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11.novembre.202211.11.2022 // Les Crises

Le Canada soutient la nouvelle stratégie expansionniste de l’OTAN

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Le gouvernement canadien de Justin Trudeau a adopté avec enthousiasme le nouveau « concept stratégique » de l’OTAN : l’expansion. Cette stratégie est un retour à la guerre froide – et la bonne recette pour des conflits militaires plus fréquents.

Source : Jacobin Mag, Mitchell Thompson
Traduit par les lecteurs du site Les-Crises

Le premier ministre canadien Justin Trudeau s’adresse aux médias lors d’une conférence de presse au sommet de l’OTAN à Madrid, en Espagne, le 30 juin 2022. (GABRIEL BOUYS / AFP via Getty Images)

Le gouvernement du Canada a accueilli avec enthousiasme le nouveau concept stratégique de l’OTAN. Ce dernier est d’une franchise étonnante lorsqu’il appelle à un regain de préparation militaire – c’est un retour aux principes plus concrets de l’époque de la guerre froide de « dissuasion » par la confrontation. Dans un prétendu effort pour « contribuer à un monde plus pacifique », le concept stratégique 2022 de l’OTAN promet une extension « tous azimuts » de la force militaire.

Cette proposition oblige le Canada et les autres membres de l’OTAN à être prêts à s’impliquer dans des « régions d’intérêt stratégique », aujourd’hui mais aussi à l’avenir. Elle tend à renforcer la puissance de l’OTAN afin d’encercler plus résolument les puissances qu’elle considère comme belliqueuses.

Tout en dénonçant les gouvernements « agressifs » tels que la Chine et l’Iran, la nouvelle stratégie de l’OTAN impose à ses membres de se préparer à des « combats de haute intensité et multi-domaines » dans « toutes les sphères ». Ce concept stratégique garantit la « dissuasion et la défense en amont grâce à la présence de solides unités, polyvalentes et prêtes au combat, à des dispositifs de commandement et de contrôle améliorés, à des munitions et des équipements prépositionnés et à une capacité et une infrastructure améliorées pour renforcer rapidement tout Allié ». À court terme, cela veut dire porter la force de réaction rapide de l’OTAN à quarante mille hommes, « prépositionner » davantage de munitions en Europe de l’Est et renforcer la « défense aérienne et antimissile intégrée » de l’OTAN.

Mais cette stratégie ne se limite pas au seul renforcement de la force militaire des membres de l’OTAN en Europe. Ce concept préconise également d’étendre la puissance de l’OTAN à des « régions présentant un intérêt stratégique pour l’Alliance, notamment le Moyen-Orient, l’Afrique du Nord et le Sahel ».

Une fois le concept approuvé, le premier ministre Justin Trudeau a fait l’éloge du document en déclarant : « L’OTAN a réaffirmé la pérennité de ses liens transatlantiques. Les Alliés de l’OTAN sont en effet tous réunis et déterminés à défendre les valeurs de l’Alliance, et à renforcer notre organisation défensive, aujourd’hui et aussi à l’avenir. »

Le Canada s’engage à « passer rapidement à l’échelon supérieur »

Les engagements du gouvernement Trudeau vis à vis de l’expansion de la puissance de l’OTAN vont au-delà de simples mots et du fait de porter des chaussettes flashy arborant le logo de l’OTAN. Trudeau a déclaré que « le Canada prend toujours part aux missions de l’OTAN et y contribue de manière significative » et a promis « de monter en puissance » et de renforcer « rapidement » la capacité et la présence militaires du Canada.

Comme l’a révélé le Toronto Star, le gouvernement canadien, dans le cadre d’une série de réunions à huis clos, a été l’un des membres les plus actifs en faveur de l’adhésion de la Finlande et de la Suède à l’alliance autoproclamée « alliance nucléaire ». Le gouvernement canadien a également été le premier membre à ratifier leur adhésion début juillet, affirmant que l’adhésion de la Suède et de la Finlande « permettra de renforcer l’OTAN. »

Lors d’une rencontre avec le président Volodymyr Zelensky, deux jours avant que l’Ukraine ne présente sa demande d’adhésion à l’alliance nucléaire le 30 septembre, Trudeau a promis de maintenir le soutien militaire du Canada. Si la candidature est retenue, elle donnerait vraisemblablement à l’Ukraine le droit d’organiser une confrontation militaire en vertu de l’article 5 de la charte de l’OTAN. Par le passé, la candidature de l’Ukraine a été explicitement approuvée par l’ancien premier ministre Stephen Harper – à condition que l’Ukraine promette de continuer à ouvrir son économie aux investissements canadiens.

Le gouvernement Trudeau s’est également déjà engagé à poursuivre le déploiement d’un millier de militaires, d’avions et de navires de guerre des Forces armées canadiennes en Europe de l’Est dans le cadre de l’opération « Réassurance » [L’opération Reassurance est une initiative des Forces armées canadiennes qui remonte à 2014, lorsque les partenaires de l’OTAN « se sont mis d’accord et ont commencé à adopter une série de mesures militaires le 16 avril 2014 », en réponse à l’annexion de la Crimée en février 2014 par la Fédération de Russie, NdT]. La ministre de la Défense, Anita Anand, a déclaré à Bloomberg que la présence militaire « se transformera en une force de niveau brigade en Lettonie », prête à « apporter des moyens essentiels pour les opérations, tels que des munitions et des explosifs, des systèmes de défense aérienne et des systèmes d’armes antichars ».

Le Cabinet du Premier ministre s’est en outre engagé à fournir 3 400 soldats supplémentaires à la Force de réaction. Dans l’immédiat, la présence militaire du Canada sera également maintenue en Irak dans le cadre de la mission de « renforcement des capacités » de l’OTAN et accroîtra « le personnel de la Force de l’OTAN au Kosovo. »

Promouvoir le « hard power »

[Le hard power est un concept utilisé principalement par le réalisme dans les relations internationales. Il désigne la capacité d’un corps politique à imposer sa volonté à d’autres corps politiques à l’aide de moyens militaires et économiques, NdT].

Lors d’un arrêt de la campagne électorale de 2021, Trudeau s’est engagé à ce que le Canada soit un « membre puissant de l’OTAN », s’engageant à être « un partenaire dans la défense de l’Amérique du Nord, et dans la propagation de nos valeurs dans le monde. »

Depuis février, les responsables de l’OTAN ont relancé leurs appels pour que les membres augmentent leurs dépenses militaires. Lors d’une conférence de presse de l’OTAN, le secrétaire général Jens Stoltenberg a fait remarquer qu’il aimerait voir les pays membres faire encore plus et a appelé « tous les alliés à intensifier leurs efforts ». Trudeau s’est empressé de répondre à cet appel.

Le budget 2022 du Canada propose d’augmenter les dépenses militaires annuelles du pays les faisant passer de 36,3 milliards de dollars à 51 milliards de dollars d’ici 2025-26 – renforçant ainsi le « hard power » du Canada – afin d’atteindre l’objectif de 2 % du PIB fixé par l’OTAN pour les dépenses de défense. En amont du budget 2022, la ministre de la Défense, Anita Anand, avait déclaré à CBC News : « Personnellement, je propose des options volontaristes qui permettraient au [Canada] de dépasser le niveau de 2 %. »

Les platitudes pacifistes de l’OTAN sont, depuis sa création, en contradiction directe avec ses opérations agressives.

L’augmentation massive des dépenses militaires prévue, note le budget, est censée s’appuyer sur le livre blanc de la défense publié par le gouvernement en 2017, Protection, Sécurité, Engagement (PSE). Dans ce document, le gouvernement Trudeau promettait de respecter d’ici 2037 l’objectif de l’OTAN en constante augmentation, en dépensant 63 milliards de dollars par an pour l’armée. Cela impliquait l’achat de quinze navires de guerre et de quatre-vingt-huit nouveaux avions de chasse.

Le livre blanc décrit le plan visant à mettre sur pied une armée canadienne prête à engager jusqu’à 1 500 soldats pour combattre « avec une capacité déterminante » sur deux théâtres de guerre simultanément. « Agir de manière déterminante avec une capacité militaire efficace est le but ultime de la nouvelle approche du Canada en matière de défense », peut-on lire dans le document. « Les Forces armées canadiennes seront prêtes à réitérer le ferme engagement du Canada envers NORAD [Commandement de la défense aérospatiale de l’Amérique du Nord, Ndt] et l’OTAN, en agissant sur plusieurs théâtres simultanément », dont « un en tant que nation leader ».

Cette liste de priorités est accompagnée d’une carte du monde sur laquelle on peut voir les forces canadiennes déployées en Afrique, en Europe de l’Est, en Amérique latine et en Asie. Ces régions sont, comme par hasard, également les principaux sites d’investissement direct canadien à l’étranger.

La guerre, c’est la paix

L’OTAN et ses partisans affirment qu’il ne s’agit que d’un système de « défense collective occidentale » et en aucun cas d’une organisation belligérante. Mais l’OTAN est une alliance militaire qui élabore une liste d’ennemis – et d’ennemis potentiels – à mesure qu’elle met sur pied une force militaire prête au combat et susceptible d’être déployée dans le monde entier.

Les dossiers de presse relatifs à ce nouveau concept stratégique affirment que l’OTAN n’est ni une « menace » ni une force en quête de « confrontations ». Selon Stoltenberg, « Nous ne cherchons pas la guerre, le conflit avec la Russie. Mais dans le même temps, nous devons nous assurer qu’il n’y a pas de malentendu quant à notre engagement à protéger tous les alliés.» La ministre canadienne des Affaires étrangères insiste de même sur le fait que – en dépit de l’augmentation massive des dépenses militaires du Canada pour se préparer, explicitement, à mener de nouvelles opérations de combat – le Canada ne cherche pas un « conflit international. »

Mais la réalité est que l’OTAN a pour mandat de s’élargir. Cela signifie, en fait, qu’elle doit encercler les pays qui, selon elle, s’efforcent de « perturber » l’« ordre international régi par des règles » grâce à des forces terrestres, une puissance navale et une puissance aérienne « intégrées ». Elle a également pour mandat d’étendre sa « sphère» aux régions d’« intérêt », dont la plupart se trouvent bien au-delà des frontières de l’Europe.

Les platitudes pacifistes de l’OTAN sont, depuis sa création, en contradiction directe avec ses opérations agressives. En 1952, trois ans à peine après sa fondation, l’OTAN a approuvé le tristement célèbre « réseau Gladio », composé de groupes secrets de guerilleros lourdement armés, se tenant toujours prêts à attaquer les partis perçus comme pro-soviétiques et les organisations de gauche dans toute l’Europe. Les réseaux terroristes, qui regroupaient souvent les forces d’extrême droite, disposaient de stocks d’armes en Belgique, en France, en Italie, en Grèce et en Allemagne.

Dès ses premiers jours, l’OTAN a directement aidé les conquêtes coloniales de ses membres. Le Canada lui-même, à cette fin, a soutenu le développement de la force militaire intégrée de l’OTAN et son « programme d’aide mutuelle » à hauteur de de 300 millions de dollars. Ce soutien est demeuré constant même lorsque des puissances de l’OTAN comme la France et le Portugal ont aidé à financer des guerres de conquête contre des mouvements anticoloniaux en Asie et en Afrique.

L’ancien premier ministre et ardent combattant de la guerre froide Lester Pearson, qui a assisté à la signature du traité de 1949 et est considéré comme l’un des fondateurs de l’OTAN, l’a reconnu dans un discours prononcé en 1953 : « L’aide que nous avons apportée à la France en sa qualité de membre de l’association de l’OTAN a pu l’aider récemment à honorer certaines de ses obligations en Indochine. » Il a également défendu avec constance « les pays qui ont encore la responsabilité directe de territoires non autonomes » de toute critique ou sanction.

Expansion militaire

Au-delà de l’aide financière aux États membres, l’OTAN a également longtemps flirté avec une plus vaste expansion militaire dépassant largement les frontières de l’Europe. Le procès-verbal de la conférence de l’OTAN de 1956 confirme que les membres, qui se préparaient à doter l’alliance d’armes atomiques, se sont préoccupés de la conférence de Bandung [À la conférence de Bandung, du 18 au 24 avril 1955, se réunissent des pays d’Asie et d’Afrique, nouvellement indépendants, pour affirmer leur non-alignement sur les puissances mondiales. Elle réunit 29 pays: 23 d’Asie et 6 d’Afrique, NdT] et de la « menace de pénétration soviétique au Moyen-Orient ». La conférence s’était en outre engagée à restaurer le fonctionnement « intégral et libre » du canal de Suez après que la France, la Grande-Bretagne et Israël eurent attaqué l’Égypte à cette même fin la même année.

En 1963, le secrétaire général D. U. Stikker se vantait du fait que grâce à la « force militaire de l’alliance » on avait évité toute « crise » ultérieure menaçant les intérêts occidentaux « depuis la confrontation concernant Cuba ». En 1964, le département d’État américain tire parti de son rôle au sein de l’OTAN pour recruter « les équipements et les effectifs » de ses alliés dans le cadre de sa campagne visant à « faire flotter davantage de drapeaux au Sud-Vietnam. » [La campagne « Many Flags » (beaucoup de drapeaux) était une initiative du président américain Lyndon Johnson visant à faire participer les alliés des États-Unis en Asie et dans le Pacifique à la guerre du Vietnam pour soutenir le Sud-Vietnam. Le programme était également un effort de propagande pour enrôler les forces du monde libre dans la guerre froide contre le communisme, NdT].

En 1980, en réponse à la guerre soviéto-afghane, les membres de l’OTAN ont été incités à augmenter leurs dépenses militaires et à « agir de manière cohérente » avec les États-Unis, qui préparaient de nouveaux déploiements navals dans des « régions lointaines ». Lors de la conférence de l’OTAN à Bruxelles en 1980, le secrétaire général Joseph Luns a même évoqué l’envoi de « forces déployées par l’OTAN » en « Asie du Sud-Ouest » pour soutenir les efforts des États-Unis et défendre « les intérêts vitaux des pays membres en dehors de la zone du Traité de l’Atlantique Nord. »

Depuis la fin de la guerre froide, alors que l’OTAN passait de seize à trente membres et effectuait ses premières interventions officielles, l’ancien ambassadeur du Canada auprès de l’OTAN, Jean-Pierre Juneau, se félicitait du positionnement de l’organisation en tant qu’« alliance de premier recours ». L’OTAN doit s’atteler, selon Juneau, à la constitution progressive de « forces capables de se déployer rapidement pour soutenir des opérations dans la distance et le temps. »

Depuis la guerre du Golfe en 1991, l’OTAN a lancé des campagnes de bombardement et des occupations militaires extrêmement destructrices : démantèlement de la Yougoslavie, guerre menée par les États-Unis en Afghanistan et renversement du gouvernement libyen.

Dans tous ces cas, le Canada a été un participant zélé. Ce ne sont là que quelques-uns des exemples les plus récents de ce que le premier ministre Trudeau appelle « l’engagement indéfectible du Canada au sein de l’OTAN. »

Le nouveau concept stratégique de l’OTAN pourrait bien être un pas vers un monde où les conflits militaires seront plus nombreux. Le soutien du Canada sera inébranlable.

Contributeur : Mitchell Thompson est écrivain, chercheur et producteur radio occasionnel à Toronto.

Source : Jacobin Mag, Mitchell Thompson, 03-10-2022

Traduit par les lecteurs du site Les-Crises

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Commentaire recommandé

nulnestpropheteensonpays // 12.11.2022 à 07h53

Cette tension permanent sous laquelle vivent les peuples d’occident est insupportable .On sait tous qu’elle ne sert qu’a maintenir au pouvoir les néolibéraux qui ont perdu , partout ,la confiance des électeurs . Si on est dans cette situation c’est pas la faute a leur politique , non , c’est la faute a Poutine , aux chinois , etc etc … Il n’y a aucune différence entre les néoliberaux et les aristocrates que nous avons décapité en 1789 , aucunes ! Des gens bouffis de leur orgueil et de la bêtise que leur autorise tout ceux qui se laissent acheter , exactement de la meme manière qu’a la cour des rois de france . Il est temps de reprendre le pouvoir et de le garder , et de mettre en place des formes de gouvernement qui empêchera a jamais leurs retour .

17 réactions et commentaires

  • antoniob // 11.11.2022 à 08h46

    en fait c’est du pipeau. Les bidasses de l’OTAN ne servent à rien car leurs pays ne veulent pas les envoyer au champ d’horreur. Le cas ukrainien montre que l’OTAN fait sacrifier des montagnes de citoyens qui ne sont pas membres, cause la destruction d’un pays non membre, doit recourir à tout ce qui possible comme mercenariat très coûteux, pour pas grand chose si ce n’est patiner contre un pays ayant répété depuis quinze ans qu’il est contre l’expansion.
    En prime les effets collatéraux ont des répercussions énormes.
    L’Allemagne qui est va-t’en guerre depuis les entourloupes du BND en 2013, se voit coupée de carburant par ses propres alliées de l’OTAN et file queue rabattue chez …la Chine. Des non-alignés voyant qu’avec peu de moyens les russes obligent los gringos à des budgets martiaux hyperboliques pour simplement tenir un bout de steppe, veulent faire un bloc à part.
    Les chars français qui doivent aller en Roumanie sont interdits de route en Allemagne car la France n’a pas vu que les plateaux de transports ne doivent pas dépasser 12t/essieu. On imagine le magasinier ukriinien qui récéptionne: – ils sont où les chars françaia? – bloqués par la douane allemande. Etc

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    • Cévéyanh // 11.11.2022 à 17h38

      Je n’avais pas connaissance que les canadiens étaient allés en France combattre pendant la 1ère Guerre Mondiale.
      En faisant quelques recherches, ce n’était pas « surprenant » car le Canada faisait partie des dominions (ancien nom des pays du Commonwealth) dont l’armée est attaché à l’armée britannique. Et nombre de personnes encore moins, il me semble, qu’il y avait aussi des indiens qui ont combattus (100 000 soldats). https://www.comptoirsinde.org/?p=2536
      https://www.persee.fr/doc/homig_1142-852x_2007_num_1268_1_4628

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      • Fritz // 11.11.2022 à 21h41

        Non seulement des Canadiens se sont battus en France en 1914-18, mais le mémorial de Vimy arbore les deux drapeaux du Canada : la bannière rouge (red ensign) chère aux loyalistes et le drapeau à feuille d’érable, institué en 1965 par le gouvernement Pearson.

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      • Garibaldi2 // 12.11.2022 à 02h39

         »Pendant la Première Guerre mondiale, quelque 2 millions d’Asiatiques sont venus grossir les rangs sur le front en Europe et au Moyen-Orient. Ces soldats de l’ombre ont non seulement combattu mais ils ont aussi servi de main-d’œuvre dans les usines, notamment en France. Des expériences qui changèrent leur vie mais aussi leur vision du monde et qui contribuèrent à déclencher la décolonisation, comme l’explique l’historienne Claire Tran. ». La suite sur https://lejournal.cnrs.fr/billets/premiere-guerre-mondiale-ces-asiatiques-venus-au-front

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    • Fabrice // 12.11.2022 à 08h40

      effectivement mais c’est le cas aussi pour les colonies françaises, et l’ensemble des colonies Britanniques, l’Australie, la Nouvelle-Zélande (j’ai pu voir les monuments aux morts là-bas qui sont aussi nombreux qu’en France), …

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    • Cévéyanh // 15.11.2022 à 23h01

      Le mémorial de Vimy est impressionnant, avec plein de symboles. A l’inauguration en 1936, les mots d’Ernest Lapointe (ministre canadien de la Justice) : «L’ultime hommage que nous pouvons offrir aux soldats canadiens, est d’affirmer que leurs sacrifices ont contribué à introduire dans notre civilisation le plus grand principe moderne — celui de la Paix basée sur la reconnaissance des droits des peuples à la vie et la justice.» Comment sonnent ces mots du passé, aujourd’hui ?

      C’est un élément significatif que donne Claire Tran : comme les descendants d’esclaves états-uniens qui ont combattus en France, il y a eu aussi un impact sur la perception et pensée de ces personnes venues d’Asie (et certainement aussi d’Afrique) et qui sont retournés dans leur pays.

      Lorsque nous pensons « guerre mondiale », la plupart n’ont pas (toujours) en tête les déplacements de plusieurs milliers de personnes non européennes ou non états-uniennes voulues par des occidentaux pour la guerre ou que l’empire Ottoman était en guerre aussi pour la 1ère. Il n’y a pas que la globalisation qui nous lie, nous sommes aussi liés par notre histoire commune… de colonisation et de guerre. Avons-nous une REELLE volonté de nous diriger vers une histoire commune de paix, d’entente, de rapprochement et de coopération REELLES ?

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      • Cévéyanh // 16.11.2022 à 19h46

        J’ai écrit : « Lorsque nous pensons « guerre mondiale », la plupart n’ont pas (toujours) en tête les déplacements de plusieurs milliers de personnes non européennes ou non états-uniennes ».

        Et je rajouterais que la plupart n’ont pas aussi la connaissance de (tous) ces déplacements de personnes (dont moi) qui ont vécu cette guerre alors qu’elle n’était pas sur leur territoire. Ce qui donne une autre aperçu de la portée de cette guerre. Merci pour les partages.

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  • jaime // 11.11.2022 à 12h25

    Le Canada par J Trudeau , valet des Etats Unis , pousse à la confrontation militaire dans le seul but de satisfaire les intérêts hégémoniques de l’Otan j’ajouterai ceux impérialistes des Etats Unis , du monde anglo-saxon en particulier ( géostratégiques , économiques , politiques , financiers …)au détriment bien compris de 70% de la population mondiale favorables à un monde multipolaire .Aucun média alternatif comme Blast, le media TV …pour le dénoncer ainsi que la position de ménate de l’UE et de Macron pour reprendre l’expression de Galacteros …

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    • Jean // 12.11.2022 à 09h46

      @jaime ,

      Je pense que madame Galacteros, dans son interview du 10/11/22, parle du « mainate » en faisant allusion à son aptitude à reproduire la voix humaine. J’ai, comme vous sans doute, trouvé Blast particulièrement décevant sur le dossier Ukrainien… A quoi s’attendait-il en interrogeant un « journaliste du journal Le Monde » ? A t’on besoin de Blast pour connaitre la version officielle de ce qui se passe en Ukraine ? C’est un suicide éditorial incompréhensible qui démontre, s’il en était besoin, la nécessité de promouvoir la pluralité des sources. Mais pour cela il faut juger l’opinion de l’autre en fonction de ce qu’il dit plutôt qu’en fonction de là où il parle.

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  • Jean // 11.11.2022 à 16h02

    Et le Canada ne sera pas le seul pays à s’aligner sur une géopolitique agressive qui ne sert pas ses intérêts. En ce jours du souvenir je me dis que cette fois nous n’aurons pas besoin de faire une guerre pour nous retrouver dans un pays dévasté. Mais ce n’est pas une surprise, la ruine est toujours le stade final du néolibéralisme qui est moins une théorie économique, qu’un outils de prédation prescrit par celui qui fixe les règles du jeu.

    « Le 9 novembre, à Toulon, le régime macronien a présenté sa nouvelle «revue stratégique nationale». Fidèle à son maître, il a désigné la terrible menace qui plane sur nos têtes. Ce péril mortel, quel est-il ? C’est la Chine, bien sûr, ce pays assoiffé de richesses qui jette sournoisement ses tentacules sur la planète entière et conspire avec la Russie pour dominer le monde. » Bruno Guigue

    Source : http://www.sgdsn.gouv.fr/uploads/2022/11/revue-nationale-strategique-07112022.pdf

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  • Cévéyanh // 11.11.2022 à 17h53

    Concernant l’extension de l’OTAN, Pierre De Gaulle (petit-fils du Général) a fait un discours à l’occasion de la fête nationale russe 2022 : « Les États-Unis sont dans l’erreur, l’Otan est dans l’erreur, dont l’expansionnisme débridé et irréfléchi conduit inexorablement au déséquilibre du Monde et à l’injustice. Les belles promesses des Américains de ne pas élargir l’Otan à l’Est, ni au Nord, n’ont pas été respectées. » https://tribune-diplomatique-internationale.com/pierre_de_gaullerussie/

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  • nulnestpropheteensonpays // 12.11.2022 à 07h53

    Cette tension permanent sous laquelle vivent les peuples d’occident est insupportable .On sait tous qu’elle ne sert qu’a maintenir au pouvoir les néolibéraux qui ont perdu , partout ,la confiance des électeurs . Si on est dans cette situation c’est pas la faute a leur politique , non , c’est la faute a Poutine , aux chinois , etc etc … Il n’y a aucune différence entre les néoliberaux et les aristocrates que nous avons décapité en 1789 , aucunes ! Des gens bouffis de leur orgueil et de la bêtise que leur autorise tout ceux qui se laissent acheter , exactement de la meme manière qu’a la cour des rois de france . Il est temps de reprendre le pouvoir et de le garder , et de mettre en place des formes de gouvernement qui empêchera a jamais leurs retour .

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    • Samba // 12.11.2022 à 09h24

      Je replacerais bien ici le « fameux » coût de la virilité que trop d’individus masculins se refusent à questionner, ayant l’impression d’être mis en cause! Que de morts et de catastrophes dans l’histoire pour satisfaire le désir de puissance de certains, plus souvent hommes que femmes par la force des structures sociales, mais les deux catégories, et autres, en furent et en sont victimes. Avec le soutien de « ciels » devant nous informer et des « démocraties » auto-proclamées.
      Vous excuserez ou applaudirez mes tentatives d’éviter de « genrer » cette virilité si mal comprise…

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      • Savonarole // 14.11.2022 à 15h15

        C’est pas une question de virilité ou pas c’est une question de choix contraints par l’environnement. Regardez les société matriarchales à travers l’histoire et vous y verrez les mêmes travers des pouvoirs que dans les société patriarchales. Exactement les mêmes.
        Le pouvoir corrompt indépendament des prépositions dans le processus de reproduction de l’éspèce.

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        • Jean // 16.11.2022 à 02h41

          @Savonarole,

          Le problème principal n’est pas que le pouvoir corrompt mais que celui-ci attire uniquement ceux qui sont corruptibles. Il faudrait rendre l’exercice de ce pouvoir moins lucratif et plus contraignant pour éloigner de ces fonctions à responsabilités ceux qui n’ont d’autres horizons que leur petite personne et qui n’ont pas la capacité de défendre l’intérêt général.

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          • Hiro Masamune // 16.11.2022 à 21h18

            Ca me rapelle deux chose ça , les sociétés où le travail administratif était délégué à des esclaves et les systèmes des chefferies amérindiennes. Et dans les deux cas ça se heurte au problème des choix contraints par l’environnement.
            En fait le plus gros problème des pouvoirs est qu’il faut souvent arriver à des conclusions justes à base de données partielles et de doigt mouillé. Forcement même avec des politiques parfaits on est pas sur du tout que les décisions aillent toujours dans le sens de l’interet général.
            Après je suis complètement d’accord que refiler le pouvoir à qui n’en veut par un odieux concours de circonstance ça n’aide pas … séparer les pouvoir ça aide des fois cf. les Helvètes , des fois pas cf. l’UE , donc il n’y a pas vraiment de solution miracle. Choisir entre tyranie vertueuse et démocratie pourrie c’est cornellien 🙂 Et en plus il faut que ça plaise !

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