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Hausse des taux d’intérêt : une Guerre de classes contre les travailleurs

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La hausse des taux d’intérêt de la Banque d’Angleterre est une tentative de faire entrer l’économie en récession, d’augmenter le chômage et de faire baisser encore plus les salaires. En d’autres termes, les travailleurs seront obligés de payer encore plus pour la crise du coût de la vie.

Source : Jacobin Mag, James Meadway
Traduit par les lecteurs du site Les-Crises

Deux années de stagnation économique et près de 600 000 pertes d’emploi sont le prix à payer pour dompter l’inflation britannique, selon les estimations de la Banque d’Angleterre.
(Chris Ratcliffe / Bloomberg via Getty Images)

La Banque d’Angleterre a augmenté son principal taux d’intérêt à 1 %. Elle prévoit une inflation de 10 % cette année, en raison de la flambée des coûts de l’énergie et de l’augmentation du prix des biens. Des millions de personnes risquent de vivre une année misérable et grinçante alors que les prix des produits de première nécessité augmentent bien plus vite que les salaires, les pensions ou les avantages sociaux. Les hausses de taux d’intérêt n’y changeront rien ; plus vraisemblablement, elles ne feront qu’accentuer la pression exercée sur les personnes déjà endettées, dont les niveaux ont également commencé à augmenter fortement depuis le début de l’année. Et à mesure que les prix et les paiements d’intérêts augmenteront, les dépenses autres que celles de première nécessité diminueront encore, contribuant à faire basculer l’économie dans la récession.

Le groupe de réflexion Resolution Foundation prévoit que 1,3 million de personnes supplémentaires seront plongées dans la pauvreté absolue au cours des douze prochains mois. On entend déjà parler de retraités qui sautent des repas pour couvrir leurs frais de chauffage. Pour ceux qui se situent au-dessus du seuil de pauvreté, cela signifiera une année ou plus où ils n’auront jamais assez d’argent, où ils devront réduire leurs dépenses en dehors de l’essentiel. L’été peut offrir un certain répit, car le temps chaud réduit la nécessité de chauffer les maisons. Mais à l’automne, avec l’arrivée du froid et l’augmentation prévue de 830 livres de la facture énergétique moyenne, la situation sera sombre – « horrible », selon les termes du directeur général de Scottish Power.

Ce qui est incroyable, c’est que les responsables de la fixation des taux à la Banque d’Angleterre savent que les hausses de taux d’intérêt ne fonctionneront pas. L’inflation que nous observons actuellement est due à deux facteurs, dont aucun ne sera affecté par des hausses de taux d’intérêt. L’un de ces facteurs a été souligné par le gouverneur de la Banque d’Angleterre, Andrew Bailey, dans un discours prononcé en septembre de l’année dernière. Il a déclaré qu’une hausse des taux d’intérêt « n’augmentera pas l’offre de puces semi-conductrices, n’augmentera pas la quantité d’énergie éolienne… et ne produira pas davantage de conducteurs de poids lourds. »

Il avait raison. Avec la Covid qui continue de perturber la production et le transport des marchandises dans le monde entier, avec les conditions météorologiques extrêmes qui frappent la nourriture et même la production de semi-conducteurs, et maintenant avec l’invasion russe de l’Ukraine qui perturbe gravement l’approvisionnement mondial en blé, céréales, huile de cuisson et autres matières premières, les prix sont poussés à la hausse par des facteurs mondiaux importants. La modification des taux d’intérêt en Grande-Bretagne n’y changera rien. Bailey a même admis, dans le même discours, que la hausse des taux d’intérêt pourrait « aggraver les choses […] en exerçant une pression à la baisse sur une reprise économique qui s’affaiblit » – en d’autres termes, nous pousser vers une récession.

Mais il y a un autre facteur en jeu, que ni Bailey ni les autres économistes du courant dominant ne se soucient d’aborder trop souvent. Les bénéfices, depuis la première vague de confinements de la Covid, ont explosé, alors que les salaires n’ont pas augmenté. Il y a une logique à cela : si les prix ont augmenté, mais pas les revenus de la plupart des gens, alors quelqu’un d’autre doit gagner plus d’argent. Et si vous regardez comment les compagnies pétrolières et gazières comme Shell et BP ont profité de la hausse des prix, il est évident de savoir qui gagne cet argent. Si l’on remonte plus loin dans le temps, on constate que depuis 2008, les entreprises les plus rentables ont augmenté leur marge bénéficiaire ; le supplément aux coûts facturés par les entreprises et considéré comme leur profit est passé de 58 % à 82 %. Les premiers résultats obtenus aux États-Unis montrent que les marges ont explosé avec l’arrivée de la Covid.

Si l’on veut s’attaquer à l’inflation, le plus judicieux est donc de commencer par comprimer les bénéfices. Cela pourrait se faire directement en contrôlant légalement les prix des biens essentiels, comme le gaz pour le chauffage des maisons. On peut aussi le faire de manière plus générale, en augmentant les salaires. L’une ou l’autre de ces voies – ou les deux ensemble – vous amènent au même point : mettre plus d’argent dans les mains de ceux qui travaillent, et moins dans les mains de ceux qui profitent de ce travail.

C’est ce qui s’est passé la dernière fois que la Grande-Bretagne a souffert de taux d’inflation élevés et durables. L’inflation était en moyenne de 12 % par an dans les années 1970 – ce qui peut sembler désastreux, jusqu’à ce que vous réalisiez que les salaires moyens augmentaient de 15 % chaque année. C’est la force des syndicats qui a servi de défense contre la hausse excessive des prix. Le niveau de vie, mesuré par la comparaison entre les salaires et les prix, s’est bien plus amélioré dans les années 1970 qu’au cours des presque quinze années qui ont suivi la crise de 2008. C’est mauvais d’avoir une inflation aussi élevée. Mais si elle est là de toute façon – comme ce sera le cas aujourd’hui – il vaut mieux que les travailleurs soient capables de se défendre.

L’économie conventionnelle met généralement l’accent dans le mauvais sens, en paniquant à propos des salaires élevés qui produisent des prix élevés. La réalité est que si les prix augmentent, les salaires devraient augmenter plus rapidement pour compenser. C’est ce qui s’est passé dans les années 1970.

Il en a résulté une forte compression des bénéfices des entreprises, qui sont tombés à des niveaux records au cours de la décennie, ce qui a suscité une réaction féroce contre le pouvoir « excessif » des syndicats. Cette réaction a culminé avec la série de défaites majeures que le gouvernement de Margaret Thatcher a infligées au mouvement. La grève des mineurs, en 1984-85, est aujourd’hui la plus connue, mais d’autres sections de travailleurs auparavant bien organisées ont été brisées : parmi elles, les métallurgistes en 1980, les ouvriers de l’imprimerie en 1986, et les dockers en 1989.

Soutenue par un assaut juridique contre des droits syndicaux établis de longue date, de l’interdiction de l’action de solidarité aux absurdités bureaucratiques du processus de vote des grèves, l’organisation syndicale a été mise à mal. Les grèves, qui sont restées fréquentes tout au long des années 80, se sont effondrées au début des années 90 et ne se sont jamais rétablies. Le taux de syndicalisation est passé de plus de la moitié de tous les employés en 1979 à 23 % à son point le plus bas en 2017. La négociation collective, dans le cadre de laquelle tous les employés d’un site ont un accord commun sur les salaires et les conditions de travail avec la direction, a diminué encore plus, passant d’une couverture de 71 % en 1979 à 21 % aujourd’hui – et cela, comme pour l’adhésion syndicale, concerne principalement le secteur public.

Ce contexte est fondamental pour comprendre l’économie actuelle. Lorsque les économistes et les politiciens occasionnels s’inquiètent de ce que l’on appelle la spirale salaires-prix, ils fantasment sur un monde dans lequel des syndicats puissants exigent des salaires élevés et obligent ainsi les pauvres capitalistes à augmenter les prix. Si ce monde a réellement existé, il a pris fin il y a au moins trois décennies. Aujourd’hui, la hausse des prix n’est pas due à la hausse des salaires ; il n’y a actuellement aucune relation entre les produits dont les prix augmentent et les industries dont les salaires augmentent. En revanche, il est essentiel de reconstruire l’organisation syndicale pour lutter contre les prix élevés.

Mais cela ne suffira pas. Nous devons regarder au-delà des personnes employées, surtout aujourd’hui, avec un nombre beaucoup plus important de personnes qui ne travaillent qu’à temps partiel, qui n’ont pas de travail du tout ou qui reçoivent une pension. Les paiements de l’État, qu’ils soient destinés aux travailleurs du secteur public, aux retraités ou aux demandeurs de prestations, doivent également augmenter au moins du taux d’inflation. En raison de la hausse des prix, le gouvernement a reçu 23 milliards de livres d’impôts de plus que prévu au cours des trois derniers mois. Cette manne devrait être utilisée pour compenser tous ceux à qui il verse de l’argent, qu’il s’agisse de travailleurs du secteur public, de retraités ou de bénéficiaires de prestations.

La reconstruction de l’organisation syndicale ne se fera pas non plus du jour au lendemain. Construire un syndicat sur le terrain, comme le savent tous ceux qui ont essayé de le faire, est un processus long, lent et difficile. Les victoires et les succès peuvent contribuer à stimuler l’adhésion, comme nous commençons à le voir, notamment aux États-Unis. Mais nous sommes encore loin du type de mouvement syndical puissant qui pourrait s’attaquer aux profiteurs. Et la crise de l’inflation nécessite une réponse immédiate.

Au lieu de cela, nous avons besoin d’un mouvement politique qui formule des demandes immédiates au gouvernement. En France, les gilets jaunes ont eu la bonne idée de protester d’abord contre la hausse des taxes sur le gaz à la fin de 2018, puis d’étendre cette action à des demandes plus larges concernant le niveau de vie. Le gouvernement pourrait et devrait supprimer l’augmentation prévue de 830 livres de la facture de gaz, prévue en octobre. Il pourrait augmenter le salaire minimum bien plus que l’inflation prévue, et faire de même pour les retraites, les avantages sociaux et les salaires du secteur public.

Nous devons trouver des revendications qui unissent la plus large coalition possible contre la hausse des prix et pour des revenus plus élevés. Les slogans de l’Assemblée du Peuple – WAGES UP, BILLS DOWN [Les salaires à la hausse, les factures à la baisse, NdT] – sont ceux qu’il faut soulever. Et la manifestation du Trades Union Congress à Londres le 18 juin est la première étape sur la voie de la construction d’un mouvement capable de les porter.

A propos de l’auteur :

James Meadway est un ancien conseiller du Shadow Chancellor John McDonnell et ancien économiste en chef de la New Economics Foundation (NEF).

Source : Jacobin Mag, James Meadway, 07-05-2022

Traduit par les lecteurs du site Les-Crises

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Fabrice // 02.06.2022 à 08h47

Personnellement je dirais aussi que c’est pour sauver le soldat euro qui dévisse hors depuis sa création on nous a vanté que l’euro ce serait la stabilite monétaire et qu’il nous eviterait les crises de ce type et que constate-t-on que l’euro est autant sensible que les monnaies existantes il faut eviter que l’illusion se dissipe

49 réactions et commentaires

  • Fabrice // 02.06.2022 à 08h47

    Personnellement je dirais aussi que c’est pour sauver le soldat euro qui dévisse hors depuis sa création on nous a vanté que l’euro ce serait la stabilite monétaire et qu’il nous eviterait les crises de ce type et que constate-t-on que l’euro est autant sensible que les monnaies existantes il faut eviter que l’illusion se dissipe

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    • 6422amri // 02.06.2022 à 12h33

      Il y a de l’inflation en Grande-Bretagne, aux USA, au Canada, en Chine, au Brésil, quelques exemples. Le Canada vient de relever son taux de base bancaire pour la deuxième fois cette année.

      Ces pays utilisent-il l’euro ? Non.

      L’inflation est le résultat de plusieurs facteurs avec le non-fonctionnement des circuits de distribution depuis près de 12 mois, les sociétés qui reconstituent leurs marges en haussant les prix, la hausse des prix des carburants, du diesel, etc, à la suite des accords opep+, accords qui sont antérieurs à la guerre en Ukraine.

      Rien n’est relié à l’euro. Pour ceux qui nous parlent des planches à billets, ils oublient que ceci a permis pendant la pandémie de faire survivre de nombreuses entreprises, principalement les pme/pmi, de nombreux salariés, dans tous les pays.

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      • Lt Briggs // 02.06.2022 à 12h51

        « Pour ceux qui nous parlent des planches à billets, ils oublient que ceci a permis pendant la pandémie de faire survivre de nombreuses entreprises, principalement les pme/pmi, de nombreux salariés, dans tous les pays. »

        Oui mais la politique de la planche à billets n’a pas été accompagnée d’un véritable assainissement du système financier international, ce qui est quand même criminel. Jamais nous n’avons été autant soumis au pouvoir des marchés financiers. Le vote des citoyens est vidé de sa substance. Je ne vais pas vous citer tous les exemples, ils sont trop nombreux (référendum de 2005 en France, Tsipras en Grèce…).
        Quant à l’euro, il n’est pas responsable de tous les maux, mais ses failles originelles apparaissent chaque jour un peu plus.

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        • 6422amri // 02.06.2022 à 13h50

          Référendum de 2005 et l’inflation ? Tsipras en Grèce ? Pourquoi pas l’éruption du Vésuve ?

          Que vous aimiez ça ou pas sans ces mesures le chômage aurait explosé, ainsi que les fermetures d’entreprises. Assainir le marché financier ? Expliquez-nous comment faire.

          La France emprunte à des taux réels négatifs. La BCE prend les dettes de la France et les ajoute à son bilan et verse des intérêts à la France.

          La sortie de l’euro c’est directement une dévaluation de fait de 20 % avec une explosion du prix de tous les intrants a commencer par tout le secteur de l’énergie. Sapir dont je lis les chroniques parle de créer 1 million d’emplois en pensant que les autres ne vont rien faire.

          La dévaluation compétitive fonctionne dans les 2 sens.

          Les dévaluations en France;

          1928, 1936, 1937, ces deux la avec le Front Populaire, Mai 1938, Novembre 1938, 29 Février 1940, 6 Septembre 1944, 1945, 1947, 1948, 1949, 1957, Juin 58 (- 20 %), Décembre 59 (Pinay), 8 Aout 69 (Giscard), 81, 82, 83 (Mitterrand), 86, 87, 94..

          Une autre ?

          Dans une dette ce qui compte c’est payer les intérêts. Dans un pays ou 40 % des foyers fiscaux ne paient pas d’impôts sur le revenu, ou tout le monde veut plus, sans se poser la question des revenus, il faudrait que vous m’expliquiez ce que vous allez faire.

          Augmentez le smic sans penser que les prestataires du plombier aux autres ne vont pas augmenter leurs prix pour conserver leurs marges relève de l’affabulation.

          Ce qui fait le succès de l’Allemagne ce n’est pas l’euro ce sont ces PME innovantes, qui font beaucoup de recherches et de développement, qui ont des spécialités mondiales et qui exportent partout. Elles sont responsables de plus de 70 % de l’excédent commercial allemand et ce pays en Europe est le seul a présenter un excédent commercial avec la Chine.

          Ajoutons le système d’apprentissage allemand tout comme la Suisse d’ailleurs.

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          • ouvrierpcf // 02.06.2022 à 15h04

            Ce qui fait le succès de l’Allemagne ce n’est pas l’euro ce sont ces PME innovantes, qui font beaucoup de recherches et de développement, qui ont des spécialités mondiales et qui exportent partout. Elles sont responsables de plus de 70 % de l’excédent commercial allemand et ce pays en Europe est le seul a présenter un excédent commercial avec la Chine.

            Ajoutons le système d’apprentissage allemand tout comme la Suisse d’ailleurs.
            eh bien non justement

            REPONSE argumentée

            ce qui fait que l’Allemagne réunifiée depuis 1991 comme par hasard l’entrée en fonction du traité de Maastricht qui imposa les fameux 3 %

            la BCE Banque Centrale Européenne est basée à Francfort (franc fort)

            pourquoi????

            Allemagne qui fut exemptée de ses dettes de guerre en 1953 !!

            Allemagne qui donc aligna un nouveau Deutsch mark tout neuf aligné sur sur sur le dollar dollars qui inondèrent cette Allemagne d’ou le mur de Berlin !!

            pour la Grèce qui imposa SES conditions monétaires ne serait ce pas l’Allemagne non ??

            pour l’excèdent commercial on en reparle dans 3 mois sans gaz russe sans électricité nucléaire française payée au rabais !! sans Rotterdam et ses plates formes d’échanges portuaires

            La grande Allemagne qui se réarme!!avec nos euros de la BCE pour acheter des F35 américains!!

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            • 6422amri // 02.06.2022 à 15h29

              RIEN de ce que vous écrivez ne se tient debout. L’Allemagne a acheté des f-35 pour pouvoir délivrer des vecteurs atomiques qui sont sous le contrôle des USA, avion certifié pour le faire.
              La localisation de la BCE a Francfort et la BIS a Zurich oui et alors ?
              Lâcher nous avec le gaz russe…La fin de l’achat total du gaz russe (plutôt si la Russie décidait d’arrêter la livraison) représente pour l’Allemagne 5 % du pib. Ceci a été évalué.
              Votre camarade Poutine a besoin des revenus de l’UE qui représente plus de 40 % des revenus de l’état russe.

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            • Fabrice // 02.06.2022 à 15h54

              Amri je vous invite à revoir cet article dès crises.fr on reparle des « bénéfices » de l’euro après :

              https://www.les-crises.fr/echec-de-l-euro-sabotage-de-l-industrie-jusqu-ou-va-t-on-sombrer-jacques-sapir/

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            • john // 02.06.2022 à 21h04

              @6422amri
              « La fin de l’achat total du gaz russe (plutôt si la Russie décidait d’arrêter la livraison) représente pour l’Allemagne 5 % du pib. Ceci a été évalué. »

              Le cerveau humain représente environ 2% du poids de l’humain. La suppression de ces 2% est-elle sans effet?

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            • RGT // 04.06.2022 à 01h02

              @6422amri
              « Votre camarade Poutine a besoin des revenus de l’UE qui représente plus de 40 % des revenus de l’état russe. »…

              Vous vous méprenez totalement.

              Désormais ce sont les €urolâtres soumis au Washingotonistan qui sont dépendants du gaz russe et qui vont réellement faire souffrir les populations européennes.

              Je vous signale que suite aux sanctions de 2014 la Russie a pris conscience de la morale à géométrie variable des occidentaux et a pris les devants pour ne plus avoir à subir leurs délires.

              Désormais, tout le gaz qui était vendu à l’Europe va être redirigé vers l’Asie, ce qui fait que la Russie ne perdra pas un seul kopeck et gagnera largement au change avec des clients plus fiables.

              Quant aux €urolâtres, malgré les promesses des USA de leur fournir du gaz de schiste (à prix d’or et en quantités insuffisantes) ils pourront toujours se brosser pour obtenir des quantités suffisantes car les autres fournisseurs sont au maximum de leurs capacités de production ou ne veulent pas les augmenter pour faire durer une rente qui se valorise s’ils ne sont plus en concurrence avec la Russie.

              Et quand les premiers frimas reviendront, si les dirigeants européens ne prennent pas leurs distances avec les USA la situation deviendra plus que délicate pour certains, entre autres les polonais qui méritent une place dans le Guiness Book des records en tant que peuple le plus con que cette terre n’ait jamais portée.
              Ça va grelotter dans les logements du côté de Varsovie..

              Vous me répondrez qu’en France ce sera guère mieux.

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          • Lt Briggs // 02.06.2022 à 15h08

            « Référendum de 2005 et l’inflation ? Tsipras en Grèce ? Pourquoi pas l’éruption du Vésuve ? »

            J’ai élargi le propos mais vous voyez bien la logique. L’euro est bien adapté à certains pays mais pas du tout à d’autres. La forte inflation que connait notamment l’Europe appelle sûrement une concertation, mais pas un corset qui s’applique à l’identique à chaque pays, au vu de l’hétérogénéité de ces derniers.

            « Dans une dette ce qui compte c’est payer les intérêts ».

            C’est une réplique de rentier, sinon de banquier. Prenez du recul. Dans une économie saine, ce qui compte c’est que tout travail mérite salaire. Salaire décent, évidemment. Le partage des revenus entre le capital et le travail laisse de plus en plus à désirer, vous ne trouvez pas ?

            « Dans un pays ou 40 % des foyers fiscaux ne paient pas d’impôts sur le revenu, ou tout le monde veut plus, sans se poser la question des revenus, il faudrait que vous m’expliquiez ce que vous allez faire. »

            Chaque fois qu’une multinationale échappe à l’impôt (optimisation ou évasion, appelez ça comme vous voulez), il faut soit couper dans les services publics, soit prélever davantage sur les couches plus basses qui peuvent moins facilement échapper au fisc. Ce qu’il faudrait faire, c’est lutter contre l’évasion fiscale, ce qui n’a jamais été sérieusement fait, et refonder l’Europe sur des bases plus démocratiques, ce qui ne devrait pas être difficile… Le chantier est vaste.

              +12

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            • 6422amri // 02.06.2022 à 15h37

              Vos solutions ?

              Je constate que l’Allemagne, la Hollande, le Danemark, l’Italie, la Belgique enregistrent des surplus commerciaux, avec l’euro.

              Un pays est en defaut quand il n’est plus capable de payer les intérêts des emprunts pas une histoire de rentier.

              Les produits français à l’exportation sont trop chers (sauf le secteur du luxe). Pourquoi ?

              Je ne suis pas un eurolatre mais il faut au minimum comprendre que les choix ds gouvernements français depuis 1981, avec la priorité donnée aux services finissent par donner les résultats d’une économie de services, euro ou pas.

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              Alerter
            • calal // 02.06.2022 à 19h10

              @amri
              « Un pays est en defaut quand il n’est plus capable de payer les intérêts des emprunts pas une histoire de rentier »
              pas tout a fait exact ou le diable est dans les details: les etats paient les interets des dettes pendant la duree du pret mais font rouler leur dette a l’echeance a la fin du pret. C’est a dire qu’a la fin du pret l’etat doit rembourser la totalite du capital. Il le fait en empruntant generalement la somme a rembourser avec un nouveau pret et un nouveau taux d’interet actualise a une date t.
              Le probleme arrive qu’au moment de rembourser ce capital a echeance, l’etat ne trouve personne pour lui preter la somme…La vite faut faire les fonds de tiroirs pour ne pas faire defaut sur le remboursement du capital… Et c’est lors de ces ventes « forcees », que les bonnes affaires se font sur la vente des « bijoux de famille »…Et c’est la que ca aide quand le president d’un pays est un « copain » des banques.il peut presenter a la vente les meilleurs morceaux…

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          • john // 02.06.2022 à 20h59

            @6422amri
            L’Euro est une morphine qui permet à la France de ne pas sentir les effets de la désindustrialisation en grande partie lié à la surévaluation de la sainte monnaie pour la France

            « La France emprunte à des taux réels négatifs. La BCE prend les dettes de la France et les ajoute à son bilan et verse des intérêts à la France. »
            Les taux d’intérêts sont faux depuis le « Whatever it takes » de 2012 et les rachats de dette par la BCE. C’est la banque de France qui rachète la dette française, les rachats de dettes sont fait les banques centrales nationnales. Sans ces rachats, les taux ne seraient pas négatifs et l’Euro n’existerait plus depuis 10 ans. Croyez-vous que cette cavalerie puisse durer bien longtemps, si les taux montent pour faire ralentir l’inflation.

            « La sortie de l’euro c’est directement une dévaluation de fait de 20 % avec une explosion du prix de tous les intrants a commencer par tout le secteur de l’énergie. Sapir dont je lis les chroniques parle de créer 1 million d’emplois en pensant que les autres ne vont rien faire. »
            La surévaluation, c’est une subvention aux importations et à la dégradation de notre appareil productif. Ces écarts sont énormes et ne peuvent pas être résolu autrement (vous avez vu les effets de 10 ans de CICE? ). Le retour à la parité REELLE est inéluctable et sera violent car notre appareil productif est en lambeau.

              +8

            Alerter
            • 6422amri // 02.06.2022 à 22h58

              La désindustrialisation est la et a commencé bien avant l’euro pour de multiples raisons. la main d’oeuvre française est trop chère, la part du PIB consacré a tout ce qui est gratuit..représente 38 % du pib, un boulet.

              La cavalerie va continuer aussi longtemps que la BCE le voudra, comme laFEd aux USA et comme la banque Centrale de Chine qui a réussi l’exploit les 10 dernières années de produire 5 fois plus de masse monétaire que les USA..Quand on parle de casino financier et immobilier tournez votre regard vers la Chine..

              Sachant que la majorité de ce qui est importé sont surtout des choses que nous ne pouvons pas fabriquer et consommé en permanence en France…le tee-shirt a 10 euros chez Casino fabriqué en France va en coûter 30…Ikea 20 % plus cher…les intrants utilisé par Citroen et les autres fabriqués en Roumanie dans des entreprises ou les gens gagnent 500 euros par moi..terminé..etc.

              La France reste le cinquième exportateur mondial.

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              Alerter
            • Incognitototo // 02.06.2022 à 23h19

              @John

              Le début de votre com est juste, mais ça se gâte quand vous appelez Sapir à la rescousse. Le problème c’est qu’il raisonne de façon binaire et globalement (et semble ne rien connaître aux structures de prix de revient des entreprises françaises), pour lui : 20 % de dévaluation = en gros + ou – 20 % de compétitivité supplémentaire. Or, ça ne fonctionne pas du tout comme ça pour la France, dont les dépendances aux importations (créées de toutes pièces par les fossoyeurs industriels Barre+VGE dans les années 70, et depuis ça n’a fait qu’empirer) pour quasiment tous ses secteurs exportateurs, non seulement empêchent un gain de compétitivité, mais pire aggravent les problèmes.

              Juste un exemple (que je pourrais multiplier) : la France est exportatrice nette sur l’avionique… sauf que 70 % du produit final est constitué de composants et sous-traitances achetés à l’étranger. Si vous renchérissez les achats qui composent les prix de revient de 20 %, au final vous majorez votre prix de revient final de 14 % ; en clair nous devrions vendre nos avions 14 % plus chers pour ne pas perdre d’argent. À taux de change constant (ce qui n’est jamais arrivé), ça fonctionne bien pour les monnaies qui seraient surévaluées de 20 % par rapport à nous où nous gagnerions 5 % de compétitivité, mais ça serait un désastre avec toutes les monnaies qui auraient suivi notre dévaluation pour rester compétitives avec nous, pour lesquelles nous deviendrions trop chers. Ce sont cette spirale infernale et ce système de vases communicants (subis dans les années 70 à 90) que ne semble pas du tout maîtriser Sapir.

              Non accessoirement, la logique de ce type de politique est un blocage des salaires sinon ça ne sert strictement à rien, même pas à la marge. Bref avec l’inflation des prix créée, si on veut rajouter de la misère à la misère dévaluer est tout à fait ce qu’il faut faire.

              Plus généralement, cette politique de dévaluation est exactement celle qu’a appliquée le PS de 81 à 87 avec 5 dévaluations qui ont dévalorisé le F de 20 %, sans que ça ne change strictement rien aux déchéances en cours et pire en aggravant les problèmes. Aussi j’attends toujours (et je vais attendre longtemps, je pense) que Sapir nous explique pourquoi ce qui n’a pas fonctionné hier pourrait fonctionner aujourd’hui.

              Les solutions sont ailleurs (notamment dans une fiscalité qui permettrait d’éradiquer les nombreux dumpings des autres pays), mais personne, je dis bien personne (à part moi 🙂 ), ne les propose.

                +2

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            • 6422amri // 03.06.2022 à 01h01

              Petite reponse a Incognitoto…sans parler de Sapir..

              Oui les composants proviennent de l’étranger pour une partie de Airbus…mais ils proviennent SURTOUT de filiales de Airbus qui travaillent dans des zones ou les salaires sont moins chers, moins d’avantages sociaux, etc, ce qui permet de SURFACTURER les intrants afin de diminuer les bénéfices en France.

              Comme moi vous rappelez que les autres moins englués par des charges salariales dévastatrices peuvent AUSSI s’ajuster. Comme moi vous rappelez que sortir de l’euro coûte 20 % de dévaluation. On imagine le prix du diesel…bonjour les routiers !!!

              CQFD

              En passant je cite Sapir sans croire UN MOT de ce qu’il raconte, idem sur la Russie d’ailleurs.

              Blocage des salaires ? Bonne chance avec Monsieur Martinez, les GJ, LFI et les autres.

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            • john // 03.06.2022 à 07h50

              Pourriez-vous me citer des exemples de pays ayant eu une monnaie surévaluée sur une longue période qui ont relancé son appareil productif? L’expérience libanaise n’est pas probante.

              Début 1989 aussi (quasi) tout le monde était persuadé que l’URSS était là pour longtemps.

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            • Incognitototo // 03.06.2022 à 15h16

              @ John

              Ça veut dire quoi surévaluée ? Et longue période ? Vous connaissez la formule qui permet de connaître la valeur exacte et optimale que devrait avoir une monnaie ? Si oui, je vous encourage à publier et à postuler au Prix Nobel d’économie !…

              Si non, il y a la Suisse, le Luxembourg, l’Allemagne, les Pays-Bas, les USA… qui répondraient à votre question en attendant que vous (ou qui vous voulez) répondiez à la mienne concernant : comment ce qui n’a pas fonctionné hier pourrait fonctionner aujourd’hui ?

              P.-S. : Il y a quelques années, je me suis penché sur la formule mathématique qui pourrait calculer la valeur intrinsèque des monnaies. J’avais relevé plus de 200 paramètres pour commencer à créer une usine à gaz qu’on ne pouvait résoudre que par des formulations bien trop complexes pour un cerveau, même aidé par d’autres. D’ailleurs à ce jour, aucun économiste ne peut revendiquer d’avoir trouvé ce Graal (pas plus Sapir que d’autres).

              La valeur fixée par l’offre et la demande est totalement injuste, ne correspond à rien de concret et permet toutes les manipulations, mais force est de constater que – malgré quelques crises et désastres provoqués – elle tient depuis 1971… pour le plus grand bénéfice des seuls USA.

              En réalité depuis 1971 (décision unilatérale imposée par les USA de faire du $ la monnaie d’échange internationale et d’imposer les valorisations monétaires par l’offre et la demande), la France a perdu toute indépendance monétaire (bien avant l’€), comme tous les pays du monde. C’est difficile à accepter et à comprendre, mais c’est la réalité.

                +6

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            • Incognitototo // 03.06.2022 à 15h52

              @6422amri

              Pour Airbus, c’est vrai pour ce qui concerne les matières premières (aluminium, et autres métaux), mais c’est faux pour ce qui concerne les transformations, les mises en œuvre et les assemblages qui sont essentiellement réalisés dans des pays de l’UE qui ont des niveaux de salaires égaux ou supérieurs (GB, Allemagne…) ou à peine moins élevés (Espagne…) que la France.

              La donnée concernant le dumping salarial et social n’est qu’une des composantes de l’équation concernant la compétitivité. Elle est essentielle pour certains produits à faible valeur ajoutée, elle est quasi nulle pour les autres.

              Aussi outre le dumping salarial et social, si on ne tient pas compte des dumpings fiscaux, financiers, écologiques, monétaires, réglementaires… des autres pays, on ne résout absolument rien en voulant dévaluer nos propres coûts salariaux par le seul levier monétaire.
              D’ailleurs, c’est ce qu’on a tenté dans les années 70-80 : on dévaluait pour reprendre de la compétitivité face à l’Allemagne, du coup l’Italie (puis plus tard l’Espagne) dévaluait aussi pour rester compétitif face à nous, donc ce qu’on gagnait d’un côté on le perdait de l’autre. Mais pire on augmentait le coût de nos importations (notamment énergétiques) avec un $ que nous ne maîtrisions pas. Le pire du pire est que nos guéguerres monétaires ont surtout permis à des financiers de se gaver et ils ont même fini par dicter leur loi.

              Bref, les économistes gagneraient à aller travailler dans des entreprises pour comprendre que rien ne fonctionne tel qu’ils le croient, que tout est multivectoriel et bien plus complexe que ce qu’ils sont en capacité de concevoir, surtout dans un monde « ouvert ».

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      • calal // 03.06.2022 à 14h35

        « Rien n’est relié à l’euro. Pour ceux qui nous parlent des planches à billets, ils oublient que ceci a permis pendant la pandémie de faire survivre de nombreuses entreprises, principalement les pme/pmi, de nombreux salariés, dans tous les pays. »

        non ca a permis de sauver les entreprises des copains,de continuer la mauvaise allocation du capital,d’augmenter la concentration dans les differents secteurs toujours au profit des copains…

        Une entreprise doit pouvoir faire faillite, au pire l’etat rattrape les consommateurs « normaux » si l’entreprise faillitaire etait « too big too fail »: on peut exiger d’un dentiste qu’il assume la responsabilite de ses placements, pas qu’un smicard perd son livret a parce que sa banque a fait faillite…

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        • 6422amri // 03.06.2022 à 21h44

          Parlez-en aux restaurateurs…aux centres touristiques, au secteur culturel, aux garagistes, au transport routier, etc…vous racontez n’importe quoi.

          Les plus touchés ? les pme/pmi.

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          • calal // 03.06.2022 à 21h59

            « Parlez-en aux restaurateurs…aux centres touristiques, au secteur culturel, aux garagistes, au transport routier, etc…vous racontez n’importe quoi. »
            mauvaise allocation du capital: j’ai vu des villes avec des rues entieres avec des restaurants l’un a cote de l’autre…,secteur culturel parasite qui produit de la m… subventionne parce que personne ne paient pour voir des bouses pareilles, garagistes sponsorises par les normes du controle technique a gogo…chiffre d’affaires des garagistes qui augmente avec le nombre de vehicules concernes par le ct:maintenant les motards…
            votre pib et votre progression du pib c’est du decor potemkine…vos pme/pmi c’est des credules qui ont pu emprunter facilement de fortes sommes et qui se sont crus entrepreneurs parce qu’ils ont pu acheter une fourgonette neuve avec …
            l’occident s’est cru riche avec la debauche de creation monetaire et ca va mal se finir comme d’hab…

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    • gracques // 03.06.2022 à 06h48

      Heu euro ? Angleterre ? Y a un truc qu’on m’aurait pas dit ?

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    • Fabrice // 03.06.2022 à 11h05

      J’ajoute pour rappelle une des études qui montre la nuisance de l’Euro sur le PIB sur bon nombre de pays européens car j’ai de plus en plus de mal avec ceux qui nous servent se bienfaits sans réellement prouver l’intérêt de l’Euro en dehors de sa faculté à nous inciter à vivre sur la dette que sur la création réelle de richesse.

      https://www.cep.eu/fileadmin/user_upload/cep.eu/Studien/20_Jahre_Euro_-_Gewinner_und_Verlierer/Les_Etudes_du_cep_L__euro_a_20_ans.pdf

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      • Incognitototo // 03.06.2022 à 16h47

        Vous êtes sérieux en proposant ce genre d’étude comme preuve ? Vous n’avez aucune critique ni réserve à formuler ? Même pas méthodologique ? J’ai beau chercher, je ne trouve rien qui permettrait de démontrer la supposée corrélation entre € et l’évolution économique (en + ou -) des pays. Faire du benchmark (leur « contrôle synthétique »), sans relever les spécificités économiques des pays mis en comparaison n’a absolument aucun sens ! Si dans ce panel statistique figure, par exemple, la Norvège qui bénéficie d’une rente pétrolière, ou le Danemark qui a fait une réforme fiscale d’envergure en 1987 (entre autres) forcément on compare des choux et des carottes…

        Avec ce genre de « méthode », je peux tout également vous démontrer que de 71 à 99, le F a été à l’origine de toutes les déchéances économiques de la France. Ou encore que s’il n’y avait pas eu l’€, les Français auraient perdu 20 % de leur pouvoir d’achat depuis 1999. Mais comme j’essaye d’être honnête intellectuellement, je me garderai bien de le faire, car je sais que c’est bien plus complexe que cela.

        Heureusement que les auteurs « avouent » que ce n’est qu’une étude empirique, sinon certains finiraient par croire qu’ils ont utilisé une méthode scientifique. 🙂

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        • Fabrice // 03.06.2022 à 18h38

          Incognitoto je vous propose de revoir un peu le bilan des 20 ans en me faisant peu d’illusions que vous admettiez le vice sous-jacent de la création de l’euro et sur le fait que nous en payons les frais : https://www.les-crises.fr/l-euro-vingt-ans-apres-bilan-et-perspectives-colloque-du-6-mai-2019/

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          • Incognitototo // 03.06.2022 à 19h15

            Mais quel bilan de l’€ ? Ça n’a aucun sens si on ne fait pas le bilan du F de 71 à 99 ; sujet qu’on évitera toujours soigneusement quand on croit que l’€ est la cause de tous les malheurs.

            Toutes ces pensées magiques refusent la complexité et ne s’attaquent jamais aux vraies causes des déchéances économiques françaises et autres ; et vraiment j’ai passé l’âge de croire au Père Noël.

            En plus, appeler Chevènement (entre autres) à la rescousse est tout sauf une garantie de cohérence et de sérieux.

            Quand on analyse son parcourt dans les gouvernements de gauche, je ne peux quand même pas m’empêcher de penser que quand même « la soupe est bonne »… Attendre 1991 pour manifester une opposition aux politiques socialistes – juste à cause de l’Irak – alors qu’il aurait eu cent autres raisons de le faire avant (notamment par rapport aux décisions concernant l’UE), c’est quand même bien tardif.
            Pire, il revient dans le gouvernement Jospin sans poser aucune condition… c’est-à-dire qu’il collabore à tout ce qu’il dénonçait par ailleurs. Stupéfiant, non ?
            Mais l’apothéose, c’est qu’il a appelé dernièrement à voter Macron ! Et vous voulez faire confiance à cet homme qui visiblement est dissocié. Pour moi, il est devenu inentendable et a perdu toute crédibilité.

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        • 6422amri // 03.06.2022 à 21h50

          Vous allez finir par déplaire à ceux pour qui l’euro est LA CAUSE…on mélange la dette et l’euro en supposant qu’en sortir en se prenant une dévaluation de 20 % va la faire s’évanouir..

          Pour Airbus il y a quand-même une usine en Chine et celle aux USA, et celle à Mobile en Alabama (ou il n’y a pas de syndicats…).

          Je sais que l’usine a Mobile est dédiée au modèle de la gamme A200 (ex-Bombardier), pour la Chine j’ignore ce qu’elle fabrique et pour quels marchés

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          • Incognitototo // 04.06.2022 à 02h30

            Oui, qui ne fabrique que pour ces pays-là… Les USA et la Chine exigent toujours de faire des transferts de technologie et des productions locales pour acheter ce type de produits… Ce qui est en soi une vision à courte vue, puisque quand la Chine deviendra totalement autonome pour construire ses modèles, il y a fort à parier que nous aurons du souci à nous faire pour vendre les nôtres… Mais apparemment nous n’avons pas assez souffert des pillages technologiques pour nous rendre compte que ce sont des plaies pour nos économies… et le pire c’est que tous les pays européens font pareil y compris l’Allemagne qui vend des usines de production clef en main, technologies incluses ; ce que ne font a contrario jamais les USA ou le Canada.

            Quant à l’€ laissons ceux qui veulent croire, croire, ça ne pourra jamais modifier les faits qu’ils refusent. Il faut avoir vécu dans les entreprises dans les années 70-80 pour savoir que le F était une plaie (outre les spéculateurs internationaux, toutes les entreprises françaises exportatrices et la Coface entretenaient des armadas de traders qui jouaient contre le F pour maintenir leurs marges) qui ne nous a absolument jamais protégés de quoi que ce soit ni permis d’inverser ou de suppléer aux mauvais choix industriels et aux politiques absurdes qui étaient conduites à l’époque. Je doute que ceux qui pensent que l’€ est une calamité, aient jamais eu à gérer les choix cornéliens que posait le F perpétuellement attaqué sur les marchés des changes. Et ils veulent en remettre une couche… au secours…

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          • Fabrice // 04.06.2022 à 07h11

            L’Euro n’est pas la cause mais le déclencheur et le démultiplicateur des problèmes actuels si vous regardez les débats, il a facilité la tâche de ceux qui promouvait la désindustrialisation et la délocalisation du fait de l’impossibilité de rattraper le delta de compétitivité.

            je n’arrive d’ailleurs pas à comprendre que nos politiques lors de la fixation du change se soient basé sur la marge haute 6,55957 au lieu de tenir compte de cet aspect pour une fierté débile ou arrogante.

            le système de L’euro a incité plus l’endettement que l’investissement des états, désormais la seule solution c’est l’endettement Mélenchon en est l’exemple total son programme est produire de l’endettement et l’investir massivement dans les administrations pour produire un gain au final non désolé cela ne marche pas comme ça les administrations ne sont pas là pour produire des gains mais voilà où on en est :

            un euro qui ne repose pas sur un état réel ayant une souveraineté, une solidarité (je parle en flux économique au sein des région qui compose la zone euro) et une harmonisation législative ainsi que sociale ne peut pas perdurer sans provoquer à un moment une rupture et surtout des déséquilibres intenables.

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            • Incognitototo // 04.06.2022 à 15h15

              Vous avez dû naître avec l’€ pour dire des bêtises pareilles… ou ne rien connaître de l’histoire économique… ou être dans un déni colossal…

              Au cas où vous l’ignoreriez les principaux dégâts économiques ont été réalisés sous le règne VGE-Barre, qui ont laissé mourir ou vendu : les charbonnages, la métallurgie, les textiles, les manufactures… et quand on détruit un million d’emplois dans des secteurs aussi stratégiques forcément ça ne s’arrête pas là.
              À l’époque les chefs d’entreprise engageaient déjà les délocalisations à cause des différentiels de compétitivité, mais aussi de co-facteurs nombreux, dont un F qui battait régulièrement de l’aile, parce que perpétuellement attaqué par les spéculateurs. La hantise de toutes les entreprises exportatrices était d’ailleurs de perdre leur marge à cause d’une bête variation de valeur du F ; et je vous laisse chercher quelles dispositions ils ont prises contre cela ; tandis que l’inflation (depuis 73 et jusqu’en 83) variait à + ou – 10 %.

              Le chômage, l’endettement, l’inflation, les délocalisations massives, le déficit commercial (depuis 74 !), sans oublier la paupérisation des services publics, les dégradations sociales et les politiques néo-libérales étaient déjà largement installés avant 1999. Aussi croire que le F nous protégeait, ou empêchait quoi que ce soit de ces fléaux est soit du domaine de la falsification volontaire, soit du déni.

              L’€ n’a rien arrangé, mais il n’a pas non plus aggravé les problèmes plus que les pentes engagées avec le F. Si vous le niez, je n’y peux rien.
              D’ailleurs, l’Italie et l’Espagne font des excédents commerciaux avec l’€, demandez-vous pourquoi pas nous. D’ailleurs plein de pays qui disposent de leur indépendance monétaire ont les mêmes problèmes que nous demandez-vous pourquoi. Mais demandez-vous également que représenterait 1 l d’essence (et tant d’autres produits importés) dans votre budget si nous n’avions pas l’€…

              Plus généralement, si vous pensez qu’on peut régler les problèmes structurels d’un pays par le seul levier monétaire qu’est-ce que vous voulez que je vous dise ? Prenez quelques cours d’économie, de son histoire, de gestion des entreprises et surtout arrêtez d’écouter des politiques qui confortent vos biais cognitifs.

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              Alerter
  • Myrkur34 // 02.06.2022 à 10h37

    Que voulez vous, après avoir fait marcher la planche à billets de la BCE depuis la crise de 2008 en espérant un ruissellement sur l’ensemble du secteur économique, qui ne s’est passé qu’à la marge car quand on prête aux banques sans condition à un taux proche de zéro ou presque, et bien elles vont sur les marchés financiers pour faire de jolies culbutes..
    Sinon le rappel que la spirale salaires-prix n’est vrai que quand les syndicats sont puissants m’apparaît fort juste, autrement nous avons notre formidable ministre de l’économie Bruno le Maire (la nouvelle Madame Soleil en chef) demandant gentiment aux entreprises qui le peuvent (sic) d’augmenter les salaires….Effet boule de neige assuré.:o)

      +7

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    • 6422amri // 02.06.2022 à 13h57

      L’argent n’a pas été prêté aux banques car elles n’en ont pas eu besoin. Les banques procèdent à la création de monnaie a chaque fois que vous faîtes un emprunt, quand vous utilisez votre carte de crédit.

        +1

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  • Zorglub // 02.06.2022 à 10h54

    Va y avoir du grabuge pour le 2ème mandat du jeune coq ….

      +9

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  • Lev // 02.06.2022 à 11h43

    Et si on bloquait les prix pour éviter la spirale infernale prix/salaire ?

      +3

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    • Hiro Masamune // 02.06.2022 à 11h52

      Rogner les marges du capital ? On va plutôt faire de la dette publique à la place … (c’est ce qu’ils ont fait pendant l’épizootie.)
      C’est pas tant le soldat Euro qu’il faut sauver que les retraites des vieux allemands.

        +4

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      • 6422amri // 02.06.2022 à 12h38

        Les retraités allemands n’ont pas besoin de votre aide et j’attends votre démonstration sur cette affirmation.

        Bloquer les prix sur la hausse des prix des carburants, dans un pays qui n’a aucun accès sur son sol à ceux-ci ?

        Hausser le smic et les salaires ? La majorité des emplois étant dans des pme et pmi comment ne pas penser que ces entreprises ne font pas augmenter leurs prix ?

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        • ouvrierpcf // 02.06.2022 à 18h05

          les retraités allemands ont besoin des jeunes travailleurs turcs pour toucher leur retraites
          la plus value de MARX à relire à méditer

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          • 6422amri // 02.06.2022 à 19h05

            J’ai lu Marx quand vous étiez en barboteuse. Les turcs sont sûrement mieux en Allemagne que chez le pacha à Ankara.
            Pour les plus value allez donc voir en Chine un pays ou les syndicats sont interdits.

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            • kriss34 // 03.06.2022 à 07h36

              Ca va amri vous avez le droit d’être poli quand même.
              On a compris. Le modèle social français c’est de la daube (a voir pourquoi les français de l’étranger reviennent au pays se faire soigner).
              Mais c’est sûr, laissons tomber toute solidarité et ca ira encore mieux..
              Et après c’est Sapir qui est binaire?

                +6

              Alerter
        • Fabrice // 02.06.2022 à 18h18
          • 6422amri // 02.06.2022 à 19h07

            Oui…donc le cours de l’euro ce n’est pas la faute des retraités allemands. Merci de confirmer mes propos. J’attends toujours la démonstration de celui qui affirmait que les français payaient pour les retraites allemandes.

            Ils sont mieux lotis que les retraités russes, pays ou Vladimir a unilatéralement baissé les pensions. Macron voulait le faire…Vladimir la fait et mieux lotis que la Chine ou il n’existe aucune retraite universelle.

            Images d’Epinal pas d’Epilane…

              +1

            Alerter
            • Fabrice // 02.06.2022 à 22h20

              Ah non désolé là j’ai discuté avec des chinois en visitant et il y a bien une retraite en Chine de départ à 55 Ans mais vu le vieillissement de la population, le problème se pose aussi là bas du report de l’âge de départ et de la capitalisation : https://www.usinenouvelle.com/article/la-chine-lance-un-plan-de-retraite-par-capitalisation-face-au-vieillissement-de-sa-population.N1995552

              vous avez bien lu ou vous lisez de travers, j’ai bien mis image d’épinal (seul le e était de trop)

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              Alerter
            • 6422amri // 02.06.2022 à 23h07

              Il n’y a AUCUNE retraite universelle en Chine. Ce sont des retraites d’entreprises basées sur la capitalisation et pour une minorité et la retraite chinoise consistait pour les parents a prendre leurs retraites chez le premier fils (c’est pour cela qu’il y a maintenant 40 millions d’hommes en plus en Chine, politique de l’enfant unique, infanticide des filles dans les campagnes, avortements sélectifs en ville) Vous avez beau me raconter des salades..ce ne sont que des salades.

              C’est précisément a cause de la dégringolade démographique, moins d’enfants, pas d’enfants que la Chine met en place ce plan. La Chine ne sera d’une taille de 600 millions en 2100, et la décrue démographique est en route. C’est un plan de capitalisation qui n’est pas obligatoire et il est récent.Il n’y a pas de retraites obligatoires ou tout le mode cotise…

              La Chine un pays qui a signé seulement la semaine dernière la convention interdisant le travail forcé et qui n’a toujours pas signé la convention autorisant le syndicalisme..

              Sur ce blog quand les interlocuteurs parlent de quelque chose qu’ils ignorent ils connaissent TOUJOURS un chinois, un américain, un russe, etc..et cherchent n’importe quoi sur le web…

              Epinal ne prend pas de e ce n’est pas un adjectif. J’ai justement bien lu.

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            • Lt Briggs // 03.06.2022 à 08h23

              Fabrice a ajouté un e final qui n’avait pas lieu d’être, mais en le corrigeant vous avez vous-même inversé les lettres n et l, je vous laisse vous relire…

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            • Fabrice // 03.06.2022 à 08h30

              Amri vous lisez toujours ou interprétez les propos j’ai bien dit qu’il y avait un système de retraite certes coordonnée par l’état chinois, mais je n’ai pas parlé de sa nature j’ai juste évoqué de la mise en place généralisé d’une retraite capitalisée, lt Briggs rajoute bien à ce défaut que l’on peut détecter dans vos arguments qui ne s’appuient que sur une lecture à la volée de vos contradicteurs.

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        • Fabrice // 03.06.2022 à 08h53

          J’ajoute que les retraités allemands mériteraient d’être plus aidés par leur gouvernement au lieu d’être sacrifiés comme ce fut le cas avec les travailleurs avec les mesures Schroeder mais bon chacun son interprétation car l’économie doit servir à faire progresser le niveau de l’ensemble d’une population et pas être détourné que par une minorité.

          Il existe un milieu tolérable et acceptable pour tous qui ne bascule pas dans la loi de la jungle où nous mène le neoliberalisme et un régime dictatorial de gauche peu importe comment c’ est appelé.

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          • 6422amri // 03.06.2022 à 21h59

            Le néo libéralisme a trouvé son paradis en Chine. Contrôle social total, pas de syndicats, pas de systèmes de retraite universel, travailleurs payés à la journée, semaine de 50 heures, voire plus, une journée de repos par semaine, dortoirs gérés par les entreprises, pas de conventions collectives…

            Le paradis…

            Les entreprise déménagent maintenant en Afrique, au Vietnam, en Afrique ou c’est encore moins cher.

            Dans votre esprit les néo-libéralisme ce sont les USA d’abord..l’EU..jamais la Chine, la Russie, les ex-républiques de l’URSS, jamais le Vietnam..

            La Chine n’ pas vu l’apparition de 650 milliardaires en 30 années sans que la vaste majorité dans ce pays en paie le prix…la Russie 130 milliardaires en 30 années.

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  • Urko // 03.06.2022 à 11h15

    Les banques centrales se trouvent face à un dilemme : si elles n’augmentent pas les taux, l’inflation risque de devenir hors de contrôle et les classes populaires et moyennes en pâtiraient rapidement, davantage encore qu’aujourd’hui, avec des salaires nominaux en hausse (pour pas longtemps) et des salaires réels en baisse (pour longtemps) ; si elles augmentent ces taux, une récession peut advenir et durer un à deux trimestres, voire plus, et bien sûr elle affecterait tout le monde sauf ceux qui touchent une forme de rente plus ou moins stable du reste, et l’inflation pourrait enfin se résorber, sans disparaître. Bref, il faut choisir entre deux maux. La clef ? Choisir lequel de ces deux maux durera le moins. A priori, mieux vaut une récession courte qui freine l’inflation qu’une inflation incontrôlable qui déclenche une récession et la prolonge ensuite indéfiniment. A noter : la fed et la boe ont les moyens de mener cette réflexion et d’agir en fonction des conclusions qu’elles en auront tirées, bonnes ou mauvaises, mais la BCE ne le peut pas puisque l’Euro, ce système de parités figées autoritairement entre des monnaies qui portent toutes le même nom mais doivent servir des économies aux infrastructures sans guère de rapports entre elles ni mécanismes d’amortissement des disparités de productivité la met dans une situation très délicate, où elle doit arbitrer entre la perspective d’une trappe à dettes pour certains pays et celle d’une érosion monétaire très gênante pour une zone qui, grosso modo, importe toutes ses sources d’énergie. Je n’aimerais pas être Mme Lagarde.

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