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11.juin.202011.6.2020 // Les Crises

Dès 2007, des scientifiques alertaient sur la « bombe à retardement » des coronavirus de chauve-souris

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Source : SciTechDaily
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En 2007, soit douze ans avant le début de la pandémie du Covid-19, plusieurs scientifiques avaient prévenu que les coronavirus de chauve-souris en Chine étaient une « bombe à retardement » pour une dangereuse épidémie virale.

Leur inquiétude se fondait sur la présence fréquente de virus de type SARS-CoV chez les chauves-souris rhinolophes, en combinaison avec la capacité bien connue des coronavirus à opérer une recombinaison génétique.

L’étude était intitulée « Le coronavirus du syndrome respiratoire aigu sévère comme agent d’une infection émergente et réémergente » et avait été publiée en octobre 2007 par Clinical Microbiology Reviews, une revue de l’American Society for Microbiology.

Ces scientifiques déclaraient ainsi :

« Il est bien connu que les coronavirus se recombinent génétiquement, ce qui peut conduire à de nouveaux génotypes et à des épidémies. La présence d’un important réservoir de virus de type SARS-CoV chez les chauves-souris rhinolophes, associée à la consommation de mammifères exotiques dans le sud de la Chine, constitue une bombe à retardement. On ne doit pas ignorer la possibilité d’une réémergence du SRAS et d’autres nouveaux virus provenant d’animaux ou de laboratoires, et donc la nécessité de se préparer doit être anticipée. »

On pouvait également lire dans l’introduction :

« La petite réémergence du SRAS à la fin de 2003 et la découverte récente d’un virus très similaire chez les chauves-souris rhinolophe, le SARS-CoV, suggère que le SRAS peut revenir si les conditions sont réunies pour l’introduction, la mutation, l’amplification et la transmission de ce dangereux virus. »

Source : SciTechDaily
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Le coronavirus du syndrome respiratoire aigu sévère comme agent d’une infection émergente et réémergente

Source : Clinical Microbiology Review
Vincent C. C. Cheng, Susanna K. P. Lau, Patrick C. Y. Woo, Kwok Yung Yuen – DOI : 10.1128/CMR.00023-07

RÉSUMÉ

Avant l’apparition du coronavirus du syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS) en 2003, seuls 12 autres coronavirus animaux ou humains étaient connus. La découverte de ce virus a été rapidement suivie par celle du SARS-CoV de la civette et de la chauve-souris, et des coronavirus humains NL63 et HKU1.

La surveillance des coronavirus chez de nombreuses espèces animales a permis de porter à au moins 36 le nombre de coronavirus connus. La nature explosive de la première épidémie de SRAS, sa forte mortalité, sa réémergence transitoire un an plus tard et les perturbations économiques qui s’en sont suivies, ont entraîné une ruée de la recherche concernant les aspects épidémiologiques, cliniques, pathologiques, immunologiques, virologiques et autres aspects scientifiques fondamentaux du virus et de la maladie.

Ces recherches ont donné lieu à plus de 4 000 publications, dont seuls certains des travaux les plus représentatifs ont pu être passés en revue dans cet article. La nette amélioration de la compréhension du virus et de la maladie en si peu de temps a permis la mise au point de tests de diagnostic, de modèles animaux, d’antiviraux, de vaccins et de mesures épidémiologiques et de contrôle de l’infection, qui pourraient s’avérer utiles dans des essais contrôlés randomisés si le SRAS devait réapparaître.

Le fait que les chauves-souris rhinolophes constituent un réservoir naturel du virus de type SARS-CoV et que les civettes en soient l’hôte d’amplification soulignent l’importance du rôle de la faune sauvage et de la biosécurité dans les fermes et les marchés, qui peuvent servir de source et de centres d’amplification des infections émergentes.

Source : Clinical Microbiology Review
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Les Coronavirus de chauves-souris en Chine

Source : MDPI

par Yi Fan 1,2OrcID,Kai Zhao 1,2,Zheng-Li Shi 1,2OrcID etPeng Zhou 1,2,*OrcID

https://doi.org/10.3390/v11030210 – Publié : 2 mars 2019

RÉSUMÉ

Au cours des deux dernières décennies, trois coronavirus zoonotiques ont été identifiés comme étant à l’origine d’épidémies à grande échelle : le syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS), le syndrome respiratoire du Moyen-Orient (MERS) et le syndrome de la diarrhée aiguë du porc (SADS).

Le SRAS et le MERS sont respectivement apparus en 2003 et 2012, et ont provoqué une pandémie mondiale qui a fait des milliers de victimes, tandis que le SADS a frappé l’industrie porcine en 2017. Ils présentent des caractéristiques communes, comme le fait qu’ils sont tous hautement pathogènes pour l’homme ou le bétail, que leurs agents proviennent de chauves-souris et que deux d’entre eux sont originaires de Chine.

Il est donc très probable que les futures épidémies de coronavirus de type SRAS ou MERS proviennent de chauves-souris, et il est de plus en plus probable que cela se produise en Chine. Par conséquent, l’étude des coronavirus de chauves-souris devient une question urgente, ce qui permettra la détection des signes d’alerte précoce, ce qui à son tour minimisera l’impact de ce type d’épidémies futures en Chine.

L’objectif de cette étude est de résumer les connaissances actuelles sur la diversité virale, les hôtes réservoirs et la répartition géographique des coronavirus de chauves-souris en Chine, et à terme, de prédire les points chauds des virus et leur potentiel de transmission inter-espèces.

Source : MDPI
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15 réactions et commentaires

  • Catalina // 11.06.2020 à 07h16

    tous ces « scientifiques sont …américains, ça colle donc avec l’intention relayée par les « médias » de trump de « faire payer la Chine », ensuite, voici le comité de redaction, très édifiant, de SciTechDaily qui « selectionne » des articles à publier. Faut dire qu’on voit tout de suite l’expertise quand on lit leur pedigree.
    ;o)
    https://translate.googleusercontent.com/translate_c?depth=1&hl=fr&prev=search&rurl=translate.google.com&sl=en&sp=nmt4&u=https://scitechdaily.com/editorial-board/&usg=ALkJrhjCEKahsZjPDUJgyKlLvuOXl6gHPA
    Le comité de rédaction c’est 9 personnes qui décident de ce qui est « le meilleur patatipatata », dont une étudiante : Lauren est étudiante à la California State University de San Marcos et travaille sur son BS en physique appliquée avec une concentration en électronique. Ses études incluent l’électromagnétisme, la physique atomique, l’électronique moderne, l’informatique et beaucoup de mathématiques. Elle prévoit d’acquérir plus d’expérience en recherche avant d’écrire sa thèse de premier cycle et de postuler à des études supérieures. une diplômée en psychologie et en sociologie de l’Université de Canterbury : Vicki a été le fondateur de SciTechDaily et le rédacteur en chef pendant de nombreuses années. Bien qu’elle ne soit plus impliquée sur le site, elle mérite toujours une reconnaissance spéciale ici.
    Je dis ça…..

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    • Jean-Do // 11.06.2020 à 10h05

      En tout cas, ces études contredisent la pensée que ce virus s’est échappé plus ou moins volontairement d’un labo puisqu’elles affirment que le réservoir est naturel. Et dangereux.

        +3

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      • Danielle VQ // 11.06.2020 à 12h26

        Sans vouloir pinailler, il y a aussi 2 chercheurs français qui justement étudiaient les virus trimballés par les chauves-souris (entre autres les corona), mais … on leur a supprimer les subventions. C’est dans une vidéo de Monique Pinson-Charlot.
        A part ça en Guyane on sait déjà depuis longtemps que ces mammifères volants transmettent une/des maladies pulmonaires dont une par un Hantavirus. (c’est pas un truc très sympa non plus).

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  • Owen // 11.06.2020 à 07h59

    Il y a des colonies de chauve souris vieilles de plusieurs dizaines de milliers d’années dans les grottes à travers le monde.
    Avec l’humidité permanente du milieu, il est facile d’imaginer l’accumulation des virus, avec son corollaire, le renforcement du système immunitaire des chauves souris.
    Après, c’est comme la grippe transportée par les explorateurs et colons, qui a décimé les populations du Sud.

    Shi Zhengli, ou « Batwoman » la virologue chinoise qui a fini ses études en France, est celle qui a pris la direction du laboratoire P4, livré pendant ce temps par l’INSERM à Wuhan.
    Elle est évidemment concernée par la suspicion de fuite du coronavirus (vrai, faux, je n’en sais rien).
    C’est elle qui a démontré que le SARS vient de la chauve souris.
    C’est surtout une passionnée qui passe son temps dans les grottes (pour le meilleur ou pour le pire).
    https://www.pourlascience.fr/sd/biologie/la-femme-qui-traquait-les-coronavirus-chez-les-chauves-souris-19370.php

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  • Tikehau // 11.06.2020 à 08h50

    Le covid on savait. H1N1 on savait aussi d’avance et pour preuve le vaxxin était déjà prêt. Avant 2 ans on connaîtra la prochaine pandémie virale pour laquelle on se préparera. Même que l’on aura probablement le vaxxin avant que la maladie n’apparaisse.
    Pour le covid la production de 2 milliards de vaxxins est déjà dans les tuyaux. Livraison à partir du printemps prochain sans que l’on sache si ce vaxxin en développement sera efficace et d’innocuité avérée pour les vaxxinés. Mais ce n’est pas grave les gouvernement prendront la responsabilité de ces désagréments comme pour le vaxxin contre le H1N1. La fondation Gates a versé 750 millions de dollars à Astrazeneca pour le produire.
    Je suis effaré par la compétence de tous nos experts en tout. ils prévoient tout mais ne maîtrisent finalement rien.
    Une pandémie planétaire qui pourrait disparaître comme H1N1 et on persiste dans cette voie. Y a pas ici des questions à se poser ?

      +7

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  • Santerre // 11.06.2020 à 09h12

    Oui, mais en même temps, toutes les deux minutes, il y a sur terre au moins un (plus ou moins) scientifique qui déclare que la peste et le choléra arrive, qu’une catastrophe économique est pour demain matin, que les Russes vont attaquer, que les Chinois vont nous manger, que la caldera de Yellowstone va éclater, la faille de san Andréa s’effondrer, un astéroïde nous frapper, le trou de la couche d’ozone nous faire tous rôtir, le bug de l’an 2000 tout paralyser, le réchauffement climatique nous exterminer, la montée des eaux nous submerger, la baisse de la fertilité nous réduire à néant, la baisse de l’intelligence nous ramener au singe. Partout, toujours, tout le temps, ily a un soit un agité, soit un mytho en mal de pub, soit un véreux promouvant un agenda politique ou affairiste précis, soit un neuneu idiot utile du précédent, soit un anxieux de la publication « scientifique » qui nous les brise menu.
    BASTA!!!!!

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    • Julien // 11.06.2020 à 09h29

      Bon résumé de la réalité. Merci j’aurai pas mieux dit.

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    • Morne Butor // 11.06.2020 à 11h33

      … et beaucoup d’entre-eux sont également des gens très sérieux qui expriment des risques très réels, sur la base d’une argumentation scientifique sérieuse. D’autres gens tout aussi sérieux prennent ces études et les intègrent dans une analyse de risques. C’est probablement la raison pour laquelle la NASA recherche des solutions pratiques pour détourner un astéroïde de sa trajectoire, car si la probabilité qu’un astéroïde massif nous tombe dessus est extrêmement faible, les conséquences d’un tel évènement seraient la destructions quasi certaine de toute vie humaine de la planète. En comparaison, des virus tueurs, il en nait très souvent, mais on sais que l’espèce humaine y survivra, même si 80% de la population trépasse. Les conséquences d’un réchauffement climatique non maîtrisé restent encore très largement méconnues, mais la mort de 99% de la population mondiale n’est pas une impossibilité, surtout si on balance dans l’atmosphère le CO2 de tous les combustibles fossiles dont on dispose et qu’on peut encore trouver. Sans s’affoler, il convient donc de s’y préparer. Se retrouver sans masques et sans tests devant un virus, c’est une chose, mais se retrouver sans une goutte de pétrole face aux perturbation engendrées par les conséquences du changement climatique, ce sera bien pire.

        +6

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      • Santerre // 11.06.2020 à 18h25

        Ceci dit, on ne peut pas vivre en craignant tout le temps qu’un piano vous tombe sur la tête en se promenant dans la rue.

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  • RGT // 11.06.2020 à 11h21

    Plus tôt encore, d’autres biologistes avaient aussi tiré la sonnette d’alarme en nous informant que la « colonisation » des écosystèmes naturels allait entraîner des catastrophes sanitaires à répétition.

    Quand les « gentils entrepreneurs » déforestent des millions d’hectares pour planter des palmier à huile, du cacao, faire de l’élevage, créer de nouvelles zones d’habitation ces perturbations entraînent l’expulsion des nombreuses espèces qui vivaient dans ces zones.
    Espèces qui pour survivre sont contraintes d’aller « coloniser » les zones « humaines » et donc d’entrer en contact avec les humains ou les espèces domestiques ou commensales.
    Leur transmettant par là même leurs pathogènes (auxquels elles sont habituées et qui ne leur sont pas létales)…
    Ce qui se traduit par la propagation de pandémies foudroyantes lorsque ces pathogènes parviennent à passer la barrière d’espèce et trouvent de nouveaux hôtes dépourvus de toutes défenses immunitaires.
    C’est la fête du slip.
    Et comme les humains ont pour « tradition » la libre circulation des personnes et des biens (surtout des biens, business oblige) par des moyens de transports permettant de faire le tour de la planète en une journée, avec des « hubs » permettant de « faciliter le commerce » les pathogènes se retrouvent libérés très rapidement et en masse dans toutes les zones sous influence humaine.

    Si on ajoute à ceci la propension des humains à s’agréger dans des métropoles tentaculaires, pas besoin de faire un dessin.

    Trois solutions s’offrent aux humains :
    – Ne plus empiéter sur les espaces naturels et foutre la paix à leurs habitants ancestraux.
    – Désinfecter totalement ces zones (éventuellement avec quelques « bombinettes à neutrons ») pour éviter les risques de contagion.
    – Continuer la colonisation en laissant se propager les pathogènes qui permettent de limiter le nombre de parasites inutiles incapables de traverser la rue pour trouver un emploi.

    Connaissant le grand respect moral des humains pour les autres espèces, la première solution est donc à écarter.
    De même, la seconde solution, bien que très séduisante, entraînerait des investissements totalement inacceptables par rapport aux profits qui pourraient être retirés de ces opérations.

    Il reste donc la troisième solution qui est de loin la meilleure car elle permet de diminuer « naturellement » le nombre de bouches inutiles à nourrir qui viennent voler le pain de la bouche des actionnaires…

      +0

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  • jean-pierre.georges-pichot // 11.06.2020 à 11h25

    Je suppose qu’il faudra une émotion américaine, seule susceptible de prendre le pas sur de bêtes règlements français, et même sur quelques directives bruxelloises qui leur sont supérieures mais ne résisteront pas à un agenouillement américain et quelques statues jetées à l’eau. Evidemment, il faudrait que le docteur Salomon et Mme Buzyn aient leur statue à Minneapolis. Je suggère une souscription.

      +8

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    • Allo // 12.06.2020 à 05h25

      Svp notez que c’est seulement le regard médiatique à changé. Cette émotion existait mais était invisibilisée.
      Espérons que cette émotion américaine n’arrive pas trop tard.

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  • LibEgaFra // 11.06.2020 à 15h02

    Religion ou autre, c’est le bourrage de crâne, les manipulations, les mensonges qui sont à l’oeuvre et ce n’est pas près de changer.

    Les pauvres chauve-souris n’y sont pas pour grand-chose hormis leur extraordinaire système immunitaires, car cela fait longtemps que les coronavirus circulent dans les laboratoires militaires.

    https://mrcircuspoliticus.files.wordpress.com/2018/06/pentagonne-laboratoire-map-1.jpg?w=810

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  • Garibaldi2 // 12.06.2020 à 04h11

    Regardez et écoutez ce que disait D.Raoult en 2006 sur notre impréparation à une épidémie due à virus respiratoire :

    https://www.ina.fr/contenus-editoriaux/articles-editoriaux/2006-didier-raoult-alertait-deja-sur-le-danger-d-une-epidemie-virale/

     »Par exemple, tous les ans, il y a des épidémies hospitalières de grippes, humaines ordinaires, qui ne sont pas contrôlées parce que notre capacité actuellement à contrôler la contagion des maladies respiratoires est mauvaise. Et vous le voyez au quotidien, on sait tous que la grippe est une maladie contagieuse, ce qui ne nous empêchent pas d’embrasser nos proches ou d’aller travailler quand on a la grippe et de contaminer les gens dans notre environnement. »

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    • VVR // 13.06.2020 à 21h18

      A noter que la réponse n’est pas médicale, c’est simplement quand on se sent malade d’avoir le bon sens d’essayer d’éviter les contacts et au moins de porter un masque en public. Parce qu’au niveau médical, contre un virus il n’y a pas grand chose a faire, si ce n’est attendre que le corps s’en sorte tout seul.

      Le comportement actuel du français moyen, c’est de vous faire la bise avant de parler du petit dernier qui a vomi toute la nuit ou de sa petite forme parce qu’il a « attrapé froid ». Et bien sur le petit en question va être gardé par la grand-mère, ça lui fait tellement plaisir.

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