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2.février.20132.2.2013 // Les Crises

[Reprise] La Grèce doit abandonner l’euro, par Nouriel Roubini

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NEW YORK – La tragédie grecque de l’euro en est au dernier acte : il semble évident que le risque est élevé que la Grèce cesse d’honorer sa dette cette année ou l’an prochain en même temps qu’elle quitte la zone euro.

Nouriel RoubiniLe fait de remettre la sortie de zone après l’élection de juin d’un nouveau gouvernement en faveur d’une variante des mêmes politiques inopérantes (l’austérité amplificatrice de récession et les réformes structurelles) ne fera pas revenir la croissance et la compétitivité. La Grèce est prisonnière d’un cercle vicieux d’insolvabilité, de perte de compétitivité, de déficits externes et d’une dépression qui prend de plus en plus d’ampleur. La seule façon de sortir de cette crise consiste d’instaurer un processus ordonné de sortie de zone et de défaut de paiement, coordonné et financé par la Banque centrale européenne, l’Union européenne et le Fonds monétaire international (la « Troïka »), et qui réduira au minimum les dégâts collatéraux pour la Grèce et le reste de la zone euro.

Le dernier montage financier pour la Grèce, assuré par la Troïka, a donné un allègement de dette beaucoup moins élevé que ce dont le pays a besoin. Quand bien même la dette publique bénéficierait d’un allègement beaucoup plus conséquent, le retour de la croissance de la Grèce serait impossible sans un rétablissement rapide de sa compétitivité. Or, sans le retour de cette même croissance, son endettement demeurera à un niveau insoutenable. En revanche, toutes les options qui rétabliraient la compétitivité passent par une dévaluation de la valeur réelle de sa monnaie.

La première option, un affaiblissement prononcé de l’euro, est hors de question, étant donné la robustesse de l’économie allemande et la politique d’assouplissement plus que modeste des conditions monétaires de la BCE. Il est cependant tout aussi improbable qu’une réduction rapide des coûts unitaires de main-d’œuvre, découlant des réformes structurelles, pousse la croissance de la productivité au-delà des augmentations salariales. L’Allemagne a pris dix ans pour redevenir concurrentielle ; un luxe que la Grèce ne peut se payer, ne pouvant rester en dépression pendant une décennie. De même, une baisse subite des prix et des salaires, qu’on appelle aussi une « dévaluation interne », mènerait tout droit à cinq années de dépression qui ne cesse de s’empirer.

Puisqu’aucune de ces trois options n’est viable, la sortie de la zone euro est la seule voie qui reste. La compétitivité et la croissance seraient rapidement rétablies par un retour à la monnaie nationale, accompagné d’une forte dévaluation.

Évidemment, le processus ne se fera pas sans heurts – et pas uniquement pour la Grèce. Les pertes en capital des institutions financières du cœur de la zone euro demeurent le problème le plus important. Du jour au lendemain, la dette étrangère en euro du gouvernement de la Grèce, des banques et des sociétés augmenterait en flèche. Pourtant ces problèmes ne sont pas insurmontables. L’Argentine s’en est sortie en 2001, quand elle a converti en pesos ses dettes exprimées en dollar. Les États-Unis ont fait quelque chose du genre en 1933, par une dépréciation du dollar de 69 % et l’abandon de l’étalon-or. Une « drachmatisation » du même ordre des dettes euro pourrait bien être nécessaire et inévitable.

Les pertes que les banques de la zone euro devront essuyer seraient maîtrisables, si les banques bénéficiaient d’un renflouement adéquat et substantiel. Pour éviter une implosion après coup du système bancaire grec, il faudra sans doute instaurer des mesures temporaires, comme des gels des dépôts et des contrôles des capitaux, pour éviter une vague chaotique de retraits. Le Fonds européen de stabilité financière et le Mécanisme européen de stabilité (FESF/MES) devront diriger la recapitalisation nécessaire des banques grecques par des apports directs en capital. Ce qui revient à une prise en charge effective du système bancaire grec par les contribuables européens, qui ne serait cependant qu’une contrepartie partielle des pertes imposées sur les créanciers par la conversion en drachme des créances grecques.

La Grèce devra aussi restructurer et resserrer d’un cran sa dette publique. La valeur nominale des créances de la Grèce auprès de la Troïka ne doit pas forcément être réduite, mais l’échéance de la dette doit être reportée d’une autre décennie et son intérêt réduit. Les créances détenues par le secteur privé doivent subir de nouvelles coupes, en commençant par un gel des paiements d’intérêts.

Certains avancent que le fléchissement du PIB réel de la Grèce serait encore plus raide dans un scénario de sortie qu’en galère déflationniste. Mais cette logique ne tient pas, car même en déflation, le pouvoir d’achat baisse et la valeur réelle de la dette s’agrandit (comme le laisse entendre la théorie de la déflation de la dette), à mesure que la dévaluation réelle s’installe. Mais surtout, la trajectoire de sortie rétablirait sur le champ la croissance, par le biais d’une dévaluation des valeurs nominales, mais aussi réelles, évitant une dépression échelonnée sur dix ans. Et les pertes des échanges commerciaux de la zone euro causées par la dévaluation de la monnaie grecque seront modérées, étant donné que la Grèce ne compte que pour 2 % du PIB de la zone euro.

La réintroduction de la monnaie risque de faire dévaluer la drachme en dessous du taux de change requis pour restaurer la compétitivité, ce qui exercerait des tensions inflationnistes et imposerait de plus grandes pertes sur la dette extérieure convertie en drachme. Pour minimiser ce risque, les réserves de la Troïka actuellement consacrées au renflouement de la Grèce devraient servir à contenir l’emballement de la dévaluation ; en conjonction aux contrôles des capitaux.

Ceux qui prétendent que la sortie de la Grèce contaminera les autres pays sont aussi en déni. Les autres pays périphériques sont déjà confrontés à des problèmes à la grecque de viabilité et d’érosion de compétitivité. Le Portugal, par exemple, devra éventuellement restructurer sa dette et abandonner l’euro. Les économies en manque de liquidités, mais éventuellement solvables, comme l’Italie et l’Espagne, auront besoin de l’appui de l’Europe peu importe si la Grèce quitte ou non ; en fait, sans cet apport en liquidité, il est fort probable qu’une chute de la valeur de la dette publique italienne et espagnole se déclenche par elle-même.

En plus des apports en liquidité de la BCE, les nouveaux fonds officiels considérables du FMI, de la BCE et du MSE mis à disposition de ces pays permettront d’endiguer le mal et de protéger les banques des autres pays périphériques vulnérables de la zone euro. Quoi que la Grèce fasse, il est urgent de recapitaliser les banques de la zone euro, qui ont besoin d’un nouveau programme d’apports directs de capitaux dans toute l’Union européenne.

Comme en témoigne ces 20 dernières années l’expérience de l’Islande et d’un bon nombre de marchés émergents : une dévaluation nominale et une restructuration ordonnée accompagnée d’une réduction de la dette extérieure peuvent ramener la dette à un niveau plus supportable et rétablir la compétitivité comme la croissance. Les dommages indirects pour la Grèce d’une sortie de la zone euro seront non négligeables, mais, comme dans ces cas, peuvent être contenus.

Dans un mariage en détresse, il est préférable de se fier à des règles fixées d’avance pour l’inévitable divorce, ce qui en réduit le coût pour les deux parties. Ne nous méprenons pas : une sortie disciplinée par la Grèce de la zone euro sera forcément douloureuse sur le plan économique. Mais le spectacle d’une lente implosion erratique de l’économie et de la société grecque pourrait être encore plus pénible à observer.

Nouriel Roubini, 17 mai 2012

Traduit de l’anglais par Pierre Castegnie

Source : Project-syndicate.org

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44 réactions et commentaires

  • gissot // 02.02.2013 à 09h42

    De toute façon ,l’Europe ne peux pas fonctionner.Trop de différences et de contradictions entre les peuples.Les financiers ont prient les choses en main sans demander l’avis de personne et dans une finance virtuelle qui vole la démocratie des nations ce qui nous donne des politiques mains et poing liés et de surcroits inefficaces que voulez-vous qui ce passe ???

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  • Letaulier // 02.02.2013 à 10h59

    Article périmé. Les banques ont subie et hair-cut et le gros de la dette grecque est aujourd’hui entre les mains d’institutions publiques (de la BCE aux Etats en passant par le FMI) donc la solution que Roubini propose c’est de faire payer le contribuable européen.

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    • Manaflar // 02.02.2013 à 11h22

      Il me semble qu’en attendant, l’UE prête de l’argent (donc celui des contribuables) à la Grèce pour qu’elle tienne autant que possible, sauf que l’on sait pertinemment que cet argent ne sera pas remboursé.
      Le contribuable paye donc déjà.

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      • Letaulier // 02.02.2013 à 12h02

        Salut,

        En fait c’est pas l’UE qui prête mais les Etat et surtout pas tous. Le Royaume-Uni ne participe pas au sauvetage par exemple.
        On sait qu’on ne reverra jamais la couleur de l’argent prêté et que ceux qui ont dit que ce n’est qu’un prêt sont des menteurs et ou des incompétents. Mais ce que propose Roubini c’est de remettre au pot (en recapitalisant les banques grecques) dans son scénario de sortie de la Grèce de la zone euro.

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  • Sage // 02.02.2013 à 11h04

    D’emblée se dévoilent les limites de cette analyse : « le retour de la croissance de la Grèce serait impossible sans un rétablissement rapide de sa compétitivité ». Croissance et compétitivité semblent constituer les piliers irréfragables sur lesquels repose le salut futur de la Grèce. Or, c’est faire preuve d’une vision ossifiée par la doxa économique de laquelle ce pauvre Nouriel Roubini ne peut se dépêtrer. Le terme « compétitivité » (dont on peut remarquer qu’il relève du sport, de l’idée qu’il s’agit de se mesurer à des concurrents, à des rivaux, et de les égaler ou de les surpasser, au sein d’une juste compétition dont les règles ont été établies par des juges et sont appliquées par des arbitres intègres) est un terme piégé ; dans la situation actuelle, tant au sein de l’espace européen qu’au sein d’une économie mondialisée, la fameuse « compétitivité » relève davantage d’une guerre sans merci où tous les coups sont permis.

    Or, interrogeons-nous : sur quels produits la Grèce peut-elle rétablir sa compétitivité ? Nous avons affaire à un pays qui par le fait de son étendue, de sa géographie, de son histoire, de sa population ne peut rivaliser avec les poids lourds économiques que le hasard a mieux lotis (L’Allemagne, par exemple, était prédestinée à développer une industrie sidérurgique lourde, alimentée par des gisements de charbon et de fer, un réseau fluvial facilitant les communications, une population dont la mentalité si particulière était le résultat d’un système hiérarchique fort que le système féodal avait renforcé, une religion réformée affirmant que l’élection divine récompensait l’individu le plus prospère.) Dans une Europe morcelée où les rôles étaient parfaitement répartis, la Grèce excellait dans un petit nombre de domaines qui assuraient sa qualité de vie : le tourisme, des produits agro-alimentaires spécifiques, le transport maritime. La construction d’une Europe intégrée, pilotée par une monnaie unique, a détruit les fragiles équilibres, puisque, par on ne sait quelle absurdité, chaque État se trouvait engagé dans une « compétition » forcément inégale.
    L’économie réelle d’un pays repose sur deux étages distincts : ses flux avec le monde extérieur qui sont les échanges (importations/exportations) et les flux qui s’opèrent sur le marché intérieur. On notera que le marché intérieur qui concerne directement la vie quotidienne des populations, la satisfaction des besoins immédiats, crée nombre d’emplois dans les commerces et l’artisanat ; il dépend directement du pouvoir d’achat des acteurs sociaux : plus ils peuvent satisfaire de besoins, plus il y a d’emplois dans ces secteurs (j’enfonce des portes ouvertes). Or, ce marché intérieur est tributaire des flux avec le monde extérieur : l’enrichissement d’un pays devrait théoriquement augmenter le pouvoir d’achat des masses. Cependant, le carcan d’une monnaie unique, et cette fameuse « compétitivité » gâtent la situation : car rivaliser avec son voisin (exporter à son détriment) c’est abaisser, plus que lui, le prix de vente d’un produit donné ; de ce point de vue, il n’y a qu’une seule variable d’ajustement : le salaire (la dévaluation monétaire en serait un autre dans le contexte d’un retour à la monnaie nationale). D’où la stagnation du pouvoir d’achat des individus et in fine les délocalisations compétitives qui expatrient les productions chez des peuples esclavagisés, prêts à gagner moins encore. Faute de pouvoir d’achat, le marché intérieur s’étiole, une spirale vicieuse s’installe : ceux qui produisaient à destination du marché extérieur sont réduits au chômage, les emplois du marché intérieur en pâtissent et disparaissent progressivement (en témoigne la Grèce dont les commerces ont progressivement fermé). Et encore, cette analyse, grandement superficielle, ne tient-elle pas compte des autres éléments qui grèvent la situation : d’une part, cette fameuse « dette » qui résulte en grande partie de la financiarisation de l’économie, c’est-à-dire de la volonté d’un petit nombre d’individus de s’enrichir par la seule circulation d’argent virtuel, économie de casino en grande partie déconnectée de l’économie réelle et d’autre part, l’informatisation de la production qui de plus en plus se passera du travailleur basique privilégiant, à sa place, la robotique (voir ce billet de Jorion : http://www.pauljorion.com/blog/?p=49596). Dans ce contexte, comment espérer voir la Grèce sortir du trou ? Que peut-elle produire : une bouteille d’huile d’olive de Béotie a-t-elle le même poids sur le marché international qu’une Golf ou un Samsung Galaxy ? La Grèce n’est qu’un symptôme car c’est toute l’Europe qui est atteinte, le ver est dans le fruit, la progression inexorable du chômage en témoigne : chacun essaie de sauver sa mise, inconscient que tout est lié, beaucoup plus intimement qu’on ne le croit. La quête vaine d’une prétendue compétitivité ressemble à la corde qui relie les alpinistes, la chute de l’un d’entre eux contraint le groupe entier, le tirant vers le bas, et risque même de faire dévisser l’entière cordée. Les plans de rigueur ne font qu’empirer le mal, les saignées successives finiront par tuer le malade.
    La seconde mamelle sur laquelle repose le raisonnement de Roubini, c’est la « croissance ». Or on sait combien illusoire est un tel terme : une planète finie ne peut supporter une croissance infinie et il semble bien qu’en ce domaine nous ayons atteint des limites, un plafond (http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2013/01/31/pollution-pekin-doit-faire-face-a-une-forte-hausse-des-affections-respiratoires_1825089_3216.html
    http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/pekin-ville-de-fantomes-129905
    http://www.agoravox.fr/actualites/environnement/article/septieme-continent-vortex-et-iles-129982

    Le billet de Roubini semble préconiser une issue, la sortie de l’euro pour la Grèce (et éventuellement les autres « canards boiteux » tel le Portugal). Or c’est une sortie collective de l’euro qui serait un début de solution à la crise (bien que je croie pour ma part que le désastre actuel est irrémédiable). Dans sa péroraison, Roubini préconise simplement l’euthanasie des corps mort, l’amputation, le lâcher de lest qui permettrait au ballon de remonter vers des cieux cléments. Lors des épidémies de peste on clouait des planches sur les portes des foyers atteints pour murer les malades, en croyant préserver la cité des atteintes de l’épidémie, mais les rats gambadaient dans les ruelles.

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    • Yves Couvreur // 04.02.2013 à 19h19

      Mais le prochain “canard boîteux” dont la chute ne pourra pas être empêchée… c’est la France. Et avec elle, l’ Euro. Pas besoin de boucs émissaires, ou de victimes expiatoires lors d’épidémies, l’ arithmétique simple suffira. La France est en faillite. C’est d’ailleurs l’ avis de M. Sapin. Entre autres.

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  • fabien775 // 02.02.2013 à 12h37

    Que ce soit la Grèce ou les autres pays de la zone euro, c’est un cercle vicieux dans lequel il est impossible de sortir. Les mesures prises par l’ UE permettent juste de gagner un peu de temps. Les problèmes de déséquilibres économiques entre pays restent entier et dire que la zone euro est sauvée, c’est juste un gros mensonge. Tant que l’ euro restera une monnaie trop surévaluée, seule l’Allemagne, pour un temps, arrivera à s’en sortir. Plus le temps passe et plus nous nous approchons d’un trou noir qui va tout avaler sur son passage.

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  • Sovanna Sek from GenY Finances // 02.02.2013 à 12h50

    Bonjour,

    Parmi les PIIGS, seul l’Italie peut rester dans la zone € car elle a un vrai tissu industriel. De plus, Mario Monti a pris des réformes structurelles nécessaires pour améliorer la compétitivité économique. A court terme, les effets sont négatifs mais sur le long terme j’ai la conviction que cela peut payer à l’image de l’Allemagne. Le seul hic, c’est que la Botte entre en période électorale pouvant freiner l’avancée de ses réformes.
    Quant au sort de la Grèce, c’est juste un non-évènement même si la situation se dégrade. Il vaudrait mieux voir ce que fait la France. D’ailleurs, elle montre des signes de faiblesses : marché immobilier tendu, hausse des taux de l’OAT 10 ans (même si tout le monde dit que c’est une normalisation), durcissement fiscal, peu de réformes structurelles.

    Cordialement.
    Sovanna Sek, auteur du blog GenY Finances.

    Me suivre sur Twitter :
    http://twitter.com/Sovanna_Sek

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  • BA // 02.02.2013 à 13h39

    Voici les derniers chiffres publiés par Eurostat.

    Dette publique en Europe : troisième trimestre 2012 :

    1- Médaille d’or : la Grèce. Dette publique de 301,193 milliards d’euros, soit 152,6 % du PIB. Tous les soi-disant « plans de sauvetage » de la Grèce ont échoué. Le premier défaut de paiement avait effacé 107 milliards d’euros de dettes. Mais la dette publique continue à augmenter, à augmenter encore, à augmenter toujours. La Grèce va de nouveau se déclarer en défaut de paiement.

    Chômage en Europe : décembre 2012 :

    1- Médaille d’or : la Grèce. Chômage de 26,8 %.

    2- Médaille d’argent : l’Espagne. Chômage de 26,1 %.

    3- Médaille de bronze : le Portugal. Chômage de 16,5 %.

    4- Slovaquie, Chypre et Irlande : match nul. Chômage de 14,7 %.

    http://epp.eurostat.ec.europa.eu/cache/ITY_PUBLIC/3-01022013-BP/FR/3-01022013-BP-FR.PDF

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  • krugman // 02.02.2013 à 14h38

    que la grèce dévalue cela n’aura pas de conséquence. pour vendre quoi?

    c’est un problème de croissance potentielle (idem pour l’espagne)

    quels sont à long terme les ressources de leurs croissances?

    ps : la californie n’a pas quitté les usa

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    • Letaulier // 02.02.2013 à 17h09

      “pour vendre quoi?”

      Pour vendre du tourisme par exemple et reprendre des parts de marché à la Turquie, la Tunisie ou la Bulgarie. Faut arrêter de croire que les Grecs ne foutent rien et n’ont aucun potentiel.

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      • Lisztfr // 02.02.2013 à 22h21

        Le tourisme était déjà très abordable, avec des nuitées pour 2 à 60E…

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    • Surya // 02.02.2013 à 18h00

      Quel est le rapport entre la californie; état membre d’une nation disposant d’un véritable état/budget fédéral avec mobilité des forces de travail etc et la Grèce ?

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      • krugman // 02.02.2013 à 19h11

        justement

        si l’europe voulait être une ZMO nous n’aurions pas ce problème (cf les différents critères)

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        • krugman // 02.02.2013 à 19h12

          lisez le dernier aglietta sur l’euro (cf le dernier chapitre)

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        • Letaulier // 03.02.2013 à 12h56

          Le critère numéro 1 du ZMO c’est la mobilité de la main d’œuvre et le jour où les Français parleront couramment l’anglais ou les Grecs l’allemand les poules auront des dents.

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          • chris06 // 03.02.2013 à 13h21

            vu le nombre de jeunes diplômés espagnols qui partent actuellement chercher du travail en Allemagne, je n’ai pas l’impression que la barrière linguistique soit si forte que cela…

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          • Letaulier // 03.02.2013 à 13h36

            Qu’un ingénieur espagnol fasse la plonge dans un restau turc à Berlin c’est pas vraiment à quoi je pensais en parlant de mobilité de la main d’œuvre.

            La vrai mobilité c’est quand tu peux changer d’Etat mais en gardant le même boulot.

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    • Woiry // 04.02.2013 à 05h23

      L’Europe n’est pas les USA, la puissance des États Unis n’a rien avoir avec UE

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  • caroline Porteu // 02.02.2013 à 14h43

    La Grèce est un pays riche si on la laisse et qu’on l’aide à exploiter ses ressources naturelles …

    Au lieu de torturer ses habitants et d’amplifier la récession .
    Heureusement qu’il y a la presse Russe pour nous informer de ce qui se passe en Europe !!!

    Nouveaux gisements pétrogaziers en Méditerranée, sources de rivalité
    http://fr.rian.ru/discussion/20130129/197369141.html

    La découverte de nouveaux gisements de pétrole et de gaz sur le plateau continental de la Grèce et de Chypre signifie non seulement l’apparition de nouveaux acteurs sur le marché énergétique européen mais pourrait également provoquer un conflit dans la région – tous les pays voisins ont revendiqué les gisements du sud de la Méditerranée, à l’exception de la Syrie occupée par ses propres problèmes.
    La Turquie exige de Chypre qu’elle suspende l’exploitation de ces ressources gazières ou donne aux Chypriotes turcs la possibilité d’y participer. Elle met en garde la Grèce contre les tentatives de définir unilatéralement les frontières de la zone économique exclusive et parle de “territoires litigieux”. La Grèce pourrait entrer en conflit avec l’Albanie pour les gisements de la mer Ionienne. Les Etats-Unis et l’UE cherchent, pour leur part, à empêcher le renforcement de l’influence de la Russie dans la région.

    Le nœud chypriote
    Le gisement de gaz Aphrodite, sur le plateau de Chypre, est le plus grand découvert ces dix dernières années. A l’automne 2012, Chypre annonçait que les réserves découvertes s’élevaient à 1 700 milliards de mètres cubes de gaz et étaient estimées à 2 000 milliards d’euros mais en janvier 2013, l’ambassadeur de Chypre en Grèce a donné des estimations deux fois plus élevées – 3 400 milliards de mètres cubes de gaz et 235 millions de tonnes de pétrole. Seules les réserves du secteur №12 (entre 230 et 240 milliards de mètres cubes) suffiraient pour assurer les besoins de Chypre pour les 300 prochaines années.
    L’exploitation de ce champ pourrait régler les problèmes financiers de Chypre mais le pays risque également une “colonisation économique”. Près de 30 compagnies de 15 pays ont déjà répondu à l’appel d’offres pour le forage d’exploration – et la course promet d’être serrée.
    Après le début des travaux sur le plateau, le premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a déclaré qu’Ankara et la République turque de Chypre du Nord (RTCN), non reconnue par la communauté internationale, commenceraient d’exploiter le pétrole et le gaz dans la “zone économique exclusive de Chypre du Nord”. Quant aux Etats-Unis, la porte-parole du département d’Etat Victoria Nuland a déclaré que les USA soutenaient le droit de Chypre d’exploiter les ressources énergétiques sur son plateau, mais Washington espère que “toutes ses ressources seront équitablement réparties entre les deux communautés (grecque et turque, ndlr)”.
    En août 2012, l’Egypte a également revendiqué une partie de l’Aphrodite chypriote et du gisement voisin – le Léviathan israélien. Les accords israélo-chypriotes sur les frontières des eaux économiques exclusives des deux pays et sur la coopération pour l’exploration géologique dans ces eaux portent atteinte aux intérêts égyptiens, a déclaré la commission du parlement égyptien pour la sécurité nationale.
    Le Liban prétend également au gaz de Léviathan israélien – cette question est à l’étude à l’Onu. Pour l’instant, il n’y a aucun problème avec Chypre: les 9 et 10 janvier 2013, les présidents chypriote et libanais, Dimitris Christofias et Michel Sleiman, ont convenu de coopérer pour l’exploitation des richesses naturelles.
    Israël a également l’intention de collaborer avec Nicosie et Athènes, sans qui il développerait difficilement ses gisements de gaz. Cette découverte a permis d’améliorer les relations autrefois tendues entre la Grèce et Israël – en 2010, ils se sont entendus pour coopérer dans les domaines économique et militaire. Israël a étudié la possibilité de louer une île grecque pour déployer une base militaire et la Grèce a négocié son intégration au projet d’exploitation de Léviathan et d’acheminement du gaz en Europe.
    Chypre, la Grèce et Israël ont déjà annoncé leur volonté de regrouper les ressources énergétiques – pendant les trois prochains mois ils ont l’intention de lancer le projet EuroAsia Interconnector, qui réunira les réseaux électriques des trois pays grâce à un câble sous-marin.

    La Grèce saisit l’Onu
    La Grèce pourrait devenir le 15ème plus grand détenteur de ressources de gaz naturel au monde. Selon les autorités, les gisements de gaz découverts sur le plateau du sud de la Crète permettront d’apporter à l’économie 427 milliards d’euros et régleront tous les problèmes énergétiques et financiers du pays. La Grèce est aussi à la recherche de gisements de pétrole dans les mers Ionienne et Egée, dont les ressources pourraient être également importantes.
    Selon les journalistes du pays, la Grèce compte définir les frontières du plateau à l’Onu début 2013. Le quotidien Vima a déclaré le 7 janvier que le département hydrographique de la marine grecque avait déjà déterminé les coordonnées et que le gouvernement donnait son feu vert au transfert de la demande à la commission de l’Onu pour le droit de la mer, afin de valider les frontières du plateau continental.
    Ankara avait mis en garde la Grèce contre des mesures unilatérales. Le ministre turc de l’Energie Taner Yildiz a parlé de “territoires litigieux” et a appelé la Grèce à ne pas faire de travaux en mer Egée sans avoir consulté Ankara. La délimitation du plateau complique les relations de la Grèce avec certains autres pays comme la Libye. Des zones de 200 miles des deux pays se superposent et il est nécessaire de convenir les limites de la zone économique exclusive. Les discussions d’experts ont commencé avec la Libye en 2007 mais après le renversement de Mouammar Kadhafi, la situation a changé. Lors d’une récente visite du ministre grec des Affaires étrangères à Tripoli, les nouvelles autorités ont déclaré que le problème des zones maritimes n’était pas bilatéral et qu’il fallait organiser des négociations avec tous les pays frontaliers.

    Les partisans et les opposants
    La Grèce est à la recherche de partisans, avant tout du côté de l’Allemagne, de la France, et d’autres alliés de l’Otan. Athènes estime que la Russie soutiendra la Grèce dans son litige avec la Turquie et les Etats-Unis ne devraient pas non plus s’y opposer, pensent les observateurs grecs.
    Le ministre grec de la Défense a déclaré que l’heure était venue de se débarrasser de l’antiaméricanisme traditionnel. Dans un article publié par la presse occidentale, l’ex-premier ministre grec Georges Papandreou a suggéré aux Etats-Unis de former un nouveau “plan Marshall vert” pour la Méditerranée – une région “cruciale pour la sécurité internationale des USA”.
    Selon Papandreou, le projet européen est aujourd’hui menacé, la situation nécessite le retour du leadership américain et ce sont les USA qui doivent lancer une “large initiative énergétique, diplomatique et pacifique qui unirait le Proche-Orient, la Méditerranée et l’Europe grâce à la coopération énergétique”.
    Par ailleurs, les Etats-Unis et les pays européens cherchent à affaiblir l’influence de la Russie dans la région. Le 8 janvier, à la question de savoir ce qu’elle pensait de la vente de la compagnie gazière grecque DEPA et de sa filiale de transport de gaz DESFA à Gazprom, la porte-parole du département d’Etat Victoria Nuland a déclaré que la Grèce prenait des décisions autonomes dans le domaine énergétique, en conformité avec ses propres lois et les règlements de l’UE, mais que Washington suggérait à tous les pays de diversifier leurs sources d’énergie.
    Selon Athènes, la Russie a officieusement mais clairement montré qu’elle devait remporter l’appel d’offres lorsqu’en novembre 2012 Gazprom a soudainement annoncé qu’il ne construirait pas en Grèce de déviation du gazoduc South Stream.
    Quant aux Etats-Unis, ils ont intérêt que les compagnies gazières grecques se retrouvent entre les mains des entreprises locales, avec lesquelles les USA ont des relations étroites depuis longtemps. D’autant que le coût des entreprises en cours de privatisation augmentera fortement s’il devenait possible de convenir d’itinéraires de livraison du gaz à partir des nouveaux gisements.

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    • Letaulier // 02.02.2013 à 19h28

      C’est étrange cette habitude des pays qui rencontrent de graves difficultés financières a nous annoncer soudainement des découvertes d’hydrocarbures mirifiques!

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      • caroline Porteu // 02.02.2013 à 20h58

        Le Taulier , çà fait plusieurs années que cette information est connue .. et les médias , comme les politiques grecs en place , ont fait tout ce qu’il fallait pour la cacher .

        Personnellement mon dernier article sur le sujet remonte à Juin 2012 .. et il m’a même valu le wiki d’or wikistrike du meilleur article 2012 ..
        http://www.wikistrike.com/article-la-grece-est-le-plus-riche-des-pays-europeens-du-fait-de-ses-gisements-petroliers-et-gaziers-mais-q-107348043.html

        C’est agaçant cette omerta et cet aveuglement volontaire de la Troika , des politiques et de medias sans doute pour permettre à certains de mettre la main sur ces ressources sans que ce soit le peuple grec qui en récupère les produits .

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        • Letaulier // 02.02.2013 à 23h24

          C’est vrai qu’installer un forage en Méditerranée non visible cela doit être un jeux d’enfant.

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        • Jojo // 03.02.2013 à 01h41

          Fonder une reprise économique sur des ressources non renouvelables, c’est ce que sut faire l’économie “traditionnelle”. Mais la rémission due à ces mannes est de plus en plus courte. La Grèce ne doit-elle pas au contraire essayer de changer de modèle, même si elle doit se battre contre le reste de l’Union? Les pays dits développés qui n’ont pas subi (pour l’instant) son sort vivent avec une épée de Damoclès qui les incite simplement à ne pas regarder en l’air.
          Par exemple, quelque chose qui ressemble à un pic d’utilisation automobile qui, s’il se confirme, pourrait avoir un impact à terme sur la reprise de l’industrie automobile, reprise tant vantée aux USA. Au-delà de la crise, les jeunes générations sont-elles en train de modifier leurs comportements, et la société ne doit-elle pas en tenir compte?

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        • Fmar // 04.02.2013 à 16h24

          Il n’y a pas d’aveuglement, d’abord on fait casquer les contribuables et puis on se partage avec les potos de l’industrie énergétique les profits.

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    • Téji // 02.02.2013 à 19h52

      “Selon Papandreou, le projet européen est aujourd’hui menacé, la situation nécessite le retour du leadership américain et ce sont les USA qui doivent lancer une “large initiative énergétique, diplomatique et pacifique qui unirait le Proche-Orient, la Méditerranée et l’Europe grâce à la coopération énergétique”.

      ouff, rien que ça ! ça aurait été dit par un américain, j’aurais pu comprendre le point de vue, mais là, faut tout de même pas exagérer !
      Le projet européen a été proprement attaqué, et est toujours menacé par les USA, qui ont semé le bazar partout dans le monde, lui font porter depuis des lustres le poids de leur dollar, et aimeraient appuyer des 2 mains sur tout ce qui est à portée pour surnager.
      Désolé, mais moi, je vois bien l’Europe prendre ce rôle d’initiative… même si elle n’en prend pas le chemin 🙁

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  • chris06 // 02.02.2013 à 15h28

    si la Grèce est riche en réserves d’hydrocarbures elle devrait bientôt ne plus connaître de problèmes financiers et voir un retour de la croissance, non?

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    • Letaulier // 02.02.2013 à 17h11

      Avec des si…par ailleurs le pétrole ne fait pas toujours le bonheur, il n’y a qu’à voir le cas de l’Algérie ou du Nigeria.

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  • Dan // 02.02.2013 à 16h19

    Mr Roubini ferait mieux de s’occuper de son propre pays qui est en faillite , avant de donner des conseils aux européens surtout que ses amis Goldman Sachs et Soros se sont bien occupés pour foutre le bordel en Europe , parlons-en d’un pays ami ! De toute façon la Russie ne laissera pas tomber ni la Grèce , ni les pays des balkans qui adorent la politique américaine ! Le problème majeur actuellement en Europe se situe à Bruxelle avec cette ploutocratie et oligarchie qui est la botte des anglo-saxons et qui joue contre les intérêts des pays européens.

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  • Lisztfr // 02.02.2013 à 22h35

    C’est marrant parce qu’il y en a qui n’ont pas encore compris que c’est foutu, plié, et qu’il n’y a pas de long terme où échafauder des plans sur la comète. Restructurer ou pas, quelle importance …

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    • bizbee // 04.02.2013 à 12h29

      C’est pas parce que c’est fini qu’il ne faut pas soigner la sortie… sauf si on reste dans le “après-moi le déluge” qui caractérise si bien la génération post-68…
      Et oui, la déflation va nous tomber dessus, plus moyen d’y échapper. Mais pour les jeunes grecs, ou pour nos descendants, avons le droit de ne plus nous en soucier, au motif que c’est foutu ???

      Il y a plusieurs façons de déflater comme il y a plusieurs scénarios de fin de crise pour la Grèce; on peut gérer au moins pire, on peut mal gérer (souvent par idéologie), ou on peut carrément subir.
      Une restructuration ordonnée et concertée, c’est gérer une déflation au moins pire, avec responsabilité et dans l’intérêt général.

      J’espère vraiment qu’un tribunal jugera un jour ce laisser-fairisme généralisé, cette déresponsabilisation de toute une génération qui a préférée jouir à CT que de se préoccuper d’avenir, se justifiant sous couvert d’idéologies bien-pensantes, pourtant bien souvent en contradiction totales avec ses agissements réels.

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  • Patrick Luder // 02.02.2013 à 22h44

    L’Europe à pourtant de belles cartes à faire valoire,
    diversité culturelle, éconiomique, géologique, linguistique.
    L’unification devrait être fraternelle => et non financière …
    Tout reporter au fric est voué à l’échec,
    dans quelque domaine que ce soit !

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    • Letaulier // 03.02.2013 à 10h51

      Et bien justement c’est cette diversité qui fait la difficulté d’unification. Comment unifier des peuples qui parlent des dizaines de langues différents, des religions différentes (Catholiques, protestants, orthodoxes et même bientôt musulmans) etc…

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    • Lisztfr // 03.02.2013 à 12h10

      A faire valoir, contre qui ? votre fraternité s’arrête aux portes de l’Europe ?

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  • fabien775 // 03.02.2013 à 12h33

    Nous vivons dans un monde égoïste ou le chacun pour soi est devenu la norme. Comment voulez-vous faire fonctionner des pays avec des mentalités aussi différentes? C’est juste impossible et on le voit très bien dès qu’un problème qui exigerait de la solidarité survient. On veut faire circuler sur une petite route, des poids lourds, des voitures, des motos, des vélos, des piétons sur une seule voie. Cela donne quoi au final, un gros merdier impossible à résoudre.

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    • Letaulier // 03.02.2013 à 12h58

      C’est vrai que du temps des colonies c’était mieux, les Chinois fumaient de l’opium vendu par les Anglais et ils ne venaient pas nous faire chier avec leurs produits.

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    • chris06 // 03.02.2013 à 13h13

      @fabien775,

      “Nous vivons dans un monde égoïste ou le chacun pour soi est devenu la norme. ”

      vous croyez, vraiment, que le monde était moins égoïste et que les humains faisaient preuve de plus de solidarité du temps des guerres impérialistes qui ont ravagé l’Europe et le monde ainsi que des empires coloniaux des siècles passés?

      C’est quand même marrant cette idée “pseudo romantique” récurrente dans de nombreux commentaires que tout était tellement mieux par le passé…

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  • BA // 03.02.2013 à 21h00

    Sur son blog, Laurent Pinsolle écrit :

    L’étude à laquelle je me réfère a été rédigée en 1999 par trois économistes. Elle est issue du ZEI, le Centre pour les Etudes sur l’Intégration Européenne de l’université de Bonn, dont je vous invite à visiter le site pour bien constater qu’il ne peut guère être accusé d’euroscepticisme, puisque son objectif déclaré est de « contribuer à trouver des solutions aux problèmes non résolus d’intégration européenne et la construction du rôle international de l’Europe ».

    Cette étude revient sur la scission de la Tchécoslovaquie au début des années 90. En juin 1992, les élections législatives produisent un résultat insoluble où, dans la partie Tchèque, une coalition de droite l’emporte alors que dans la région Slovaque, c’est la gauche qui l’emporte. Assez rapidement, les tchécoslovaques s’entendent pour couper le pays en deux au 1er janvier 1993. Et l’union monétaire qu’ils souhaitaient pourtant conserver se disloque dès le mois de février.

    La Tchécoslovaquie n’était pas une Zone Monétaire Optimale.

    Les auteurs concluent que ce sont des raisons politiques qui ont conduit à la rupture. Mais alors que l’Union Européenne se dirigeait vers la création de l’euro, ils se demandent tout de même si la Tchécoslovaquie était une Zone Monétaire Optimale et s’il y avait un sens à revenir à des monnaies nationales. Ils décrivent donc les trois conditions qui définissent une Zone Monétaire Optimale : le budget central, la mobilité des travailleurs et la convergence macro-économique. Et, surprise, leur résultat est négatif.

    S’il existait bien sûr un budget central, qui assurait des transferts importants, les deux autres facteurs n’étaient pas vérifiés. En effet, la mobilité des travailleurs entre les deux parties du pays était très faible malgré des différences de salaires qui auraient du y inciter. En outre, il n’y avait pas de convergence, les économies ne s’étant pas du tout rapprochées depuis l’après-guerre. Ils notent en revanche que la séparation a contribué à réduire les échanges entre les deux nouveaux pays.

    Des leçons pour la zone euro.

    L’exemple de la Tchécoslovaquie est redoutable pour les défenseurs de la monnaie unique. Voici un pays d’une taille limitée, qui a existé pendant soixante-dix ans, avec un budget commun, et dont on imagine que la convergence était facile. Mais non, ni l’unité budgétaire, ni l’autorité d’un Etat commun et autoritaire pendant si longtemps n’ont permis à la Slovaquie et à la République Tchèque de se fondre en ce que les économistes appellent une Zone Monétaire Optimale.

    Ces soixante-dix ans d’histoire commune n’ont ni développé la mobilité de la population ni la convergence des structures économiques. Autant dire que ce qui n’a pas été possible en plusieurs décennies avec un Etat central fort sur un petit territoire est donc totalement impossible à l’échelle d’une zone euro aussi grande et diverse. Même un Etat extrêmement fort et autoritaire ne ferait pas du continent européen ou même d’un petit groupe de pays une Zone Monétaire Optimale.

    Bref, la lecture de ce rapport sur la séparation monétaire de la Slovaquie et la République Tchèque démontre que l’aventure de la monnaie unique est décidemment bien hasardeuse. Heureusement les auteurs concluent qu’une sortie de l’euro ne serait ni compliquée ni chère.

    Laurent Pinsolle.

    http://www.gaullistelibre.com/2013/02/fin-dune-monnaie-unique-le-precedent.html#more

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  • fabien775 // 03.02.2013 à 21h02

    @chris06
    Je n’ai jamais dit que c’était mieux avant. Il y a cependant une grosse différence aujourd’hui. Nous vivons dans une société ou les informations ne manquent pas si on s’en donne un peu la peine. On ne pourra pas dire comme en 39-45 et les camps de concentration que l’on ne savait pas. Nous connaissons les principaux responsables des désordres qui mettent à genoux la plupart des économies occidentales. Il y a un silence assourdissant sur cet état de fait. Il est maintenant question de l’avenir de la planète dans son entièreté. Mais peut-être que la disparition de l’espèce humaine ne sera pas un mal pour la terre, après tout!
    Cette question va se poser bientôt à l’allure ou les évènements s’accélèrent aujourd’hui. On fait quoi, alors?

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  • caroline Porteu // 04.02.2013 à 10h53

    En tout cas , l’analyse de RIA NOVOSTI donne un superbe éclairage à la décision du Qatar d’investir dans les PME grecques . Elle est totalement dans la lignée de la satellisation que veulent faire les américains en Grèce .
    Des PME de taille réduite sont bien plus faciles à contrôler que des grands groupes .

    Ils ont loupé la première tentative de s’approprier les réserves grecques .. ils reviennent par la bande

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  • Fmar // 04.02.2013 à 16h39

    Le processus en cours en grece est le même que dans les pays d’Amérique latine ou autres émergents dans le reste du monde.
    Mis en échec de l’état, intervention des grands argentiers, étouffement de l’économie, faillite ou presque, mise en place de plans de rigueurs, VENTE des principaux actifs du pays puis spoliations par les grandes entreprises en collusion avec les argentiers des ressources du pays.

    Non franchement le plan se déroule sans accrocs, d’autant que d’ici là, les dettes auront toutes été transférées aux contribuables européens. C’est un vrai tour de force.

    Cet Article de Roubini est très claire :
    1) Exit grec obligatoire et inéluctable
    2) Max de pertes pour les contribuables européens
    “La seule façon de sortir de cette crise consiste d’instaurer un processus ordonné de sortie de zone et de défaut de paiement, coordonné et financé par la Banque centrale européenne, l’Union européenne et le Fonds monétaire international (la « Troïka »), et qui réduira au minimum les dégâts collatéraux pour la Grèce et le reste de la zone euro.”

    “Ce qui revient à une prise en charge effective du système bancaire grec par les contribuables européens, qui ne serait cependant qu’une contrepartie partielle des pertes imposées sur les créanciers par la conversion en drachme des créances grecques.”

    “Pour minimiser ce risque, les réserves de la Troïka actuellement consacrées au renflouement de la Grèce devraient servir à contenir l’emballement de la dévaluation ; en conjonction aux contrôles des capitaux.”

    “En plus des apports en liquidité de la BCE, les nouveaux fonds officiels considérables du FMI, de la BCE et du MSE mis à disposition de ces pays permettront d’endiguer le mal et de protéger les banques des autres pays périphériques vulnérables de la zone euro.”

    3) Nouveau sauvetage des banques (bah oui faut aider les copains)
    “Les pertes que les banques de la zone euro devront essuyer seraient maîtrisables, si les banques bénéficiaient d’un renflouement adéquat et substantiel.”

    “Quoi que la Grèce fasse, il est urgent de recapitaliser les banques de la zone euro, qui ont besoin d’un nouveau programme d’apports directs de capitaux dans toute l’Union européenne.”

    Il n’a quand même pas encore abordé le sujet de comment on va se répartir les richesses locales, mais je parie que dans le prochain billet (ou celui d’un de ses pairs) on aura déjà des bribes.

    Ils sont forts quand même. Ca revient à dire la grèce sort mais les institutions européennes continuent de renflouer, colmater.

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  • fabien775 // 05.02.2013 à 00h54

    En 2010, il aurait suffit de 10 milliards d’Euros pour sauver la Grèce. Mais il fallait leur donner une leçon. Ou en sommes-nous maintenant? Un puit sans fond, bravo l’ Europe..

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    • Letaulier // 05.02.2013 à 06h03

      C’est vrai il aurait suffit de 10 milliards…tous les 6 mois pendant vingt pour sauver la Grèce. Et Puis 10 milliards aussi pour le Portugal, l’Espagne, l’Irlande, Chypre, l’Italie, la Hongrie, la Bulgarie, la Roumanie…

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  • Rey64 // 05.02.2013 à 07h02

    “Le fait de remettre la sortie de zone après l’élection de juin d’un nouveau gouvernement en faveur d’une variante des mêmes politiques inopérantes (l’austérité amplificatrice de récession et les réformes structurelles) ne fera pas revenir la croissance et la compétitivité”

    Vraiment, l’austérité? Quelle austérité?!
    http://www.contrepoints.org/2012/05/17/83480-lausterite-au-royaume-des-aveugles (article de Mai 2012, toujours d’actualité)

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