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30.avril.202130.4.2021 // Les Crises

Liban : Pendant que le pays s’effondre, les gouvernements se contentent de regarder

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Source : Responsible Statecraft

Traduit par les lecteurs du site Les-Crises

Économiquement, politiquement et socialement, le Liban est en plein effondrement. Le gouvernement est paralysé et les institutions sont en déliquescence.

Il en résulte que les politiciens libanais, tout particulièrement le président Michel Aoun, le premier ministre intérimaire Hassan Diab, le premier ministre désigné Saad Hariri, le secrétaire général du Hezbollah Hassan Nasrallah, et le chef d’Amal et président de la Chambre Nabih Berri, sont responsables de la débâcle actuelle du Liban et devraient tous en être tenus pour responsables.

Le Liban ne peut pas être sauvé en tant qu’État à moins que des acteurs extérieurs influents, collectivement et individuellement, décident de s’impliquer et de créer les conditions qui pourraient faire remonter le Liban des profondeurs abyssales. Est-il vraiment possible de sauver le Liban tant que ces politiciens sont aux commandes ? Pourquoi la plupart des Libanais en doutent-ils ? Dans un article précédent, j’ai proposé d’établir un Conseil de tutelle temporaire des Nations Unies pour le Liban afin de remettre le pays sur pied. Il est plus urgent que jamais de s’engager dans cette voie.

Un système de tutelle de l’ONU pour le Liban ne viserait pas un changement de régime, mais la création d’un système étatique fonctionnel qui soit en capacité de reconstruire les institutions nationales et l’économie. Il permettrait de rétablir la confiance dans le gouvernement et rendrait les hauts fonctionnaires responsables de leurs actes. Un système judiciaire professionnel et indépendant est essentiel pour assurer la transparence et renforcer la confiance du public.

La politique sectaire au Liban a permis aux politiciens nationaux de poursuivre leur intérêt personnel aux dépens du pays. Des alliances ont été formées, par exemple entre le président maronite et le chef chiite du Hezbollah, Hassan Nasrallah, afin de maximiser leur contrôle sur le budget national, accroître leur richesse et maintenir un bon financement de leurs milices armées. La corruption au Liban est bien connue et largement répandue.

Le mode de vie extravagant de l’élite politique illustre cette corruption, et le peuple le sait. Si on laisse ces conditions perdurer, le Liban pourrait faire faillite dans les deux ans, ce qui permettrait aux États voisins et aux groupes terroristes d’exploiter l’instabilité du pays.

Parallèlement, dans le cadre d’une alliance vieille de plusieurs décennies avec l’Iran et la Syrie, le Hezbollah a utilisé les ressources militaires et financières que lui ont accordées ces deux pays pour faire plier les dirigeants des autres partis libanais et les soumettre à sa volonté, notamment en ce qui concerne la formation du gouvernement et les budgets. En dépit des déclarations publiques de Hassan Nasrallah défendant la souveraineté nationale du Liban, ses manœuvres politiques ont conduit, par mégarde ou à dessein, à la partition du pays en tribus et fiefs séparés et potentiellement belligérants.

Malgré le consensus de la population en faveur de la souveraineté du pays, les dirigeants actuels ont poursuivi des stratégies qui ont détérioré la vie économique de la population. La paralysie politique actuelle et l’incapacité à former un gouvernement poussent le Liban vers la désagrégation et l’effondrement.

Les citoyens n’ont pas d’argent pour faire leurs courses et lorsqu’ils en ont, la monnaie libanaise, la lire – qui a perdu plus de 80 % de sa valeur au cours de l’année écoulée – perd pratiquement toute valeur. Les esprits s’échauffent sur les marchés, dans les banques, dans les bureaux du gouvernement et dans les rues. La colère contre la classe politique et les principaux politiciens est motivée par des questions purement matérielles, et non par des visées idéologiques.

Le récent rapport de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) sur les points chauds de la faim met en évidence la situation catastrophique de la faim au Liban. Il inscrit désormais le Liban dans la liste des pays qui, comme le Yémen, risquent de connaître une « famine catastrophique ». Le rapport de la FAO avertit que, dans le contexte de l’augmentation des prix des denrées alimentaires, de l’absence de croissance économique et de la hausse du chômage, « les troubles civils et les affrontements violents pourraient devenir plus fréquents. »

La fuite des cerveaux est une autre des conséquences inquiétantes de la détérioration de la situation économique du Liban. De nombreux professionnels – médecins, spécialistes médicaux, ingénieurs, professeurs, chercheurs, journalistes, producteurs de cinéma et hommes d’affaires – qui en ont les moyens ou qui possèdent une double nationalité avec des pays occidentaux et ont des parents proches vivant dans ces pays, partent en masse. Alors que les 60 % des gens les plus pauvres de la société libanaise luttent simplement pour pouvoir mettre à manger sur la table, la couche professionnelle de la société émigre et emporte avec elle toute son expertise. La classe politique reste embourbée dans de petites politiques de pouvoir, tandis que la classe professionnelle s’évanouit.

Beyrouth, Liban, 30 décembre 2019 – Des manifestants se rassemblent (Karim Naamani / Shutterstock)

À mesure que le Liban perd ce précieux capital humain créatif, il commence lentement à ressembler à de nombreux États pauvres en déliquescence de la région du Moyen-Orient et au-delà. Les habitants des villages et des petites villes, comme les Druzes et les Chrétiens dans les montagnes du nord et les chiites dans le sud, ont encore la possibilité de cultiver certains aliments de base, comme les fruits et les légumes, et d’élever des animaux de ferme. Mais les habitants de Beyrouth et de Tripoli n’ont pas ce luxe, et sont donc confrontés à la perspective de la faim et de la famine.

La célèbre vie urbaine animée de Beyrouth disparaît rapidement, à l’exception de la mince écorce supérieure de la ville. Les crimes contre la propriété sont en augmentation et la sécurité personnelle des citoyens devient problématique. Le pays est en train de se transformer en une multitude de centres de pouvoir de type mafieux, délimités géographiquement, et ne disposant ni de ressources tangibles génératrices de richesses ni de dispositifs de création d’emplois. Avec la disparition du commerce dynamique et de la prospérité – qui caractérisaient le Liban au cours des décennies précédentes – le pays ressemble de plus en plus à une république bananière.

Si les puissances extérieures – notamment l’Union européenne, la Grande-Bretagne, les États-Unis, le Canada et l’Australie – estiment que la stabilité du Liban reste un ingrédient important dans le contexte géopolitique régional, elles devraient s’engager dans une stratégie courageuse pour empêcher le Liban de devenir un État défaillant. Ces pays trouveraient un soutien à l’intérieur de leurs propres frontières auprès de leurs centaines de milliers d’immigrants libanais. Au cas où le Conseil de sécurité de l’ONU déciderait de ne pas créer un Conseil de tutelle temporaire pour le Liban, comme je l’ai suggéré précédemment, l’UE plus les 4 pays cités pourrait être un substitut efficace.

L’engagement envisagé par les États-Unis dans cette initiative multinationale repose sur l’hypothèse que l’effondrement du Liban aura un effet de déstabilisation dans toute la région. Les groupes terroristes et leurs affiliés régionaux, ainsi que des acteurs étatiques potentiellement malfaisants dans le voisinage, se précipiteront pour combler le vide qui s’ensuivra, ce qui serait contraire aux intérêts des États-Unis dans la région. Coincé entre la Syrie au nord et à l’est et Israël au sud, le Liban pourrait être le fruit à portée de main de ces acteurs peu recommandables.

Pour être efficace, une stratégie de salut devrait présenter des composantes à court et à long terme. À court terme, le groupe de l’UE + les 4 devrait créer un fonds international de plusieurs milliards de dollars pour aider l’économie libanaise à se redresser. Ce fonds serait déboursé par un Conseil économique spécial pour le Liban, qui serait créé par l’UE + les 4. Un Conseil de ce type serait composé de technocrates libanais apolitiques et de représentants du groupe UE + les 4. Le Conseil doit être rendu responsable des fonds qu’il reçoit, de leur distribution et de la façon dont ils sont dépensés.

Toujours à court terme, l’UE + les 4 devrait travailler avec les professionnels et les technocrates libanais pour former un nouveau gouvernement composé de technocrates, d’universitaires et d’hommes d’affaires éminents, dans le seul but de relancer l’économie et l’emploi. Le nouveau gouvernement peut également s’attacher à réduire la faim dans le pays en subventionnant l’alimentation et le carburant et en lançant des initiatives de création d’emplois.

Dans le cadre de la stratégie à long terme, l’UE + les 4 devra s’attaquer à la base confessionnelle ou sectaire de la gouvernance au Liban, qui a été une cause majeure de la corruption endémique du pays. L’émissaire pour le Liban désigné par l’UE + les 4 devra entamer une série de réunions avec des représentants des différents centres de pouvoir et d’influence, des groupes professionnels, des organisations non gouvernementales, des chefs religieux, des experts universitaires et du monde économique, ainsi que des représentants des universités, des syndicats et des petites entreprises qui constituent l’épine dorsale de l’économie libanaise.

L’objectif de ces réunions serait d’explorer différentes modalités pour la future gouvernance du Liban. Au début de son histoire moderne, le système confessionnel a contribué à stabiliser le pays et à créer un système de gouvernement fonctionnel. Cependant, les changements économiques, démographiques et politiques de ces dernières décennies ont rendu le système confessionnel obsolète. Il doit être modifié si l’on veut sauver le Liban.

Source : Responsible Statecraft, Emile Nakhleh, 05-04-2021

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Commentaire recommandé

Jean-Do // 30.04.2021 à 07h29

Oh oui, faire diriger le Liban par « l’Union européenne, la Grande-Bretagne, les États-Unis, le Canada et l’Australie », on a vu comme ils sont efficients pour gérer le néo-colonialisme ailleurs dans le monde. En prime, ce sont tous des alliés d’Israël qui est la principale menace et l’agresseur quotidien de sa souveraineté.

Cadeau aussi, une accusation gratuite contre le Hezbollah, comme si c’était lui qui avait mis en place ce système de clans qui lui est largement antérieur. On passe totalement sous silence la famille mafieuse Hariri et ses compères qui sont les réels fossoyeurs de l’économie libanaise, c’est normal puisque ce sont nos alliés.

23 réactions et commentaires

  • Jean-Do // 30.04.2021 à 07h29

    Oh oui, faire diriger le Liban par « l’Union européenne, la Grande-Bretagne, les États-Unis, le Canada et l’Australie », on a vu comme ils sont efficients pour gérer le néo-colonialisme ailleurs dans le monde. En prime, ce sont tous des alliés d’Israël qui est la principale menace et l’agresseur quotidien de sa souveraineté.

    Cadeau aussi, une accusation gratuite contre le Hezbollah, comme si c’était lui qui avait mis en place ce système de clans qui lui est largement antérieur. On passe totalement sous silence la famille mafieuse Hariri et ses compères qui sont les réels fossoyeurs de l’économie libanaise, c’est normal puisque ce sont nos alliés.

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    • observations // 30.04.2021 à 19h33

      Israël ? Les bombardements sont concentrés sur les lignes d’approvisionnement militaires du Hezbollah en Syrie et dans le sud Liban…ou se trouve le Hezbollah.

      Quelques rappels..rapides.

      En 1976 le président syrien Hafez el-Assad ordonne l’entrée de troupes et de blindés au Liban le 6 juin dans le but de « préserver le statu quo et mettre en échec les ambitions des Palestino-progressistes » malgré la résistance de l’armée libanaise. Le mois suivant, à la suite d’un changement d’alliance, la Syrie se met à bombarder les forces chrétiennes et soutenir l’OLP….

      La prise d’otages devient aussi une véritable industrie, obéissant aux motivations les plus variées : extorquer une rançon, faire libérer un parent ou partisan prisonnier, intimider ou se venger d’une famille adverse ; selon un recensement fait en 2000, il y aurait eu 17 000 Libanais disparus définitifs par enlèvement pendant la durée de la guerre civile ; les enlèvements d’étrangers, surtout occidentaux, ne débutent qu’en 1984 et sont beaucoup moins nombreux (98 personnes de 1984 à 1990).

      À ces ressources « nationales » s’ajoutent des aides étrangères, nombreuses et variées, en fonction des calculs idéologiques ou stratégiques des différentes puissances. L’ALS, forte de 3 000 hommes en 1990, est directement financée par Israël. Le Hezbollah reçoit de l’Iran, à partir de 1982-1983, un montant évalué entre 84 et 100 millions de dollars par an. Les milices palestino-progressistes sont financées par l’OLP, la Libye (PSP et Mourabitoun sunnites) et la Syrie (Amal).

      Selon Georges Corm, « les partis et leurs milices ont constitué, pour les opportunistes et les ambitieux de tous bords, des instruments de promotion sociale rapide L’argent des milices est aussi un moyen de redistribution sociale, d’abord vers les familles des miliciens pour qui il est le seul revenu stable dans une période de crise économique, puis vers des populations sympathisantes. C’est le Hezbollah chiite qui poussera le plus loin cette logique de redistribution vers une communauté considérée comme déshéritée, s’assurant ainsi sa fidélité durable.

      Les deux mouvements chiites montrent une divergence de plus en plus marquée. Amal, s’alignant sur la politique syrienne, donne la priorité à l’éradication de l’OLP et à un nouveau partage du pouvoir central, alors que le Hezbollah se fixe toujours comme but la lutte contre l’occupant israélien. Mais les deux mouvements sont aussi rivaux pour prendre le contrôle des régions du Sud à mesure du retrait israélien.

      Dès 1985-1987, des tensions opposent le Hezbollah aux services syriens qui cherchent à entraver l’action des Gardiens de la Révolution iraniens dans leur zone d’influence. En mars 1988, l’enlèvement d’un officier américain de la FINUL sert de prétexte à une offensive d’Amal qui cherche à déloger le Hezbollah de Beyrouth et de Saïda. Les premiers combats sont à l’avantage d’Amal: le 15 avril, son chef Nabih Berri annonce sa victoire sur « l’extrémisme et la politique du kidnapping ». Mais le Hezbollah reconstitue ses forces et, le 6 mai, reprend une grande partie de Beyrouth-Sud. De nouveaux heurts les opposent à Beyrouth en décembre 1989 et mai 1990. La guerre fratricide entre les deux mouvements chiites confronte des hommes qui viennent souvent des mêmes groupes, voire des mêmes familles ; Hassan Nasrallah, futur secrétaire général du Hezbollah, combat du côté de ce mouvement, tandis que son frère Jihad al-Huseyni commande une unité d’Amal dans les combats de Beyrouth. Ce conflit qui aurait fait 272 morts et plus de 200 blessés selon le décompte du quotidien An-Nahar se conclut par un accord en novembre 1990, partageant les pouvoirs et les territoires entre les deux partis.

      Que des bons petits gars dans cette partie du monde..avec derrière en plus les réseaux de traffic du canabis..

      Dire que les 140.000 palestiniens expulsés en 1967 sont à l’origine du déséquilibre du Liban et de ce qui a suivi, d’accord. dire que l’état d’Israël se réjouit de la pagaille libanaise..sûrement..prétendre en exonérer un..parmi les autres..pas plus.

      Hariri…comme les autres mon ami.

      On se dirige vers une partition avec ce qui restera du Liban vers le nord et une entité vers le sud ou le conflit va continuer.

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      • antoniob // 30.04.2021 à 21h23

        à la base les problèmes du Liban contemporain sont du à la mobilisation des palestiniens libanais contre Israël après l’occupation de la Cisjordanie, en conjonction avec des afflux de palestiniens de Cisjordanie et de Jordanie.
        De fil en aiguille Israël a ensuite voulu utiliser le Liban comme dépotoir pour les cisjordaniens, parallèlement à la mise en route lente [modéré] par colonisations métastasiques, et conjointement supprimer la résistance palestinienne organisant des attaques depuis le Liban.
        Israêl n’a pas pris de pincettes et a simplement attaqué le Liban.
        Dans la foulée les Chiites qui sont au sud ont été atteints, et de là la montée en puissance du Hezbollah.
        La fable du sectarisme que chante l’ingéniérie « impériale » (= euroisraéloméricaine) récemment est absurbe, les communautés confessionnelles coexistent au Levant depuis bien avant l’invention des Etats-Unis. Le Hezbollah a du prendre le relais d’un état central défaillant et souvent impuissant, en créant son propre système bancaire et social, et notamment le relogement ou aide aux foyers détruits dans le sud par Israël.
        Israël a causé indirectement la montée en puissance du Hezbollah.
        Depuis une paire d́’années les Etats-Unis ont obligé le système bancaire à geler les transactions dans la population chiite, et comme cela ne suffit pas, a été mis en place avec les sous-fiffres européens une sorte de blocus tout simplement. Le Liban est affamé pour forcer un « nettoyage » du Hezbollah.
        Une possible implosion serait pour ségrégationner les zones chiites et les mettre sous « sanctions ».

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        • observations // 01.05.2021 à 00h20

          Le Liban est une pétaudière partagée par des clans, peu importe leur appartenance, maffieux, dans leurs pratiques, leurs conceptions, sans oublier le traffic de la drogue.

          L’une de mes filles est marié avec un libanais, avocat, pas un extrémiste…loin de la..heureusement elle ne vit pas au Liban, la coexistence des communautés au Liban ? C’était il y a très longtemps mon cher ami.

          Israël a causé indirectement la montée en puissance du Hezbollah…Sans l’aide continuelle de l’Iran ce mouvement n’existerait plus. De plus il est très bien expliqué dans l’article ainsi que par mes citations que ces mouvements peu importent, vivent sur le dos de la bête.

          L’impérialisme a le dos large, l’incurie et le népotisme local sont bien présents, vous refusez simplement de l’admettre, ceci ne correspond pas a votre schéma.

          Israël utilise habilement le tout. Quand on a affaire a des adversaires qui vous promettent, jour après jour, de vous faire disparaître de la surface de la terre..on peut avoir quelques raisons de se méfier et d’utiliser toutes les faiblesses de l’adversaire.

          Pour la corruption et le népotisme l’OLP et le Hamas dans la bande de Gaza ne se gênent pas non plus…La bande de Gaza est une prison a ciel ouvert, certes, mais certaines cellules sont plus confortables.

          Il n’y aura pas d’état palestinien, pas de retour des exilés, je fais un constat. Le mieux qui puisse se passer c’est un état bi-national mais je n’y crois pas. L’immigration des 20 dernières années en Israel est farouchement à l’extreme-droite de l’échiquier politique (et ce ne sont pas forcément des religieux).

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          • antoniob // 01.05.2021 à 02h13

            vous devriez éviter le ad hominem gratuit…
            L’Iran aide bien sûr le Hezbollah, mais la genèse est dans la prise en charge des communautés chiites du sud Liban affectées par les attaques d’Israël dans la région. Israël agit tous azimiths aveuglément.
            Il n’y a pas que le Hezbollah qui a posé problème, loin de là, au début de la guerre civile, les milices maronites anti-palestiniennes ont dégradé la situation en voulant se débarasser des palestiniens par les armes.

            Et bien sûr que la coexistence, càd. le modus vivendi au Levant est ancien, il est quasiment constitutif de la région depuis la fin de la période romaine/byzantine. Ce qui ne signifie pas paix et bonheur permanents mais simplement modus vivendi, comme on trouve beaucoup ailleurs. L’affrontement inter-ethnique/confessionnel est comme souvent ailleurs aussi, aidé par des ingérences externes. C’est le cas actuellement et depuis que les Etats-Unis ont forcé un ban sur les transactions chiites.

            La corruption/réseaux existe évidemment, mais son exacerbation est clairement voulue, et le refrain actuel de la presse euraméricaine sur ce thème, clairement un faire-valoir.

            Les Hariri avec les Saoud ont causé des dégâts.

            Si le Liban est dissous, on va rire conçernant l’axe chiite, car sauf à lex exterminer, il ne va pas s’évaporer, et sa première région est justement le sud adossé à Israel.

            L’état palestinien est hors sujet ici, mais il va simplement être ethniquement nettoyé avec le temps. A terme Israel veut refaire la carte biblique, donc la Cisjordanie disparaît.

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        • observations // 01.05.2021 à 00h31

          Les palestiniens de Jordanie ont été expulsé par le souverain hachémite…pas par Israël.

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          • antoniob // 01.05.2021 à 01h54

            oui, c’est ce que je dis: les palestiniens qui se sont liés contre Israel sont ceux de Jordanie (sous-entendu, expulsés par la Jordanie), ceux du Liban, et ceux de Cisjordanie (et Gaza).
            Faudrait lire plus lentement…

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        • Christian Gedeon // 01.05.2021 à 15h37

          Palestiniens libanais? C’est quoi ça? Encore un délire? Les palestiniens sont palestiniens. Les libanais libanais.

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  • antoniob // 30.04.2021 à 07h40

    L’effondrement du Liban est plutôt conforme à la politique israélo-américaine de fragmentation. Le clan Haariri avait insisté dans les années 80 pour lier la livre au dollar, ce qui est un élément clef: indexée au dollar artificiellement la devise contribue à ce que la partie non chiite devienne un république bananière. Le pays peut très bien être l’objet d’un blocus de facto, pour isoler le Hezbollah. Car dans le Liban unifié les Etats-Unis n’y arrivaient pas. Il ne vont pas y arriver mais à défaut comme en Syrie, se crêer une enclave avec l’idée d’enfoncer un coin de plus dans la région.
    C’est une hypothèse plausible pourtant ignorée dans cet article.

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    • observations // 30.04.2021 à 14h09

      La politique sectaire au Liban a permis aux politiciens nationaux de poursuivre leur intérêt personnel aux dépens du pays. Des alliances ont été formées, par exemple entre le président maronite et le chef chiite du Hezbollah, Hassan Nasrallah, afin de maximiser leur contrôle sur le budget national, accroître leur richesse et maintenir un bon financement de leurs milices armées. La corruption au Liban est bien connue et largement répandue.
      [modéré]

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  • Louis // 30.04.2021 à 09h21

    La Chine avec leurs nouveaux alliés iraniens pourraient investir massivement dans les infrastructures et redémarrer certains secteurs dans la perspective de la route de la soie. La Chine à la sagesse de ne pas faire la guerre mais de créer des dettes à son avantage.

      +4

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    • observations // 30.04.2021 à 14h07

      La Chine ne dépense pas un yuan dans les pays en guerre. Lors de l’effondrement de la Lybie les sociétés chinoises du secteur gazier et pétrolier ont perdu 25 milliards de $ et la Chine a été obligé d’organiser une opération militaire de rapatriement de ses ressortissants, menacés par la population locale. Toutes les installations civiles servant a celle-ci ont été détruites.

      In Beijing, a terse Chinese Foreign Ministry statement said Beijing’s ambassador to Qatar, Zhang Zhiliang, had met and “exchanged views on developments in Libya” with Mustafa Abdel Jalil, the chairman of the rebel council that is trying to offer itself as a credible temporary alterative to Gaddafi..le tout dans le sillage des gouvernements français, américains, etc.

      Facile a trouver sur Internet…

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  • Solinvictus // 30.04.2021 à 11h47

    Rien à redresser.
    Certaines confessions autrefois largement majoritaires étaient quasi les seules à payer l’impôt.
    Comme disait l’autre, je pressens la partition.

    Let that sink in …

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  • Mickael Jackunin // 30.04.2021 à 13h58

    C’est étonnant que personne n’ai proposé ce genre de solutions pour la Libye ou la Somalie par exemple. On a pourtant là deux états faillit avec très fort potentiel de génération d’emmerdes au niveau mondial.
    Donc voyons déjà qui à écrit le papier : « retired Senior Intelligence Service Officer, a National Intelligence Council Associate and a member of the Council on Foreign Relations » …
    OK , donc c’est quoi pour les USA , l’intérêt d’éviter une partition et/ou une énième guerre civile dans la région ? La seule noble vue de ce papier c’est d’éviter la création d’un nouveau foyer de bordel régional en envoyant des casques bleus se faire détester à la place d’Academi, si on traduit : Robinet Bidon veut plus faire ça aux frais des seuls USA , faut inciter à partager les coûts … le revers de la médaille est que ça interdit de facto l’expansion territoriales aux voisins du Liban , la consonance maronite du nom de l’auteur doit pas y être pour rien …

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    • observations // 30.04.2021 à 19h52

      Heu…l’est de la Lybie et une partie de la côte sont en possession du maréchal Haftar, supporté par l’UAE, l’Egypte…et la Russie.

      A l’ouest de la Libye se trouve le gouvernement légal soutenu par la Turquie qui en profite pour tenter de ramasser des droits d’explorations gaziers et pétroliers.

      Même pas besoin de la CIA…

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      • LibEgaFra // 01.05.2021 à 01h14

        Jamais avare de mensonges quand il s’agit de la Russie.

        https://www.la-croix.com/Monde/Afrique/Russie-nouveau-maitre-jeu-conflit-libyen-2020-01-13-1201071479

        Il y a les fauteurs de guerre… et les fauteurs de paix. Ce ne sont pas les mêmes.

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        • observations // 01.05.2021 à 03h28

          Jamais avare de mensonges pour la Russie…

          La Russie a positionné des appareil de chasse dans l’est de la Lybie et intervient par l’intermédiaire des brigades Wagner.

          Le Groupe Wagner est fondé en 2014. Il est financé par (ou est la propriété de) l’oligarque russe Evgueni Prigojine, proche du pouvoir russe, ami de Poutine, et à la tête de l’Internet Research Agency, son siège social officiel est en Argentine. Le fondateur et commandant militaire du groupe est Dimitri Outkine, lieutenant-colonel au sein des Spetsnaz jusqu’en 2013 et ancien membre du Corps slave. Il adopte lui-même le surnom de Wagner en hommage au compositeur allemand Richard Wagner et baptise son groupe du même nom. Outkine est également un néo-nazi admirateur du Troisième Reich. En novembre 2017, il devient le directeur général de l’entreprise Concord Management and Consulting (en), qui appartient à l’homme d’affaires Evgueni Prigojine.

          Les sociétés militaires privées sont officiellement interdites en Russie. Mais selon The Daily Beast le groupe Wagner est sous le contrôle du ministère russe de la Défense. Des amis ?

          https://www.ksat.com/news/world/2020/09/09/experts-libya-rivals-uae-russia-turkey-violate-un-embargo/

          The warring parties in Libya and their international backers — the United Arab Emirates, Russia and Jordan vs Turkey and Qatar — violated a U.N. arms embargo on the oil-rich north African country that remains “totally ineffective,” U.N. experts said in a new report.

          The panel of experts monitoring sanctions against Libya said in the report seen Tuesday by The Associated Press that 11 companies also violated the arms embargo including the Wagner Group, a private Russian security company the panel said in May provided between 800 and 1,200 mercenaries to support eastern Libya’s rebel commander Khalifa Hifter.

          Référence pour référence…24 Juillet 2020.

          Earlier this week, Russian officials met with their Turkish counterparts in Turkey’s capital, Ankara, where the two emerging power brokers on opposite sides of Libya’s war agreed to push for a cease-fire.

          Along with Russia, the United Arab Emirates, Egypt and France support Hifter’s forces. Egypt’s parliament this week approved a direct troop intervention in Libya if the rival, Turkey-backed forces from Tripoli advance on Sirte. But the U.S. has avoided mention of its allies backing Hifter in violation of the widely flouted U.N. arms embargo

          Bonne chance pour la prochaine…

          Votre ‘reference’ c’est de début 2020, le conflit s’est poursuivi sans interruption..comme le montre mon lien web de Septembre 2020…

          .

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  • Christian Gedeon // 01.05.2021 à 00h53

    La livre libanaise pas la lire! Et article incroyable qui réussit le tour de force de ne pas dire que le Liban c’est 4 millions de Libanais et DEUX millions d’étrangers,hostiles pour l’essentiel. Imaginons un peu la France avec 23 millions d’étrangers hostiles sur 69 millions de français théoriques. Ça vous parle? Non?

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  • Bouddha Vert // 01.05.2021 à 17h41

    Le devenir des sociétés multiculturelles en dehors de la croissance économique est une impasse, parce que les séparatismes dominent et le patriotisme s’évanouit!

    Le Moyen Orient avec 5000 ans d’agricultures a transformé son territoire en un immense désert où plus rien ne pousse, en tout cas pas suffisamment pour ses populations (Où sont les forêts du Liban, de l’Irak, de l’Iran, de Palestine, mais aussi de tout le Maghreb, ou encore de la Grèce, de l’Italie, Espagne??).
    De plus la découverte des immenses champs pétroliers à permis une explosion démographique désormais confrontée à des rentes qui ne ferons plus que baisser et un changement climatique qui finit d’assombrir le tableau!
    L’auteur parle de plan de relance économique et financier, mais pour faire quoi, il n’y a pratiquement plus de ressources à transformer ou exploiter!
    L’avenir à terme sera une économie de subsistance et de solidarité, mais d’ici là les changements serons forcément lourds.

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    • observations // 02.05.2021 à 20h29

      Le principal problème du MO reste l’eau. Un pays comme l’Iran est confronté depuis plus de 4 années a une sécheresse permanente qui a entraîné une désertification des campagnes, un afflux des agriculteurs pauvres vers les villes, l’apparition de bidonvilles, etc.
      En Syrie c’est la même chose et en fait la révolte initiale contre le régime est du a sa négligence de ces populations, entassées dans des bidonvilles.
      L’Egypte importe, en plus de ce qu’elle produit, une quantité équivalente a 100% de ce dont elle a besoin pour nourrir sa population, blé, etc..elle fait face a un déficit structurel pour l’eau et je ne serais pas surpris de voir un conflit armé avec le Soudan et l’Ethiopie qui ont construit des barrages sur le Haut Nil.
      La jordanie, pas d’eau, le Maroc dépend totalement des neiges du Haut Atlas qui fondent comme neige au soleil..

      Les pays du Golfe désalinisent…etc…

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  • RGT // 02.05.2021 à 09h40

    « À court terme, le groupe de l’UE + les 4 devrait créer un fonds international de plusieurs milliards de dollars pour aider l’économie libanaise à se redresser. »…

    C’est certain : Cette manne financière servira à redresser l’économie… des parasites qui ont réussi à se hisser au sommet de l’état avec la bénédiction des occidentaux et de leur voisin du sud qui voient dans ce système mafieux le meilleur moyen de neutraliser un voisin et d’exploser un « concurrent » potentiel (particulièrement au niveau des paradis fiscaux, mais n’en parlons pas).
    De plus, cerise sur la gâteau, ce pays déliquescent devient une poubelle à palestiniens qui n’ont plus d’autre solution pour survivre que d’émigrer au Liban pour fuir les massacres du « camp du bien ».

    Le bordel au Liban n’est pas dû aux libanais eux-mêmes mais bel et bien aux « pacificateurs » qui ont patiemment favorisé la montée de cette corruptocratie sur le modèle occidental.

    Et n’oublions jamais que ce ne sont pas les iraniens et leur soutien aux chiites libanais qui sont à l’origine des problèmes de ce pays. Les problèmes sont apparus bien longtemps avant la création du Hezbollah qui n’est qu’une milice parmi tant d’autres dont l’objectif n’est que de défendre sa propre communauté contre les autres qui pourrissaient la vie de ce pays depuis longtemps.

    À moins de faciliter une VRAIE révolution qui permettrait à la population de se débarrasser de « ses » élites opportunistes et motivées par leur seul intérêt (avec guillotine et piques acérées, je hais mais il n’y a pas d’autre alternative) le bordel perdurera pour l’éternité.

    Les peuples occidentaux devraient aussi suivre cet exemple, s’il se concrétise, avec leurs propres parasites qui depuis trop longtemps divisent la population avec des « valeurs » clivantes et totalement nuisibles à l’ensemble de la population.
    Dans ce cas, ils devraient commencer par mettre à bas le flicage de masse dont ils sont victimes au nom de la « lutte contre le terrorisme ».
    Les pires terroristes sont bel et bien les « élites » mais elles ne seront jamais poursuivies par des moyens légaux (même les plus légitimes) car ce sont elles qui imposent par le force les lois qui les protègent.

    Les Camora, N’Dranghetta et autres mafias les pires de cette planète sont des « petits joueurs » comparés à ceux qui détiennent le pouvoir des « démocrassies » par hérédité et préservation de leur mode de vie indécent basé sur le parasitisme.

    N’oubliez JAMAIS que les seules « libertés » qui nous sont accordées sont celles qui permettent de nous entre-tuer pour des raisons débiles mais qui ne risquent surtout pas de dégénérer pour risquer de mettre les élites autoproclamées en danger.

    Comme au Liban, le système de gouvernance actuel étant bien sûr le même mais en moins visible.

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  • Ali Salmi // 03.05.2021 à 19h18

    Le Liban est en train de sombrer, c’est évident, tout le problème est de savoir quels mécanismes il faut mettre en place pour le sortir du fond du trou dans lequel sa classe et son élite politique l’ont mis. L’article pose les vraies problématiques. Avec le même personnel politique corrompu, y a-t-il une perspective de solutions de la crise ? On a évoqué vaguement il y a quelques mois une mise sous tutelle internationale à travers un mécanisme onusien. Un pays complexe, déjà meurtri par une sanglante guerre civile, qui n’arrive pas à imaginer une sortie du système de pouvoir confessionnel, le partage de ce type de gouvernance a montré ses limites. Le Liban est un pays sous pression permanente, pris dans la tourmente d’une géopolitique régionale marquée par la militarisation du Hezbollah, qui regarde vers le Sud ( Israël ), et vers l’Est ( La Syrie). Le Liban est un navire pris dans une tempête violente. Il appartient à son peuple de décider ce qu’il faut faire, il n’y a pas d’autre choix. Sa souveraineté est aujourd’hui menacée, et son éventuel effondrement est la pire des choses qui pourrait

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  • mikatypa // 04.05.2021 à 09h25

    On oublie la destruction des infrastructures libanaises lors de la dernière incursion israélienne… Pourquoi ? Alors que le Hezbollah ètait cantonné dans le sud et résistait courageusement.
    Et on oublie aussi l’arrêt des flux financiers saoudiens et l’emprisonnement du 1er ministre Hariri par MBS. Et la récupération des armes françaises destinées à l’armée libanaise et financées par l’Arabie Saoudite, par l’Arabie Saoudite contre le Yémen…
    Le Liban est le prochain maillon faible après l’Irak, la Syrie… Le but ultime c’est l’Iran !

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