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13.avril.202013.4.2020 // Les Crises

Comment la France a sacrifié sa principale usine de masques

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Source : France inter, Benoît Collombat

Alors que la France manque cruellement de masques face à l’épidémie de coronavirus, une entreprise française, installée en Bretagne, qui pouvait en fabriquer jusqu’à 200 millions par an, a fermé en 2018 après avoir été rachetée par un groupe américain. Qui est responsable de ce fiasco ? Enquête.

« Pour eux, on est un peu comme des pions sur un jeu de Monopoly. » Antoine* est un « ancien » de l’usine de Plaintel, dans les Côtes-d’Armor. Depuis les années 90, il a vu passer plusieurs repreneurs de l’usine bretonne spécialisée dans la fabrication des masques respiratoires, notamment les fameux masques FFP2 indispensables au personnel médical. Il a connu le boomde l’entreprise au moment de la grippe H1N1, en 2009, lorsque l’usine fonctionnait « vingt-quatre heures sur vingt-quatre, sept jours sur sept » avec « huit machines, dont cinq supplémentaires« . Une capacité de production multipliée par cinq et 300 employés pour fabriquer des masques pour la France entière.

« En 2005, j’avais signé un protocole d’accord avec le ministre de la santé », Xavier Bertrand, explique Roland Fangeat, ancien président de la division respiratoire du groupe Bacou-Dalloz, propriétaire de l’usine de Plaintel à l’époque. « Nous nous engagions à garantir une production d’au moins 180 millions de masques par an. Le groupe a investi plus de près de neuf millions d’euros sur le site de Plaintel pour financer notamment une extension. Nous avions une capacité de production de 220 millions de masques par an, quatre millions par semaine, en cas de crise. »

L’État s’engage, avant de se retirer

Dans ce protocole d’accord, dont la cellule investigation de Radio France révèle l’existence, « l’État s’engage à commander à l’entreprise » plusieurs millions de masques chaque année. « L’État assurera le renouvellement de son stock arrivé à péremption », prévoit l’article 11 de cet accord. Une ligne de conduite alors suivie par l’État, malgré certains retards dans les commandes, comme le montre ce courrier du 14 juin 2006 de Dominique de Villepin : « Je tiens à vous assurer que l’État continuera à respecter ses engagements, en termes de quantité comme de calendrier », écrit le Premier ministre de Jacques Chirac.

« De janvier 2009 à septembre 2010, nous avons livré 160 millions de masques FFP2 à l’État », se souvient Roland Fangeat. « Et puis il y a eu un désengagement de l’État. La chute des commandes a été catastrophique pour l’usine de Plaintel. »

En 2010, le géant américain Honeywell rachète le groupe Sperian (le nouveau nom de Bacou-Dalloz) alors propriétaire de l’usine de Plaintel qui compte encore 140 salariés.

Le début de la fin

« Lorsque les Américains arrivent à Plaintel, ils nous expliquent qu’Honeywell est une chance pour nous et que nous allons ‘intégrer’ un groupe mondial avec des ‘valeurs’ et une force de frappe commerciale importante« , témoigne Damien*. Pourtant, dès 2011, le groupe annonce 43 suppressions d’emplois. Les plans de licenciement s’enchaînent, le chômage partiel devient la règle : à l’été 2018, les 38 derniers salariés de l’entreprise sont finalement licenciés pour des motifs « économiques ».

La production de masques est délocalisée sur un site déjà existant (créé dans les années 90) à Nabeul, en Tunisie. En septembre 2018, l’usine de Plaintel ferme ses portes. Un mois plus tard, les chaines de production sont détruites. Alexandre* se souvient : « Lorsque je suis sorti pour ma pause-déjeuner, j’ai vu un semi-remorque embarquer un morceau de nos lignes de production qui mesuraient entre 50 et 60 mètres de long. Tout est parti chez le ferrailleur pour être détruit. J’étais vraiment choqué. J’avais l’impression de voir un corbillard chercher le corps d’un mort. C’est un peu à l’image de ce qui nous est arrivé au sein de l’entreprise. »

« Dès qu’Honeywell a repris l’usine, nous étions comme des cancéreux en soins palliatif : on savait qu’on allait mourir, mais on ne savait pas quand ça se produirait. »

Lors de sa fermeture, l’entreprise ne produisait plus que huit millions de masques par an.

Le silence de l’État

À l’été 2018, les élus du personnel, à la demande des salariés, tentent d’interpeller par mail le président de la République. Il explique au chef de l’État que l’usine de Plaintel est « une entreprise d’utilité publique » dont l’actionnaire américain a tout fait pour la rendre « largement déficitaire »tout en « absorbant massivement les deniers publics. » « Nous sollicitons votre aide pour intercéder en notre faveur auprès des dirigeants du groupe » concernant « des indemnités de licenciement dont le niveau se situe très largement au deçà de ce qui se pratique habituellement chez Honeywell, en Europe de l’Ouest », peut-on encore lire dans ce courrier adressé à l’Élysée.

Le 24 juillet 2018, le chef de cabinet de l’Élysée lui répond qu’il prend « bonne note » de ce courrier qu’il transmet au ministre de l’Économie et des Finances, Bruno Lemaire. Le 7 août 2018, le chef de cabinet de Bruno Lemaire répond à son tour que « le ministre a pris bonne note des éléments (…) communiqués et a demandé à la délégation interministérielle aux restructurations d’entreprise et à la direction générale des entreprises de faire le point sur ce dossier. Vous serez directement informé de la suite qui pourra lui être réservé », explique le ministère de l’Économie. « Je n’ai eu aucune nouvelle… », témoigne auprès de la cellule investigation de Radio France l’un des salariés à l’origine de l’envoi de ce courrier.

Contactée, la présidence de la République ne fait aucun commentaire. « C’est le temps de l’unité, pas de la polémique« , souffle un proche de l’Élysée. Du côté du ministère de l’Économie, on assure « ne pas avoir eu les moyens d’empêcher une fermeture d’usine dans un secteur qui n’était pas alors considéré comme stratégique. » « Cette entreprise avait beaucoup de difficultés, elle avait perdu beaucoup de commandes, explique un conseiller ministériel. Ses effectifs ne permettaient pas à l’outil industriel de bien fonctionner. » « Ce n’est pas l’entreprise qui est en cause mais plutôt l’État qui a arrêté de stocker des masques, ajoute ce conseiller de Bruno Le Maire. Sans commande du ministère de la Santé entre 2010 et 2017, le site a été utilisé très en dessous de sa capacité. Si Honeywell avait eu une commande régulière de masques pour le compte de l’État, l’usine n’aurait pas fermé. »

« Ce message des salariés n’était pas une interpellation du chef de l’État demandant à conserver le site, souligne encore Bercy. Il s’agissait essentiellement d’une demande portant sur le niveau des indemnités de départ. Nous avons donc transmis à la Direccte [direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi] en lien avec le ministère du Travail. »

« À l’époque, la fermeture de l’usine a été considérée comme un non-évènement, s’indigne Serge Le Quéau, militant au syndicat Solidaires des Côtes-d’Armor. Jamais la question de l’utilité sociale de cette production de masques n’a été abordée. C’est la logique du marché qui a prévalu. Fabriquer des masques à un moindre coût en Chine ou en Tunisie paraissait sensé pour nos responsables politiques et économiques. On voit bien aujourd’hui que c’est totalement absurde ! »

« Personne n’a rien fait lorsque notre usine a fermé, témoigne encore Coralie*, l’une des 38 personnes licenciées. C’est révoltant. On a eu l’impression qu’on nous laissait tomber. Quand je vois ce qui se passe en ce moment avec l’épidémie de coronavirus, je me dis : ‘Je devrais être en train de fabriquer des masques…’  »

De l’artisanat à la mondialisation

« C’est une belle histoire industrielle qui se termine par un beau gâchis » commente, un brin désabusé, l’ancien maire de Plaintel, Joseph Le Vée.

Pour comprendre comment on en est arrivé là, il faut remonter à 1964, lorsque le Français Louis Giffard reprend l’activité de fabrication de chapeaux pour dames de son père. Le secteur est alors en déclin. Un an plus tard, Louis Giffard se lance donc dans la production de masques anti-poussières. En 1971, il crée une société anonyme à Saint Brieuc (baptisée FILGIF puis GIFFARD) et tente de s’inspirer de ce qui se passe aux États-Unis avec la société 3M qui écrase le marché. Dans les années 80, Louis Giffard quitte ses locaux à Saint Brieuc pour s’installer à Plaintel.

« C’est l’époque où on commence à s’occuper plus sérieusement de la santé des salariés, explique l’ancien directeur générale du site de Plaintel, Jean-Jacques Fuan. Il y a un essor important de ce qu’on a appelé les EPI, les équipements de protection individuelle. Mais la manière de produire des masques de Louis Giffard est assez artisanale. Elle entraîne jusqu’à 30 % de rebut. » Après la mort de Louis Giffard, l’entreprise est vendue au groupe suédois Bilsom, en 1986. Elle est rachetée par le groupe français Dalloz en 1993 qui devient le groupe Bacou-Dalloz en 2001 (rebaptisé Sperian en 2003).

La production s’automatise et les normes se développent. « Nous vendions des masques dans le monde entier, se souvient Jean-Jacques Fuan, en Allemagne, en Angleterre, en Suède, à Taïwan, au Japon, en Amérique du Sud, aux États-Unis… Lorsque je suis devenu directeur industriel du groupe en 2003, j’ai été chargé d’harmoniser les pratiques des 48 sites de production en Europe et en Afrique. Mon rôle a consisté à rationaliser les fabrications du groupe pour faire des économies d’échelle. » Jean-Jacques Fuan quitte le groupe Sperian, alors propriétaire de l’usine de Plaintel, en 2006.

Mais en Bretagne, on ne ressent pas encore l’effet des réductions des coûts. « Pour moi, ces années correspondent à une modernisation de l’entreprise, se souvient Alexandre*. C’est en 2010 avec Honeywell que tout bascule. »

Un licenciement économique « infondé »

La fermeture de l’usine de Plaintel était-elle vraiment inéluctable ? Les éléments recueillis par la cellule investigation de Radio France permettent d’établir que la reprise de l’usine bretonne par Honeywell en 2010 s’apparente plutôt à une opération financière sans réelle volonté de développer l’outil de production. C’est ce que montre notamment un rapport d’audit financier confidentiel réalisé en 2018, peu avant la fermeture de l’entreprise bretonne. Selon les conclusions de ce document, jamais révélé, jusqu’ici « le motif économique du plan de licenciement collectif est infondé« .

« La fermeture du site apparaît relever de motifs financiers et stratégiques bien plus qu’économiques parce que le résultat net est construit artificiellement, analyse le document. Dire que le site de HSP (Honeywell Safety Products) Armor devrait fermer pour cause économique est techniquement infondé… à moins de considérer que fournir un dividende par action et une valorisation boursière 2017 record (et supérieur à la moyenne des 500 entreprises cotées les plus représentatives du marché boursier américain) est un motif économique. Ce qui est plus que discutable. Il est évident que la fermeture du site de Plaintel ne permettra pas d’augmenter le dividende par action de 9 % comme annoncé par le nouveau CEO (Chief Executive Officer) du groupe, mais cela participe bien à la stratégie économique et financière globale du groupe. »

Ce rapport d’audit note « un changement de stratégie qui marginalise les masques au sein d’Honeywell Safety Products« , la division de l’entreprise dont dépend l’usine de Plaintel. Honeywell « souhaite désormais se concentrer sur des activités davantage rentables, où il est leader et en avance dans la course technologique face à ses concurrents, explique le document. La priorité est de pousser l’offre sur les solutions connectées, à forte profitabilité. La priorité de la direction est de rationnaliser la gamme et de se concentrer sur les marchés en forte croissance que sont l’Inde et la Chine. »

« Le groupe Honeywell n’a finalement jamais investi dans le site de Plaintel, constate encore le rapport d’audit. […] Les investissements en machines et outils de production ont été plus que limités depuis la reprise du site de Plaintel par Honeywell. (…) La conséquence directe est que l’usine fonctionne depuis lors avec un outil vieillissant et aujourd’hui loin des performances des machines plus modernes. L’investissement incorporel (brevets notamment) a été inexistant et les dépenses de R & D [recherche et développement] n’ont pas concerné de réelles innovations mais presque exclusivement des homologations. Elles ont été largement financées par le Crédit impôt recherche. Ces éléments viennent étayer le fait que le site de Plaintel n’a jamais été une entité stratégique pour le groupe, insiste le rapport, mais bien un complément non core [non essentiel] de sa gamme d’EPI [équipement de protection individuelle] et une source potentielle de revenus élevés en cas de pandémie. Cela correspond tout à fait à la stratégie du groupe. Il n’investit que dans des marchés à forte croissance et à forte profitabilité puis accompagne ses activités matures sans investir jusqu’à arrêt ou cession de l’activité. »

« Le marché du masque jetable reste en croissance et reste rentable à condition d’investir régulièrement dans ses outils de production et ses produits, ajoute le rapport d’audit. Honeywell Safety Products n’a investi, ni dans de nouveaux produits, ni dans de nouvelles capacités de production, ni même dans le simple renouvellement de l’outil productif. Le choix est fait de délocaliser la production vers un pays à faibles coûts de production, le site de Nabeul, en Tunisie. »

Dans les coulisses du « système Honeywell »

Ce désinvestissement du groupe Honeywell est confirmé par les témoignages d’anciens salariés que nous avons recueillis. « Il y avait une stratégie claire de fermeture de l’entreprise, assure Damien*. Pour un groupe américain comme Honeywell, l’investissement doit forcément être remboursé par les bénéfices en six mois, c’est impossible ! Les investissements étaient donc interdits. Si on voulait lancer des nouveaux produits, c’était à nous de nous débrouiller, il n’y avait pas de crédit pour la recherche-développement. À l’époque de l’ancien propriétaire, le groupe Sperian, un nouveau masque sortait tous les quatre ans, j’en ai vu défiler trois. Avec Honeywell, aucun nouveau masque n’a été développé sur le site de Plaintel en huit ans. En fait, on cherche à faire mourir l’entreprise. »

« La période précédente a correspondu à une modernisation de l’entreprise, confirme Coralie*. Beaucoup d’innovations, la création d’un laboratoire et le renforcement du service recherche-développement. Avec Honeywell, notre travail a perdu tout son sens. Le groupe était obsédé par la fourniture d’indicateurs chiffrés. Nous étions constamment sous pression. »

« Nous avons découvert le système Honeywell, témoigne Antoine*. Ils appellent ça le ‘Honeywell operating system’, ce qui correspond en fait au lean management, c’est-à-dire : l’usine maigre. Le but est de supprimer tous les gaspillages à travers une multitude de procédures souvent ubuesques. Réfléchir, c’était déjà commencer à désobéir. Il fallait appliquer les standards… même complètement idiots. Il y avait un système baptisé ‘5 S’ qui établissait toute une série de règles pour un rangement poussé à l’extrême : chaque poubelle, téléphone ou même revue devait avoir une place bien déterminée. C’était du grand n’importe quoi. Honeywell appliquait également la technique du gemba, un mot japonais qui veut dire ‘sur le terrain’. Le but était de faire venir les managers en force au sein de l’usine, ce qui stressait énormément les salariés. »

« Honeywell surveillait constamment les stocks de matières premières, ajoute Damien*. Il ne fallait pas dépasser un certain niveau pour ne pas perdre de l’argent… parce qu’un stock, c’est de l’argent immobilisé. Et donc ce stock baissait régulièrement. Sauf que lorsqu’il fallait fournir des quantités importantes pour répondre à la demande d’un client, nous n’avions plus la capacité de le faire. Le client devait attendre trois mois. Du coup, il allait voir ailleurs. C’était un cercle vicieux : faute de commandes notre production baissait, donc notre stock diminuait… ce qui faisait à nouveau diminuer la production. »

« Pourtant, nous avions potentiellement une forte capacité de production pour le secteur hospitalier, témoigne Antoine*. Nous avons pressé la direction du siège français d’envoyer des commerciaux auprès du monde médical pour nous ramener un chiffre d’affaires. Mais on nous a répondu que ce n’était pas possible, que notre cible était l’industrie… pas le secteur hospitalier. »

Une stratégie parfaitement assumée par le groupe américain. Ainsi, les catalogues de la firme américaine ne contiennent pas la gamme de masques Easyfit qui correspond aux masques utilisés en cas de pandémie. C’est ce qu’on constate dans le catalogue 2014-2015 ou 2016-2017 du groupe.

« Le fait qu’Honeywell n’essayait pas de vendre la totalité des produits que l’usine de Plaintel était en capacité de produire montre bien que le groupe voulait fermer le site, c’est tout, ajoute Antoine*. D’ailleurs, ils encourageaient les salariés à partir. Dès que l’effectif est descendu sous la barre des 50 personnes, ils ont lancé le go pour la fermeture. »

Contactée, la direction de la communication d’Honeywell explique que « le site n’a pas reçu de commandes suffisantes lui permettant de retrouver sa rentabilité et a accumulé des pertes financières importantes« . Elle ajoute que « la société n’a pas pu identifier d’acheteurs externes potentiels pour le site de Plaintel, et après un examen minutieux approfondi, il a été déterminé qu’il n’y avait pas d’autre option viable que de fermer nos installations« .

Des choix financiers contestables

Pourtant, les conclusions du rapport d’audit confidentiel de 2018 que la cellule investigation de Radio France a pu consulter montrent que le site de Plaintel était tout à fait être rentable. « L’activité d’Honewell de masques respiratoires jetables en Europe, dont celle de HSP (Honeywell Safety Products) Armor, est une activité rentable« , peut-on lire dans ce document.

« Les comptes sociaux de HSP Armor n’en témoigne que partiellement dans la mesure où :

  • Une partie (non négligeable) de la marge est captée par HSP Europe, l’entité de commercialisation du groupe pour ces produits.
  • Les frais généraux intègrent des coûts de management, de services centraux, de top management, de commercialisation et de reporting bien supérieurs à ce que peut supporter une entité de moins de 5 millions de chiffre d’affaires et de moins de 50 personnes.« 

Autrement dit : ce sont les choix financiers opérés par le groupe qui place l’usine de Plaintel sous tension. Malgré cela, l’usine continue d’être profitable à Honeywell, constate encore le rapport d’audit. La « rentabilité économique [de l’usine] est avérée, peut-on lire dans le document, mais trop faible pour les standards du groupe » Honeywell.

« Une mort programmée »

« Ce qu’il faut bien comprendre c’est que l’usine de Plaintel n’avait pas accès directement au marché, explique Antoine*. Elle avait un unique client… c’était le groupe Honeywell. C’était lui qui fixait le prix d’achat des masques, donc si on ne rapportait pas assez d’argent, c’était de leur fait. Nous étions une goutte d’eau dans leur chiffre d’affaires. »

« Le groupe a construit une rentabilité très faible du site de Plaintel, estime l’avocat Laurent Bezizqui défend plusieurs salariés licenciés. Le groupe fixait les prix très faibles auxquels étaient vendus les articles [c’est ce qu’on appelle les prix de cession ou prix de transfert] tout en effectuant des refacturations importantes de frais. Résultat : la rentabilité était forcément insuffisante. Tout ça était planifié, il s’agit d’une construction économique. La mort de l’usine de Plaintel était programmée. »

Ce point est également confirmé par l’audit réalisé en 2018 au sein de l’entreprise. « Avec une construction différente du compte de résultat, et notamment des prix de transfert, l’activité de HSPA aurait pu être bien plus profitable et dégager des résultats significatifs« , conclut le rapport d’audit.

« Il y a eu un abus de l’employeur dans l’exercice de son droit de cesser son activité« , estime encore l’avocat Laurent Beziz. C’est la raison pour laquelle plusieurs salariés contestent leur licenciement devant le tribunal administratif et le conseil de prud’hommes. Parmi eux se trouvent cinq salariés « protégés » (délégués du personnel et représentants syndicaux) dont le licenciement a été refusé par l’inspection du travail.

Quand le ministère du Travail déjuge l’inspection du Travail

Dans une lettre datée du 22 janvier 2019 que la cellule investigation a pu consulter, l’inspecteur du travail de Saint-Brieuc estime que « le motif économique invoqué à l’appui de la demande de licenciement n’est pas avéré » estimant que « la seule volonté de majorer le profit de l’entreprise n’entre pas dans la définition des difficultés économiques. »

Le 17 juillet 2019, la direction générale du Travail désavoue l’inspection du Travail, validant ainsi le licenciement économique de cinq salariés protégés de Plaintel. « Si une partie des moyens de production ont été déménagés en Tunisie afin d’être réutilisés par une autre entité du groupe, il n’en demeure pas moins qu’il s’agit d’une entité juridique distincte de l’entreprise HSAP (Honeywell Safety Products Armor), estime la direction générale du Travail. De fait, la cause économique invoquée par l’employeur, à savoir la cessation totale et définitive de l’entreprise, doit s’apprécier au niveau de l’entreprise. Il est constant que la cessation totale et définitive de l’entreprise constitue une cause économique autonome sans qu’il n’appartienne à l’autorité administrative d’examiner la réalité d’éventuelles difficultés économiques rencontrées par l’entreprise en amont de la décision de cesser son activité. »

Autrement dit : l’État n’a pas à interférer dans la décision, souveraine, d’Honeywell. « Nous contestons l’analyse du ministère du Travail, commente l’avocat des salariés, Me Beziz, il s’agit bien d’une délocalisation. » Contacté, le ministère du Travail n’a pas souhaité réagir. Quant à l’avocat d’Honeywell, Philippe Gautier, il n’a pas donné suite à notre demande d’entretien.

Faire revivre l’usine de Plaintel ?

« Avec cette crise du coronavirus, les vieux logiciels de compréhension doivent être modifiés« , estime Serge le Quéau du syndicat Solidaires des Côtes-d’Armor. Il faut que l’État et surtout les citoyens et les salariés se réapproprient collectivement certains moyens de production essentiels à l’intérêt de la nation. » Avec d’autres, comme l’ancien directeur général du site de Plaintel, Jean-Jacques Fuan, Serge Le Quéau plaide pour une reprise de l’activité de l’usine à travers une Société coopérative d’intérêt collectif (SCIC).

L’idée avait été portée en 2001 par l’ancien secrétaire d’État à l’Économie sociale et solidaire du gouvernement Jospin, Guy Hascoët. Ce dernier est désormais en contact direct avec la présidence de la région Bretagne. « Ça va être la guerre sur les tarmacs d’aéroport autour des masques, estime Guy Hascoët. Alors que nous avons besoin de 40 millions de masques par semaine et que nous ne sommes même pas à dix en production hexagonale, il faut pousser le plus vite possible toutes les capacités pour se prémunir des épisodes à venir. Dans une situation d’extrême urgence, la Société coopérative d’intérêt collectif est le seul mécanisme qui permet à tous les bretons de prendre des parts sociales au capital de l’usine devenant ‘leur’ projet tout en échappant à la loi de la concurrence du marché. Si on a la possibilité de faire sortir un million de masques par jour d’ici six mois, il ne faut pas se poser de question. Cette compétition mondiale va être cruelle. »

« Il n’y a plus ni l’outil, ni le bâtiment, ni les machines, commente l’ancien maire de Plaintel, Joseph Le Vée. Donc ça ne va pas repartir d’un coup de baguette magique. » Le site de l’usine de masques de Plaintel a été réoccupé par l’entreprise BiArmor, « spécialisée dans les produits naturels pour la nutrition, l’hygiène et l’environnement de l’élevage« .

« Il y a des friches industrielles et des locaux disponibles dans la région pour relancer l’activité de l’usine, estime de son côté Serge Le Quéau. Les machines ont été détruites mais elles ont été fabriquées par une entreprise bretonne. Si de l’argent se débloque, on peut les reconstruire. Beaucoup d’anciens de Plaintel n’ont pas retrouvé de travail. Le savoir-faire est toujours là. » « Après la crise, il faudra mettre au grand jour l’histoire de cette société et pointer les manques et les très mauvais choix qui ont été faits mais aussi désigner les responsables« , estime le sénateur écologiste du Morbihan, Joël Labbé.

Ces derniers jours, le groupe américain Honeywell a annoncé qu’il ouvrait une usine à Rhodes Island pour faire face à la demande de masques aux États-Unis. « Une information assez dérangeante« , commente l’ancien président de Plaintel, Roland Fangeat.

*Les prénoms ont été modifiés

Source : France inter, Benoît Collombat

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Linder // 13.04.2020 à 09h12

Tous les européistes, dans leur aveuglement idéologique criminel sont sont responsables de cette situation : l’Union Européenne permet les délocalisations. l’ouverture des marchés la rends souhaitable pour les actionnaires. Voter pour un parti qui ne demande pas la sortie de l’UE, c’est voter pour la fermeture des usines de masques, les usines d’antibiotiques, les usines d’oxygène médical, la liste est sans fin

67 réactions et commentaires

  • Bipa // 13.04.2020 à 08h34

    Euh pardonnez moi mais il y a une erreur dans l’article la source doit etre ATTAC ou l’Humanité mais certainement pas France Inter à moins que les vestes soient réversibles dans la rédaction..

      +24

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    • Gilles // 13.04.2020 à 09h19

      La source n’est pas France Inter, c’est Benoit Collombat. Il faut bien qu’il y en ait qui fassent du journalisme tout de même !

        +16

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      • Gévaudan // 13.04.2020 à 09h51

        B. Collombat. On l’a vu à l’œuvre, avec pugnacité, dans l’affaire Boulin entre autres. C’est un vrai journaliste. Libre. Et avec une éthique. Autant dire un des rares du cercle des enquêteurs sans fils à la patte.

          +21

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  • lon // 13.04.2020 à 08h40

    Il serait intéressant de savoir pourquoi Honeywell a racheté cette usine parce que si « ..la reprise de l’usine bretonne par Honeywell en 2010 s’apparente plutôt à une opération financière sans réelle volonté de développer l’outil de production… » l’état français a certainement joué un rôle ..
    Pour l’anecdote il m’est arrivé de travailler avec les américains ici en Europe et la mentalité de la poubelle à son emplacement déterminé et des procédures standard je connais , ces gens sont des malades de contrôle compulsif dans tous les domaines .

      +32

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    • tepavac // 13.04.2020 à 10h24

      Merci pour ce retour de mauvaise expérience.
      Pourtant soyez convaincu qu’ils ne sont aucunement malades, c’est une stratégie, afin de briser une quelconque pensée de résistance. il faut que l’employé, et le concept est évoqué dans le reportage, « penser, c’est déjà désobéir », soit totalement dépourvu d’une quelconque émotion pour son utilité, qu’il en soit même dégouté.

      Ce qui est visé, ce n’est pas la rentabilité, c’est la destruction des concurrents, mais des moyens détournés, sournois, sans jamais montrer la finalité du projet, et avec des agents de l’état placés aux plus hauts postes de décision par les politiques.
      C’est une guerre non déclarée.

      Ce n’est même pas nouveau, les Romains avaient déjà utilisé le procédé contre les puissants Carthaginois. Ne pouvant vaincre leur armée, ils changèrent de stratégie, année après année ils se sont attiré par toutes sortes de corruptions, les faveurs des sénateurs de Carthage et leur firent voter des lois qui peu à peu ont asphyxiées les approvisionnement de l’armée, pire, ils ont même réussi à corrompre des généraux et finalement Carthage est tombée.

      Toutes notre industrie de premier ordre à été détruite de la même façon que celle de Plaintel. La liste est longue

        +51

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    • Patrick // 13.04.2020 à 15h28

      Honeywell n’a pas racheté juste une usine, ils ont racheté tout un groupe, ensuite ils ont fait le tri.

        +5

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      • lon // 13.04.2020 à 16h49

        c’est exact, je n’avais pas fait attention

          +1

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    • Chris // 14.04.2020 à 14h01

      Je dirais que c’est la politique courante de démembrement de la concurrence qu’appliquent toutes les multinationales anglo-saxonnes : les barbares du IXX-XX et maintenant XXI siècle.

        +0

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  • lecrabe // 13.04.2020 à 09h02

    Chroniques du libéralisme ordinaire que vivent les salariés depuis près de 4 décennies.
    Protégé par les chiens de garde à longueur de production audiovisuelle et par LBD et lacrymo le cas écéhant: c’est pas près de changer!

      +45

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  • yann // 13.04.2020 à 09h12

    « Lorsque les Américains arrivent à Plaintel, ils nous expliquent qu’Honeywell est une chance pour nous et que nous allons ‘intégrer’ un groupe mondial avec des ‘valeurs’ et une force de frappe commerciale importante ».

    Magnifique.

      +26

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    • jcnello // 13.04.2020 à 09h53

      On commence à avoir l’habitude de ce genre de mots en guise de préliminaires avant le dépeçage…

        +15

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      • tepavac // 13.04.2020 à 10h28

        Surtout l’habitude de l’accepter par manque de réaction. Et il est rare qu’un malfaisant prévienne de ses mauvaises intentions….

          +10

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  • Linder // 13.04.2020 à 09h12

    Tous les européistes, dans leur aveuglement idéologique criminel sont sont responsables de cette situation : l’Union Européenne permet les délocalisations. l’ouverture des marchés la rends souhaitable pour les actionnaires. Voter pour un parti qui ne demande pas la sortie de l’UE, c’est voter pour la fermeture des usines de masques, les usines d’antibiotiques, les usines d’oxygène médical, la liste est sans fin

      +84

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    • Narm // 13.04.2020 à 09h46

      Clair !
      panique organisée ?
      ça serait bien , au lieu de chercher des poux à Raoult de se pencher sur ce qui se passe en ce moment au niveau financier international
      avec un lien de Catalina, on peut se retrouver très loin, serions-nous réellement en guerre totale, celle que décrivait François Mitterand ?

      un petit résumé simpliste

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    • Narm // 13.04.2020 à 09h47

      un petit résumé simpliste
      https://www.youtube.com/watch?v=DCi28_HbIbk&feature=youtu.be&t=223

      « Les banquiers rejouent le coup du IIIe Reich avec l’UE intégrée »
      http://www.revuemethode.org/m022012.html

      je conseil la dernière parution
      https://www.youtube.com/watch?v=ao2IwgzjE_g

      il est urgent de s’interroger autrement
      https://www.lesechos.fr/finance-marches/gestion-actifs/comment-blackrock-veut-conquerir-leurope-142583

        +13

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    • JEAN DUCHENE // 13.04.2020 à 10h32

      non ce que vous désignez par Europe c’est tout simplement le capitalisme dans ou hors les frontières nationales. Ce n’est pas l’UE qu’il faut sortir mais les capitalistes de leurs banques et de leurs grandes entreprises.

        +7

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      • Ignotus // 13.04.2020 à 15h15

        Oui, « il faut sortir les capitalistes » mais vous oubliez que l’UE a été créée par les capitalistes, pour les capitalistes (libéraux) et qu’il n’est pas possible de la changer.
        De plus êtes vous sûr que tous les pays de l’UE ne veulent plus des capitalistes ? Et pourquoi voudriez-vous imposer votre vision de l’économie aux autres états, peuples ?
        Il faut savoir en tirer les conséquences, le triptyque, FREXIT, sortie de l’Euro, sortie de l’OTAN est la seule solution.

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        • Philippe, le Belge // 13.04.2020 à 18h41

          Je ne pense pas que Jean Duchene ait oublié « que l’UE a été créée par les capitalistes »! Il vois juste plus large que vous et essaye de vous dire qu’on peut toujours sortir de votre « triptyque » mais que si on se contente de ça on tombera toujours ensuite sur un capitaliste voulant faire du profit immédiat et maximum, entre autres en délocalisant une entreprise!

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      • Linder // 14.04.2020 à 10h17

        Voyez déjà la difficulté à trouver une majorité pour sortir de l’UE , alors que c’est juridiquement possible (article 50 du TUE) et qu’il y a maintenant un précédant avec le Royaume Uni, et que plus de 150 pays ont toujours fonctionné en dehors de l’UE. Je vous souhaite bon courage pour trouver une majorité pour sortir du capitalisme et des exemples de pays fonctionnant hors du système capitaliste qui puissent rassurer les gens …

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    • jok // 13.04.2020 à 10h37

      Ce qui m’enrage le plus c’est qu’à chaque fois que j’évoque le rachat puis la fermeture de toutes ces entreprises et fleurons stratégiques comme alstom https://www.dailymotion.com/video/x68yqm9, autour de moi, toujours la même réaction « à oui c’est pas normal » puis qu’en j’évoque l’urgence de sortir de ce merdier qu’est l’UE, les gens me regardent souvent sans acquiescement avec un air « faut qu’en même pas pousser ». La progagande europeiste depuis des décennie fait son oeuvre encore aujourd’hui. Je pense qu’il est là le noeud du problème, changer les mentalités. Espérons que la crise à venir fera basculer l’opinion mais j’ai bien peur que la reconstruction du pays sera bien plus difficile voire compromise.

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      • Patrick // 13.04.2020 à 14h00

        En fait , non c’est normal.
        Les marges brutes dégagées en France sont trop faibles , l’euro est trop fort donc toute industrie française est condamnée d’avance.
        Il faut diminuer nos coûts de 30% , d’une manière ou d’une autre.

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        • Narm // 13.04.2020 à 14h50

          ah ah ah , pourquoi diminuer nos coûts alors que ça revenait moins cher AVANT ?
          le cas de cette usine est flagrant, appropriation du système de fabrication pour ensuite hausse du coût tout en délocalisant. Et revente des bijoux de famille
          elle est pas belle la vie ?
          C’est ce que faisait déjà tapi mais là c’est à l’échelon international
          Production locale, barrière douanière réelle, et monnaie
          Je n’y vois pas d’autre secret pour réguler
          Sauf si vous êtes rêveur ou exploiteur.

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          • Patrick // 13.04.2020 à 15h31

            Monnaie !! Vous avez dit le mot juste.
            Il faut une monnaie adaptée à la situation du pays, ou alors il faut adapter le pays à la monnaie, c’est ce qui se passe avec l’Euro.
            Ça n’empêche pas de travailler sur les autres facteurs de coût, mais ça aide.

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            • Alfred // 13.04.2020 à 23h51

              Ah. La monnaie. J’ai commencé à prendre mes distances avec LFI lorsque je me suis aperçu qu’il était strictement impossible d’y parler sérieusement de la chose. Verboten (c’est le cas de le dire).

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    • Christian // 13.04.2020 à 12h47

      @Linder,

      J’avoue avoir voté pour un parti qui ne réclame pas la sortie de l’UE (comme 99% des français qui ont voté aux dernières présidentielles). Etant donné que je fais partie de ces gens qui sont, selon vous, responsables de cette situation, je vais essayer de me défendre.

      « l’Union Européenne permet les délocalisations. l’ouverture des marchés la rends souhaitable pour les actionnaires. »

      Pouvez vous me citer ne serait ce qu’un seul pays hors UE et membre de l’OCDE pour rester dans des choses comparables, où ceci n’est pas le cas? Un pays, dit développé, hors UE, qui ne permet pas les délocalisations et où la logique comptable de rendement pour les actionnaires ne règne pas en maître?

      Vous allez peut être me répondre que si on avait eu le Franc au lieu de l’Euro, la logique comptable eut été différente? Quels auraient dû être les salaires des employés français, payés en Francs, qui permette de concurrencer ceux des employés tunisiens, payés en Dinars? Sensiblement les mêmes, Non?

      J’ai bien peur que sans commandes de l’Etat Stratège, l’usine aurait fermé ses portes tout autant.

        +1

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      • step // 13.04.2020 à 13h17

        Je suis d’accord, cependant, l’UE constitue un paravent et un fusible inatteignable (car non démocratique) pour les populations qui sanctuarise en rendant illégal tout autre organisation économique. La sortie de cette UE n’est pas suffisante pour résoudre ce problème mais elle est nécessaire.
        Pour qu’une action politique soit efficace, il faut qu’elle soit nécessaire ET suffisante. Mais si l’on ne commence même pas à faire ce qui est nécessaire au prétexte que ce n’est pas suffisant, on est pas sorti de l’ornière.

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        • Christian // 13.04.2020 à 14h41

          Merci de votre réponse.

          Ce qui était nécessaire ET suffisant, c’était que l’Etat Stratège considère cette entreprise comme stratégique et continue de lui commander des masques, comme il s’était engagé à le faire, et comme il le faisait jusqu’en 2010, ce qui était tout à fait compatible avec les traités européens.

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          • step // 13.04.2020 à 16h18

            sauf que de part sa stratégie d’asséchement des assiettes fiscales des états au travers de la sacro-sainte liberté de circulation des flux financiers, il était impossible que ces commandes continuent.
            L’état est en train de s’endetter de partout, et la pire des dettes n’est pas la financière mais la dette d’infrastructure (hôpitaux, routes et réseaux non entretenus, compétences perdues).
            Cela n’exclue pas d’ailleurs sur le pont supérieur, banquets et orchestre de jouer.

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          • tepavac // 13.04.2020 à 21h30

            Bonsoir Christian
            Je rebondi, et vous avez raison de le souligner, le problème n’est pas l’union Européenne, mais ses réglementations qui heurtent autant l’esprit de solidarité que les sentiments d’appartenance à une communauté ayant les même intérêts.

            Pourtant ignotus à raison de le rappeler, impossible de changer l’esprit de la Constitution Européenne sans une unanimité de tous les pays.
            Alors comment pouvons, nous, envisager de construire l’avenir dans un cadre dont nous ne maîtrisons aucune loi mais devons tous les subir ?

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        • Narm // 13.04.2020 à 14h53

          et après l’UE va attaquer la france pour prise de position non démocratique ?
          il n’y a ni démocratie en UE ni en france. Les partis corrompus, voir LREM et sa domination (presque ?) anticonstitutionnelle de l’assemblée nationale

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          • step // 13.04.2020 à 16h26

            Tout à fait d’accord, sauf que pour changer la constitution qui donne ces majorités illégitimes sur des bases honteuses dans la cadre hors eu, il faut que les Français se décident à bouger.
            Pour que l’UE devienne « démocratique », il faut que TOUS les pays se tiennent la main ET qu’aucun ne fasse objection AU MÊME MOMENT !
            A votre avis, lequel est impossible, lequel l’est ? Les fruits d’un arbre ne sont jamais mûrs au même moment !

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            • Narm // 13.04.2020 à 19h28

              UE démocratique c’est purement impossible
              Comment voulez vous , si en France, on n’est pas capable d’être honnête au niveau d’un parlement, d’un sénat ou de gouvernement. Manque flagrant de justice et d’anti corruption
              Y a qu’à regarder comment les détentions provisoires ont été prolongées …

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      • Poisson Fumant // 13.04.2020 à 13h24

        Le gouvernement français sous De Gaulle favorisait les intérêts de la nation française (bien commun et national) dans certains domaines et excluait les appétits actionnaires de ce pré carré. Vous me direz,le passé est le passé, raisonnement archaïche, réactionaire,etc…N’oubliez pas cependant, comme un certain François A. le rappelait, que lors de la révolution française, les révolutionnaires pour instaurer (bien imparfaitement, certes) la démocratie se sont tournés vers…la Grèce antique. Mieux vaut reculer dans le bon sens que d’avancer dans le mauvais.

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      • Ricard’eau // 13.04.2020 à 13h30

        On aurait le franc, le risque lié au taux de change dissuaderait une bonne partie de délocaliser

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        Alerter
      • Patrick // 13.04.2020 à 14h07

        L’euro est un handicap certain qui augmente considérablement nos coûts , à cela il faut ajouter les nombreuses taxes, cotisations et impôts diverses qui laminent les marges , donc effectivement la production en France perd beaucoup de son intérêt.
        L’automatisation permet de limiter les dégâts mais elle n’est pas suffisante.

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        • step // 13.04.2020 à 16h30

          …et l’automatisation transforme un travail extensif en travail intensif (en compétence et effectif) qui écarte ceux qui ne peuvent pas surmonter le surcroit de complexité, et diminue les effectifs nécessaires à la production… qui de fait ne nourrit plus grand monde (si ce n’est le(s) propriétaire(s)).
          Au passage elle complexifie les circuits d’approvisionnement, en multipliant les sources (pièces de rechange, robots, logiciels…) chaque strate supplémentaire diminuant la résilience de l’ensemble à la moindre secousse.

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          Alerter
          • Patrick // 13.04.2020 à 17h16

            On peut travailler sans automatisation, mais il va juste falloir se mettre au niveau des tunisiens ou des chinois.
            C’est un choix.

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            • Narm // 13.04.2020 à 19h33

              je suis d’accord avec votre commentaire de 14h07 mais qu’entendez-vous par mettre au niveau des chinois ?
              on atteint largement certains salaires européens
              https://www.china-briefing.com/news/le-salaire-minimum-en-chine-2018-2019-2/

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            • Patrick // 13.04.2020 à 20h56

              Oui, une partie des chinois ont des salaires comparables à certains pays européens, et même supérieurs à l’Ukraine.
              Il y a encore une grande partie avec des salaires très inférieurs.
              En fait la compétitivité est composée de plusieurs éléments, les pays développés sont obligés de recourir à un haut degré d’automatisation pour arriver à des coûts de production corrects ( combien êtes vous prêts à payer votre yaourt ? )

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            • step // 14.04.2020 à 00h03

              « combien êtes vous prêts à payer votre yaourt ? » En fait je fabrique mon yaourt, dans un pot en verre (c’est mieux pour la planète) à partir du lait d’une ferme voisine (et bio). Donc je ne sais pas combien je paye mon pot de yaourt en réalité, mais pas sûr que ce soit plus cher qu’en supermarché 🙂

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            • patrick // 14.04.2020 à 10h27

              c’est gentil de faire ses yaourts soi-même . C’est ce que nous faisons à la maison.
              Le yaourt n’est qu’un exemple parmi les milliers de produits disponibles , et 12 millions de franciliens ne pourront jamais assurer leur propre alimentation si il n’y a pas des centaines d’usines en France pour le faire.

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            • step // 14.04.2020 à 18h35

              C’est surtout sympa et pédagogique pour les enfants.
              « 12 M de franciliens… » c’est peut être l’occasion d’y réfléchir un peu, sans partir battu d’avance.

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              Alerter
      • anatole27 // 13.04.2020 à 17h24

        Je traduis vos propos @Linder
        TINA (there is no alternative)
        il ne nous reste donc plus qu’à mourir
        dans l’HONNEUR

        oh wait, mais moi j’ai pas envie de mourir …

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        • Christian // 13.04.2020 à 22h47

          Merci de votre réponse.

          Vous traduisez mal mon propos. Je pense, comme beaucoup ici, que c’est un véritable changement de système qu’il nous faut, mais encore faudrait il pouvoir expliciter, en termes clairs, quel serait ce nouveau système. Sinon on reste avec le problème TINA.

          Première question, de quel système parlons nous? Qu’est ce qui dis-fonctionne le plus aujourd’hui?

          Le système de détermination des prix. Avec l’idéologie néo-libérale, j’insiste sur le néo, qui domine dans la tête des différents gouverneurs des banques centrales, leurs politiques sont devenues de plus en plus interventionniste, le résultat étant que les taux de change et les taux d’intérêt sont faux. Comme tout le système est basé la dessus, tous les prix sont faux.

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  • Al // 13.04.2020 à 09h38

    Il y a la possibilité d’un achat avec intention de fermer l’usine, avec volonté de dissimuler l’intention, comme dans cet exemple célèbre :

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Grand_scandale_des_tramways_am%C3%A9ricains

    Les compagnies de transport en commun de 45 grandes villes américaines sont passées sous le contrôle de General motors+Standard oil+firestone avec pour but de rendre les transports en commun inefficaces pour stimuler l’achat des voitures (à mon sens, ce genre de guerre est encore en cours dans de nombreuses métropoles aujourd’hui). La dissimulation semble active jusqu’à aujourd’hui, comme on le voit dans la version anglaise de wikipedia, qui subit une « guerre d’édition ».

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    • tepavac // 13.04.2020 à 11h36

      Bien dit.
      Et le problème de notre impuissance, nous le constatons ici même lorsque certains « pensent » que c’est encore de l’aveuglement idéologique des responsables de l’UE.
      Ce n’est nul aveuglement, c’est une suite de décision pleinement assumée et consciente de son action.

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  • Sharivan // 13.04.2020 à 09h53

    Sans doute notre Président va t-il annoncer ce soir que tout va être fait pour ré-ouvrir cette usine au plus vite « Quoi qu’il en coûte »
    (Nous vivons une période où l’on ne peut pas faire l’économie d’un espoir. SVP Laissez moi y croire…)

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  • RGT // 13.04.2020 à 10h12

    « Si Honeywell avait eu une commande régulière de masques pour le compte de l’État, l’usine n’aurait pas fermé »…

    « Et la marmotte, elle met le chocolat dans le papier d’aluminium » pendant qu’on y est !

    Dans ma jeunesse (milieu des années 80) j’avais travaillé en R&D dans une entreprise récemment rachetée par Honeywell à son ancien fondateur octagénaire.

    Ce n’était pas une « startup » mais une PME très rentable et mature qui basait sa stratégie sur un grand savoir-faire et des produits qu’elle maîtrisait parfaitement.

    Au bout de 3 mois je me suis aperçu que les dirigeants de l’entreprise récemment « parachutés » en remplacement de l’ancienne équipe prenaient des décisions totalement « décalées » vis à vis d’une gestion saine de l’entreprise et je suis parti en courant vers des horizons plus sains.

    Quatre ans après, suite à moult « restructurations » et « plans sociaux » (sans compter ceux qui comme moi avaient fui le désastre à venir) l’entreprise fermait ses portes car elle n’était « plus rentable ».

    Par contre, juste après la prise de contrôle, Honeywell a procédé à un transfert massif de compétences vers un autre site (dans un pays plus « avantageux » bien sûr) et s’est accaparé les très nombreux brevets détenus par l’entreprise.

    Connaissant la grande maîtrise de ces grands groupes à dépouiller leurs victimes pour réaliser des profits à court terme il ne faut pas sortir de Saint-Cyr pour comprendre ce que réserve l’avenir d’une entreprise qui tombe dans ses griffes.

    Comme Honeywell constitue le summum de l’idéologie sectaire de « nos » gouvernants il ne faut pas s’attendre de leur part à la moindre réaction.

    Et de plus, si l’entreprise est déjà plombée par une autre facette de la même idéologie énarchique (destruction de l’état au profit de la finance spéculative) il ne faut pas non plus s’étonner si les entreprises non cotées en bourse voient leurs commandes chuter pour faire « baisser les dépenses inutiles ».

    Et ne comptez surtout pas sur les bras cassés actuels (de quelque parti que ce soit) pour changer quoi que ce soit, ils sont formatés pour penser ainsi.

      +23

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  • tchoo // 13.04.2020 à 10h17

    C’est l’illustration de ce que est la financiarisation des entreprises.
    Ce n’est pas pour une question de cout de production trop élévé que l’on ferme des usines en France, mais parce que en raison de ce out on ne peut pas verser aux actionnaires des dividendes à la hauteur de ce qu’ils exigent.
    Et en plus dans ce cas particulier, le principal client était l’état et le gouvernement à finit par ne plus commander, toujours dans leur logique de comptable
    Leur responsabilité est lourde

      +12

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  • Bats0 // 13.04.2020 à 10h25

    Le problème, dans toute sa splendeur, de ce capitalisme dans l’obligation d’obtenir des rendements à travers les entreprises dans lesquelles ils investissent. Avec cette idéologie très libérale que le marché à toujours raison, nous pouvons que constater les limites de ce système.
    Bien sûr que les hedge funds ont des obligations de rendement, puisqu’il faut qu’ils paient d’une part leurs salariés qui travaillent pour eux, mais surtout qu’ils honorent leurs promesses envers tous les cotisants qui ont investi dans leur société en ayant la certitude qu’ils recevront des retraites descentes par rapport à leur placement.
    Et c’est vers ce système de retraite que nos dirigeants voudraient nous convaincre que c’est le plus efficace, et dans lequel il faut s’investir ?
    Que des amateurs je vous dits…

      +4

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    • Patrick // 13.04.2020 à 14h11

      Quelque soit le système il faut payer les retraites ´ soit en ponctionnant les salaires , soit en ponctionnant les bénéfices.
      D’une façon ou d’une autre , les retraites vont grever la rentabilité des entreprises et un jour ou l’autre elles ne seront plus payées

        +3

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  • Myrkur34 // 13.04.2020 à 11h26

    « Si une partie des moyens de production ont été déménagés en Tunisie afin d’être réutilisés par une autre entité du groupe, il n’en demeure pas moins qu’il s’agit d’une entité juridique distincte de l’entreprise HSAP (Honeywell Safety Products Armor).

    Donc selon la DGT, du moment que c’est une entité juridique distincte de HSAP, c’est à dire la sous-sous branche HSAP ne donne pas d’ordre ou n’appartient pas à la sous-sous branche de Tunisie, et bien tout est valable concernant le licenciement économique.
    Donc avec ce type de raisonnement, n’importe quelle multinationale fait ce qu’elle veut.

      +1

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  • khazad // 13.04.2020 à 11h31

    Un cas malheureusement classique à l’époque de la financiarisation forcenée destructrice pour faire des bénéfices à la Pyrus. Du business sana âmes pour des résultats immédiat, sans profondeur et sans vraie politique industrielle… La finance hystérique et ses rachats pour uniquement vampiriser les entreprises rachetées doit être durement pénalisé fiscalement. Le régulateur doit pouvoir les ponctionner sévèrement pour les dissuader de faire des investissements à court terme exclusivement pour vider les caisses… Éventuellement les obliger à mettre une somme bloquée incessible pour 5 ans minimum et qui sera restituée avec une prime équivalente aux résultats de l’entreprise et son niveau de trésorerie…

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  • Urko // 13.04.2020 à 12h11

    Il ne s’agit hélas que d’un exemple parmi tant d’autres de ce à quoi a mené la mondialisation : à la destruction de notre outil industriel et des emplois de qualité qui allaient avec. Qu’il s’agisse de produire des masques chirurgicaux ou des pièces mécaniques, le procédé demeure inchangé, qui consiste à rechercher les employés les moins onéreux, quitte à délocaliser l’usine où travaillent ceux produisant des biens transportables, quitte à importer ceux fournissant des services ou biens non transportables (livreurs, vigiles, personnel d’entretien). Avec la même stratégie de culpabilisation pour anesthésier les protestations : insinuer que l’occidental se montrerait paresseux et coûteux à cause des droits qu’il a acquis (les libéraux n’ont de cesse de l’insinuer), qu’il ne voudrait pas faire certains boulots (on l’entend systématiquement chez les défenseurs de l’immigration de masse, essencialisant ainsi la prétendue fainéantise d’autochtones descendant à 90% de paysans, de mineurs, de pêcheurs, d’ouvriers – que des jobs faciles)… et pour ceux qui ne se laisseraient pas culpabiliser par des arguments aussi fallacieux et grotesques, il y avait l’accusation de racisme et autres fariboles pseudo morales pour cacher des processus purement économiques. La mondialisation, c’est ça : retirer l’emploi aux occidentaux trop chers pour le donner à de moins chers, qu’il faudra faire venir sur place si nécessaire. Le reste ne tient que de l’habillage, fourni par des moralistes de pacotille, éditorialistes, managers, économistes, hommes politiques…

      +2

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  • Cyd // 13.04.2020 à 12h17

    C’est exactement la même chose avec l’armée

    Nous n’avons plus d’usines de munition, et il y a peu l’usine qui fabriquait les machines-outils a été, elle aussi, vendu.

    Si une puissance étrangères décidait de nous faire la même chose que ce que l’on a fait à la Syrie ou à la Lybie, c’est à dire armer notre lumpenprolétariat, he bien, nous ne pourrions pas nous défendre

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    • Catalina // 13.04.2020 à 12h59

      Cyd,
      Le prolétariat n’a pas été armé, pas du tout, en revanche, les djihadistes et autres mercenaires venus d’ailleurs oui ! et avec du super mathos us, français, anglais, israélien…..et m^me des formateurs pour al quaida ! comme pour l’Ukraine !!

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      • cyd // 13.04.2020 à 16h47

        En Lybie, en Syrie ou en Ukraine, je ne suis pas sur que l’écrasante majorité des combattants « pro US » soient des allochtones.

        Au contraire, les USA, comme actuellement en France d’ailleurs, approchent des gens qui pourraient être influent aux points clefs que ce soit dans les partis politiques (islam politique compris), dans l’administration ou dans la voyoucratie

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  • Phil // 13.04.2020 à 13h33

    Chez moi il y a des masques, devant le risque de pénurie une usine de l’armée s’est mise à la production de masques. Elle en produit 220000 par mois pour 10 millions d’habitants. C’est le stock d’uniformes qui va baisser.
    https://coronavirusrd.gob.do/2020/04/10/nuestra-industria-militar-fabrica-mascarillas-para-la-patria/
    Pourquoi un petit problème de logistique dans un pays en voie de développement devient un problème insurmontable dans un pays avec d’énormes moyens.
    Il serait bon de redescendre sur terre en France, faire des masques c’est moins compliqué que faire un soumarin nucléaire.

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    • Patrick // 13.04.2020 à 14h16

      Houla !!! Attention !!
      Cette usine a t elle les autorisations , est elle conforme aux normes et règlements pondus par les 125 couches administratives ? A t elle une autorité de tutelle ? Si non il faudra sûrement en créer un , ainsi qu’une commission et une haute autorité.
      Ensuite il faudra voter les taxes indispensables à lui appliquer.
      Pas de production en France avant 2025 , si tout va bien.

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      • bm607 // 13.04.2020 à 14h39

        Pas faux du tout en France :
        « Comment la France se prive de 150 000 à 300 000 tests par semaine
        VIDÉO. Depuis le 13 mars, le gouvernement dispose d’une solution pour augmenter considérablement les capacités de tests de la France. Mais rien n’a bougé.

        Sollicité par Le Point à plusieurs reprises depuis 10 jours, le ministère de la Santé ne nous a pas répondu. Sinon par ces mots : « Il y a un problème de norme. C’est à l’étude… » »
        https://www.lepoint.fr/sante/exclusif-comment-la-france-se-prive-de-150-000-a-300-000-tests-par-semaine-03-04-2020-2369955_40.php?fbclid=IwAR2CGii-cIpseTUO6bEyw9aGkDWCCiGDyXvNtCuDanHqo-RCtZpdHh99Vfs

        Un scandale ? Non non les paperassiers et les politocards sont vaillament au boulot, ou en télétravail, encadrés par l’uE et ses normes pour la moindre virgule : ils s’efforcent avec efficacité de torpiller les progrès dans le traitement de la pandémie.

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        • Cyd // 13.04.2020 à 16h49

          Suite à cet article du Point, le ministre Véran a donné son accord le 4 avril pour effet le 6 avril

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  • Jeanne L // 13.04.2020 à 16h20

    Pendant ce temps là la planche à dollars marche à plein, et les Etats unis achètent les usines qui survivaient encore.
    Après la crise sanitaire la désindustrialisation sera accomplie …
    Macron l’homme des banques, pas le sauveur suprême …
    Pas de trêve, pas d’union sacrée…

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  • serge // 13.04.2020 à 17h00

    Bon, sur la base d’un retour sur investissement de l’ordre de 12 à 15%, vs 2% pour l’inflation, il est certain qu’un rachat doit être rentable, très rentable. Soit par l’épuisement des réserves, soit par le licenciement, soit par la recherche effrénée d’aides. Et enfin, la revente des actifs, cession des brevets ou transfert vers des horizons plus esclavagistes. Comme notre Bercy à nous n’a jamais géré la moindre boite et ne pense que « taxes » ou « impôts », la survie des entreprises lui est fort étrangère.
    Ce confinement forcé par absence de vision va au moins permettre qu’ils constatent, malheureusement à notre détriment, que le plantage économique de notre pays va être massif et définitf. Et là, les cours de rattrapage seront inutlies.

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  • anatole27 // 13.04.2020 à 17h38

    Le problème de tout ça c’est que:

    1) les entreprises ne NOUS appartiennent plus mais appartiennent aux actionnaires

    2) les entreprises ne sont plus localisées en FRANCE
    je ne suis pas qu’on aura assez d’ANTONOV pour les rapatrier de CHINE

    3) le SAVOIR-FAIRE n’existe peut être PLUS en FRANCE

    Ca ressemble méchamment à l’histoire de la Cigale et de la FOURMI
    Pousser des YAKAFOKONS ca va pas SUFFIRE

    Il y a un très gros TAF devant nous , mais de grosses opportunités pour la JEUNESSE française .

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  • scc // 13.04.2020 à 19h47

    « Du côté du ministère de l’Économie, on assure « ne pas avoir eu les moyens d’empêcher une fermeture d’usine dans un secteur qui n’était pas alors considéré comme stratégique. »
    Alstom était, il me semble, stratégique.
    Mais bon…

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  • Fsald // 14.04.2020 à 14h07

    Bonjour.
    Il manque dans cet info une information importante.
    Quand Honeywell rachète ( OPA ) Sperian cela se fait par un coup de trafalgar l’OPA orchestrée côté Honeywell par la banque Lazard et Deutscbank et de l’autre côté chez Sperian par l’invité surprise la Banque Rothschild qui souffle l’affaire a Clinvest investissement et Macron en 2010 est associé gérant de Rothschild !!!
    OPA de 1,4 Mds de $
    On comprend pourquoi Macron et son ministre des finances n’ont pas bougé en 2018.
    J’avais publié sur mon mur Facebook le 4 avril ceci:
    https://www.facebook.com/1594560703/posts/10220296507074870/

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  • richard lavigne // 14.04.2020 à 14h35

    J.ai vu et écouté un vidéo d’une usine pour masques en Chine.
    Peu d’employés visibles, que de la machine robotisée, avec un rendement de 5 millions de masques par jour, préparés pour la vente, mise en boîtes, et en boîtes pour la livraison avec containers sur camions pour livre chaque jour.
    Ces mêmes masques, que je ramassais gratuitement aux cliniques, pharmacies se vendent $3.00 can. chaque dans une enveloppe de plastique.
    Impossible de faire mieux.

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