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6.avril.20166.4.2016 // Les Crises

Aux Pays-Bas, l’autre référendum qui inquiète l’Union européenne, par Romaric Godin

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Comme personne n’en parle aujourd’hui… 🙂

Source : La Tribune, Romaric Godin,

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Le 6 avril, les Néerlandais sont appelés à se prononcer par référendum sur l’accord d’association avec l’Ukraine. Un prétexte pour beaucoup pour faire part de son rejet de… l’UE.

C’est un référendum dont on parle moins que celui sur le maintien du Royaume-Uni dans l’UE le 24 juin prochain, mais qui pourrait néanmoins révéler encore une fracture au sein de l’Union. Le mercredi 6 avril prochain, les Néerlandais seront appelés à se prononcer sur l’accord d’association entre l’UE et l’Ukraine de 2014. Et pour le moment, le camp du rejet de cet accord est largement en tête. Ceci poserait un véritable casse-tête à la Haye d’abord, à Bruxelles ensuite et à Kiev enfin.

Un accord symbolique

Cet accord d’association, rappelons-le, a été l’élément déclencheur de la révolution ukrainienne en novembre 2013. L’annonce de l’abandon des négociations par le président ukrainien d’alors, Viktor Ianoukovitch, le 21 novembre, une semaine avant un sommet à Vilnius où il devait être signé, avait déclenché des manifestations qui avaient abouti à la destitution et à la fuite de ce dernier en février 2014. L’accord d’association avait ensuite été conclu entre Kiev et Bruxelles en mars et juin 2014. Adopté par le parlement ukrainien, la Rada, en septembre 2014, il a été ratifié par tous les pays européens et il est entré pleinement en vigueur le 1er janvier dernier.

La loi néerlandaise

Aux Pays-Bas, cependant, la ratification n’est pas définitive. La loi de ratification a en effet été adoptée par le 28 juillet 2015 par la chambre basse du parlement néerlandais, la Deuxième Chambre des Etats Généraux (Tweede Kammer), assez largement d’ailleurs par 119 voix à 31. Mais depuis le 1er juillet 2015, une loi est entrée en vigueur dans le plat pays qui permet d’appeler à un référendum consultatif sur un texte législatif si l’on a pu recueillir 300.000 signatures. Le groupe eurosceptique Geenpeil (« aucun niveau ») a lancé une campagne de collectes des signatures qui a abouti puisque, rapidement, il a obtenu 470.000 paraphes. D’où ce vote du 6 avril.

L’abstention, élément clé

Selon la loi, le résultat du vote sera validé uniquement si 30 % des 12,5 millions d’électeurs inscrits se rendent aux urnes. Dans ce cas seulement, il y aura un réexamen parlementaire du traité. Les derniers sondages laissent penser que cette limite sera aisément franchie. Selon le sondage I&O Research de début mars 2016, 37 % des personnes interrogées sont « certaines » d’aller voter, cinq points de plus qu’en février. Il faudra néanmoins observer cette participation de près. Validé, le vote est, comme on l’a précisé, « consultatif. » Il oblige néanmoins la Tweede Kammer à revoter sur le sujet. En cas de rejet de l’accord, les partis politiques, à un an des nouvelles élections générales prévues le 15 mars 2017, devront donc assumer de rejeter la décision des électeurs.

Qui appelle à voter pour quoi ?

Sur le plan politique, les partis traditionnels appellent largement à voter en faveur de l’accord. C’est le cas des deux partis de la coalition au pouvoir, les Libéraux du VVD du premier ministre Mark Rutte et les Travaillistes du ministre des Finances Jeroen Dijsselbloem, mais aussi des Chrétiens-démocrates de la CDA, les Chrétiens-Sociaux de la Christenunie, les Libéraux de gauche du D66 ou encore des écologistes de gauche de la GroenLinks et les partis calvinistes SGP. En face, deux grands partis appellent à rejeter l’accord, les eurosceptiques xénophobes du parti pour la Liberté (PVV) de Geert Wilders, allié au parlement européen du Front National, et la gauche radicale du Parti Socialiste (SP). Deux petits partis, les Libertariens du VNL et le parti animaliste du PvdD, ont aussi appelé à voter contre l’accord.

Le rejet en tête dans les sondages

Le PVV et le SP ont le vent en poupe dans les sondages, le PVV étant même donné régulièrement en tête devant le VVD. Mais ces deux partis ne font pas une majorité. Dans le dernier sondage de l’institut Ipsos du 31 mars, le PVV est crédité de 17 % des intentions de vote et le SP de près de 10 %. De plus, les Néerlandais ont été traumatisés par l’explosion de l’avion MH370 au-dessus de l’Ukraine, qui a fait majoritairement des victimes néerlandaises et dont la responsabilité a été attribuée par l’opinion néerlandaises aux forces pro-Russes et à Moscou. En théorie, l’accord devrait donc avoir toutes les chances d’être adopté aux Pays-Bas. Mais, en réalité, le rejet de cet accord est largement en tête. Le sondage d’I&O Research attribuait 44 % des voix au rejet, 33 % à l’adoption, avec 23 % d’indécis. Un sondage de l’institut Peil du 20 mars, donne 60 % de rejet en excluant les indécis ( à 57 % pour le sondage I&O Research). Fait notable : il semble que plus l’abstention recule, plus le rejet gagne du terrain.

Un rejet de l’UE plus que de l’accord

Que se passe-t-il ? Ce vote de rejet n’est en réalité qu’en partie lié à l’accord ukrainien. Certes, à gauche, on s’inquiète de l’implication de l’UE dans le conflit ukrainien et de l’éventuelle concurrence des produits ukrainiens. A droite, on refuse toute pensée d’élargissement à l’est. Mais, même si Mark Rutte fait campagne sur le fait que cet accord serait « bon pour les Pays-Bas » et que « l’Ukraine n’a pas vocation à entrer dans l’UE », l’essentiel semble être ailleurs. A travers cet accord, les Bataves veulent surtout, comme en 2005, sanctionner une Union européenne qu’ils désapprouvent de plus en plus. Du reste, un des leaders de la campagne pour le rejet de l’accord, l’historien Arjan van Dixhoorn, l‘a reconnu dans une interview au quotidien NRC Handelsblad : « l’Ukraine nous est égal ». Ce qui motive les opposants au référendum, c’est bien la sanction de l’UE. « Un référendum sur la sortie de l’UE n’a pas été possible jusqu’à présent, c’est pourquoi nous utilisons toutes les options dont nous disposons pour mettre sous pression les relations futures entre les Pays-Bas et l’UE », a-t-il ajouté.

Un euroscepticisme ancien

Ce référendum serait donc en réalité, un référendum pour ou contre l’UE. Et c’est bien ainsi que les électeurs néerlandais pourraient l’entendre. L’euroscepticisme néerlandais n’est pas une nouveauté : en 2005, les Néerlandais avaient rejeté le projet de constitution européenne le 1er juin, quatre jours après le « non » français, par 61,5 %. Ce sentiment s’est maintenu. Dans un sondage paru voici quelques jours sur le site Atlantico et réalisé par Elabe, on remarque que seuls 25 % des Néerlandais voient plus de bénéfices que d’inconvénients à être membre de l’UE. Le plus bas niveau avec les Belges, parmi un choix de six pays.

Les nouveaux griefs néerlandais contre l’UE

Et les griefs nouveaux ne manquent pas. A droite, la crise des réfugiés a provoqué une vague d’euroscepticisme, tandis que la politique très accommodante de la BCE suscite beaucoup de critiques. Outre les électeurs du PVV, le sondage Peil montre que 35 % des électeurs du VVD et 49 % de la CDA voteront contre l’accord. A gauche, le rejet s’appuie sur celui de l’austérité très dure qu’a connu le pays sous le gouvernement actuel. Jeroen Dijsselbloem n’a pas la main lourde que sur la Grèce, il a procédé à de sévères coupes dans le budget néerlandais. Si l’économie s’est redressée en 2015 avec une croissance de 2 %, elle n’a cru que de 3,1 % depuis 2010, contre 4,3 % pour la France et 7,9 % pour l’Allemagne. En termes de PIB par habitant en parité de pouvoir d’achat, le niveau actuel reste inférieur de 5 % au niveau de 2008.

Cette politique assumée par le parti travailliste (PvdA) a conduit à un affaiblissement radical de ce dernier qui est donné à 8,5 % des intentions de vote selon Peil contre 25 % lors des élections de 2012. Ces électeurs perdus sont allés au SP et à la GroenLinks, mais aussi au PVV. Comme ailleurs en Europe, l’austérité a alimenté l’euroscepticisme. Et c’est ce que le vote du 6 avril devrait démontrer, comme sans doute celui de mars 2017.

La malheureuse intervention de Jean-Claude Juncker

A gauche comme à droite, on critique fortement le caractère peu démocratique et bureaucratique de l’UE. Une critique qui a été alimentée par les interventions de la Commission européenne dans la campagne. Jean-Claude Juncker, le président de cette Commission, dont l’appel au « oui » en Grèce en juillet dernier avait été très mal ressenti par la population hellénique, n’a pas retenu la leçon. Il a menacé les électeurs néerlandais : un rejet du texte provoquerait une « crise continentale qui déstabiliserait l’Europe. » Alors que le gouvernement néerlandais tente de limiter la campagne au sujet ukrainien, ces déclarations ont en réalité servi le camp du rejet qui y a vu une preuve de la peur de la démocratie de la part des institutions de l’UE…

Un dilemme pour le gouvernement néerlandais en cas de rejet

Que se passera-t-il alors en cas de rejet de l’accord le 6 avril ? Officiellement, la ratification des Pays-Bas a été suspendue avec l’annonce du référendum. La loi du 28 juillet n’a donc pas force de loi. Or, sans ratification néerlandaise, l’accord ne peut entrer en vigueur entièrement. Si la Tweede Kammer décide de suivre l’avis des électeurs, la ratification de l’accord UE-Ukraine sera rejetée. Un rejet le 6 avril sera donc d’abord un casse-tête pour les partis politiques néerlandais favorables à l’accord. Ratifier l’accord malgré un rejet de la population sera une démarche fort difficile, surtout à un an des élections générales de mars 2017 et alors que les grands partis sont en recul notable. Les Travaillistes qu’on a vu à l’agonie politiquement ont déjà annoncé qu’ils suivront le résultat du vote populaire. Si Mark Rutte décide néanmoins de soutenir la ratification, il risque de devoir faire face à de rudes critiques.

Des conséquences concrètes réduites

Si la Tweede Kammer suit le peuple néerlandais et ne ratifie pas l’accord UE-Ukraine, celui-ci ne sera pas entièrement caduc. Les éléments relevant de la compétence exclusive de l’UE, parmi lesquels on trouve le commerce, et qui sont précisément en vigueur depuis le 1er janvier dernier de « façon temporaire » pourront rester en place. Seule une décision du Conseil européen peut suspendre ces éléments. Ce « temporaire » pourrait rester en vigueur longtemps et ainsi annuler de facto le vote néerlandais. Pour faire bonne figure, le gouvernement de La Haye pourrait négocier des clauses d’exclusions sur des sujets comme l’immigration ou le bien-être animal, avant de ratifier le texte. En bref, il n’y aura pas de « crise majeure » comme l’affirme Jean-Claude Juncker, même si, évidemment, la Russie y verra un succès et la preuve que l’appui de l’UE à l’Ukraine est très fragile. Mais il n’est pas certain que ce succès ait un impact géopolitique majeur.

Une défaite pour l’UE

En réalité, c’est bien l’UE qui sera le perdant d’un rejet de l’accord puisque les partisans de cette option auront axée leur campagne sur une critique du fonctionnement de l’union. Un nouveau « non » néerlandais le 6 avril pourrait apporter une nouvelle preuve de l’impopularité de l’Union européenne et des élites politiques en Europe, les deux étant souvent confondues dans le même rejet. Ce serait donc une poussée pour le mouvement eurosceptique dans le reste de l’UE et sans doute aussi au Royaume-Uni où les partisans du « Leave EU » pourraient bien utiliser ce vote néerlandais dans leur campagne pro-Brexit.

« guérilla électorale »

A terme, les Eurosceptiques néerlandais pourraient donc utiliser ce succès pour « perturber » la participation des Pays-Bas à l’Union européenne, en utilisant la nouvelle loi référendaire pour provoquer des votes sur l’ensemble des lois de ratification ou de mise en place des décisions prises au niveau européen. Une telle « guérilla électorale » n’est pas à exclure et elle pourrait fortement perturber le fonctionnement de l’Union européenne. Pour l’UE, une nouvelle défaite le 6 avril serait un nouveau coup de semonce pour l’inviter à changer radicalement. Mais le peut-elle ?

Source : La Tribune, Romaric Godin,

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Maud // 06.04.2016 à 11h21

En cas de victoire du non, les partisans du oui trouveront bien une solution à n’en pas douter pour détourner le vote des électeurs. Ils s’y connaissent.

41 réactions et commentaires

  • Maud // 06.04.2016 à 11h21

    En cas de victoire du non, les partisans du oui trouveront bien une solution à n’en pas douter pour détourner le vote des électeurs. Ils s’y connaissent.

      +62

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    • K // 06.04.2016 à 18h00

      D’autant plus que ce référendum n’est que consultatif. Ce referendum n’ayant aucune force légale, les dirigeants néerlandais pouraient s’assoir sur le non tout en respectant le droit.
      Espérons quand même que le non l’emportera.

        +1

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    • Jacob Linder // 06.04.2016 à 21h41

      Il est 21H30 : Résultats basés sur des sondages :

      participation 32 % (plus que les 30 % minimum requis)

      contre : 64 %

      pour : 36 %

      Obligé d’aller sur un site néerlandais et d’utiliser google trad pour avoir le résultat …

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      • Ailleret // 06.04.2016 à 21h51

        Moi de même… Si j’en crois mon néerlandais rudimentaire, c’est Ipsos qui indique à 21 H 30 une participation de 32 %, alors qu’à 21 h un autre institut de sondage indiquait 29 %. Les partisans du “non” semblaient alors résignés.

        “Opkomst exit-poll naar 32 procent, 64 % stemt tegen”
        (« sondage à la sortie des urnes : 32 %, 64 % vote contre »)

          +3

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      • Ailleret // 06.04.2016 à 22h36

        22 h 27 : le Premier ministre néerlandais, Mark Rutte, reconnaît la victoire du “non”. Il reste une incertitude quant à la participation, malgré les 32 % indiqués par IPSOS et NOS, en raison de la marge d’erreur (3 %).

        « Le camp du non a gagné avec une forte majorité. La ratification ne peut plus se poursuivre. »

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      • passerby // 06.04.2016 à 23h17

        Pour les amateurs de Google translate: les resultats.

        http://app.nos.nl/datavisualisatie/referendum-2016/

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      • PasGlopPasGlop // 06.04.2016 à 23h31

        Romandie.com
        Site d’infos relativement “mainstream” qui relaie pas mal de communiqué AFP y a consacré un fil d’infos.
        Bon ! c’est Suisse comme site hein !

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  • bruno // 06.04.2016 à 11h40

    “La malheureuse intervention de Jean-Claude Juncker”.

    Il ne peut pas s en empecher. Il pense que seuls des technocrates cooptes peuvent decider du sort des populations.

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    • Furax // 06.04.2016 à 11h53

      Certes, mais cet ivrogne de Juncker n’est pas un technocrate. C’est un politique qui a exercé pendant 30 ans des fonctions ministérielles, avant de devenir président de la commission.

      Bon, d’accord, vous me direz que ministre ou Premier ministre du Luxembourg, c’est peu ou prou président du syndic d’un paradis fiscal et juridique.

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      • Dobryden // 06.04.2016 à 13h33

        Si ma mémoire de me fait pas défaut,il a été mêlé au réseau Gladio Junker et ça a fait scandale.Si je me trompe que l’on me rectifie.

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        • Michel Ickx // 06.04.2016 à 19h31

          @ Dobryden,

          Vous avez une excellente mémoire.

          Réécouter cette émission de la série “Rendez-vous avec X” de France Inter en 2013 actuellement censurée parmis toutes les autres de la série

          On peut la trouver ici:

          http://rendezvousavecmrx.free.fr/

          La fin de l’émission est particulièrement intéressante.

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      • Phil // 06.04.2016 à 22h52

        Conséquence des Luxleaks :

        – Antoine Deltour, un autre lanceur d’alerte et Édouard Perrin (journaliste de Cash investigation) sont poursuivis par la justice luxembourgeoise.
        – Le premier ministre luxembourgeois entre 1995 et 2013 et aussi ministre des finances luxembourgeois de 1989 à 2009 est promu président de la commission de l’UERSS.

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  • christian gedeon // 06.04.2016 à 11h44

    A part le fait que le non se transformera peut-être en oui ( mais ce n’est pas évident),ce référendum si peu médiatisé(comme c’est curieux!)donnera peut-être une fois de plus raison à l’adage ad augusta per angusta ( vers les grandes choses par les petites choses).Ce ” petit referendum ” est peut être l’iceberg imprévu qui va déchirer pour de bon la coque déjà bien rouillée du titanic “européen”. Et par ailleurs,il faudrait songer à utiliser une autre terme qu’européen pour désigner les arnaques qui nous ont mené là… parce que l’Europe des nations,moi,je l’aime…ces gens là n’ont pas le droit de confisquer le mot Europe. Trouvons autre chose pour les désigner.

      +38

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  • Anthony // 06.04.2016 à 11h49

    C’est certain mais la bonne nouvelle c’est que la forteresse de cette dictature de l’U.E. prend l’eau de toute parts. Il faut laisser le temps au temps. Le prochain signal viendra avec le brexit.

      +17

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  • Ailleret // 06.04.2016 à 12h08

    Article intéressant, mais avec une erreur et un non-dit dans l’analyse de M. Godin. Ce n’est pas le vol MH 370 qui a explosé au-dessus du Donbass, mais le vol MH 17. Et si vraiment « l’opinion néerlandaise » attribue la responsabilité de ce drame « aux forces pro-russes et à Moscou », c’est sous l’influence d’une propagande intensive et d’une enquête bien orientée. Le drame en lui-même ne peut pousser les Néerlandais à voter en faveur de l’accord entre l’Union européenne et l’Ukraine.

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  • Lea_ // 06.04.2016 à 13h12

    “”Comme personne n’en parle aujourd’hui… ”

    Effectivement, je ne l’ai pas entendu ce matin dans les infos. Pas plus que de l’ex boîte de DSK qui serait impliquée, à ce qu’il paraît, dans Panama papers. Ca alors! nos journalistes ont de ces oublis… Par contre, ça blablatait sur la proposition du loi concernant la prostitution et sur le match d’une très grande importance, pour ne pas dire du siècle, PSG – Manchester.

      +10

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    • Charles Michael // 06.04.2016 à 13h36

      Et bien L’immonde en parle aujourd’hui
      dans son rôle de collaboration sans faille
      les commentaires sont 100 % trollage anti Putin

      la totale, quoi

        +6

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      • Lea_ // 06.04.2016 à 22h34

        N’oubliez pas que la Commission européenne a alloué un budget de 2 millions d’euros pour une “patrouille de troll” *. Je n’affirme absolument pas que les commentateurs du Monde sont de ces trolls – ils peuvent bien croire ce qu’ils écrivent – mais une fois que la Commission a semé ce doute, il reste bien vivant.
        * Cette info se trouvait dans la Tribune en 2014

          +2

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    • Ailleret // 06.04.2016 à 13h46

      En revanche, j’ai lu un article intéressant de Thomas Palermo sur contrepoints (www.contrepoints.org). Il me semble assez lucide, sur le déni européiste de démocratie comme sur le vol MH 17. Concernant l’enquête sur ce drame, il note : « les Hollandais se sont sentis insultés par la manière dont ce dossier a été géré tant par l’Ukraine que par leur propre gouvernement ».

      Si quelqu’un pouvait coller le lien avec cet article… Je n’y connais rien…

        +9

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  • sergeat // 06.04.2016 à 14h12

    L’UE empêche tout accord bilatéral,et impose des diktats à travers une prise de pouvoir par un coup d’état bureaucratique et cette même UE continue à fonctionner grâce à une pléthore de fonctionnaires carriéristes au dessus des gueux.J’espère que la Hollande par son vote ouvrira les yeux des autres peuples et si son gouvernement bafoue la démocratie(comme Sarkozy) les hollandais sauront réagir(contrairement à nous).
    Je suis contre l’entrée de l’Ukraine dans l’UE mais pas contre une coopération bilatérale quand la “démocratie” sera rétablie et les droits de la Novorossia reconnus .

      +16

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    • sergeat // 06.04.2016 à 16h27

      Kryvoi rog fait parti de la Novorossia du 18 siecle,ce résultat ne m’étonne pas.Tout l’Est de l’Ukraine et pas seulement le Dombass a compris ce que veut dire “démocratie occidentale”,”droit de l’homme”,[Modéré],…..
      Puisse qu’ils nous donnent un peu de leur âme .Peuples du système financier dit libre réagissez.

        +6

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  • Nico 13 // 06.04.2016 à 14h21

    Voici l’article en question dont parle Ailleret : https://www.contrepoints.org/2016/04/06/245940-pays-bas-ce-referendum-eurosceptique-secoue-leurope

    Ce référendum sera un bon test, qui permettra de savoir si l’UE peut s’agrandir indéfiniment.
    A mon avis, en ce qui concerne l’Ukraine, le pays attendra longtemps avant de pouvoir déposer une demande d’adhésion.
    Il faudra pour cela, voir si le libre échange fonctionne dans un premier temps (ce qui n’est pas dit, car l’UE a déjà dans son escarcelle des pays à bas coûts qui fabriquent des produits à faibles valeurs ajoutées).

    Et il y a un problème qui est toujours de taille dans ce pays : la corruption.
    Les oligarques contrôlent toujours des pans entiers de l’économie et le gouvernement de Porochenko favorise toujours autant les intérêts de certains.
    Ce qui commence à agacer certains politiques en Europe.
    De toute évidence, je pense; et ce depuis le début du conflit; que l’UE a poussé la partie Ouest du pays à se révolter uniquement pour avoir, dans un futur proche, accès aux ressources du pays.L’Ukraine servira juste pour avoir accès aux différentes ressources aux prix les plus bas possibles.
    Et puis, ça permettra aux aciéries européennes de faire contrepoids contre les aciéries chinoises qui font de la concurrence déloyale (sic).
    Le peuple ukrainien (enfin une partie) a été roulée dans la farine.
    Regardez le temps que ça prend pour simplement lever le régime des visas…

      +6

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  • Nico 13 // 06.04.2016 à 15h18

    Ah et avant que j’oublis.
    J’aimerais bien avoir l’avis de BHL, Raphaël Gluksmann, Marie Mendras, Anna Jaillard (et bien d’autres encore) sur ce qu’ils pensent de Porochenko.
    Eux qui nous disaient qu’il n’y avait qu’un méchant dans l’histoire (la Russie de Poutine) et qu’avec Porochenko l’Ukraine allait changer.
    Le même jour où les soldats de l’armée ukrainienne ont été envoyés à l’Est pour la bataille d’Ilovaïsk, cet honnête homme organise le transfert de ses actifs dans les îles vierges britanniques.
    Et bizarrement, ce jour là, Kiev n’a pas répondu aux demandes de renforts de l’armée.
    Mais c’est un bon président qu’on nous a dit !

      +15

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  • abcinuits // 06.04.2016 à 16h02

    Et si nous faisions appel a la conscience de la France libre et des français pour demander un référendum a chaque perte de souveraineté de notre pays instrumentalisée par nos gouvernants et politiques , serions devenus une sous province des USA , de l’UE , de l’Allemagne et enfin des pays-bas , serions nous si bas dans les profondeurs abyssales de la dignité , allons vite , un référendum français sur l’UE !
    vive donc les pays bas et la FRANCE

      +8

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  • Le Wallon // 06.04.2016 à 17h04

    A 13:00, les journaux néerlandais (Het Parool et De Volkskrant) disaient que moins de 10 % des gens en âge d’aller voter l’avait fait (dans toutes les grandes villes des Pays-Bas) ! Plus qu’une gifle, c’est un rejet massif de toute la politique européenne menée depuis ces trente dernières années.
    Il n’y a pas qu’en France que les gens en ont marre de la ploutocratie bruxelloise !

      +2

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  • Ailleret // 06.04.2016 à 17h07

    Si les Néerlandais votent non (nee), et si le quota de participation est atteint, ce sera une belle revanche pour les Français comme pour les Néerlandais, dont le vote souverain en 2005 a été contourné par leurs dirigeants respectifs et par les eurocrates. Un rayon de soleil, après des années d’étouffoir européiste. Et un démenti à la fable ukrainienne qu’on nous a serinée depuis novembre 2013 (“le peuple ukrainien se soulève pour l’Europe et renverse son régime corrompu, mais tapi dans l’ombre, le sournois P…… médite sa vengeance…”).

      +1

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  • MinL // 06.04.2016 à 17h46

    À noter : la très délicate et factuelle campagne d’affichage en faveur du “oui” – un photomontage montrant Geert Wilders et Poutine en train de se rouler une pelle … Du grand art.

    http://ichef-1.bbci.co.uk/news/375/cpsprodpb/10D9C/production/_89102096_032285909-2.jpg

    C’est sûr que c’est plus luxurieux que Tyahnybok faisant le baise-main à C. Ashton … 😀

      +2

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  • Andrae // 06.04.2016 à 17h58

    Godin sur le Assoc. Agreemt: “Adopté par le parlement ukrainien, la Rada, en septembre 2014, il a été ratifié par tous les pays européens …. 1er janvier dernier.”

    Exact. Mais sur le terrain, rien n’a changé.

    Les textes stipulent, sur des milliers de pages, standards et pratiques, que l’Ukraine doit adopter.

    L’économie – énergie, agriculture, mines, usines, PME, banques, finances, i tout…- de la politique interne (organisation générale), la politique sécuritaire et étrangère, lois du commerce, lutte contre la corruption et la fraude, multiples standards technologiques et sanitaires, la Justice / Police, politique de Santé, et encore plein d’autres sujets..

    L’Ukraine ne peut pas se conformer, c’est compris. C’est un pays gangrené par la corruption depuis longtemps, en guerre ‘civile’ meutrière, explosive, et très pauvre. L’accord avec l’UE ne rime à rien, du papier vide, un torchon, qui n’a aucun effet sur ce qui se passe sur le terrain. Zéro!

    L’accord, montagne de PDFs. (anglais)

    http://ukraine-eu.mfa.gov.ua/en/page/open/id/2900

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  • placide // 06.04.2016 à 18h28

    Comme personne n’en parle aujourd’hui… 🙂

    ce n’est pas tout à fait vrai
    http://www.initiative-communiste.fr/articles/europe-capital/6-avril-referendum-aux-pays-bas-sur-laccord-ue-ukraine/

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  • georges glise // 06.04.2016 à 21h17

    vive la guérilla électorale en attendant peut-être la guérilla tout court, car l’ue et les gouvernements qui appliquent les dictats de bruxelles ont déclaré la guerre aux peuples., comme valls en france et rajoy en espagne.

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  • korama // 06.04.2016 à 22h38

    Franchement Olivier, vous êtes médisant. On en parle dans les médias.
    Là notamment : http://www.liberation.fr/planete/2016/04/06/les-pays-bas-au-bord-du-nexit_1444456

    Et oui, un article de l’inénarrable J4M 🙂

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    • pierre // 06.04.2016 à 23h32

      Merci pour le lien.

      Ce passage là est révélateur:
      “…En réalité, l’irruption de la démocratie directe dans le champ de la politique commerciale et des relations extérieures de l’Union va réduire à néant toutes ses marges de manœuvre, les traités internationaux pouvant désormais être remis en cause, à tout moment, par un seul pays. Le risque de contagion est énorme : les partis populistes d’autres pays auront beau jeu de réclamer les mêmes droits que les Néerlandais au nom de la démocratie. En clair, l’Union deviendrait imprévisible et partant ingouvernable. En outre, le vote négatif néerlandais va renforcer les partisans d’une sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne, ceux-ci trouvant là à la fois un argument supplémentaire sur le refus des peuples de poursuivre l’aventure européenne et sur sa paralysie annoncée…”

      Le peuple peut voter mais uniquement si il vote bien, en gros quoi.

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  • pierre // 06.04.2016 à 22h42

    D’après RT le référundum est valide avec 32 % de participation.
    Les Hollandais ont voté “non” a 64 %.

    Lien: https://www.rt.com/news/338694-dutch-referendum-ukraine-eu/

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  • Lea_ // 06.04.2016 à 22h45

    Apparemment, les Hollandais disent NON à 64%
    Peuple: 1 – l’UE: 0

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  • pietertje // 06.04.2016 à 23h22

    les crises le seul endroit en france ou on peut apparament vraiment s’ínformer!?
    en tant qu’hollandais je me suis dit tient voyons voir le figaro et le monde , et surprise rien! que dale ! niet ! vraiment la presse francaise n’est plus ce quelle etait jadis!
    Pour ce qui est du referendum au pays bas ! quelque info suplementaire serait utile:
    1 certaine commune on reduit le nombre de bureau de vote
    2 les gents on recut des instructions contradictoire durant leur vote (fonctionaire mal polie jusqu’a desinformation et fermeture premature des bureaux de vote)
    en fait certain fonctionnaire on deployer un certain zele pour frustree ce referendum !
    http://www.geenstijl.nl/mt/archieven/2016/04/ondertussen_bij_het_stembureau.html#comments
    http://www.powned.tv/nieuws/politiek/2016/04/elite_afgedreven_van_gewone_bu.html
    en tout cas geenstijl et powned fond des vagues et jan roos a un sacree culot
    mvrgrt
    Pietertje

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  • Cédric // 06.04.2016 à 23h42

    ce vote n’est que consultatif et n’a strictement aucune valeur.

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    • Ailleret // 07.04.2016 à 00h07

      Désolé Cédric, mais le Premier ministre néerlandais dit exactement le contraire. Il était pourtant en faveur de l’accord UE – Ukraine.

      « Le camp du non a gagné. La ratification ne peut plus se poursuivre. »
      (“De ratificatie van het associatieverdrag kan niet zonder meer doorgaan”)

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      • Dillmann // 07.04.2016 à 00h19

        Le référendum est valable, le non donc également.
        Mais le gouvernement peut s’assoir dessus, et si c’est le cas l’absence de démocratie dans l’UE deviendrait flagrante.
        Mais bon, presque personne, ah pardon, presque aucun média mainstream en France n’en a rien à carrer parce que le PSG a été tenu en échec à domicile.
        Panem et circenses, l’évergétisme actuel

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  • Kiwixar // 07.04.2016 à 00h40

    64% contre : le résultat de ce vote est contraire aux valeurs “EUropéennes” (nivellement des salaires par le bas, 45 EUR par mois pour l’Ukraine), il faut donc que ces crétins de Néandertaliens, pardon Néerlandaitaliens, revotent… Même si le résultat est conforme aux valeurs europénnes… (sans guillemets) : la démocratie.

      +2

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  • Scalpel // 07.04.2016 à 09h17

    Qui eu cru que l’espoir viendrait de…Hollande ?

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