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24.avril.202124.4.2021 // Les Crises

Nord Stream 2 : Les efforts de Washington pour torpiller le gazoduc sont un échec

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Source : Responsible Statecraft, Ted Galen Carpenter

Traduit par les lecteurs du site Les-Crises

Le secrétaire d’État Antony J. Blinken prononce une allocution d’ouverture à l’OTAN à Bruxelles, en Belgique, le 23 mars 2021. [Photo du département d’État par Ron Przysucha / Domaine public]

Les dirigeants américains ont fait preuve d’une hostilité implacable envers le gazoduc Nord Stream 2 dès le début de sa construction en 2011. Le gazoduc, qui passe sous la mer Baltique, reliant ainsi la Russie et l’Allemagne tout en contournant les républiques baltes et la Pologne, est maintenant presque achevé.

Les administrations Obama, Trump et Biden, cependant, ont toutes accusé le pipeline d’accroître la dépendance déjà importante de l’Allemagne et d’autres parties de l’Europe démocratique à l’égard des approvisionnements énergétiques russes. Cette dépendance accrue, selon les responsables américains, donnera à Moscou une influence géopolitique dangereuse sur ses voisins occidentaux. Le Congrès a approuvé une loi en 2019 autorisant des sanctions contre les entreprises impliquées dans le projet, et a adopté une mesure encore plus forte à la fin de 2020.

Il est clair que la politique de l’administration Biden concernant Nord Stream 2 ne s’écarte pas de la voie suivie par ses prédécesseurs. Cette position ne devrait pas être une grande surprise. En tant que vice-président en 2016, Joe Biden a carrément décrit le projet comme une « mauvaise affaire » pour l’Europe. Le 18 mars, le secrétaire d’État Antony Blinken a publié une déclaration exigeant que les entreprises impliquées dans le projet de pipeline cessent immédiatement leurs travaux. « Comme de multiples administrations américaines l’ont clairement indiqué, a déclaré M. Blinken, ce pipeline est un projet géopolitique russe destiné à diviser l’Europe et à affaiblir la sécurité énergétique européenne. »

S’exprimant alors qu’il rencontrait le secrétaire général Jens Stoltenberg lors de sa première visite à l’OTAN mardi, Blinken a déclaré : « Le président Biden a été très clair, il pense que le gazoduc est une mauvaise idée, mauvaise pour l’Europe, mauvaise pour les États-Unis, et finalement en contradiction avec les propres objectifs de sécurité de l’UE. »

La politique de Washington traduit un étonnant degré d’arrogance, et le ressentiment des Européens face à un tel comportement d’intimidation ne cesse de croître. La réaction de Rainer Seele, le PDG de la société énergétique autrichienne OMV, à la déclaration de Blinken du 18 mars était typique. « Ce projet est d’une grande importance pour la sécurité de l’approvisionnement du marché européen du gaz, il appartient donc à l’Europe de décider » a déclaré M. Seele au journal autrichien Wiener Zeitung. Il a ajouté : « Nous entretenons une profonde amitié transatlantique avec les États-Unis depuis des décennies. Et les amis ne devraient pas se menacer mutuellement. »

Malheureusement, il existe un soutien très fort et bipartisan au sein de l’élite politique américaine en faveur d’une politique dure. En 2017, Jeanne Shaheen, (D-NH), membre démocrate clé de la sous-commission des Affaires européennes de la commission sénatoriale des Relations étrangères, a soutenu que « la Russie a l’habitude de « militariser » le gaz naturel. » Elle a averti que l’achèvement de Nord Stream 2 « donnerait à la Russie encore plus d’options pour influencer et intimider l’Europe, en particulier l’Ukraine. » La mention de l’Ukraine n’était pas tangentielle ou fortuite. L’achèvement de Nord Stream 2 priverait Kiev de commissions de transit lucratives pour le gaz circulant dans les gazoducs existants. Pour les partisans de l’Ukraine aux États-Unis, une telle évolution est considérée comme intolérable.

Deux ans plus tard, Shaheen a coparrainé un projet de loi avec le sénateur Ted Cruz (R-Texas) visant à prendre des mesures concrètes pour bloquer le projet. Elle a averti que les États-Unis ne pouvaient pas simplement détourner le regard « pendant que le Kremlin construit ce cheval de Troie. »

Comme le rôle de Cruz l’a indiqué, les Républicains ont été au moins aussi militants que Shaheen concernant cette question. En 2018, le président Trump a déclaré, à sa manière typiquement triviale, que le gazoduc Nord Stream 2 était une « chose horrible » et a averti que « c’est une tragédie » pour l’Allemagne de permettre à des milliards de dollars supplémentaires d’entrer dans les coffres de la Russie. Il a également souligné qu’une fois le gazoduc terminé, l’Allemagne obtiendrait 60 à 70 % de son énergie de la Russie.

Les remarques sévères n’étaient pas simplement le fait d’un Trump jouant à Trump. Une hostilité similaire à l’oléoduc – et à la Russie en général – a caractérisé le soutien bipartisan au Congrès pour des mesures punitives. Le représentant Michael Conaway (R-Texas), l’un des principaux promoteurs d’une résolution en 2018, a candidement exprimé l’hypothèse sous-jacente. « La Russie a continuellement défié les normes mondiales, les frontières souveraines et le droit international. Nous serions stupides de permettre à Vladimir Poutine d’avoir une emprise plus forte sur nos alliés européens et le marché mondial de l’énergie. »

En effet, les Républicains semblent désormais préconiser une approche encore plus intransigeante que celle adoptée par l’administration Biden. Réagissant à un nouveau rapport du département d’État à la mi-février 2021, le sénateur Jim Risch, (R-Idaho) le membre le plus haut placé de la commission sénatoriale des Affaires étrangères, a exprimé son profond mécontentement face à la décision « de renoncer à des sanctions supplémentaires à l’encontre d’autres entités impliquées dans sa construction. » Il est même allé jusqu’à alléguer que le rapport « est un cadeau aux Russes et à leurs efforts continus pour saper la sécurité énergétique européenne, déstabiliser l’Ukraine, et faciliter la corruption et l’influence maligne dans toute l’Europe. »

Cruz a adopté une position particulièrement militante. Il a suspendu la nomination de William Burns à la tête de la CIA, ne la retirant qu’après la déclaration de Blinken du 18 mars mettant en garde les entreprises contre des sanctions américaines si elles continuaient à travailler sur Nord Stream 2. Toutefois, Cruz a réitéré qu’il continuerait à bloquer la confirmation de Wendy Sherman comme adjointe de Blinken, ainsi que les futures nominations au Département d’État, « jusqu’à ce que les sanctions complètes mandatées par le Congrès soient en fait largement imposées contre les navires et les entreprises essentielles à l’achèvement du gazoduc. »

Il semble que l’administration continue à subir la pression de certains démocrates influents du Congrès. Le sénateur Bob Menendez (D-NJ), président de la commission sénatoriale des Affaires étrangères, a déclaré qu’il « encourageait » l’administration à « accélérer » ses efforts concernant le gazoduc, en notant le soutien bipartite en faveur de sanctions supplémentaires.

Bien qu’il y ait une opposition en Europe à Nord Stream 2 (en particulier en Ukraine, en Pologne et dans d’autres pays d’Europe de l’Est), le projet bénéficie d’un soutien considérable – et d’un ressentiment croissant à l’égard de la tactique des États-Unis. Cette dernière évolution est particulièrement visible en Allemagne. L’ancien chancelier Gerhard Schroeder est le président du conseil d’administration du consortium Nord Stream 2, ce qui reflète l’importance économique que les membres de l’élite politique et économique allemande attachent au projet. Le gouvernement d’Angela Merkel a maintenu son engagement envers Nord Stream 2 malgré la pression des États-Unis, et d’autres Allemands influents ont dénoncé les appels lancés par les États-Unis en faveur de sanctions sévères.

Le président allemand Frank-Walter Steinmeier a défendu le gazoduc en déclarant que les ventes d’énergie étaient « l’un des derniers ponts entre la Russie et l’Europe. » D’autres responsables allemands rappellent que l’Allemagne de l’Ouest importait du gaz de l’Union soviétique totalitaire à l’époque de la Guerre froide, et ils affirment que Moscou est plus dépendante de l’exportation de gaz que l’inverse. La Fédération des industries allemandes (BDI) a averti que les sanctions américaines à l’encontre des entreprises participant au projet Nord Stream 2 créent un « stress sérieux » pour le partenariat transatlantique. Le ministre des Affaires étrangères Heiko Maas et d’autres ont accusé les États-Unis d’empiéter sur la souveraineté européenne et allemande, et affirment que l’Europe peut décider elle-même de ses sources d’énergie. Oliver Hermes, chef de la commission parlementaire pour l’Europe de l’Est, a déclaré que les menaces américaines marquaient « un creux incroyable » dans la relation transatlantique. Gerhard Schroeder a même appelé à des « contre-sanctions » à l’encontre les États-Unis.

Washington doit abandonner ses efforts pour torpiller Nord Stream 2. C’est aux Européens qu’il appartient de décider si ce gazoduc est une bonne ou une mauvaise idée du point de vue des intérêts européens. L’Oncle Sam doit cesser d’agir comme un grand frère autoritaire traitant l’Allemagne et d’autres alliés comme incapables de prendre leurs propres décisions sur de telles questions. Si l’exercice d’une pression grossière pour obliger les pays à se conformer aux préférences de Washington est ce que le président Biden avait à l’esprit lorsqu’il a déclaré que « l’Amérique est de retour » et qu’il s’est engagé à restaurer le « leadership » américain sur l’alliance transatlantique, d’importants alliés européens, en particulier l’Allemagne, pourraient en venir à en vouloir à la nouvelle administration autant qu’à son prédécesseur. Et ils auraient de bonnes raisons de le faire.

Source : Responsible Statecraft, Ted Galen Carpenter, 24-03-2021

Traduit par les lecteurs du site Les-Crises

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Tromby72 // 24.04.2021 à 07h36

Il apparait de plus en plus évident que Nord Stream 2 va se terminer à la rentrée prochaine.
La dépendance européenne au Gaz russe augmentera peu, il n’est pas possible techniquement de substituer rapidement une énergie à une autre dans des délais courts (penser à votre chauffage par exemple). On aura en fait un transfert des livraisons terrestres via l’Ukraine et la Pologne vers le Nord Stream 2, par contre l’importance stratégique de ces 2 pays diminuera comme leur royalties sur le passage du gaz… ce qui leur apprendra à jouer avec le feu et faire les marionnettes américaines. L’écroulement de l’Ukraine (ou plutôt son réalignement sur Moscou) suivra, les polonais n’auront plus qu’à faire profil bas au parlement européen.
L’intérêt d’organiser une sphère de coprospérité entre l’Europe et la Russie parait de plus en plus évident chaque jour, tant les 2 sont complémentaires sur l’énergie, la technologie, les investissements, les matières premières, les capitaux… Le cocu du rapprochement, qui l’a bien compris seraient les États-Unis, déjà qu’ils voient l’Extrême-Orient leur échapper pour s’organiser autour de la Chine avec le RCEP (accord de libre échange signé en 2020 qui représente 30% du PIB) même si les signataires sont encore sous protection américaine. Ce serait un coup fatal à leur domination du monde…

Les temps changent !!

47 réactions et commentaires

  • Tromby72 // 24.04.2021 à 07h36

    Il apparait de plus en plus évident que Nord Stream 2 va se terminer à la rentrée prochaine.
    La dépendance européenne au Gaz russe augmentera peu, il n’est pas possible techniquement de substituer rapidement une énergie à une autre dans des délais courts (penser à votre chauffage par exemple). On aura en fait un transfert des livraisons terrestres via l’Ukraine et la Pologne vers le Nord Stream 2, par contre l’importance stratégique de ces 2 pays diminuera comme leur royalties sur le passage du gaz… ce qui leur apprendra à jouer avec le feu et faire les marionnettes américaines. L’écroulement de l’Ukraine (ou plutôt son réalignement sur Moscou) suivra, les polonais n’auront plus qu’à faire profil bas au parlement européen.
    L’intérêt d’organiser une sphère de coprospérité entre l’Europe et la Russie parait de plus en plus évident chaque jour, tant les 2 sont complémentaires sur l’énergie, la technologie, les investissements, les matières premières, les capitaux… Le cocu du rapprochement, qui l’a bien compris seraient les États-Unis, déjà qu’ils voient l’Extrême-Orient leur échapper pour s’organiser autour de la Chine avec le RCEP (accord de libre échange signé en 2020 qui représente 30% du PIB) même si les signataires sont encore sous protection américaine. Ce serait un coup fatal à leur domination du monde…

    Les temps changent !!

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    • Patrick // 24.04.2021 à 12h57

      L’Europe a besoin d’énergie. L’Allemagne a besoin de gaz à un prix abordable pour sa transition énergétique foireuse.
      Donc … on achète du gaz et du pétrole à la Russie.
      Nous ne pouvons pas être indépendants dans le domaine de l’énergie , nous devons donc avoir le plus de solutions d’approvisionnement possibles.
      Si les USA veulent nous vendre du gaz , ils doivent juste s’aligner sur la concurrence.

        +0

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    • moshedayan // 24.04.2021 à 13h09

      Observations, votre constat vous l’aviez déjà fait mais il avait disparu du site,
      un point nouveau c’est vrai sur la start up informatique polonaise. (remarque ce n’est pas le satrape local qui effraie mais plutôt les salaires qui attirent les informaticiens russes ou biélorusses non ???)
      Pour l’Ukrainien, dites merci aux Bolcheviks de 1917 – 1923 …
      mis à part la langue ruthène (vieux slave ou slavon) , … beaucoup de linguistes slovaques rigolent un peu de l’Ukrainien (mélange de polonais, russe, slovaque et vieux slave…) mais bon c’est le sort des influences… u krain … -près de la région – l’étymologie :on s’en moque ou ça veut dire beaucoup (barbare – celui qui prononce des mots incompréhensibles, slovaque – celui qui a une langue (slovo- le mot)…. à méditer…

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    • Blabla // 30.04.2021 à 19h27

      C’est pourquoi le grand frère appelle à la rescousse tous les « démocrates » européens pour défendre leur domination

        +0

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  • Araok // 24.04.2021 à 07h47

    Il s’agit d’un doublement de Nord Stream en fonction depuis 2011. Les américains bloquent juste un accroissement de l’approvisionnement.
    Me trompe-je?

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    • eugenieGrandet // 24.04.2021 à 07h50

      oui en partie (voir ci-dessous mon commentaire)

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      • Araok // 24.04.2021 à 09h15

        Merci bcp pour cet éclairage qui repond à mon interrogation, idem pour les autres contributeurs ci-après. C’est passionnant.

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        • Tromby72 // 24.04.2021 à 17h10

          Petit complément pour ce qui pensent qu’il est toujours dangereux d’être dépendant de quelqu’un et surtout des russes (par exemple !).

          D’abord la question n’est pas pour l’Europe énergétique d’être dépendant ou pas … au moins à court moyen terme : plus de pétrole en mer du nord, ni de gaz aux Pays-Bas, les énergies renouvelables progressent mais partent de loin et restent aléatoires (pensez aux fréquentes nuits hivernales glacées et sans vent en Europe centrale).

          Ensuite la dépendance fonctionne dans les 2 sens : en effet s’il est facile de couper les vannes de gaz, il est encore plus d’arrêter les règlements.

          Enfin le pays qui reçoit les revenus gaziers, va très vite en devenir dépendant car ces revenus vont alimenter les investissements, les achats à l’étranger, et aussi améliorer la vie de ses citoyens, bientôt ceux-ci lui deviendront indispensables (pensez à vous et supprimez la dernière augmentation salariale que vous avez obtenue, même si vous en mettez un peu de côté, l’essentiel est consommé).

            +8

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          • Patrick // 25.04.2021 à 13h17

            Oui
            Les revenus gaziers sont importants pour les exportateurs, c’est bien pour cela que les USA veulent nous vendre leur gaz , mais ils ne sont pas compétitifs et aussi l’Allemagne peut être un concurrent industriel si elle a de l’énergie pas trop chère.
            Bon , en cas de gros problème, si la Russie coupe le gaz on risque de très gros problèmes très rapidement, ça risque de tourner immédiatement au black-out.

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            Alerter
  • eugenieGrandet // 24.04.2021 à 07h49

    Cet auteur répète les memes bêtises qu’on lit dans la presse atlantique depuis que les US font pression sur les entreprises européennes.

    Il ne parle que de Nord Stream 2 et oublie que le Nord Stream 1 est operationnel depuis 2011. Et que Nord Stream 2 a commencé à être posé en 2018, pas en 2011 comme il le dit.

    La principale raison de la construction du Nord Steam (1 + 2) est le contournement de l’Ukraine et de la Biélorussie. (voir captages indus par l’Ukraine)

    Il n’a pas comme principale vocation à ajouter des volumes de gaz aux pays européens déjà livrés depuis 50 ans par la Russie mais à en garantir les livraisons.

    Son pendant au sud est le South Stream (même contournement en entrant en Europe par la Bulgarie. Et là il devait apporter des volumes au sud de l’Europe y compris aux anciens pays du bloc de l’Est. La il y aurait eu accroissement de dépendance pour ces pays européens aujourd’hui. Mais pas avec Nord Stream.

    Pour les russes, il facilitera un jour les premières livraisons de gaz russe au Royaume Uni (suite au déclin de la production de la mer du nord).

    L’Allemagne est (depuis longtemps) assez dépendante du gaz russe (il arrive par gazoducs terrestres de même capacité que Nord Stream 1+2.) Mais, notez que, jamais au temps de la guerre froide, la Russie n’a coupé les livraisons même lors des plus fortes tensions.

    Les Etats-Unis ont peur d’un arrimage Europe-Russie (puissance industrielle surtout Allemande) et ressources naturelles russes (au-delà du gaz.) Voilà la raison de leur combat (chez nous, européens).

      +49

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      • eugenieGrandet // 24.04.2021 à 10h21

        Pas compris.

        Je peux aussi pointer vers des tas de liens moi aussi. Je connais tous ces tuyaux, leurs capacités unitaires, leur taille, les volumes annuels qui y passent, ….

        Alors expliquez en quoi « ça n’est pas si simple ». Ce sera plus constructif.

          +4

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        • LibEgaFra // 24.04.2021 à 11h07

          Vous ne parlez que des Nord et South Streams alors qu’il existe plusieurs autres gazoducs dont ce lien fait état et qui permettent de mieux comprendre la situation.

          « Mais, notez que, jamais au temps de la guerre froide, la Russie n’a coupé les livraisons même lors des plus fortes tensions. »

          Lavrov a déclaré tout récemment (un entretien très important dont les-crises s’honorerait de publier la traduction sur son site) que l’approvisionnement en énergie ne devait pas être une arme géopolitique parce que ce sont les populations qui seraient impactées et que cela serait inadmissible (d’un point de vue moral). (J’ai résumé.)

          Ils sont fous ces Russes! Ils ont le culot de ne pas penser comme les occidentaux.

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        • med // 24.04.2021 à 11h30

          Parce qu’il n’y a pas que North stream qui est une dérivation du gazoduc Yamal.
          Yamal passe par la Biélorussie et la Pologne, mais pas par l’ Ukraine.
          Le gazoduc qui passe par l’Ukraine s’appelle Brotherhood, et il alimente tout le sud le l’Europe. Ukaine/Slovaquie puis deux branches pour atteindre l’Italie/Allemagne/France/Autirche/Croatie/Benelux etc.

          North Stream permet à la Russie d’alimenté en Gaz l’Europe de l’ouest en contournant tous les pays de l’Europe de l’est qui lui sont pour la plupart très hostiles et fortement inféodés aux USA.
          En fait, ce qu’on appelle North Stream 2 et une troisième ligne du gazoduc Nord Stream mise en service en 2011.

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          • EugenieGrandet // 24.04.2021 à 13h34

            En capacité (pas en volumes qui transitent, qui eux dépendent de la demande des clients et des obligations contractuelles)
            Nord Stream 1 c’est 55 Gm3 / an.
            Nord Stream 2 c’est 55 G.m3 / an à venir.
            Soit NS1 + NS2 fera 110 G.m3/an (en capacité).

            Yamal Europe (via Biélorussie+ Pologne) c’est 33G.m3.
            Brotherhood c’est 110 + Soyuz 32 (via Ukraine+ Autriche) = 142 G.m3

            Il ne faut pas ajouter les capacités mais les volumes réels qui transitent par chaque voie pour comprendre ce qu’il se passe.

              +3

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  • LibEgaFra // 24.04.2021 à 07h53

    Quel magnifique exemple de corruption! Je dirais la mère de toutes les corruptions. Utiliser les moyens de l’Etat pour imposer à l’Allemagne l’achat de gaz made in yankeeland (notamment par fracturation) et ainsi soutenir et favoriser les nombreuses compagnies actives dans ce domaine et en grandes difficultés présentement. Qui, reconnaissantes… on connaît la suite.

      +28

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    • Darras // 24.04.2021 à 11h12

      Ça ne tient pas la route. Cette thése est serinée et martelée par la propagande russe( et oui, y en a une aussi, et beaucoup moins subtile, pro et perverse que la nôtre) et affiliés.
      Ça ne tient pas pour une seule raison, un seul chiffre: les USA sont importateurs nets de gaz. Ils n’ont absolument aucun intérêt commercial à aller le vendre à l’étranger. Et quitte à faire foirer NS2 et acheter du gaz, il y a celui d’Azerbaïdjan, d’Algerie, et quitte à acheter du GNL, il y a la Qatari, (en attendant l’Iran) le Saoudien et bientôt le Turc l’ Israélien, le Chypriote. TOUS moins chers que l’US.
      Et quitte à acheter du GNL, le Russe reste le moins cher au meilleur marché.
      Non, l’argument de tout ce bras de fer juste pour fourguer du GNL US est puéril et grotesque.

        +1

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      • med // 24.04.2021 à 11h49

        C’est faux ! Depuis la fracturation, les USA sont devenus exportateur de gaz et de pétrole.

        « Au 1er semestre 2019, les exportations américaines de pétrole brut ont augmenté de 50% par rapport au 1er semestre 2018 selon les dernières données de l’EIA américaine (Energy Information Administration)(1). »

        « En juillet 2019, plus de 35% des exportations américaines de pétrole brut ont eu pour destinations 2 pays : la Corée du Sud (531 000 barils par jour) et le Canada (420 000 b/j). Les exportations des États-Unis ont très fortement augmenté au 1er semestre 2019 vers les pays asiatiques hors Chine et vers l’Europe de l’Ouest hors Italie. »
        https://www.connaissancedesenergies.org/le-point-sur-les-exportations-americaines-de-petrole-brut-191004

        « Les États-Unis ont fortement augmenté leurs exportations de gaz naturel l’an dernier, pour la 4e année consécutive. Ces exportations ont respectivement cru de 14% par gazoducs et de 53% sous forme liquéfiée (GNL) en 2018 selon les dernières données de l’EIA. »
        https://www.connaissancedesenergies.org/etats-unis-la-production-et-les-exportations-de-gaz-naturel-au-plus-haut-selon-leia-190319

          +9

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        • Darras // 24.04.2021 à 13h01

          Vous lisez quand on écrit ?
          Vous mélangez tout.
          J’écris importateur NET.
          Avant de me traiter de menteur, merci d’aller voir les quantités consommées par les USA et les quantités produites et vous verrez que les USA consomment plus de gaz qu’ils n’en produisent.

            +1

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          • observations // 24.04.2021 à 13h29

            Il y a une stratégie énergétique a long terme qui consiste a utiliser ce qui est ailleurs..en premier. Il existe d’immenses réserves de gaz naturels aux USA et surtout au Canada, en Alberta, en Saskatchewan, au Manitoba. Dans cet espace continental le Canada et les USA sont les premiers clients et fournisseurs respectifs, 600 milliards de $ dans chaque sens. les oléoducs nord-sud existent depuis très longtemps.

            Pour le moment c’est moins cher ailleurs, un problème comptable, le prix d’accès et aussi l’évacuation des bénéfices par l’achat d’intrants dans des pays a la fiscalité plus accueillante.

            Les USA possèdent une avance technologique mondiale dans les techniques d’exploration et de simulation, forages, dilution des composants, etc. La seule firme avec des compétences équivalentes c’est Total qui a vu tous ses projets, à la suite des sanctions, s’évanouir en Sibérie.

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            • eugeniegrandet // 24.04.2021 à 13h42

              A part le gaz et pétrole de schistes, je ne vois pas d’immenses réserves aux USA.
              Au Canada, ce sont des ressources d’un pétrole très compliqué, très cher à produire, donc pas des réserves avec un baril à 60$.

              A ma connaissance, Total a un site opérationnel en Sibérie (Yamal LNG) et un autre en projet juste à côté Artci LNG qui se déroulent normalement.

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          • med // 24.04.2021 à 16h21

            Le fait de répéter un mensonge n’en fera pas une vérité. 🙂

            Les USA n’importe gaz, mais du pétrole. Ils sont d’ailleurs les premiers producteurs mondiaux de pétrole et de gaz. Et si leur production intérieure de pétrole ne leur suffise pas, ce n’est pas du tout le cas pour le gaz, grâce au gaz de schiste.
            Je peux même vous préciser que les USA sont le 5ème exportateur de gaz de la planète.

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            • LibEgaFra // 24.04.2021 à 18h36

              Sauf erreur les USA ont besoin d’un pétrole d’une autre qualité que celui qu’ils extraient chez eux.

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      • LibEgaFra // 24.04.2021 à 18h34

        « Ça ne tient pas la route. Cette thése est serinée et martelée par la propagande russe »

        J’adore quand la « propagande » rapporte la vérité. Mais est-ce encore de la propagande? Ce qui me gène, ce sont les mensonges.

        Vous avez d’autres exemples de « propagande » russe? Parce qu’autrement écoutez le tout récent discours de Poutine devant l’Assemblée fédérale.

          +1

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        • LibEgaFra // 24.04.2021 à 19h17

          « Les américains auront tout fait pour bloquer les prochaines livraisons de gaz russe à l’Allemagne via la construction du deuxième gazoduc Nord Stream 2. Cette intrusion américaine dans les affaires européennes a pour but de diminuer les livraisons de gaz russe pour les remplacer par du gaz de schiste ou du gaz liquide “made in USA”. »

          La suite ici:

          https://blogs.letemps.ch/laurent-horvath/2021/01/25/face-a-washington-rocambolesque-pirouette-allemande-pour-du-gaz-russe-2/

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          • Yanka // 25.04.2021 à 21h27

            Les Américains sont fort capables d’acheter du gaz russe à 5 sous le mètre cube et de le revendre aux Européens au double du prix d’achat, lesquels Européens s’en iraient clamant « Merci, merci, merci ! »

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  • allpa // 24.04.2021 à 08h38

    Le 3 février 2015, The Chicago Council on Global Affairs recevait pour la première fois, George Friedman, fondateur et dirigeant de la société américaine Strategic Forecasting, Inc (Stratfor).
    (…)
    https://mondialisationetcies.wordpress.com/2015/04/25/george-friedman-notre-probleme-est-en-fait-dadmettre-que-nous-avons-un-empire/
    (…)
    La question pour laquelle nous n’avons pas de réponse est : que va faire l’Allemagne ?

    La vraie inconnue dans l’équation européenne ce sont les Allemands.

    Pendant que les Etats-Unis mettent en place le cordon sanitaire entre l’Europe et la Russie, pas en Ukraine mais à l’ouest, et que les Russes essayent de trouver comment tirer parti des Ukrainiens, nous ignorons la position allemande.

    L’Allemagne est dans une position très particulière. L’ancien chancelier Gerhard Schröder est membre du conseil d’administration de Gazprom et ils ont une relation très complexe avec les Russes.

    Les Allemands eux-mêmes ne savent pas quoi faire. Ils doivent exporter, les Russes peuvent acheter. D’autre part, s’ils perdent la zone de libre-échange ils doivent construire quelque chose de différent.

    Pour les Etats-Unis, la peur primordiale est le capital russe, la technologie russe – je veux dire –, la technologie allemande et le capital allemand – les ressources naturelles russes et la main-d’œuvre russe. C’est la principale combinaison qui a fait très peur aux Etats-Unis pendant des siècles

    Alors comment cela va-t-il se jouer ?
    Eh bien, les Etats-Unis ont déjà joué carte sur table : c’est la ligne de la Baltique à la mer Noire.

    Quant aux Russes, leurs cartes ont toujours été sur la table : ils doivent avoir au minimum une Ukraine neutre, pas une Ukraine pro-occidentale. La Biélorussie est une autre question.

    Maintenant, celui qui peut me dire ce que les Allemands vont faire, me dira ce que seront les vingt prochaines années de l’Histoire

    Mais malheureusement, les Allemands n’ont pas pris leur décision. Et c’est toujours le problème récurrent de l’Allemagne, avec son économie très puissante, sa géopolitique très fragile, et qui ne sait jamais trop comment concilier les deux. Depuis 1871, la question de l’Europe a été la question de l’Allemagne.

    Comme la question allemande ressurgit, c’est bien la question que nous devons régler. Et nous ne savons pas comment l’aborder, nous ne savons pas ce qu’ils vont faire. »

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    • Jean-Do // 24.04.2021 à 10h40

      « le problème récurrent de l’Allemagne (…) sa géopolitique très fragile » ? Quand on a sur la conscience 2 guerres mondiales, un triple génocide (rrom, slave et juif), la destruction de la Yougoslavie moderne, sans parler du martyre grec, le tout en à peine un siècle, ça nous ferait des vacances si l’Allemagne pouvait rester calme. On passera aussi sous silence la réintégration des nazis dans l’appareil d’état de la RFA, du patronat et des écoles de formation des élites nationales (-socialistes ? :P).

      Juste pour rappel : la guerre en Yougoslavie et les interventions américaines consécutives démarrèrent suite à la promesse de l’Allemagne à ses anciens alliés Croates de les intégrer à la CEE si leur région se séparait du reste du pays. Comme, grâce à sa position géographique, la Croatie était la partie la plus riche du pays, la Serbie pauvre a très moyennement apprécié cette déclaration. Et comme toute la région ne tenait qu’à travers de fragiles équilibres depuis déjà le 19e siècle, l’ensemble s’est évidemment écroulé.

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      • Melitopol // 24.04.2021 à 17h02

        La Yougoslavie a disparu du fait du nationalisme serbe. La République la + riche était la Slovénie.

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        • moshedayan // 25.04.2021 à 09h11

          Désolé, mais votre remarque est trop simple, et ne respecte pas du tout la chronologie. Le nationalisme serbe s’est vraiment développé quand les partis indépendantistes slovène et croate ont avancé leurs exigences de sortir. L’armée fédérale est partie de Slovénie calmement. Par contre, les Croates annoncèrent en même temps leurs revendications territoriales, qui soulevaient l’hostilité des Serbes de Krajina et d’autres périphéries, en plus de la complexité de la région de Kotor et Dubrovnik (avec une forte minorité serbe). Les nationalistes serbes n’ont pas été du tout des anges, ils ont aussi chercher des arrangements avec les Croates pour « se compenser sur la Bosnie ».
          Mais la chronologie est claire… les Croates ont été les « agents allemands » pour l’ hinterland à ceux-ci , en plus leurs idées étaient claires, puisque le drapeau actuel est fortement inspiré de l’ancien drapeau fasciste des oustachis. Pour avoir discuté avec une Croate (trajet Vienne-Bratislava) , dont le mari a fait le coup de feu à Vukovar contre les Serbes, elle m’a dit son amertume – « on ne représente plus rien..; avant la Yougoslavie signifiait quelque chose avec son territoire et son armée… » L’Histoire se juge sur des temps longs…
          ps. sachez qu’il y a eu une ancienne émigration de Slovaques en Voïvodine aux XVIII et XIXe – et des contacts sont conservés (région frontière à la Croatie)

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          • melitopol // 25.04.2021 à 13h35

            Du point de vue chronologique cela commence par le mémorandum de l’académie serbe en 86, puis par les menaces de milosevic en 89.Les premières élections libres ont lieu en 90.

            Il y a de brefs affrontements en slovenie qui sont rapidement stoppés car il n’y a pas de revendications territoriales de la part des serbes ….

            Je ne vois pas quelles revendications territoriales ont faites les Croates.

            Il n’y avait pas de forte minorité serbe a Dubrovnik.

            Le drapeau croate ne date pas de la 2ème guerre mondiale.

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    • Dudul // 24.04.2021 à 11h32

      Pour le bien de tous les européens et du monde entier, il faut que l’Allemagne se divise en pays distincts basés sur les Lander. La superpuissante GmbH au cœur de l’Europe est un cancer pour les autres et à terme pour elle même.
      J’ai essayé d’expliquer cela à mes collègues germains il y a 2 ans, ils ne comprennent pas en quoi cela est un problème. Or le succès de l’Europe dans l’histoire, c’est le tirage de bourre entre nations en équilibre géopolitique (les rois se marient et/ou font la guerre mais sans jamais anéantir l’adversaire).
      En 1989, les US étaient opposés au projet français de double Allemagne qui me semblait plus cohérent. Le succès du mercantilisme allemand est le talon d’Achille voulu par les américains. Ok pour vous donner des dollars mais avec une armée d’opérette et des bases US à foison. Finalement la 2eme GM n’est pas terminée.
      Le jour où le pays est divisée, impossible pour les US d’influencer tout ce beau monde en même temps…

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      • patoche // 24.04.2021 à 20h15

        Vous rejoignez Francois Mauriac quand il écrivait en pleine guerre froide: « J’aime tellement l’Allemagne que je suis ravi qu’il y en ait deux ».

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  • allpa // 24.04.2021 à 09h00

    George Friedman : Obama, Trump et Biden, c’est une seule et même politique internationale

    Tout comme la logique fondamentale de l’ère Obama n’a pas bougé sous Trump, celle de Trump restera en place sous Biden, estime le fondateur du site Geopolitical Futures.
    (…)
    Initiée par Barack Obama, la phase actuelle est encore d’un autre ordre. Elle consiste à réduire les forces militaires au Moyen-Orient et à tisser de nouveaux liens avec le monde musulman ; à adopter une position plus antagoniste à l’égard de la Russie, qui pratique des incursions dans son « étranger proche » (Caucase du Sud, Biélorussie, Ukraine) ; et à se confronter avec la Chine dans le domaine commercial.
    (…)

    https://www.lexpress.fr/actualite/monde/amerique-nord/george-friedman-obama-trump-et-biden-c-est-une-seule-et-meme-politique-internationale_2143808.html

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  • moshedayan // 24.04.2021 à 10h10

    Eugénie Grandet, vos informations sont utiles. Il faut rappeler, sauf erreur de ma part, que les Américains firent le même coup pour le pipeline Droujba en refusant de livrer aux Soviétiques du matériel de pose. Ce pipeline est toujours actif.. Le « Drujba » n’a jamais rendu l’Europe de l’Ouest dépendante du pétrole russe… Pour le South stream phase 2, après que la Bulgarie décida de revenir sur son refus, voyant que la Turquie le construisait pour après chercher une voie vers la Roumanie ou par des grands ports méthaniers, on ne sait pas vraiment où en est le chantier. Les Russes se sont plaints des retards bulgares. Celle-ci est soumise à nouveau à des pressions énormes de conseillers américains (sur fond de corruptions). C’est la Serbie, la Hongrie et l’Autriche (ou la Slovaquie) qui sont particulièrement intéressées à ce projet pour leur développement industriel mais pour l’exportation ce sont la Russie, l’Azerbaïdjan, le Turkmenistan et peut-être même le Kazhakstan pour le South Stream 2.
    Il reste pour le North Stream 2 100 km, un peu moins, mais il ne faut pas être trop optimistes. L’achèvement oui, sinon, ce sera un gâchis insupportable pour nombre de firmes européennes, la mise en pression du gazoduc peut-être absolument nécessaire (par rapport à la pression sous mer…?( comme tout matériel ultilisé = entretien) mais Rien ne dit que les livraisons soient aux volumes promis. Refus des Verts allemands possible si au pouvoir, etc, etc… L’Allemagne est encore une question…

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    • LibEgaFra // 24.04.2021 à 11h28

      « Les Russes se sont plaints des retards bulgares. Celle-ci est soumise à nouveau à des pressions énormes de conseillers américains (sur fond de corruptions). »

      La corruption est le mode de fonctionnement du yankeeland. Des milliards y sont consacrés. Si la corruption est insuffisante ou ne marche pas, alors ils passent à l’usage de la force, sanctions et autres menaces avant la guerre si le pays n’est pas en mesure de se défendre..

      Vous êtes un opposant (ou même pas!) de pays comme la Chine, la Russie ou l’Iran, passez à l’ouest et racontez les pires horreurs sur la vie dans votre pays d’origine, comment vous avez été maltraité, emprisonné pour délit d’opinion, comment les gens vivent dans la misère ou sont traités en esclaves…… et votre fortune sera faite. Couverture médiatique garantie.

      Il y a difficilement site plus corrompu que transparency.org qui classe aux premières places les pays qui lui versent de l’argent. C’est comme Navalny en Russie à la tête d’une organisation anticorruption alors qu’il est le plus corrompu de tous prêt à vendre son pays pour quelques millions.

      Ne jamais oublier qu’il n’y a pas de corrompus sans des corrupteurs.

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  • Darras // 24.04.2021 à 11h00

    Une chose est totalement évidente et pourtant personne n’en parle.
    Après les pressions maximales et insensées des USA contre NS2, un échec de leur part à faire capoter ce projet serait une gifle monumentale et une preuve face au monde de la perte d’influence US.
    2003 et l’Irak avait certes été un traumatisme, voir Allemagne et France refuser les « évidences » de l’Oncle Sam avait amené tout un tas de rétorsions financiéres et surtout un plan massif « d’investissement »( lire Snowden ou Ulkflote) pour que cela n’arrive plus.
    Et ce n’est plus arrivé. Depuis, les deux nations s’alignent sagement comme des bons élèves.
    Good boys.
     » Soumis comme des chiens » comme disait John Wayne dans La Prisonniére de désert.
    La nature d’emprise impériale US étant la constriction, les USA, naturellement, sont passés à l’étape suivante en serrant encore plus.
    Après l’intervention absolue de refuser de s’aligner, il y eu l’exigence d’aller frontalement contre son propre intérêt : acquérir massivement du gaz de bonne qualité et bon marché. Pas question, pour renvoyer la balle aux larbins polonais et ukrainien et surtout éviter d’avoir à payer à la place du manque à gagner de la fin du transit de gaz, on exige de l’Allemagne qu’elle ruine sa compétitivité, qu’elle se ruine en dédommagement envers les Russes et qu’elle annonce au monde entier qu’elle est incapable d’honorer un contrat.
    Probléme.
    Ça ne marche pas.
    Un racketter qu’on n’écoute plus est fini.

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  • Hamourabi // 24.04.2021 à 11h00

    Bonjour,
    £e bon Docteur Biden a découvert à son tour le-garrot-autour-du-cou, ce remède-miracle qui permet de sauver-la-vie, providentiellement, à ses « meilleurs amis », trop bêtes et incultes pour avoir eux-mêmes conscience de leurs intérêts indibutables………

    Au ƒait, le tout aussi bon Docteur Cruz a déclaré dans un dîner il y a 15 mois : « Honestly, gas is not the issue. My only goal is to hurt Putin ».

    Plus généralement, ne serait-il pas raisonnable de revenir au vocabulaire d’il y a 40 ans et de parler honnêtement de « mesures de rétorsion » ? Ca commence à bien ƒaire, de « SANCTIONNER » tout le monde, la « Clinton list » manque cruellement de papier — En plus, on se demande quel dieu ou quel système « démocratique » (ce mot qu’ils assènent urbi & orbi) a conƒié aux U.S.A. la balance et le Glaive de la Justice……… pour désigner seuls £es Bons et £es Méchants, le Vice et la Vertu ! Ils ne ƒont même pas partie de la Cour Pénale Internationale (ni du Traité sur les armes à sous-munitions, Oslo 2008 etc… ni de la Convention internationale sur les Droits de l’enƒant, O.N.U. 1989, etc… etc… etc… et ƒinalement tout le monde voit bien comment ils se permettent de renier leur signature quand ça les arrange, tout en se proclamant Gardiens de la Morale internationale…

    Décidons nous-mêmes. Hony soit qui mal y pense.

      +12

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  • Marc // 24.04.2021 à 12h10

    NordStream II est un tuyau : 1 entrée, 1 sortie : Où parle-t-on des intérêts allemands dans cet article ?
    – La « croissance c’est de l’énergie que l’on transforme » … Veut-on finalement étouffer l’Allemagne et son industrie ?
    – Suivez les pipelines et gazoducs dans le monde (et la route de la soie) … L’odeur attire toujours les US et leurs guerres (Libye, Syrie, Irak, Vénézuela, …) et l’armement ethnique déstabilisateur par l’Empire.

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  • Grd-mère Michelle // 24.04.2021 à 14h32

    La croissance économique infinie, qui implique toujours plus de production et de consommation de tout et n’importe quoi(ainsi que des déchets consécutifs) est la pire erreur engendrée par la mégalomanie, pathologie caractéristique des possédants/dominants (pays ou individus).
    Ce dont les citoyen-ne-s doivent principalement se soucier aujourd’hui, c’est d’économiser (individuellement et collectivement) les ressources naturelles et de les utiliser à bon escient,c-a-d en veillant à ce que chacun-e ne manque pas du nécessaire, pour pouvoir participer aux efforts d’assainissement que l’état dramatique de la « nature », notre biotope, constaté et denoncé par de plus en plus de scientifiques, impose.

    Il est clair que le transport de gaz dans des tubes est moins polluant que les énormes engins, camions, bateaux ou avions, qui empoisonnent nos conditions vitales(air, terre et eaux).
    Et qu’il est plus intelligent d’aller le chercher chez nos proches voisin-e-s(tout en veillant à assurer un approvisionnement énergétique et alimentaire minimal à chaque région…au cas où…)

    Tout le reste n’est que bisbilles politico-militaro-économiques, prolongement d’un millénaire consacré aux affrontements et tentatives de domination et d’exploitation outrancières et mortifères, encore aggravés par la « révolution industrielle » et/ou « numérique » qui ont placé les machines à la manœuvre, au détriment de nos humbles et sensées aspirations humaines.

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  • Ernesto // 24.04.2021 à 16h55

    @Grd-mère Michelle
    Je partage votre indignation et la dénonciation de tous les maux qui nous empêchent de vivre « des jours heureux », quel que soit notre lieu de naissance. Mais pourquoi le mot « capitalisme » est-il absent de tous vos commentaires? C’est pourtant bien le système d’exploitation et d’aliénation qui règne en maître absolu sur toute la planète (y compris en Russie et en Chine).

    Que faudrait-il faire pour que « nos humbles et sensées aspirations humaines » puissent voir enfin le jour? Sont-elles compatibles avec la perpétuation d’un capitalisme mortifère qui certes est une formidable machine à créer des richesses (accaparées par une toute petite minorité), mais qui broie aussi les individus qui en sont à l’origine, au nom du sacro-saint profit et de l’accumulation financière infinie.

    Mal nommer les choses c’est ajouter du malheur au monde disait Albert Camus, dénoncer ne suffit pas, il faut identifier les causes du mal et oser défricher un chemin inédit vers l’émancipation et donc penser le postcapitalisme. Nous ne serons jamais de trop pour mener à bien cette tâche indispensable.

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    • Grd-mère Michelle // 24.04.2021 à 19h38

      Bien sûr que j’ai toujours réprouvé le capitalisme, système économique qui consacre la loi du plus fort(du plus riche, donc plus armé). Est-ce que cela n’apparaît pas dans mes divers commentaires?
      Mais quand on constate, comme vous le faites, qu’il a perverti des pays ayant choisi, en leur temps, le communisme, je préfére le nommer « Grand Marché ».
      De toute façon, ce système se mord la queue et est déjà en train de s’écrouler(de moins en moins d’enthousiasme de la part des « consommateurs » de plus en plus désargentés, impossibilté de fourguer sa camelote).
      Donc, oui, il faut penser le post-capitalisme (pour tenter d’éviter la dictature et/ou la barbarie qui nous pend au nez) et œuvrer autant que possible au sein de groupes proposant une autre vision de la société, plus émancipatrice et plus partageuse (malheureusement, ils ont la particularité d’avancer en ordre dispersé, ce qui n’est pas leur moindre défaut!)
      Mais il faut surtout cesser de se compromettre, de faire des choix « par facilité », des sourires par complaisance, des cadeaux intéressés, bref nous extirper de cette mentalité compétitive qui nous tue à petit feu. Et nous départir de l’espoir des « hommes providentiels », ainsi que vous l’avez très bien exliqué sur une page précédente, pour faire confiance à l’intelligence collective de l’humanité, heureusement pas encore tout-à-fait robotisée.

        +1

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  • Kokotrey // 24.04.2021 à 20h39

    Très beau texte qui pose clairement le problème de l’indépendance de l’Europe et du concept de la Globalisation. L’Allemagne a defini une doctrine claire: sortir du nucléaire pour ce qui est des sources d’énergie. Et sa position est cohérente par rapport à ce choix. Il revient donc aux Allemands et à ses élites politiques de soutenir ce projet. Il va sans dire que les raisons que les USA évoquent pour interdire ce projet sont triviales et inacceptables pour un pays vraiment indépendant comme l’Allemagne. L’arrière pensée n’est-elle pas la place qu’occupe l’Allemagne en Europe sur le plan économique qu’on veut affaiblir ? Une analyse comme une autre.

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  • Pierre // 25.04.2021 à 12h56

    Ce qui est étrange, c’est de constater à quel point les États Unis voit encore la Russie comme une menace. On se croirait revenu en pleine guerre froide entre le bloc de l’URSS et le bloc Étasuniens….Alors pourquoi, les États Unis sont-ils encore bloqué sur cette image ou bien n’y aurait-il pas d’autres considérations géo-politique?
    Pour ma part, je reste persuadé que le seul ennemi mortel des États Unis, c’est la Chine et que l’affaiblissement de la Russie fait parti de leur plan pour continuer à les encercler. Faire tomber la Russie dans l’escarcelle des occidentaux, c’est aussi privé les Chinois des ressources Russes et d’un allié potentiel en cas de conflit militaire.
    Ceci dit, il n’est pas impossible non plus que certains Démocrates et Républicains américains soient resté bloqué dans les années 80…..parfois la chute d’un Empire vient aussi de la crétinisation de ses élites….

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  • xavier37 // 25.04.2021 à 13h03

    Carte des implantations des terminaux gaziers européens
    https://selectra.info/energie/guides/comprendre/gnl

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  • Saïd Herta // 26.04.2021 à 14h43

    Pendant ce temps , l’administration Biden a réactivé le projet N-DAPL (en dépit d’un rendu de la courre suprême) qui est inutile, polluant, dangereux, va accroître la dépendance des USA aux sables bitumineux de l’Alberta vendu par ces infâmes Canadiens qui stérilisent une des dernière forêt primaire pour l’extraire et augmenter encore les émissions de CO2 des USA.
    Il suffirait qu’ils nous expliquent pourquoi ce qui est mauvais pour nous est bon pour eux parce que là niveau logique, c’est super dur …
    Ah oui , juste une dernière chose ; quand on fait une alliance : on ne se contente pas d’un seul drapeau sur la photo ,déjà c’est une grosse faute de protocole et ensuite niveau image ça donne une bonne mesure de la considération qu’on ceux dont on voit le drapeau pour tout le reste de l’alliance : inexistants.
    Sérieux, moi à la place de Merkel ou de Macron, nier l’existence de mon pays : c’est plus un incident diplomatique ; c’est un Casus Belli.

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  • blue // 28.04.2021 à 00h08

    « La Russie a continuellement défié les normes mondiales, les frontières souveraines et le droit international. Nous serions stupides de permettre à Vladimir Poutine d’avoir une emprise plus forte sur nos alliés européens et le marché mondial de l’énergie. » What ? Mieux vaut lire ça que d’être aveugle, non ? Michel Audiard en ferait une de ses répliques phares dans un de ses prochains dialogues si il était encore de ce monde ! Au hasard à propos des normes internationales : Yougoslavie ? Kosovo (non reconnu par 48% des pays qui siègent à l’ONU) ? Afghanistan ? Irak 1 puis Irak 2 ? Libye ? Syrie ? Yemen ? Ukraine ? N’en jetez plus, de toutes façons ils sont tous morts déchiquetés sous les GBU39.

      +1

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