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Crise ukrainienne : La responsabilité de l’hubris occidental et de l’idéalisme libéral

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Le plus tragique concernant les craintes d’une invasion potentielle par la Russie est qu’elles auraient pu être évitées très facilement.

Par Stephen M. Walt, chroniqueur à Foreign Policy et professeur de relations internationales au centre Robert et Renée Belfer de l’université Harvard.

Source : Foregin Policy, Stephen M. Walt
Traduit par les lecteurs du site Les-Crises

Bill Clinton et Joe Biden lors d’une réunion de la délégation du Congrès américain au sommet de l’OTAN en Espagne, le 7 juillet 1998.

Le plus tragique est que toute cette affaire aurait pu être évitée, si les États-Unis et leurs alliés européens ne se berçaient pas d’illusions et n’avaient pas succombé à leur hubris et à l’idéalisme libéral [NdT : il s’agit ici du sens américain, qui fait essentiellement référence, pour cet aspect géopolitique, à la pensée dominante du parti Démocrate, à la façon de Bill Clinton mais aussi de certains néo-conservateurs républicains]. S’ils s’étaient plutôt appuyés sur les principes fondamentaux du réalisme, la crise actuelle n’aurait pas eu lieu. En effet, la Russie ne se serait probablement jamais emparée de la Crimée, et l’Ukraine serait plus sûre aujourd’hui. Le monde paie le prix fort pour s’être appuyé sur une théorie erronée de la politique mondiale.

Au niveau le plus élémentaire, le réalisme part du constat que les guerres se produisent parce qu’il n’existe pas d’institution ou d’autorité centrale qui puisse protéger les États les uns des autres et les empêcher de se battre s’ils choisissent de le faire. Étant donné que la guerre est toujours possible, les États se disputent le pouvoir et ont parfois recours à la force pour tenter d’accroître leur sécurité ou d’obtenir d’autres avantages. Les États ne peuvent pas savoir avec certitude ce que les autres peuvent faire à l’avenir, ce qui les rend réticents à se faire confiance et les encourage à se protéger contre la possibilité qu’un autre État puissant tente de leur nuire dans l’avenir.

Le libéralisme voit la politique mondiale différemment. Au lieu de considérer que toutes les grandes puissances sont plus ou moins confrontées au même problème – le besoin d’être en sécurité dans un monde où la guerre est toujours possible – le libéralisme prétend que les actions des États sont principalement déterminées par leurs caractéristiques internes et la nature des liens entre eux. Il divise le monde en « gentils États » (ceux qui incarnent les valeurs libérales) et en « méchants États » (à peu près tous les autres) et soutient que les conflits résultent principalement des pulsions agressives des autocrates, des dictateurs et autres dirigeants non libéraux. Pour les libéraux, la solution consiste à renverser les tyrans et à répandre la démocratie, le libre marché et des institutions basées sur le principe que les démocraties ne se font pas la guerre, surtout lorsqu’elles sont liées par du commerce, des investissements et un ensemble de règles convenues.

Après la guerre froide, les élites occidentales ont conclu que le réalisme n’était plus approprié, et que les idéaux libéraux devaient guider la conduite de la politique étrangère. Comme l’a déclaré Stanley Hoffmann, professeur à l’université de Harvard, à Thomas Friedman du New York Times en 1993, le réalisme est « un non-sens total aujourd’hui ». Les responsables américains et européens pensaient que la démocratie libérale, l’ouverture des marchés, l’État de droit et d’autres valeurs libérales se répandaient comme une traînée de poudre et qu’un ordre libéral mondial était à portée de main.

Ils partaient du principe, comme le disait Bill Clinton, alors candidat à la présidence, en 1992, que « le calcul cynique de la pure politique de puissance » n’avait pas sa place dans le monde moderne et qu’un ordre libéral émergent apporterait de nombreuses décennies de paix démocratique. Au lieu de se faire concurrence pour le pouvoir et la sécurité, les nations du monde se concentreraient sur leur propre enrichissement dans un ordre libéral de plus en plus ouvert, harmonieux et fondé sur des règles, façonné et protégé par la puissance bienveillante des États-Unis.

Si cette vision optimiste s’était avérée exacte, la diffusion de la démocratie et l’extension des garanties de sécurité des États-Unis dans la sphère d’influence traditionnelle de la Russie auraient posé peu de risques. Mais ce résultat était peu probable, comme tout bon réaliste aurait pu vous le dire. En effet, les opposants à l’élargissement n’ont pas tardé à avertir que la Russie considérerait inévitablement l’élargissement de l’OTAN comme une menace et que sa réalisation empoisonnerait les relations avec Moscou.

C’est pourquoi plusieurs experts américains de premier plan – dont le diplomate George Kennan, l’auteur Michael Mandelbaum et l’ancien secrétaire à la défense William Perry – se sont opposés à l’élargissement dès le départ. Le secrétaire d’État adjoint de l’époque, Strobe Talbott, et l’ancien secrétaire d’État, Henry Kissinger, étaient initialement opposés à l’élargissement pour les mêmes raisons, bien qu’ils aient tous deux changé de position par la suite et rejoint le mouvement en faveur de l’élargissement.

Les partisans de l’élargissement ont remporté le débat en affirmant qu’il contribuerait à consolider les nouvelles démocraties en Europe centrale et orientale et à créer une « vaste zone de paix » dans toute l’Europe. Selon eux, il importait peu que certains des nouveaux membres de l’OTAN aient une valeur militaire faible ou nulle pour l’alliance et qu’ils soient difficiles à défendre, car la paix serait si solide et durable que tout engagement à protéger ces nouveaux alliés n’aurait jamais à être honoré.

En outre, ils ont insisté sur le fait que les intentions bénignes de l’OTAN étaient évidentes et qu’il serait facile de persuader Moscou de ne pas s’inquiéter alors que l’OTAN se rapproche de la frontière russe. Ce point de vue était extrêmement naïf, car la question essentielle n’était pas de savoir quelles pouvaient être les intentions de l’OTAN dans la réalité. Ce qui importait vraiment, bien sûr, c’était ce que les dirigeants russes pensaient qu’elles étaient ou pourraient devenir. Même si les dirigeants russes avaient pu être convaincus que l’OTAN n’avait aucune intention malveillante, ils ne pouvaient jamais être sûrs que ce serait toujours le cas.

Bien que Moscou n’ait eu d’autre choix que d’accepter l’admission de la Pologne, de la Hongrie et de la République tchèque au sein de l’OTAN, les préoccupations de la Russie se sont accrues à mesure que l’élargissement se poursuivait. Cela n’a rien arrangé que l’élargissement soit en contradiction avec l’assurance verbale donnée par le secrétaire d’État américain James Baker au dirigeant soviétique Mikhaïl Gorbatchev, en février 1990, que si l’Allemagne était autorisée à se réunifier au sein de l’OTAN, l’alliance ne se déplacerait pas « d’un centimètre vers l’est » – un engagement que Gorbatchev a naïvement omis de codifier par écrit. (Baker et d’autres contestent cette caractérisation, et Baker a nié s’être engagé officiellement).

Les doutes de la Russie se sont accrus lorsque les États-Unis ont envahi l’Irak en 2003 – une décision qui a montré un mépris délibéré pour le droit international – et encore plus après que l’administration Obama a outrepassé l’autorité de la résolution 1973 du Conseil de sécurité des Nations unies et a aidé à évincer le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi en 2011. La Russie s’était abstenue sur la résolution – qui autorisait la protection des civils mais pas le changement de régime – et l’ancien secrétaire américain à la Défense Robert Gates a commenté plus tard que « les Russes avaient l’impression d’avoir été pris pour des pigeons. » Ces incidents, ainsi que d’autres, contribuent à expliquer pourquoi Moscou insiste désormais sur des garanties écrites.

Si les responsables politiques américains avaient réfléchi à l’histoire et aux sensibilités géographiques de leur propre pays, ils auraient compris comment l’élargissement est apparu à leurs homologues russes. Comme l’a récemment noté le journaliste Peter Beinart, les États-Unis ont déclaré à plusieurs reprises que l’hémisphère occidental était interdit aux autres grandes puissances et ont menacé ou utilisé la force à de nombreuses reprises pour faire respecter cette déclaration. Pendant la guerre froide, par exemple, l’administration Reagan était tellement alarmée par la révolution au Nicaragua (un pays dont la population était inférieure à celle de la ville de New York) qu’elle a organisé une armée de rebelles pour renverser les Sandinistes socialistes au pouvoir.

Si les Américains pouvaient s’inquiéter à ce point d’un minuscule pays comme le Nicaragua, pourquoi était-il si difficile de comprendre pourquoi la Russie pouvait avoir de sérieux doutes sur le mouvement constant de la plus puissante alliance du monde vers ses frontières ? Le réalisme explique pourquoi les grandes puissances ont tendance à être extrêmement sensibles à l’environnement sécuritaire dans leur voisinage immédiat, mais les architectes libéraux de l’élargissement n’ont tout simplement pas pu le comprendre. Il s’agit d’un manque monumental d’empathie aux conséquences stratégiques profondes.

L’erreur est encore aggravée par l’insistance répétée de l’OTAN sur le fait que l’élargissement est un processus ouvert et que tout pays répondant aux critères d’adhésion peut y adhérer. Ce n’est pas tout à fait ce que dit le traité de l’OTAN, d’ailleurs ; l’article 10 stipule simplement : « Les parties peuvent, par accord unanime, inviter à accéder au Traité tout autre État européen susceptible de favoriser le développement des principes du présent Traité et de contribuer à la sécurité de la région de l’Atlantique Nord. »

Le mot clé ici est « peut » – aucun pays n’a le droit d’adhérer à l’OTAN et certainement pas si son entrée réduirait la sécurité des autres membres Les détails mis à part, crier cet objectif sur tous les toits était imprudent et inutile. Toute alliance militaire peut intégrer de nouveaux membres si les parties existantes sont d’accord pour le faire, et l’OTAN l’a fait à plusieurs reprises. Mais proclamer ouvertement un engagement actif et illimité en faveur d’un déplacement vers l’Est ne pouvait qu’accroître les craintes de la Russie.

Le faux pas suivant a été la décision de l’administration Bush de proposer la candidature de la Géorgie et de l’Ukraine à l’adhésion à l’OTAN lors du sommet de Bucarest en 2008. L’ancienne responsable du Conseil national de sécurité des États-Unis, Fiona Hill, a récemment révélé que la communauté des services de renseignement américains s’était opposé à cette décision, mais que le président américain de l’époque, George W. Bush, avait ignoré leurs objections pour des raisons qui n’ont jamais été pleinement expliquées. Le moment choisi était d’autant plus étrange que ni l’Ukraine ni la Géorgie n’étaient proches de satisfaire aux critères d’adhésion en 2008 et que d’autres membres de l’OTAN s’opposaient à leur inclusion.

Il en est résulté un compromis difficile, négocié par les Britanniques, dans lequel l’OTAN a déclaré que les deux États finiraient par adhérer, sans toutefois préciser quand. Comme l’a déclaré à juste titre le politologue Samuel Charap : « [C]ette déclaration était le pire des mondes. Elle n’a pas apporté de sécurité accrue à l’Ukraine et à la Géorgie, mais a renforcé l’opinion de Moscou selon laquelle l’OTAN était décidée à les intégrer. » Il n’est pas étonnant que l’ancien ambassadeur des États-Unis auprès de l’OTAN, Ivo Daalder, ait décrit la décision de 2008 comme le « péché capital » de l’OTAN.

L’épisode suivant a eu lieu en 2013 et 2014. Alors que l’économie ukrainienne chancelait, le président ukrainien de l’époque, Viktor Ianoukovitch, a encouragé une surenchère entre l’Union européenne et la Russie pour obtenir une aide économique. Sa décision de rejeter un accord d’adhésion négocié avec l’UE et d’accepter une offre plus lucrative de la Russie a déclenché les manifestations de l’Euromaïdan qui ont finalement conduit à son éviction. Les responsables américains ont visiblement penché en faveur des manifestants et ont participé activement à la sélection du successeur de M. Ianoukovitch, accréditant ainsi les craintes russes qu’il s’agisse d’une révolution de couleur parrainée par l’Occident.

De façon remarquable, les responsables européens et américains ne semblent jamais s’être demandé si la Russie pourrait s’opposer à ce résultat ou ce qu’elle pourrait faire pour le faire échouer. Ils ont donc été pris au dépourvu lorsque le président russe Vladimir Poutine a ordonné la prise de la Crimée et soutenu les mouvements séparatistes russophones dans les provinces orientales de l’Ukraine, plongeant le pays dans un conflit gelé qui perdure à ce jour.

Il est courant en Occident de défendre l’expansion de l’OTAN et de rejeter la responsabilité de la crise ukrainienne uniquement sur Poutine. Le dirigeant russe ne mérite aucune sympathie, comme le montrent très clairement sa politique intérieure répressive, sa corruption évidente, ses mensonges répétés et ses campagnes meurtrières contre les exilés russes qui ne représentent aucun danger pour son régime.

La Russie a également foulé aux pieds le Mémorandum de Budapest de 1994, qui offrait des garanties de sécurité à l’Ukraine en échange de l’abandon par celle-ci de l’arsenal nucléaire hérité de l’Union soviétique. Ces actions, ainsi que d’autres, ont suscité des inquiétudes légitimes quant aux intentions de la Russie, et la prise illégale de la Crimée a fortement retourné l’opinion ukrainienne et européenne contre Moscou. Si la Russie a des raisons évidentes de s’inquiéter de l’élargissement de l’OTAN, ses voisins ont de nombreuses raisons de s’inquiéter également de la Russie.

Mais Poutine n’est pas le seul responsable de la crise actuelle en Ukraine, et l’indignation morale à l’égard de ses actions ou de son caractère n’est pas une stratégie. Des sanctions plus nombreuses et plus sévères ne sont pas non plus susceptibles de l’amener à se plier aux exigences occidentales. Aussi déplaisant que cela puisse être, les États-Unis et leurs alliés doivent reconnaître que l’alignement géopolitique de l’Ukraine est un intérêt vital pour la Russie – un intérêt qu’elle est prête à défendre par la force – et ce n’est pas parce que Poutine se trouve être un autocrate impitoyable ayant un penchant nostalgique pour l’ancien passé soviétique.

Les grandes puissances ne sont jamais indifférentes aux forces géostratégiques déployées à leurs frontières, et la Russie se soucierait profondément de l’alignement politique de l’Ukraine même si quelqu’un d’autre était aux commandes. La réticence des États-Unis et de l’Europe à accepter cette réalité fondamentale est l’une des principales raisons pour lesquelles le monde se trouve aujourd’hui dans une telle situation.

Cela dit, Poutine a rendu ce problème plus difficile en essayant d’obtenir des concessions majeures sous la menace d’une arme. Même si ses exigences étaient tout à fait raisonnables (et certaines ne le sont pas), les États-Unis et le reste de l’OTAN ont de bonnes raisons de résister à sa tentative de chantage. Une fois encore, le réalisme permet de comprendre pourquoi : Dans un monde où chaque État est en fin de compte livré à lui-même, signaler que l’on peut être victime de chantage peut encourager le maître-chanteur à formuler de nouvelles exigences.

Pour contourner ce problème, les deux parties devraient transformer cette négociation, qui ressemble à du chantage, en une négociation qui ressemble davantage à un échange de faveurs. La logique est simple : Je ne voudrais pas vous donner ce que vous voulez si vous me menacez, car cela crée un précédent inquiétant et pourrait vous inciter à répéter ou à intensifier vos demandes. Mais je pourrais être disposé à vous donner quelque chose que vous voulez si vous acceptez de me donner quelque chose que je veux tout autant : donne moi la rhubarbe je te passerai le séné. Il n’y a rien de mal à créer un tel précédent ; c’est, en fait, la base de tous les échanges économiques volontaires.

L’administration Biden semble tenter quelque chose dans ce sens en proposant des accords mutuellement bénéfiques sur les déploiements de missiles et d’autres questions secondaires et en essayant de retirer de la table la question du futur élargissement de l’OTAN. J’ai beaucoup de respect pour la fermeté, la perspicacité et les talents de négociateur de la secrétaire d’État adjointe américaine Wendy Sherman, mais je ne pense pas que cette approche puisse être adoptée. Pourquoi ? Parce qu’en fin de compte, l’alignement géopolitique de l’Ukraine est un intérêt vital pour le Kremlin et la Russie insistera pour obtenir quelque chose de tangible.

Le président américain Joe Biden a déjà clairement indiqué que les États-Unis n’iraient pas en guerre pour défendre l’Ukraine, et ceux qui pensent qu’ils peuvent et doivent le faire – dans une région qui se trouve juste à côté de la Russie – croient apparemment que nous sommes encore dans le monde unipolaire des années 1990 et que nous avons beaucoup d’options militaires avantageuses.

Alors qu’elle joue avec de mauvaises cartes, l’équipe de négociation américaine insiste apparemment toujours pour que l’Ukraine conserve la possibilité d’adhérer à l’OTAN à un moment donné dans le futur, ce qui est précisément le résultat que Moscou veut exclure. Si les États-Unis et l’OTAN veulent résoudre ce problème par la diplomatie, ils vont devoir faire de réelles concessions et n’obtiendront peut-être pas tout ce qu’ils souhaitent. Je n’aime pas cette situation plus que vous, mais c’est le prix à payer pour une expansion imprudente de l’OTAN au-delà des limites raisonnables.

Le meilleur espoir d’une résolution pacifique de ce triste désordre est que le peuple ukrainien et ses dirigeants se rendent compte que la bataille entre la Russie et l’Occident pour obtenir l’allégeance de Kiev sera un désastre pour leur pays. L’Ukraine devrait prendre l’initiative et annoncer qu’elle a l’intention de fonctionner comme un pays neutre qui ne rejoindra aucune alliance militaire.

Elle devrait s’engager formellement à ne pas devenir membre de l’OTAN ni à rejoindre l’Organisation du traité de sécurité collective dirigée par la Russie. Elle serait toujours libre de commercer avec n’importe quel pays et d’accueillir les investissements de n’importe quel pays, et elle devrait être libre de choisir ses propres dirigeants sans interférence extérieure. Si Kiev prenait cette décision de son propre chef, les États-Unis et leurs alliés de l’OTAN ne pourraient pas être accusés de céder au chantage russe.

Pour les Ukrainiens, vivre comme un État neutre à côté de la Russie n’est pas une situation idéale. Mais compte tenu de sa situation géographique, c’est le meilleur résultat que l’Ukraine puisse raisonnablement espérer. Elle est certainement bien supérieure à la situation dans laquelle les Ukrainiens se trouvent actuellement. Il convient de rappeler que l’Ukraine a été effectivement neutre de 1992 à 2008, année où l’OTAN a imprudemment annoncé que l’Ukraine rejoindrait l’alliance. À aucun moment au cours de cette période, elle n’a été confrontée à un risque sérieux d’invasion. Toutefois, le sentiment anti-russe est aujourd’hui très fort dans la majeure partie de l’Ukraine, ce qui rend moins probable l’utilisation de cette éventuelle voie de sortie de crise.

L’élément le plus tragique de toute cette triste saga est qu’elle aurait pu être évitée. Mais tant que les décideurs américains ne tempéreront pas leur hubris libérale et ne comprendront pas mieux les leçons inconfortables mais vitales du réalisme, ils risquent de se heurter à des crises similaires à l’avenir.

Source : Foregin Policy, Stephen M. Walt – 19/01/2022
Traduit par les lecteurs du site Les-Crises

Commentaire recommandé

florian lebaroudeur // 21.02.2022 à 08h17

Il faut arrêter d’appeler « Libéral » un ordre qui veut réduire au silence tous qui osent exprimer une autre pensée.
Cet ordre s’est fait une spécialité d’inverser le sens des mots, d’embellir et d’encourager tout ce qui rabaisse l’esprit humain, de défigurer et de dissuader tout ce qui l’élève.
Nous vivons en réalité la grande imposture de tous les temps. Les Russes et les Chinois ne sont certes pas des enfants de cœur mais il est triste de constater de ce sont eux qui ont su conserver un réalisme qui fait cruellement défaut au monde d’aujourd’hui. Il ne reste plus qu’a espérer un miracle.

39 réactions et commentaires

  • Dorian // 21.02.2022 à 08h12

    Salomon le sage disait:
    « La hauteur précéde la chute, l’orgueil précède la ruine ».

      +16

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  • florian lebaroudeur // 21.02.2022 à 08h17

    Il faut arrêter d’appeler « Libéral » un ordre qui veut réduire au silence tous qui osent exprimer une autre pensée.
    Cet ordre s’est fait une spécialité d’inverser le sens des mots, d’embellir et d’encourager tout ce qui rabaisse l’esprit humain, de défigurer et de dissuader tout ce qui l’élève.
    Nous vivons en réalité la grande imposture de tous les temps. Les Russes et les Chinois ne sont certes pas des enfants de cœur mais il est triste de constater de ce sont eux qui ont su conserver un réalisme qui fait cruellement défaut au monde d’aujourd’hui. Il ne reste plus qu’a espérer un miracle.

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    • Aérosol // 21.02.2022 à 10h28

      Il est vrai que tout cela n’a que peu de rapport avec le libéralisme ( article titré avec les termes « idéalisme libéral », idéal que l’auteur n’aborde pas dans l’article).
      J’ai bien rigolé en lisant la note du traducteur.

        +4

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    • Eric // 22.02.2022 à 13h46

      A propos de réalisme:
      « Le journaliste politique Ron Suskind rapportait en 2004 la conversation qu’il avait eue un jour avec un conseiller de Georges W. Bush : « Pendant l’été 2002, après que j’eus écrit un article dans Esquire que la Maison Blanche n’aima pas… j’ai eu une discussion avec un conseiller senior de Bush. Il m’exprima le déplaisir de la Maison Blanche, puis il me dit quelque chose que je n’ai pas entièrement compris à ce moment-là … Le conseiller me déclara que les types comme moi étaient « dans ce que nous appelons la communauté fondée sur le réel », qu’il définissait comme les personnes qui « croient que les solutions émergent de l’étude judicieuse de la réalité discernable. » J’acquiesçai, et murmurai quelque chose sur les principes de la raison et de l’empirisme. Il me coupa net. « Ce n’est plus la façon dont fonctionne le monde désormais », continua-t-il.

      – « Nous sommes désormais un empire, et quand nous agissons, nous créons notre propre réalité. Et pendant que vous étudierez cette réalité — de manière judicieuse, sans aucun doute — nous agirons à nouveau, créant d’autres nouvelles réalités, que vous pouvez étudier également, et c’est comme ça que les choses se règleront.
      Nous sommes les acteurs de l’Histoire. et vous, vous tous, il ne vous restera qu’à tout simplement étudier ce que nous faisons. »

        +14

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  • John V. Doe // 21.02.2022 à 08h21

    L’alliance impériale (au sens marxien du terme: stade ultime du capitalisme) a cherché tout au long du 20e siècle à écraser tout ce qui avait la moindre velléité d’indépendance, à commercer par la Russie mais aussi toutes les puissances régionales qui ne souhaitaient pas s’aligner sur l’impérialisme militaro-économique de l’occident.

    La Russie a été la cible de 3 guerres en 100 ans : le support armé aux blancs jusqu’en 1922, l’invasion allemande de 1941 telle que précipitée par Munich et Hitler et enfin la guerre froide qu’elle a perdu, le pillage économique et la destruction de l’état qui s’en sont suivi.

    Je ne sais pas qui est étonné de la violence de la réaction Russe à l’élargissement continu de l’OTAN jusqu’au ras de Moscou, coups d’état « colorés » inclus mais il est certain qu’une fois basculé dans le giron du capitalisme impérial, ces états ne reculent plus devant aucune violence pour assurer leur pouvoir.

    Même ici, la violence policière a atteint des sommets inconnus au 20e Siècle : fichage intensif, mutilations, énucléations, morts, assignations à résidence, emprisonnements démesurés, amendes hallucinantes, etc… Et je vous promet que le système des amendes automatiques n’en est qu’à son début tant son anonymat, sa violence feutrée et son aspect de classe (qui a les moyens de…) ont les faveurs du pouvoir.

    Sur la ligne de front, c’est largement pire : l’Ukraine torture assez systématiquement ses opposants et les mesures racistes sont légions. Dans les pays baltes les russophones ne sont plus des citoyens. etc…

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    • Ouvrier pcf // 22.02.2022 à 08h46

      Enfin un autre son de cloche on pourrait rappeler que c’est bien a Stalingrad que Hitler fête les SS furent battus SS que 21 millions de femmes d’hommes combattirent au sacrifice de leur vies . On peut aussi rappeler que 500 000 russes se portèrent volontaires et moururent en liquidateurs pour arrêter la catastrophe de Tchernobyl . Tchernobyl un nom une cause un moment que beaucoup de nous oublient évitent ou comme mon père disait un morceau avalé n’a plus de goût Nous européens devrions au moins nous en souvenir .Que la paix la reconnaissance le respect et l’intelligence de l’ Homme reviennent en priorités

        +3

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      • Ming Tong // 23.02.2022 à 09h28

        Alors que la catastrophe nucléaire de Tchernobyl a affecté toute l’Europe, ne voilà-t-il pas que dans l’indifférence génèrale surgissent des mises en garde contre l’utilisation par l’Ukraine de son potentiel technologiques existant pour produire une bombe atomique! Il est vrai que les USA ne se sentent pas géographiquement concernés par les conséquences qui pourraient en découler!
        Alors qu’il y a 20 ans avait été déjà évoqué de faire de l’Ukraine un pays neutre,commercialement prospère, les USA avançaient l’idée d’une adhésion de l’Ukraine à l’UE; il avait été soulevé alors que les subventions européennes liées à une adhésion pourraient servir surtout à l’achat d’armements américains . Beaucoup de membres du gouvernement Zelensky sont issus d’institutions de la Free Society de SOROS dont ils sont devenus les plus fervents promoteurs politiques…..
        Ce n’est pas non plus une fatalité si des dirigeants de nombreux ex-pays d’Europe de l’Est sont partout décriés par leur peuple pour des affaires de corruption. Dans ce contexte, l’on peut déplorer tant de gâchis et d’absence de l’UE dans ce qui est devenu une poudrière!

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  • Le Belge // 21.02.2022 à 08h56

    Au nom du « Libéralisme », des gens ont organisé ce qu’on appelle pudiquement le commerce triangulaire (une croisière transatlantique où des gens déportèrent d’autres gens pour aller cultiver du tabac, du coton, du riz ou de la canne à sucre dans des territoires où la population originelle avait été liquidée) alors que la réduction en esclavage était interdit depuis l’an Mil (environ) suite aux diverses interventions de l’Eglise. C’est à vous faire regretter le Moyen-Age (un temps où le « Nouveau-Monde » n’était pas d’actualité). Bonne journée à tous et à toutes.

      +21

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  • paulo // 21.02.2022 à 09h02

    Encore un article dégoulinant de bons sentiments , qui masque sous le concept d’idéologie libérale l’ouverture de gré ou de force de pays au capitalisme américain . Le passage obligé est bien sûr la référence à Poutine comme odieux dictateur , sous peine d’être étiqueté comme Poutinolâtre je suppose , dont tout le monde occidental se demande angoissé ce qui peut bien se passer dans sa tête . La réalité est que la grande majorité du peuple russe et de ses élites partagent son point de vue sur l’Ukraine et l’Occident , et que Poutine lui-même est loin d’être un faucon comparé à d’autres figures politiques russes .
    Le battage politico-médiatique le long de cette crise et la fixation sur la figure du méchant dictateur/autocrate me fait penser à la Yougoslavie ( que l’auteur de l’article oublie ), l’Irak, la Libye , et la Syrie .
    Le dernier lapin sorti du chapeau est maintenant la référence à Munich , ou comment les démocraties ont baissé leurs culottes devant Hitler , et l’association automatique qu’on veut susciter dans l’esprit du public .

      +30

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    • Ouvrier pcf // 22.02.2022 à 08h53

      Oui la Croatie reconnue comme état indépendant par par par l’Allemagne en tout premier reconnaissance qui permit des accords militaires et donc la guerre et et 1000 km de plages pour les touristes gras et bidonnés teutons et leur marmailles maîtresse ou courtisanes mais mais mais point de gaz de charbon de de d énergie nucléaire on revient à Tchernobyl qui fonctionne encore et oui tiens vous avez dit bizarre comme c’est bizarre !

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  • Crapaud Rouge // 21.02.2022 à 09h07

    Très intéressant cet article. Ce qu’il dit du libéralisme, à savoir qu’il « divise le monde en « gentils États » (ceux qui incarnent les valeurs libérales) et en « méchants États » », (gouvernés par des dictateurs), se retrouve effectivement dans la propagande. Voyant dans les seconds la cause de toutes les guerres, la « solution » consiste à renverser les dictatures, de sorte qu’il n’y aura plus de guerres. Il se donne ainsi une « bonne » raison de faire la guerre, une raison hautement « morale », et comme cela va de pair avec des intérêts matérialistes évidents mais inavoués, ces imbéciles de libéraux y croient dur comme fer, ce qui explique leur aveuglement face à la Russie.

      +13

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    • patoche // 21.02.2022 à 11h23

      Non les libéraux ne massacrent jamais à l’insu de leur plein gré mais sciemment avec une bonne conscience pathologique, le projet étant toujours économique et stratégique. Ils sont totalement indifférents aux massacres collatéraux. Depuis le Vietnam, plus d’images insoutenables d’enfants brûlés vifs… et si certains comme Assange, parviennent à diffuser certaines de leurs exactions sordides, ils sont condamnés à disparaitre.

        +20

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      • moshedayan // 23.02.2022 à 08h22

        Votre commentaire court et juste. Vos médias répétent depuis 2 jours « mais l’inquiétant… l’important est de savoir ce que veut Poutine…. comment stopper Poutine… blablabla »… C’est affligeant mais effectivement bien calculés….car ils oublient sciemment que dans quelques mois la Pologne accueille des missiles dits « anti-missiles »…. bien d’autres informations sont omises….

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  • Auguste Vannier // 21.02.2022 à 09h27

    Le stade ultime du « libéralisme économique » (dont on trouve une version théorisée chez les Libertariens), c’est la transformation totale de tous les aspects de la vie en marchandises échangeables sur un pur marché (libre et non faussé par la Politique = version ordolibérale), et donc la réduction de l’Etat à un gardien de la pureté du marché par la contrainte, et la surveillance généralisée.
    A côté de cette hubris « occidentale », le meilleur des mondes d’Huxley ou celui de 1984 d’Orwell vont finir par faire pâle figure…
    Malgré sa lucidité, l’auteur de l’article ne peut pas s’empêcher de réciter le refrain convenu sur les autocrates et les tyrans qui méconnaissent la « bonne démocratie » de type occidental, dont le paradigme est le régime US.
    J’en suis venu à trouver Poutine remarquable comme homme d’Etat qui s’efforce de garantir les intérêts de son Pays.
    Et à trouver tous les dirigeants US post Kennedy particulièrement exécrables dans leur manière de ramener les intérêts de leur pays à ceux d’une oligarchie financière et transnationale.

      +21

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  • Dominique65 // 21.02.2022 à 09h40

    L’auteur soutien que la Russie recherche « l’alignement géopolitique », « l’allégeance », de l’Ukraine. Cela me semble gratuit. Les déclarations russes ne vont pas dans ce sens. C’est bien la sécurité de la Russie qui est mise en avant. Et son respect, aussi, qu’on ne lui parle plus comme à un subordonné. Ce serait bien, d’ailleurs que les pays européens aient la même exigeante.
    Après, les accusations de despotisme de Poutine, on s’en fiche un peu. C’est au peuple russe de choisir ses représentants. Ça aussi c’est dur à admettre pour un ressortissant étasunien.

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    • basile // 21.02.2022 à 11h39

      hier, jour noir (après les semaines noires) sur les 3 chaines d’info en continu, y compris la chaine appelée par les contradicteurs « la chaine de Zemmour ». Probablement pour cette dernière montrer qu’elle est pluraliste.

      donc jour noir hier, car j’ai zappé de l’une à l’autre, sur les quelles il y avait spécialistes « impartiaux», et autres journalistes habituels tout autant « impartiaux »

      tous leurs commentaires se terminaient, la mine grave de ceux qui savent, par des « hélas », ou « malheureusement », histoire de bien faire comprendre au téléspectateur qui n’aurait pas bien compris le message, « que Poutine est méchant. »

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  • Christian Gedeon // 21.02.2022 à 11h24

    Camarades des Crises. Je l’ai écrit il y a déjà un moment. La pièce de théâtre qui se joue en Ukraine touche à sa fin. Les acteurs principaux ont parfaitement joué leur rôle. Biden et les siens n’ont pas pu faire autrement que de remettre l’église Poutine au centre du village. Ce qui les arrange bien d’ailleurs Parceque la bipolarisation annoncée entre Chine et US est devenue une tripolarisation. Poutine jubile la Russie étant à nouveau reconnue comme l’un des trois grands. C’était le scénario ne rit d’avance. Deux perdants: l’UE plus croupion que jamais, Zelenski qui s’est fait manipuler, peut être pas à l’insu de son plein gré. Et un dubitatif la Chine qui doit se demander si cette histoire est du lard ou du cochon. Franchement je me marre. C’était tellement cousu de fil blanc!

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  • olivier77 // 21.02.2022 à 12h18

    Quand un texte commence par nier la réalité, on sait que le reste va être à l’avenant. La Russie n’a pas envahie la Crimée. Par contre pour ne pas mettre en avant la révolution coloriée made in CIA pour le changement de régime, il n’y a plus d’observateurs occidentaux.
    Qui veut abattre son chien l’accuse de la rage. On avait une chance d’avoir un partenaire à l’est qui souhaitait un échange plus profond avec l’EU mais les chiens de garde ont tranché, cela sera USA uber alles. Le pire, c’est que notre intérêt n’est même pas pris en compte, le bon oncle Sam a placé ses sbires partout dans les organigrammes des nations occidentales.
    On recommence d’ici deux mois pour être sûr d’être un bon aligné à la politique de Wash-ington. Pauvre France, minable Europe.

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    • Christian Gedeon // 22.02.2022 à 15h21

      Ne vous énervez pas comme ça. Je répète que le
      Scénario est coecrit par russes et us! Ça va vendre des armes comme jamais du côté us, les russes ont repris leur rang et les deux ont humilié l’europe et l’ont ramenée à sa taille de nain politique. Winwin!

        +1

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      • Dominique65 // 23.02.2022 à 17h34

        « Je répète que le scénario est coecrit par russes et us »
        Pardonne-nous de ne pas acheter sans autre preuve cette théorie de complot américam-russe contre l’Europe.

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  • Savonarole // 21.02.2022 à 14h02

    J’aimerais bien voir la tête du « marigot » US si la moitié de l’Amérique du Sud rejoignait l’Organisation de Sécurité du Traité de Shanghai en 10 ans.
    Nan sérieux j’aimerais bien… 🙂
    Sinon, pourquoi Biden il signe pas les promesses sur papiers à Putin ?
    Vous croyez vraiment que les russes sont le genre à faire confiance à un paquet de crevures qui a pas été foutu de respecter un seul des traités qu’ils ont signé en deux cent ans ?
    Bon … la récréation est finie maintenant, on arrête de jouer les enfants , on a des crise éco sur le feu nous.

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  • Christian Gedeon // 21.02.2022 à 23h43

    Voilà voilà. Clap de fin en Ukraine. Poutine s’agrandît et les us vont vendre tout plein d’armes aux européens. Ah la gueule qu’à dû tirer Jupiter! Tovaritch Joe et Vladimir my friend. Et qui se fait baisser dans les grandes largeurs? Je vous laisse deviner😂

      +2

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  • Garibaldi2 // 22.02.2022 à 05h10

    Â les braves démocrates Ukrainiens ! Le 2 novembre 2021, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a nommé le nazi Dmitro Yarosh, fondateur de l’Armée des volontaires ukrainiens, conseiller du commandant en chef des armées ukrainiennes, le général Valerii Zaluzhnyi. Pour vous faire une idée de la personnalité du bonhomme, son pedigree est sur Wikipedia : https://fr.wikipedia.org/wiki/Dmytro_Iaroch

    Tout ce que veulent les US c’est bloquer Nord Stream 2, pour nous vendre leur gaz de schiste, flinguer définitivement les exports européens vers la Russie, et nous pousser dans un conflit pour lequel ils fourniront les armes à l’Ukraine. Je me demande si les Ukrainiens ont vraiment envie d’aller se faire descendre pour augmenter les bénéfices de Wall Street ?

    Poutine vient de siffler la fin de la récréation. Maintenant on ne joue plus, et il va y avoir des baffes à prendre. Après les 2 échecs de l’Afghanistan et de la Syrie, on va voir si Biden veut jouer les gros bras.
    A remarquer que Poutine a lancé son pavé dans la mare après la clôture des J.O. Elégance !

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    • Yanka // 23.02.2022 à 06h31

      J’observais ce qui suit pour mon compte personnel (réflexion) : « La Russie n’est jamais embarrassée dans sa politique par des considérations électorales », et « La stabilité de dirigeants russes est un gage de politique de longue haleine. »

      Biden doit forcément tenir compte des élections de mi-mandat ; Macron ne voit guère plus loin que le mois d’avril, si bien qu’il aligne les coups qui sont autant de coups dans l’eau et de vaines gesticulations, d’ailleurs pathétiques. Le seul à être plutôt tranquille, c’est Scholz, le p’tit nouveau. Les échéances démocratiques sont le cancer de la géopolitique.

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  • jweber // 23.02.2022 à 10h58

    Bravo pour votre travail sur l’information. Quoique l’on pense de la position de M. Walt et plus généralement des états-uniens, cela fait du bien d’avoir une autre perspective que les opinions binaires (bien ou mal) véhiculées par la plupart des médias.

      +2

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  • BA // 23.02.2022 à 15h17

    Le 6 mars 1991, les occidentaux s’étaient engagés à ne pas étendre l’OTAN au-delà de l’Elbe. Trente ans plus tard, nous pouvons regarder ce que les occidentaux ont fait : ils ont étendu l’OTAN vers l’est, de plus en plus vers l’est, toujours de plus en plus vers l’est, en trahissant leurs engagements.

    Aujourd’hui, les occidentaux paient cette trahison.

    La carte des pays membres de l’OTAN, avec la date de leur adhésion :

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Organisation_du_trait%C3%A9_de_l%27Atlantique_nord#/media/Fichier:History_of_NATO_enlargement.svg

    Crise en Ukraine. La preuve que les occidentaux s’étaient engagés à ne pas étendre l’Otan vers l’Est.

    Un document émanant des archives nationales britanniques corrobore la thèse avancée par Moscou de l’existence d’un engagement de Washington et des puissances occidentales à ne pas étendre l’Alliance atlantique vers l’Est. Le magazine allemand Der Spiegel en révèle l’existence.

    https://www.humanite.fr/monde/otan/crise-en-ukraine-la-preuve-que-les-occidentaux-setaient-engages-ne-pas-etendre-lotan-vers

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  • Subotai // 23.02.2022 à 21h55

    A côté de ses pompes.
    La Russie (et ses alentours) est le dernier pays a avoir un potentiel de ressources inexploitées sur la planète et malheur pour elle, elle n’a pas la population nécessaire pour exploiter et défendre son territoire, d’où la pression sur ses frontières.
    Et aussi ses réactions.
    C’est tout!
    La course en cours ne tient qu’à une chose: Qui s’effondrera en premier?
    L’Occident sous le poids de sa décadence?
    La Russie avec la disparition de son Chef actuel?
    Et chacun de jouer la montre:
    « l’Occident » dans une fuite en avant de plus en plus chaotique.
    La Russie dans une temporisation active avec quelques coups sur le museau de temps à autre pour faire reculer la Bête.
    Mon pari est l’effondrement de « l’Occident » parce que l’Humain et ses Sociétés fonctionnent comme ça. Et il n’est pas d’exemple où ça se soit passé différemment…
    Le marqueur de l’effondrement « occidental » sont les attentats du 11 sept 2001. Non pas à cause des attentats eux même, mais à cause de la réponse donnée à cette acte. La suite n’était qu’une question de temps…
    Et je m’attendais à ce que se soit plus long… 🙂
    Parce que l’effondrement de la domination US est actée; au cas où vous ne l’auriez pas remarqué, quand un homme politique annonce froidement devant un parterre de journalistes que le bordel actuel tient à l’effondrement des USA et à leur incapacité à maintenir leur domination, il ne se trouve plus personne pour relever ou contester.
    Pensez vous vraiment que les autres Dirigeants – tous sans exception – de la planète l’ignorent?
    Dont acte!

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    • Christian Gedeon // 24.02.2022 à 00h03

      Je suis effondré à la lecture de votre post 😂. Au cas où vous ne l’auriez pas remarqué tout le monde est plutôt content de ce qui se passe. Les russes qui ont montré que la Russie est de retour pour de bon, les us du complexe militariste industriel qui vendent des armes comme des malades, les pays producteurs de gaz et de pétrole qui encaissent des sommes faramineuses et même Zelensky tout content que Poutine applique les accords de Minsk pour lui et qu’il le débarrasse du Donbass.

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      • Christian Gedeon // 24.02.2022 à 07h33

        Oups… tout homme a ses limites. Pourquoi je me demande si Vladimir Poutine n’a pas atteint les siennes? Mon précédent post était quelque peu optimiste je crains.

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  • The late man // 24.02.2022 à 12h19

    Tout cela part du principe que Poutine envahit l’Ukraine en réponse à l’impérialisme occidental, et non par suite de son propre impérialisme, ce qui me paraît très peu probable. Les agresseurs ont toujours à coeur de faire passer leurs agressions comme inéluctables et provoquées par les autres, et l’histoire de l’Otan est un pur prétexte. Personne d’autre que Poutine n’a donné l’ordre d’intervenir militairement en Ukraine. Et absolument rien ne l’y obligeait, c’est un choix coûteux et irrationnel. Cet article qui se présente comme « réaliste » véhicule simplement le soft power poutinien.

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    • Christian Gedeon // 24.02.2022 à 16h39

      Je suis dubitatif face à ce qui se passe en Ukraine. Mais limiter toute l’argumentation qui cherche à comprendre ce qui se passe à l’expression du soft power russe me paraît aller vite en musique. L’excitation proprement pathologique à vouloir porter les frontières de l’OTAN à portée de fronde de Moscou n’est pas du soft power mais juste un constat. J’ai la guerre en horreur pour l’avoir côtoyée de près, aussi je ne suis pas fan de ce que fait Poutine en Ukraine loin de là. Mais en profiter pour passer par pertes et profits la réflexion sur l’extension de l’OTAN ?! Que diriez vous du un Pacte de Moscou installait ses bases au Mexique où au Canada ? Vous avez oublié Cuba et la crise des missiles?

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  • Garibaldi2 // 24.02.2022 à 23h49

    Pour bien comprendre le raisonnement de Poutine, il faut lire son discours du 21 février 2022.
    Ici, en français :

    https://francais.rt.com/international/96092-pourquoi-vladimir-poutine-a-decide-de-reconnaitre-les-republiques-autoproclamees-du-donbass

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  • Eric // 25.02.2022 à 21h07

    « …vouloir détruire/mater un pays pour un changement de régime… »
    Non la Russie ne va pas « détruire/mater » l’Ukraine dont V. Poutine dit par ailleurs que la région d’origine de la Russie millénaire est à cheval sur l’Ukraine et la Russie actuelle.

    Elle va faire principalement deux choses importantes. Premièrement elle va faire ce que l’occident y compris et surtout la France n’a même pas essayer de faire mais au contraire a contribuer à aggraver/entretenir la guerre civile, la persécution génocidaire depuis 7 ans des populations de l’est du pays. Depuis tout ce temps, tous les jours le gouvernement de Kiev ne respecte pas le cessez-le-feu, ne respecte pas l’éloignement des armes lourdes (120mm, 152mm…) et laisse complaisamment les bataillons nazi bombarder, faire des morts, des blessés et des dégâts…Qu’ont fait l’OSCE, la France, l’Allemagne…contre cela ? Rien, au contraire « l’occident » founit des armes, forme… La Russie va donc faire cesser cela, protéger les populations de l’est à majorités Russe.

    Deuxièmement elle va dénazifier l’Ukraine en grande parti et donc rendre service au gouvernement qui ne cache pas vraiment sont impuissance/complaisance… et exiger que l’Ukraine reste neutre, en tout cas n’entre pas dans l’OTAN outil militaro-politique de washington (pas l’Amérique), le retrait des missiles en Pologne et en Roumanie… Bref faire cesser la menace occidentalo-mondialiste menée devant sa porte à quelques minutes de Moscou…

    Elle mène une vrai politique intelligente, infiniment patiente, très stratégique… On en reparle dans quelques temps!

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  • Laetizia // 26.02.2022 à 01h01

    Pour comprendre la situation en Ukraine, et que les Européens seront les grands perdants, je vous conseille de lire l’interview d’Hervé Juvin sur Boulevard Voltaire, l’essentiel est dit.

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    • Eric // 26.02.2022 à 10h35

      Merci, en effet il dit de façon différente et complémentaire ce que le président V. Poutine dit dans son allocution annonçant la reconnaissance des deux républiques.

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  • Bohusch // 27.02.2022 à 13h33

    Sur ces tragiques événements en Ukraine, une tribune publiée dans le Los Angeles Times par Jeff Rogg, un universitaire de Caroline du Sud spécialiste de l’histoire des services secrets US, vient jeter une lumière crue : Washington n’a pas hésité à entraîner aux USA les futurs leaders d’une insurrection antirusse, de préférence choisis dans les organisations néonazies et/ou banderistes (en pratique, c’est à peu près la même chose) qui se sont particulièrement « distinguées » (si l’on peut dire) dans les mois qui ont suivi les événements du Maïdan : Pravy Sektor, le bataillon Azov (désormais intégré dans la Garde nationale ukrainienne), etc.
    Lien vers l’article (en anglais) : https://www.latimes.com/opinion/story/2022-02-25/ukraine-cia-insurgents-russia-invasion

    Dans son article, Jeff Rogg signale d’ailleurs, DOCUMENTS DÉCLASSIFIÉS À L’APPUI, qu’en 1946 déjà, la CIA n’avait pas hésité à travailler avec de nombreux membres de l’organisation de Stepan Bandera, laquelle avait activement collaboré avec les nazis, y compris pour l’abominable « Solution finale » : voir ce lien vers l’article de Kevin C. Ruffner (datant de 1998) intitulé « Cold War Allies: The Origins of CIA Relationships with Ukrainian Nationalists » (« Alliés dans la Guerre froide : l’origine des relations de la CIA avec les nationalistes ukrainiens ») : https://www.cia.gov/readingroom/docs/STUDIES%20IN%20INTELLIGENCE%20NAZI%20-%20RELATED%20ARTICLES_0015.pdf

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  • BA // 01.03.2022 à 20h52

    Aujourd’hui, l’OTAN regroupe 30 pays. Depuis 25 ans, les Etats occidentaux membres de l’OTAN ont planté quatorze couteaux dans le dos de l’ours russe :

    – Le 12 mars 1999, la République tchèque, la Hongrie et la Pologne rejoignent l’OTAN : ce sont les trois premiers couteaux plantés dans le dos de l’ours russe.

    – Le 29 mars 2004, les occidentaux plantent sept couteaux supplémentaires : la Bulgarie, l’Estonie, la Lettonie, la Lituanie, la Roumanie, la Slovaquie et la Slovénie rejoignent l’OTAN.
    CONSEQUENCE : L’OTAN IMPLANTE DES BASES MILITAIRES DANS DEUX PAYS QUI TOUCHENT LA RUSSIE ( L’ESTONIE ET LA LETTONIE ).

    Je vous laisse imaginer la réaction des Etats-Unis si 30 pays étrangers avaient conclu une alliance militaire contre eux !
    Je vous laisse imaginer la réaction des Etats-Unis si des pays étrangers avaient implanté des bases militaires autour des Etats-Unis !

    Et la Chine ?
    Je vous laisse imaginer la réaction des Chinois si 30 pays étrangers avaient conclu une alliance militaire contre eux !
    Je vous laisse imaginer la réaction des Chinois si des pays étrangers avaient implanté des bases militaires autour de la Chine !

    – Le 1er avril 2009, l’Albanie et la Croatie rejoignent l’OTAN.

    – Le 5 juin 2017, le Monténégro rejoint l’OTAN.

    – Le 27 mars 2020, la Macédoine du Nord rejoint l’OTAN.

    Et aujourd’hui ?
    Aujourd’hui, les occidentaux sont scandalisés que l’ours russe blessé donne des grands coups de pattes, toutes griffes dehors !

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    • Incognitototo // 02.03.2022 à 00h31

      Évidemment, présenté ainsi, ça permet de « justifier » le passage à l’acte de Poutine ; mais « blessé » je ne vois vraiment pas en quoi… et, rien sur les motivations de tous ces pays qui en adhérant à l’Otan ont voulu se mettre à l’abri des délires de toute-puissance de leurs voisins qui les ont toujours traités comme des provinces de leur empire en leur ôtant, si besoin par la force, toute souveraineté.

      Aussi, je vous rappelle, que même si ses buts ont été dévoyés, l’Otan est avant tout un traité de défense mutuelle en cas d’agression extérieure pas un traité pour faire la guerre aux autres ; et en tout état de cause chaque pays adhérent garde toujours son entière liberté de ne pas participer aux « actions de défense ».

      Donc, je ne vois vraiment pas en quoi ce traité menacerait en quoi que ce soit la Russie ou la Chine ; sauf bien sûr en introduisant une limite « gênante » à leur toute-puissance, à leurs annexions territoriales et à leur loi du plus fort, en les empêchant d’agir comme ils l’entendent avec des pays souverains.

      C’est bien sous ce prétexte fallacieux d’ailleurs – empêcher un pays de se défendre de l’hégémonie russe en faisant appel à ses alliés – que Poutine a envahi l’Ukraine. Il préfère faire la guerre tout de suite – pendant que l’Ukraine ne peut compter que sur ses propres forces militaires – plutôt que « plus tard » si elle adhérait à l’Otan, ce qui aurait forcément entraîné une réponse militaire de cette coalition et contrarié ses délires d’annexion territoriale et de toute-puissance.

      Bref, à un moment il faut savoir quelles valeurs on défend vraiment ; et si on condamne et combat l’interventionnisme hégémonique US (et de ses vassaux), alors je ne vois vraiment pas au nom de quoi on devrait excuser et/ou justifier celui de la Russie ou de la Chine.

      Re-bref, absolument rien ne peut excuser et encore moins justifier la guerre que Poutine mène en ce moment, si ce n’est son esprit « dérangé ».

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