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17.mai.202117.5.2021 // Les Crises

Ces aspects méconnus de la pensée de Jean-Claude Michéa

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Ces dernières années, malgré l’importance et la répercussion accrue de sa pensée dans la sphère intellectuelle française, certaines réflexions du philosophe Jean-Claude Michéa demeurent quelque peu dans l’ombre et gagneraient à être mieux connues (au-delà de celles qui le caractérisent de manière évidente : alliance libérale-libertaire, common decency, religion du Progrès, impasse libérale, etc.). Des concepts qui viennent enrichir et complexifier une vision politique rare et précieuse au sein d’un débat public essentiellement braillard en permettant au lecteur de saisir d’autant mieux ce qu’était le socialisme originel, ou de connaître davantage la pensée politique de George Orwell.

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La volonté de puissance

« Les gens vénèrent le pouvoir sous la forme qu’ils sont capables de comprendre. Un garçon de douze ans idolâtrera Jack Dempsey. Un adolescent vivant dans les taudis de Glasgow idolâtrera Al Capone. Un élève ambitieux d’une école de commerce idolâtrera Lord Nuffield. Un lecteur du New Statesman idolâtrera Staline. S’il y’a là des différences du point de vue de la maturité intellectuelle, il n’y en a aucune du point de vue moral » (Raffles and Mrs Blandish). Si Michéa cite ce passage tiré des écrits d’Orwell dans son Complexe d’Orphée (2011), c’est pour démontrer que le désir de domination n’est pas en tant que tel, lié « à un régime politique particulier, ni même à des conditions historiques déterminées mais qu’il constitue en réalité un “vice transversal de l’humanité” ».

Cette volonté de puissance, ou désir de pouvoir constitue d’ailleurs selon l’auteur, « la question anarchiste par excellence ». À la lecture (admirative) de Fourier, c’est Stendhal qui le premier souleva cette difficulté avec le plus de précision, en relevant que dans tout projet collaboratif et utopiste, comme celui des phalanstères, il y aurait toujours un « fripon actif et beau parleur (un Robert Macaire) pour se mettre à la tête de l’association et pervertir toutes ses belles conséquences » (Mémoires d’un touriste). Pour Michéa, cette remarque est cruciale et bien différente des critiques que les libéraux font habituellement aux socialistes, parce qu’elle soulève une question qui n’est pas réductible aux simples « rapports de classe et des différentes formes institutionnelles qui abritent la domination de l’homme par l’homme », mais qu’elle contient également un versant psychologique qui traverse même les sociétés les plus égalitaires. À savoir : « le besoin d’imposer à ses semblables les lois de son ego » qui peut guetter tout individu, quel que soit son environnement culturel et social.

À cet égard, et pour préciser cette réflexion, Michéa cite longuement une partie de l’ouvrage de Pierre Clastres, Recherches d’anthropologie politique dans lequel ce dernier étudie les parades trouvées par certaines sociétés traditionnelles pour contrer l’ascension d’un individu avide de pouvoir et qui met en danger le groupe. Ainsi en est-il de certaines tribus d’Indiens d’Amérique du Sud qui « pour empêcher la conversion en pouvoir coercitif du désir de prestige qui anime à l’occasion, certains membres de la tribu (…) transformaient ces derniers en “chefs” symboliques tenus par une obligation de générosité illimitée envers la communauté ». De la sorte, les besoins d’honneur et de reconnaissance des sujets problématiques étaient comblés, tandis que leur pouvoir restait de l’ordre du symbolique et ne perturbait pas la vie de la tribu. Pour plus d’informations, Michéa conseille la lecture des ouvrages suivants : La Société contre l’Etat (Editions de Minuit, 1974) ainsi que l’ouvrage collectif consacré à l’œuvre de Pierre Clastres, L’Esprit des lois sauvages (Seuil, 1987).

La langue de Pierre

Selon Michéa, les classes dominantes actuelles sont marquées par « l’hypocrisie, le cynisme ou, à l’inverse la mauvaise conscience et le mensonge à soi-même, qui sont probablement des dispositions structurales dans la mesure où ces classes sont contraintes, en permanence, de reproduire et de développer les conditions d’un mode de vie privilégié (c’est-à-dire qui ne peut, par définition, être universalisé sans contradiction, ne serait-ce que pour des raisons matérielles) et cela, à l’intérieur d’un imaginaire qui s’édifie – à la différence des élites antérieures – sur la dénégation des inégalités qui fondent ces privilèges » (Impasse Adam Smith, 2002).

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Source : Le Comptoir – 11-05-2021

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Commentaire recommandé

LibEgaFra // 17.05.2021 à 10h50

« à l’intérieur d’un imaginaire qui s’édifie – à la différence des élites antérieures – sur la dénégation des inégalités qui fondent ces privilèges ».

Bien sûr que non!!!

C’est bien pis que ça. Les inégalités sont naturalisées sans aucun complexe. Les exemples abondent: les sans-dent, ceux qui ne sont rien, il suffit de traverser la rue, les pauvres coûtent un pognon de dingues, la théorie du ruissellement, en veux-tu en voilà des exemples de cette mentalité qui non seulement accepte sans état d’âme les inégalités, mais les renforce à qui mieux mieux: loi travail, retraites.

Et quand un mouvement massif se manifeste pour contester à la marge ces inégalités, on a vu ce que cela donne en termes de répression sauvage et décomplexée.

45 réactions et commentaires

  • Guadet // 17.05.2021 à 08h00

    À propos de la « langue de Pierre », il ne faudrait tout de même pas confondre l’abbé Pierre et Bill Gates. La prétendue « philanthropie » à l’américaine est bien entendue une manière pour les riches de se dédouaner. En France existait ainsi les patronages avant la dernière guerre, mais l’abbé Pierre a justement révolutionné ce système en portant sur la place publique et à l’assemblée le problème, non de quelques SDF, mais d’une large population pauvre pouvant se retrouver facilement à la rue. Le Secours catholique, Emmaüs, ATD quart monde et la fondation Abbé Pierre ont d’ailleurs repris le flambeau par leur action politique et par leur travail de responsabilisation des bénévoles et des donateurs. C’est ce qui m’a formé personnellement et qui m’a amené à adhérer à la pensée de Michéa.

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    • patoche // 17.05.2021 à 08h29

      L’abbé Pierre ne se contentait pas de soulager la misère dans l’urgence (a-t-on vraiment le choix?) , il interpelait les politiques pour que les règles changent.
      La charité est le contraire de la justice. Il l’avait compris.

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  • Come Back // 17.05.2021 à 09h27

    C’est justement ce que Michéa souligne : Les « dominants » mettent en avant du discours de l’abbé Pierre la dimension charitable (facile puisque chrétienne), pour mieux occulter l’indignation sociale.

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  • LibEgaFra // 17.05.2021 à 10h39

     » « le besoin d’imposer à ses semblables les lois de son ego » qui peut guetter tout individu, »

    Ou qui peut ne pas. Un homme, ça s’empêche disait le père de Camus. Maintenant on fait quoi de ceux qui ne s’empêchent pas?

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    • sylla // 18.05.2021 à 12h20

      il y a une proposition de comment qq lignes plus loin…

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  • LibEgaFra // 17.05.2021 à 10h50

    « à l’intérieur d’un imaginaire qui s’édifie – à la différence des élites antérieures – sur la dénégation des inégalités qui fondent ces privilèges ».

    Bien sûr que non!!!

    C’est bien pis que ça. Les inégalités sont naturalisées sans aucun complexe. Les exemples abondent: les sans-dent, ceux qui ne sont rien, il suffit de traverser la rue, les pauvres coûtent un pognon de dingues, la théorie du ruissellement, en veux-tu en voilà des exemples de cette mentalité qui non seulement accepte sans état d’âme les inégalités, mais les renforce à qui mieux mieux: loi travail, retraites.

    Et quand un mouvement massif se manifeste pour contester à la marge ces inégalités, on a vu ce que cela donne en termes de répression sauvage et décomplexée.

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    • sylla // 18.05.2021 à 12h28

      « Bien sûr que non!!! »
      ou oui…c’est un des défauts du mérite qd la sélection est mal faite. Des inégalités résultant d’avantages acquis par le mérite ou par la naissance sont assez différentes.

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  • LibEgaFra // 17.05.2021 à 10h53

    « Cette volonté de puissance, ou désir de pouvoir constitue d’ailleurs selon l’auteur, « la question anarchiste par excellence ». »

    ???

    Moi pas comprendre. Quelle question? La volonté de puissance est une idée réactionnaire de Nietzsche et on est à des années lumière de la pensée anarchiste.

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    • Nagual // 17.05.2021 à 11h13

      Dans la mesure où la volonté de puissance (au sens le plus trivial) est ce qui impose une hiérarchie, l’anarchisme ne peut certainement pas faire l’économie de cette question, c’est le sens de cette phrase.

      Par ailleurs, la volonté de puissance ne peut être réduite à une idée « réactionnaire » chez Nietzsche (qui reprend, mutatis mutandis, le conatus de Spinoza) dans la mesure où elle est appairée à l’éternel retour du même et s’ancre dans la « vraie vie » ; c’est bien moins simple que ce que laisse envisager un concept politique.

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      • LibEgaFra // 17.05.2021 à 11h32

        Cela en fait une idée d’autant plus réactionnaire qu’elle est effectivement liée à l’éternel retour (et au surhomme).

        Parler de « vraie vie » en même temps que d’éternel retour, joli oxymore. Et bonjour l’irresponsabilité.

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        • Nagual // 17.05.2021 à 12h02

          « Parler de « vraie vie » en même temps que d’éternel retour, joli oxymore. »

          Vous ne pouviez pas mieux dire pour démontrer que vous ne l’avez pas compris. Il m’a fallu 3 secondes pour trouver : https://www.sensemaking.fr/Nietzsche-ou-l-eternel-retour_a422.html
          « La vraie vie ne peut se résoudre à des successions de concessions, de compromis ou à des demi-mesures. Elle doit s’accomplir avec force et honnêteté, dans l’instant présent, sans référence au passé et à l’avenir (afin que cette vie devienne éternité). Mener sa vie pleinement, c’est souhaiter qu’elle se répète éternellement. »

          Et c’est une constante chez vous, malgré le fait que je suis en général en accord avec vos positions, votre tendance à Dunning-Kruger (nouveau verbe, rien que pour vous) gâche un peu.

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          • LibEgaFra // 17.05.2021 à 12h35

            Merci beaucoup pour cette référence non aux écrits de Nietzsche mais à leur interprétation et à leur falsification.

            « Pour y parvenir, l’auteur du Crépuscule des idoles et de Ainsi parlait Zarathoustra préconise de vivre, de telle sorte à souhaiter en permanence revivre les mêmes situations, sans regrets ni remords (culpabilité), en accord avec ses préférences. »

            Nietzsche ne parle pas de « souhait », mais d’une réalité de la répétition exacte de vies antérieures et futures à tous les moindres détails près. Pour une fois Onfray a bien relevé cet aspect déterministe de la pensée de Nietzsche, qui constamment s’est opposé et a vomi le libre arbitre. Cette idée de « souhait » est complètement ridicule dans la pensée de qqn qui a promu l’ « amor fati ».

            « Et c’est une constante chez vous, malgré le fait que je suis en général en accord avec vos positions, votre tendance à Dunning-Kruger (nouveau verbe, rien que pour vous) gâche un peu. »

            Si vous pouviez éviter les attaques personnelles… Merci.

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          • LibEgaFra // 17.05.2021 à 12h44

            Et au lieu de citer des interprétations nietzschéolâtresques de sa pensée, je vous recommande la lecture de Nietzsche dans le texte ainsi que de l’ouvrage de Domenico Losurdo. Je n’ai jamais compris l’engouement de certains français pour cette pensée totalement réactionnaire.

            Références:

            https://www.initiative-communiste.fr/articles/culture-debats/domenico-losurdo-nietzsche-rebelle-aristocratique-biographie-intellectuelle-bilan-critique/

            http://www.nietzschesource.org/

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            • Nagual // 17.05.2021 à 13h04

              « Si vous pouviez éviter les attaques personnelles… Merci. »
              C’est noté.

              Je n’ignore pas la dimension éminemment politique des écrits de Nietzsche, mais je ne vais certainement pas m’extasier devant une « N »ième interprétation marxiste (merci pour la référence) et ce en dépits de l’intelligence qui s’y déploie. J’en reste à l’ouvrage de F. Laruelle, Nietzsche contre Heidegger, qui s’avère bien plus intéressant et radical.

              Il y a des lectures réactionnaires de Nietzsche comme il y a des lectures marxistes, qui s’avèrent souvent les deux faces opposées d’une même pièce. Il serait temps de rendre la monnaie..

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            • LibEgaFra // 17.05.2021 à 13h33

              J’ai bien sûr fait exprès de fournir un lien marxiste comme référence au lieu de babelio ou d’un site commercial. Je vois que le piège a fonctionné. Pas grave.

              Je prends note de votre référence et vais me la procurer rapidement.

              Nieriez-vous le caractère fondamentalement réactionnaire de Nietzsche? Dans le texte?

              Petite précision: la lecture marxiste de Nietzsche est une lecture réactionnaire que je partage sans être marxiste après avoir lu intégralement Nietzsche, et il ne s’agit pas de deux faces opposées d’une même pièce. Ce qu’il faut craindre, ce sont les faux monnayeurs.

              Dans le commentaire suivant, je vais poster le texte de Nietzsche qui ne laisse aucun doute sur le caractère de l’éternel retour DU MÊME bien loin de l’interprétation fantaisiste trouvée en 3 secondes. Zarathoustra 3.

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            • LibEgaFra // 17.05.2021 à 13h36

              « Nun sterbe und schwinde ich, würdest du sprechen, und im Nu bin ich ein Nichts. Die Seelen sind so sterblich wie die Leiber.

              Aber der Knoten von Ursachen kehrt wieder, in den ich verschlungen bin, — der wird mich wieder schaffen! Ich selber gehöre zu den Ursachen der ewigen Wiederkunft.

              Ich komme wieder, mit dieser Sonne, mit dieser Erde, mit diesem Adler, mit dieser Schlange — nicht zu einem neuen Leben oder besseren Leben oder ähnlichen Leben:

              — ich komme ewig wieder zu diesem gleichen und selbigen Leben, im Grössten und auch im Kleinsten, dass ich wieder aller Dinge ewige Wiederkunft lehre, —

              — dass ich wieder das Wort spreche vom grossen Erden- und Menschen-Mittage, dass ich wieder den Menschen den Übermenschen künde. »

              Le passage est plus long (pas accepté par le site), mais cet extrait suffit.

              Vous remarquerez qu’il est fait mention du surhomme…

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            • LibEgaFra // 17.05.2021 à 13h59

              « Nietzrche est ain\i le seul adrersaire serieux
              de limpérialisme et du fasci\mc larce qu.il se donnc
              les moycn. de le\ combartre sxnt les falsiher »

              Désolé, mauvaise reconnaissance des caractères.

              Oulala, c’est très mal parti! A la fin de sa vie il n’a cessé de maudire l’Allemagne parce qu’elle ne promouvait pas sa Grande Politique, à savoir un national-impérialisme européen avec à sa tête bien sûr l’Allemagne.

              Bref exactement ce que nous vivons actuellement.

              Le modèle de la société de Nietzsche est la guerre et une société de castes avec les génies au sommet et les esclaves en bas, société qui est la seule justification de toute civilisation.

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            • Nagual // 17.05.2021 à 14h02

              Affirmer que « la volonté de puissance ne peut être réduite à une idée « réactionnaire » » n’est pas le nier, c’est ne pas se satisfaire de cette réduction.
              Oui, Nietzsche peut se montrer trivialement très con (comme Hegel et ses hordes de nègres, Sartre et Staline, etc..). Quelle surprise !

              Je ne vois pas en quoi le passage que vous citez est probant, « dass ich wieder den Menschen den Übermenschen künde » tient plus de l’εὐαγγέλιον que de Mein Kampf. Dans la mesure où pour reprendre le Zarathustra : « la grandeur de l’homme, c’est qu’il est un pont et non une fin », s’y exprime le thème assez classique de la Θεοποιεῖσθαι, a fortiori pour un philologue aussi cultivé que lui.

              Mais peut-être me trompe-je.

              Merci pour le pdf.

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            • LibEgaFra // 17.05.2021 à 14h13

              Traduction du passage qui décrit le retour éternel pour les non germanophones:

              Je reviendrai, avec ce soleil, avec cette terre, avec cet aigle, avec ce serpent – pas à une nouvelle vie ou une vie meilleure ou une vie semblable:
              – Je reviens pour toujours à cette même et exacte vie, dans la plus grande et aussi dans la plus petite partie, que j’enseigne à nouveau le retour éternel à toutes choses.

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            • LibEgaFra // 17.05.2021 à 14h16

              « Je ne vois pas en quoi le passage que vous citez est probant, « dass ich wieder den Menschen den Übermenschen künde » »

              Ai-je écrit que cette mention était « probante »? Ce que je veux dire c’est que la volonté de puissance, l’éternel retour et le surhomme sont au cœur de sa pensée.

              Savez-vous qui était le modèle du surhomme de Nietzsche?

              Plusieurs réponses possibles.

              Vous détournez une partie du propos. Et donc vous ne répondez pas sur le retour éternel et les fausses interprétations que vous avez tenté de justifier…

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              Alerter
            • Nagual // 17.05.2021 à 14h44

              « Ce que je veux dire c’est que la volonté de puissance, l’éternel retour et le surhomme sont au cœur de sa pensée. »
              Oui, et ?

              « Plusieurs réponses possibles. »
              Dionysos, Christ ou même un danseur.

              Vous parlez de fausses interprétations, mais hormis une référence à un marxiste plutôt orthodoxe en proie à quelques obsessions à la manière d’un Faye, je n’ai eu vraiment que très peu de choses qui viennent me convaincre qu’elles sont fausses. Vous avez lu Nietzsche, vous savez donc probablement que celui-ci prête à la vérité – ou les vérités, qui peuvent parfaitement cohabiter lorsqu’elles s’expriment sur plusieurs plans – une dimension politique, dont la détermination en dernière instance reste le corps (politique).

              Question : Trieb, Körper, Leib ?

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              Alerter
            • LibEgaFra // 17.05.2021 à 15h26

              « Vous parlez de fausses interprétations, mais hormis une référence à un marxiste plutôt orthodoxe en proie à quelques obsessions à la manière d’un Faye, je n’ai eu vraiment que très peu de choses qui viennent me convaincre qu’elles sont fausses. »

              Vous pensez ce que vous voulez, mais ce n’est pas la peine d’insulter Losurdo. Commencez donc par le lire comme j’ai commencé à lire Laruelle (qui ne recourt à aucune citation dans les pages que j’ai lues, comme c’est commode…).

              « Vous avez lu Nietzsche, vous savez donc probablement que celui-ci prête à la vérité – ou les vérités, qui peuvent parfaitement cohabiter lorsqu’elles s’expriment sur plusieurs plans – une dimension politique, dont la détermination en dernière instance reste le corps (politique). »

              Ici il ne s’est pas agi de cela, mais du sens donné par Nietzsche à l’éternel retour et à ses falsifications. Ce qui est sûr c’est que les falsifications de la pensée de Nietzsche sont très nombreuses, surtout en France, allez savoir pourquoi…

              « Question : Trieb, Körper, Leib ? »

              Est la question est?

              « Oui, et ? »

              Et bien réfléchissez à l’implication de ces idées.

              « « Plusieurs réponses possibles. »
              Dionysos, Christ ou même un danseur.  »

              Eh non. [modéré]

              Il me reste à vous souhaiter une bonne journée et une bonne lecture.

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          • LibEgaFra // 17.05.2021 à 15h05

            Je note page 72, la falsification de la pensée de Nietzsche par Laruelle sur l’éternel retour. Une de plus. Et à part ça, c’est lui qui accuse les autres de falsifications. On n’est jamais si bien servi que par soi-même.

            Tout dans ce texte est du même tonneau, l’auteur connaît mieux que Nietzsche la pensée de Nietzsche. Mais comment est-il possible de trouver du sens à un tel fatras?

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    • sylla // 18.05.2021 à 12h46

      « Moi pas comprendre. »
      idem, que vient faire nietzsche? volonté de puissance? mais il y a aussi mauvaise conscience/bonne conscience : faut il embrayer sur hegel? ou sur kant à la lecture de « l’activité critique de la Raison »?

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  • LibEgaFra // 17.05.2021 à 11h08

    « le désir de domination n’est pas en tant que tel, lié « à un régime politique particulier, ni même à des conditions historiques déterminées mais qu’il constitue en réalité un “vice transversal de l’humanité” ». »

    Encore une fois: non.

    Il est lié à une idéologie bien particulière, née dans le désert et qui a pour conséquence de nous y conduire tout droit. Cette idéologie amène leurs tenants à se croire supérieurs aux autres. Et elle fonctionne par contamination. Elle est aussi à la base du racisme.

    Je n’ai jamais eu que du mépris pour ceux qui prétendent connaître la « nature humaine ». Le désir de solidarité, on en fait quoi? On le nie?

    Car si ce « désir de domination » est lié à la nature humaine (ce qui n’est pas exactement la pensée de Nietzsche), alors soit, le combat contre les inégalités est perdu d’avance, car elles se trouvent naturalisées.

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    • TZYACK // 19.05.2021 à 16h54

      J’ai connu de simples « esclaves » qui croyaient ne plus être aimés de leur maître car ils n’en étaient plus châtiés régulièrement !

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  • LibEgaFra // 17.05.2021 à 11h12

     » le cynisme » et « un imaginaire qui s’édifie – à la différence des élites antérieures – sur la dénégation des inégalités qui fondent ces privilèges ».

    Contradictoire. Le cynique n’est pas dans la dénégation, bien au contraire.

      +3

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  • LibEgaFra // 17.05.2021 à 11h27

    « Michéa cite longuement une partie de l’ouvrage de Pierre Clastres, »

    Étonnant. S’il a lu et compris Clastres et ses travaux sur les Yanomamis, comment peut-il dire que  » le désir de domination n’est pas en tant que tel, lié « à un régime politique particulier, ni même à des conditions historiques déterminées »?

    Clastres montre que les sociétés qu’il étudie sont des sociétés d’abondance où l’on travaille très peu.

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  • Davout // 17.05.2021 à 11h50

    Le désir de puissance.
    Celui qui fournit des légions de dictateurs de rue, de quartier dans tous les totalitarismes. Qu’ils soient politiques de droite ou de gauche. Qu’ils soient moraux avec les bigots chrétiens, juifs , musulmans ou Woke comme on le voit aux USA.
    Avec ce désir, point de besoin de serviteurs zélés du chef ou du Dieu, pas besoin de garde-chiourmes rémunérés, non, des armée de minables qui prennent leur pied à botter les fesses du voisin au nom de la ligne.
    Ces gens là ne sont pas le moins du monde animés par l’amour du peuple ou de la patrie, de Dieu ou de justice de race, de genre ou d’orientation.
    Non, des légions de minables qui assouvissent leur soif de puissance.
    La lie du genre humain.
    Seule la démocratie maintient ses gens là à leur médiocrité. Raison pour laquelle il la haïssent et font toujours alliance avec ceux qu’elle contraint dans leur bizness.
    La plus belle illustration est le déchaînement Woke aux USA, d’autant plus dangereux qu’il est encouragé par le Big bizness et les agences à trois lettres. Tout y est, ce pays est entrain de plonger en plein délire totalitaire dans l’indifférence générale.

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  • JM Bourget // 17.05.2021 à 12h09

    Michea grand supporter d Orwell, flic colonial en Inde puis balance des services secrets du Foreign Office oû il dénonçait les communistes.
    Magnifique idole.

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    • Davout // 17.05.2021 à 12h25

      Reduire Orwell à ça est caractéristique de ce dont parle Michéa.
      Flic colonial en Inde, certes. Mais c’est oublier( ou ignorer) le pamphlet impitoyable contre le principe colonial et le rôle de la police coloniale qu’il a écrit ensuite.
      C’est aussi oublier le combattant des Brigades Internationales dont il sortit extrêmement anti-stalinien.
      Et s’il a vraiment balancé au Foreign Office( sources svp) c’est des communistes ou des agents komintern?

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      • JM Bourget // 18.05.2021 à 09h16

        https://www.letemps.ch/culture/un-big-brother-guerre-froide-dernier-role-george-orwell
        Un exemple de rien du tout, n étant pas un maître d ecole je n enseigne pas mais faites de simples recherches sur Internet, par exemple auprès du Guardian. Lisez « Who paid the pipers », un excellent travail d une universitaire d Oxford. Orwell ajoutait même des précisions comme « negre » ou « homosexuel « . Si vous trouver que finir en barbouze est honorable est votre droit. Certains idiots croient qu en désignant Big biothérapies Orwell parle des USA alors qu il s agit de l URSS. Poussé par la Cia Hollywood a été sommé de faire un film avec La Ferme des animaux. Son potes Koesler faisait souvent la liaison entre Orwell et les services américains. Mais je sais que sur Orwell la croyance relève de celle accordée à Raoult. J ai acheté tous les bouquins de Michea avant de la mettre à la poubelle quand j ai tardivement découvert le comportement de son modèle, et aussi sa petition ultra reac signée avec des gens comme Taguieff.

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        • JM Bourget // 18.05.2021 à 09h22

          https://agone.org/blog/malheureux-iii-6
          Il y a surtout cela, a boire avant de prendre la route. Mais aucune loi interdit d aimer les balances. Il y en a de talentueuses comme Céline.

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          • LibEgaFra // 19.05.2021 à 20h16

            Merci pour vos informations. Orwell s’est lourdement trompé sur le totalitarisme soviétique. C’est le yankeeland auquel il a donc collaboré qui est aujourd’hui le Big Brother. Apparemment il n’a pas tiré de leçon du génocide des Amérindiens.

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        • sylla // 19.05.2021 à 22h25

          je n’ai pas trouvé la pétition évoquée. un lien?

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    • Nagual // 17.05.2021 à 12h32

      Histoire de tempérer votre imbécile intervention : https://lepetitjournal.com/birmanie/une-histoire-birmane-sur-les-pas-de-george-orwell-en-birmanie-241746
      « Cinq ans plus tard, en 1927, Eric Arthur Blair quitte la Birmanie profondément écœuré par le système colonial »

      Pour le reste, Orwell avait le défaut d’être un homme, avec son cortège de petites faiblesses. Ces dénonciations serait la conséquence d’une amourette..

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      • JM Bourget // 18.05.2021 à 10h38

        Cger expert en sottise, savez vous que le gendarme Orwell a été de ceux qui ont été chargés d installer les Rohinghya en Birmanie. Peuple arraché des Indes pour devenir esclave dans les plantations de thé. Bon , salut, faut pas trop discuter avec ceux dont le cerveau pourrait être perturbé par la découverte d une vérité

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  • Philnosy // 18.05.2021 à 07h29

    Qu’est ce qu’un riche sans le regard des pauvres?
    Qu’est ce qu’une élite sans le regard des communs?
    C’est notre rapport a notre environnement et donc a nous même que nous devons revoir.

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    • Grd-mère Michelle // 20.05.2021 à 12h03

      Les pauvres sont surtout pauvres en instruction… tout comme les riches, au moins aussi malheureux-ses, éternellement insatisfait-e-s.
      Si chacun-e était également instruit-e des réalités, dès le plus jeune âge et jusqu’à la maturité, les un-e-s par les autres avec la bonne-volonté d’un-e adulte, il leur serait possible de se construire une autonomie et un libre-arbitre, ainsi qu’un projet de vie épanouissant, selon leurs goûts, caractère et capacités… leurs « pouvoirs ».
      D’où la nécessité de transformer l’école publique(et les études des enseignant-e-s), pour qu’enfin cesse la domination des « maîtres » et le « formatage » des populations destiné à la perpétuation des « classes » et des inégalités.
      Pour que tou-te-s deviennent capables de se voir tel-le-s qu’ils/elles sont et de prendre leur destin individuel en mains(de faire leurs propres choix) tout en tenant compte des difficultés et des défis qui se présentent actuellement à l’ensemble de notre espèce de « super-prédateurs ».
      Pour que les hommes(et les femmes) deviennent enfin humains,
      ET SE PARLENT, DONC, AU LIEU DE SE COMBATTRE.

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  • Anfer // 18.05.2021 à 08h38

    La vision du liberalisme de Michea est fausse.

    Tout comme le bon « social » et le mauvais « societal » n’existent pas, les 2 liberalismes, le bon et le mauvais n’existent pas non plus.

    Le liberalisme politique et économique est le même, et l’un n’existe pas sans l’autre.

    C’est pour cela qu’il faut refuser des termes comme « démocratie illiberal ».
    La démocratie est antagoniste au liberalisme, car pour celui ci, le régime politique idéal est un système censitaire.

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    • sylla // 18.05.2021 à 13h13

      je crois que justement, chez michéa, le libéralisme politique et le libéralisme économique ne sont pas séparés.

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      • Anfer // 18.05.2021 à 15h18

        Il me semble qu’il fait cette distinction social/societal qui est une arnaque.

        Je vais relire ce qu’il propose.

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        • sylla // 19.05.2021 à 22h57

          hmm…il fait bien cette distinction par contre. C’est d’ailleurs une des raisons pour lesquelles les progressistes actuels le qualifient de réactionnaire.

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          • Anfer // 22.05.2021 à 17h27

            C’est ce qu’il me semble.

            Cette distinction ne profite qu’aux liberaux, donc à la droite, et elle permet aux moins cultivés à gauche de faire des « passerelles » avec l’extrême droite.

            Donc, refuser l’arnaque des liberaux qui veulent faire oublier que social et économique sont la même chose, en accréditant cette idée du « societal », est une pente glissante.

            Je comprends pourquoi il est controversé.

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