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Guerres malavisées : le mensonge n’est pas le problème principal – Par Paul R. Pillar

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Source : The National Interest, Paul R. Pillar, 18-02-2019

Attribuer les guerres désastreuses à un manque de transparence du gouvernement, c’est se soustraire à ses responsabilités.

Le Washington Post a fait un énorme battage – de nombreuses premières pages pendant plusieurs jours, malgré la concurrence des nouvelles sur le procès en destitution – autour d’une série sur la guerre en Afghanistan, sur la base des comptes rendus officiels d’interviews que le Washington Post a obtenus grâce à une demande faite en vertu de la loi sur la liberté d’information. Les journalistes et les journaux qui les emploient aiment à présenter ces produits vedettes comme des révélations – comme mettant en lumière des faits qui, sans les investigations journalistiques, seraient restés cachés. Mais le bureau gouvernemental qui a mené les interviews, connu sous le nom d’Inspecteur général spécial pour la reconstruction de l’Afghanistan (SIGAR), n’a pas pour habitude de cacher des faits.

Créé par une loi du Congrès en 2008, le SIGAR fonctionne au grand jour et a publié une longue liste de rapports au cours de sa décennie d’existence. Les reporters du Washington Post ont pris les transcriptions et les enregistrements d’interviews qui ont servi de base à certains de ces rapports et ont mis en évidence certains des commentaires qui y figurent, ainsi que les noms de certaines personnes interrogées que le SIGAR avait protégés parce que les interviews avaient été menées sur une base d’anonymat. L’ajout du journal au travail que le gouvernement avait déjà fait est mieux décrit non pas comme une révélation mais plutôt comme un enrichissement et une reformulation pour le bénéfice des lecteurs profanes impatients.

Le Washington Post a néanmoins décrit sa série comme la mise au jour de mensonges et de vérités cachées. Le titre du premier épisode est « En guerre contre la vérité », dont la première phrase déclare que la collection de documents que les journalistes ont exploités « révèle que de hauts responsables américains n’ont pas dit la vérité sur la guerre en Afghanistan tout au long de la campagne de 18 ans, faisant des déclarations optimistes qu’ils savaient être fausses et cachant des preuves indubitables qu’il était impossible de gagner la guerre. »

Il est certain que la guerre en Afghanistan a donné lieu à de nombreuses prévisions officielles optimistes qui, avec le temps, peuvent être considérées comme trop positives. Il est indéniable qu’on a jeté de la poudre aux yeux du public, ce qui n’était pas tout à fait conforme aux évaluations plus objectives effectuées à huis clos – un modèle qui n’est guère propre à la guerre. Mais les nombreux problèmes de l’expédition américaine en Afghanistan, tels que documentés par le SIGAR et maintenant par le Washington Post, n’ont pas été principalement le fait de dirigeants politiques ou de responsables gouvernementaux qui ont menti et dissimulé des faits. Les mensonges et la tromperie n’ont pas été la raison pour laquelle les États-Unis sont intervenus militairement en Afghanistan ou pourquoi l’expédition est maintenant devenue la plus longue guerre des États-Unis.

Les États-Unis sont intervenus en Afghanistan et y sont restés embourbés pour des raisons qui tiennent à des craintes et à des pressions politiques plus générales. Il ne faisait aucun doute qu’après le traumatisme national du 11 septembre, les forces américaines allaient entrer en Afghanistan pour extirper le groupe responsable, Al-Qaïda, de la tanière qu’il y avait établie. Une porte de sortie aurait dû être trouvée après le démantèlement d’Al-Qaïda et l’éviction du pouvoir de ses hôtes talibans, mais pour de multiples administrations américaines, il a été politiquement difficile de trouver cette porte de sortie. Une crainte sous-jacente a été celle des répercussions politiques, si les États-Unis se retiraient de l’Afghanistan, qui suivraient toute attaque terroriste future contre les États-Unis ayant un lien avec l’Afghanistan et qui seraient inévitablement imputées au désengagement.

Le Vietnam

Des observations similaires concernant les rôles relatifs des mensonges et de la dynamique politique plus large pourraient être faites au sujet d’autres guerres mal engagées aux États-Unis au cours du dernier demi-siècle. Il s’agit notamment de la guerre du Vietnam, que le Washington Post évoque en comparant sa publication (les « Afghanistan Papers ») aux Pentagon Papers, l’histoire classifiée du Département de la Défense sur la première partie de la guerre du Vietnam. Oui, les responsables de cette guerre se sont livrés à des tromperies, par exemple en décrivant l’incident du golfe du Tonkin en 1964 comme une attaque en haute mer par le Nord-Vietnam, et plus tard en manipulant les chiffres des effectifs des troupes ennemies pour faire croire qu’un point de basculement avait été atteint dans l’usure des forces communistes. Mais les États-Unis auraient fait la guerre du Vietnam même sans ces artifices. L’histoire des documents du Pentagone est moins celle d’un tel tour de passe-passe que celle des décideurs politiques qui, aussi pessimistes soient-ils quant à la possibilité d’obtenir quelque chose que l’on pourrait qualifier de « victoire » au Vietnam, croyaient devoir néanmoins faire l’effort de préserver la crédibilité des États-Unis et d’éviter que d’autres pays asiatiques ne tombent dans le communisme comme une rangée de dominos.

Aussi erronées que ces croyances puissent paraître aujourd’hui, elles étaient largement partagées dans les années 1960, y compris parmi les principaux journalistes américains. David Halberstam, dont le livre paru en 1969, The Best and the Brightest, décrivait comment des gens intelligents pouvaient s’impliquer dans un conflit stupide, avait écrit dans un livre précédent en 1965 – alors que la guerre terrestre américaine au Vietnam commençait – qu’un retrait du Vietnam signifierait « que le prestige des États-Unis sera abaissé dans le monde entier, et que la pression du communisme sur le reste de l’Asie du Sud-Est s’intensifiera ». Halberstam a dit que le Vietnam était « peut-être l’une des cinq ou six nations dans le monde qui est vraiment vitale pour les intérêts américains. »

Un autre journaliste du New York Times, Neil Sheehan, qui sera la source des Pentagon Papers ayant fait l’objet d’une fuite et qui sera loué pour sa couverture critique de la guerre, notamment dans son dernier livre, A Bright Shining Lie, avait exprimé des opinions similaires au début de la guerre. Dans un long article analytique paru dans le Times en août 1964, il a écrit sur la nécessité de « démontrer au reste du monde que ce pays a le désir et la capacité de vaincre la stratégie communiste d’expansion ». Sheehan a développé la théorie des dominos et a déclaré qu’une défaite américaine au Vietnam « équivaudrait à un désastre stratégique de première magnitude ».

L’opinion de la presse, du public et des politiciens américains sur le Vietnam a beaucoup changé en l’espace d’environ trois ans parce que la guerre a mal tourné et a coûté très cher, sans grands résultats. Les opinions n’ont pas changé à cause de certaines vérités cachées qui ont été révélées. Les documents du Pentagone sont une ressource merveilleuse pour les historiens et les analystes politiques, mais leur publication n’a pas changé le cours de la guerre. Lorsqu’ils ont fait l’objet d’une fuite en 1971, le gouvernement Nixon était déjà engagé dans le processus de retrait des forces américaines depuis deux ans.

L’Irak

La guerre en Irak de 2003 avait une justification plus artificielle que la guerre du Vietnam et était initialement motivée par une base de soutien plus étroite sous la forme de néoconservateurs dont le programme avait longtemps inclus un renversement par la force du régime irakien. Le mythe de l’« alliance » entre le régime irakien et Al-Qaïda était tout à fait fallacieux et – contrairement à l’autre grand thème pour vendre la guerre, qui concernait les armes de destruction massive – il était en contradiction avec les conclusions de la communauté du renseignement américaine. Mais même sur le thème artificiel des connexions terroristes, la campagne de vente de guerre de l’administration dépendait moins de mensonges précis que d’un roulement de tambour rhétorique plus vague qui associait constamment l’Irak au 11 septembre et qui, par conséquent, tirait parti de l’humeur combative du public états-unien après le 11 septembre.

En s’appuyant sur un tel discours, le lancement de la guerre en Irak a bénéficié d’un soutien beaucoup plus large que celui de ses promoteurs néoconservateurs initiaux. Dans l’atmosphère de l’après-11 septembre, les républicains et de nombreux démocrates avaient leurs propres raisons politiques pour soutenir la guerre, que j’ai analysées plus en détail ailleurs. Et comme pour la guerre du Vietnam, où le soutien s’est dissipé avec le temps et non pas à cause des révélations croustillantes sur une vérité cachée, mais plutôt parce que la guerre a tourné au vinaigre, avec des coûts élevés et peu de résultats.

Une fois de plus, les journalistes ont fait partie de cette vague générale en dents de scie dans l’opinion publique. Après que les guerres aient tourné au vinaigre et que le soutien ait chuté, la réaction réflexe des journalistes semble avoir été de supposer qu’il devait y avoir certains secrets qui, s’ils avaient été révélés plus tôt, auraient empêché tout ce gâchis. L’ancien chroniqueur du Washington Post, Richard Cohen, a écrit un tel article en faveur de la divulgation en février 2006, dans lequel il se plaignait des agents de renseignement qui avaient « gardé le silence » sur l’utilisation inappropriée des renseignements par le gouvernement Bush. J’ai figuré en bonne place dans la chronique comme quelqu’un qui, si seulement j’avais pris le téléphone et divulgué quelque chose à un journaliste, aurait pu soi-disant changer l’histoire.

C’était un mystère pour moi de savoir ce que j’aurais pu divulguer si j’y avais été enclin, mais l’hypothèse de Cohen est particulièrement intéressante au vu d’une chronique qu’il avait publiée trois ans plus tôt, une semaine avant l’invasion de l’Irak. Cohen écrivait alors : « Dans la période précédant cette guerre, l’administration Bush a glissé, trébuché et est s’est cassé le nez. Elle a avancé des arguments intenables et non prouvés. Elle a oscillé entre le désarmement, le changement de régime et l’instauration de la démocratie dans le monde arabe. Elle a lié Hussein à Al-Qaïda alors qu’aucun lien de ce genre n’a été établi. Il a averti de l’imminence d’un programme nucléaire irakien alors qu’il semble que ce n’ai pas été le cas ». La description de Cohen était juste. Il est clair qu’il n’a pas du tout été trompé par la rhétorique pro-guerre de l’administration, et il n’y avait aucune vérité cachée dont la révélation aurait pu changer ses perceptions. Mais il a quand même soutenu la guerre, arguant que « parfois la paix n’est pas préférable, surtout si elle ne fait que retarder une guerre ». C’est seulement le simple coût de cette guerre en train de mal tourner qui allait le faire changer d’avis.

Prendre ses responsabilités

La série du Washington Post sur l’Afghanistan fournit des éléments utiles pour la discussion et la réflexion, sur cette guerre et sur les défis que des interventions militaires similaires sont susceptibles de rencontrer. Mais présenter le sujet comme la dissimulation de vérités et la diffusion de mensonges par un gouvernement représente un contresens. Ce cadre définit à tort le problème comme un problème de secret gouvernemental – une préoccupation naturelle des journalistes, mais non pas la cause première des sales guerres.

Un tel cadrage empêche de se sensibiliser aux passions populaires, aux craintes et aux idées reçues qui ont tendance à produire de mauvaises guerres. Prenons, par exemple, les questions actuelles concernant la Syrie (un sujet sur lequel, soit dit en passant, la page éditoriale du Washington Post a toujours été favorable à l’intervention). La rhétorique sur la nécessité de rester ferme en Syrie à cause des prétendues intentions iraniennes ou russes de s’emparer de toute la région ressemble à la théorie des dominos. Les passions politiques intérieures jouent aussi un rôle, avec certains qui sont en faveur du maintien des troupes américaines en Syrie et qui semblent l’être principalement parce que Donald Trump est en faveur de leur retrait.

Attribuer les mauvaises guerres à un manque de transparence du gouvernement est un manquement à la responsabilité. C’est une façon de reprocher aux menteurs et aux gardiens du secret au sein du gouvernement certaines tragédies qui sont beaucoup plus le fait d’un grand nombre d’Américains – dans le public, la presse et le Congrès – qui se sont laissés emporter par certains sentiments et certaines hypothèses. Ces Américains n’ont pas remis en question ces hypothèses de façon adéquate ni réfléchi sérieusement à la direction que prenaient ces sentiments dans le pays. De tels questionnements et réflexions, ainsi qu’un examen critique de nos convictions personnelles, sont nécessaires pour réduire la probabilité que les États-Unis s’embourbent dans des guerres encore plus mal inspirées.

Paul R. Pillar est rédacteur en chef adjoint de la revue National Interest et l’auteur de Why America Misunderstand the World.

Illustration : Reuters

Source : The National Interest, Paul R. Pillar, 18-02-2019

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

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Jean // 06.02.2020 à 10h45

=> Que ce passe -t’il si on se retire et on laisse Bachar el Assad reprendre le controle du pays ?

Il organise des élections démocratiques, en acceptant que la communauté internationale en supervise le bon déroulement, à la condition qu’il puisse lui aussi y participer. Il gagne facilement ces élections dès le premier tour et les mensonges proférés par les artisans de cette guerre apparaissent au grand jour…
C’est pour cette raison que Bashar al-Assad doit partir.

19 réactions et commentaires

  • Barbe // 06.02.2020 à 07h16

    Dans le même genre, mais en vraiment drôle
    https://lesakerfrancophone.fr/lus-army-en-location-longue-duree

      +7

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  • calal // 06.02.2020 à 08h23

     » C’est une façon de reprocher aux menteurs et aux gardiens du secret au sein du gouvernement certaines tragédies qui sont beaucoup plus le fait d’un grand nombre d’Américains – dans le public, la presse et le Congrès – qui se sont laissés emporter par certains sentiments et certaines hypothèses. Ces Américains n’ont pas remis en question ces hypothèses de façon adéquate ni réfléchi sérieusement à la direction que prenaient ces sentiments dans le pays. »

    Quelles hypotheses?
    Y a t il un elephant dans la piece en ce qui concerne le Moyen Orient?
    Est ce reellement un elephant ou juste un animal de taille normal,comme les autres?
    Les annees qui vont suivre vont etre decisives:certains avancent que trump viserait un prix nobel de la paix avec l’ambition de regler la question du moyen orient lors de son second mandat. La proposition de paix recente serait la premiere proposition de negociation ( la premiere propositon etant toujours rejetee lors d’une negociation commerciale,trump proposerait deliberement n’importe quoi en premier lieu pour apres devenir « serieux »).

      +1

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    • Citizen of Océania // 06.02.2020 à 08h43

      Il y a un manque d’analyse journalistiques.
      Personne n’est capable de poser sur une seule pages les points positifs et negatifs de la situation: Que ce passe -t’il si on se retire et on laisse Bachar el Assad reprendre le controle du pays?
      Les journalistes sont parfois victime de leur talent litérrraire qui permet de soutenir une thése en perdant de vue la réalité.
      Unbe fois lorsque nous devions arbitrer entre deux candidats nous n’arrivions pas à nous mettre d’accord. Nous avons donc mis les qualitées des deux candidats et — – + ++ pour chaque qualité. En dix minutes la décision est tombée, mais à trés peu.
      Parfois il faut savoir revennir à des outils aussi brutaux et je crains que les journalistes n’en soient incapables car trop litérraires.

        +4

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      • Jean // 06.02.2020 à 10h45

        => Que ce passe -t’il si on se retire et on laisse Bachar el Assad reprendre le controle du pays ?

        Il organise des élections démocratiques, en acceptant que la communauté internationale en supervise le bon déroulement, à la condition qu’il puisse lui aussi y participer. Il gagne facilement ces élections dès le premier tour et les mensonges proférés par les artisans de cette guerre apparaissent au grand jour…
        C’est pour cette raison que Bashar al-Assad doit partir.

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        • gracques // 07.02.2020 à 07h01

          Voilà ! C’est le sujet même de l’article …. non le mensonge , mais l’aveuglement …. et pas simplement que chez les journalistes .

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      • calal // 06.02.2020 à 13h07

        les journalistes ne sont plus la pour eclairer les choix mais les influencer dans le sens de celui qui les paie.

          +14

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  • Myrkur34 // 06.02.2020 à 10h10

    Vu il y a une quinzaine de jours, les défenseurs du droit à l’armement ont envahi le parlement du Kentucky pour protester pacifiquement. Sur les images retransmises, des péquins comme vous et moi (enfin….que des blancs) en battle dress jusqu’au bout des ongles armés aussi bien que les forces spéciales françaises.

    Donc pour ce genre de personnes comme le dit l’article, qu’importe le coût en vies ou moral d’une guerre du moment qu’elle est gagné même juste officiellement.

      +6

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    • calal // 06.02.2020 à 13h19

      (enfin….que des blancs)
      vous n’avez toujours pas saisi qu’il y avait des noirs qui manifestaient egalement pour la droit a la detention des armes de guerre.Car ils savent que c’est ce droit qui les protege d’un retour du ku kux klan ou d’une dictature. Peu de noirs parce que beaucoup de noir detiennent des armes illegalement ( oui,c’est reglemente quand meme un minimum).Et que certains savent qu’ils vaut mieux les detenir legalement pour ne pas fournir une excuse plausible a un incident qui aura des consequences facheuses uniquement pour eux (les policiers de tous les pays sont rarement condamnes).
      Le droit de detenir des armes de guerre est une garantie pour les minorites face a un etat dictatorial.Et les blancs surtout en europe devraient se souvenir que ca ne fait pas si longtemps que ca que les forces de l’ordre les chargeaient sabre au clair ou les tiraillaient dans les rues (fournmies 1890 9morts parmi les ouvriers)…

        +9

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      • gracques // 07.02.2020 à 07h14

        Et si ces mêmes forces de l’ordre ne le’font plus c’est à cause de la liberté de détention des armes en Europe ?
        Soyons sérieux ….
        Le taux de détention d’armes est proportionnel au taux d’homicide , assez logique quand on y pense . Alors c’est très viril de croire que c’est le seul moyen de se défendre dans une sociétécomme celle des USA, mais très con de ne pas penser qu’on pourrait y ajouter un peu de civilisation et un peu moins d’armes pour y vivre comme des êtres humains.

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        • lohr64 // 08.02.2020 à 13h04

           » Soyons serieux? »
          Vous qui avez le droit de vous taire quand on vous eborgne quand vous manifestez le week end.
          Vous qui apres une montagne de paperasse etes eventuellement autorise a louer une arme si l’autorite veut bien.
          Vous nous jugez pour vouloir preserver un droit qui vous a ete confisque?
          En attendant, suite a la demonstration en Virginie, l’administration entreprend de modifier le texte de loi propose. et ceci sans violence.
          Et c’est qui le con?

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      • dictature préfère crever les yeux que tuer // 09.02.2020 à 11h27

        « l.Et les blancs surtout en europe devraient se souvenir que ca ne fait pas si longtemps que ca que les forces de l’ordre les chargeaient sabre au clair …. »
        LE SABRE C’EST DEPASSE, maintenant on applique les mêmes méthodes que les forces armées appliquent à leurs adversaires: ON MUTILE ET HANDICAPE A VIE mais on ne tue pas, ça immobilise un ennemi et ses soutiens et donne moins de prise à la critique qu’un meutre de manifestant; surtout quand la presse qui a les moyens de se faire entendre est achetée par ceux qui donnent les ordres aux mainteneurs de l’ordre. APPLICATION PRATIQUE: le LBD qui crève les yeux, et la presse stipendiée qui applaudit la représsion des casseurs, il y a des dictatures dans le monde qui agissent ainsi!

          +4

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  • Jean // 06.02.2020 à 10h29

    => « Le mythe de l’« alliance » entre le régime irakien et Al-Qaïda était tout à fait fallacieux et – contrairement à l’autre grand thème pour vendre la guerre, qui concernait les armes de destruction massive – il était en contradiction avec les conclusions de la communauté du renseignement américaine. »

    La communauté du renseignement américain n’a pas prétendue que l’Irak possédait des armes de destruction massive, seule une infime minorité l’a fait*, mais c’est ce murmure, plutôt que la voix qui disait haut et fort le contraire que les politiciens ont décidé d’entendre, avant de l’amplifier.

    * Et pour cause car il fallait quand même atteindre un certain niveau de soumission hiérarchique, ou bonne volonté en novlangue, pour distinguer des armes de destruction massive sur des clichés qui n’en comportaient pas.

      +5

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  • Didier Lagasse // 06.02.2020 à 11h55

    C’est quoi « une guerre bien inspirée » ?
    Cela existerait-il et au surplus qu’elle soit légitime et morale ?

      +7

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  • Vincent P. // 06.02.2020 à 12h59

    « Ces Américains n’ont pas remis en question ces hypothèses de façon adéquate ni réfléchi sérieusement à la direction que prenaient ces sentiments dans le pays. De tels questionnements et réflexions, ainsi qu’un examen critique de nos convictions personnelles, sont nécessaires pour réduire la probabilité que les États-Unis s’embourbent dans des guerres encore plus mal inspirées. »

    Le type croit vraiment cela possible ? Est-il au courant qu’il parle d’Américains ?
    On parle donc bien du peuple le plus aliéné au monde, dont 43% de la population croit que Dieu a créé le monde il y a 3600 ans ?
    Le même peuple dont la branche la plus « éclairée » vivant sur les côtes croit tout de même que les démocrates sont les gentils, qu’Obama était un surhomme promis au panthéon des justes ?

    Lorsqu’on a produit avec autant de soin trois générations de quasi-débiles n’ayant que le nationalisme triomphant « U.S.A (bis) » comme valeur, il n’est pas difficile de manipuler la masse.
    J’imagine que c’est pour cela que Macron et Blanquer mettent les pieds dans le plat en matière d’éducation : il était grand temps de cesser d’enseigner et transmettre l’esprit critique.
    Des apprentis commençant à bosser à 14 ans pour 1/2 smic, voilà ce qu’il nous faut : une fois bien acculturés, ils ne poseront pas de questions sur la politique d’Océania, et pourront transmettre à leurs propres enfants le vide qu’on leur aura légué en guise de conscience politique.

    C’est beau : je comprends tellement qu’on copie et se soumette à ce grand pays leader de l’ordre moral et du monde libre…

      +21

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    • Kass // 06.02.2020 à 18h49

      « Des apprentis commençant à bosser à 14 ans pour 1/2 smic, voilà ce qu’il nous faut »

      Ce fut mon cas (je suis helvète – et je précise que personne ne m’a forcée); ça ne m’a pas empêchée d’être une fidèle lectrice de ce site depuis ses débuts. Etre plongée dans le monde du travail très tôt, payer ses impôts, gérer un petit salaire, et constater de l’intérieur ce que veulent dire les fusions/acquisitions (c’était au début des années 90, ça commençait), ça forge une conscience politique – ou plutôt civique comme on dirait chez nous – et un esprit critique, et pas basés sur des théories abstraites. L’esprit critique ne s’enseigne pas, mais on peut l’encourager.

      « une fois bien acculturés, ils ne poseront pas de questions sur la politique d’Océania, et pourront transmettre à leurs propres enfants le vide qu’on leur aura légué en guise de conscience politique. »

      Quand on voit le niveau abyssal des diplômés américains, et quand je vois que l’université chez nous organise des journées en l’honneur de Jean Monnet (oui oui, toujours en Suisse), cette partie de votre commentaire me fait sourire.

        +9

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      • Vincent P. // 07.02.2020 à 07h56

        En Suisse vous éduquez des citoyens qui votent leurs lois. C’est l’essence de l’esprit civique.
        Vous avez eu un Président de la Confédération issu de l’apprentissage, ce qui est impossible ici où nos hautes classes méprisent les gens qui ont un métier. Ils préfèrent les dociles travailleurs. Précaires, s’entend.

          +7

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  • .Josy // 07.02.2020 à 16h33

    Les vrais motifs de la guerre ,si je ne me trompe pas sur le contenu de l’article c’est la peur de ne pas la faire et de laisser en place un gouvernement que l’on n’aime pas . Même pas une raison de craindre que ce gouvernement nuise en quoi que ce soit ou ait même la force de le faire . Juste s’arroger le droit de détruire un pays pour remplacer son gouvernement! je comprends qu’on leur reproche les mensonges car au moins on soupçonne de vraies raisons pour tuer les gens . Là c’est tout simplement incompréhensible, d’une absurdité telle que cela relève du désordre mental grave . On met en place un dictateur s’il dicte ce que l’on veut ,en démocratisant le truc par des élections truquées ! c’est de la folie pure et Trump dans ce cas est juste plus sensé que tous ceux qui ont précédé. C’est stupéfiant! Tous ces morts pour une telle frivolité!

      +2

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  • chb // 09.02.2020 à 22h32

    It’s the oil, stupid !
    En français : mais espèce d’imbécile, c’est le pétrole !
    Les pays ciblés par l’impérialisme US disposent de ressources attirantes, essentiellement des hydrocarbures dont le contrôle assure la crédibilité du dollar comme monnaie d’échange prépondérante, mais leurs gouvernements / leurs peuples ne se laissent pas mener par le bout du nez. Alors là, au boulot, les GIs, les mercenaires, les drones, les caniches !
    Que l’on accuse les journalistes d’être les propagateurs stipendiés de faux prétextes, ou simplement des fadas manipulés, le fait est qu’ils ont amplifié l’esprit guerrier et anti-commies du plus-fort-du-monde.
    Quand (ce marrant de) Trump avoue garder l’Irak et la Syrie pour (y voler) le pétrole, alors que tout le monde pensait qu’il y était contre Daesh et contre la dictature sanguinaire, on ne comprend plus. Dissonance cognitive, même dans la presse.
    Quant aux Saoud, par ailleurs fournisseurs principaux des équipes pirates du 9/11, ils ne méritent que du mépris, tant du point de vue des responsables qui leur fourguent des armes inutiles.

      +2

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  • Bellefontaine // 10.02.2020 à 23h52

    «Et comme pour la guerre du Vietnam, où le soutien s’est dissipé avec le temps et non pas à cause des révélations croustillantes sur une vérité cachée, mais plutôt parce que la guerre a tourné au vinaigre, avec des coûts élevés et peu de résultats. » — Paul R. Pillar

    Comme dans toutes les guerres, les coûts sont toujours élevés et c’est là la seule victoire, celle de l’industrie de l’armement. Dans tous les cas, c’est le peuple qui règle la note et d’abord par son sang.

    Et c’est depuis toujours évident.

    M’enfin !

      +1

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