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4.juillet.20214.7.2021 // Les Crises

Élection volée : La fabrication d’un mythe américain

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Russel J. Ramsland Jr. a vendu de tout, depuis de la cuisine Tex-Mex jusqu’à des techniques de luminothérapie. Finalement, il en est arrivé à vendre l’idée du vol du résultat de l’élection de 2020 au détriment de Trump.

Source : WashingtonPost
Traduit par les lecteurs du site Les-Crises

Les éléments clés de l’affirmation sans fondement, qui prétend que l’élection de 2020 a été volée au Président Donald Trump ont pris forme ici dans un hangar d’avion deux ans plus tôt, défendus par un homme d’affaires républicain qui a vendu de tout, depuis de la cuisine Tex-Mex à Londres jusqu’à une technologie de bien-être qui fait passer de la lumière à l’intérieur du système sanguin humain.

Au moment où les réunions débutaient fin 2018, alors que les républicains se remettaient de leur échec aux élections de mi-mandat au Texas et dans tout le pays, Russel J. Ramsland Jr. et ses acolytes ont présenté à un parterre conservateur de législateurs, de militants, et de donateurs des arguments inquiétants sur le vote électronique.Les réunions d’information dans le hangar revêtaient un aspect clandestin.

Les invités étaient priés de laisser leur téléphone portable à l’extérieur avant de se rassembler dans une pièce sans fenêtre. Un membre de l’équipe de Ramsland prétendant être un « whitehat hacker » [Un white hat est un hacker éthique ou un expert en sécurité informatique qui réalise des tests d’intrusion et d’autres méthodes de test afin d’assurer la sécurité des systèmes d’information d’une organisation. Par définition, les « white hats » avertissent les auteurs lors de la découverte de vulnérabilités, NdT] s’est identifié sous son seul nom de code.

Ramsland, candidat vaincu au Congrès, titulaire d’un MBA d’Harvard, a avancé une affirmation qui semblait fondée sur des preuves : les journaux d’audit des machines à voter – des lignes de codes et d’horodatages documentant les activités des machines – indiquaient une manipulation des votes. Dans le hangar réaménagé qui servait de bureaux à sa société, au bord d’une piste d’atterrissage municipale à l’extérieur de Dallas, Ramsland a tenté de persuader les candidats républicains recalés de contester les résultats de leurs élections et de forcer la publication de données supplémentaires qui pourraient prouver la manipulation.

« Il nous fallait trouver le bon candidat » a déclaré Laura Pressley, une ancienne alliée de Ramsland, qui, deux ans plus tôt, avait vu la propre réclamation qu’elle avait portée concernant l’indication d’une fraude démontrée par les journaux d’audit rejetée par les tribunaux. « Il nous fallait trouver quelqu’un qui savait qu’il avait gagné. »

Il a essayé de convaincre Don Huffines, sénateur d’état au Texas. Huffines a refusé. Il a essayé de convaincre Pete Sessions, représentant républicain du Texas. Sessions a refusé.

Aucun candidat n’a accepté de porter contestation pour l’élection, et l’idée d’une manipulation généralisée des votes est resté quelque chose de politiquement à la marge jusqu’en 2020, lorsque les affirmations de Ramsland ont été reprises par des alliés influents de Trump. Le président lui-même en a accéléré la diffusion au sein du courant dominant du Parti républicain, alors qu’il s’accrochait à une série d’idées sans fondement pour expliquer sa défaite de novembre.

Le mythe persistant du trucage de l’élection de 2020 n’a pas été l’affirmation d’une seule personne. Il s’agissait de nombreuses affirmations, empilées les unes sur les autres, répétées par une kyrielle d’alliés de Trump. Voici l’histoire inédite qui relate l’origine du noyau de ces affirmations, des idées avancées non par des experts renommés ou des initiés ayant connaissance de systèmes de vote faussés, mais par Ramsland et d’autres militants conservateurs qui, dans une tentative chimérique, ont poussé une toute nouvelle société, Allied Security Operations Group, à essayer de trouver des preuves de fraude généralisée là où il n’y en avait pas.

Afin de dresser le tableau du rôle de cette société, le Washington Post a obtenu des courriels et des documents de la société et a rencontré 12 personnes ayant une connaissance directe des activités d’ASOG ainsi que des anciens fonctionnaires fédéraux et des assistants de Trump à la Maison-Blanche. Nombre d’entre eux ont parlé sous couvert danonymat pour aborder des sujets confidentiels ou par crainte de représailles. Trois personnes qui étaient présentes dans le hangar lors des réunions de 2018 ont parlé publiquement de ces rassemblements pour la première fois.

Fin 2019, les inspections d’ASOG étaient allés au delà des journaux d’audit. Entre autres affirmations, Ramsland reprenait l’idée effarante que les logiciels électoraux utilisés aux Etats-Unis provenaient du Venezuela et affirmait que des acteurs malveillants pouvaient clandestinement manipuler les votes à une grande échelle. A l’approche de l’élection de 2020, d’après les documents obtenus et les entretiens réalisés, Ramsland a informé confidentiellement des législateurs du Parti républicain à Washington et rencontré des responsables du Département de la Sécurité intérieure.

Selon un document qu’ASOG a remis à des responsables gouvernementaux, et que le Washington Post s’est procuré, les inspections de la société avaient déjà coûté plus d’un million de dollars avant l’été dernier. Pressley a déclaré que Ramsland avait cherché à obtenir des fonds auprès de donateurs républicains dont les fortunes ont été faites dans les industries du pétrole, du gaz et de la fracturation.

Le Washington Post a découvert qu’après l’élection du 3 novembre, Ramsland et d’autres personnes associées à ASOG ont joué un rôle clé dans la diffusion des allégations de fraude, l’ampleur de celles-ci n’est pas vraiment reconnue. Elles ont été diffusées par Louie Gohmert, représentant républicain du Texas et allié fidèle de Trump, qui avait été informé par ASOG. Les affirmations de Ramsland ont été ensuite incorporées dans le procès « kraken » [ La métaphore de la bête légendaire, kraken – portée notamment par l’avocate Sidney Powell écartée de l’équipe juridique de Donald Trump – désigne un événement censé venir prouver que les démocrates ont fraudé à la présidentielle,NdT] intenté par l’avocate conservatrice Sidney Powell le Washington Post a appris que cette dernière avait également été informée deux ans plus tôt par ASOG et diffusées publiquement par Rudolph W. Giuliani, alors avocat personnel de Trump, alors que les républicains essayaient de faire annuler la victoire de Joe Biden dans les États clés.

Selon d’anciens collaborateurs de la Maison Blanche, Trump s’est efforcé durant cette période de démontrer que l’élection avait été truquée. Il écoutait « littéralement n’importe qui » ayant une théorie à ce sujet, selon les mots d’un ancien haut fonctionnaire de l’administration.

Parmi ces voix, il y avait les personnes du réseau de Ramsland.Au lendemain de l’élection, Trump était entouré des personnes répétant les affirmations de Ramsland… et qui cherchaient à invalider l’élection, Trump lui-même adhérait à certaines de ces idées.

L’idée que l’élection a été volée a pris racine et demeure convaincante pour des millions d’Américains. Bien que le Département de la Sécurité intérieure de l’administration Trump, ait lui-même affirmé que l’élection était « la plus sûre de l’histoire des États-Unis », les sondages ont constamment montré qu’environ un tiers des Américains dont une majorité de républicains pensent que Trump a perdu à cause de la fraude. Un sondage interne réalisé par la National Republican Senatorial Committee en mars a révélé que parmi les républicains qui croyaient que l’élection avait été volée, près de la moitié ont déclaré que les machines à voter piratées sont en partie à blâmer et 8 % supplémentaires ont déclaré que celles-ci ont été la principale source de la fraude.

Les accusations de fraude ont sapé la confiance des citoyens dans le processus électoral, ont servi de motivation à la législation visant à restreindre l’accès aux bureaux de vote dans des dizaines d’États, et incité les sociétés Dominion Voting Systems et Smartmatic à intenter des procès de plusieurs milliards de dollars. En fin de compte, la propagande conspirationniste a en partie inspiré la prise d’assaut du Capitole le 6 janvier.

Dans un échange de courriels avec le Washington Post, Ramsland, 68 ans, a confirmé qu’ASOG a fourni des informations à Powell et Giuliani, mais a affirmé qu’il n’avait jamais lui-même parlé à Trump et que la société a été « l’une des nombreuses voix » ayant exprimé des inquiétudes quant aux vulnérabilités du système de vote. Il a souligné que la sécurité des élections est une préoccupation de longue date au sein du paysage politique américain et que beaucoup d’autres personnes avaient « atteint des conclusions similaires concernant les irrégularités du système de vote ».

Par l’intermédiaire d’un avocat, Powell a confirmé qu’elle avait rencontré Pressley, mais n’a pas répondu aux questions sur le lieu de la rencontre ou sur son travail avec Ramsland. Giuliani et son avocat n’ont pas répondu aux messages invitant à commenter. Gohmert n’a pas souhaité commenté ses relations avec Ramsland.

Par l’intermédiaire d’un porte-parole, Trump a décliné une demande d’interview.

Pressley, 58 ans, déclare qu’elle et Ramsland s’étaient brouillés en partie à cause de l’utilisation qu’il avait faite de l’analyse des données électorales qu’elle avait réalisée et de ses soupçons sur les motivations financières ou partisanes de Ramsland. Elle estime que Ramsland n’a pas fourni les preuves de ses affirmations concernant l’élection de 2020 et craint que ces affirmations ne remettent en cause des questions légitimes sur l’intégrité du vote aux États-Unis. « J’en ai le cœur brisé » a récemment déclaré Pressley, évoquant pour la première fois en détail le rôle d’ASOG durant un entretien de trois heures mené près d’Austin.

Dans les courriels adressés au Washington Post, Ramsland qualifie Pressley de « peu fiable » et déclare qu’ASOG a cessé de faire des affaires avec elle « en raison de son manque d’expérience technique et de son incapacité totale à comprendre le travail d’enquête électronique ». Il estime que Pressley avait une vision limitée du travail effectué par ASOG, ajoutant que « notre cyber-équipe était déjà allée bien au-delà des simples données et analyses des journaux d’audit qu’elle avait initialement apportées à ASOG ».

Après l’élection, de nombreuses personnes et organisations ont affirmé avoir des preuves mettant en doute la victoire de Biden. Mais le rôle de Ramsland et d’ASOG était unique, déclare Matt Masterson, un ancien cyber-expert américain ayant dirigé une équipe chargée de suivre l’intégrité de l’élection de 2020 pour le Département de la Sécurité intérieure.

Selon Masterson, à plusieurs reprises et à des moments clés, ASOG a été la source de bribes d’informations inexactes ayant façonné la perception du public. Certaines des idées mises en avant avaient déjà circulé auparavant, dit-il, mais celles-ci ont été renforcées par l’influence et les relations de Ramsland et des personnes l’entourant – et par l’autorité dégagée par la société.

« Ce n’était pas seulement le fait que le président tweete sur leurs affaires. C’était toutes ces petites pépites et tout ce grain qu’ils ont fournis ou qui leur ont été cités dans les témoignages ou les dossiers du procès ‘kraken. Cela conférait l’apparence d‘une réalité et d’une importance à quelque chose qui n’en avait pas », déclare Masterson, qui n’avait pas encore discuté publiquement du rôle d’ASOG. « C’était du style : « Regardez, ce sont des professionnels. … Ils ont acquis une expérience militaire. Et regardez ce qu’ils ont trouvé« . À tous ceux qui voulaient faire pression et croire au mensonge, ils ont donné quelque chose à quoi s’accrocher. »

Convaincue de l’existence d’une fraude

L’adoption du vote électronique est née de la débâcle de 2000, lorsque les bulletins de vote mal poinçonnés et autres bulletins de vote en papier difficiles à interpréter ont brouillé l’issue de la course à la présidence, ce qui a dégoûté de nombreux Américains de la technologie analogique que le pays utilisait depuis des décennies.

Deux ans plus tard, le Congrès a adopté la loi Help America Vote Act, consacrant des milliards de dollars à la modernisation des élections américaines. A travers le pays, cela a encouragé les juridictions à remplacer leurs anciennes machines de vote par de nouveaux systèmes numériques.

Il en a résulté un investissement massif dans des machines à voter sans papier et à écran tactile, également appelées machines à voter électroniques à enregistrement direct (DRE voting machine), que les États ont fini par considérer comme plus simples, moins chères, et plus accessibles aux personnes en situations de handicap.

« Il y avait déjà des machines à voter électroniques auparavant, mais c’est ce qui a permis de leur ouvrir grand les vannes », déclare Matt Blaze, professeur de droit et d’informatique à l’Université de Georgetown travaillant sur la technologie et la sécurité des élections.

Blaze et d’autres experts ont averti sur le fait que les machines à voter électroniques à enregistrement direct amènent de nouveaux risques en matière de sécurité : sans trace écrite fiable, il n’y a aucun moyen de vérifier si les machines ont enregistré avec précision les intentions des électeurs.

Alors que les inquiétudes liées à cette vulnérabilité augmentaient, un nombre croissant d’États et de localités ont commencé à exiger que les machines à voter laissent une trace sur papier. Aujourd’hui, la plupart des électeurs remplissent leur bulletin de vote à la main, ceux-ci sont ensuite scannés et comptabilisés par une machine. Certains électeurs utilisent des machines à écran tactile qui impriment une copie des choix de l’électeur. Quelques-uns votent encore sur des machines sans papier.

Selon Blaze et d’autres experts, il n’y a jamais eu de cas documenté de vol d’une élection américaine par piratage informatiqueLes inquiétudes concernant la sécurité du vote électronique continuent cependant de couver, y compris parmi les experts. Selon eux, le fait que certaines machines contiennent des modems pour simplifier la communication des résultats et que ces machines restent parfois connectées à Internet pendant de longues périodes n’arrange pas la situation.

Ce sont les machines à voter électroniques à enregistrement direct, et lincapacité intrinsèque de pouvoir vérifier les résultats, qui ont persuadé Pressley que sa victoire pour un siège au conseil municipal non partisan d’Austin en 2014 avait été volée. En tant que candidate, Pressley a déclaré aux électeurs qu’elle avait grandi dans les environs de Dallas, qu’elle était fille d’un encanteur de bétail. Elle a précisé être arrivée à Austin deux décennies plus tôt en tant que mère célibataire pauvre ayant réussi contre toute attente. Elle a obtenu un doctorat en chimie de l’Université du Texas à Austin, travaillé pendant 17 ans dans l’industrie des semi-conducteurs, et était propriétaire d’une entreprise qui vendait de l’eau de pluie embouteillée.

Sa campagne s’est écroulée quand on a découvert qu’elle avait auparavant participé à Infowars, le site web d’extrême-droite dirigé par le complotiste Alex Jones, et à une autre occasion, qu’elle avait déclaré que des données prouvaient que des explosifs militaires avaient été placés à l’intérieur des tours jumelles le 11 septembre 2001. Ces commentaires ont conduit le quotidien Austin American-Statesman à lui retirer son soutien (Pressley a déclaré au Washington Post qu’elle n’avait « aucune opinion » quant à savoir si oui ou non des avions avaient abattu le World Trade Center).

La course électorale n’était pas serrée : son adversaire, un organisateur communautaire, l’a battue avec une marge de près de 30%. Pressley ne pouvait pas le croire.

« Je savais tout au fond de moi que j’avais gagné », a-t-elle récemment déclaré lors d’un rassemblement d’agents des forces de l’ordre, à l’extérieur de Houston, à l’occasion de l’un des centaines de discours qu’elle a prononcé sur cette affaire, « et j’ai acquis la certitude qu’il y a eu une fraude ».

Un nouveau décompte des voix a confirmé sa défaite. Mais presque tous les votes avaient été faits sur des machines à voter électroniques à enregistrement direct, et Pressley a continué d’être sceptique.

Elle a porté l’affaire devant les tribunaux.

Entre autres preuves, Pressley a cité un journal d’audit contenant neuf cas où une machine fabriquée par la société Hart InterCivic a enregistré un événement comme « Invalide/Corrompu ». Elle a affirmé que ces irrégularités et d’autres présumées signifiaient que le véritable résultat de l’élection était impossible à déterminer.

Un juge de l’État a rejeté l’affaire avant le procès et l’a condamnée, ainsi que son avocat, à une amende pour avoir intenté un procès abusif. Pressley a fait appel et un panel de trois juges a confirmé en 2016 la décision de la juridiction inférieure.

« Pressley n’a produit aucune preuve démontrant que les messages d’erreur « Invalid/Corrupt » avaient eu pour conséquence des votes légaux non comptabilisés, avaient eu pour conséquence des votes illégaux comptabilisés, ou ont autrement affecté le résultat de l’élection », a constaté le panel de la Cour d’appel du Texas, ajoutant que le propre témoin expert de Pressley a déclaré que la signification des neuf messages d’erreur était « inconnue ».

« Ce type de témoignage d’expert est basé sur l’incertitude et la simple spéculation et est donc peu fiable et non pertinent », a déclaré le panel.

Pressley a ensuite fait appel devant la Cour suprême du Texas, qui a déclaré qu’il était trop tard pour reprendre ses accusations sous-jacentes de fraude mais a estimé que celles-ci n’étaient pas abusives, et ont donc supprimé les amendes. Son témoin expert avait déclaré que des clés USB falsifiées qui contenaient des données de bulletins de vote « pourraient » nuire à la crédibilité du décompte des voix, a ajouté la Cour. Afin d’éviter les amendes, la Cour a déclaré : « Pressley a seulement besoin d’avoir une base factuelle pour sa réclamation […] et pas d’une preuve qui soit éventuellement recevables. »

Hart InterCivic a déclaré au Washington Post que les messages d’erreur n’ont pas eu d’incidence sur le décompte des voix et que « les résultats de l’élection ont été enregistrés et communiqués avec exactitude ». Selon la société, les messages d’erreur indiquent une connexion défectueuse entre les clés USB et les appareils qui les identifient – un incident qui peut être corrigé en reconnectant simplement la clé et en essayant à nouveau.

A partir de 2018, Pressley était devenue une critique acerbe des systèmes de vote électronique n’ayant aucune trace écrite. Elle a fondé True Texas Elections et recruté des observateurs de scrutin dans plus d’une douzaine de comtés afin de rechercher des preuves de fraude lors des primaires de l’État du Texas en mars 2018. Elle a par la suite déposé une plainte auprès du Procureur général de cet Etat, Ken Paxton (républicain), prétendant que les votes démocrates pourraient avoir été minorés.

Le soir de l’élection de novembre 2018, les observateurs bénévoles ont obtenu des journaux d’audit générés par les machines à compilation centrales du comté de Dallas, au fur et à mesure que celles-ci comptabilisaient les votes. Certains avaient été réalisés sur des machines à voter électroniques à enregistrement direct fabriquées par Election Systems and Software (ES&S), la plus grande société de machines à voter du pays. Les journaux de ce type enregistrent toute une série d’activités et peuvent être difficiles à interpréter pour quiconque n’est pas familier avec le logiciel concerné.

Dans une déclaration, ES&S a affirmé que son matériel de vote a été soumis à des milliers d’heures de tests indépendants et que son degré de fiabilité a été vérifiée par des audits et autres examens.

En parcourant les journaux d’audit, Pressley est cependant restée focalisée sur des mots spécifiques: « Téléchargé, supprimé, remplacé », indiquaient ces journaux, encore et encore.. Elle en est rapidement arrivée à soupçonner que ces journaux d’audit étaient eux aussi une véritable mine d’information sur des changements subreptices de vote.

Quand quelqu’un dit : « Je connais un type »…

Allied Special Operations Group, le nom originel de la société, était initialement conçue comme un guichet unique pour les gouvernements et les entreprises clientes à la recherche de cybersécurité, de protection physique, et de services de renseignement sophistiqués d‘open source, ont déclaré au Washington Post Ramsland et d’anciens employés. La société a été créée en juin 2017 par Adam T. Kraft, un ancien haut fonctionnaire de l’Agence du renseignement de la défense. Kraft était le Directeur général de la société, qui était basée dans sa maison située au sein d’un lotissement, au nord de Fort Worth. Kraft s’est refusé à tout commentaire concernant ce reportage.

Une première vidéo promotionnelle décrivait ASOG comme « un groupe de professionnels hautement qualifiés qui ont tout vu » et soulignait les antécédents de certains membres de l’équipe en matière de renseignement. « Quand quelqu’un dit « Je connais un type« , il parle d’ASOG » dit le narrateur, précisant que le personnel d’ASOG a pris part à des styles de missions « que beaucoup d’entre nous ne voient que dans les films ».

Selon les registres de l’Etat, quelques mois après avoir déposé les documents nécessaires à la création de la société, Kraft a été rejoint par un petit trio de collaborateurs.

Alvan « Locke » Neely, un agent des services secrets à la retraite ayant servi dans l’administration Ford, est devenu le chef des opérations d’ASOG.

J. Keet Lewis a été nommé vice-président de la stratégie d’ASOG. Lewis a siégé au comité exécutif du Council for National Policy (CNP), une organisation qui se trouve à Washington et qui, depuis des décennies est un centre de réseautage pour les puissants activistes et donateurs conservateurs.

D’après sa biographie qui figure dans les documents de la Securities and Exchange Commission, Lewis a été consultant pour des projets énergétiques internationaux et a participé au développement du Skimmer Basket Buddy, un outil d’entretien breveté pour les piscines. Il n’a pas répondu aux messages sollicitant ses commentaires.

Ramsland, qui à cette époque était également membre du CNP, est devenu le directeur financier d’ASOG. Ce fils et petit-fils de magnats du pétrole de l’ouest du Texas vivait avec sa femme dans le quartier Preston Hollow de Dallas, où habitent l’ancien président George W. Bush et le propriétaire des Mavericks de Dallas, Mark Cuban.

Ramsland avait suivi un parcours professionnel inhabituel, parmi lequel des activités d’investissements bancaires, de l’expertise-conseil sur un projet d’exploitation bovine dans le Pacifique Sud, et des collaborations avec la NASA sur un projet de culture de cristaux dans l’espace. Selon les registres de l’Etat, il possédait également des intérêts pétroliers et gaziers au Texas, en Oklahoma et au Nouveau-Mexique.

Selon des documents commerciaux enregistrés en Floride, Lewis et Ramsland ont plus tard siégé ensemble au conseil d’administration de Photonx, une société qui, selon son site Web, utilise différentes longueurs d’ondes de lumière « pour traiter des maladies pathogènes et chroniques spécifiques ». (Ramsland a déclaré au Washington Post que, sous sa forme actuelle, le dispositif de Photonx « ne prétend pas formellement guérir les maladies »).

D’après une boîte aux lettres située devant le hangar d’Addison et selon un panneau visible par les visiteurs à la porte d’entrée, Photonx dispose à présent de bureaux à l’intérieur du hangar.

Ramsland était un homme de « chiffres et de schémas », a déclaré Gene Street, qui s’est associé avec lui dans les années 1990 pour créer le restaurant de Londres qui, selon le curriculum vitae de Ramsland, obtenu par le Post, était « le restaurant Tex-Mex le plus rentable d’Europe ».

« Si vous aviez besoin de savoir où allait un seul centime, il était le gars qui pouvait vous le dire », déclare Street.

Ramsland avait fait des dons pour les campagnes de nombreux républicains, dont Trump et le sénateur Ted Cruz, selon les dossiers de financement de campagne. Il s’était également présenté lui-même aux élections en défiant le représentant Pete Sessions lors de la primaire républicaine de 2016, en tant que membre du Tea party, le courant conservateur sur le plan fiscal qui s’était formé en opposition au programme du président Barack Obama. Une campagne publicitaire montrait Ramsland portant un chapeau de cowboy et tirant avec son fusil sur des cartons étiquetés « frontières ouvertes » et « Obamacare. ». Ramsland a perdu par près de 38%.

Selon une vidéo analysée par le Washington Post, quelques semaines avant de rejoindre ASOG, Ramsland s’est adressé à une association conservatrice en tenant des propos truffés d’affirmations extravagantes. Ramsland a notamment qualifié l’attaque meurtrière de 2012 contre un avant-poste américain à Benghazi (Libye) d’ « opération de l’État profond » et retracé l’origine de l’ « État profond » à une collaboration remontant à la Seconde Guerre mondiale et impliquant Prescott Bush, père de l’ancien président George H.W. Bush, les Frères musulmans, et le financier libéral George Soros – né en 1930 et donc pas encore adulte à l’époque.

Dans les premiers travaux d’ASOG on compte la recherche de renseignements sur un groupe de ressortissants chinois pour le compte d’un milliardaire chinois en exil, associé de Stephen K. Bannon, l’ancien conseiller de Trump, et sur la fourniture de détails sur la protection des VIP aux États-Unis et à l’étranger, une spécialité que Neely a rapportée de son expérience au sein des services secrets.

À l’automne 2018, l’influente collectrice de fonds républicaine texane JoAnn Fleming a exhorté Ramsland et Pressley à unir leurs forces, a déclaré Pressley au Washington Post. Ramsland a rapidement réorienté les efforts d’ASOG vers la sécurité des élections. Fleming n’a pas répondu aux messages sollicitant une réaction.

Neely a déclaré avoir quitté son poste au sein de la société lorsque les ressources ont été orientées vers la sécurité des élections.

« Mon objectif était et a toujours été la protection et les enquêtes », a-t-il déclaré lors d’une brève interview devant sa maison en banlieue de Dallas. « Ils allaient dans une direction totalement différente – ils y déversaient toutes leurs ressources, et ce n’était tout simplement pas mon truc. »

Selon trois personnes ayant travaillé pour ou avec la société à l’époque, les relations entre Ramsland et Kraft se sont également tendues. Selon elles, Kraft a finalement quitté la société sous la pression.

« Il fallait que ça aille jusqu’à Trump »

En novembre 2018, les républicains texans étaient sous le choc de leur défaite dans les urnes. Le candidat démocrate au Sénat, Beto O’Rourke, n’avait perdu que de justesse face à Cruz et la forte participation des démocrates avait coûté à Sessions son siège de longue date où il était représentant pour une partie de Dallas et de sa banlieue en croissance rapide, alors même que le parti récupérait des sièges dans les deux chambres de la législature de l’État. Certains républicains ont cherché des explications au-delà de l’apparente purge de Dallas.

Peu après, Pressley était dans le hangar, présentant ses théories sur une fraude électorale à Ramsland. « Russ était très excité. Ils l’étaient tous, dit Pressley. Je pense qu’ils ont vu là leur prochain gros coup. »

Selon Pressley, les e-mails, et autres documents fournis par son avocat, ASOG et Pressley ont commencé à chercher un candidat perdant qui accepterait de contester le résultat de l’élection et forcerait le comté de Dallas et ES&S à soulever le capot de leur technologie pour montrer si les votes avaient été manipulés.

Ils se sont tournés vers le sénateur d’État républicain Don Huffines, un riche promoteur immobilier dont la candidature à un second mandat à la législature du Texas venait de s’achever par une défaite, sa circonscription passant ainsi démocrate pour la première fois en près de quarante ans.Selon Pressley, quelques semaines après l’élection, Huffines était dans le hangar avec James E. « Trey » Trainor III, qui avait été nommé par Trump pour siéger à la commission électorale fédérale mais n’était pas encore confirmé par le Sénat. Trainor conseillait Huffines à l’époque.

Un courriel de Pressley à Ramsland. (Obtenu par le Washington Post)

Pressley a présenté son analyse des journaux d’audit et de leurs mystérieux messages « remplacés et supprimés », dit-elle. Elle ajoute que Ramsland a dit à Huffines qu’il était « horrifié » par les signes de fraude. Selon eux, contester le résultat et forcer les responsables à fournir les données des machines de vote pourrait prouver que le vote avait été manipulé.

Pressley a déclaré que Ramslan et elle ont attendu impatiemment la décision d’Huffines. Début décembre, il leur a annoncé qu’il ne contesterait pas sa défaite. « Nous étions tous prêts à nous lancer. Nous avions quelqu’un qui allait financer la contestation et tout le reste », a-t-elle déclaré. « C’était désespérant. »

Huffines n’a pas répondu aux sollicitations de commentaires.

Dans une interview, Trainor confirme qu’une réunion s’est tenue avec Ramsland dans le hangar et déclare avoir conseillé à Huffines de ne pas contester les résultats. Selon la loi texane, les contestations d’élections sénatoriales d’État sont décidées par un vote du Sénat plutôt que par un juge. « Nous n’allions jamais réussir à convaincre les sénateurs que quelque chose de répréhensible s’était produit, que ce soit le cas ou non », a déclaré Trainor, ajoutant que certains républicains n’auraient peut-être pas soutenu une contestation qui aurait risqué de mettre le secrétaire d’État républicain dans l’embarras.

Selon Pressley et un ancien employé d’ASOG du nom de Joshua Merritt, ASOG a, durant cette période, informé un certain nombre de personnes dont Powell et Gohmert. Pressley a précisé que Powell l’avait approchée après un briefing dans le hangar, lui avait donné sa carte de visite, et avait qualifié son analyse du journal d’audit de preuve d’une fraude. Ramsland et Lewis étaient, dans le même temps, en train de s’efforcer d’inciter un autre candidat malchanceux à contester les résultats, à savoir Sessions, le membre du Congrès écarté.

Lewis a appelé un donateur de Sessions et a laissé un message vocal laissant entendre que la course électorale de Sessions avait été volée. Le donateur a transmis le message à Carolyn Malenick, bénévole travaillant pour Sessions. Dans les jours qui ont suivi, Sessions prenait un avion à Washington pour se rendre au Texas pour une petite visite au hangar, selon Malenick, qui l’a rejoint là-bas.

Une invitation pour une réunion fixée au 14 décembre 2018 montre que Ramsland, Lewis et Pressley faisaient partie des personnes attendues, ainsi que Fleming, le collecteur de fonds conservateur qui, selon Pressley, l’avait mise en relation avec Ramsland.

Une invitation aux fondateurs et partisans d’ASOG à une rencontre avec le représentant Pete Sessions, le 14 décembre 2018, pour un briefing sur la fraude électorale présumée. (Obtenu par le Washington Post)

Selon Malenick, l’animateur de talk-show conservateur Kevin Freeman était également présent.

Pressley a expliqué qu’elle avait présenté un diaporama dont la première diapo était une photo de Joseph Staline accompagnée d’une citation attribuée au dictateur russe : « « Je considère que savoir qui votera dans le parti et comment n’a aucune importance ; ce qui est extrêmement important , c’est de savoir qui comptera les votes et comment ».

Ramsland a ensuite pris la parole, il était accompagné du prétendu pirate informatique White Hat qui refusait de dévoiler son nom au public, selon Malenick. Ce dernier et Pressley ont précisé que ces deux hommes ont présenté un plan de 4 millions de dollars qui prévoyait la mise en oeuvre d’un « centre d’opérations » par ASOG afin de rechercher les irrégularités de vote.

Malenick, une collectrice de fonds républicaine de longue date, a déclaré au Washington Post qu’elle en était arrivée à penser que Ramsland trompait les donateurs.

Ramsland a déclaré au Washington Post que le centre était l’idée de Kraft et que les enquêtes concernant les élections coûtent cher. Il a assuré que Malenick avait « des problèmes avec la vérité », citant une procédure de la Commission électorale fédérale, dans les années 1990, qui l’avait condamnée à payer une amende de 5 000 dollars.

La date limite de certification des résultats étant proche, Pete Sessions a lui aussi décidé de ne pas contester officiellement les résultats de son élection, selon son frère et avocat Lewis Sessions.

En privé, Pete Sessions n’a pourtant pas laissé tomber l’affaire. Il a déposé une plainte confidentielle [ plaintes qui peuvent être déposées de manière anonyme ou en utilisant un faux nom (pseudonyme). Cela signifie que le plaignant peut demander que les informations personnelles fournies (comme le nom) ne soient pas révélées aux autres entités impliquées dans la plainte,NdT] auprès de Paxton, le Procureur général du Texas, mettant en cause « une variété de comportements légalement discutables » dans le vote du comté de Dallas.

Fournie au Washington Post par Lewis Sessions, la plainte comprend une déclaration sous serment de Pressley dans laquelle elle affirme que ses observateurs de scrutin déclarent avoir été traités avec hostilité et avoir vu un agent électoral utiliser un ordinateur portable connecté à Internet. Elle a aussi énuméré des messages du journal d’audit – où on trouve les termes « remplacé » et « non concordance du tampon horaire » – qu’elle considère suspects.

Le 31 janvier 2019, Pressley a présenté ses conclusions à Paxton lors d’une réunion dans un bureau d’Austin utilisé par Ramsland, dit-elle. Des courriels qu’elle a échangés avec Ramsland attestent des préparatifs de la réunion.

Mais encore une fois, cette tentative a échoué.

Ramsland a déclaré dans les médias qu’ASOG a apporté des informations au bureau de Paxton et demandé un examen plus approfondi. Il est difficile de savoir s’il faisait référence à la plainte de Pete Sessions et au briefing de Pressley ou à une plainte distincte, d’autant plus que Ramsland n’a pas répondu aux messages demandant des éclaircissements. Il a déclaré au Washington Post qu’il pense désormais que le bureau de Paxton ne dispose pas des ressources financières et du « niveau d’expertise technique et de sophistication » nécessaires à une enquête sérieuse.

Dans une déclaration, le bureau de Paxton affirme : « Nous prenons au sérieux toute accusation crédible de fraude. En l’espèce, après une enquête approfondie menée par notre bureau avec l’aide d’experts en systèmes électoraux, d’experts en cybersécurité et du FBI, nous avons constaté que dans ce cas précis, les allégations étaient invérifiables et un audit des registres de votes a confirmé le résultat de l’élection. »

Juridiquement, les allégations de fraude à Dallas en 2018 étaient pratiquement dans une impasse, déclare Pressley.

Avec Pressley à la remorque, Ramsland a lancé une collecte de fonds éclair en se rendant dans les ranchs et les domaines de quelques uns des plus riches bailleurs de fonds conservateurs du Texas. Ramsland a dit aux donateurs potentiels que leur argent servirait à soutenir les contestations juridiques pour assurer l’intégrité des élections avant l’élection de 2020, a déclaré Pressley. « Il s’agissait toujours d’hameçonner Trump – précisant que leur gars était susceptible de perdre », a ajouté Pressley.

Pressley a déclaré qu’au début du mois de février 2019, elle a accompagné Ramsland à Midland pour présenter son analyse des journaux d’audit à Charles Richard « Dick » Saulsbury, donateur ayant fait fortune dans les travaux d’ingénierie liée aux secteurs du pétrole et du gaz. À Cisco, ils ont rencontré Farris et Jo Ann Wilks, dont la richesse provient de la vente d’une entreprise familiale de fracturation.

Un courriel de Ramsland adressé à Pressley, le 30 janvier 2019. (Obtenu par le Washington Post)

Pressley a déclaré que des promesses de dons allant jusqu’à 700 000 dollars avaient été envisagées. Le Washington Post a récupéré une correspondance dans laquelle Ramsland mentionne Saulsbury comme un bailleur de fonds potentiel tandis que Pressley y fait référence à une « réunion des investisseurs de Wilks ».

Saulsbury n’a pas répondu aux questions posées par l’intermédiaire d’une porte-parole. Joint brièvement par téléphone, Farris Wilks a déclaré qu’il ne se souvenait absolument pas avoir donné de l’argent à Ramsland et a raccroché.

Ramsland a déclaré que ni les Wilks ni les Saulsbury n’étaient des donateurs. Malenick et un ancien employé d’ASOG ont eux déclaré que la société avait cherché à l’époque à lever des capitaux en vendant des titres de propriété. Ramsland n’a pas répondu à une question supplémentaire sur le fait que les Wilks ou les Saulsbury étaient des investisseurs.

Pressley, une républicaine ayant fait des dons à des candidats des deux grands partis, a déclare qu’elle a commencé à avoir des doutes concernant les motivations politiques ou financières, ou les deux, de Ramsland, en particulier quand, en février 2019, celui-ci est allé présenter les recherches de cette dernière à des habitués de Washington, mais en l’excluant.

« Je ne pense pas qu’il voulait que je sois présente et que j’entende ce qu’il disait », déclare Pressley. « Tout ce qu’il faisait… avait pour but d’arriver jusqu’à Trump. C’était l’idée qu’il poursuivait, atteindre Trump. »

La société de Pressley, True Texas Elections, a demandé un contrat de consultation à ASOG en février 2019, mais cela ne s’est jamais concrétisé. Alors que, selon leur correspondance,, leur relation se détériorait, Pressley a envoyé une lettre de mise en demeure à ASOG à la fin du mois de février, exigeant que Ramsland cesse d’utiliser ses propres recherches sans autorisation.

Ramsland a nié avoir essayé d’exclure Pressley des réunions de Washington et réfuté son accusation d’avoir exploité son analyse du journal d’audit. Il a ajouté qu’elle avait montré sa présentation à des dizaines de personnes sans la moindre clause de confidentialité ou mention de copyright. « Honnêtement, nous ne comprenons pas comment un projet visant à sauver le Texas et notre pays s’est transformé en une telle situation », a-t-il écrit dans une lettre analysée par le Washington Post. « Ce n’est pas seulement votre projet. C’est un travail d’équipe depuis le début. »

Ramsland fait passer le mot

Au fur et à mesure qu‘on avançait dans l’année 2019, Ramsland a décidé de porter son cas devant le public via l’émission de télévision en ligne Economic War Room animée par Freeman.

Selon les répertoires des membres mis en ligne par le groupe de surveillance Documented, Freeman était membre du Council for National Policy, tout comme Ramsland et J. Keet Lewis.

« Nous avons finalement décidé que si nous n‘arrivions pas à attirer l’attention du gouvernement sans en passer par l’opinion publique et la pression populaire, la meilleure personne à qui s’adresser serait Kevin », s’est rappelé plus tard Ramsland lors d’une table ronde dont l’enregistrement est disponible en ligne.

À la question de savoir si le CNP avait soutenu les efforts de Ramsland, le Directeur exécutif du groupe, l’ancien membre républicain du Congrès Bob McEwen pour l’Etat d’Ohio, a répondu : « Le rôle du CNP est de rassembler plusieurs organisations et particuliers. Et voilà ce qu’il fait. Il ne commandite pas de législations, pas plus qu’il ne s’y oppose. C’est pour les gens, les citoyens patriotes, une excellente possibilité de se réunir pour partager leurs préoccupations et leurs intérêts pour la sécurité de notre nation. »

Au cours d’une semaine d’échanges de courriels, Freeman a déclaré ne pas être disponible pour répondre aux questions sur sa présence à la réunion et son implication avec Ramsland.

Ramsland est apparu dans l’émission à plusieurs reprises en 2019 et 2020, dont au moins une fois avec un autre employé d’ASOG dont le visage était caché dans l’ombre et la voix modifiée. L’identité de l’employé a été gardée secrète pendant l’émission, Freeman l’appelant Jekyll, un « pirate White Hat ». Selon Pressley et Malenick, il s’agissait du même prétendu hacker qui avait accompagné Ramsland lors des réunions dans le hangar avec Sessions et d’autres gens.

Le Washington Post a rapporté que Jekyll était en fait Merritt, un ancien mécanicien de l’armée ayant étudié l’administration de la sécurité des réseaux après avoir quitté l’armée. En décembre, le Washington Post rapporte que, dans le cadre des poursuites judiciaires de Powell, les déclarations sous serment d’un prétendu « expert en renseignement militaire » utilisant le pseudonyme « Spider » étaient en fait rédigées par Merritt.

Merritt, ayant déclaré en décembre au Washington Post qu’il avait informé Powell et Gohmert, s’est refusé à tout commentaire pour ce reportage.

Tant Ramsland que Merritt ont dressé le portrait d’un système de vote entièrement poreux, largement ouvert, et piratable. Ramsland a fait une série d’affirmations très précises, déclarant que des pirates ou des opérateurs malhonnêtes pouvaient diriger les données de votes vers un emplacement éloigné, les modifier puis les « injecter », ou enclencher « une sorte de robot » afin de modifier les résultats sans que personne ne s’en aperçoive. Il a déclaré que des indications montraient que la manipulation des votes était déjà pratiquée et que toutes les grandes sociétés américaines de machines à voter étaient vulnérables.

Il a notamment affirmé que le code source initialement écrit par la société Smartmatic constituait la base de la plupart des logiciels électoraux utilisés aux États-Unis. Ramsland a souvent souligné, comme d’autres critiques, que les fondateurs de Smartmatic étaient vénézuéliens.

Des représentants d’ES&S, Dominion et Hart InterCivic, soit les trois plus grandes sociétés de machines à voter du pays, ont déclaré au Washington Post ne pas utiliser le logiciel de Smartmatic et ne pas accorder de licence pour celui-ci. Ils ont tous expliqué que le code logiciel de leurs compagnies n’était en aucune façon basé sur le code de Smartmatic, et Smartmatic a déclaré de son côté que son code n’était pas incorporé dans le logiciel d’autres compagnies.

Ramsland a déclaré au Washington Post que « de nombreux groupes cybernétiques » ont rapporté que différentes sociétés partagent des similitudes de code logiciel. Il n’a pas répondu aux questions lui demandant de nommer les cyber-groupes soutenant ses affirmations sur le code de Smartmatic.

Lors de ses apparitions médiatiques, Ramsland a aussi fait resurgir une ancienne affirmation sans fondement sur Scytl, une entreprise de technologie d’élection basée en Espagne qu’il a décrite comme une « entreprise quelque peu inquiétante » lors d’une apparition dans l’émission de Freeman. « Ils hébergent tous nos votes, et ils le font d’une manière peu sûre », a-t-il déclaré lors d’une autre apparition en septembre.

Le mois suivant, Ramsland a ajouté un élément nouveau en affirmant, lors d’un talk-show en ligne animé par la conservatrice Debbie Georgatos, que les votes des Américains étaient « détenus sur un serveur à Francfort en Allemagne ».

Scytl a déclaré ne pas avoir de serveurs à Francfort et que ses systèmes n’ont pas été utilisés pour comptabiliser ou « héberger » les votes des élections américaines. Dans un courriel, Ramsland a déclaré au Washington Post que « n’importe quel élève de quatrième ayant une connaissance raisonnable des outils de cyberinvestigation de type white hat » pouvait tracer les votes jusqu’à un serveur de Scytl à Francfort.

Selon Scytl, l’un de leurs produits est une plateforme utilisée par certains comtés pour afficher publiquement les résultats non officiels des votes en ligne le soir des élections. Après la fermeture des bureaux de vote, lorsque les résultats commencent à tomber, ceux-ci sont publiés en ligne par les médias et les gouvernements locaux et des états. Ces rapports non officiels du soir des élections dépendent de la transmission des décomptes, par les responsables locaux, à un système de publication. Dans certains comtés, ce système de publication est fabriqué par Scytl.

Ramsland a affirmé au Washington Post que l’utilisation par le comté de Dallas d’une telle plateforme Scytl montrait que des votes avaient été envoyés à l’étranger.

Harri Hursti, un expert en sécurité des données qui a passé des années à mettre en lumière les vulnérabilités de la technologie du vote électronique, a cependant déclaré que les affirmations de Ramsland sur le trucage des votes à l’étranger étaient absurdes. Même si un hacker pouvait manipuler les chiffres affichés en ligne, les votes concernés eux mêmes ne seraient pas affectés, déclare Hursti. Ceux-ci sont conservés séparément, à l’abri d’Internet, et constituent les résultats officiels de toute élection une fois comptabilisés et toute divergence vérifiée.

Selon Dan Webber, associé directeur de Nordic Innovation Labs, ASOG a payé à Nordic Innovation Labs, société d’Hursti un montant de 2 500 dollars en novembre pour un mémo de 18 pages expliquant l’histoire de Dominion, ses acquisitions commerciales, et les nombreux systèmes et machines que Dominion prend désormais en charge.

Hursti a déclaré qu’il pense qu’ASOG a ignoré les informations qu’il avait fournies dans le but de créer une histoire sensationnelle sur la fraude électorale. Ces affirmations sans fondement détournent désormais le temps et l’attention des problèmes réels de sécurité des élections, dit-il.« C’est contre-productif», déclare-t-il. Il y a tant d’autres choses qui nécessitent d’être corrigées. »

Sur cette même période, en 2019 et 2020, Ramsland tentait d‘attirer l’attention des gens initiés de Washington, un effort dans lequel Gohmert était également impliqué.

Gohmert a déclaré avoir, un an avant l’élection, donné à Trump des informations provenant d’un groupe « d’anciens membres des services de renseignement qui surveillaient l’élection dans le comté de Dallas » une description qui ressemble beaucoup à la façon dont ASOG se dépeint et le président a alors pensé qu’il s’agissait là d’« un véritable problème ». S’exprimant par podcast en novembre, Gohmert a réagi à ces informations en disant « La vache ».

En juillet 2020, ASOG a organisé un briefing de deux heures auprès de sept membres du House Freedom Caucus, a déclaré Ramsland au fondateur de MyPillow, Mike Lindell, pour son film sur la fraude électorale présumée. Ramsland a déclaré que les membres ont été « épouvantés » par ce que ASOG a présenté.

Cet été-là, ASOG a également contacté le comité sur la Sécurité intérieure et les Affaires gouvernementales puis s’est référé à la Cybersecurity and Infrastructure Security Agency (CISA), qui fait partie du Département de la Sécurité intérieure. La CISA a examiné un dossier d’information d’ASOG qui comprenait un document indiquant que le coût de l’enquête de la société avait dépassé le million de dollars. S’y trouvait également une déclaration sous serment de Pressley et plus de 40 pages consacrées à sa personnalité, à ses observations et à celles de ses observateurs quant au scrutin dans le comté de Dallas en 2018. Le Washington Post a obtenu ces documents.

Un extrait du « schéma de briefing d’introduction » d’ASOG de mai 2020 que l’entreprise a remis aux représentants du gouvernement. (Obtenu par le Washington Post)

Ramsland a déclaré que les responsables du Département de la Sécurité intérieure au Texas ont trouvé les informations d’ASOG convaincantes mais que les responsables du CISA à Washington étaient « trop occupés pour organiser un briefing » et n’ont accepté qu’un court appel.

Dans une déclaration, le Département confirme que ses fonctionnaires avaient parlé avec Ramsland et ses associés et « examiné les informations fournies et déterminé qu’il s’agissait de spéculations non exploitables ».

Une pression de tous les instants

Quelques heures après que les derniers votes aient été exprimés le 3 novembre, Trump réitérait les accusations qu’il faisait depuis des mois. « La population américaine est victime d’une fraude. C’est une honte pour notre pays », a déclaré Trump. « Nous nous préparions à gagner cette élection. Franchement, nous avons bel et bien remporté cette élection. »

Au cours des semaines qui ont suivi, Ramsland et d’autres personnes liées à ASOG ont joué des rôles clés dans la campagne de lobbying visant à persuader les Américains que l’élection de 2020 avait été truquée.

Ramsland et Lewis sont intervenus dans l’émission de Lou Dobbs sur Fox Business Network, affirmant que des preuves de fraude généralisée existaient. L’affirmation selon laquelle toutes les machines à voter américaines abritent secrètement un logiciel vénézuélien a été répétée par Giuliani et Powell lors de nombreuses apparitions dans les médias. L’affirmation selon laquelle les serveurs de Scytl à Francfort pouvaient être utilisés pour inverser les votes est devenue virale à droite après avoir été répétée par Gohmert.

Le 12 novembre, Gohmert a déclaré avoir dit à Trump que les données sur ces serveurs étaient essentielles pour faire la lumière sur la fraude.

« J’avais suggéré que le président pourrait obtenir des informations de Scytl », a déclaré Gohmert sur Newsmax, « et je lui ai envoyé la liste des éléments précis qu’il avait besoin d’obtenir afin de démontrer l’ampleur de la fraude. »

Le lendemain, Gohmert a déclaré à un groupe de prière virtuel que les données de Scytl montreraient « combien de votes ont été ont été transformés, passant de républicains à démocrates », affirmant qu’il avait appris tout cela de « certains de nos anciens membres des renseignements ».

Scytl a fermement démenti ces allégations. Dans une déclaration, la société a affirmé que ses produits n’ont pas été utilisés pour comptabiliser les votes des élections américaines et qu’elle « n’a même pas de bureaux à Francfort, pas plus qu’elle n’y possède de serveurs ou d’ordinateurs. »

Mais selon les archives de ses tweets supprimés, Trump a alimenté la théorie. Tard le soir, le 15 novembre, il a retweeté à ses millions de followers un clip vidéo de Ramsland disant dans une interview pré-électorale que les votes de 29 États avaient été acheminés via «un serveur à Francfort en Allemagne» et que c’est Scytl qui « contrôle et enregistre votre vote. »

Ramsland a également contribué aux poursuites judiciaires de Powell et pour celle intentée par L. Lin Wood Jr, un autre avocat pro-Trump, essayant de faire annuler la victoire de Biden. Le 18 novembre, une déclaration sous serment de Ramsland, longue de neuf pages, déposée auprès d’un tribunal fédéral dans le cadre de l’affaire de Wood en Géorgie, comportait une affirmation explosive : plusieurs circonscriptions du Michigan avaient enregistré plus de votes pour le président que le nombre estimé de votants.

L’affirmation de Ramsland a été amplifiée le lendemain par Giuliani et Powell, lors d’une conférence de presse au siège du Comité national républicain. Comme Ramsland, Powell a déclaré que le nombre de votes excédentaires dans certaines juridictions pouvait atteindre 350%.

L’affirmation dans la déclaration sous serment de Ramsland s’est rapidement effondrée après examen. Les circonscriptions qu’il citait se trouvaient en fait dans le Minnesota, une erreur que Ramsland a imputée à « mes gars » lors de ses échanges avec le Washington Post. Ramsland a déclaré que les chiffres du Minnesota montraient également un nombre excédentaire de votes, affirmation contredite par les résultats officiels.

Dans une interview, Wood a déclaré qu’il ne connaissait pas Ramsland et a renvoyé le Washington Post vers l’avocat qui le représentait dans cette affaire, Ray S. Smith III. Ce dernier a indiqué qu’une déclaration sous serment corrigée avait été déposée auprès du tribunal et s’est refusé à plus de commentaires.

Une autre déclaration sous serment de Ramsland fait état d’un taux de participation de 139% à Detroit — ce qui voudrait dire que le nombre de votes exprimés était supérieur au nombre d’électeurs. Les résultats officiels des élections à Detroit montrent qu’environ 258 000 des 506 000 électeurs inscrits ont voté soit un taux de participation d’un peu moins de 51%. Ramsland a ensuite déposé une déclaration sous serment indiquant que ses chiffres initiaux étaient basés sur des données qui étaient en ligne mais qui « n’existent plus pour des raisons inexpliquées».

Deux déclarations sous serment de Ramsland, déposées en Arizona, prétendaient révéler l’existence de plus de 100 000 votes illégaux dans cet État, en se basant à nouveau sur des taux de participation élevés, et suggéraient de procéder à des tests médico-légaux pour déterminer si des lots de faux bulletins avaient été exprimés en faveur de Biden. Ramsland a joint les CV de six « membres clés de son équipe » qui avaient selon lui participé à la préparation de ces documents. Le seul à être identifié par son nom était un ancien informaticien d’ASOG décédé un an plus tôt.

Ramsland et l’un de ses associés ont aussi joué les premiers rôles dans les « auditions » sur l’intégrité des élections que Giuliani et les législateurs du Parti républicain ont organisées en Pennsylvanie, Arizona, au Michigan, et en Géorgie. Ces séances avaient pour but de persuader les législateurs de prendre le contrôle du processus de certification des élections et d’exiger une enquête plus approfondie.

Phil Waldron, colonel de l’armée à la retraite, spécialisé dans les opérations psychologiques et aujourd’hui directeur d’une société de cybersécurité, a témoigné à chacune de ces auditions. Il a déclaré qu’il travaillait avec ASOG pour scruter les élections de 2020.

« Votre vote n’est pas autant en sécurité que votre compte Venmo » [Venmo est un service de paiement mobile appartenant à PayPal. Il permet aux utilisateurs de transférer de l’argent à d’autres utilisateurs du service via une application mobile,NdT], a conclu Waldron dans la salle de bal d’un hôtel de Phoenix, le 30 novembre, provoquant les murmures du public.

« Pardon ? Dites-moi ça encore une fois », a dit Giuliani.Waldron s’ est exécuté. Un clip vidéo de cet échange a été publié sur la page YouTube officielle de Trump.Waldron s’est refusé à tout commentaire pour ce reportage.

En décembre, Ramsland ouvrait les portes à toute personne désirant contester les résultats de l’élection. Il a mis Patrick Byrne, milliardaire et ancien Directeur général de l’entreprise de commerce électronique Overstock, en contact avec Powell, et Powell a mis Byrne en contact avec Giuliani, a déclaré Byrne au Washington Post.

Byrne subventionnait un groupe qu’il décrivait comme des cyber experts pour enquêter sur la fraude électorale. « En réalité, c’est eux qui se salissaient les mains, en piratant et en craquant les codes, pour ainsi dire », déclare Byrne dans un échange de courriels avec le Washington Post. Il ajoute que Ramsland, qui s’était rendu à Washington dans le cadre de cette initiative, « a fait office d’intermédiaire et de médiateur pour un grand nombre de recherches effectuées par d’autres intervenants et experts de notre réseau. »

Le 18 décembre, Trump a organisé une réunion désormais tristement célèbre de plusieurs heures à la Maison Blanche, au cours de celle-ci, Byrne, Powell et son client Michael Flynn, l’ancien conseiller à la sécurité nationale de Trump, ont essayé de convaincre le président de nommer Powell en tant qu’avocate extraordinaire pour enquêter sur l’élection, notamment en inspectant les machines à voter dans les comtés des États décisifs (swing states).

Trump n’a finalement pas nommé d’avocate extraordinaire.

Durant ce laps de temps, plusieurs avocats de la Maison Blanche ont entendu Trump faire des déclarations n’ayant aucun sens ou semblant « complètement délirantes », a déclaré un ancien haut fonctionnaire de l’administration, apprenant plus tard que celles-ci venaient d’un réseau composé, ainsi que le Washington Post l’a découvert, de Byrne, Powell et Ramsland.

Selon un document dont dispose le Washington Post, des conseillers sceptiques de Trump ont élaboré une liste de questions ciblées visant à déterminer s’il existait des preuves pour les revendications, dont beaucoup tournaient autour de Dominion. Selon ces personnes proches de l’ancien président, les preuves en question ne sont jamais apparues.

Byrne a déclaré au Washington Post que les responsables de la Maison Blanche ont « refusé de se pencher » sérieusement sur les revendications et que tant lui que ses partisans en sortiraient réhabilités.

ASOG a accès aux machines

Parmi tous les moyens par lesquels Ramsland a alimenté la thèse de l’élection volée, le plus préjudiciable a sans doute été un rapport d’ASOG sur les machines Dominion dans le comté rural d’Antrim, Michigan, a déclaré Masterson, le conseiller principal en cybersécurité qui était alors chargé des élections au Département de la Sécurité intérieure.

Le comté d’Antrim est devenu le lieu de prédilection pour des affirmations sans fondement sur les machines à voter Dominion lorsque, très tôt le matin du 4 novembre, les responsables du comté ont affiché des résultats non officiels montrant Biden gagnant de quelque 3 000 voixce qui semblait impossible dans une région traditionnellement conservatrice. Les responsables de l’élection ont rapidement reconnu l’erreur et l’ont qualifiée d’erreur humaine, ajoutant que l’incapacité d’un employé à mettre correctement à jour le logiciel avait conduit à un décompte inexact des votes. Les résultats définitifs ont montré que Trump avait gagné par plus de 3 000 voix.

Les alliés de Trump se sont emparés de cette erreur pour en faire la preuve de machines à voter truquées ou du moins défectueuses. La présidente du Comité national républicain, Ronna McDaniel, a affirmé lors d’une conférence de presse qu’un « problème logiciel majeur dans le comté d’Antrim » pouvait signifier que les résultats étaient erronés dans d’autres comtés qui utilisaient une technologie similaire. Trump a tweeté un article de Breitbart qui voulait lier le logiciel Dominion à l’erreur qui avait fait basculer Antrim « dans le camp bleu en faveur de Joe Biden » et aux « pépins » ayant retardé le vote dans deux comtés de Géorgie le jour du scrutin.

Le lendemain, Powell a déclaré sur Fox News que les problèmes informatiques avaient été « le lieu à l’origine de la fraude, lorsqu’ils inversaient les votes dans le système informatique ou ajoutaient des votes qui n’existaient pas ». Elle a demandé un audit « de tous les systèmes informatiques qui [] ont joué un rôle dans cette fraude, quels qu’ils soient.»

La demande de Powell concernant la vérification des machines à voter a été exaucée après qu‘un agent immobilier local, William Bailey, a déposé une plainte dans le comté d’Antrim, le 23 novembre, affirmant que l’élection avait été entachée de « fraudes ou d’erreurs matérielles ». Quatre jours plus tard, une équipe d’ASOG travaillant pour Bailey s’est présentée aux bureaux de trois municipalités d’Antrim et a demandé les registres des machines à voter Dominion.

Le 4 décembre, le juge Kevin A. Elsenheimer, un ancien dirigeant républicain de la législature du Michigan, a exigé que l’équipe d’ASOG ait à nouveau accès au matériel de vote du comté pour un examen criminalistique. La décision, qui offrait aux sceptiques du scrutin une rare occasion de pouvoir examiner les machines Dominion, a été applaudie par l’équipe de campagne de Donald Trump.

« UNE GRANDE VICTOIRE POUR DES ELECTIONS HONNÊTES », a déclaré Giuliani sur Twitter.

Jenna Ellis, une conseillère juridique en chef de Trump, a qualifié les enquêteurs d’ASOG de « notre équipe » sur Fox News. Ellis n’a pas répondu aux demandes de clarification sur la relation de l‘équipe de campagne de Trump avec ASOG.

L’équipe d’ASOG est retournée à Antrim le 6 décembre pour examiner le matériel électoral du comté. Le rapport d’ASOG du 13 décembre, signé par Ramsland, a fait des affirmations catégoriques sur une conspiration visant à truquer l’élection. Ce rapport affirme que les systèmes de Dominion ont été « intentionnellement et délibérément conçus » pour générer des erreurs dans les bulletins de vote puis pour transférer ces bulletins vers l’arbitrage électronique, où les scrutateurs pouvaient alors modifier les votes à foison sans aucune surveillance.

Le 14 décembre, le juge a autorisé la publication d’une version expurgée, le jour où les membres du collège électoral se sont réunis pour officialiser la victoire de Biden. Trump a tweeté à plusieurs reprises concernant ce rapport, affirmant que celui-ci exposait une « fraude massive » lui ayant coûté l’élection, et déclarant qu’Elsenheimer « devrait recevoir une médaille » pour l’avoir rendu public.

Le rapport d’ASOG affirme que les journaux d’audit des machines Dominion présentaient un « taux d’erreur » alarmant de 68%.

Ce prétendu taux d’erreur qu’ASOG a calculé en divisant le nombre de messages d’erreur apparents par le nombre total de lignes dans le journal d’audit – était « non significatif », selon une analyse de J. Alex Halderman, professeur d’informatique et d’ingénierie à l’Université du Michigan. Halderman, qui dans le cadre du procès, a examiné les résultats d’Antrim et le rapport d’ASOG à la demande du Secrétaire d’État et du Procureur général du Michigan, a écrit que les journaux d’audit enregistrent plusieurs lignes pour chaque bulletin scanné et que nombre de ces lignes sont des « messages d’avertissements ou des erreurs bénignes » n’ayant aucune incidence sur l’exactitude du décompte des machines.

Par exemple, dit-il, ASOG a semblé considérer l’avertissement « le bulletin a été inversé » comme une erreur indiquant que les votes avaient été manipulés. Mais cette entrée signifie qu’un électeur a tenté d’introduire son bulletin dans la machine et que celle-ci a rechigné et l’a recraché – tout comme un distributeur automatique rechigne souvent devant un billet de banque froissé. Cela arrive tout le temps, précise Halderman.

En ce qui concerne l’affirmation d’ASOG selon laquelle de nombreux bulletins de vote ont été envoyés à l’« adjudication » électronique, où ils ont été manipulés, Halderman a déclaré que son enquête a montré que le comté d’Antrim n’avait pas du tout effectué d’adjudication électronique des bulletins de vote. Halderman ajoute qu’ASOG avait correctement identifié certaines faiblesses de sécurité dans le système électoral du comté, mais qu’il n’y avait aucune preuve que quelqu’un ait exploité ces faiblesses.

« Le rapport contient un nombre exceptionnel de déclarations et de conclusions mensongères, inexactes ou non fondées», a-t-il écrit.

Les responsables du comté et de l’État, ainsi que Dominion, ont également déclaré que les principales affirmations du rapport d’ASOG étaient sans fondement.

Ramsland a déclaré au Washington Post qu’ASOG n’avait eu que six jours pour rédiger son rapport et que l’analyse d’Halderman ne contredisait que 12 des 29 « observations essentielles » de la société.

Trois jours après la publication du rapport par le tribunal, un recompte manuel des bulletins de vote du comté a montré que les résultats de l’élection présidentielle étaient corrects, ne s’écartant des résultats annoncés précédemment que de 12 voix sur quelque 16 000 suffrages exprimés. Les machines de Dominion avaient été précises et justes dans leur décompte.

« Les machines ont fait ce qu’elles étaient censées faire et elles l’ont fait avec une grande exactitude, et il n’y a absolument aucune preuve qu’une cyberattaque à rebours les ait manipulées », a déclaré le sénateur républicain du Michigan Ed McBroom qui a dirigé une enquête du Sénat de l’État sur les allégations de fraude. Il ajoute que le rapport d’ASOG a « probablement plus perturbé la procédure » que tout ce qui a pu se passer dans le Michigan à ce moment-là.

« Je ne vois pas comment quiconque pourrait prendre M.Ramsland et son groupe au sérieux comme étant de sincères rapporteurs de faits », déclare-t-il. « Il est très clair qu’ils sont au-delà de l’erreur et déforment ce qui s’est réellement passé, soit par négligence, soit avec un objectif quelconque. »

Lors de son rassemblement « Sauver l’Amérique » à Washington, le 6 janvier, Trump a fait référence au comté d’Antrim et à « l’affaire troublante de Dominion Voting Systems » pour illustrer la manière dont il avait été lésé.

« Dans un comté du Michigan à lui seul, 6 000 votes sont passés de Trump à Biden», a-t-il déclaré. Il a également répété l’affirmation de Ramsland selon laquelle il y avait plus de votes que d’électeurs à Detroit. « À Detroit, le taux de participation était de 139% des électeurs inscrits », a-t-il ajouté. « Juste imaginez ça. »

Il a qualifié le vote du 3 novembre « d’élection la plus corrompue de l’histoire, peut-être même du monde », puis exhorté ses partisans à marcher vers le Capitole. Par milliers, ils ont obéi.

Source : WashingtonPost – 09-05-2021
Traduit par les lecteurs du site Les-Crises

Commentaire recommandé

Linder // 04.07.2021 à 09h00

Un vote électronique peut être manipulé. Il suffit de maîtriser la technologie. Le concepteur de la machine maîtrise sa technologie, il peut donc la manipuler. Les services secrets étatiques maîtrise ces technologies. Le simple fait que le résultat de l’élection ne soit pas contrôlable après coup rend presque impossible l’établissement des preuves qui ne seront accessibles qu’à des experts … Je ne sais pas pour l’élection de Trump en particulier, et j’ai autre chose à faire que d’approfondir ce sujet, mais le vote électronique, c’est garantir à la NSA l’élection de son candidat.

32 réactions et commentaires

  • Yann // 04.07.2021 à 07h38

    Pour éviter de faire durer les matchs de foot éternellement, quand y’a égalité on fait des tirs au but.
    Donc pour les élections,pareil. Si le score est serré (disons 47% / 53% ou pire), on tire a pile ou face.
    Problème réglé.

      +4

    Alerter
  • gracques // 04.07.2021 à 08h12

    Yen a qui ‘vendent’ des élections volées et d’autres des élections manipulées par le Kremlin ….. mais mieux vaut a gérer à une thèse que l’autre dans les salons ….

      +24

    Alerter
  • Linder // 04.07.2021 à 09h00

    Un vote électronique peut être manipulé. Il suffit de maîtriser la technologie. Le concepteur de la machine maîtrise sa technologie, il peut donc la manipuler. Les services secrets étatiques maîtrise ces technologies. Le simple fait que le résultat de l’élection ne soit pas contrôlable après coup rend presque impossible l’établissement des preuves qui ne seront accessibles qu’à des experts … Je ne sais pas pour l’élection de Trump en particulier, et j’ai autre chose à faire que d’approfondir ce sujet, mais le vote électronique, c’est garantir à la NSA l’élection de son candidat.

      +86

    Alerter
    • kasper // 04.07.2021 à 10h39

      Il faut absolument refuser le vote électronique, les machines a voter et le vote par correspondance. Au delà du risque de fraude, c’est le principe que n’importe quel citoyen peut controller la validité du vote en assistant au dépouillement qui est rendu impossible. N’importe qui peut observer une urne, voir qu’elle est ouverte et que rien n’est ajoute a son contenu avant que le comptage commence, un comptage ou n’importe qui peut participer et constater de visu ce qui est écrit sur les bulletins.

      Le comptage peut encore etre surveille pour les votes par courrier, mais il est beaucoup plus difficile de garantir que rien n’a été ajouté.

      Pour le vote électronique et les machines a voter la les seuls qui peuvent verifier quoi que ce soit sont les gens qui ont invente le système (et encore…).

      A titre personnel et pour les meme raisons je me méfie des modes de scrutin trop compliques comme les panachages de liste, les bulletins ou on vote pour plusieurs propositions ou diverses elections en une seule fois (comme aux US ou on vote pour tout le meme jour).

      Il est d’ailleurs scandaleux que le mode de scrutin puisse être modifié sans referendum (mais la je ne me fais pas d’illusions, les referendums ont mauvaise presse depuis que le résultat voulu ne sort plus des urnes, donc j’imagine que tant qu’il n’y aura pas de manifs monstres ou de greve générale on ne nous demandera pas notre avis)

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      • LibEgaFra // 04.07.2021 à 13h58

        « Il faut absolument refuser (…) et le vote par correspondance. »

        En Suisse le vote se fait massivement par correspondance. Aucun souci. Question de confiance et de respect et de tradition démocratique. Donc vote par correspondance impossible en France. Le matériel de vote est reçu par courrier. En Suisse il y a aussi un Office de la Population (et pas de « carte d’électeur »). Pas en France ce qui permet toutes les fraudes et arnaques.

        En Suisse, le vote par procuration est impossible, autre détournement de la procédure qui permet toutes les tricheries, les achats de votes par exemple… Il suffit de savoir ce qui s’est passé dans le fief Dassault.

        https://duckduckgo.com/?t=ffsb&q=achats+de+voix+dassault+condamn%C3%A9&ia=web

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        • kasper // 04.07.2021 à 15h17

          Interessant. Apres c’est quand c’est organise par des suisses. En France je ne vois pas pourquoi ca serait intrinsèquement impossible, mais rien qu’a l’idée d’un truc mis en place par les bras casses du gouvernement Macron j’ai des sueurs froides. On va déjà organiser bien des elections normales (n’est ce pas monsieur Dard Malin?), et puis on verra apres si on peut enlever les petites roues.

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        • tunkasina // 05.07.2021 à 14h27

          « Question de confiance et de respect et de tradition démocratique. »

          La « confiance » et le « respect de la tradition », ne sont pas des éléments tangibles permettant de se donner les moyens du contrôle.

          L’Office de la Population me semble plus pertinent sur ce coup.

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    • Renaud // 04.07.2021 à 12h20

      10ans après Snowden et la révélation des backdoors dans les algo de cryptage et tout ce qui s’ensuit, faire confiance au vote électronique c’est comme donner son argent à Madoff en espérant un bon retour sur investissement. C’est stupide.

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  • Pie vert // 04.07.2021 à 09h02

    Cet article passe à côté du vrai sujet, à savoir la fin du fait démocratique aux USA (et peut-être aussi en Europe). Quand le camp du perdant refuse le résultat de l’élection et ainsi de participer aux jeux démocratique, c’est le début de la fin. L’histoire a d’ailleurs commencé dès 2016 avec le Russia Gate des démocrates, Trump ne fait que renforcer une tendance qui in fine conduit à la sécession ou la guerre civile,voir plus sûrement la dictature. Les politiques ne sont que le reflet de leur société fragmentée,et l’abstention massive est un autre avatar de cette tendance où le citoyen a disparu au profit d’un consommateur peu concerné par la vie de la cité ou mal représenté.

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    • Gisele // 04.07.2021 à 22h42

      « la fin du fait démocratique aux USA (et peut-être aussi en Europe) »
      Cela n’a jamais commencé hélas.
      De la même manière lorsque vous évoquez l’abstention qui montre que le citoyen a disparu, là encore, il n’a jamais existé en premier lieu. Au mieux il a été un électeur.
      Les sociétés occidentales ont cela d’inouï par la manière qu’elles ont de conditionner des générations de gens à croire qu’ils vivent au sein de régimes démocratiques. Et du coup je trouve que cela biaise la critique de ce système, puisqu’on arrive pas à l’identifier.

      Je trouve cet article tout bonnement inutile puisqu’il fait mention de la disparition de choses qui n’ont jamais existé ( surtout dans la République des Etats-Unis d’Amérique ). Et puis dans le fond, si jamais le titre reflétait un fait, voler des voleurs, est-ce si grave ?

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      • Sophia // 12.07.2021 à 14h43

        Alors, juste sur votre dernière phrase: oui, c’est grave. Il est tellement facile de se trouver toutes les justifications du monde quand cela est à notre avantage… Trouveriez-vous une chose moralement justifiée si elle pouvait bénéficier aussi au camp d’en face? C’est à mon avis un bon critère pour savoir l’on est de bonne foi, et ne pas devenir soi-même le monstre que l’on dénonce.
        Mais qui traitez-vous de voleur, au fait? Trump en 2016? Donc, pour vous, en gros, cela fait déjà au moins deux cycles que les élections aux USA ne sont pas fiables, et vous vous demandez « est-ce si grave? » D’accoooord…

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  • Recits d’Yves // 04.07.2021 à 09h25

    C’est pour ça qu’il faut mettre en place le vote par Internet comme le suggère la LREM.
    Comme les récents élections nous l’ont rappelé, les citoyens comprennent que leur vote ne pèse pas dans le destin du pays. EM1er va donc les soulager en leur proposant une « apps » Android & Ios compatible Siri et Google et qui pourra voter pour eux.
    « OK Google vote pour la présidentielle.. »

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  • Claude MAURIER // 04.07.2021 à 09h46

    J’aimerais bien voir un article faisant le pendant de cette thèse qui est par nature contestable.

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    • LibEgaFra // 04.07.2021 à 14h07

      Bof, Trump a bénéficié d’une élection frauduleuse en 2016 et les ânes se sont vengés en 2020. Ceux qui croient que le yankeeland est une démocratie sont de grands naïfs ou des propagandistes. On dit oligarchie ploutocratique et impérialiste.

      De toutes les manières, tout système qui ne prévoit pas « une voix un vote » est par définition non démocratique. On voit ainsi que le sort de l’élection peut se jouer dans un seul Etat comme en 2000. Autre élection frauduleuse. Merci le frérot!

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  • Ramses // 04.07.2021 à 10h09

    Si vous avez des doutes sur les positions médiatiques antagonistes de ces articles, vous devez impérativement ne pas vous en contenter. Encore faut-il en avoir la capacité et les outils. Plusieurs preuves démontrent largement la vérité. Si les actions auprès de la Cour Suprême ont échoué c’est qu’elles ne respectaient pas les hiérarchies judiciaires. Toute l’astuce pour gagner les élections a tablé sur une gigantesque gabegie grâce à des lois obsolettes, valables pour des conditions d’il y a 1 à 2 siècles passés. Mais le temps dévolu aux élections était largement insuffisant pour solliciter les différentes cours judiciaires des Etats pouvant alors aboutir avec succès à la Cour Suprême. Ces hiérarchies sont impératives comme dans tous les pays. C’est l’autonomie des Etats totalement légitime, qui a faussé la situation trop bien analysée par ceux qui ont organisé ce coup d’Etat. Pour s’en rendre compte cherchez cette phrase: Cette décision de la Cour suprême qui pourrait garantir la victoire de Donald Trump en 2024. Voilà qui cautionne totalement ce qui pouvait apparaître initialement comme un déni de justice.

      +9

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    • kasper // 04.07.2021 à 10h59

      Ca a pu jouer un role. Ca… et l’absence totale de preuves.

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  • Brosse a Dante // 04.07.2021 à 11h05

    « Élection volée : La fabrication d’un mythe américain »

    J’aime beaucoup le titre, mais question mythologie, le Time, qu’on en peut pas vraiment taxer d’être complotiste à déja dévoilé le pot au rose.

    https://time.com/5936036/secret-2020-election-campaign/
    The Secret History of the Shadow Campaign That Saved the 2020 Election

    J’aime la aussi le titre, très éloquent non ? La vrai question serait plutot de se demander qui a la puissance médiatique suffisante pour fabriquer les mythes : les gentils ou les méchants ? Et d’ailleurs, qui fabrique les gentil et les méchants ?

      +29

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  • Antoine56 // 04.07.2021 à 11h37

    C’est vraiment étonnant cet article qui détaille en longueur un complot visant à fabriquer un mythe de l’élection volée ! Il y a eu quand même pas mal de preuves de trucages flagrants. Mais d’un autre côté, on attend toujours les preuves de l’intervention des russes… Toujours ce deux poids deux mesures qui consistent à affirmer la seule vérité qui arrange et traiter de complotistes celles qui dérangent.

      +42

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    • LibEgaFra // 04.07.2021 à 14h15

      « Toujours ce deux poids deux mesures qui consistent à affirmer la seule vérité qui arrange et traiter de complotistes celles qui dérangent. »

      La vérité et les yankees cela fait trois. La vérité, la propagande et la création de la réalité.

      Cette création se matérialise dans des films et des séries de propagande comme Tchernobyl, les Skripal, American Sniper, etc. ou des récits fabriqués comme les adm de l’Irak, l’annexion de la Crimée (ah, marrant, là les démocrates sont aux abonnés absents), le génocide des Ouïghours, etc.

        +9

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    • kasper // 04.07.2021 à 15h23

      il n’y a jamais eu aucune preuve. Les trumpistes se plaignent que certains tribunaux n’ont meme pas voulu examiner leur cas, mais dans les quelques tribunaux ou on a bien voulu les entendre Giuliani et consort n’avaient rien a montrer. C’est ballot quand meme, mais ca rappelle la marionette de Collard aux Guignols, qui avait toujours une enveloppe pleine de preuves accablantes mais ne l’ouvrait jamais.

      En attendant Trump continue de récolter les donations pour « retourner l’élection », dons qui ont probablement la meme destination que ceux recueillis par Bannon pour construire le mur (Bannon qui a été généreusement amnistié par le si intègre Trump…) Donc il aurait tort de se priver de faire durer l’affaire.

        +4

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  • JnnT // 04.07.2021 à 12h32

    A priori, j’ai du mal à imaginer qu’une élection présidentielle doit truquée dans un état démocratique. Malgré l’existence avérée de précédents aux USA.

    Mais j’avoue avoir été interloqué d’entendre des porte-voix accrédités de l’état profond tels que Jean-Marie Colombani et Alain Frachon rejeter, avec un argumentaire préparé d’avance, les points litigieux faisant suspecter une fraude AVANT MÊME que ceux-ci soient avancés par les trumpistes.

    Compte tenu de l’énormité des enjeux et des pratiques connues du camp démocrate, le doute reste légitime. Il faudra me vacciner pour que je cesse de douter.

      +8

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    • LibEgaFra // 04.07.2021 à 14h16

      « qu’une élection présidentielle doit truquée dans un état démocratique. »

      Vous confondez démocratie avec oligarchie ploutocratique.

        +4

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  • pucciarelli alain // 04.07.2021 à 18h13

    S’appuyer sur le WP pour avancer que la triche n’a pas existé et que l’on est des complotistes, c’est comme demander à Landru si il existe des hommes qui assassinent et brûlent des femmes. Le WP (pro démocrate) est entièrement impliqué dans la déstabilisation de Trump (tout autant que le NYT). Il ne va pas reconnaître que, « peut-être » des irrégularités ont été commises, car il en a été le complice. Ce papier est un nuage de fumée de plus. On aime ou on n’aime pas Trump, mais il y a fort à parier qu’il s’est fait braquer l’élection avec la complicité des « grands médias » et de tout l’establishment, le sien compris.

      +28

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  • G // 04.07.2021 à 20h59

    Salut,
    Pour Trump on sait pas mais au moins pour Kennedy on en est certain…. comme quoi y vaut mieux être prudent.
    @+
    Au fait petit rappel c’est bidet qui est à l’origine du patriot_act.

      +4

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  • christian gedeon // 05.07.2021 à 11h35

    Etonnant article. Une avalanche de on dit et de « témoignages ». On n’est pas plus avancé, in fine.De toute façon,il faut être complètement dans le déni pour affirmer de façon aussi péremptoire que les votes électoniques ne peuvent pas être bidouillés. Donc passons. Juste une remarque sans rapport avec la choucroute: Rien sur l’Afrqiue? Ou plutôt toujours rien sur l’Afrique? Qui est en grande partie à feu et à sang? pas un article de fond? Que dalle? Rien sur Zuma? Rien sur le Tigré? La Lybie? etc…Quelle erreur. L’Afrique est en grande partie l’avenir de ce qu’on appelle l’Europe. On peut ignorer l’Afrique,mais croyez moi, le moment venu, l’Afrique,elle,ne nous ignorera pas.

      +5

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  • egogo // 05.07.2021 à 13h28

    Mais , qui peut encore se fier au Wa .PO ?

      +5

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  • Paul // 05.07.2021 à 13h44

    ah oui, heureusement qu’il y a les commentaires parce que :

    « Un nouveau décompte des voix a confirmé sa défaite. Mais presque tous les votes avaient été faits sur des machines à voter électroniques à enregistrement direct. »
    mais installons donc des machines à voter partout , comme préconisé !

    et :

    elle est où la traduction de :
    « Élection volée : La fabrication d’un mythe américain »

    titre traduit : « L’histoire secrète de la campagne de l’ombre qui a sauvé l’élection de 2020. »

    les elections us sont critiquées depuis bien plus longtemps que 2018.
    Quel bobard.
    il y a eu déjà pour Obama, comment dire, des bisarreries et du temps de Bush Mc Cain, quelques remous

      +6

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  • Savonarole // 05.07.2021 à 14h31

    Volée, pas volée … au final , ça élit toujours un vieux conservateur sur le retours qui va tout changer, sauf que ça change rien, surtout pas l’essentiel. A croire qu’on fait voter les gens tous les X ans pour les dégoûter un peu plus de la politique à chaque fois.
    La politique n’a plus les moyens de ses ambitions : ça finit par se voir. Il va falloir lui coller des taloches au cul à la politique … qu’elle se sorte les doigts.

      +2

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  • yann // 05.07.2021 à 15h02

    Des centaines de milliers de morts qui votent, des vivants qui votent plusieurs fois, les bulletins de l’armée détruits par la poste américaine, les compteurs démocrates qui viennent passer des lots de bulletins en douce à 4h du matin (plusieurs fois), des bulletins contrefaits avec des décalages d’impression exprès pour provoquer des erreurs de reconnaissance d’image et un traitement manuel des scans, des modems soudés sur les cartes mères des machines de vote censée ne pas être connectées …
    et les gauchistes arrivent encore à dire que tout va bien et que l’élection n’a pas été volée.
    Bravo à l’auteur de l’article, il vient de nous démontrer encore une fois que les gauchistes font fi de la réalité pour nous ressortir leur vérité à eux, malheureusement pour vous, la Pravda n’existe plus sinon vous y auriez été à votre place
    Et n’oubliez pas, Trump est MECHANT !

      +14

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    • Havoc // 10.07.2021 à 12h34

      Les « Gauchistes » ? Êtes-vous bien sérieux ?

      J’ignore si ce monsieur Trump est méchant, mais je n’ai pas de doute sur le fait qu’il est considérablement inculte.

        +1

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  • yannos // 07.07.2021 à 13h29

    Qu’il y aient des gens pour défendre la thèse du trucage de l’élection n’est pas un problème étant donné que l’occident utilise cette thèse pour les élections qui ne leur conviennent pas dans d’autres pays.
    Ce qui me dérange, c’est la brutalité de nos médias contre cette thèse ainsi que leur unanimité.
    quel problème y a t il a envisager qu’une élection a pu être truquée ?
    Cette thèse a été défendue sans fondement contre l’élection de trump pendant 4 ans.

    La brutalité de l’opposition à ce doute me fait penser à la réaction des médias quand certains ont pu évoquer la possibilité d’une erreur de laboratoire pour l’apparition du covid. Réaction brutale, déni, interdiction anathème, accusation et mise au placard des sceptiques.

    Idem pour la possibilité de traitements contre le covid.

    Le problème pour moi est une fois encore la réaction des médias et plus particulièrement des médias numériques tels que twitter, facebook, yahoo, google et autres qui s’arrogent le droit de censurer et d’orienter la pensée.

    L’élection a t elle été volé ? ce n’est pas en inventant un méchant qui du fond de son garage invente toute l’histoire qu’on protège la démocratie, mais c’est en analysant les faits dans le calme et dans la transparence.

      +8

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    • Havoc // 10.07.2021 à 12h33

      Pensez-vous que l’on devrait interdire les articles qui affirment que la réélection volée de Donald Trump est un mythe ?

        +1

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