • Darras // 01.05.2021 à 13h50

            Ha bon? Et parceque vous avez bossé avec trois Iraniens vous pretendez connaître l’état d’esprit de toute une nation?

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            • observations // 02.05.2021 à 04h43

              On peut imaginer qu’il parle le kabyle..amerkanti..et lui au moins il a travaillé avec des Iraniens…
              Evidemment ca ne vous plait pas..a ne correspond pas a vos fixations…donc vous l’insultez…je me demande si vous avez parlé avec un iranien ?

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            • mohamed amerkanti // 03.05.2021 à 15h59

              pas 3, pas 4, mais plusieurs dizaines, et parmi eux beaucoup d’ingénieurs comme moi et quelques étudiants.
              Après en effet, c’est peut être biaisé par le fait que mes interlocuteurs étaient tous issus de la classe moyenne voir classe moyenne supérieure avec un haut niveau d’étude (bac+5 à doctorat).
              PS: je n’ai croisé parmi eux aucun croyant et encore moins pratiquant de l’islam. C’est ce qui m’a le plus marqué d’ailleurs en comparaison avec les Maghrebins.

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              Alerter
          • JP // 02.05.2021 à 15h18

            A la place des Iraniens, en toute logique, je voudrais d’abord être ce que cet illustre pays, qui a longtemps dominé l’Asie mineur, a été, c’est Perse, ce que la Religion islamique ne peut pas changer. Pourquoi auraient-ils des complexes vis à vis de Européens ? Le Shah, réinstallé par les USA, avait investi en France beaucoup d’argent pour les projets atomiques ce que les Mollahs n’avaient pas oublié (et l’imam Komeni avait était gardé au chaud en France et était revenu en Iran dans un avion français).

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            Alerter
      • mohamed chouieb // 02.05.2021 à 13h40

        Il n’y a pas que le ventre qui compte dans la vie des peuples que vous avez la prétention de juger et auxquels vous niez toute capacité de prendre en main en leur destin et d’influer sur la marche du monde. Pour vous, il n’y a que les Américains et leur argent qui dirigent le monde. Quelle soumission devant l’impérialisme et quelle myopie sur la marche du monde!

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  • Avunimes // 29.04.2021 à 09h28

     » l’accord n’est pas un traité et ne peut prendre effet que si le parlement l’approuve ».
    Il semble que l’Iran ait des chose à nous apprendre, l’Iran en effet, a un parlement actif et mène une politique non alignée.
    Par ailleurs, la farce est belle, car pendant que notre seule politique au Moyen-Orient est celle de la domination, par Israël interposé (comme idiot utile), du carnage par financement de groupes terroristes (pour mieux intervenir) et des ventes d’armes à crédit(décidé en toute clarté d’esprit sans prise de stupéfiants!), l’Iran et la Chine tente la coopération.
    Malheureusement, avec ce que l’on connaît des actes irresponsables des USA et de ses alliés prétentieux, l’Iran reste un paria de première ligne pour nos compagnies pétrolières revanchardes qui gouvernent nos politiques. Je serai étonné de voir les USA, comme le suggère l’article, faire œuvre de contrition, plier un genoux pour demander un accord de coopération refusé à l’Iran depuis 42 ans.

      +16

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  • Darras // 29.04.2021 à 09h57

    L’Europe? L’Europe est un tas de m… sans entrailles ni colonne vertébrale, incapable de respecter ou de faire respecter un accord. Par contre, tout à fait capable de se tirer une balle dans le pied au moindre froncement de sourcils de tonton Sam.
    Beurk!
    En pleines sanctions de Sam contre l’Iran qui ont vu France, Allemagne, Inde se débiner comme des m… tout en perdant des monceaux de fric déjà investi, la Chine traite. Elle.
    Par contre je vois pas bien ce que 40 malheureux mds de dollars par an vont changer les choses .
    40mds c’est nos importations annuelles de Belgique…
    Il semble que pros comme antis surjouent considérablement l’importance de ce traité

      +18

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    • Dominique65 // 29.04.2021 à 10h19

      L’article parle d’échanges commerciaux avec les pays d’Europe. Je ne pense pas qu’il soit question d’UE, que tu as assez bien décrite.

        +1

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    • Obermeyer // 29.04.2021 à 11h29

      Avec 40 malheureux mds de dollar par an , on peut certainement faire beaucoup plus de choses en Iran qu’en occident .
      Le pib russe est l’équivalent de celui de l’Espagne , et pourtant ils dominent de la tête et des épaules des pays beaucoup plus riches qu’eux . Ce qu’il faut regarder c’est la parité de pouvoir d’achat .
      40 mds ce n’est absolument rien pour les usa , c’est beaucoup pour un pays appauvri par des sanctions sévères ( et injustes ) . Dans cet accord , il ne faut pas voir que l’aspect financier ; l’aspect géopolitique est aussi d’une très grande importance .

        +10

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      • Darras // 29.04.2021 à 12h44

        En PPA, le PIB de la Russie est au niveau de celui de l’Allemagne. C’est l’avantage de subir cette guerre du dollar, ils peuvent totalement reconstruire leur économie. Déjà, ils ont retrouvé leur indépendance alimentaire et sont devenus de gros exportateurs agricoles et avec des produits garantis sans OGM s’il vous plaît. Ils ambitionnent de devenir à brève échéance le leader mondial du bio. Ne jamais oublier que ce sont les labos soviétiques qui, à la base, ont inventé la permaculture.

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  • RGT // 29.04.2021 à 11h01

    Personnellement je ne pense pas du tout que cet accord puisse nuire à l’Iran et le laisse pieds et poings liée entre les griffes du dragon.

    De plus, nous avons droit à une leçon de démocratie avec un accord qui doit être ratifié par le parlement et non pas à grand coup de 49.3 dans ta gueule…

    Les iraniens sont bien trop soucieux de leur indépendance et l’ont largement montré dans le passé.
    Et après avoir bu jusqu’à plus soif la domination d’un autre pays pendant le règne du « divin Shah » il ne se laisseront plus enfermer dans une « association » qui les rendraient dépendants d’un autre pays.

    Je pense plutôt à une relation « donnant-donnant » dans laquelle les iraniens peuvent contourner les « divines sanctions » US et qui permettent aussi à la Chine de contourner le « blocus » US en ayant des alliés dans des zones géopolitiques critiques pour l’oncle Sam.

    Entre autres la possibilité d’aller foutre le bordel dans l’arrière-cour de l’empire en ayant la possibilité de bloquer le trafic pétrolier si les USA avaient la très mauvaise idée de vouloir encercler la Chine.

    Les chinois et les iraniens collaborent dans un jeu de Go stratégique dans lequel les USA risquent d’y laisser pas mal de plumes.

    N’oublions pas non plus que l’ours s’est aussi impliqué dans la protection de l’Iran contre les velléités occidentales : Désormais les pétroliers iraniens naviguent sous la protection de la marine russe afin d’éviter qu’ils ne soient abordés par les « gardiens de la Liberté » dans les eaux internationales.

    Jeu de go dont les résultats se feront sentir à long terme, ce qui est un concept totalement inaccessible aux esprits des occidentaux abreuvés de profits immédiats et incapables de penser le long terme.

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  • Christian Gedeon // 29.04.2021 à 12h09

    Pas sans conséquences mais certainement pas un bouleversement. Des fois que les révolutionnaires de salon l’aient oublié le premier partenaire commercial de la Chine populaire est… roulement de tambour… les us. 😂

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    • Casimir Ioulianov // 29.04.2021 à 14h02

      Oui et non, les USA représentent la plus grosse part des exports, ça OK, mais le premier marché de la Chine pour sa production, c’est la Chine. Ensuite au niveau des imports, en valeur absolue, les US représentent même pas 10% des imports chinois, même l’UE fait mieux.
      Le commerce ça consiste à s’échanger des trucs et des machins, donc on comprend surtout que c’est pour ses propres besoins que le parti cherche à sécuriser ses appros, après tout, quand on a un marché captif qui représente un cinquième de l’espèce et pas la même part des ressources mondiales à dispo, on a plus de problèmes de ressources que de débouchés.
      Les chinois sont super forts en capitalisme : ils ont lu Marx .

        +8

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      • Darras // 29.04.2021 à 15h14

        Et ils ont étudié Lénine aussi. Ils l’ont même amélioré :
         » Nous avons vendu aux capitalistes la corde avec laquelle nous allons les pendre »

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        • observations // 29.04.2021 à 16h15

          Ca a pendu l’ex URSS aussi…la Russie avec son capital intellectuel, ses richesses, son espace devrait-être un géant économique mondial..je veux bien il y a eu la deuxième guerre mondiale…

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          • Darras // 29.04.2021 à 17h10

            Je vous rassure, à lire l’intégralité des chroniqueurs Yankees, c’est un géant mondial. Pas économique certes.
            Il a juste pris du retard à entretenir une chimére impériale soviétique puis il s’est fait pêter les genoux par l’Occident à qui il tendait la main en confiance.
            Je crois qu’ils ont bien compris les deux leçons.
            Maintenant, l’UE est un géant économique, et ça lui fait une belle jambe, c’est devenu un débile politique.
            Les USA sont toujours un géant, mais avec beaucoup beaucoup de mauvaises graisses, même dans le cerveau,plus trop de muscles, des chevilles en papier vert frelaté et de toute manière, beaucoup moins géants qu’il y a 30 ans.

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            • observations // 29.04.2021 à 23h07

              Chimère impériale soviétique et plus de 80 années de planification centralisée…

              Sa taille économqiue..celle de l’état de NY.

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            • Darras // 30.04.2021 à 21h10

              En PPA, la Russie a la taille de l’Allemagne, c’est à dire l’état de NY plus le Texas plus la Pennsylvanie.
              Fait réviser vos chiffres l’ami.
              Les miens sont ceux du FMI et de la BM, pas vraiment pro Russes.

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            • LibEgaFra // 01.05.2021 à 01h18

              Il ne peut pas s’empêcher de venir déposer ses crottes anti-russes, anti-chinoises et anti-iraniennes. A croire qu’il est payé pour dérouter les-crises. Très suspect tout ça.

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            • observations // 02.05.2021 à 04h47

              Lachez-moi avec le PPA, l’astuce habituelle….pour tenter de masquer le gouffre. je connais la chanson…un pays pétrolier et gaziers pour l’essentiel
              120 euros par mois pour 30 % des russes…

              @LibEgaFra

              Il ne peut pas s’empêcher de venir déposer ses crottes anti-russes, anti-chinoises et anti-iraniennes.

              Heureusement vos déposez de vastes bouses anti-américaines..anti-otan, anti-république Très suspect tout ça.

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          • JP // 02.05.2021 à 15h35

            La II° Guerre Mondiale, est la conséquence inéluctable, de la I°, elle même suite de la guerre de 1870. Et pendant que l’Europe s’écharnait à se détruire et se ruiner, Malheureusement pour eux les Russes , Alexandre III, Nicolas II, Lénine en intermède ramené par les Allemands, Staline psychopathe n’ont pas fait à l’époque les bons choix extérieurs. Il y avait donc beaucoup de retard à rattraper. Les terres Russes étant immenses et riches, ils doivent prospérer si Dieu les préserve des vautours internationaux qui veulent s’en emparer.

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      • Darras // 29.04.2021 à 15h18

        Sauf que malgré tout le yuan reste très sous-évalué.
        Sauf que la Thaïlande n’a jamais été capable de mettre sur pied une université qui tienne la route et qu’elle n’envoie pas de robots dans l’espace.
        Quant aux Japon, justement, il n’a pas une réserve de 700 millions de laboureurs.
        Et enfin, contrairement à l’Occident, le vieillissement de la civilisation n’est pas du à un suicide démographique mais à une politique extrêmement volontariste. Si les Chinois se mettaient à laisser filer, voire faire du natalisme…

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        • observations // 29.04.2021 à 16h12

          C’est LE problème avec le yuan. Si la Chine veut en faire une monnaie..il représente seulement 7 % des échanges internationaux, il faut l’arbitrer, le système des cambistes. Dans ce cas il va s’apprécier de 20 % rendant la main d’oeuvre chinoise, déjà trop chère…encore plus chère. La Chine pratique une politique de dévaluation compétitive. Actuellement c’est la Chine qui fixe le cours du yuan vis-a-vis du $ us tous les jours..

          La population chinoise est en baisse, le taux de fécondité est inférieur a un..malgré la campagne récente du gouvernement – les filles sont précieuses – et il y a 40 millions de plus d’hommes que de femmes – les avortements sélectifs – en Chine on peut prendre sa retraite chez son fils..pas chez sa fille…il n’y a pas en Chine de système de retraite universelle.
          La population du japon et de la Corée du Sud sont aussi en baisse. Reste l’Inde et l’Afrique…

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  • Gérard // 01.05.2021 à 17h10

    Iran, Russie, Chine. Chacune à son niveau (puissance régionale, puissance mondiale, hyperpuissance globale), ces trois nations plus ou moins ostracisées et impénétrables à la superficialité occidentale accumulent les succès à force de patience stratégique et de respect de la souveraineté de leurs partenaires (à quelques petits détails près bien sûr quand il s’agit de se constituer un glacis protecteur). Voilà vingt ans qu’ils consolident face à un occident ivre de sa puissance qu’il brûle d’utiser pour mettre au pas ceux qui lui déplaisent à l’aide de son formidable outil militaire (le « théorème » Allbright). Si nous en avions encore les moyens, s’ils n’avaient pas des moyens de riposte fortement dissuasifs, nul doute que « nous » leur aurions déjà déversé un déluge de bombes et engagé l’invasion nécessaire au « regime change ». US/anglosphère, UE, axe sunnites: ça vocifère, ça s’ingère, ça s’énerve, ça sanctionne… mais ça ne voit pas plus loin que la prochaine élection, la prochaine indignation, la prochaine minute de silence avec un tee shirt blanc floqué d’un slogan en pleine séance à Strasbourg, le prochain tweet.
    Petite exception l’Allemagne dont la constance de la politique est assez remarquable.

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