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3.mai.20213.5.2021 // Les Crises

Stopper la montée de l’insignifiance – par Cornelius Castoriadis

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Source : Le Monde diplomatique, Cornelius Castoriadis

Contre le conformisme généralisé

Il manque la voix de Cornelius Castoriadis, ce dissident essentiel, en ces temps de « non-pensée ». Il n’a pas sombré dans le renoncement esthète, ni dans le cynisme ni dans cette apathie repue qui dit : « Tout se vaut, tout est vu, tout est vain. » Il dénonce une élite politique réduite à appliquer l’intégrisme néolibéral, mais souligne aussi la responsabilité du « citoyen » que la précarité désengage de l’activité civique. Silencieusement, s’est mise en place cette formidable régression : une non-pensée produisant cette non-société, ce racisme social. Jusqu’au bout Castoriadis a recherché une radicalité : « Je suis un révolutionnaire favorable à des changements radicaux, disait-il quelques semaines avant sa mort. Je ne pense pas que l’on puisse faire marcher d’une manière libre, égalitaire et juste le système français capitaliste tel qu’il est. »

Ce qui caractérise le monde contemporain ce sont, bien sûr, les crises, les contradictions, les oppositions, les fractures, mais ce qui me frappe surtout, c’est l’insignifiance. Prenons la querelle entre la droite et la gauche. Elle a perdu son sens. Les uns et les autres disent la même chose. Depuis 1983, les socialistes français ont fait une politique, puis M. Balladur a fait la même politique ; les socialistes sont revenus, ils ont fait, avec Pierre Bérégovoy, la même politique ; M. Balladur est revenu, il a fait la même politique ; M. Chirac a gagné l’élection de 1995 en disant : « Je vais faire autre chose » et il a fait la même politique.

Les responsables politiques sont impuissants. La seule chose qu’ils peuvent faire, c’est suivre le courant, c’est-à-dire appliquer la politique ultralibérale à la mode. Les socialistes n’ont pas fait autre chose, une fois revenus au pouvoir. Ce ne sont pas des politiques, mais des politiciens au sens de micropoliticiens. Des gens qui chassent les suffrages par n’importe quel moyen. Ils n’ont aucun programme. Leur but est de rester au pouvoir ou de revenir au pouvoir, et pour cela ils sont capables de tout.

Il y a un lien intrinsèque entre cette espèce de nullité de la politique, ce devenir nul de la politique et cette insignifiance dans les autres domaines, dans les arts, dans la philosophie ou dans la littérature. C’est cela l’esprit du temps. Tout conspire à étendre l’insignifiance.

La politique est un métier bizarre. Parce qu’elle présuppose deux capacités qui n’ont aucun rapport intrinsèque. La première, c’est d’accéder au pouvoir. Si on n’accède pas au pouvoir, on peut avoir les meilleures idées du monde, cela ne sert à rien ; ce qui implique donc un art de l’accession au pouvoir. La seconde capacité, c’est, une fois qu’on est au pouvoir, de savoir gouverner.

Rien ne garantit que quelqu’un qui sache gouverner sache pour autant accéder au pouvoir. Dans la monarchie absolue, pour accéder au pouvoir il fallait flatter le roi, être dans les bonnes grâces de Mme de Pompadour. Aujourd’hui dans notre « pseudo- démocratie », accéder au pouvoir signifie être télégénique, flairer l’opinion publique.

Je dis « pseudo-démocratie » parce que j’ai toujours pensé que la démocratie dite représentative n’est pas une vraie démocratie. Jean-Jacques Rousseau le disait déjà : les Anglais croient qu’ils sont libres parce qu’ils élisent des représentants tous les cinq ans, mais ils sont libres un jour pendant cinq ans, le jour de l’élection, c’est tout. Non pas que l’élection soit pipée, non pas qu’on triche dans les urnes. Elle est pipée parce que les options sont définies d’avance. Personne n’a demandé au peuple sur quoi il veut voter. On lui dit : « Votez pour ou contre Maastricht ». Mais qui a fait Maastricht ? Ce n’est pas le peuple qui a élaboré ce traité.

Il y a la merveilleuse phrase d’Aristote : « Qui est citoyen ? Est citoyen quelqu’un qui est capable de gouverner et d’être gouverné. » Il y a des millions de citoyens en France. Pourquoi ne seraient-ils pas capables de gouverner ? Parce que toute la vie politique vise précisément à le leur désapprendre, à les convaincre qu’il y a des experts à qui il faut confier les affaires. Il y a donc une contre-éducation politique. Alors que les gens devraient s’habituer à exercer toutes sortes de responsabilités et à prendre des initiatives, ils s’habituent à suivre ou à voter pour des options que d’autres leur présentent. Et comme les gens sont loin d’être idiots, le résultat, c’est qu’ils y croient de moins en moins et qu’ils deviennent cyniques.

Dans les sociétés modernes, depuis les révolutions américaine (1776) et française (1789) jusqu’à la seconde guerre mondiale (1945) environ, il y avait un conflit social et politique vivant. Les gens s’opposaient, manifestaient pour des causes politiques. Les ouvriers faisaient grève, et pas toujours pour de petits intérêts corporatistes. Il y avait de grandes questions qui concernaient tous les salariés. Ces luttes ont marqué ces deux derniers siècles.

On observe un recul de l’activité des gens. C’est un cercle vicieux. Plus les gens se retirent de l’activité, plus quelques bureaucrates, politiciens, soi-disant responsables, prennent le pas. Ils ont une bonne justification : « Je prends l’initiative parce que les gens ne font rien. » Et plus ils dominent, plus les gens se disent : « C’est pas la peine de s’en mêler, il y en a assez qui s’en occupent, et puis, de toute façon, on n’y peut rien. »

La seconde raison, liée à la première, c’est la dissolution des grandes idéologies politiques, soit révolutionnaires, soit réformistes, qui voulaient vraiment changer des choses dans la société. Pour mille et une raisons, ces idéologies ont été déconsidérées, ont cessé de correspondre aux aspirations, à la situation de la société, à l’expérience historique. Il y a eu cet énorme événement qu’est l’effondrement de l’URSS en 1991 et du communisme. Une seule personne, parmi les politiciens — pour ne pas dire les politicards — de gauche, a-t-elle vraiment réfléchi sur ce qui s’est passé ? Pourquoi cela s’est- il passé et qui en a, comme on dit bêtement, tiré des leçons ? Alors qu’une évolution de ce type, d’abord dans sa première phase — l’accession à la monstruosité, le totalitarisme, le Goulag, etc. — et ensuite dans l’effondrement, méritait une réflexion très approfondie et une conclusion sur ce qu’un mouvement qui veut changer la société peut faire, doit faire, ne doit pas faire, ne peut pas faire. Rien !

Et que font beaucoup d’intellectuels ? Ils ont ressorti le libéralisme pur et dur du début du XIXe siècle, qu’on avait combattu pendant cent cinquante ans, et qui aurait conduit la société à la catastrophe. Parce que, finalement, le vieux Marx n’avait pas entièrement tort. Si le capitalisme avait été laissé à lui-même, il se serait effondré cent fois. Il y aurait eu une crise de surproduction tous les ans. Pourquoi ne s’est-il pas effondré ? Parce que les travailleurs ont lutté, ont imposé des augmentations de salaire, ont créé d’énormes marchés de consommation interne. Ils ont imposé des réductions du temps de travail, ce qui a absorbé tout le chômage technologique. On s’étonne maintenant qu’il y ait du chômage. Mais depuis 1940 le temps de travail n’a pas diminué.

Les libéraux nous disent : « Il faut faire confiance au marché. » Mais les économistes académiques eux-mêmes ont réfuté cela dès les années 30. Ces économistes n’étaient pas des révolutionnaires, ni des marxistes ! Ils ont montré que tout ce que racontent les libéraux sur les vertus du marché, qui garantirait la meilleure allocation possible des ressources, la distribution des revenus la plus équitable, ce sont des aberrations ! Tout cela a été démontré. Mais il y a cette grande offensive économico-politique des couches gouvernantes et dominantes qu’on peut symboliser par les noms de M. Reagan et de Mme Thatcher, et même de François Mitterrand ! Il a dit : « Bon, vous avez assez rigolé. Maintenant, on va vous licencier », on va éliminer la « mauvaise graisse », comme avait dit M. Juppé ! « Et puis vous verrez que le marché, à la longue, vous garantit le bien-être. » A la longue. En attendant, il y a 12,5 % de chômage officiel en France !

La crise n’est pas une fatalité

On a parlé d’une sorte de terrorisme de la pensée unique, c’est-à-dire une non-pensée. Elle est unique en ce sens qu’elle est la première pensée qui soit une non-pensée intégrale. Pensée unique libérale à laquelle nul n’ose s’opposer. Qu’était l’idéologie libérale à sa grande époque ? Vers 1850, c’était une grande idéologie parce qu’on croyait au progrès. Ces libéraux-là pensaient qu’avec le progrès il y aurait élévation du bien-être économique. Même quand on ne s’enrichissait pas, dans les classes exploitées, on allait vers moins de travail, vers des travaux moins pénibles : c’était le grand thème de l’époque. Benjamin Constant le dit : « Les ouvriers ne peuvent pas voter parce qu’ils sont abrutis par l’industrie [il le dit carrément, les gens étaient honnêtes à l’époque !], donc il faut un suffrage censitaire. »

Par la suite, le temps de travail a diminué, il y a eu l’alphabétisation, l’éducation, des espèces de Lumières qui ne sont plus les Lumières subversives du XVIIIe siècle mais des Lumières qui se diffusent tout de même dans la société. La science se développe, l’humanité s’humanise, les sociétés se civilisent et petit à petit on arrivera à une société où il n’y aura pratiquement plus d’exploitation, où cette démocratie représentative tendra à devenir une vraie démocratie.

Mais cela n’a pas marché ! Donc les gens ne croient plus à cette idée. Aujourd’hui ce qui domine, c’est la résignation ; même chez les représentants du libéralisme. Quel est le grand argument, en ce moment ? « C’est peut-être mauvais mais l’autre terme de l’alternative était pire. » Et c’est vrai que cela a glacé pas mal les gens. Ils se disent : « Si on bouge trop, on va vers un nouveau Goulag. » Voilà ce qu’il y a derrière cet épuisement idéologique et on n’en sortira que si vraiment il y a une résurgence d’une critique puissante du système. Et une renaissance de l’activité des gens, d’une participation des gens.

Çà et là, on commence quand même à comprendre que la « crise » n’est pas une fatalité de la modernité à laquelle il faudrait se soumettre, « s’adapter » sous peine d’archaïsme. On sent frémir un regain d’activité civique. Alors se pose le problème du rôle des citoyens et de la compétence de chacun pour exercer les droits et les devoirs démocratiques dans le but — douce et belle utopie — de sortir du conformisme généralisé.

Pour en sortir, faut-il s’inspirer de la démocratie athénienne ? Qui élisait-on à Athènes ? On n’élisait pas les magistrats. Ils étaient désignés par tirage au sort ou par rotation. Pour Aristote, souvenez-vous, un citoyen, c’est celui qui est capable de gouverner et d’être gouverné. Tout le monde est capable de gouverner, donc on tire au sort. La politique n’est pas une affaire de spécialiste. Il n’y a pas de science de la politique. Il y a une opinion, la doxa des Grecs, il n’y a pas d’épistémè (Savoir théoriquement fondé, science).

L’idée selon laquelle il n’y a pas de spécialiste de la politique et que les opinions se valent est la seule justification raisonnable du principe majoritaire. Donc, chez les Grecs, le peuple décide et les magistrats sont tirés au sort ou désignés par rotation. Pour les activités spécialisées — construction des chantiers navals, des temples, conduite de la guerre -, il faut des spécialistes. Ceux-là, on les élit. C’est cela, l’élection. Election veut dire « choix des meilleurs ». Là intervient l’éducation du peuple. On fait une première élection, on se trompe, on constate que, par exemple, Périclès est un déplorable stratège, eh bien on ne le réélit pas ou on le révoque.

Mais il faut que la doxa soit cultivée. Et comment une doxa concernant le gouvernement peut-elle être cultivée ? En gouvernant. Donc la démocratie — c’est important — est une affaire d’éducation des citoyens, ce qui n’existe pas du tout aujourd’hui.

« Se reposer ou être libre »

Récemment, un magazine a publié une statistique indiquant que 60 % des députés, en France, avouent ne rien comprendre à l’économie. Des députés qui décident tout le temps ! En vérité, ces députés, comme les ministres, sont asservis à leurs techniciens. Ils ont leurs experts, mais ils ont aussi des préjugés ou des préférences. Si vous suivez de près le fonctionnement d’un gouvernement, d’une grande bureaucratie, vous voyez que ceux qui dirigent se fient aux experts, mais choisissent parmi eux ceux qui partagent leurs opinions. C’est un jeu complètement stupide et c’est ainsi que nous sommes gouvernés.

Les institutions actuelles repoussent, éloignent, dissuadent les gens de participer aux affaires. Alors que la meilleure éducation en politique, c’est la participation active, ce qui implique une transformation des institutions qui permette et incite à cette participation.

L’éducation devrait être beaucoup plus axée vers la chose commune. Il faudrait comprendre les mécanismes de l’économie, de la société, de la politique, etc. Les enfants s’ennuient en apprenant l’histoire alors que c’est passionnant. Il faudrait enseigner une véritable anatomie de la société contemporaine, comment elle est, comment elle fonctionne. Apprendre à se défendre des croyances, des idéologies.

Aristote a dit : « L’homme est un animal qui désire le savoir. » C’est faux. L’homme est un animal qui désire la croyance, qui désire la certitude d’une croyance, d’où l’emprise des religions, des idéologies politiques. Dans le mouvement ouvrier, au départ, il y avait une attitude très critique. Prenez le deuxième couplet de L’Internationale, le chant de la Commune : « Il n’est pas de Sauveur suprême, ni Dieu — exit la religion — ni César, ni tribun » — exit Lénine !

Aujourd’hui, même si une frange cherche toujours la foi, les gens sont devenus beaucoup plus critiques. C’est très important. La scientologie, les sectes, ou le fondamentalisme, c’est dans d’autres pays, pas chez nous, pas tellement. Les gens sont devenus beaucoup plus sceptiques. Ce qui les inhibe aussi pour agir.

Périclès dans le discours aux Athéniens dit : « Nous sommes les seuls chez qui la réflexion n’inhibe pas l’action. » C’est admirable ! Il ajoute : « Les autres, ou bien ils ne réfléchissent pas et ils sont téméraires, ils commettent des absurdités, ou bien, en réfléchissant, ils arrivent à ne rien faire parce qu’ils se disent, il y a le discours et il y a le discours contraire. » Actuellement, on traverse une phase d’inhibition, c’est sûr. Chat échaudé craint l’eau froide. Il ne faut pas de grands discours, il faut des discours vrais.

De toute façon il y a un irréductible désir. Si vous prenez les sociétés archaïques ou les sociétés traditionnelles, il n’y a pas un irréductible désir, un désir tel qu’il est transformé par la socialisation. Ces sociétés sont des sociétés de répétition. On dit par exemple : « Tu prendras une femme dans tel clan ou dans telle famille. Tu auras une femme dans ta vie. Si tu en as deux, ou deux hommes, ce sera en cachette, ce sera une transgression. Tu auras un statut social, ce sera ça et pas autre chose. »

Or, aujourd’hui, il y a une libération dans tous les sens du terme par rapport aux contraintes de la socialisation des individus. On est entré dans une époque d’illimitation dans tous les domaines, et c’est en cela que nous avons le désir d’infini. Cette libération est en un sens une grande conquête. Il n’est pas question de revenir aux sociétés de répétition. Mais il faut aussi — et c’est un très grand thème — apprendre à s’autolimiter, individuellement et collectivement. La société capitaliste est une société qui court à l’abîme, à tous points de vue, car elle ne sait pas s’autolimiter. Et une société vraiment libre, une société autonome, doit savoir s’autolimiter, savoir qu’il y a des choses qu’on ne peut pas faire ou qu’il ne faut même pas essayer de faire ou qu’il ne faut pas désirer.

Nous vivons sur cette planète que nous sommes en train de détruire, et quand je prononce cette phrase je songe aux merveilles, je pense à la mer Egée, je pense aux montagnes enneigées, je pense à la vue du Pacifique depuis un coin d’Australie, je pense à Bali, aux Indes, à la campagne française qu’on est en train de désertifier. Autant de merveilles en voie de démolition. Je pense que nous devrions être les jardiniers de cette planète. Il faudrait la cultiver. La cultiver comme elle est et pour elle-même. Et trouver notre vie, notre place relativement à cela. Voilà une énorme tâche. Et cela pourrait absorber une grande partie des loisirs des gens, libérés d’un travail stupide, productif, répétitif, etc. Or cela est très loin non seulement du système actuel mais de l’imagination dominante actuelle. L’imaginaire de notre époque, c’est celui de l’expansion illimitée, c’est l’accumulation de la camelote — une télé dans chaque chambre, un micro-ordinateur dans chaque chambre -, c’est cela qu’il faut détruire. Le système s’appuie sur cet imaginaire- là.

La liberté, c’est très difficile. Parce qu’il est très facile de se laisser aller. L’homme est un animal paresseux. Il y a une phrase merveilleuse de Thucydide : « Il faut choisir : se reposer ou être libre. » Et Périclès dit aux Athéniens : « Si vous voulez être libres, il faut travailler. » Vous ne pouvez pas vous reposer. Vous ne pouvez pas vous asseoir devant la télé. Vous n’êtes pas libres quand vous êtes devant la télé. Vous croyez être libres en zappant comme un imbécile, vous n’êtes pas libres, c’est une fausse liberté. La liberté, c’est l’activité. Et la liberté, c’est une activité qui en même temps s’autolimite, c’est- à-dire sait qu’elle peut tout faire mais qu’elle ne doit pas tout faire. C’est cela le grand problème de la démocratie et de l’individualisme.

*

Cornelius Castoriadis

Philosophe, sociologue, historien, Cornelius Castoriadis fut aussi économiste et psychanalyste. « Un titan de la pensée, énorme, hors norme », a dit de lui Edgar Morin. Il est mort le 26 décembre 1997. Né en 1922 en Grèce, il s’installe à Paris en 1945, où il crée la revue Socialisme ou barbarie. En 1968, avec Edgar Morin et Claude Lefort, il publie Mai 68 : la brèche (Fayard, Paris). En 1975 paraît L’Institution imaginaire de la société (Seuil, Paris), sans doute son ouvrage le plus important. En 1978, il entreprend la série Les Carrefours du labyrinthe. C’est à la suite de la publication de La Montée de l’insignifiance (Seuil, Paris, 1996) qu’il accorda un entretien, en novembre 1996, à Daniel Mermet, producteur de l’émission « Là-bas si j’y suis » sur France-Inter, d’où est tiré ce texte.

Nous vous proposons cet article afin d'élargir votre champ de réflexion. Cela ne signifie pas forcément que nous approuvions la vision développée ici. Dans tous les cas, notre responsabilité s'arrête aux propos que nous reportons ici. [Lire plus]Nous ne sommes nullement engagés par les propos que l'auteur aurait pu tenir par ailleurs - et encore moins par ceux qu'il pourrait tenir dans le futur. Merci cependant de nous signaler par le formulaire de contact toute information concernant l'auteur qui pourrait nuire à sa réputation. 

Commentaire recommandé

Grd-mère Michelle // 03.05.2021 à 14h57

Contente de lire un texte (de 1996) de Castoriadis, dont j’ai bcp entendu parler sans l’avoir jamais lu.
« Il ne faut pas de grands discours, il faut des discours vrais. »
100% d’accord, mais je préférerais « des discours sincères », car il est bien difficile de mettre en évidence LA vérité, chacun-e possédant la sienne en fonction de la place qu’il/elle occupe dans la société/la nature. L’essentiel étant que tou-te-s aient, également, la possibilité, l’occasion, la liberté de l’exprimer, et d’ainsi la confronter à celles des autres.
Si Aristote prétend que « l’homme est un animal qui désire le savoir(la vérité?) »(et se contente de « croyances », non pas par paresse mais plus certainement par endoctrinement), il ne faut pas oublier que son « irréductible désir »(inconscient, pour la plupart d’entre nous), comme celui de tous les animaux, c’est d’abord de VIVRE (aussi longtemps que possible) et perpétuer son espèce.

25 réactions et commentaires

  • Guadet // 03.05.2021 à 07h56

    Revenir au débat et à la réflexion, voici ce qui nous sauvera, et non pas un homme, un parti, un programme, ni même une gauche ou une droite. Les gilets jaunes avaient raison avec leur RIC.

  • Yann // 03.05.2021 à 08h03

    Et Périclès dit aux Athéniens : « Si vous voulez être libres, il faut travailler. »

    Euh…si on traduit en allemand, c’est pas forcement Périclès qui vient à l’esprit.

  • florian lebaroudeur // 03.05.2021 à 08h23

    « L’homme est un animal qui désire le savoir. » C’est faux. L’homme est un animal qui désire la croyance, qui désire la certitude d’une croyance »
    « une société vraiment libre, une société autonome, doit savoir s’autolimiter »
    « La liberté, c’est l’activité »

    Ce n’est pas ce que souhaitent 95% des révoltés en carton, qui veulent réaliser leurs désirs pulsionnels, dépasser les limites et se libérer des activités.

    • LibEgaFra // 03.05.2021 à 12h52

      « qui veulent réaliser leurs désirs pulsionnels, »

      Le problème vient de la société marchande et spectaculaire et publicitaire qui fabriquent des « désirs » pour les besoins du marché et du spectacle. Les « désirs » sont suscités sur la base des plus bas instincts: sexe, pouvoir, jalousies, appât d’un gain immédiat, beauté, imitations (d’où les vedettes pour la publicité) et ne sont plus issus d’une réflexion personnelle en harmonie avec soi-même et avec l’environnement.

  • pseudo // 03.05.2021 à 08h46

    En ce qui nous concerne, c’est trop tard. De la même manière qu’il y a des choses « qui ne se désirent pas », il existe, dans toute trajectoire, des occasions manquée. Et là on l’a bien loupé, et pas d’un peu. Et à vrai dire il semble même que nous n’ayons même pas compris que nous avions manqué une ou des occasions de décider autrement car il n’est qu’à lire la recherche scientifique qui se passionne tantôt pour les voyages intersidéraux martien, tantôt pour la géo ingénierie, tantôt pour les métaux rares, pour se figurer notre idolâtrie du rêve technologique, interminable tentative de le conquérir, tel une solution et non un maux.

  • nanann // 03.05.2021 à 09h26

    Une belle leçon à méditer.  » Si vous voulez être libre, il faut travailler « . Voilà une réflexion à mener dans une classe de philo si elle en est encore capable ! Plus simplement dit, j’ ai toujours entendu et transmis  » sans travail, pas de salut « .

    • Stand-down // 03.05.2021 à 10h45

      Je préfère méditer Nietzsche ou Lafargue que cette vieille antienne biblique reprise par Luther.

      « Dans la glorification du « travail », dans les infatigables discours sur la « bénédiction du travail », je vois la même arrière pensée que dans les louanges adressées aux actes impersonnels et utiles à tous :à savoir la peur de tout ce qui est individuel. Au fond, ce qu’on sent aujourd’hui, à la vue du travail – on vise toujours sous ce nom le dur labeur du matin au soir -, qu’un tel travail constitue la meilleure des polices, qu’il tient chacun en bride et s’entend à entraver puissamment le développement de la raison, des désirs, du goût de l’indépendance. Car il consume une extraordinaire quantité de force nerveuse et la soustrait à la réflexion, à la méditation, à la rêverie, aux soucis, à l’amour et à la haine, il présente constamment à la vue un but mesquin et assure des satisfactions faciles et régulières. Ainsi une société où l’on travaille dur en permanence aura davantage de sécurité : et l’on adore aujourd’hui la sécurité comme la divinité suprême. – Et puis ! épouvante ! Le « travailleur », justement, est devenu dangereux ! Le monde fourmille d’ « individus dangereux » ! Et derrière eux, le danger des dangers – l’individuum!
      Nietzsche. .Aurores (1881), Livre III, § 173 et § 206, trad. J. Hervier, Gallimard, 1970.

      • LibEgaFra // 03.05.2021 à 13h04

        Nietzsche… intéressant de voir ce qu’il a pu écrire sur le travail, lui qui n’a que très peu travaillé à l’Université de Bâle, souvent en arrêt maladie et qui rapidement a quitté cette Université avec une rente incroyable qui lui a permis de vivre en parasite le reste de sa vie. Il n’a jamais travaillé de ses mains, mais toujours de SA main. Il a essayé de faire du jardinage, mais il a abandonné au bout de deux jours. La terre était sans doute trop basse pour lui.

        Cela rappelle qu’il a milité pour une société de castes avec les génies au sommet, et le troupeau en bas, chargé de nourrir et de pourvoir aux besoins des génies, sans oublier les militaire (la guerre est nécessaire!) pour faire tenir le troupeau tranquille. Bref comme l’Allemagne du temps béni des nazis (pour un graphomane comme Nietzsche), avec les aryens comme génies et militaires et les Slaves comme troupeau.

        Le travail est nécessaire, le problème est le travail aliéné, producteur de plus-value pour les capitalistes.

    • LibEgaFra // 03.05.2021 à 13h11

      » Si vous voulez être libre, il faut travailler «

      Si vous êtes esclaves vous devrez travailler. Et ce ne sera pas pour vous. Comme dans la société capitaliste… à quelques exceptions près.

  • Grd-mère Michelle // 03.05.2021 à 14h57

    Contente de lire un texte (de 1996) de Castoriadis, dont j’ai bcp entendu parler sans l’avoir jamais lu.
    « Il ne faut pas de grands discours, il faut des discours vrais. »
    100% d’accord, mais je préférerais « des discours sincères », car il est bien difficile de mettre en évidence LA vérité, chacun-e possédant la sienne en fonction de la place qu’il/elle occupe dans la société/la nature. L’essentiel étant que tou-te-s aient, également, la possibilité, l’occasion, la liberté de l’exprimer, et d’ainsi la confronter à celles des autres.
    Si Aristote prétend que « l’homme est un animal qui désire le savoir(la vérité?) »(et se contente de « croyances », non pas par paresse mais plus certainement par endoctrinement), il ne faut pas oublier que son « irréductible désir »(inconscient, pour la plupart d’entre nous), comme celui de tous les animaux, c’est d’abord de VIVRE (aussi longtemps que possible) et perpétuer son espèce.

    • Grd-mère Michelle // 03.05.2021 à 15h19

      Suite:
      Or, si des morceaux de vérité vraie peuvent se découvrir par les chemins des sciences (grâce à l’observation de plus en plus minutieuse des phénomènes), et être communiqués aujourd’hui à l’ensemble des populations (grâce à l’interaction des langues, formidables particularités de l’humanité), il se trouve que les sciences du 20ème siècle ont démontré que TOUS LES ÊTRES VIVANTS SONT INTERDÉPENDANTS.
      Ce qui, selon moi, explique, justifie, rend pertinent l’engouement pour l’écologie politique, que la plupart des partis mettent opportunément à leur programme.
      Le grand défi étant de cerner la sincérité des uns et des autres… afin de CHOISIR (en toute LIBERTÉ, la seule que nous laisse notre condition d’êtres mortels) son camp pour y opérer un contrôle effectif et forcer la transformation des promesses en réalités.
      Nous avons donc besoin de transparence des candidat-e-s/élu-e-s, nos représentant-e-s politiques. Sus aux mensonges et omissions(secrets)!
      ÉGALITÉ DE DROITS, LIBERTÉ DE CHOIX, SOLIDARITÉ AVEC LE VIVANT!

  • Auguste Vannier // 03.05.2021 à 23h33

    « Tout se passe comme si l’énorme désillusion provoquée à la fois par l’effondrement de la mystification communiste et par le spectacle dérisoire du fonctionnement effectif de la démocratie aboutissait à ce que personne ne veuille s’occuper de politique au sens vrai du terme, le mot lui même étant devenu synonyme de combine, de magouille, de manoeuvre suspect. Dans tous ces mouvements toute idée d’élargissement de la discussion ou de prise en compte de problèmes politiques plus large est refusée comme le diable…Le cas le plus frappant est celui des écologistes, qui ont été tirés à leur corps défendant vers des débats de politique générale-alors que la question écologique implique, de toute évidence, la totalité de la vie sociale. Dire qu’il faut sauver l’environnement, c’est qu’on accepte de changer radicalement le mode de vie de la société, qu’on accepte de renoncer à la course effrénée à la consommation. Ce n’est rien de moins que LA question politique, psychique, anthropologique, philosophique posée, dans toute sa profondeur à l’humanité contemporaine. »
    Cornélius Castoriadis, Le délabrement de l’occident, Revue Esprit, Décembre 1991.
    Ce penseur inclassable mérite d’être lu, aucun de ses textes d’analyse de la vie sociale n’a vieilli. Son anthropologie politique et philosophique est nécessaire pour nous aider à comprendre ce qui nous arrive.

  • Guise // 04.05.2021 à 00h42

    Je ne crois pas que Périclès parlait de « travail » qui rend libre au sens où on nous, on entend aujourd’hui « travail ». Le travail, dans la Grèce antique, c’était pour les esclaves : une activité à éviter. L’ouvrage ou l’action, ça, c’était pour les citoyens.https://www.lemonde.fr/economie/article/2003/05/21/la-valeur-du-travail-depuis-l-antiquite_320993_3234.html

    Le parallèle entre la phrase de Périclès et la version allemande des années 40 : rien à voir, si on en croit Primo Levi c’était un jeu de mot pour les Allemands qui géraient la tuerie de masse. Dans « Arbeit macht frei » (le travail rend libre), le travail c’est la mort et la liberté c’est être hors du camp. La mort par épuisement (le travail) rendait libre (mort, désormais hors du camp). Primo Levi l’explique dans son témoignage, Si c’est un homme.Je dis ça à partir de ce livre, rien ne dit que c’est cette « blague » que les concepteurs du portail avaient en tête, même si ça ne serait pas étonnant, vu la déchéance éthique des activistes du régime.

    Castoriadis dit qu’il n’y a plus de grande idéologie qui veut changer le monde aujourd’hui. J’ai quand même l’impression que le féminisme est une idéologie bien vivante, qui s’appuie sur une génération jeune, dans différents pays, et qui travaille évidemment à changer le monde. Qui va sans doute se développer de plus en plus, avec la mécanisation du travail (la force physique a de moins en moins de valeur, en elle-même, quand des machines travaillent pour l’homme). Qu’il convient d’orienter pour lui éviter le sort qu’a connu le communisme, dévoyé par le stalinisme ?

  • Brigitte // 04.05.2021 à 10h06

    « Je pense que nous devrions être les jardiniers de cette planète. Il faudrait la cultiver. La cultiver comme elle est et pour elle-même. Et trouver notre vie, notre place relativement à cela. Voilà une énorme tâche. Et cela pourrait absorber une grande partie des loisirs des gens, libérés d’un travail stupide, productif, répétitif, etc.  »
    Je suis d’accord avec cette vision du monde, à ceci près que cela ne libèrera pas du travail répétitif car la répétition est consubstantielle à la vie, il y a des cycles qu’il faut accomplir pour se maintenir en vie. Il faut au contraire les accepter, les respecter quite à les aménager, de façon individuelle ou collective.
    Ceci amène à la notion de liberté individuelle. Quand la liberté des uns est basée sur la contrainte des autres, ce n’est pas une liberté mais un pouvoir. Le pouvoir d’achat de la ménagère sur lequel repose notre société cache le travail d’individus sans que cela provoque d’état d’âme à la mé(na)gère…
    L’autonomie, la collaboration ou l’échange de services sans abus de pouvoir, selon des règles justes, devrait être le dénominateur commun de la vie en société. Il est possible de faire beaucoup de choses soi-même et ça occupe bien le corps et l’esprit. A chacun selon ses besoins et ses dispositions, avec la possibilité de se libérer du temps pour accomplir des actions valeureuses.
    Ce n’est pas du communisme mais du mutualisme, voire du commensalisme, à opposer au parasitisme des sociétés de classes.
    Ou juste un idéalisme de plus…

    • Grd-mère Michelle // 04.05.2021 à 14h46

      Effectivement, tout qui s’occupe personnellement des tâches domestiques(relatives à la maison, au logement, et à la vie quotidienne qui s’y déroule) connait l’aspect répétitif qui les transforme en « corvées ». Qu’elles furent depuis des temps immémoriaux dévolues aux femmes démontre à quel point cette répétition les rend pénibles et peu enthousiasmantes(et non pas le fait qu’elles seraient plus accessibles à leur relative « faiblesse »).
      Dès que « l’american way of life » a commencé son opération de séduction en Europe, à un niveau général, dans l’immédiate après-guerre, ce sont les machines supposées alléger ce type de tâches qui ont été vantées comme une « libération de la femme ».
      Sauf que… c’est pendant la guerre qu’avait été inauguré le travail des femmes dans les usines, à la chaîne et tout aussi répétitif, pour produire les armes et munitions dont les guerriers avaient besoin dans leurs aventures lointaines… de sorte qu’elles ont « pris le collier » et l’ont gardé, déjà contentes de ne plus être cantonnées dans leurs cuisines, mais effectuant désormais la double tâche de « ménagères »(avec l’aide des machines qui ne font quand même pas TOUT!) et de « travailleuses ». De plus, au lieu d’avoir le bonheur de voir pousser les petits enfants(qui ont pourtant bien besoin d’une présence aimante pour grandir de manière équilibrée), on leur a construit des crèches pour assurer leur « droit au travail »(ce que les pays communistes ont si bien assimilé afin d’entrer dans la compétition productiviste).

    • Grd-mère Michelle // 04.05.2021 à 14h57

      Même démarche avec l’agriculture et l’élevage intensifs et industriels, qui nous ont mené-e-s à bouffer de la merde chimique et de moins en moins diversifiée!
      Et certain-e-s croient encore que les machines nous libèrent!
      (En dehors du fait qu’il faut des matériaux pour les fabriquer, des crédits pour les acheter, et trouver des énergies pour les faire fonctionner-nerf de toutes les guerres actuelles.)
      Et on ose appeler ça la « révolution » industrielle!?

      • utopiste // 07.05.2021 à 04h11

        Il fut un temps où les machines ont été un réel progrès, reléguant (ou presque) les famines dans la catégorie des mauvais souvenirs. Puis est venu le problème de trouver à quoi employer le temps de travail libéré par les machines. Vices et vertus, on voit aujourd’hui où nous en sommes, à tous les étages de la société où ce choix est disponible..

        • Grd-mère Michelle // 07.05.2021 à 13h42

          « …trouver à quoi employer le temps de travail libéré par les machines. »
          Comme si c’était là le problème!
          Je dirais plutôt qu’il vient du fait que les détenteurs, les propriétaires, les fabriquants, les vendeurs de machines(et de toutes les autres industries, comme la chimie, par ex.), forts du pouvoir(de la richesse) qu’elles leur procure, ont voulu transformer les autres humains en machines, non-aimantes, non-pensantes et obéissantes, et les classifier à exercer des tâches dans le but exclusif d’augmenter leurs profits et prérogatives.
          Là est le vice (le défaut) de la société mécanisée, d’être organisée par certains qui ne VEULENT pas considérer les désirs et aspirations du plus grand nombre, et décident de tout à notre place sans nous demander notre avis!
          Au point que le mot « progrès », par exemple, n’est plus compris par la plupart que comme synonyme de « progrès technique », déconsidérant les efforts (les vertus) de tout qui tente d’améliorer le « vivre ensemble » indispensable à l’espèce humaine(faibles petits mammifères qui ont besoin les un-e-s des autres pour subsister)(constaté dans ces pages).

  • Grd-mère Michelle // 04.05.2021 à 10h24

    @Guise Oui, dans la phrase de Péricles, j’entends plutôt « se bouger » que « travailler »…
    La vie étant un mouvement perpétuel (chaque être se transformant continuellement, de jour en jour, d’heure en heure, de seconde en seconde, il VA de sa naissance à sa mort), il est naturel de chercher du sens et de la satisfaction dans l’activité: mot que Castoriadis emploie à de nombreuses reprises, alors qu’il ne dit « travail » que dans le cas du « travail stupide, productif, répétitif, etc… »), qu’il ne faut pas confondre avec agitation(celle-ci venant plutôt d’injonctions extérieures, on nous agite comme des marionnettes) alors que nous avons le choix entre de nombreuses activités qui peuvent correspondre à ce que nous sommes.
    La calamité du travail, c’est qu’il est, depuis la Genèse, lié à la prétendue damnation de l’homme, et la condition pour pouvoir manger(survivre). Cette fable est encore utile de nos jours, comme depuis des millénaires, pour maintenir un système de domination et d’exploitation qui engraisse des petits malins.
    Voir, pour le moment, les discussions sur le salaire minimum et la volonté de taxer les riches…
    (Il y a une tentative d’abolir les paradis fiscaux).
    De toute façon, « On est foutus, on mange trop! » (qui chantait ça dans les années 60-70?)

    • Auguste Vannier // 04.05.2021 à 16h33

      C’est Aiain Souchon, il a aussi chanté une superbe réflexion sur notre mode de vie, encore plus d’actualité aujourd’hui:
      https://www.youtube.com/watch?v=zd4-NSFZ_qc

      • Grd-mère Michelle // 05.05.2021 à 15h31

        Merci! Ah, ce cher Souchon, qu’on n’entend plus guère sur les ondes…
        Je me souviens d’une de ses premières chansons, « Les poulaillers d’acajou », ou une plus récente, « Le petit oiseau malin », qui restent d’une actualité certaine, très « parlantes » à tou-te-s, jeunes ou vieux…

    • Nestor // 07.05.2021 à 23h39

      Oui le sens du texte est assez clair, surtout pour qui a lu un peu Castoriadis. Il faut travailler sur soi, travailler à son autonomie. L’individu, la liberté ne sont pas des donnés mais des projets, interminables.
      Le travail tel que beaucoup l’ont compris ici est exactement l’inverse pour les anciens. Un destin, le contraire exact de la skolè ou de l’otium. Aucune noblesse dans le travail, mais pure contrainte. C’est d’ailleurs comme ça qu’il justifiaient l’esclavage. Il fallait des condamnés aux travaux forcés pour que certains soient libre, soient citoyens.

  • Grd-mère Michelle // 04.05.2021 à 11h25

    @Guise À propos du féminisme, il est regrettable, me semble-t-il, qu’il s’érige en idéologie, alors qu’il pourrait être la décision de chaque femme d’exercer ses droits et de les faire valoir.
    Bien sûr, il est nécessaire de s’activer en groupe pour que ceux-ci soient respectés (et pour les améliorer). C’est aussi le cas pour tous les groupes minoritaires(en genres et en couleurs), perpétuellement discriminés, maltraités et sur-exploités.
    Mais mener ces combats en ordre dispersé tend à faire oublier le fond du problème, qui est l’exploitation sans limites, abusive, des ressources de la nature et des plus faibles(plus pauvres) des humains, au profit de quelques-uns plus forts(plus riches).

    L’autonomie des individus(voir des propositions comme le « salaire à vie » ou « revenu de base »), leur égale instruction des réalités dès le plus jeune âge(ateliers de parole/de citoyenneté?) et des possibilités d’épanouissement(service civil?) permettraient peut-être à chacun-e, arrivant à maturité(majorité à18 ans trop arbitraire) de faire le point sur ce qu’il/elle est (évaluation de ses forces, de ses talents et de ses goûts) et désire faire de sa vie(s’activer intelligemment, c-a-d en se comprenant et en comprenant ce que son activité peut apporter de satisfaction à lui/elle-même et aux autres).

  • Thierry Balet // 05.05.2021 à 09h01

    Lorsque l’on crée un Titan de type Union Européenne dont on est totalement soumis, il ne faut pas s’étonner que droite ou gauche n’a plus de sens. Le vrai débat et les vrais choix politiques ne peuvent se faire que dans un pays libre de toutes contraintes extérieures.
    Tant que la France restera noyée dans ce magma européen elle n’a rien à attendre. Elle aura un futur mais n’aura aucun avenir.

  • vert-de-taire // 05.05.2021 à 09h51

    Quitte à parler des désirs, autant y aller franchement.

    Le désir est de voir une occasion de se faire plaisir.

    Mon cerveau me commande de le satisfaire.
    C’est la seule chose qui advient en plus des contraintes qui s’impose par la torniole, les menaces d’un tyran …

    Une fois que le capitaliste a compris que son enrichissement passe par allumer le désir des masses, il suscite le désir et le fabrique.
    Une fois que le politique a compris les succès du capitaliste, il le suscite et le fabrique.
    Et comme notre cerveau est ainsi fait, nous y accédons. L’opportunisme nous domine au point de nous empêcher de penser aux conséquences non immédiates. L’évolution ne nous a pas contraint de penser à long terme, c’est inutile pour l’espèce (peut-être impossible ou pire non-sens).

    La fabrication par le pouvoir de mensonges désirables EST l’outil le plus simple pour se maintenir (au pouvoir).

    L’autre outil est plus salaud encore, détruire le vocabulaire pour éviter le ridicule de la censure.

    Le dernier outil est la coercition par la violence.

    Sans offenser les consciences, nous y sommes.
    La dictature douce ne fonctionne plus.

    La prison par les désirs ayant provoqué des désastres non niables, il ne reste que peu de solutions.
    Affaiblir les corps en masse, exterminer de masse, censurer de masse, tromper de masse, abêtir de masse, ..
    Et ô époque admirable, tout cela à la fois …

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