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5.mai.20215.5.2021 // Les Crises

La suppression de l’ENA, un accès de démagogie présidentielle ? – par Eric Juillot

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Source : Eric Juillot – ELM

Emmanuel Macron a pris la décision de supprimer l’ENA. Cette noble institution née en 1945 vit donc ces derniers mois. Si le chef de l’État croit, en agissant de la sorte, se concilier facilement quelques millions d’électeurs, il fait fausse route. L’opération est de pure forme en effet ; elle laissera évidemment de côté les maux qui alimentent la défiance du peuple à l’égard des élites.

« À l’ENA, qui a fait son temps, devra être substitué un véritable cycle de formation, avec diversification réelle du recrutement, modification en profondeur de la pédagogie, nouvelles organisations des sorties pour favoriser l’apprentissage du terrain ». Ce propos a été tenu, non pas par Emmanuel Macron il y a quelques jours, mais par Alain Juppé en mai 1997. Il y a 24 ans, cet ex-inspecteur des finances devenu Premier ministre proposait déjà, à l’approche d’élections législatives décisives, la suppression de l’école qui avait fait de lui un haut fonctionnaire.

Un quart de siècle plus tard, l’actuel président également inspecteur des finances reprend l’idée à son compte et décide de la concrétiser. La mesure avait été annoncée une première fois au printemps 2019, au terme du « grand débat national » qui avait vu le Président monologuer des heures durant face à des parterres d’électeurs circonspects. Emmanuel Macron avait alors vu dans cette annonce un moyen de mettre un terme à la crise née de la révolte des Gilets jaunes qui avait durement éprouvé son pouvoir. Mais depuis, le projet semblait avoir été enterré.

Le Président fait donc aujourd’hui le choix de le reprendre, à la grande surprise de tous. Depuis cette annonce impromptue, toute la macronie tente dans l’urgence de donner corps et consistance à la volonté du prince souverainement exprimée : il serait donc question de regrouper les grandes écoles de la fonction publique dans un même « Institut du Service public » et de former leurs membres, dans le cadre d’un tronc commun, aux réalités convenues de notre époque : transition écologique, valeurs de la République, etc.

Bien que le projet soit à ce stade encore nébuleux, il est permis d’affirmer sans doute aucun qu’il n’apportera aucun remède aux maux qu’il est censé résoudre. Car l’Élysée se trompe de diagnostic : le problème ne se limite à la supposée « déconnexion » de l’élite à l’égard de la masse. Si le Président pense sincèrement dire quelque chose d’essentiel en exploitant cette ficelle rhétorique vieille comme la politique, il ferait sans doute mieux de garder le silence. Trop heureux cependant de réaliser un « coup » en matière de communication et de pratiquer le management « disruptif », E. Macron ne résiste pas à la tentation de sacrifier l’ENA à son image moderniste et à des fins bassement électoralistes.

S’il pense désarmer ainsi la défiance dont il fait l’objet chez des millions de citoyens, il se trompe. La tactique si ouvertement démagogique qu’elle ne bernera personne. Tout au plus flattera-t-il la droite fillonniste dans sa détestation de l’État, mais celle-ci, revancharde, ne lui en accordera pas davantage ses suffrages l’année prochaine.

Au-delà de ces considérations électorales d’intérêt limité, il faut garder à l’esprit que la décision d’E. Macron est une fois de plus tout à fait caractéristique du vide politique de son quinquennat. Cet étrange président aura passé l’essentiel de son temps à tenter de faire du neuf avec du vieux, et à faire semblant d’agir ­ comme en témoigne l’écart entre ses projets grandioses de 2017 et la minceur des résultats obtenus dans tous les domaines.

La défiance de l’opinion publique à l’égard de l’État et des responsables qui l’incarnent est si grande qu’elle peut rapidement se transformer en colère et en révolte. Elle repose en profondeur sur le constat objectif d’une dégénérescence générale de la morale publique, paradoxalement illustrée depuis plusieurs décennies par les plus hauts représentants politiques et administratifs de l’État. Pour désamorcer cette défiance, ce n’est pas à une modeste réforme de structure qu’il faut s’atteler, mais à un renouvellement complet des habitudes et des pratiques, des convictions et des croyances qui se sont installées au sommet à partir des années 1980, parallèlement au triomphe dans les esprits du néolibéralisme bruxellois. E. Macron, par son parcours et ses actes de foi idéologiques, constitue le produit chimiquement pur de cette évolution funeste. Comment pourrait-il la remettre en cause véritablement ?

Pantouflage à tous les étages

Parmi les pratiques propres aux énarques, l’une des plus choquantes pour l’esprit public réside dans ce qu’il est convenu d’appeler le « pantouflage ». Communément dénoncé dans l’espace médiatique depuis qu’il existe, le pantouflage ne s’en est pas moins installé comme une pratique répandue, sinon majoritaire. Elle désigne le fait pour un haut fonctionnaire, souvent membre du corps des inspecteurs des finances, de rejoindre le secteur privé après quelques années passées au service de l’État. Recrutés le plus souvent dans la haute finance mondialisée, ils peuvent y faire jouer les connexions de leur réseau relationnel et y prétendre à des émoluments sans mesure aucune avec leur traitement de fonctionnaire.

Cette pratique est née au cours des années 1980, au moment précisément où le néolibéralisme s’installait triomphalement dans les esprits, justifiant l’abaissement de l’État dans l’ordre moral et son amoindrissement dans l’ordre pratique. Il devenait concevable, dès lors, il était même convenable en fait, de quitter la sphère publique pour embrasser avec ferveur les opportunités offertes par le marché. Ce qui deux décennies plus tôt aurait été perçu comme relevant de la trahison était désormais assimilé à un gage de modernité, de dynamisme, et d’ouverture.

Dans son ouvrage L’ordre de la dette, enquête sur les infortunes de l’État et la prospérité du marché, le sociologue Benjamin Lemoine interroge longuement les hauts fonctionnaires qui ont organisé dans les années 1980 le financement de l’État par la création d’un marché de la dette publique, c’est-à-dire la soumission de l’État aux intérêts de la haute finance privée. Fait révélateur, l’immense majorité des personnes interrogées ont ensuite fait carrière dans la banque où on leur fit bon accueil, compte tenu de ce qu’il avait fait pour en accroître la puissance au détriment de l’action publique. Les noces de la technostructure acquise au néolibéralisme avec la finance privée furent le point de départ d’une dérive oligarchique, souvent résumée, pour son versant idéologique, au règne malheureusement bien réel d’une « pensée unique », dont nous subissons aujourd’hui encore les effets délétères. Au fondement de cette pensée, une croyance inébranlable : rien n’est possible en dehors du monde politiquement rabougri auquel le néolibéralisme aboutit. Existe-t-il, dans la vie politique actuelle, un poison plus toxique et plus insidieux que cette certitude ?

Dans cette perspective, les ambitions « disruptives » de l’actuel président ne sont que de la poudre aux yeux. Il est impossible à Emmanuel Macron de mettre un terme à ce système puisqu’il en est l’incarnation terminale. Avant d’être appelé à de hautes fonctions par le Président F. Hollande en 2017, il s’était employé à faire fructifier dans le privé son passage à l’inspection des finances. Cinq années de bons et loyaux services en tant que gérant puis associé-gérant à la banque Rothschild et Cie lui ont permis, en 2008-2012, d’accéder aux rémunérations indécentes en vigueur dans ce milieu et de nouer des contacts fort utiles sans doute pour la suite de sa carrière. Devenu, à la demande de François Hollande, Secrétaire général adjoint de l’Élysée en 2012, il a contribué à vider de son contenu la loi de réforme bancaire promise par le nouveau président.

Devenu président à son tour, E. Macron a-t-il l’intention d’interdire purement et simplement le pantouflage après avoir supprimé l’ENA ? Poser la question, c’est y répondre.

Bruxelles forever

À la source de la défiance populaire se trouve un autre facteur, beaucoup plus important que la pratique détestable du pantouflage : l’adhésion inconditionnelle à « l’Europe », l’acceptation de principe de tous les canons de l’européisme. Cette idéologie est aujourd’hui le cadre de pensée indépassable de l’immense majorité des hauts fonctionnaires et des responsables politiques. Ce seul état de fait suffit à les placer en porte-à-faux avec le reste du pays, où l’idée d’un nécessaire et inévitable dépassement de la nation dans le cadre d’une UE salvatrice est tout sauf communément admise.

Ce dissensus peuple/élite à propos de l’UE est davantage implicite qu’explicite, il est rarement observable au grand jour, car la prise de distance à l’égard de la nation d’une large fraction de ses plus hauts responsables ne saurait être ouvertement assumée. Cependant, un grand nombre de décisions importantes et préjudiciables ne sont justifiées, dans l’esprit de ceux qui exercent le pouvoir, que par la nécessité d’œuvrer au service de « l’Europe », y compris quand cela implique des sacrifices. On le voit actuellement, avec un gouvernement français qui s’entête à s’en remettre à Bruxelles pour l’approvisionnement en vaccins anti-covid alors que la Commission européenne a fait à ce sujet la démonstration de sa catastrophique incompétence, et alors que de nombreux États préfèrent désormais se passer d’elle, y compris l’Allemagne.

Plus profondément, au fil des décennies, des pans entiers de la souveraineté nationale ont été transférés à Bruxelles pour la plus grande joie de la technocratie communautaire, et avec l’assentiment enthousiaste des technocrates français. Lorsque la nuisance des politiques communautaires est trop évidente pour être cachée, il n’y a guère que les citoyens ordinaires pour s’offusquer que leur État soit réduit à l’impuissance dans certains domaines essentiels. Ainsi en matière économique où, coincé entre le marché unique et l’euro, le pouvoir du gouvernement français se trouve réduit à la seule fiscalité.

Cela a conduit A. Montebourg, dans son livre L’engagement, récit de son expérience ministérielle, à vitupérer ceux qu’il appelle les « énarques bercyens » ; il en dresse le portrait peu flatteur de technocrates confits en dévotion européiste, soucieux de respecter en tout point les dogmes communautaires, fût-ce au détriment de leur pays. Leur pouvoir de nuisance est si grand qu’à la moindre tentation hétérodoxe, un ministre installé à Bercy comprend qu’il va lui falloir lutter non seulement contre Bruxelles, mais aussi contre sa propre administration.

Quelques années plus tôt, dans leur livre Dans L’enfer de Bercy, Marion L’Hour et Frédéric Says avaient déjà consacré un chapitre à l’analyse de cette étrange soumission. « La réglementation européenne interdit à 90 % toute action de l’État sur le secteur économique. Bruxelles est un énorme frein » confirmait, amer, un ancien directeur des affaires juridiques du ministère. « À Bruxelles, les négociateurs français reconnaissent avoir utilisé les lois Travail et Macron pour faire baisser la pression de leurs homologues », car il faut « démontrer qu’on bouge, que les réformes sont conduites […]. Il s’agit d’éviter les sanctions financières et les sanctions symboliques (un rappel à l’ordre peut effrayer les marchés) ». Un autre haut fonctionnaire, moins enclin à la soumission, reconnaissait sans ambages : « Mon précédent job, c’était de monter des conventions avec les entreprises en difficulté puis de déguiser les subventions pour que ça ne se voie pas de trop ».

Renoncement ou incapacité à agir pour leur pays, tentative permanente de maquiller cette réalité : c’est là, et nulle part ailleurs, que se trouve la racine du mal qui ronge depuis des décennies la démocratie en France. Quand l’élite politico-administrative abaisse le pays en expliquant à la population que c’est pour son bien, il ne faut pas s’étonner de voir la défiance et la colère s’emparer de larges secteurs de la population. Le « populisme » dénoncé par beaucoup trouve ici son aliment premier. Il ne saurait prospérer dans un régime où la confiance ­ qui suppose l’honnêteté intellectuelle et l’engagement effectif au service de l’État et de la nation règne entre les gouvernants et les gouvernés.

Quand les représentants d’un État en arrivent au degré d’abaissement observé à Bercy, quand la dignité nationale -­ notion désuète s’il en est – est à ce point foulée aux pieds, quand le ressentiment populaire né de cet état de fait met à mal nos institutions démocratiques, n’est-il pas temps de se demander si la grande cause évanescente qui justifie ce déclin politique le mérite vraiment ?

À ce stade, il est malheureusement raisonnable de penser que la doxa ne sera nullement entamée par la suppression de l’ENA. Derrière l’esbroufe communicationnelle, le conservatisme idéologique au service de l’UE et du marché. À quand le sursaut ?

Source : Eric Juillot – ELM – 04-05-2021

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Commentaire recommandé

LibEgaFra // 05.05.2021 à 08h14

« zetes prêt pour des coups de matraque ? des tirs de lbd ? Des charges de crs ? »

L’ue vient tout récemment de s’inquiéter des « droits de l’homme » en Russie. Qu’est-ce que ce serait si des citoyens russes étaient éborgnés et avaient la main arrachée!

La paille et la poutre.

Pour rappel:

« D’après un communiqué publié sur le site du Conseil de l’UE, ces sanctions [contre la Russie] concernent «des arrestations et des détentions arbitraires, ainsi que de la répression massive et systématique de la liberté de réunion pacifique et d’association et de la liberté d’opinion et d’expression en Russie». »

36 réactions et commentaires

  • pseudo // 05.05.2021 à 07h46

    et qui se sent suffisamment citoyen dans ce pays pour réagir ? zetes prêt pour des coups de matraque ? des tirs de lbd ? Des charges de crs ?

    • LibEgaFra // 05.05.2021 à 08h14

      « zetes prêt pour des coups de matraque ? des tirs de lbd ? Des charges de crs ? »

      L’ue vient tout récemment de s’inquiéter des « droits de l’homme » en Russie. Qu’est-ce que ce serait si des citoyens russes étaient éborgnés et avaient la main arrachée!

      La paille et la poutre.

      Pour rappel:

      « D’après un communiqué publié sur le site du Conseil de l’UE, ces sanctions [contre la Russie] concernent «des arrestations et des détentions arbitraires, ainsi que de la répression massive et systématique de la liberté de réunion pacifique et d’association et de la liberté d’opinion et d’expression en Russie». »

      • Gleux // 05.05.2021 à 09h20

        Ils ont déjà la réponse toute faite à cet argument : «Mais ça n’a rien à voir, en Russie c’est des manifestants pacifiques qui luttent contre la dictature, alors qu’en France on a des casseurs qui veulent renverser la démocratie !»
        Aucun argument ne peut changer leur vision du monde.

        • Rémi // 06.05.2021 à 10h14

          Oui en russie il y a des allegations systématique de circulation d’argent pour rémunérer les manifestants qui luttent contre la dictature.
          Alors qu’en France les GJ faisaient cela gratuitement.
          On comprend que les premiers partageant le logiciel mercennaire soient éminement plus sympatiques à nos oligarques que des gens qui s’engagent gratuitement par conviction.

    • Guise // 05.05.2021 à 23h30

      pseudo : vous partez du principe que réagir, c’est forcément aller au casse-pipe des manifestations gazées.
      Il y a d’autres moyens d’action. Exemple connu : la grève générale. Les crs sont en nombre limité.

  • LibEgaFra // 05.05.2021 à 08h01

    « l’adhésion inconditionnelle à « l’Europe », l’acceptation de principe de tous les canons de l’européisme. »

    Il faudrait commencer par bien nommer les choses: l’Europe est un continent et ce n’est pas l’union européenne qui est un traité. Comme il ne faut pas confondre un « européisme » qui n’existe que comme propagande, quand il s’agit d’unionisme, un traité entre des États dont l’un n’est même pas européen.

  • James Whitney // 05.05.2021 à 08h15

    « Cet étrange président aura passé l’essentiel de son temps à tenter de faire du neuf avec du vieux, et à faire semblant d’agir ­ comme en témoigne l’écart entre ses projets grandioses de 2017 et la minceur des résultats obtenus dans tous les domaines. »

    La minceur des résultats obtenus dans tous les domaines ? La destruction du code de travail, c’est un résultat mince ? Pas mal d’autres exemples pas du tout mince. La diminution d’investissement dans la santé …

    • barbe // 05.05.2021 à 08h17

      La destruction du lycée général, après le collège.
      Ces creusets de la nation.
      Mais bouh, la nation c’est mal nous répète-t-on depuis… depuis…

  • sergeat // 05.05.2021 à 08h21

    l’ENA est une école de hauts fonctionnaires au service de l’état elle est devenu une école où les hauts fonctionnaires se servant sur le dos de l’état donc des français à travers des pantouflages,puis des allés et venus du privé au politique permettant de faire passer des lois,directives,décrets,lobbying,…qui leurs remplissent les poches et favorisent certains copains financiers ou industriels sur le dos de la France au nom du néo-libéralisme,qui en plus les remercient en achetant la grande parti des médias pour faire leur propagande digne de l’ex-URSS.
    Ces énarques sans vision de notre pays font une course vers l’Europe pour dissimuler leur incompétence décisionnelle pour la France.

    • utopiste // 07.05.2021 à 04h39

      Pour une fois, « pas de mauvais état » et « pas d’état » se confondent. Et on a perdu un outils qui avait bien servi par le passé et aurait pu être réparé.

  • Al Kazar // 05.05.2021 à 08h29

    Folie que de confier le pouvoir à un banquier ! Un banquier n’a d’autre patrie que l’argent. Bienvenus en Macrombie, république bananiere du sud de l’Europe, capitale Gold Gotham.

  • Max // 05.05.2021 à 08h33

    Une femme battue et financièrement dépendante, qui a le choix entre mourir sous les coups de son mari ou retrouver sa liberté pour connaître des temps difficiles avant de retrouver une aisance financière. C’est la relation que la France entretient avec l’UE.

    • Guise // 05.05.2021 à 23h42

      Max, L’image ne marche pas, même si elle est poétique.

      Si la France est en dépendance de l’UE, c’est parce que son élite le veut, parce que l’UE est un moyen de détruire le système français sans que les hommes politiques français le fassent, eux-même, directement. Ce ne sera pas de leur faute, les pauvrets, c’est l’UE qui les oblige (alors que l’UE, c’est eux, c’est leur classe).
      L’image ne tient pas, parce la distinction importante ici ce n’est pas la France contre l’UE, mais les pauvres contre les élites. Les pauvres de tous les pays de l’UE contre les élites de tous les pays de l’UE.
      Les communistes l’avaient déjà pensé, en fait. L’Internationale devrait être plus connue.

      « Bandit, prince, exploiteur ou prêtre
      Qui vit de l’homme est criminel ;
      Notre ennemi, c’est notre maître :
      Voilà le mot d’ordre éternel. »

      « Ouvriers, Paysans, nous sommes
      Le grand parti des travailleurs ;
      La terre n’appartient qu’aux hommes,
      L’oisif ira loger ailleurs. »

    • kasper // 06.05.2021 à 02h41

      Sauf que ca n’est pas l’UE qui entretient le train de vie de la France, c’est l’inverse.

      Pour rendre votre analogie pertinente, il faut voir la France comme une femme dont le mari est non seulement violent mais au chômage, passant ses journées au bistro pendant qu’elle travaille, attendant qu’elle rentre avec sa paye pour lui coller une trempe et aller partager l’argent avec ses copains poivrots. Comme le personnage de Gervaise dans l’Assommoir. Une situation qui ne tient que par un profond problème psychologique chez la victime qui la pousse a accepter l’impensable.

  • Darras // 05.05.2021 à 08h58

    Ce n’est pas l’ENA qu’il faut fermer, ce sont tous les IEP et surtout science politique.
    C’est quoi ce pays avec des écoles de commissaires politiques qui vont aller infecter tous les niveaux de l’administration ? Plus de la moitié des magistrats en viennent sans avoir fait même un master en fac de droit, ceci explique cela. La grande masse des journalistes, le concours de commissaire de police, les cadres territoriaux. Une véritable gangrène qui étouffe notre société .
    Il est urgent de fermer ça.
    Je promet de voter pour le candidat qui promettra ça.

  • Louis // 05.05.2021 à 09h45

    L’historien Robert O Paxton dans son livre la France de Vichy indique que la création de l’ENA avait pour utilité la réduction de l’influence des Sciences Po. et il rajoute qu’en voulant réduire une chapelle ils ont construit une cathédrale. Oui il faut supprimer les deux entités.

  • Orhan // 05.05.2021 à 10h01

    Il y a selon moi deux problématiques pour l’ENA, mais également on peut parler des autres écoles censées formées les « élites », je restreindrais ce terme aux élites économiques, donc les grandes écoles de commerce (HEC), université (Dauphine), IEP (Science Po), etc.

    D’une part le contenu des formations générales, on devrait plutôt parler d’endoctriment, est essentiellement le relai de la pensée bourgeoise au sens large. Et donc comme cela relève plus de l’enseignement théologique au final, c’est une vraie refonte des programmes qu’il faudrait. Mais on ne peut attendre une refonte des programmes de la part de ceux-là même qui bénéficient et tirent leur position économique et sociale dominante de l’application de ces programmes.

    Ensuite, on peut supprimer, refondre, telle ou telle école, ou tel programme, le principe de fonctionnement de la bourgeoisie, des classes diplômées d’écoles prestigieuses, c’est le réseautage et la cooptation. Peu importe si demain l’élite se forme dans un lycée agricole de campagne (je n’ai pas de mépris pour ça), ce sera la même chose, elle se recrutera et se cooptera dans un vivier de personnes formées dans cette école.
    On atteint la un point qui est indépassable, où plutôt dont le seul dépassement passe par la destruction (on ne parle pas d’élimination physique ici pour ceux qui auraient des frayeurs) de cette classe sociale, essentiellement parasitaire.

    • Louis // 05.05.2021 à 16h42

      Facteur aggravant lorsque je constate par exemple notre ministre de la transition (je me demande laquelle) profil Sciences Po qui bavarde sur les algues vertes, l’électricité, les éoliennes je m’interroge sur ses compétences. Pour faire bref, généraliste sur tout et spécialiste de rien. Clairement il faut supprimer ces bazars.

  • Denis Monod-Broca // 05.05.2021 à 10h30

    La pensée la plus pernicieuse, celle qui court les lieux de pouvoirs, étouffe les oppositions, tant elle semble exprimer une évidence, se répand comme un virus mortel, est celle-ci : la France est trop petite, elle ne compte plus, faisons l’Europe.

    Elle est triplement mensongère. D’abord parce que la France n’est pas si petite, ensuite parce que, si l’on croit en l’égalité, la taille ne compte pas, enfin parce que l’Europe supranationale est une illusion.

    L’Europe, remède ou poison : là est la fracture que nous nous devons de réduire.

  • Arcousan09 // 05.05.2021 à 10h58

    C’est un travail Kolossal que de changer le nom d’une école sans en changer ni le contenu ni la philosophie ….
    Travail digne d’un génie sidéral …

  • Pie vert // 05.05.2021 à 11h05

    L’ena n’était plus qu’un jouet médiatique pour Macron.
    Cela ne règle pas les problèmes de notre pays, qui en fait n’a pas été libéré en 1945 mais a subi une occupation américaine (plus douce) mais pas moins destructrice sur le temps long, les USA n’ont occupé l’Europe que pour la neutraliser c’est pourquoi l’UE est une farce mortifere pour les européens. Adenauer et DeGaulle n’ont été que des parantheses, maintenant nous en arrivons au point où les dirigeants comme Macron, dirigent ouvertement contre les intérêts économiques et societaux de leur propre peuple. Comment on en sort ? L’affaire de l’ena n’est qu’une énième diversion.

  • Maximytch // 05.05.2021 à 11h12

    C’est sa modeste contribution à la déconstruction. Il déconstruit ses propres privilèges par ce geste.
    Avant certains utilisaient l’art comme substitution à une thérapie, aujourd’hui ils sont politiques et utilisent les moyens de l’état. Ca fait cher la séance.

  • Dominique65 // 05.05.2021 à 11h14

    Les énarques seraient des petites choses soumises à Bruxelles ? Généralisation abusive me semble-t-il. Il se trouve que seuls deux chefs de partis veulent sortir la France de l’UE. C’en est même leur leitmotiv. Ces deux chefs sont énarques. L’un d’eux a d’ailleurs été inspecteur générale des finances. Quant à Montebourg, que je respecte, que dirait-il si on généralisait sur les « Young leaders » de la French American Foundation ? Les choses, et surtout les personnes, sont toujours un peu plus complexes que ce qu’on pense. Mis à part la pensée de notre Président, qui semble surévaluée. 😉

  • JD // 05.05.2021 à 15h48

    Eric,

    Vous concluez en posant la question du sursaut.
    Nous savons tous que la première réponse arrivera en mai 2022 avec des résultats, inspirés par la défiance et la colère, que nous pouvons supposer. Malheureusement.

  • Araok // 05.05.2021 à 19h35

    Encore un petit bout de commentaire pour observateur.
    Même avec de très bons profs je n’aurais pas intégré l’X ni Normal sup. Mes amis qui les ont intégrés y travaillaient consciemment ou pas depuis la primaire.

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