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28.octobre.202028.10.2020 // Les Crises

Haut-Karabakh : L’analyse de Noam Chomsky sur le conflit entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan

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Source : The Armenian Weekly, David Barsamian
Traduit par les lecteurs du site Les-Crises

David Barsamian et Noam Chomsky au MIT, janvier 2012. (Photo : Balaji Narasimhan)

Noam Chomsky, à tous égards, a mené une vie des plus extraordinaires. Dans un classement, il est placé huitième personne la plus citée de l’histoire, juste derrière Aristote, Shakespeare, Marx, Platon et Freud. Le légendaire professeur du MIT a pratiquement inventé la linguistique moderne.

En plus de son travail de pionnier dans ce domaine, il a été une voix de premier plan pour la paix et la justice sociale pendant de nombreuses décennies. Chris Hedges dit qu’il est « le plus grand intellectuel d’Amérique » qui « met les puissants, ainsi que leurs apologistes libéraux, profondément mal à l’aise. » I

l est professeur émérite au département de linguistique et de philosophie du MIT, professeur lauréat de linguistique et titulaire de la chaire Haury dans le cadre du programme sur l’environnement et la justice sociale de l’université de l’Arizona. À 91 ans, il est toujours actif, écrivant et donnant des interviews aux médias du monde entier. Il est l’auteur de dizaines de livres, dont Propaganda & the Public Mind, How the World Works, Power Systems et Global Discontents avec David Barsamian de Alternative Radio.

Le 9 octobre 2020, Barsamian s’est entretenu avec Noam Chomsky sur la guerre de l’Artsakh, ses racines impériales et le rôle des « acteurs malveillants » comme le turc Erdogan. L’Armenian Weekly remercie Barsamian pour la permission de publier la transcription de l’interview ci-dessous.

David Barsamian : Les combats dans le Caucase du Sud pourraient être un exemple de ce qu’Edward Said appelait « les géographies non résolues ». Un héritage des cartographes impériaux. Staline, en tant que commissaire des minorités en 1920, pour apaiser la Turquie, a donné le Haut-Karabakh, que les Arméniens appellent Artsakh, et le Nakhitchevan, deux régions à majorité arménienne, à l’Azerbaïdjan. Puis, avec l’effondrement de l’Union soviétique dans les années 1990, des combats ont éclaté, entraînant la prise du Haut-Karabakh par les forces arméniennes. Des escarmouches, des prétendus incidents, ont eu lieu depuis lors, mais l’attaque de l’Azerbaïdjan qui a commencé le 27 septembre, sans doute en coordination avec la Turquie, représente une escalade majeure. Le peu d’informations disponibles ici [aux États-Unis] sont sans toile de fond ni contexte historiques. Les combats « éclatent », il y a d’anciens ennemis, etc.

Quelles sont les origines de ce conflit ?

Noam Chomsky : Vous avez raison de dire que Staline a tracé les frontières, mais souvenez-vous qu’il n’était pas le seul à le faire. Tout le Moyen-Orient a été découpé par les impérialistes français et britanniques, qui ont tracé des lignes là où ils voulaient, à leur avantage, sans tenir compte des besoins et des intérêts des populations. C’est en grande partie la cause des conflits violents et acharnés qui font rage dans la région.

Prenons, par exemple, l’Irak. Les Britanniques ont tracé les frontières autour de l’Irak afin que la Grande-Bretagne, et non la Turquie, l’ancien empire ottoman, ait le contrôle des riches ressources pétrolières du nord. Cela a réuni des Kurdes et des Arabes qui n’avaient rien à voir entre eux. De plus, les Britanniques voulaient s’assurer que la nouvelle création qu’ils imposaient ne serait pas indépendante, n’aurait pas un accès facile et libre au Golfe. Ils ont donc découpé la principauté du Koweït, que les Britanniques contrôleraient, pour empêcher l’Irak d’avoir un accès facile au Golfe.

La Syrie, le Liban, la Palestine, c’est la même chose. Des lignes tracées par l’impérialisme français, britannique pour leurs intérêts. Dans toute l’Afrique, on voit des lignes droites. Pourquoi ? Les puissances impériales ont détruit l’Afrique pour leurs intérêts. Des atrocités odieuses. Nous n’avons pas à les subir. On voit encore les gens mourir en Méditerranée, fuyant les horreurs qui ont été créées. Donc ce n’est pas seulement Staline ; ce sont toutes les puissances impériales.

Dans le cas de l’Arménie et de l’Azerbaïdjan, c’est une longue histoire. Je ne peux pas la résumer, mais la crise immédiate est survenue lorsque l’Azerbaïdjan, certainement avec le soutien de la Turquie, a vu les armes israéliennes affluer. Sur l’aéroport Ben Gourion en Israël, les avions Iliouchine qui arrivent et repartent, alors qu’aucun autre avion ne vole [à Bakou], envoyant des armes israéliennes en Azerbaïdjan pour qu’elles puissent tuer des gens, des Arméniens dans le Haut-Karabakh.

Donc oui, il s’agit d’une escalade. Internationale. La Russie est des deux côtés, l’Iran soutient l’Arménie, ce sont des relations très étranges. C’est terrible pour les gens là-bas. C’est une situation très dangereuse. Il est temps que la diplomatie internationale, que des négociations aient lieu pour essayer de les calmer.

Les acteurs ne sont pas les gens les plus gentils du monde, c’est le moins qu’on puisse dire. En Turquie, Erdogan essaie essentiellement de créer une sorte de califat ottoman, avec lui comme calife, chef suprême, en imposant son autorité partout et en détruisant en même temps les restes de la démocratie en Turquie.

Israël ne s’intéresse qu’à la vente d’armes. Ils les vendent à tout le monde, peu importe qui ils tuent. C’est le pilier de leur économie : la sécurité et les armes. Même ici, où je vis, la frontière non loin d’où je vis est en train d’être fortifiée avec l’aide cruciale des soi-disant forces de sécurité et des entreprises israéliennes. C’est leur travail. Elbit [Systems], cette fois-ci.

Il y a beaucoup de forces malveillantes impliquées, et nous ne pouvons qu’espérer qu’il y aura une sorte d’effort international pour atténuer les atrocités et les agressions avant qu’elles ne dégénèrent réellement en massacres sur place, et éventuellement en guerre internationale, car de nombreuses forces internationales puissantes sont engagées.

D.B. : La Turquie assure également le transfert des combattants jihadistes de l’Etat islamique depuis la Syrie, et paie leurs salaires pour aller combattre avec les Azerbaïdjanais contre les Arméniens.

N.C. : C’est apparemment vrai. La Turquie fait probablement la même chose en Libye, un des autres endroits où Erdogan essaie de montrer sa puissance. Oui, c’est ce qui est observé en Azerbaïdjan.

D.B. : En 2018, l’Arménie a connu une révolution démocratique pacifique dirigée par Nikol Pashinyan, qui a renversé l’oligarchie au pouvoir. C’est l’un des rares cas où une révolution pacifique a remplacé un régime autocratique dans les Etats post-soviétiques. Elle n’a pas été bien rapportée ici aux États-Unis.

N.C. : Pour autant que je sache, il n’y avait aucun intérêt pour les États-Unis. S’il y en avait, je ne l’ai pas remarqué. Oui, pour une fois, c’était apparemment une véritable révolution démocratique. Ce qui s’est passé au-delà, je n’en connais pas vraiment les détails.

D.B. : Vous savez que je suis d’origine arménienne et que je suis allé en République d’Arménie. C’est un pays relativement pauvre, enclavé, avec une petite population de trois millions d’habitants. Je suis allé dans quelques villages, et j’ai remarqué qu’il n’y avait pas d’hommes jeunes ou d’âge moyen dans le village, alors j’ai demandé autour de moi : où est tout le monde ? Et ils m’ont répondu que tous les hommes étaient partis en Russie parce qu’il n’y avait pas de travail ici. L’Arménie se trouve donc dans une sorte de situation désespérée.

N.C. : C’est une raison de plus pour qu’un effort international majeur soit fait pour mettre fin à l’agression actuelle et essayer de trouver un moyen de résoudre le problème complexe du Haut-Karabakh, où il y a une population arménienne dans une zone contrôlée par l’Azerbaïdjan. Ce n’est pas un problème facile à résoudre, mais qui pourrait l’être par le biais de négociations raisonnables.

Source : The Armenian Weekly, David Barsamian, 10-10-2020
Traduit par les lecteurs du site Les-Crises

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moshedayan // 28.10.2020 à 08h52

»Noam Chomsky déclare ceci « Vous avez raison de dire que Staline a tracé les frontières, mais souvenez-vous qu’il n’était pas le seul à le faire.[…]»
Oui , vous avez bien lu. Alors qu’en est-il vraiment ! Quand on étudie et lit sérieusement et attentivement l’Histoire et les Archives…. On peut s’apitoyer… que Chomsky est un IGNorant, influencé par sa culture occidentale et des a priori anti-communiste et …
Un proche connait très bien l’exemple de la Kirghizie et de l’Ouzbekistan et comment ont été définies les frontières. Dans les années 20, des Commissions de terrain ont défini les frontières avec des critères : langues, populations ethniques dominantes, mais aussi ces Commissions recevaient les demandes des populations locales et Dans NOMBRE de cas les demandes ont été acceptées ! D’où la complexité des frontières ouzbeko-khirigizes, parfois , en fonction aussi des systèmes de Bassins versants pour l’eau !
Pour le Caucase, les mêmes choses se sont produites, avec en plus l’Histoire donc des guerres anciennes. Les Commissions bolcheviques ont pris en compte les occupations ethniques en fonction des vallées, des cols de passage, de même des Bassins versants hydrographiques.
Ce n’est pas Staline qui a installé près de 300 000 Arméniens au Karabakh isolé des frontières de la nation d’origine et près de 170 000 azeris au Nakhitchevan mais l’Histoire et les éléments divers cités….

25 réactions et commentaires

  • anatole27 // 28.10.2020 à 07h57

    On remarquera que la cour suprème Israelienne vient de rejeter une pétition visant à l’arrêt des ventes d’armes à l’Azerbaidjan

    https://www.i24news.tv/fr/actu/israel/1602580492-israel-la-cour-supreme-rejette-une-petition-visant-a-mettre-un-terme-aux-ventes-d-armes-a-l-azerbaidjan

    Et pourtant l’opposition existe

    https://www.haaretz.com/middle-east-news/.premium-i-m-jewish-and-armenian-israeli-weapons-are-killing-my-people-1.9229817

    Source des importations d’armement Azeris sur les 4 dernières années (Trend Indicator Values Millions)

    Israël : 625 , Russie : 169 , autres 102

    http://armstrade.sipri.org/armstrade/page/values.php

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  • Valmeysien de Bouvines // 28.10.2020 à 08h03

    Qu’est-ce que la Turquie cherche à contrôler dans cette partie du monde ?

    Autant le conflit gréco-turque a du sens puisqu’il y a des ressources à la clé, autant là je ne sais pas quel est l’enjeu. Parce que pour la Turquie, s’attaquer à l’Arménie ou à des Arméniens c’est quand même prendre le risque d’une mauvaise publicité à l’internationale compte tenu de l’histoire entre ces deux nations. Je suppose donc qu’il y a un bénéfice qui doit surpasser le coût diplomatique. Quelqu’un peut-il m’éclairer ?

      +1

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    • Lorelei // 28.10.2020 à 08h39

      Ci-dessous le lien vers une analyse un peu plus poussée que ce que l’on peut généralement trouver
      https://geopragma.fr/conflit-du-haut-karabakh-comprendre-pourquoi/
      L’auteur a des opinions plus que tranchées vis à vis des USA, de la Russie mais ce qu’elle décrit n’est pas complêtement erroné. D’ailleurs, il est certain que la Turquie est loin d’être brouillée avec Washington vu ce qu’elle se permet dans cette région.

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      • Valmeysien de Bouvines // 29.10.2020 à 03h31

        Lorelei,

        Merci pour le partage. Lecture intéressante même s’il me semble que l’influence américaine ou otanienne est surestimé par l’auteur sur ce dossier. La Turquie me semble faire cavalier seul ici, ou presque. Si les Etats-Unis font preuve d’une relative indulgence face à Erdogan, c’est d’abord parce qu’ils ne voient pas d’autres options pour tenter de conserver ce pays stratégique dans le giron de l’Otan.

        A mon avis la Turquie, comme d’autres, a compris que la sphère d’influence américaine était en train de refluer et donc Erdogan place ses pions en conséquence pour être correctement positionné dans le nouveau monde géopolitique qui apparaît sous nos yeux. Un monde ou l’Amérique se concentre sur quelques alliés en Europe de l’Ouest et en Asie-Pacifique, pour laisser la gestion des zones délaissées aux puissances de la région. Jusqu’où ira cette tendance ? Je ne sais pas, mais elle est là, clairement.

        La Turquie n’a pas besoin de l’Otan pour s’opposer à l’influence russe : ce sont des adversaires naturels. Les Etats-Unis approuvent peut-être tacitement ce conflit qui permet de maintenir l’Eurasie divisé, mais laisser faire par désintérêt ne veut pas dire être à la manoeuvre, or la teneur des propos de l’auteur de l’article que vous partagez semble penser qu’il s’agit d’un plan de grande envergure mené par Washington. Ca je ne le vois pas. Je vois plutôt Washington qui se replie sur une sphère plus modeste, ce qui favorise mécaniquement l’émergence de conflits qui dormaient jusque-là, y compris entre alliés de l’Otan comme en Méditerranée orientale ou en Lybie.

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    • Blabla // 28.10.2020 à 08h49

      les voies de passage des hydrocarbures, principalement.

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      • Valmeysien de Bouvines // 29.10.2020 à 03h57

        Blabla,

        Je pensais que les chaînes d’approvisionnement passaient presque toutes par la région Proche et Moyen-Orient. Projet d’oléoduc ou de gazoduc dans la région en direction des marchés européens ou asiatiques ?

        Peut-être que pour le coup il ne faudrait pas sous-estimer la capacité des passions irrationnelles à gouverner la marche des Etats. Parce que même à supposer qu’il y ait là un bénéfice concret pour la Turquie à établir un axe solide Bakou-Ankara qui ne serait pas interrompu par l’Arménie, caillou dans la chaussure pour ce projet, j’ai du mal à concevoir qu’un tel bénéfice puisse surpasser le coût diplomatique lorsque le monde constatera devant leurs écrans internet et télé que des soldats turcs tuent des Arméniens, encore.

        Imaginerait-on l’Allemagne envahir Israël ou la France envahir l’Algérie : c’est juste pas possible, et il faudrait des motivations puissantes pour qu’une stratégie de cette nature puisse voir le jour.

        La proximité ethno-culturelle entre la Turquie et l’Azerbaïdjian, avec l’Arménie comme bouc-émissaire permettant de justifier l’union, est peut-être un motivateur suffisant pour initier une telle stratégie. Le calcul d’intérêt concret peut sans doute s’ajouter à la liste des motivations, mais je ne le vois pas central ici tant le bénéfice me paraît médiocre face aux coûts d’une telle opération.

        Les experts ont une légère tendance à projeter leur pensée rationelle sur la marche du monde. Ce biais académique naturel les pousse à voir des calculs, opérations mentales qui leur sont familières, là où il n’y en a pas, ou peu.

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      • Grd-mère Michelle // 29.10.2020 à 10h59

        Un consortium américain a acquis des concessions de gaz au Kazakstan, et compte transporter ce gaz vers l’UE au moyen d’un gazoduc qui doit traverser la Mer Caspienne, la région concernée, puis la Mer Noire, pour aboutir sur la côte roumaine.
        Information entendue à 13h et vue le soir sur le service public radio/Tv roumain, lors des journaux parlé/televisé, pendant l’été 2007 si je me rappelle bien, le jour où l’ex-président Basescu(libéral), très réjoui, a signé, avec des représentants de ce consortium, le contrat qui autorisait le début des travaux sur le sol de son pays.
        Cette info m’a semblé suffisamment significative (j’avais surtout la « révolution orange » de Géorgie en tête) que pour la communiquer à divers journalistes/ éditeurs, depuis plus de 10ans, mais n’a jamais donné lieu à des investigations plus poussées…

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  • moshedayan // 28.10.2020 à 08h52

    »Noam Chomsky déclare ceci « Vous avez raison de dire que Staline a tracé les frontières, mais souvenez-vous qu’il n’était pas le seul à le faire.[…]»
    Oui , vous avez bien lu. Alors qu’en est-il vraiment ! Quand on étudie et lit sérieusement et attentivement l’Histoire et les Archives…. On peut s’apitoyer… que Chomsky est un IGNorant, influencé par sa culture occidentale et des a priori anti-communiste et …
    Un proche connait très bien l’exemple de la Kirghizie et de l’Ouzbekistan et comment ont été définies les frontières. Dans les années 20, des Commissions de terrain ont défini les frontières avec des critères : langues, populations ethniques dominantes, mais aussi ces Commissions recevaient les demandes des populations locales et Dans NOMBRE de cas les demandes ont été acceptées ! D’où la complexité des frontières ouzbeko-khirigizes, parfois , en fonction aussi des systèmes de Bassins versants pour l’eau !
    Pour le Caucase, les mêmes choses se sont produites, avec en plus l’Histoire donc des guerres anciennes. Les Commissions bolcheviques ont pris en compte les occupations ethniques en fonction des vallées, des cols de passage, de même des Bassins versants hydrographiques.
    Ce n’est pas Staline qui a installé près de 300 000 Arméniens au Karabakh isolé des frontières de la nation d’origine et près de 170 000 azeris au Nakhitchevan mais l’Histoire et les éléments divers cités….

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    • moshedayan // 28.10.2020 à 11h41

      Si vous parlez de l’impression des cartes avec des frontières de républiques autonomes ou fédérées. Alors , libre à vous de dire que Staline était derrière l’imprimeur de cartes… C’est votre conception de l’Histoire. Quand la Slovaquie a perdu Oujgorod et les Carpates de l’Ouest en 1945 – ce fut dans l’ambiance de la victoire 45 avec l’influence de l’Eglise orthodoxe ruthène slovaque qui voulait se rattachait au Patriarcat de Moscou… Aujourd’hui des Ruthènes le regrettent… Et les Bolcheviks ont effectivement « boursoufler » l’Ukraine de toute part. Néanmoins, il y eut des pressions ruthènes de la base… Vous voulez ignorer toute la réalité dans l’Histoire, plus complexe… ps – ce fut déjà une Commission présidée par Krouchtchev qui se chargea d’expulser les Slovaques, jugés non Ukrainiens ! mais polonais ou slovaques … et malgré ce, de Presov à Kosice, en passant par Snina, il y a encore des groupes folkloriques ruthènes qui animent des fêtes populaires en Slovaquie orientale…
      ps : révisez dans vos livres c’est Khrouchtchev, encore lui, qui bien après la mort de Staline ! a donné la Crimée russophone à l’Ukraine …

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    • Ban // 28.10.2020 à 12h42

      J’avoue ne pas comprendre pourquoi on interroge Noam Chomsky sur ces questions. Je veux dire, j’aime bien NC, mais cette question ne semble pas faire partie du champ de ses compétences.

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    • Grd-mère Michelle // 28.10.2020 à 12h52

      L’Histoire étant l’histoire des guerres et des invasions au cours des siècles, depuis qu’on a commencé à les écrire, il faut admettre que la difficulté est à présent de distinguer l’origine des conflits actuels, alors que la guerre est devenue principalement économique(bien que toujours soutenue par les militaires) et que les invasions se font par des « parts de marché », dans le « secret des affaires » contre lequel les activistes révolutionnaires doivent lutter de toutes leurs forces(avec l’appui des scientifiques, des juristes et des politiques honnêtes).
      De même, il faut lutter contre les fameux « Accords de Libre Échange » commerciaux qui survolent sans vergogne les frontières et les intérêts réels (boire et se nourrir, se loger, se soigner et s’instruire, dans la paix et la dignité) des peuples, alors qu’ils ne profitent qu’aux riches exploiteurs de partout.

      « Car les pays, voyez-vous, sont des choses mystérieuses… » dans la chanson « Le bonheur », par B.Fontaine et Areski.

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    • Moshé-Dayan-Guévara // 31.10.2020 à 01h01

      N’est-ce pas un peu dur de qualifier Noam Chomsky d’ignorant, d’autant qu’il ne se pose pas en grand spécialiste dans cette histoire… Bon, il aurait pu citer/dénoncer nommément les accords « Sykes-Picot » ; peut-être aussi n’est-il pas le mieux placé pour fournir une analyse « autorisée » ou approfondie sur le présent épisode militaro-géosympatho-stratégique, je me demande un peu pourquoi c’est à lui qu’on s’adresse pour commenter cela ? Malgré tout, il reste l’auteur (ou coauteur) d’ouvrages indispensables à haut pouvoir déniaisant comme par ex. « La Fabrication du Consentement » etc. etc. Non ?

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  • LibEgaFra // 28.10.2020 à 10h08

    « envoyant des armes israéliennes en Azerbaïdjan pour qu’elles puissent tuer des gens, des Arméniens dans le Haut-Karabakh. »

    Et sans doute des conseillers spécialistes en nettoyage ethnique.

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  • LibEgaFra // 28.10.2020 à 10h29

    « N.C. : Pour autant que je sache, il n’y avait aucun intérêt pour les États-Unis. S’il y en avait, je ne l’ai pas remarqué. »

    Ce nouveau gouvernement s’est éloigné de la Russie et s’est rapproché des USA. Cela fait partie du plan pour encercler la Russie avec des gouvernements hostiles. Le déplacement à Washington n’a servi à rien.

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  • cedivan // 28.10.2020 à 10h42

    Il est un peu pénible Chomsky à répondre à coté de la question puis à dire qu’il ne sait pas grand chose finalement. On a aussi l’impression qu’il découvre que les pays conquérants agissent selon leurs intérêts dans les pays conquis. Wouah, un scoop. Oui, les frontières sont souvent tracés hors de toute considération ethnique, oui il s’agit de s’approprier les richesses, oui les pays conquérants ne sont pas des philantropes…. Et oui, ce serait mieux si tout le monde s’entendait et faisait la paix. Bref, un peu puérile tout ça.

      +6

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    • RGT // 28.10.2020 à 11h30

      Ce n’est pas parce que Noam Chomsky affirme une évidence triviale qu’il faut jeter ses propos aux orties.

      N’oublions jamis que tous les états de cette planète ont été conçus sur le modèle politique occidental qui n’a strictement rien à voir avec le traditions locales qui permettaient à ces populations de vivre dans des conditions « acceptables » depuis des générations.

      Le dépeçage en règle basé sur des traits tracés sur des cartes géographiques sans considération des populations locales est bien de la SEULE responsabilité des occidentaux qui ont conquis, à quelques rares exceptions près, des territoires variés qui existaient sans aucune notion d’état.

      Cette imposition de règles occidentalo-centrées ne peut qu’entraîner des désastres et des conflits qui n’avaient aucune raison d’exister (hormis quelques rapines « traditionnelles » inévitables mais bien moins meurtrières que les conflits actuels.

      Quant la mainmise des « valeurs » occidentales sur le destin de populations qui culturellement ne sont pas favorables à ces systèmes qui favorisent en fait les pires dictatures, c’est bel et bien la cause principale et unique de ces conflits sanglants pour des populations qui ne souhaitent qu’une seule chose : Qu’on leur foute la paix.

      Et n’oublions JAMAIS que la construction des états occidentaux s’est faite AUSSI dans le sang et les larmes.

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      • cedivan // 28.10.2020 à 17h31

        Post extrêmement simpliste et réducteur, parsemé d’énormes contre vérités historiques. vous considérez que l’Histoire démarre, disons, à la Renaissance. Sinon, vous croyez que les aztèques et les mayas, c’était l’entente cordiale ? Ou les royaumes combattants en Chine, c’était à la bonne franquette ? et les empires noirs du XVI et XVII, c’était la joyeuse colonie de vacance ? L’Occident coupable de tout, c’est un peu simplet.

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  • moshedayan // 28.10.2020 à 14h26

    Staline maître absolu et donc suffisamment intelligent pour manipuler les Ruthènes slovaques et les conduire à demander que la région d’Oujgorod soit rattachée à l’Ukraine, soit… c’est votre vision d’une Histoire personnifiée totalement… que les peuples soient manipulés certes, ils n’en ont pas moins une responsabilité, ils sont acteurs et arrêtez de croire que Staline décidait de tout sur tout y compris si telle ou telle rivière de montagnes était kirghize ou ouzbek ! ou qu’il a directement demandé aux popes et patriarche ruthènes d’Oujgorod de faire adhésion à l’Ukraine. Staline avait un pouvoir immense et des équipes qui lui ont successivement « ciré les pompes » et parfois « induit en erreur » (et si ça vous conforte dans votre vision de l’Histoire, effectivement « ils l’ont souvent payé chèrement » ) mais Khrouchtchev, fut comme d’autres, un malin et cacha aussi quelques erreurs et s’en sortit sans aller au Goulag… Donc rassurez-vous, bien des aspects du pouvoir bolchévique sont détestables vivement critiquables … mais en faire un tableau systèmatique d’un noir ABSOLU , selon moi, ne rend pas les critiques crédibles… Et c’est une tendance maladive répandue en Occident….

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  • Jean Bachélerie // 28.10.2020 à 21h47

    l’implication d’Israel ne s’est pas faite sans l’accord de son protecteur Américain, Israel sait trés bien à qui ils vendent des armes, le commerce des armes n’est pas un commerce qui se fait sans autorisation étatique.

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  • christian gedeon // 29.10.2020 à 11h46

    analyses,analyses. Chacun y va de son commentaire savan ou pas savant d’ailleurs). Pas un mot sur le génocide arménien,sur les tendances historiques,sur le risque réel de nouveau génocide si Poutine laisse faire.(je ne crois pas qu’il laissera faire d’ailleurs).Que de savants en géoplotique,que d’ardeur à ne surtout pas prendre position de façon claire. argument: pour ne pas empirer les choses. Le même que celui utilsé quand Hitler a réoccupé la Sarre,bouffé les Sudètes,Anschlussé l’Autriche. çà c’est une vraie constante d’une « école de pensée »(sic!).Préferer le déshonneur et avoir le déshonneur…et la guerre. Décidemment,pas de grands changements sous le soleil.

      +1

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    • Grd-mère Michelle // 29.10.2020 à 16h24

      Mais… je vous en prie… Qui vous empêche de participer au débat, d’exprimer votre propre analyse? Où avez-vous décelé l’argument: « pour ne pas empirer les choses »?
      À propos: QUI a laissé, permis, encouragé Hitler et sa bande de nazis à accéder au pouvoir?
      Qui y avait intérêt, alors que sa folie était déjà perceptible? Et pourquoi d’autres ont-ils suivi le chemin destructeur et nauséabond du fascisme, pourquoi certains l’empruntent-ils encore aujourd’hui?
      Les analyses en surface, savantes ou pas(et les « croyances »,à propos de Poutine ou quoi que ce soit) ne font que gratter de vieilles blessures et ranimer des souffrances anciennes, sources d’animosité et de vengeance.
      Aujourd’hui plus que jamais, l’argent est le nerf de la guerre.

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      • christian gedeon // 30.10.2020 à 11h01

        Vous analysez Hitler en termes de folie. C’est bien ce que je dis: psychiatrisation du mal. Pas de perspective historique et encore moins sociologique. C’est parce que la France et ses alliés ne réagissent ni à la militarisation de la Sarre, ni aux Sudetes ni àl l’anschluss que Hitler peut ensuite attaquer la Pologne avec Staline( on n’allait quand même pas mourir pour Dantzig) puis attaquer et écraser la France.

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      • Grd-mère Michelle // 30.10.2020 à 14h54

        En effet, ne vous en déplaise, je suis toujours très attentive aux déséquilibres psychologiques des personnes qui prétendent vouloir nous « diriger ». Pour la plupart, leurs propensions délirantes et exaltées leur permettent de « gagner » l’adhésion des foules, tout en les empêchant de distinguer les intérêts cachés de volontés beaucoup plus réfléchies, « posées » et férocement délibérées qui les soutiennent et les utilisent pour parvenir à leurs fins: soumettre et exploiter leurs contemporain-e-s(comme les « capitaines d’industrie » qui ont armé l’Allemagne nazie).
        Croyez-vous donc que le résultat des élections US se joue vraiment entre Trump et Biden?

          +0

        Alerter
  • rolland // 30.10.2020 à 05h47
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