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10.novembre.202210.11.2022 // Les Crises

Guerres de la drogue et destruction de l’environnement : dans son discours à l’ONU, le président colombien accuse les États-Unis

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Lors de son discours à l’Assemblée générale des Nations Unies, le président colombien de gauche nouvellement élu, Gustavo Petro, a dénoncé la guerre contre la drogue et la destruction de la planète menée par les États-Unis. Nous reproduisons ici l’intégralité de ses propos.

Un discours intéressant à (re)lire en période de COP27…

Source : Jacobin Mag, Gustavo Petro
Traduit par les lecteurs du site Les-Crises

Le président colombien Gustavo Petro prend la parole lors de la 77e session de l’Assemblée générale des Nations Unies (AGNU) au siège de l’ONU, le 20 septembre 2022, à New York. (Anna Moneymaker / Getty Images)

Lors de son discours à l’Assemblée générale des Nations Unies cette semaine, le président colombien de gauche nouvellement élu, Gustavo Petro, a dénoncé la guerre contre la drogue et la destruction de la planète menée par les États-Unis. Nous reproduisons ici l’intégralité de ses propos.

Ce qui suit est une traduction du discours du président colombien Gustavo Petro devant l’Assemblée générale des Nations Unies.

Monsieur le Secrétaire général des Nations Unies António Guterres, Excellences, mesdames et messieurs les chefs d’État et chefs de mission accrédités à la 77e Assemblée générale des Nations Unies ; Madame la Vice-Secrétaire générale des Nations Unies Amina Mohammed, vous tous.

Je viens de l’un des trois plus beaux pays de la planète. Là explose la vie. Il y a des milliers d’espèces multicolores dans les mers, dans les cieux, dans les terres. Je viens du pays des papillons jaunes et de l’enchantement. Là, dans les montagnes et les vallées qui revêtent toutes les nuances de vert, non seulement les eaux abondantes coulent, mais aussi les torrents de sang.

Je viens d’un pays à la beauté gorgée de sang. Mon pays n’est pas seulement beau —il est aussi violent.

Comment la violence et la beauté peuvent-elles coexister ainsi ? Comment la biodiversité de la vie peut-elle être entrelacée avec les danses de la mort et de l’horreur ? Qui est à blâmer pour avoir rompu l’enchantement en faisant régner la terreur ? A qui ou à quoi doit-on faire porter la responsabilité de vouloir noyer la vie derrière la routine des décisions liées à la richesse et à l’intérêt ? Qui nous conduit à la destruction en tant que nation et en tant que peuple ?

A qui ou à quoi doit-on faire porter la responsabilité de vouloir noyer la vie derrière la routine des décisions liées à la richesse et à l’intérêt ?

Mon pays est beau, parce qu’il abrite la jungle amazonienne, la forêt du Chocó, les eaux, la cordillère des Andes et les océans. Dans ces forêts tropicales, le monde émet de l’oxygène et absorbe du CO2 atmosphérique. Parmi des millions d’espèces, l’une de ces plantes qui absorbe le CO2, est l’une des plus menacées sur la Terre. Partout où elle pousse, on cherche à la détruire. C’est une plante amazonienne. C’est la coca, la plante sacrée des Incas.

La jungle que nous essayons de sauver est, au même moment, détruite, comme à une croisée des chemins paradoxale.

Pour détruire la plante de coca, on pulvérise des poisons, des quantités massives de glyphosate qui se déversent dans les eaux, on appréhende ses cultivateurs et on les emprisonne. Pour détruire ou posséder la feuille de coca, un million de Latino-Américains sont assassinés, et deux millions d’Afro-Américains sont emprisonnés en Amérique du Nord.

« Détruisez la plante qui tue », criez-vous depuis le Nord, « Détruisez-la ». Mais cette plante n’est qu’une parmi des millions d’autres qui périssent lorsqu’on déchaîne le feu sur la forêt tropicale.

« Détruisez la forêt tropicale », «[Détruisez] l’Amazonie » tel est le mot d’ordre suivi par les États et les entreprises. Peu importe que les scientifiques aient fait de la forêt tropicale l’un des grands piliers du climat. Pour les gens de pouvoir de ce monde, la forêt tropicale et ses habitants sont à blâmer pour le fléau qui les frappe. Les gens de pouvoir sont rongés par la dépendance à l’argent, à leur propre pérennité, au pétrole, la cocaïne et les drogues les plus dures afin de mieux s’anesthésier.

Rien n’est plus hypocrite que les discours pour sauver la forêt tropicale. La forêt tropicale brûle, Messieurs, pendant que vous faites la guerre et en jouez. La forêt tropicale, pilier climatique du monde, disparaît avec toute sa vie. La grande éponge qui absorbe le CO2 de la planète s’évapore. La forêt tropicale – salvatrice – est considérée dans mon pays comme l’ennemi à vaincre, comme une mauvaise herbe à éradiquer.

La contrée de la coca et des paysans qui la cultivent, parce qu’ils n’ont rien d’autre à cultiver, est diabolisé. Mon pays ne vous intéresse pas, si ce n’est pour remplir ses forêts tropicales de poison, mettre ses hommes en prison et jeter ses femmes dans l’exclusion.

L’éducation de ses enfants ne vous intéresse pas, vous préférez tuer sa forêt tropicale et extraire le charbon et le pétrole de ses entrailles. L’éponge qui absorbe le poison est inutile ; vous préférez répandre davantage de poison dans l’atmosphère.

Nous sommes votre excuse pour le vide et la solitude de votre propre société qui vous ont poussés à vivre dans votre bulle de drogue. Nous vous masquons ces problèmes que vous refusez de résoudre. Il est plus simple de déclarer la guerre à la forêt tropicale, à ses plantes, à ses habitants.

Pendant que vous laissez brûler les forêts, pendant que les hypocrites éradiquent les plantes avec des poisons pour cacher les désastres de leur propre société, on nous demande toujours plus de charbon, toujours plus de pétrole pour assouvir l’autre addiction : celle de la consommation, du pouvoir, de l’argent.

Qu’est-ce qui est le plus toxique pour l’humanité : la cocaïne, le charbon ou le pétrole ? Les diktats du pouvoir ont décidé que la cocaïne est le poison et doit être poursuivie, même si les décès par overdose qui lui sont imputables sont en nombre minimes (on en compte bien plus qui sont dus aux substances qui lui sont ajoutées en raison de son illégalité imposée).

Pendant ce temps, le charbon et le pétrole doivent être protégés, même si leur utilisation peut éradiquer toute l’humanité. Telles sont les façons du pouvoir mondial, de l’injustice, de l’irrationalité, parce que le pouvoir mondial est devenu irrationnel.

Dans l’exubérance de la forêt tropicale, dans sa vitalité, vous voyez la luxure, le péché – la coupable origine de la tristesse de vos sociétés est inscrite dans la profonde compulsion illimitée de possession et de consommation. Comment cacher la solitude du cœur – sa sécheresse au sein de sociétés dépourvues de sentiments, compétitives jusqu’à emprisonner l’âme dans la solitude – si ce n’est en accusant la plante, l’homme qui la cultive, les secrets libérateurs de la forêt tropicale. Selon les puissances mondiales irrationnelles, ce ne serait pas la faute du marché si l’existence est écourtée, c’est celle de la forêt tropicale et de ceux qui l’habitent.

Les comptes bancaires ne connaissent plus de limites. Même au cours des siècles, l’argent détenu par les plus puissants de la Terre ne pourrait pas être dépensé. La tristesse existentielle induite par cet appel artificiel à la concurrence est remplie de bruits et de drogues. La dépendance à l’argent et aux avoirs a un autre visage : la dépendance à la drogue chez ceux qui perdent la compétition, les perdants de cette course artificielle en laquelle l’humanité s’est transformée.

On ne guérit pas la maladie de la solitude en pulvérisant du glyphosate sur les forêts tropicales. La forêt tropicale n’est pas coupable. La coupable, c’est votre société qui a été formatée à la consommation sans fin, à cette confusion stupide entre consommation et bonheur qui permet aux poches du pouvoir de se remplir d’argent. La coupable de la toxicomanie n’est pas la forêt tropicale – c’est l’irrationalité de votre pouvoir mondial.

Éclairez votre pouvoir par la raison. Allumez à nouveau les lumières du siècle. La guerre contre les drogues sévit depuis quarante ans. Si nous ne rectifions pas le tir et que nous continuons pour quarante années de plus, les États-Unis verront 2 800 000 jeunes mourir d’overdose due au fentanyl, qui n’est pas produit dans notre Amérique latine. Vous verrez des millions d’Afro-américains emprisonnés dans vos prisons privées – l’Afro-américain emprisonné deviendra le pion des entreprises pénitentiaires. Un million de Latino-Américains de plus seront assassinés ; nos eaux et nos champs verts se rempliront de sang. Vous verrez mourir le rêve de la démocratie, tant dans mon Amérique que dans l’Amérique anglo-saxonne. La démocratie mourra là où elle est née, dans la grande Athènes de l’Europe occidentale.

En cachant la vérité, vous verrez mourir la forêt tropicale et les démocraties.

La guerre contre les drogues est un échec. La lutte contre le changement climatique est un échec. Vous avez augmenté la consommation mortelle de drogues. Vous êtes passés des drogues douces aux drogues les plus dures. Un génocide a eu lieu sur mon continent, et dans mon pays, des millions de gens ont été condamnés à la prison. Pour cacher votre propre culpabilité sociale, vous avez accusé la forêt tropicale et ses plantes. Vous avez nourri vos discours et vos politiques d’absurdités.

Depuis mon Amérique latine blessée, j’exige la fin de la guerre irrationnelle contre les drogues. La réduction de la consommation de drogues n’a pas besoin de passer par les guerres ou les armes ; elle passe par la construction par nous tous d’une société meilleure : une société plus solidaire, plus aimante, où l’intensité de la vie nous sauve des dépendances et des nouveaux esclavages. Voulez-vous moins de drogues ? Réfléchissez à moins de profit et à plus d’amour. Réfléchissez à un exercice rationnel du pouvoir.

Ne touchez pas avec vos poisons la beauté de mon pays. Aidez-nous, sans hypocrisie, à sauver la forêt amazonienne pour sauver la vie de l’humanité sur la planète.

Vous avez réuni les scientifiques, et ils ont parlé avec raison, avec des modèles mathématiques et climatiques. Ils nous ont dit que la fin de l’espèce humaine était proche, que son existence ne se comptait plus en millénaires, ni même en siècles. La science a tiré les sonnettes d’alarme, et nous avons refusé de l’écouter. La guerre a servi d’excuse pour ne pas prendre les mesures nécessaires.

Quand il fallait agir, quand les discours ne servaient plus à rien, quand il était indispensable de mettre de l’argent dans les fonds pour sauver l’humanité, quand il fallait sortir au plus vite du charbon et du pétrole, on a inventé une guerre, et puis une autre, et encore une autre. Vous avez envahi l’Ukraine, mais aussi l’Irak, la Libye et la Syrie. Vous avez envahi ces pays au nom du pétrole et du gaz. Vous avez découvert au XXIe siècle la pire de vos addictions : l’addiction à l’argent et au pétrole.

Les guerres vous ont servi d’excuse pour ne pas agir contre la crise climatique. Les guerres vous ont montré à quel point vous êtes dépendants de ce qui va mettre fin à l’espèce humaine.

Les guerres vous ont servi d’excuse pour ne pas agir contre la crise climatique.

Quand vous constatez que les populations affamées et souffrant de la soif migrent par millions vers le Nord, là où se trouve l’eau, vous les enfermez, vous construisez des murs, vous déployez vos mitrailleuses, vous tirez sur eux. Vous les expulsez comme s’ils n’étaient pas des personnes, vous avez multiplié par cinq les comportements de ceux qui ont élaboré les politiques conduisant aux chambres à gaz et aux camps de concentration ; vous êtes en train de reproduire 1933 à l’échelle planétaire, date du grand triomphe de l’assaut contre la raison, le jour du grand triomphe de l’assaut contre la raison.

Ne voyez-vous pas que la solution au grand exode qui s’est abattu sur vos pays dans le Nord est de faire revenir l’eau qui remplit les rivières et les nutriments qui emplissent les champs ?

La catastrophe climatique nous inonde de virus qui s’emploient à nous envahir et nous ravager, mais pendant ce temps, vous faites du business avec les médicaments et transformez les vaccins en marchandises. Votre proposition est que le marché nous sauve de ce que le marché lui-même a créé. Le Frankenstein de l’humanité réside dans le fait de laisser le marché et la cupidité agir sans planification, en renonçant à la matière grise et à la raison, en plaçant la rationalité humaine sous le joug de la cupidité.

Pourquoi la guerre, si ce qu’il nous faut c’est de sauver l’humanité ? A quoi servent l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord et les empires, si ce qui se profile c’ est la fin de l’intelligence ?

La catastrophe climatique va tuer des centaines de millions de gens – et écoutez bien – cette catastrophe n’est pas le fait de la planète, elle est le fait du capital. C’est le capital qui est à l’origine du désastre climatique. La logique qui consiste à entrer en relation les uns avec les autres pour consommer toujours plus, pour produire toujours plus, pour que quelques-uns gagnent toujours plus, produit le désastre climatique. Vous avez énoncé la logique de l’accumulation accrue du capital; le charbon et le pétrole sont devenus les moteurs de l’énergie et vous avez déclenché l’ouragan : les changements chimiques dans l’atmosphère sont toujours plus graves et plus mortels. Actuellement, dans ce monde parallèle, l’accumulation accrue du capital est une accumulation accrue de la mort.

Votre proposition est que le marché nous sauve de ce que le marché lui-même a créé.

Depuis les terres de la forêt tropicale et de la beauté, où vous avez décidé qu’une plante de la forêt amazonienne serait une ennemie, qu’il fallait extrader et emprisonner ses cultivateurs, je vous invite à mettre fin à la guerre et à arrêter la catastrophe climatique.

Ici, dans cette forêt amazonienne, l’humanité est en échec. Derrière les brasiers qui la consument, derrière son empoisonnement, il y a un échec intégral, civilisationnel de l’humanité.

Derrière la dépendance à la cocaïne et aux autres drogues, derrière la dépendance au pétrole et au charbon, se cache la véritable dépendance de l’époque actuelle de l’histoire humaine : la dépendance au pouvoir irrationnel, au profit et à l’argent. C’est l’énorme machine mortelle qui peut mettre fin à l’humanité.

En tant que président d’un des plus beaux pays du monde et de l’un des plus ensanglantés et violents, je vous propose de mettre fin à la guerre contre la drogue – et à toutes les guerres – et de permettre à notre peuple de vivre en paix.

J’en appelle à toute l’Amérique latine à cette fin. J’en appelle à la voix de l’Amérique latine afin que nous nous unissions pour vaincre l’irrationnel qui martyrise notre corps. Je vous demande de sauver la forêt amazonienne, toute la forêt amazonienne, grâce aux moyens qui pourront être affectés à la vie dans le monde entier.

Si vous n’êtes pas en capacité de trouver les fonds pour redonner vie à la jungle, si pour vous il est plus important d’affecter votre argent aux armes plutôt qu’à la vie, alors réduisons notre dette extérieure afin de pouvoir libérer et alimenter nos propres budgets et pouvoir ainsi réaliser la tâche de sauver l’humanité et la vie sur la planète. Si vous, gens du Nord ne voulez pas le faire, alors nous le ferons. Il suffit de remplacer la dette par la vie, seulement de remplacer la dette par la nature.

Telle est ma proposition, et j’appelle l’Amérique latine à en faire de même, à entamer le dialogue afin de mettre fin à la guerre. Ne nous contraignez pas à aligner nos armées sur les champs de la guerre. L’heure est à la Paix. Que les peuples slaves se parlent entre eux, que les peuples du monde se parlent entre eux. La guerre n’est qu’un piège qui nous rapproche de la fin des temps dans la grande orgie de l’irrationalité. Depuis l’Amérique latine, nous appelons l’Ukraine et la Russie à faire la paix.

Ce n’est que par la paix que nous pourrons sauver la vie sur cette Terre qui est la nôtre. Il n’y aura pas de « paix absolue » tant qu’il n’y aura pas de justice sociale, économique et environnementale. Nous aussi, nous sommes en guerre – avec la planète. Sans Paix avec la planète, il n’y aura pas de paix entre les nations. Sans justice sociale, il n’y aura pas de paix sociale.

Traduit initialement en anglais par ONU et Finance Colombie. Édité par Seth Wulsin.

Gustavo Petro est le trente-quatrième président de la République de Colombie.

Source : Jacobin Mag, Gustavo Petro, 24-09-2022

Traduit par les lecteurs du site Les-Crises

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Commentaire recommandé

Guadet // 10.11.2022 à 07h39

Très beau !
Dans nos démocraties otaniennes, les discours politiques n’ont plus aucune vision rationnelle, aucune proposition réelle, ils ne sont faits que de mesquineries de communication. Liberté et démocratie n’y sont plus que des mots entièrement vidés de leur sens.

16 réactions et commentaires

  • Guadet // 10.11.2022 à 07h39

    Très beau !
    Dans nos démocraties otaniennes, les discours politiques n’ont plus aucune vision rationnelle, aucune proposition réelle, ils ne sont faits que de mesquineries de communication. Liberté et démocratie n’y sont plus que des mots entièrement vidés de leur sens.

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  • Foxy // 10.11.2022 à 09h03

    Quand le dernier arbre aura été abattu
    Quand la dernière rivière aura été empoisonnée
    Quand le dernier poisson aura été péché
    Alors on saura que l’argent ne se mange pas.
    (texte apocryphe de Géronimo)

      +17

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  • Denis Monod-Broca // 10.11.2022 à 09h03

    Il a raison, malheureusement, de A à Z.
    Nous, nous le Nord, ou nous l’Occident, nous sommes les plus forts et nous sommes convaincus d’avoir raison, d’être du côté du Bien, mais la raison du plus fort n’est jamais la meilleure.
    Sommes-nous capables de penser contre nous-mêmes, capables de renoncer à la force ?
    En paroles nous donnons la primauté au droit sur la force mais, en actes, nous ne croyons qu’en la force.
    Nous avons de beaux principes, mais nous les trahissons.
    Sommes-nous capables, collectivement et individuellement, d’en prendre conscience et d’en tirer les conséquences.
    Ah, si la France, s’extrayant de la foule occidentale devenue folle, savait se dresser et dire « stop! »…

      +21

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  • mariflo // 10.11.2022 à 09h19

    oui c’est vraiment beau mais hélas vrai. Quand les gens se rendront-ils vraiment compte de tout ce que le président Colombien dit et dénonce ? La cupidité, le pouvoir, le capitalisme sont les coupables de la destruction du monde.
    Que faire à notre échelle de citoyen ? Déjà merci au site les crises de nous avoir traduit ce texte : trouverons-nous ce discours en Français dans les médias principaux du pays ? Non, bien sur ! C’est la raison pour laquelle il faut apprécier cette traduction ici et la diffuser au maximum à nos proches.

      +27

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  • Liberalvert // 10.11.2022 à 10h39

    Discours écris avec le cœur, mais il y a quatre points sur lesquels je suis en désaccord :

    – le capitalisme n’exclut pas l’amour, il permet surtout de développer une croissance qualitative de préférence, tout en réduisant la pauvreté (voir l’exemple de la Chine ; et bien entendu, les libertés interpersonnelles doivent être préservées pour que chacun puisse choisir le niveau de travail et de coopétition qui lui convienne (d’où l’importance de rapprocher capitalisme et libéralisme)

    – ce n’est pas le marché qui est en cause dans l’exploitation de l’Amazonie, mais le fait que les contrats signés avec les exploitants n’auraient pas dû être signés si ceux ci ne contenaient pas des conditions environnementales suffisantes (c’est donc au gouvernement brésilien d’inciter fortement à des contreparties environnementales pour les contrats mutuellement choisis). Sans oublier que les solutions de finance verte pourraient justement aider à financer la protection de l’Amazonie. La compensation des GES peut encore largement être améliorée.

      +0

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    • Olivier MONTULET // 10.11.2022 à 16h56

      Vous confondez épiphénomènes avec nécessité de s’attaquer au système en commençant pr l’identifier. Sans extinction du système libéral (pour le nommer justement), il est impossible de produire un système de justice sociale, paix et de respect de la nature. La compétition de tous contre tous prônée par le libéralisme (et ce depuis Voltaire, le riche propriétaire terrien exploiteur des paysans) est fondamentalement sans amour, ainsi le seul amour que le libéralisme promeut est celui de soi-même, le narcissisme emplein (inondé) par l’égoïsme et l’égocentrisme.

        +10

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    • RGT // 12.11.2022 à 16h11

      « le capitalisme n’exclut pas l’amour »…
      Non, il se contente de le tarifer pour le transformer en denrée échangeable contre espèces sonnantes et trébuchantes

      Bref, le capitalisme a transformé l’amour en prostitution à échelle industrielle et seuls ceux qui ont le plus de moyens peuvent désormais acheter celui ou celle qui correspond à ses rêves fantasmés.

      Et il en va de même pour tous les aspects de la vie. Juste du commerce dans lequel le client qui peut payer est roi.
      Les autres peuvent crever.

      Et si l’environnement et les autres espèces (qui n’ont rien demandé et qui n’ont qu’à crever car elles ne peuvent pas payer avec une monnaie que l’on peut faire fructifier) paye de leurs vies et de leur sang le prix fort ceux qui sont en haut de la pyramide du « darwinisme social » s’en foutent car ils ont AUSSI les moyens d’acheter des petits coins de paradis (un île sous un dôme d’air pur climatisé ou une station spatiale confortable) pour échapper aux désastres qu’ils auront eux-mêmes créés.

      Des gosses qui ne subissent jamais les conséquences de leurs bêtise criminelle.
      Ce sont les autres qui dégustent à leur place.

        +7

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  • UBU_53 // 10.11.2022 à 11h08

    Bravo,à ce président qui ose s’exprimer
    Le constat qu’il dresse est frappé au coin du bon sens et ce « machin » COP27 ferait bien d’en prendre connaissance
    Par contre ce courageux a tout intérêt à se méfier de Oncle Sam, Biden et surtout les faucons « pacifistes » US genre FBI, CIA et autres officines occultes ….. voir ce qui est arrivé à Saddam Hussein, Khadafi …. et tant d’autres surtout en Amérique latine.
    Merci au site les crises pour cette information qui sera totalement occultée par la macronie et sa presse aux ordres ….

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  • Patapon // 10.11.2022 à 11h54

    Un chef d’État. L’Amérique Latine parvient à sécréter une lucidité politique exceptionnelle. Je suis convaincu que les très anciens peuples ayant subi la colonisation et les massacres, ont survécu en transmettant des trésors de sagesse sociale. Mais l’Amérique du nord a bien plus massacré et asphyxié ces peuples que les autres Amériques, ce qui fait qu’on ne les y entend plus. Par contre, les sécrétions politiques des Amériques centrale et du sud sont pleines d’encouragements et d’espoir, leur démocratie est vivante et féconde. Les mouvements paysans, la défense de la forêt, la parole des peuples amazoniens, dans une relative modération et dans le respect. Ils ont expérimenté que la violence avait toujours profité à leurs oppresseurs.

      +4

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  • Fabrice // 10.11.2022 à 12h55

    les produits ont été testé avant au Vietnam et l’on connaît l’impact de ces saletés de produits, mais vu que les pays occidentaux et principalement les USA ne respectent même pas leurs terres pourquoi respecteraient ils les terres des autres pays en oubliant souvent la citation de Roosevelt qui disait : « Une nation qui détruit son sol se détruit elle-même ».

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  • toto // 10.11.2022 à 13h52

    Mille fois plus énorme que le Watergate et pourtant passé sous le radar… , Paul Moreira, Premières lignes, décembre 2014.

    https://www.pltv.fr/blogs/mille-fois-plus-enorme-que-le-watergate-et-pourtant-passe-sous-le-radar/

      +4

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  • Savonarole // 10.11.2022 à 14h59

    Point de détail : la Boliviana Negra. Juste histoire d’insister lourdement sur la vacuité de la guerre à la drogue à grand coup de glyphosate.
    Autre point qui m’amuse fort c’est la basketeuse US qui va se prendre ses neuf ans de goulag malgres tous les efforts de l’administration US pour pas que ça se passe. Ha la guerre à la drogue quand c’est les Russes qui le font c’est mal ,m’voyez ?
    Ce qui pose un problème de stup c’est quand on s’en sert à l’étranger contre des « bons americains » et/ou les produits utilisés par les noirs et les pauvres , les « mauvais américains »… ce qui est parfait vu qu’on manque de main d’oeuvre pas cher du tout , heureusement qu’on peut mettre les prisonniers en esclavage , sinon pas de pompiers en Californie quand ça crame , personne pour ramasser les poubelles à Philly et pas de petites mains pour engraisser les actionnaires de la CCA dans toute la conféderation.
    Enfin pour comprendre le pourquoi du comment en profondeur de la War on Drugs , il faut connaitre Harry J Anslinger, sa vie, son oeuvre… et putain il y aurait à en dire.
    Bref , les deux tiers du vidal c’est du psychoactif , 100% du DSM : là pas de problème avec les stups, les problèmes c’est quand ça les arrange que ça en soit.

      +7

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  • Olivier MONTULET // 10.11.2022 à 16h44

    J’aurais préféré le titre de  » guerre au libéralisme  » que celui du traducteur.

      +1

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    • Marie Colin // 11.11.2022 à 13h22

      bon c’est une traduction d’une traduction en Anglais ! mais pour l’avoir écouté en VO il me semble que le titre correspond bien…

        +1

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  • antoniob // 11.11.2022 à 05h51

    ce genre de propos à la tribune de l’ONU ne sont pas rares. Ce qu’il y a c’est que typiquement les régimes dits occidentaux s’en tapent royalement. Et donc les médias d’allégeance.

    Comme toujours dans le cas de l’arrivée au pouvoir d’un socialiste dans le Cône Sud, on peut se demander combien de temps les castes féodales et post-féodales locales vont le laisser en paix.

    Aussi, Petro peu après son élection a rétabli les relations avec le Vénézuéla et refusé de reconnaître l’homme des yanquis, Guaido.

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  • Bats0 // 13.11.2022 à 07h55

    Comme dit Flore VASSEUR, écrivaine et réalisatrice, sur la chaîne Thinkerview ( https://www.youtube.com/watch?v=lrjHhO-3Pyc ) « entre confort et humanité, il faut choisir », nous faisons le choix du confort.
    Les Mamos et Sagas, autorités spirituelles des Kogis, peuple amérindien vivant dans la Sierra Nevada de Santa Marta dans le nord de la Colombie, disent « tout ce qui est enfoui dans la terre doit rester dans la terre »; et nous, nous avons choisi le confort.
    Je pense que ce confort dont nous jouissons, nous allons le payer au prix le plus fort; si ce n’est pas notre génération, ce sera celle de nos enfants ou de nos descendants, car le temps est compté.

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