Source : L’avenir.net, Thierry Dupiereux, 14-11-2015

La France en état d’urgence ou en état de guerre? Les apparences sont parfois trompeuses.-AFP

Le mot est écrit et prononcé à foison depuis hier soir. «Guerre » s’impose dans le vocabulaire post-attentat. Drôle de guerre en vérité qui recouvre beaucoup de choses au point de devenir une abstraction mise à toutes les sauces rhétoriques.

C’était assez prévisible. Suite aux attentats parisiens, les «philosophes people » que sont Bernard-Henri Levy et Michel Onfray ne pouvaient se priver de prêcher la bonne parole dans un tweet concis et percutant.

Pour BHL, le message tenait en quelques mots: «Charlie était un symbole. Là, c’est une guerre». Onfray, lui s’est montré plus disert, aux limites de ses 140 signes réglementaires: «Droite et gauche qui ont internationalement semé la guerre contre l’islam politique récoltent nationalement la guerre de l’islam politique ».

On connaît les bagarres «intellectuelles » qui opposent les deux hommes. On notera tout de même que dans ce cas-ci, tous les deux se sont mis à un certain diapason lexical où le mot «guerre » est lourd de sens.

« Les pires actes de violence en France depuis la Seconde Guerre mondiale ! »

 

Le terme de «guerre » a aussi été lâché par François Hollande. « Un acte de guerre » a-t-il déclaré. « Oui, nous sommes en guerre » a confirmé Manuel Valls aux journaux télé de 20h00. Dans la rue également, le mot circule, car c’est à de «véritables scènes de guerres » qu’ont été confrontés les Parisiens. Le Premier ministre britannique David Cameron n’a pas été en reste qualifiant les événements de la nuit dernière comme les «pires actes de violence en France depuis la Seconde Guerre mondiale ».

Côté belge on épinglera, le message de la présidente du Sénat, Christine Defraigne envoyé à son homologue français, Gérard Larcher où l’élue MR affirme que «la Belgique se réveille, elle aussi, prête au combat, prête à soutenir, là où elle le peut, l’offensive lancée par sa voisine, littéralement sur pied de guerre ».

D’autres prononcent encore le mot, mais pour l’éluder. C’est le cas du chef du gouvernement espagnol Mariano Rajoy qui a estimé que nous n’étions pas «face à une guerre de religion, mais face à une lutte entre la civilisation et la barbarie ».

Tous ces exemples placent, au gré des discours, la guerre en tant que métaphore, état de fait, référence historique ou encore message politique. L’utilisation intensive du terme interpelle car dans une guerre, il y a généralement plusieurs camps, clairement identifiés. Ici ce n’est pas le cas et le mot guerre se trouve un peu vidé de sa substance.

« GUERRE n.f.: lutte armée entre États, considérée comme un phénomène historique et social . »

 

Faire la «guerre», bien, mais contre qui exactement? Hier, l’EI a présenté son attaque parisienne comme une riposte à la participation française contre Daech en Syrie. Après l’attentat, Bachar al-Assad, le président syrien, ennemi de Daech lui aussi, mais sévèrement critiqué par Paris, a pris le contre-pied de la compassion diplomatique généralisée en estimant que la France avait contribué à «l’expansion du terrorisme », un terrorisme contre lequel Bachar affirme aussi être en guerre. Les fronts de celles-ci sont définitivement loin d’être clairs.

La guerre contre le terrorisme en soi, n’existe pas. Ce mot dans son acceptation première est une «lutte armée entre états, considérée comme un phénomène historique et social » (Larousse). Il est à manier avec précaution parce qu’il induit certains effets collatéraux comme la suppression (momentanée) de certaines libertés, le renforcement des pouvoirs de l’exécutif, l’instauration de règles spéciales…

Ainsi lorsque François Hollande lâche que c’est un «acte de guerre », il n’est pas anodin que dans la foulée, les préfets évoquent des «couvre-feux » ou des «restrictions de libertés individuelles ». Il y a une suite logique, sémantique.

« On ne rend pas service à la population en utilisant ce terme »

 

La guerre contre le terrorisme s’est substituée à la lutte antiterroriste comme cela avait été le cas sous l’administration Bush au lendemain des attentats contre les Twin Towers. C’est comme si le degré de riposte avait monté d’un cran et qu’on allait voir ce qu’on allait voir, laissant maladroitement et paradoxalement entendre que jusqu’ici, tout n’avait pas été fait pour enrayer le terrorisme.

Alors, contre-productive l’utilisation du mot guerre? Contacté ce samedi, Michel Liégeois, spécialiste en relations internationales et défense de l’UCL, n’est pas loin de le penser. «On ne rend pas service à la population en utilisant ce terme. C’est simplifier à outrance un conflit complexe asymétrique, multiforme avec un mot inapproprié. Disons qu’on en escompte peut-être une mobilisation générale derrière le chef de l’État».

Et si ce mot n’était finalement utilisé que de guerre lasse?

Source : L’avenir.net, Thierry Dupiereux, 14-11-2015

 

L’editorial du Guardian: Nous devons rester fermes après les attaques de Paris

Source : The Guardian, 16-11-2015

 

Vigile à Kathmandu, Nepal, au mémoire des victimes des attaques de Paris. Photograph: Sunil Sharma/Demotix/Corbis

Avant d’évoquer quoi que que soit d’autre, parlons des victimes. Au milieu du bruit qui suit un épouvantable acte de violence, au milieu du vacarme des débats et des argumentaires, il est facile de ne plus entendre la seule douleur de l’événement. Paris déplore la perte d’au moins 132 personnes qui, ce vendredi, se livraient à des activités inoffensives et heureuses: manger ensemble, regarder ensemble un match de football, écouter de la musique ensemble. Ils sont morts aujourd’hui, assassinés dans des circonstances absolument terrifiantes. Les survivants, les blessés, les Français tous ensemble, déjà blessés par les attaques meurtrières de Janvier, sont sous le choc. Dans leur perte, leur deuil, leur douleur, nous sommes avec eux.

Le Président Français a répondu aux tueries parisiennes en les qualifiant de déclaration de guerre. Cela semble incontestable. Parler des tirs et des explosions de vendredi soir comme de simples crimes, comme s’ils n’étaient qu’une suite de meurtres commis par des gangs urbains, passe à côté de quelque chose d’important. Ces meurtres ont été coordonnés, méticuleusement planifiés et, selon des témoins visuels, effectués avec une précision froide et militaire. François Hollande n’a pas, pour rien, parlé de confrontation avec « l’armée » d’EI (Etat islamique).

Et même si EI voulait réellement que cette nuit de massacre soit une déclaration de guerre, cela ne signifie pas que la France – ou le reste du monde-doive lui retourner le compliment. Parce que cela serait en effet un compliment. Déclarer la guerre à EI reviendrait à le flatter, lui accorder la dignité qu’il recherche avidement. Ce serait lui accorder le statut d’Etat, qu’EI revendique mais ne mérite pas. Cela reviendrait à confronter cette organisation meurtrière selon des termes qu’elle choisit elle-même, plutôt que selon nos propres termes.

De plus, ce type de rhétorique a un passé récent malheureux. En 2001, George W Bush a également étiqueté 9/11 comme une déclaration de guerre. Mais ce registre de guerre, autorisant implicitement son lot de mesures extrêmes, a conduit les USA et leurs alliés à prendre plusieurs décisions désastreuses.

Leur impact se ressent aujourd’hui encore, presque 15 ans plus tard. On peut inclure dans cette catégorie la chute orchestrée de l’Irak et l’incubation d’EI qui s’en est suivie.

Le vocabulaire de guerre posent un autre problème également: qui en est réellement partie prenante? M. Hollande parlait au nom de la France. Mais le massacre de Paris fut également perçu comme une attaque contre l’Europe, y compris contre les valeurs européennes. Il est clair qu’EI ne se confine pas à cette cible, car il attaque tous ceux qui tentent de faire barrage à son appel destructif à la haine sectaire. Jeudi dernier, une bombe a tué 43 personnes à Beyrouth. Le lendemain matin, un kamikaze a tué 18 personnes à Bagdad. Les deux attaques ont été attribuées à EI. Et il y a à peine quinze jours, un avion russe transportant 224 personnes a été détruit en vol dans le ciel égyptien, à nouveau, apparemment, un acte d’EI ou de ses affiliés. Et il ne faut pas oublier que les victimes les plus nombreuses d’EI ne sont pas des Occidentaux mais les musulmans qui ont la malchance de vivre dans giron mortel de ce groupe au Moyen-Orient.

Alors comment faut-il répondre? Il y a déjà eu un appel, qui ne fera sans doute que s’amplifier, à changer certains aspects de la démocratie, et tout particulièrement de la vie européenne, qui nous rendent vulnérables aux attaques. Il est naturel et humain qu’en présence d’une menace, on veuille fermer les frontières, interrompre la vague de réfugiés, et renforcer les pouvoirs de ceux qui nous protégeraient.

Dans ce climat, il peut être impopulaire d’appeler à la réflexion et l’examen. Mais si l’on a le sentiment que les valeurs de l’Europe sont en danger, alors la dernière façon de protéger ces valeurs seraient de les démanteler. Le message moral pour que l’Europe soit un lieu de refuge doit rester inchangé malgré ce qui s’est passé vendredi. L’allégation selon laquelle l’un de meurtriers serait venu en Europedéguisé en réfugié est éminemment suspecte, la prétendue preuve qu’un passeport syrien a été retrouvé reste hautement discutable. Beaucoup de ceux qui fuient la Syrie le font pour fuir EI. A tout prendre, ces réfugiés pourraient potentiellement représenter un atout majeur dans la lutte contre ce groupe meurtrier.

En Grande Bretagne, certains verront dans la nouvelle loi de Theresa May, édictant de nouveaux pouvoirs d’investigation, une mesure encore plus urgente désormais, après le drame à Paris. Mais jusqu’à ce qu’il soit démontré que la surveillance de masse aurait pu faire la différence dans le scénario mortifère qui vient de ce produire, cet argument doit rester là où il est. Notre point de vue de départ demeure que la surveillance de masse, celle de chacun d’entre nous, n’est ni nécessaire ni efficace. Quand les agences de renseignement recherchent une aiguille dans une botte de foin, rajouter du foin n’est pas la solution. Lorsqu’elles ont besoin d’enquêter sur un individu ou un groupe, elles doivent s’assurer d’avoir au préalable – et normalement elles l’obtiennent- l’autorisation légale de le faire. Par ailleurs, s’il était besoin de le répéter, les sociétés européennes ne défendent pas leurs valeurs lorsqu’elles se retournent contre leurs citoyens musulmans – au contraire, elles violent ces valeurs.

Ce qui nous ramène à la Syrie. La défaite d’EI en Syrie ne fera pas totalement disparaître la menace de la violence djihadiste, mais elle constitue une étape indispensable pour avancer vers cet objectif. Cela nécessite sûrement une action militaire, mais cela ne signifie pas que l’Occident doive prendre en charge tous les combats. La reconquête de Sinjar au Nord de l’Irak, où EI a dû reculer vendredi dernier, est à ce propos pleine d’enseignements. La combinaison d’avions militaires américains dans le ciel et de combattants kurdes au sol s’est révélée décisive. Mais le cœur de la réponse doit aussi être diplomatique.

Les pourparlers de Vienne samedi dernier ont rassemblé des protagonistes disparates, notamment la Russie, les USA, l’Iran et l’Arabie Saoudite. Il se peut qu’aujourd’hui – dans la mesure où la Russie réalise que son soutien acharné à Bashar al-Assad se paie d’un lourd tribut – ces pays arrivent à se montrer enfin à la hauteur. Le moment est peut-être venu d’aligner des intérêts auparavants conflictuels. Nous exhortons les autorités de tous ces pays à saisir ce moment – au nom de la Syrie, au nom des innocents morts à Paris, au nom de notre avenir commun.

Source : The Guardian, 16-11-2015

 

ATTAQUES DE PARIS : FAUT-IL PARLER DE “GUERRE” ?

La presse étrangère plus prudente que les médias français

Source : Suite de l’article à lire sur Arrêt sur images, Vincent Coquaz, 16-11-2015

Peut-on vraiment parler de “déclaration de guerre” comme l’a fait François Hollande pour qualifier la série d’attentats du vendredi 13 novembre à Paris et Saint-Denis ? Et peut-on qualifier de “scènes de guerre” ou même de “situation de guerre“, comme on a pu le lire dans la plupart des médias, ces attaques qui ont causé la mort d’au moins 129 personnes ? Contrairement aux médias français, la presse étrangère (et une poignée de spécialistes français) s’interrogent depuis vendredi.
Un acte de guerre.” C’est en ces termes que François Hollande a qualifié les attaques de Paris et de Saint-Denis du vendredi 13 novembre 2015, qui ont fait au moins 129 morts, lors de sa première allocution. “Nous sommes en guerre“, insistait-il aujourd’hui, devant le Congrès réuni à Versailles. “Oui nous sommes en guerre, et nous frapperons cet ennemi, Daesh“, insistait Manuel Valls le lendemain. Un terme repris par certains dirigeants étrangers, dont Jan Jambon ministre de l’intérieur belge. Et un terme repris surtout sans distance par la quasi-totalité de la presse française.

Pourtant, certains experts, du djihadisme ou des terrains de guerre, s’interrogent depuis vendredi sur la pertinence de ce terme. Le mot “guerre” pose par exemple problème au photographe de l’AFP, Dominique Faget, l’un des premiers journalistes sur place vendredi soir et qui a photographié pendant plusieurs heures “les rescapés et les victimes qui ont réussi à s’enfuir du Bataclan“.
Source : Suite de l’article à lire sur Arrêt sur images, Vincent Coquaz, 16-11-2015

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51 réponses à Attentats à Paris : cette guerre qui ne dit que trop son nom

Commentaires recommandés

Nora Le 21 novembre 2015 à 18h43

Je suis française de confession musulmane et j ai entièrement confiance dans le discernement des français musulmans et dans l intelligence des français athée ou croyants (ce site le démontre chaque jours)
Ne jouons pas le jeu de la peur et la terreur que veulent nous imposer les marchands de canons
Oui nous voulons la paix et nous sommes capable de vivre ensemble
Pour aller a contre courant de ces élus corrompus et des merdias je vous propose d échanger un sourire, un bonjour ou une conversation avec une personne musulmane
J ai vu ce matin au marche trop de visage inquiet trop de peur des les yeux
Si nous avons peur nous sommes déjà mort. Non a peur oui a la vie. avez vous d autres propositions?

  1. Eric83 Le 21 novembre 2015 à 18h28
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    Pour ma part, j’ai entendu plusieurs personnes, notamment, des officiers militaires dire que nous ne sommes pas en guerre car aucun Etat ne nous a déclaré la guerre. L’EI se revendique Etat autoproclamé mais celui-ci n’est pas reconnu par la communauté internationale et n’est donc pas un Etat.

    Les attentats de Paris sont des actes terroristes perpétrés par des terroristes.

    Mais employer le mot “guerre” à foison permet de donner l’impression au peuple désinformé et sous l’influence de la propagande que le gouvernement est légitime dans sa politique toujours plus guerrière et sécuritaire.

    Et le pire, c’est que cela marche. Un sondage paru aujourd’hui donnerait 75% de français d’accord pour intensifier les interventions militaires en Syrie. Ils devraient regarder l’intervention de A Chouet en 2010 et comprendraient que ce n’est surtout pas la bonne voie !

    http://videos.senat.fr/video/videos/2010/video3893.html


    • Homère d'Allore Le 21 novembre 2015 à 20h19
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      Maintenant, la guerre d’Algérie a duré très longtemps pour être qualifiée de “guerre”. Et là aussi, il n’y avait pas d’Etat ayant déclaré la guerre…

      Je pense que, depuis que nous ( enfin quand j’emploie ce nous, c’est pour désigner notre gouvernement qui l’a fait sans l’assentiment du peuple ou de l’Assemblée nationale) avons armé des rebelles en violation d’un embargo de l’ONU, nous sommes en situation de guerre.


  2. Jaime Horta Le 21 novembre 2015 à 18h31
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    Toutes les trahissions vis-à-vis des peuples et des nations occidentales, à travers des politiques occultes (et pour cause) de soumission et de petits arrangement avec les puissances pétrolières, ont été largement dénoncées dans leurs détails par Bat Ye’or et Oriana Fallaci.

    Dans les années 90 au lieu de protéger les citoyens des métastases de la guerre civile algérienne, nous les avons largement importé sur le territoire avec tapi rouge, et leur avons remis clé en main les populations de culture arabo-musulmane “Crime sans Châtiment” de Jean Loup Izembert https://www.youtube.com/watch?v=2NLVDJmPT4E

    Ci-dessus nous avons les causes.

    Aujourd’hui avec l’affaire syrienne et le terrorisme islamique sur notre territoire, malgré la propagande de la République qu’ils n’arrivent même plus à maitriser, cela prend l’eau de toute part, ainsi il est temps de demander des comptes.


  3. Nora Le 21 novembre 2015 à 18h43
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    Je suis française de confession musulmane et j ai entièrement confiance dans le discernement des français musulmans et dans l intelligence des français athée ou croyants (ce site le démontre chaque jours)
    Ne jouons pas le jeu de la peur et la terreur que veulent nous imposer les marchands de canons
    Oui nous voulons la paix et nous sommes capable de vivre ensemble
    Pour aller a contre courant de ces élus corrompus et des merdias je vous propose d échanger un sourire, un bonjour ou une conversation avec une personne musulmane
    J ai vu ce matin au marche trop de visage inquiet trop de peur des les yeux
    Si nous avons peur nous sommes déjà mort. Non a peur oui a la vie. avez vous d autres propositions?


    • LA ROQUE Le 21 novembre 2015 à 19h05
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      Oui Nora, il faut parler,expliquer,mais surtout aux Français qui ne sont pas musulmans, car il me semble que les Français de confession musulmane sont bien plus au courant.
      Je me suis trouvé en formation cette semaine et à un moment donnée la discussion est arrivée sur les attentas et là je me suis vite aperçu qu ‘il y avait un manque d’informations et d’analyses.
      Lorsque j’ ai exposé mon point de vue j’ai senti des interrogations d’installées, bref peut être
      l ‘étincelle nécessaire pour commencer à se forger une auto défense intellectuelle.


    • imagine Le 21 novembre 2015 à 19h50
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      Entièrement d’accord avec vous Nora, mais juste une question :
      comment reconnaître une personne musulmane ?
      Je veux dire par là, mon boulanger est d’Afrique du nord mais est-il musulman ? Je ne le sais pas.
      Je vais souvent manger un couscous à côté de chez moi, mais le patron est-il musulman ? Je ne le sais pas.
      J’ai des élèves qui se prénomment Nasri, Mehdi, Nora ? Sont-ils musulmans ? Je ne le sais pas.


      • atanguy Le 21 novembre 2015 à 20h03
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        @imagine
        Echange un sourire, un bonjour ou une conversation avec tout le monde ça suffira.


    • LPP Le 21 novembre 2015 à 20h14
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      Merci pour votre commentaire. Je pense que beaucoup de conneries sont proférées sur les musulmans par nos merdias. C’est même une évidence. Et comme à chaque fois on nous ressort le Coran. Il faudrait toujours faire préciser de quels musulmans on parle : wahhabites, salafistes et frères musulmans sont des extrémistes et il faut que les français le sachent.
      Maintenant je rêve d’une émission qui nous explique ce que c’est qu’être un bon musulman pour les musulmans normaux. Comment les gens ordinaires pratiquent leur spiritualité. Qu’est-ce que cela représente pour eux. Comment ces témoins cruciaux intègrent leur pratique dans la vie de tous les jours. Quel sont leurs espoirs et quelle est leur sens moral.
      Je pense que beaucoup de français seraient intéressés par comprendre tout cela à leur petit niveau sans prétention et sans préjugés.
      Il faut militer pour avoir ce genre de reportage nature à des heures de grande écoute. Nous conserverons ainsi notre tranquillité, notre humanité et surtout la paix civile.


    • FDM Le 21 novembre 2015 à 20h40
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      + 1 Nora

      Un avis que je partage entièrement.

      D’ailleurs:

      “Les amalgames mènent au terrorisme, il est grand temps d’opter pour l’intelligence”

      http://www.levif.be/actualite/belgique/les-amalgames-menent-au-terrorisme-il-est-grand-temps-d-opter-pour-l-intelligence/article-opinion-435285.html

      Bonne soirée.


    • LBSSO Le 21 novembre 2015 à 22h14
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      Bonsoir Nora ,
      je suis vraiment désolé que vous ayez ressenti le besoin,la nécessité d’écrire votre commentaire.J’ai beaucoup “posté” ces deux derniers jours.Mais si j’avais su je n’aurais écrit que celui-ci pour vous remercier.Alors :”Nora, merci”.


    • TuYolPol Le 22 novembre 2015 à 09h47
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      Merci Nora, ça fait du bien.
      J’imagine le courage qu’il faut aux gens comme vous qui veulent vraiment travailler à démonter le repli et la peur. C’est nécessaire et beaucoup plus difficile qu’un simple bonjour, nous savons ce qu’est la whatever-phobie et comment elle peut se manifester.
      Se rapprocher, se connaître, comprendre, c’est le travail des gens.
      Faire comprendre, c’est le travail d’internet, parce que c’est les gens qui le font.
      Attiser les pulsions, c’est ce que font les merdias, parce que c’est devenu leur métier.
      Courage.


    • Philippe30 Le 22 novembre 2015 à 09h53
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      Merci pour votre commentaire Nora

      Philippe


  4. Chakravartine Le 21 novembre 2015 à 18h58
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    Officiellement nous sommes en guerre contre le gouvernement d’Al-Assad, la preuve est que nous intervenons sous la charte de l’ONU. Mais de là à être, par extension, en guerre contre l’EI sur le territoire syrien sans l’accord du gouvernement d’Al-Assad, c’est un peut l’histoire du gars qui vous demande s’il peut utiliser vos toilettes et qui commence à repeindre vos murs avec son caca.

    Il y a aussi cette ambiguïté entre guerre contre le terrorisme ou contre l’EI. L’EI utilise le terrorisme pour arriver à ses fins mais le terrorisme ce n’est pas seulement l’EI, c’est aussi Al-Qaïda, Boko Haram, l’ETA, l’IRA, etc … et encore ce n’est qu’un aspect du terrorisme car le fait d’armer des groupes rebelles afin que ceux-ci renversent un gouvernement démocratiquement élu, c’est aussi du terrorisme. Alors si la France est en guerre contre le terrorisme, c’est comme si elle se faisait une guerre à elle-même et c’est bien ce qui se passe dans les faits car les djihadistes sont de nationalité française jusqu’à preuve du contraire. Lorsque le gouvernement vote la loi sur le renseignement, c’est bien pour surveiller les français avant tout, nan? De fil en aiguille on remarque non-seulement qu’on est en face d’une guerre non-conventionnelle, mais qu’on est sur le point d’évoluer vers l’utilisation de méthodes non-conventionnelles afin de combattre le terrorisme comme le font les Etats-Unis ou Israël, càd les assassinats (ce qui est déjà le cas sur le territoires syriens contre certains djihadistes français), la torture et, dans le pire des cas, le nettoyage ethnique pure et simple et ce au nom de la guerre contre le “terrorisme”.

    Enfin, je ne veux pas alarmer les français mais si aujourd’hui on arrive à nous vendre une guerre contre le terrorisme “islamiste”, demain on nous vendra quoi? Une guerre contre le terrorisme “dissident”? Une guerre contre le terrorisme “anti-européen”?

    Le terrorisme ne vise pas des symboles, il vise des personnes et celui qui dit le contraire est soit un philosophe à deux balles, soit un terroriste.


    • Eric83 Le 21 novembre 2015 à 19h33
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      “Officiellement nous sommes en guerre contre le gouvernement d’Al-Assad,la preuve est que nous intervenons sous la charte de l’ONU.”

      Vous devez confondre charte de l’ONU et résolution de l’ONU. Il n’y a pas eu de résolution de l’ONU puisque la Russie s’y est opposée.

      L’intervention militaire de la France comme celle des USA ou de l’OTAN est illégale au regard du droit international.


      • Subotai Le 21 novembre 2015 à 19h49
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        Toutafè.
        Même la récente résolution post vendredi 13 n’a pas été signé sous le Chapitre 7.
        La guerre que mène la France en Orient est illégale au terme des lois françaises et internationales. Pour ce que valent les lois quand il s’agit de prédater!


      • Chakravartine Le 21 novembre 2015 à 19h52
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        Autant pour moi, je croyais qu’on armait les terroristes “modérés” et bombardait les terroristes “non-modérés selon la longueur de la barbe” en tant que membre permanent du Conseil de Sécurité de l’ONU, et prétendante gardienne de valeurs universelles. Donc on m’aurait menti?


  5. Arcousan09 Le 21 novembre 2015 à 19h17
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    Nous, français avons fait la guerre à la Libye …
    Nous, français avons fait la guerre comme partenaire de OTAN à l’Afghanistan, Syrie, Irak …

    Que je sache aucun de ces pays ne nous a déclaré la guerre !!!!

    Alors, comme les mots ont un sens, ce que les médias aux ordres semblent ignorer superbement, parlons donc d’agression ou d’acte de guerre …. mais pas de guerre !!!

    Le formatage et la manipulation, au prétexte d’information, provoquent des ravages dans les cervelles de ceux qui n’ont pas la capacité de réfléchir ou de se documenter ….

    Il est vrai que nous avons, au sens des médias aux ordres, “pacifié” et “démocratisé” tous ces pays (à coup de canon) avec les résultats mirobolants que nous ne pouvons que constater …

    Alors plutôt que de nous poser en victimes posons nous une seule question: ne sommes nous pas les responsables de ces réactions en réponse au comportement autistique d’un “gouvernement” qui ne fait qu’obéir aux ordres venus des faucons US, bien à l’abri, eux, sur le continent américain.

    Un attentat à Paris et la plupart des pays réagissent, 200 morts dans l’avion russe ….bof !!! ce ne sont … que … des russes, Un attentat au Liban … réaction confidentielle, des attentats journaliers dans les pays du moyen orient si bien pacifiés et démocratisés par l’Occident …. passez il n’y a rien à voir.
    Ce sont pourtant des humains dotés de sensibilité, sensibles et éprouvés tout comme nous le sommes.

    Alors: pourquoi deux poids …. deux mesures ??????


  6. Nora Le 21 novembre 2015 à 19h23
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    @la roque
    Ok c est noté. Je sais que cela n est pas toujours facile, mais il faut continuer a en parler autour de soi….


  7. Charlie Bermude Le 21 novembre 2015 à 19h37
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    Judicieux de souligner ce battage publicitaire , qui consiste à masquer que justement nous ne faisons pas la guerre au terrorisme .
    Du coup je voudrais jeter un coup de projecteur sur un effet collatéral mais pas secondaire de la stratégie Russe .
    La Russie saisit l’occasion de son intervention en Syrie pour en faire une vitrine de son matériel , kalibr , soukhois , brouillage informatique . C’est évidemment bon pour les affaires mais excellent au point de vue stratégique , parce que par là , elle touche au coeur ( enfin ce qui lui tient de coeur , son portefeuille) , l’état profond US , véritable maitre d’oeuvre du terrorisme : le complexe militaro-industriel .


    • Patrick Le 21 novembre 2015 à 20h28
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      N’oublions pas que historiquement après la première guerre mondiale,nous étions les défenseurs de la Syrie,et défenseurs des minorités chrétiennes ,ce rôle de temporisateur a été abandonné pour suivre aveuglement la politique suicidaire US suite à l’éclatement de l’URSS.


    • Astatruc Le 21 novembre 2015 à 20h41
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      Charlie Bermude

      ” enfin ce qui lui tient de coeur , son portefeuille”
      Pas si sûr.et puis, c’est très réducteur de la Russie.

      Elle est riche, elle aurait pu choisir de continuer à trafiquer ave les banksters, comme sous Eltsine, vendre son pays au plus offrant sans se ce soucier de son peuple et pour l’instant, elle le fait pas.
      Bref.

      Vous voyez la Russie a une attitude diamétralement opposée à la notre ;Elle vient de faire la réouverte de la plus grande mosquée d’Europe.

      à noter, “Le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas assistait à l’inauguration”

      http://www.leparisien.fr/international/russie-vladimir-poutine-inaugure-la-plus-grande-mosquee-d-europe-a-moscou-23-09-2015-5119543.php#xtref=https%3A%2F%2Fwww.google.fr

      Pourtant, la Russie a souffert d’attentats d’extrèmistes religieux se réclamant de l’Islam.


      • TuYolPol Le 22 novembre 2015 à 09h55
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        @Astatruc Euh, Charlie Bermude parlait du coeur-portefeuille de l’état US. Il fallait lire jusqu’à la fin 🙂 Donc, vous êtes d’accord.
        Moi aussi d’ailleurs.


      • Alain C Le 22 novembre 2015 à 10h17
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        @Astatruc

        Il me semble en relisant bien votre commentaire que vous faites une confusion:

        En parlant de son “coeur, son portefeuille”, Charlier Bermude parlait de celui des US, et non pas de la Russie

        Ceci rectifié, je suis entièrement d’accord avec vous


    • Arcousan09 Le 21 novembre 2015 à 20h49
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      Quand je parle de information/manipulation:

      Aux “infos” sur A2 de ce soir: les bombes russes tuent des civils !?!?!?

      Parce que les nôtres: Non !?!?!?

      Il est vrai que comme les délirants U.S. nous avons des bombes dites “propres” qui servent à des frappes dites “chirurgicales” … vous savez ces bombes qui en explosant ne tuent que les méchants.

      A qui voulez vous faire avaler cette fable ?????
      Une bombe est une bombe.
      Une bombe sert à tuer. A tuer aussi bien les djihadistes que les civils: hommes femmes enfants tous confondus.

      Cessez donc de nous prendre pour des débiles mentaux, messieurs et mesdames du milieu politique et du milieu des médias …. aux ordres.


      • Patrick Le 21 novembre 2015 à 22h34
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        Bien sur que nos bombes “ne tuent pas de civil” mais que des terroristes extrémistes,par contre les russes envoient des bombes modérées sur les terroristes modérés ils sont en retard technologiquement.


        • lvzor Le 22 novembre 2015 à 14h01
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          De toutes façons nous sommes en guerre contre les terroristes et les terroristes sont des civils ; si ce sont des militaires c’est que nous sommes en guerre contre un pays, ce qui n’est pas le cas, n’est-ce pas? Alors où est le problème?

          (juste un exemple de jésuitisme) 😀


  8. imagine Le 21 novembre 2015 à 19h40
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    Combien de morts algériens à Paris en 1961 ? Combien le 17 octobre 1961 ?


  9. Patrick Le 21 novembre 2015 à 20h01
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    Je croyais que l’on faisait déjà la guerre contre ACMI au sahel ,et que leurs frères Al Nostra étaient de bons terroristes. Nos pauvres soldats ne doivent plus comprendre grand chose.Mais nous avons la chance que “l’ancien maire de Tulle”puisse décider de la” guerre” seul,notre grand timonier (de la repentance) est infaillible,et nous avons la chance que toute la classe politique suivi des “journalistes “spécialistes,experts,analystes psychologues,sociologues,sondeurs,philosophes,polémistes…..(tous payés par nos impôts ou payés par des milliardaires subventionnés encore par nos impôts)…daignent informer le peuple SANS populisme
    .Le terrorisme est une tactique dans une stratégie,comment fait on la guerre à la blitz kriek par exemple,on se fout de notre gueule.


  10. Subotai Le 21 novembre 2015 à 20h13
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    Je voudrai signaler ce commentaire lu sur @SI suite à l’émission sur “Démontez les rumeurs”
    http://www.arretsurimages.net/forum/read.php?5,1476925,1477170,page=11#msg-1477170

    Faites le tourner parce qu’il montre le cœur même de la situation que nous vivons.

    ***************

    Par Jarogne 07:32 le 21/11/2015
    Re: 13 novembre : “Démontez les rumeurs, BFM ! Démontez-les en continu !”
    Rencontre plutôt décevante.

    A propos des “rumeurs” sur le net, aucun des intervenants ne mentionne l’effet Streisand.

    Le boss de BFM a totalement raison de refuser de faire caisse de résonnance en démentissant des rumeurs de faible ampleur: ils y passeraient leur temps pour un résultat nul, voire contre-productif.

    On retrouve encore l’inculture de Daniel et de ses collègues en matière de sciences humaines et psychologiques: omnubilés par leur propre métier, il pensent qu’en matière de vérité et de croyance, tout est question d’information juste et de démenti d’information fausses.
    Si la qualité de l’information est bonne et garantie, alors la vérité et la justice s’emparera des esprits.
    Cela conduit à totalement SURESTIMER la fonction journalistique dans ces affaires.

    C’est voir le truc par le petit bout de la lorgnette: si les gens croient au rumeurs, c’est que leurs affects les PREDISPOSENT à cette croyance (ça les arrange psychiquement): vous pourrez offrir tous les démentis du monde, vous ne pourrez pas grand chose face au BESOIN de croire.

    Pourquoi un grand nombre de jeunes de cité, comme en janvier, croient aux thèses de MANIPULATION?

    Absolument pas parce qu’ils ont été intoxiqués par les réseaux, comme on le dit partout, mais parce qu’ils ont INTERET (sur le plan psychique et celui de leur RATIONALITE PROPRE) à y croire.

    Le cas du faux “HEROS musulman” de Saint-Denis est typique: depuis janvier ces jeunes se sentent blessés et stigmatisés, et certains d’entre eux entrent immédiatement et spontanément en empathie – sans même y réfléchir, mais dès l’annonce du drame – avec ceux qui sont présentés comme les tueurs – et qui SONT effectivement des tueurs – qui leur RESSEMBLENT physiquement, par leur origine, et socialement (de jeunes arabes et noirs).

    Or les jeunes interviewés qui croient dur comme fer à ces thèses – qui sont parfaitement représentatifs de cette minorité “silencieuse” – sont pour la plupart dotés du même sens moral que tout le monde et ne supportent pas plus que quiconque l’horreur des massacres: pour pouvoir rester en “empathie” avec ceux qui sont désignés comme les ennemis publics – et qui leur ressemblent – et pour conserver une forme de défense de l’image qu’ils ont d’eux-mêmes, ces jeunes gens développent des stratégies de CROYANCE:

    -soit en des thèses qui dénient carrément la responsabilité des tueurs: c’est le complot et la machination, c’est-à-dire le DENI pur et simple des faits.
    Le fonctionnement interne du déni est simple: ces terroristes que tout accuse, NOS SEMBLABLES, ne peuvent PAS avoir commis de tels crimes – puisque NOUS-MEMES n’aurions jamais fait une chose pareille. Ou alors si ils l’ont fait, c’est qu’ils ont été MANIPULES, DROGUES etc…

    Le DENI est la forme de défense psychique la plus simple pour se protéger de pensées INSUPPORTABLES, lorsqu’elles menacent de SAPER l’image positive du MOI – absolument indispensable à la structuration psychique du sujet, en particulier chez les jeunes gens – dans un contexte où il est déjà largement affaissé (racisme anti-arabe, discrimination, mise à l’écart).

    Le reportage de Mediapart à Molenbeeck est édifiant:

    Citation:Abdel ne croit « pas du tout » ce qui tourne en boucle sur les chaînes d’information, sur les fils Abdeslam et le cerveau présumé des attentats de Paris, Abdelhamid Abaaoud, Molenbeekois bien connu, mort dans l’assaut lancé ce mercredi dans un appartement à Saint-Denis. « C’est des montages. Comment on peut tenir un coffee-shop et se faire sauter quinze jours après ? Comment on peut être Abaaoud l’homme le plus recherché du monde planqué en Syrie et revenir à Paris incognito en passant les frontières dans un contexte ultra-sécuritaire même en empruntant la route des réfugiés syriens ? », dit le jeune homme en prenant à témoin ses copains.
    Tous lisent là « encore un complot de la Grande Puissance, l’Amérique, la France pour salir les musulmans ». « Si j’envoie par SMS à mon répertoire la question, “croyez-vous aux événements dont les médias nous matraquent depuis vendredi”, 95 % va me répondre “Non” », assure sans ciller Samir, 28 ans et déjà dix de chômage.

    “Salir les musulmans”…tout est là.
    Et vous croyez que c’est en demandant à BFM de faire du démenti de rumeur qu’on changera quelque chosé?

    -la rumeur du “faux héros” musulman de Saint-Denis procède exactement de la même problématique – mais de manière totalement inversée – en “inventant” un fait qui viendrait justement restaurer l”image des “musulmans”.
    D’une certaine manière, cette stratégie, tout aussi pathétique que celle du DENI, est plus positive, car elle en dit long sur l’etat de SOUFFRANCE psychosociale de ces jeunes gens – souffrance qu’il très est mal venu de souligner, et qui est constamment mise en balance par les gens de mauvaise foi avec celle des victimes du terrorisme, la seule qui mériterait d’être vue et entendue.

    Il faut donc cesser avec cette idée complètement stupide de lutter contre “internet” et les “réseaux” qui diffuseraient les rumeurs les plus dangereuses.

    Ces rumeurs n’existent et ne se diffusent que parce qu’il existe un terrain PSYCHOSOCIAL favorable à leur réception et à leur diffusion.
    ****************


    • Astatruc Le 21 novembre 2015 à 20h58
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      Subotai,

      Pas si sûr!
      🙂
      Il apparaît qu’un programme “Adler Scott” a été mis en route sur les réseaux sociaux.

      Les Techcamp.

      où est étudié le potentiel de récupération des jeunes.

      https://www.youtube.com/watch?v=v9KJ9uaU-7g
      à 3:50

      Utilisés fort probablement, d’ailleurs, à d’autres endroits.

      De plus, il me reste un goût acre à la lecture, certes intéressante de ce post de Jarogne mais en définitive, complètement en contradiction avec le réel.
      Ce post est bizarre, il dit, il dit pas, il tourne autour du pot, qu’est-ce qu’il veut dire en définitive?


      • Subotai Le 22 novembre 2015 à 06h52
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        Il veut dire que le propagande existe et fonctionne mais seulement dans le cadre des “croyances” du public visé
        Ces “croyances” étant déterminées par le vécu réel des sujets.
        Les “croyances” s’établissent pour rendre supportable ce vécu.

        C’est valable pour tout le monde et à tous les niveaux
        Les gens en sentiment de danger de mort en reviennent toujours aux divinités et superstitions ad hoc…


        • TuYolPol Le 22 novembre 2015 à 10h32
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          Au Maghreb, on rencontre une opinion compatissante avec la France, d’autant plus en Algérie où une génération a été sacrifiée à cause du terrorisme islamiste, mais très souvent méfiante à l’égard du récit médiatique. Que ce soit pour le 7 janvier ou le 13 novembre, on est facilement prêt à souscrire à l’idée d’une complicité du pouvoir, à une combinazione pour salir les musulmans. Évidemment ce que je dis est très partiel mais je peux vous assurer que la compassion à l’égard du peuple français est générale. Il reste une hypersensibilité, un sentiment de persécution des musulmans, et cela se comprend.
          Ce qui aiderait certainement à venir à bout des mystifications de part et d’autre, c’est une bonne cure de justesse et de vérité. C’est ce que nous doivent nos médias et qu’on n’arrive pas à obtenir. Les stratégies de déni et de croyance sont un recours contre la stigmatisation, mais la stigmatisation est précisément propagée par les médias. Pas seulement, mais principalement.


        • Chakravartine Le 23 novembre 2015 à 17h42
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          Le mélange entre rumeur et croyance est démontré de manière trop direct pour être vraiment accepté en tant que tel tout simplement parce que le gouffre entre les 2 concepts n’est pas facile à surmonter.

          Partons déjà sur la définition d’un fait. Un fait est par définition ce qui ne peut être remis en question, ce qui est certain, incontestable. Dans notre contexte, le fait se matérialise sous la forme d’un évènement pour lequel un observateur A qui observe cet évènement aura la même interprétation qu’un observateur B et C. A l’inverse si l’observateur A n’a pas la même interprétation que l’observateur B qui lui aussi n’a pas la même interprétation que l’observateur C, le fait ne peut être accepté en tant que tel.

          A votre avis que fait un média, un journaliste lorsqu’il présente une information, un évènement? Soit il commente l’évènement et devient ainsi observateur, soit il synthétise un fait via un filtrage à défaut de ne présenter les faits et rien que les faits et ainsi rajoute une sur-interprétation et commente non pas un évènement mais un fait. Nous spectateur, à défaut de croire (ce qui implique de chercher) la vérité, nous devons croire en un simulacre qu’on nous présente comme le réel. C’est simple, manquant de faits il ne peut y avoir que des interprétations.

          Or ce qu’on apprend au fil du temps, c’est de ne jamais prendre pour argent comptant tout ce qu’on nous montre ou dit dans les médias dominants (car médias=Etat) or ce que démontre le message est que quelque soit l’info que nous donnera un média, le sujet émettra toujours des doutes vis-à-vis de la véracité de celui-ci, voir imaginera au-delà des faits qui lui sont présentés. Question : Peut-on juger le procédé comme néfaste car mettant en branle certains concepts transcendant l’individu comme la cohésion sociale ou positif car contribuant à nous pousser à toujours chercher la vérité au-delà des apparences afin de renforcer notre vision de justice et ce, quel qu’en soit le prix?

          C’est là qu’on comprend toute la subtilité du message qui derrière son analyse psychopathologique n’arrive pas à dire concrètement et simplement que la rumeur n’est qu’une matérialisation de la méfiance de l’individu ou des individu vis-à-vis d’une société soumis à une pensée/interprétation dominante et dont les médias est le canal de communication par excellence. Ce n’est pas simplement un déni de la réalité.


    • interlibre Le 22 novembre 2015 à 00h00
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      Intéressant. Il y a de ça mais on ne peut pas occulter le travail des médias le reste du temps. C’est pas étonnant que certains croient en des théories du complot fantaisistes.


  11. Pierre Le 21 novembre 2015 à 20h21
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    La France est en guerre ? … “Lorsque les mots perdent leur sens, les gens perdent leur liberté.” Confusius


  12. peoplearestrange Le 21 novembre 2015 à 20h27
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    Savoir si “techniquement” ou “juridiquement” nous sommes en guerre me paraît un problème très accessoire. Par contre cette réflexion de F.Mitterrand ne devrait plus quitter nos pensées et elle constitue un atout de taille quand il s’agit d’informer et de convaincre nos amis et nos connaissances de ce qu’il se joue ces temps-ci sur la planète:
    « La France ne le sait pas, mais nous sommes en guerre avec l’Amérique. Oui, une guerre permanente, une guerre vitale, une guerre économique, une guerre sans mort apparemment. Oui, ils sont très durs les américains, ils sont voraces, ils veulent un pouvoir sans partage sur le monde. C’est une guerre inconnue, une guerre permanente, sans mort apparemment et pourtant une guerre à mort. »


    • lvzor Le 22 novembre 2015 à 14h31
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      Propos tenu après avoir servilement collaboré pendant 14 ans…
      Mitterrand fidèle à lui-même.


  13. Eric83 Le 21 novembre 2015 à 20h27
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    Un petit aparté dans ce fil pour revenir sur l’interview de Squarcini dans Valeurs Actuelles.

    Compte tenu de la bombe médiatique de son interview – qui pour le moment fait plutôt l’objet d’une omerta MSM – Squarcini a dû valider chaque mot de l’article.

    Dans ce contexte, un paragraphe me semble alors extrêmement important : “Vous considérez que nous venons d’en payer les conséquences ? ( Refus de Valls de coopération avec Assad et les renseignements syriens ).
    ” Conscients de ces erreurs politiques et diplomatiques, les islamistes de Dae’ch ont commis un attentat remarquable. Parce qu’il se passe à Paris dans une région ultra- protégée juste avant la COP21…”
    Squarcini affirme donc que Dae’ch était au courant que la France avait rompu toute relation avec la Syrie y compris au niveau des services de renseignements, qu’elle en était donc affaiblie et qu’ils en ont profité pour commettre un attentat remarquable !

    Si tels sont ses propos, il fait le lien direct entre les attentats de Paris et le fait de ne pas avoir eu de renseignements syriens, du fait de la décision de Valls de rompre toute relation avec la Syrie !
    C’est carrément une accusation mais habilement habillée.


  14. LeDahu Le 21 novembre 2015 à 20h30
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    «Mieux vaut tard que jamais»,

    France Info, où il était invité quelques minutes plus tard, le chef de la diplomatie française a poursuivi: «Mieux vaut tard que jamais. On ne va pas non plus être arrogants, mais nous avons montré, je crois, le chemin en tapant sur Raqqa, la capitale de Daech».

    http://www.dailymotion.com/video/x3eiqyx_laurent-fabius-les-terroristes-veulent-susciter-une-guerre-civile-chez-nous_news


  15. Yan Le 21 novembre 2015 à 20h31
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    Je viens de regarder, exceptionnellement le JT de France 2 sur l’ordi (pas de TV). Une intervention de Poutine où il aurait dit qu’il fallait frapper encore plus fort “rebelles et terroristes”. Un russophone pourrait-il vérifier qu’il a bien dit “rebelles” ? Cela m’a étonné. Merci


  16. Jaime Horta Le 21 novembre 2015 à 20h58
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    Depuis 2 ans seulement !? Personnellement je remontrai bien jusque dans les années 90 où au lieu de garantir la paix civile en France en nous protégeant de toutes les métastases de la guerre civile algérienne on a fait exactement tout le contraire en les important à tour de bras, c’est à dire ce que les algériens musulmans eux-mêmes considèrent comme des religions étrangères,


  17. Nora Le 21 novembre 2015 à 21h06
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    @ lpp.
    Je suis très très intéressée par la réalisation d un reportage, série photos, témoignage sur les françaises ayant choisi de porter un hijab. Si cela interesse quelqu un, merci de me le faire savoir sur ce billet… en 1999 j’ai réalisé ma maîtrise de socio sur cette question. Bcp de retour positif mais un peu douloureux sur le plan perso a cette epoque. J ai arrêté a mon grand regret.


  18. Astatruc Le 21 novembre 2015 à 21h14
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    Décidement M.Albright se croit tout permis! 500 000 enfants tués en Irak qui en valait la peine, les États-Unis et leurs alliés se passent de tout mandat onusien.Madeleine Albright juge l’intervention “illégale mais légitime”. 31/08/13
    Ben voyons, responsables mais pas coupbles, illégaux mais légitimes, c’est vraiment le retour des cow-boys et de leur barbarie.

    L’article est vieux, c’est parlant, on a appris bien des choses depuis.Je voulais juste souligner l’impudence de l’impérialisme us, faux nez du financiarisme despote.

    http://www.arte.tv/fr/syrie-les-precedentes-operations-internationales/3865998,CmC=7632796.html

    Le gouvernement français reconnait qu’il est allé de manière illégale bombarder la Syrie mais dit qu’il avait la légitimité de le faire.
    Par déduction, le droit, la légalité ne servent à rien, sauf si on les exige des autres.
    Ils on bien appris la leçon us.


  19. atanguy Le 21 novembre 2015 à 22h17
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    L’intégral de l’article de Piketty dans Le Monde:
    http://nouspasbouger.blogspot.com/2015/11/contre-le-terrorisme-des-verites-pas.html


  20. anne jordan Le 21 novembre 2015 à 22h54
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    et voilà Onfray habillé pour l’hiver par nos merveilleux journalistes chantres de la démocratie :
    http://www.lexpress.fr/actualite/societe/comment-michel-onfray-est-devenu-la-caution-intellectuelle-de-daech_1738218.html

    c’est à vomir !


  21. Lulu Bâille Le 22 novembre 2015 à 10h14
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    L’écrivain Raymond Queneau avait dit en son temps : “S’il n’y avait pas de guerres ou de révolutions, il n’y aurait pas d’histoire ; il n’y aurait pas matière à histoire ; l’histoire serait sans objet.”
    C’est dire qu’en France, le gouvernement avec ses médias collabos estiment que le peuple s’ennuie, n’a plus grand chose pour s’occuper, ni d’espoir à attendre de cette croissance qu’on attend depuis plus de 30 ans… Après “du pain et des jeux (comprendre : “shopping et TV”), on va mettre un peu d’action avec une vieille notion un peu oubliée, comme la génération 2nde GM commence peu à peu à s’éteindre…


  22. Alberto Le 23 novembre 2015 à 09h25
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    Trévidic sur France Inter lundi 23 novembre : avant sa mutation à Lille, la dernière personne qu’il a interrogée a prévenu qu’il y allait avoir une attaque d’une salle de concert, mais, ajoute Trévidic, on ne peut pas surveiller toutes les salles !
    http://www.franceinter.fr/emission-le-79-marc-trevidic-1
    La preuve :
    1 Le Bataclan avait reçu des menaces :
    https://www.youtube.com/watch?v=Ncigq8p-_oE
    2 Le groupe qui s’y produisait était pro israélien.
    3 Le concert était à Paris.


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